1663

France. 1663. Le roi Louis XIV a 25 ans, et les intrigues sont reines au palais royal et à Fontainebleau. Incarnez votre personnage et changez l'histoire a vos gouts
 
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La Chambre du comte de Saint-Aignan

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Saint-Aignan
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MessageSujet: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Ven 17 Juin 2005, 16:12

( le cabinet du Roy )

Saint-Aignan pénétra doucement dans son luxueux appartement dû a son statut de favori. Il n'avait pas non plus ommis de souffler quelques mots de la venue d'un grand seigneur au palais aux personnes qu'il avait rencontré. Ces simples mots échappés ne lui feront que prendre du galon dans son statut d'informateur.

Il s'assit sur sa chaise, se reposant quelques minutes. Il n'était plus tout jeune, et déjà ses jambes étaient fatiguées. Il réfléchissait à son costume.

Soit, les attributs, rien de plus simple. Une lyre, bien sûr, une plume d'oie accrochée a son pourpoint, symbolisant la poésie.
Ensuite, il metrait un habit gris argent, couleur qui plaisait tant à Athénaïs...

François restait songeur, quand on frappa a la porte.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Sam 18 Juin 2005, 15:08

( Du matin jusqu'au bal. )

Chastignac n'avait frappé que par pure convenance. Il avait besoin de parler a son ami quelques secondes avant de repartir vaquer a ses occupations. Mais Adrien ne pouvait paraitre au bal sans connaitre quelques détails sur le mousquetaire qu'il était à peu pres sûr de rencontrer à nouveau. Et seul Saint-Aignan avait assez sa confiance pour qu'il soit sûr qu'il n'aille dévoiler au mousquetaire ses interrogations.

Nous avons donc dit que Chastignac n'avait frappé que pour signaler sa présence, congédiant le valet de chambre, il entra sans même attendre la réponse.

La vue de son ami le réjouit tout de suite. Cette homme calme et réfléchi l'appaisait toujours, aussi par sa subtilité.

-Alors, François, tu n'as donc pas commencé de quatrains pour ce soir ?

Adrien s'assit sans aucune genes sur le lit, et, mine de rien, commença son inquisition :

-Ce Mousquetaire, que vous appelez lieutenant.... qui est-il ?

Chastignac feignit s'interresser a quelques parchemins étaler dans un désordre complet sur le bureau...
*Ark, encore des poemes*
Mais il gardait toujours un oeil sur Saint-Aignan, signe qu'il se souciait vraiment de ce mousquetaire.
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Sam 18 Juin 2005, 16:04

François soupira a la vue de son "pupille". Il serait surement plus facile a congédier qu'un courtisans inconnu. Car oui, Saint-Aignan voulait se retrouver seul, loin des sarcasmes sur son Athénaïs tant aimée, loin des moqueries de Chastignac. Oui, certes, ce n'était pas vraiment méchant, et Chastignac affirmait même que c'était pour son bien. Mais là il n'était pas d'humeur a pouvoir supporter sans rien dire, et tant pis si il devait le mettre a la porte en le blessant dans son orgueuil.

Citation:
-Alors, François, tu n'as donc pas commencé de quatrains pour ce soir ?


-Non, Adrien, j'attends toujours de voir l'évenement avant de faire un poeme dessus... je ne suis pas devin.

Citation:
-Ce Mousquetaire, que vous appelez lieutenant.... qui est-il ?


Aaahh... Saint-Aignan commençait a comprendre. Le jeu de scene d'Adrien n'était pas encore assez bon pour cacher son interête quant au mousquetaire. Ou peut-être voulait-il expédier l'affaire autant que lui-même ? A la bonne heure ! Il serait ainsi plus vite débarrasser de son ami, et se retrouverait plus vite seul.

François arracha ses poemes des mains de Chastignac, agacé qu'il fouille dans ses affaires. Si au moins Adrien avait été un peu poete, il aurait compris, mais rien a faire, celui-ci s'obstinait a ne pas vouloir comprendre la beauté des mots et des sons, la beauté des métaphore et des allégorie ect... comment pouvait-il ensuite faire un bon courtisan ?

François frappa du pied d'impatience en le dissimulant a peine.

-Mais voyons, c'est un mousquetaire, c'est tout.

Il prit la main de son ami, esperant lui faire comprendre qu'il ne désirait pas sa présence pour l'instant. Mais en même temps, il jouissait de le faire rager a son tour, en ne lui donnant aucune information sur d'Artagnan.

Chastignac se leva, contrarié, mais le coeur généreux de Saint-Aignan ne pouvait laisser son ami ainsi enragé.

-Chastignac, ne vous méprenez pas, je vous aime toujours autant, tel mon frere... mais a présent il me faut me préparer pour le bal. Et je crois que vous devriez en faire de même... apres une petite visite a Mlle de Louvois.

Avant de fermer la porte derriere lui, Saint-Aignan lui souffla :

-C'est M. D'Artagnan, un grand seigneur qui n'est pas de votre temps. Il est en bonne avec le Roy. Ne vous asardez pas trop non plus avec lui. Il a acquit l'expérience de bonne guerre, et sait bien lire au fond des coeurs, vous vous feriez découvrir.

Saint-Aignan lançait ses avertissements en esperant que Chatignac les écoute, connaissant son manque de dissimulation quant à ses sentiments. Quoique François ne lui avait rien appris de plus que ce que lui aurait dit tout courtisan, mais il voulait laisser a Chastignac le temps de se faire ses propres opinions.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Sam 18 Juin 2005, 16:23

Adrien compris qu'il était de trop ici. Vite, il compris. Saint-Aignan, qui savait être extremement subtil parfois, ne le ménageait pourtant pas aujourd'hui. Bien, il se vengeait, il lui rendait la pareil. Bien, bien. Qu'