
France. 1663. Le roi Louis XIV a 25 ans, et les intrigues sont reines au Palais Royal et à Fontainebleau. Incarnez votre personnage et changez l'Histoire à votre guise! |
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| Auteur | Message |
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Madame Poete


Nombre de messages: 16 Date d'inscription: 18/01/2007
 | Sujet: Partie de chasse Lun 12 Fév 2007, 19:21 | |
| Huit heures du matin, la Cour Est du château, une douzaine de chevaux regroupés et une trentaine de chiens tenus en laisse par groupe de six. Parmi les fiers cavaliers, Henriette d'Orléans, comme toujours conviée par son royal beau-frère. Quoique la dernière invitation ne lui avait parut guère empressée... Louis gardait-il encore la dent dure à son égard? Voilà plusieurs semaines qu'il désertait ses appartements et que Madame se morfondait. Jamais auparavant ne manquait-il de venir jouer aux cartes après le repas de midi, jamais ne manquait-il de venir écouter ses dernières "trouvailles" déclamer leur prose, jamais ne manquait-il de la féliciter des divertissements qu'elle inventait sans cesse pour lui plaire, jamais... Allons, voilà que dans son émotion, elle sentait ses joues lui chauffer... Elle pouvait bien compter sur le froid mordant pour lui assurer une excuse, mais elle savait bien que son beau-frère ne prisait guère la vue d'une peau rougie comme celle d'une paysanne. Elle tenta de calmer les humeurs qui commençaient à lui tourner les sangs et replongea pourtant dans ses spéculations. La demande s'était faite froide... Voyons, aucune nouvelle ne restait étrangères aux oreilles du monarque... Il savait, c'était certain!
La jument de Madame piaffait d'impatience, Madame elle-même piaffait, avec plus de retenue on s'en doute! Voyant le manège de l'animal qui commençait à tirer de trop sur ses rênes et déjà les dames de la Maison de celle-ci se mirent à entrer en émois. On la priait de redescendre, qu'elle pourrait se blesser, que dans son état... Henriette, toute de pourpre et de plumes parées, leur jeta un oeil noir. Cela suffisait bien d'être de nouveau grosse, mais avec ces chaperons qui la couvaient plus que de raison selon elle, la vie commençait à devenir impossible. Ne plus boire de vin, ne plus manger de viande, se coucher comme le soleil (au sens propre! ), si elle les écoutait toute, elle finirait par rester alitée comme on l'exigeait de sa belle-soeur! *Pauvres femmes, vous avez perdu la raison à coup sûr! Elles se croient plus savantes que mes physiciens!*Physiciens qui lui conseillaient au demeurant les mêmes choses, mais à qui elle faisait ostensiblement et de la même manière la sourde oreille. Elle les entendait tous chuchotter qu'il ne faudrait pas s'étonner si Dieu venait à reprendre cet enfant avant son temps, comme le dernier, et peut-être elle aussi un jour! Henriette, ou la parfaite tête à claques, n'y entendait rien."De bien gentils et aimables, quoique immodérés conseils." disait-elle, son joli sourire accroché aux lèvres.*Foutaises!* penseait-elle tout bas.Ah ça non! Grosse ou pas grosse, elle ne manquerait assurément pas une occasion de se racommoder avec le Roi! Qu'il batifole avec La Vallière s'il lui chantait, elle en avait pris son parti! Qu'il s'amourache de toutes les filles de la portée qu'elle traînait partout avec elle, s'il lui prenait folie! Mais qu'il ne l'abandonne pas, par pitié! Déjà Philippe lui lançait-il des petits mots assassins: Louis se lassait de sa compagnie, comme on pouvait le comprendre! Et là dessus repartait-il avec plus de plumes encore qu'un coq et dans un nuage de fard... Ah! Voilà que ses pommettes étaient sur le point de s'enflammer de nouveau! Au Diable, ce bougre de mari! Lui et tous ses mignons à sa suite!
Henriette était pourtant sûre d'elle. C'était sans trembler qu'elle s'apprêtait à lancer sa jument dans la chasse. Une Diane chasseresse, elle l'était assurément, car elle espérait bien toucher le Roi d'une de ses flèches, une qui ne pourrait le laisser insensible et renier plus longtemps l'amitié qui les avait toujours unis. |
|  | | Louis XIV Roy


Nombre de messages: 415 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Mar 13 Fév 2007, 01:51 | |
| ["Le Roi c'est Moi !" *Râclements de gorge au fond de la salle...* "Heu, Mimile, tu te trompes, on est en 1664 là, tu peux pas encore dire ça... Et puis la phrase, c'est avec l'Etat." *Mimile réajuste sa couronne et scande, d'un air qui se veut prestigieux mais qui sonne horriblement faux :* "Le Roi c'est l'Etat"  "Bon laisse tomber Mimile" Pfiouuuu on est pas rendu !] La Chasse... Un des loisirs que le Roy préférait car il le tenait loin des regards de ses Courtisans. Oh certes, ne vous méprenez pas, Louis aimait briller, il n'aurait pas rameuté -tels ses chiens- toute la Cour auprès de lui si ça n'avait pas été le cas. Cependant, un peu d'air frais et d'exercice, sans trop se soucier d'où se posaient ses yeux, c'était reposant. Après quelques heures passées à cheval, à battre la campagne et les bois, il serait de nouveau à même de se montrer dur et froid, ainsi que complaisant et aimable, quand la situation l'exigerait.
Parmi les douzes cavaliers qui l'accompagnaient aujourd'hui se tenait une personne qu'il s'afforçait de ne pas regarder justement. Pas encore tout du moins. Il avait souhaité la convier à cette partie de Chasse mais il n'y avait pas mis les formes d'autrefois. Dur et froid. C'était ce que la situation présente exigeait. Il ne savait comment pourraient se poser ses yeux sur la belle Henriette sans qu'il y voit aujourd'hui l'ombre de son frère, encore plus sournoise que d'habitude.
L'état où se trouvait Henriette aurait dû le mettre en joie. Après tout, il avait déjà un héritier. Que son frère soit le premier dans un domaine dont il n'était vraiment pas le plus fier porteur d'étendard, ç'eût été le comble ! Non, c'était plus profond que ça. Tout ce qui touchait à son frère pouvait l'exacerber. Et Henriette avait fait partie du lot ces derniers temps. Les diverses turpitudes où l'avaient plongé ses amours avec Louise n'avaient guère favorisé leur rapprochement et ils s'étaient beaucoup moins fréquentés. Il s'était même montré quelquefois désagréable.
Seulement, Madame, avant d'être la femme de Philippe, était surtout cette belle-soeur avec qui il partageait de très doux souvenirs. Mais, en tant que Monarque, il devait se rappeler ce que lui avait coûté une telle "amitié" au début, les réprimandes qu'il avait dû endurer, sans parler des gémissements de ce qui lui servait d'épouse.
Ce jour, Henriette d'Orléans avait quelques couleurs. Louis les avaient remarqués du coin de l'oeil, l'air de rien. Il n'avait pu s'empêcher de penser qu'elles étaient certainement provoquées par sa... situation... Cette maladie aurait même pu s'écrier Louis dans un moment de délire ! Et dire que son maudit frère ne s'apercevait guère de la chance qu'il avait. Et lui, le Roy, n'était accompagné que d'une Marie-Thérèse... Et Louise, se rappela-t-il avec le sentiment qu'une douce châleur l'enveloppait.
La grande vénerie se déployait derrière lui. Les chiens s'agitaient, on allait sonner le départ de la chasse. Ayant comme rôle celui du Grand Veneur, Louis garderait la tête. Il ne songeait pour l'instant pas à un quelconque rapprochement avec Henriette bien qu'il ne pouvait nier qu'une pensée fugitive et similaire lui avait traversé l'esprit lorsqu'il avait décidé de la convier ici.
Le Monarque indiqua d'un signe de tête qu'il était prêt à partir. On sonna, les chevaux s'ébrouèrent, les chiens se mirent à japper et à courir. Le piqueur avait pris soin, la veille, de déterminer un itinéraire.
L'hallali se ferait autour d'un Chevreuil. On craignait un passage d'eau à cause d'une rivière qui serpentait dans le petit bois mais le Roy aimait la difficulté. Au départ, il se retourna vers Henriette, instinctivement, mais il corrigea bien vite ce qu'il ressentait comme une faiblesse d'homme et qu'il ne pouvait considérer comme attitude de Souverain.
Qu'elle suive, malgré les avis alarmistes de son entourage médical ou non... Nous le disions, Louis aimait la difficulté.[Bon, c'est un essai, c'est sûrement différent... Bref, ne me lapidez pas trop fort !  ] _________________  |
|  | | Madame Poete


Nombre de messages: 16 Date d'inscription: 18/01/2007
 | Sujet: Re: Partie de chasse Ven 16 Fév 2007, 13:41 | |
| Alors que l’équipée se mettait en branle, Henriette sentit son cœur battre plus vite. Oh il pouvait bien faire son précieux, le Louis, elle avait été remarquée elle le savait très bien ! Aussi avec toutes les dindes qui se pressaient autour d’elle, il était difficile de ne pas la voir, encore avait-elle de la chance qu’avec leur caquètements, on ne la prenne pas, elle, pour le gibier et qu’on ne sonne le rabattement !Quoiqu’il en soit Madame, sans plus de façons, s’élança à la suite de la troupe avec ferveur laissant aux oies le choix de continuer à affoler l’air ou bien à se résoudre à grimper dans leur voiture et suivre le mouvement.
C’était une chance en vérité qu’Henriette soit bonne cavalière autrement elle se trouverait très certainement à l’instant même en train de faire la lecture à la Reine-Mère ou bien écouter les mouches voler en compagnie de Marie-Thérèse, le tout dans une ambiance que l’on peut imaginer des moins conviviales, cela s’entend. Le chasse, voilà qui réveillait en elle toute la fougue de ses 20 ans que son époux prenait tant de plaisir à étouffer, sous le couvert de l’obéissance conjugale, comme un poussin dans l’œuf. Il n’était d’ailleurs pas là ce matin, sans doute avait-il un tout autre gibier à poursuivre… Il était bon chasseur pourtant, on pouvait toujours mettre ça à son crédit. Henriette était jalouse, non pas quelle eût souhaité un mari amant et dévoué, ça n’était déjà pas dans la nature de Philippe, mais se trouver préférée à de jeunes éphèbes, ça… C’était plus qu’une femme d’honneur, une fille et belle-sœur de roi ne pouvait supporter. Qu’importe, elle avait le soutien du Roi… avant… Si elle ne le récupérait pas, c’en était fini de ses beaux jours, sa vie serait officiellement un enfer. Oui, dans les cauchemard d’Henriette, Saint-Germain était sa prison et elle donnait naissance à des enfants par centaines qui sortaient, et sortaient de son ventre jusqu’à la tuer d’épuisement !
Rassurer Louis sur ses bonnes dispositions à son égard, elle avait deux heures privilégiées pour y parvenir… Le sous-bois raisonnait des aboiements des chiens qui avaient flairé leur piste encore vaporeuse et les chevaux allaient au trot. Le chevreuil était une bête fine et rusée, il n’hésitait pas à disperser les pistes, tant mieux ! Cela promettait de l’amusement et la victoire n’en serait que plus belle. Voilà qui résumait bien l’objet de sa propre chasse : Louis avait un ego démesuré, elle aussi, il n’oubliait pas celui qui lui avait fait du tord, elle non plus, bref, Henriette allait le traquer jusqu’à ce que finalement il lâche un mot aimable ! Non mais ! Il s’avouait jadis amusé de son opiniâtreté, allez c’était le moment de rire !
Henriette cravacha sa jument qui accéléra le pas et s’arrêta presque à la hauteur de son royal cousin, pas trop près car il ne l’avait pas invité à le faire, mais pas trop loin non plus pour amorcer un début de conversation. Leur familiarité était assez grande pour qu’elle se permette ce genre de fantaisie, il y avait un temps où il ne se trouvait pas tant embarrassé de la voir à ses côtés.-Voilà qui est heureux, Sire, qu’à la faveur d’une chasse il me soit donné le plaisir de vous revoir. Vous plairait-il que j’orne mon salon de buissons et d’herbes folles pour que l’envie vous revienne de le fréquenter de nouveau ? Si le cas en était, croyez bien que je m’y engagerais sur le champ. Voilà qu’Henriette se posait comme sa servante la plus fidèle elle savait que cela faisait toujours mouche aux oreilles du souverain. Néanmoins le message était passé, la glace brisée, il fallait bien qu’il soit confronté à son ingratitude ! Rajoutez-y un soupçon d’humour et d’un air badin, toujours ! On n’ennuie pas le Roi avec des faux airs aigris d’épouse possessive ! D’une part parce qu’elle ne l’était bien évidemment pas ! De l’autre parce qu’une Marie-Thérèse suffisait amplement ! Si justement elle cherchait à attirer Louis dans ses appartements c’était parce qu’il y trouvait toute la légèreté et l’esprit qu’il n’avait pas ailleurs. On attrape pas les mouches avec du vinaigre ! |
|  | | D'Artagnan Fils de La Fontaine


Nombre de messages: 2227 Age: 31 rang: Capitaine des Mousquetaires Date d'inscription: 10/06/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Ven 16 Fév 2007, 15:45 | |
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|  | | Madame Poete


Nombre de messages: 16 Date d'inscription: 18/01/2007
 | Sujet: Re: Partie de chasse Ven 16 Fév 2007, 17:12 | |
| [EXPLDR! Voilà une requête...euh...incongrue!  Ben ma foi, moi j'y vois aucun inconvénient, si ça te fait envie! lool! Si d'autres personnes ont des fantasmes en tête Lau et moi recevons de 8h jusqu'à 18h du lundi au vendredi sur RdV...  MDR!] |
|  | | Jean Racine Administrateur Adjoint


Nombre de messages: 1081 Date d'inscription: 02/07/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Sam 17 Fév 2007, 00:15 | |
| [MDR ! Et bien je n'y vois pas non plus d'inconvénient... C'est juste que... Le chevreuil quoi, celui qu'on va zigouiller à la fin ! *gla* Enfin, on te gardera une place de choix sur le banc (non pas des accusés) mais de nos patients...  ] |
|  | | D'Artagnan Fils de La Fontaine


Nombre de messages: 2227 Age: 31 rang: Capitaine des Mousquetaires Date d'inscription: 10/06/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Sam 17 Fév 2007, 21:27 | |
| Post Chevry number one
La forêt royale de Fontainebleau est comme on dit "giboyeuse". Rien de plus normal puisqu'elle est précisément administrée dans cette optique. La seule chose c'est que ses hôtes, eux, ne sont pas au courant qu'elle est giboyeuse... Mais ce qu'ils ignorent encore plus c'est que le gibier, c'est eux !
Chevry était un de ces hôtes. Un magnifique chevreuil au pellage roux tacheté de blanc. Ses bois, un peu plus grands que la plupart de ceux de ses congénères auraient pu le faire prendre pour un cerf s'il avait été un peu plus massif de constitution. Un beau jeune mâle vif dans la force de son âge qui n'avait jamais perdu aucune de ces joutes de la saison des amours qui donnent le droit au vainqueur de saillir les belles petites chevrettes ennamourées. Il était un peu le roi des chevreuils de la forêt, c'était du moins ainsi que lui se ressentait : un Roi dans la forêt du Roi.
Il n'est aucun domaine de cette terre qui peut souffrir d'avoir deux souverains, ainsi dans cette forêt, fatalement il y en avait un de trop...
C'était l'hiver, la forêt était couverte de son manteau blanc et les arbres déplumés cotoyaient ceux aux feuillages persistants ce qui lui donnaient un air de vaste désordre naturel noir, vert et blanc.
Chevry, lui, avait trouvé un chêne couvert de lierre qui hibernait tranquillement, attendant le printemps pour bourgeonner. Il ne broncha donc pas lorsqu'il avait commencé à brouter consciencieusement le délicieux lierre accumulé sur son tronc. Il faut bien manger en hiver...
Alors qu'il se sustentait avec délice, ignorant la prophétie du dernier repas du condamné, un frémissement parcourut la forêt. De ces frémissements qui se transmettent mystérieusement entre les êtres vivants et qui échappent à la perception des hommes sédentaires.
Les oiseaux cessèrent de chanter, les quelques insectes attardés au milieu de l'hiver cessèrent de grouiller, même l'araignée cessa son tissage. C'était comme si la forêt, ce grand tout à la fois animal et végétal, voulait prévenir Chevry qu'il était en danger.
Chevry, animal craintif comme tous ses congénères, leva le museau de son repas. Quand on est un chevreuil, on sent toujours la mort quand elle vient de loin, même en ne l'ayant jamais vu on la reconnait toujours.
Il tendit ses oreilles...
Quelque chose approchait...
Il continua à mâcher et mit ses instincts aux aguets.
Ici ! ça a bougé !
Il fit un pas à reculons en plantant ses yeux noirs sur la colline blanche devant lui. Il entendit crisser la neige suivit instantanément d'un cri terrible et effrayant.
#GOINNNNNNNNNNNNNN# ( c censé être un cor de chasse )
Il n'en fallu pas plus à Chevry : il se retourna et détala dans la direction opposé au cri.
Il fallait mettre de la distance entre soi et ce nouveau prédateur : car qui crie ainsi ne peut que vous vouloir du mal...
Il était là à foncer lorsque devant lui, un autre cri similaire au premier éclata.Damned ! There is not only one of them ! Run away ! [HJ : c un chevreuil qui parle anglais  ] Il bifurca dans sa course, cherchant toujours à galoper en direction opposée aux deux cris pour mettre le maximum de distance entre lui et ces monstres terrifiants. Un chevreuil qui fuit est un géomètre de génie : il sait toujours trouver la meilleur ligne de fuite.
Mais l'homme, cet observateur à l'intelligence trop talentueuse, le sait et c'est ainsi que de coup de trompe en coup de trompe, sans le savoir, Chevry se fit progressivement rabattre où l'on voulait : vers la zone où se tenaient ceux qui seraient ses premiers et derniers ennemis. _________________ Charles de Batz Castelmor
de son petit nom :
Capitaine d'Artagnan
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|  | | Louis XIV Roy


Nombre de messages: 415 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Dim 18 Fév 2007, 01:03 | |
| [Expldrrrr ! Magnifique ! Je vais avoir du mal à tuer Chevry maintenant qu'il est si bien incarné...  ] Le Roy, chapeauté à plumes, se tenait fort droit sur sa monture. L'air vivifiant de saison lui givrait les joues mais, rien ne pouvant attaquer le Soleil, sa peau n'en montrait encore aucun signe. Son regard acéré scrutait les environs.
Bien que ce soit lui qui gardait la tête, il n'avait ce poste de Grand Veneur que par sa qualité de Monarque. Il ne sonnait donc pas du cor, activité qui lui aurait fait gonfler les joues comme une grosse baudruche et qui l'aurait teinté d'une amère note de ridicule. Et Louis ne se parait jamais de ridicule. Un cor pendait quand même à sa selle : le soucis esthétique jusqu'au bout des ongles...
Alors qu'on sonnait une seconde fois, pour le "bien-aller" (c'est à dire que les chiens sont sur la bonne voie et qu'un des veneurs a aperçu la proie) et que les chiens courraient de concert, joyeuse masse jappante, Louis remarqua que quelqu'un s'aventurait dans sa royale zone de manoeuvre. Il sut que c'était elle, mais ne voulut guère montrer qu'il l'avait remarquée. Pas encore... Il garda la mine droite et fière et s'intéressa au délicat crissement de la neige sous les sabots de son cheval.
Henriette ne s'était pas approchée trop près. Elle savait qu'elle ne pouvait pas lui imposer sa présence. Elle savait aussi qu'elle avait la liberté de lui adresser la parole, en tant que belle-soeur. Et pas la peine de dire qu'elle usa de cette liberté aussi vite que possible. Le Roy ne manifesta aucune réaction bien qu'il eut envie de rire devant la pique d'Henriette.
Il se ménagea un moment pour rassembler son attention, ainsi que pour souffler légèrement. Il ne voulait pas avoir l'air empressé à lui répondre. Certes, il avait attendu qu'elle l'approche. Certes, il avait espéré qu'elle lui parle. Certes, il était heureux qu'elle eut fait les deux. Seulement, il n'avait point l'intention de laisser croire l'entreprise si facile !
Au bout de quelques longues secondes, il lui adressa un regard et fit un gracieux geste de sa main gantée pour l'inviter à se mettre complètement à sa hauteur. Il laissa quelques secondes supplémentaires, se prenant d'admiration pour le chien qui menait la meute, avant de lui répondre :- Madame, tant que vos buissons ne s'ornent pas de givre, l'envie pourrait revenir rapidement... Il avait lâché cela platement et même assez froidement pour aller avec l'ambiance extérieure. Il faisait allusion aux regards cisaillant et aux reflexions transperçantes dont l'avait gratifié sa belle-soeur lorsqu'il s'était montré fort empressé de traverser le fameux salon, non pas pour l'honorer de sa présence, mais pour rejoindre Louise, la mère de son enfant. C'était de bonne guerre.
Cependant, il ne pouvait pas envisager de garder rancune à la charmante Henriette plus longtemps. Il l'avait déjà bien assez tourmentée comme cela, avec un petit plaisir sadique, il devait se l'avouer. Sans pour autant baisser totalement les armes, il lui offrit un léger sourire, toujours de profil, puis ajouta :- Même sous la neige, certains souvenirs sont aptes à réchauffer le coeur, vous ne trouvez pas ? Oui, on pouvait dire que la glace était brisée. Le Roy avait trouvé bien mornes ces mois sans la compagnie toute particulière d'Henriette. Loin des oreilles importunes, il pouvait laisser aller le fond de sa pensée. Il savait que la seconde Dame du Royaume ne lui cherchait pas querelle...
Au loin résonna un autre cor. On "allait-bien" dans la bonne direction._________________  |
|  | | Madame Poete


Nombre de messages: 16 Date d'inscription: 18/01/2007
 | Sujet: Re: Partie de chasse Mar 20 Fév 2007, 12:54 | |
| Le gant de Sa Majesté déplaça l'air avec tant de grâce que Madame reprima un sourire de victoire, plutôt inconvenu pour le moment, et ne se le faisant surtout pas dire deux fois, fit avancer sa jument jusqu'à la place que le Roi leur réservait. Merveilleuse bête que celle-ci qui cala son trot sur celui de l'étalon royal! Pas d'oeillade, mais il y avait eu des mots, non dénués de piquant certes, mais c'était bien plus que ce qu'elle avait eu en plusieurs semaines et Henriette en savourait la moindre syllabe. Louis aimait à signifier même à ceux qui lui étaient le plus proche que rien, avec lui, ne leur été jamais acquis: ni son amitié, ni sa haine, ni son intérêt, ni son mépris. Il se trouvait que sa belle-soeur le savait fort bien et qu'elle goûtait fort ce jeu là, aussi dangereux et éprouvant pour ses nerfs qu'il était. Elle déployait son énergie et des trésors d'ingéniosité pour le satisfaire en tout ce qu'il lui était donné de le faire, car inévitablement ce qui plaisait au roi, plaisait à la Cour et tôt ou tard la gloire finissait par l'atteindre de ses rayons bien trop changeants. Et qui disait gloire pour elle, disait rage pour Philippe et cela était peut-être encore plus jouissif...
Allons, voilà de nouveaux mots et en prime un sourire! Oh un sourire de Louis, on ne savait jamais trop qu'en faire, s'il fallait s'en réjouir ou craindre le pire. Et pourtant Henriette qui prêtait attention à chacun de ses gestes ou paroles depuis toujours, savait ce que celui-ci signifiait: son retour triomphant dans les petits papiers de son illustre beau-frère. N'y avait-il personne pour voir cela?! Personne... Disons pas les douze pairs d'yeux _soit 24 ce qui rend la chose bien effrayante!_ dans leurs dos qui buvaient la scène depuis le début et dont les pensées n'étaient à présent plus tant tournées vers la chasse, plutôt que vers sa fin où ils pourraient courir répandre la nouvelle dans les couloirs et dans les salons. Dès ce soir, on écrirait des petits quatrains sur le retour de Madame, Henriette sourit. Sa voix demeura neutre tandis qu'elle lui répondait, elle essayait de dissimuler au mieux le trop plein de joie que tant de considération lui procurait, toutefois on pouvait la deviner dans les élans de son timbre:-Assurément Sire, je ne connais rien que ne puisse faire fondre les rayons du Soleil! Là! Leur racommodement prenait la bonne voie, tout comme le chevreuil et la vénerie. Henriette se serait hasardée, toujours par soucis d'affirmer son amitié, à demander des nouvelles de la duchesse de LaVallière que l'on disait fort éprouvée par le froid, mais elle n'en fit rien. C'eut pu être interprété soit comme de l'inquiètude courtoise et une faveur faites aux inclinaisons du coeur de Louis, soit comme une effronterie perverse au moment où tout paraissait aller pour le mieux entre ces deux là. En lieu et place, Madame jugea opportun d'adopter un discours moins périlleux:-Las! Même votre splendeur, mon Roi, ne peuvent rien contre la rudesse de cet hiver tenace. La Cour semble engourdie comme la nature sous la neige. Je sais quelle passion vous portez dans la chaleur des fêtes, Louis. Et cela n'importe quel hiver, fût-il celui de votre vie, ne saurait l'engourdir!Allons, bien que la palpitation à l'évocation du mot "fête" faisait naître dans ses veines, Henriette misa sur la patience. Voilà ce qui était, elle voulait organiser des réjouissances dignes du lien privilégié qu'elle entendait renouer avec le Roi. Elle espérait trouver un écho favorable par cette amorce, sinon elle n'était pas encore allée trop loin et pouvait toujours sonner le repli lol!] [Hésites pas à donner d'autres indications sur la chasse à courre Lau, parce que je me suis vaguement renseignée mais euh... je suis une bille!  lool!] |
|  | | D'Artagnan Fils de La Fontaine


Nombre de messages: 2227 Age: 31 rang: Capitaine des Mousquetaires Date d'inscription: 10/06/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Mer 21 Fév 2007, 18:57 | |
| [Hj : des pantoufles hein, c'est ce que tu as trouvé pour que je sois à tes pieds. Roh hier j'ai pensé à toi dis donc : g regardé le grand tournois de l'Histoire et personnellement je me suis trouvé assez nul globalement  ] Chevry deuxième postSi on en crois Monsieur Descartes, les animaux sont des machines vivantes. On pourrait donc penser que pour piéger un animal comme un chevreuil par exemple [HJ : exemple pris totalement au hasard  ] il suffit d'appliquer systématiquement une méthode de chasse bien définie à l'avance et, les mêmes actions provoquant les mêmes réactions, on attraperait le bestiau à tous les coups. Quel ennui alors ce serait que la chasse : sonner du cor, courir après et attraper l'animal. Un vrai travail d'usine avant l'ère industrielle, sans âme et sans saveur. En gros, un sport plus digne d'être pratiqué par un vilain que par un Roi.
Mais il faut croire que Monsieur Descartes n'était pas très chasseur... S'il l'avait été, il aurait su que chaque animal a ses réactions propres et que si l'on applique en gros la même stratégie pour l'attraper, les tactiques sont variées et doivent s'adapter en permanence à la personnalité de l'animal. Il arrive même qu'il parvienne à s'enfuir...
Donc si ce génie de la pensée logique qu'était René Descartes avait de temps à autre enfourché un cheval et s'était donné la peine de gonfler un peu plus ses poumons que sa cervelle (sans compter les nôtres...) pour souffler dans un cor, la face de la philosophie et donc de la pensée occidentale en eut peut-être été changée...
Pour l'heure Chevry lui n'était pas très préoccupé par la question de sa nature méchanique ou sublime, il avait des problèmes un peu plus terre à terre à résoudre.[petite note : moi non plus je ne connais rien à la chasse à cour, alors ça va être de l'improvisation sur le thème de la bête traquée avec invention en live des tactiques. Je suivrai par là l'adage du forumeur : "Quand tu ne sais pas, tu inventes"  ] Chaque coup de cor le faisait entrer un peu plus dans l'aire dans laquelle on désirait qu'il évoluât. Chaque fois qu'il ralentissait un peu sa course, un nouveau son retentissait ce qui le faisait bondir et réaccélérer. On cherchait de toute évidence à le fatiguer en le harcelant de stress auditif. Malheureusement pour lui la seule évidence à laquelle Chevry était sensible c'était que les animaux qui criaient ainsi autour de lui ne lui voulait pas de bien. De toutes façons il n'y a pas beaucoup de monde sur cette terre et à fortiori dans cette forêt qui veut du bien aux chevreuils. On a parfois de bonnes raisons d'être craintif...
Mais Chevry n'était pas pour autant dépourvu de moyen de défense, nottament parce qu'il était craintif.
S'il était entrée dans l'aire du "jeu" mortel auquel on voulait le faire participer malgré lui, il commençait quand même à s'étonner de n'être pas pourchassé et sa façon systématique de fuir ainsi que l'excellente connaissance qu'il avait de ce terrain, obligeait les rabbateurs à couvrir parfaitement le terrain. Chevry profiterai de la moindre faille dans le filet dont on l'entourait : si jamais il se trouvait qu'il y manquât une maille, il s'y engoufrerait.
Ainsi apprenant à ménager son effort tout en subissant la violence du cor il avança dans le terrain sacré de sa future mise à mort.
Sautant à grandes enjambées les tas de neiges et les troncs qu'ils savaient se trouver caché dessous, il gravit rapidement une petite colline couverte de bois noire de l'autre côté de laquelle se trouvait le Roi Louis et sa chasse.
Lorsqu'il atteignit le sommet, il se trouvait à environ 300 mètres du souverain et de sa belle soeur qui étaient en contrebas. Il devint donc visible mais lui ne vit rien et continua sa course fuyant le son du cor. C'est alors qu'il entendit pour la première fois les chiens... _________________ Charles de Batz Castelmor
de son petit nom :
Capitaine d'Artagnan
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|  | | Mme de Montespan Dramaturge


Nombre de messages: 244 rang: Première Dame de la Reine Mère Date d'inscription: 09/03/2006
 | Sujet: Re: Partie de chasse Jeu 22 Fév 2007, 18:41 | |
| HJ : si je peux me permettre "la Cour chasse à courre". bonne chasse ! _________________ Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, Marquise de Montespan
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|  | | Louis XIV Roy


Nombre de messages: 415 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Lun 26 Fév 2007, 21:00 | |
| [Encore désolée pour le retard... L'Experte en Chasse à courre (de loin, dans le noir mais qui aime bien sortir des termes quand même *gla*) est de retour. Chevry, les pantoufles ne sont plus très loin ! Mdr !] Un Roy ne sourit pas à un compliment. Surtout lorsqu'il provient d'une femme comme Henriette, qui sait se servir des compliments aussi sûrement que le veneur sait se servir du cor de chasse. Bien entendu, un Roy peut ne pas montrer de signe de contentement extérieur mais sentir ce contentement lui réchauffer le coeur. C'est ce que ressentait Louis lorsqu'elle parlait. Il savourait également chaque mot, chaque accent, chaque attitude, ou tout ce qu'il pouvait apercevoir d'où il se tenait.
Il avait toujours vu cette femme comme une sorte de pâte de fruit. On en voit la couleur, mais on est incapable d'en deviner la saveur exacte avant de l'avoir goûtée. C'était pareil avec elle, impossible de savoir ce que cachait ses grands yeux, même si leur couleur ne reflétait qu'une grande douceur. Cependant, Louis n'était guère dépaysé à l'abord de ce comportement. Il possédait le même. C'était d'ailleurs sûrement pour cette raison qu'ils pouvaient s'adorer puis finir par se détester, sans pour autant être définitivement brouillés.
Le Monarque n'était pas encore prêt à laisser sa belle-soeur savourer entièrement le prestige de la conversation. Il lui faisait une faveur, il savait qu'elle en était consciente, mais il fallait surtout que ceux qui les dévisageaient (de dos, faut le faire !) et qui essayaient de recueillir de leurs oreilles avides des bribes de phrase, en soient parfaitement convaincus. Il fallait que le Roy apparaisse détaché, sinon, la rumeur enflerait et cette pauvre Marie-Thérèse irait encore se plaindre auprès de la Reine-Mère.
Henriette sembla chercher quelques instants une nouvelle parole envoûtante, ce qui permit à Louis de revêtir son masque inexpressif, avant qu'elle n'aborde le sujet qu'elle maniait avec brio : la fête.
Elle avait raison. On avait tendance à soupirer à la Cour. L'Hiver était trop long et trop rigoureux. Il n'y avait qu'à voir le nombre d'hommes qui participaient à cette chasse aujourd'hui. Et Louis savait qu'une Cour restait servile quand on l'étouffait dans du bonheur, le plus artificiel soit-il ! Les fêtes avaient cet avantage que le Roy pouvait briller plus que de coutûme et qu'il avait également la possibilité de s'y distraire au milieu de Courtisans triés sur le volet.
Il posa son regard perçant sur sa belle-soeur qui avait peut-être quelques couleurs en plus et répondit :- Nous savons que vous excellez dans ce domaine, Madame. Vos fêtes ont toujours fait étinceler Fontainebleau et mis en valeur ses plus beaux joyaux. Avez-vous en l'esprit quelque amusement à notre goût ? Le "nous" était très formel. Louis s'en amusait, il ne l'employait presque pas avec Henriette, mais il aimait la plonger dans un léger doute. Rien n'est jamais tout à fait gagné avec un Roy dit Absolu. Le relâchement de l'étiquette viendrait plus tard. Il inclina légèrement la tête, pour l'inviter à continuer. La suggestion qu'il croyait deviner le mettait en joie bien qu'il ne dévoilait point ce sentiment. Toutefois, peut-être qu'un oeil habile était à même de déceler une certaine lueur de curiosité dans ses prunelles...
C'est à ce moment précis que les chiens se mirent à "hurler", comme on le disait dans le jargon de la chasse à courre. Ils n'aboyaient plus lorsqu'ils repéraient la proie. Le jappement réapparaîtrait au moment de l'Hallali. Les fiers Poitevains de Sa Majesté, meilleurs chiens coureurs de la décennie disait-on, relevèrent leur museaux et braquèrent leurs regards assérés vers le pauvre chevreuil qui passait à quelques centaines de mètres de la meute. Le Roy remarqua cette magnifique bête mais ne trahit aucune surexcitation. Ce genre d'émotion trop spontanée eût été indigne de Louis le Quatorzième.
Un des veneurs sonna la "vue" et tous enchaînèrent, de concert, sur le "débucher" : Chevry se dirigeait vers un massif forestier, on n'avait plus qu'à accompagner les chiens... pour l'instant._________________  |
|  | | Madame Poete


Nombre de messages: 16 Date d'inscription: 18/01/2007
 | Sujet: Re: Partie de chasse Lun 12 Mar 2007, 16:48 | |
| Du temps qu'elle attendait la parole qu'elle espérait de la bouche de Louis, Henriette ne cessait de fixer le visage impavide de son monarque de beau-frère dans l'espoir d'y lire un indice, une émotion, n'importe quoi! Cela faisait presque désespérée, mais il se trouve que dans l'état où elle était, les sensations fortes ne réussissaient point à sa gouverne! Plus que d'ordinaire tout en elle était en émois, elle dont les pommettes étaient promptes à se colorer et à la trahir, porter un enfant ne lui réussissait guère! Elle ne dormait plus que grâce à sa dose quotidienne d'opium et devenait facilement irracible ou bien au contraire sensible pour un rien, bref, Madame avait les humeurs chamboulées et les saignées n'y faisaient rien. Elle était à prendre avec des pincettes _ ses oies en faisaient d'ailleurs l'amère expérience_ drôle de moment pour choisir sa tentative de réconciliation avec le Roi qui n'avait pas son pareil pour jouer les intouchables! Elle y perdrait ses nerfs, elle en était sûre!Louis répondit enfin. Favorablement... Et il lui demandait si elle avait déjà des projets en tête, ce grand nigaud! Un projet qui était né au cours d'une de ses nombreuses insomnies, tu parles si elle avait eu le temps d'y penser! Impensable de suggérer quoique ce soit au Roi, sans qu'on ait soit même une proposition à faire... Au cas où... Henriette savait comme il aimait à demander des avis et des conseils, pour marquer sa considération, dans le cas où il le faisait, il valait mieux avoir quelque chose à lui mettre sous la dent pour ne pas avoir affaire à son regard de glace. Le cri des cors derrière elle et des chiens tout autour fit écho à l'excitation qu'elle éprouvait au moment d'exposer ses plans duement montés. Le chevreuil, elle le vit, et tira sur les rênes de sa jument pour qu'elle entre dans la manoeuvre de rabattement. Un demi-sourire marqua ses lèvres vermeilles qui se voulait à la fois complice et taquin:-Allons, Louis, vous ne me croyez pas si imprudente pour oser venir à vous sans quelques idées concrètes! Je connais comme vous abhorrez les sujets qui vous servent mal, je me plais donc à vous soulager d'une peine d'incompétence... Puisque vous m'y encouragez, Sire, voici quelques folies que je me suis permis d'imaginer pour votre divertissement.Là alors, Henriette changea sa voix pour la baisser d'un ton, un ton de narratrice, de conteuse, un ton pour plonger le souverain dans cette fête qui déjà se déroulait sous leurs yeux.-Songez à votre parc abandonné par la neige à la nuit tombante, de beaux foyers brûlants ça et là faisant l'oeuvre du printemps, chauffant les esprits et les corps. Et puis vos courtisants en loups et costumes qui s'amusent à se perdre pour mieux se retrouver. Qui trouverez-vous? Qui trouverais-je? Le hasard seul le sait. Le mystère et les rires flottants sur les jardins de Fontaineblau, n'est ce pas plus fascinant que le ciel bas de janvier? Et puis lorsqu'enfin il fera noir, une scènette de Molière, un concerto de Lully, que sais-je encore nous attendra dans les boiseries chaleureuses et si Sa Majesté le veut, la soirée se pourra prolonger jusqu'à tant que les pieds soient assez meurtris et les dos fourbus pour ne plus esquisser un seul pas de danse... Carême chassera bien trop vite Carnaval, Louis...La dernière phrase était presque devenue mélacolique. Chaque année, le temps de la pénitence devenait chemin de croix pour Henriette. Oh bien sûr, elle affichait une mine de Sainte dévôte exemplaire! Et les matines, et les nones, et les vêpres! Et vas-y que je pèse mon pain en public pour que chacun se rassure sur mes intentions repentantes! Dans tout cela, pas une seule fête _ du moins une fête pas trop « festive », bah mieux vaut rien du tout alors!_ pas un seul menuet dansé jusqu'à Pâques! Chemin de croix vous dis-je... Quand on a rien d'autre à se mettre sous la dent, la misère est un peu dure à avaler... Une fête qu'elle prévoyait un peu comme l'oraison funèbre de ses jours heureux, du monde pour cette saison. Bientôt, elle serait trop grosse pour se montrer en grand public, légère et dansante. Il lui faudrait sans doute tenir le lit, on ne lui pardonnait pas son « accident » de l'année passée, plus question de perdre un enfant, plus question de commettre des imprudences à un terme si avancé... Madame était à prendre avec des pincettes disions-nous... Les mois suivants promettaient un temps d'orage sur ses appartements ou, plus probablement, sur Saint-Germain.Un dernier baroud d'honneur! Il lui devait bien ça, Loulou à Minette!  |
|  | | D'Artagnan Fils de La Fontaine


Nombre de messages: 2227 Age: 31 rang: Capitaine des Mousquetaires Date d'inscription: 10/06/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Jeu 29 Mar 2007, 17:25 | |
| [Hj : l'expression "prendre avec des pincettes" c'est pas dans l'autre sens qu'on l'emploie ? On dirait pas plutot : "Madame n'est pas à prendre avec des pincettes" voulant dire qu'elle d'humeur désagréable en ce moment. Après une petite recherche, il parait qu'on peut employer les deux mais que ça dépend du sujet : si tu te places du coté de celui qui prend, alors il faut dire " Je prends Henriette avec des pincettes" pour dire qu'on fait attention, mais si on se place du côté de celui qui est à prendre alors le truc s'inverse : "Henriette n'est pas à prendre avec des pincettes." voulant dire qu'il ne faut pas la gonfler. C'est à n'y rien comprendre Je ne sais pas ce j'ai en ce moment, j'ai une frénésie de correction de Français, c'est sûrement la déshydratation, ça va passer... ] Chevry troisième post
Chevry en cette minute avait d'autres idées en tête que de s'occuper de divertissements festifs.
Enfin c'est manière de dire car en réalité en matière de divertissement royal il se trouvait très concerné puisqu'il était, on peut le dire sans vanité pour lui, l'acteur principal de celui qui se déroulait en ce moment. Si Chevry avait été dôté d'une part d'une ouïe hors du commun (pour entendre les échanges entre le Roi et sa belle soeur) et du sens de l'humour d'autre part, il aurait même pu se dire que ça allait être sa fête...
Mais Dieu a voulu que les chevreuils ne possèdassent pas plus le sens de l'humour que celui d'une ouïe portant à 200 mètres. Aussi, il devait se contenter pour se défendre du pressentiment du sort funeste qui l'attendait, de ses sens les plus primitifs et de cet instinct de survie qui s'éveille toujours chez celui que la Mort commence à chatouiller sous les pieds ou les sabots.
Après les hurlements des chiens, ces animaux inconnus fatalement ennemis car on ne gueule pas ainsi lorsqu'on veut du bien à autrui, Chevry accéléra, c'était encore possible, et chercha une issue, cerné qu'il était par les son des cors et des jappements.
Son coeur commençait à forcer un peu de régime et les premiers filets d'écume de sa bouche commençaient à s'étaler sur le poil roux de son poitrail. La vitesse donnait à ces dégoulinures blanches des formes vives de coups de pinceaux, premières ébauches immaculées de ce qui sera l'unique linceul du gibier.
Dans ce brouillard auditif où résonnait la malédiction, il fit le choix qu'on voulait qu'il fit et prit la seule route qu'il n'aurait pas du prendre s'il avait voulu vivre : il fila vers le sous bois. Sa seule chance eut été de braver sa terreur et d'affronter le son d'un cor ou de piquer vers ces quadrupèdes centauriens dont les galops se superposaient au sien à presque lui déchirer les tympans. Mais il est dit que le chevreuil ne sait que fuir et pas affronter : il sait se faufiler et joue sur sa vitesse mais jamais il n'attaque, ce pacifique herbivore. Le sanglier lui sait affronter, mais seulement lorsqu'il est épuisé et acculé. Le sanglier est stupide et courageux, le chevreuil est malin et couard. Les animaux ne savent pas échanger leurs vertus, c'est pour cela que l'homme, pourtant un des plus faibles du règne animal, les domine toujours.
Chevry prit donc la direction du sous bois, s'aggripant à ce lieu d'où ne provenait aucun de ces sons terrifiants qui cherchaient à le rendre fou.
S'il poursuivait ainsi tout droit il était mort. S'il ne se résolvait pas à écouter la petite voix en lui qui lui disait "not on this way" ("ne va pas par là"), il rejoindrait bientôt les mannes des chevreuils.
Nous verrons... Mais de toutes façons il aurait été nul pour danser le menuet alors... _________________ Charles de Batz Castelmor
de son petit nom :
Capitaine d'Artagnan
Dernière édition par le Sam 31 Mar 2007, 02:43, édité 1 fois |
|  | | Adrien de Chastignac Administratrice


Nombre de messages: 1895 Date d'inscription: 04/06/2005
 | Sujet: Re: Partie de chasse Sam 31 Mar 2007, 00:40 | |
| [les corrections de Français c'est à cause de Camelot ça  ] |
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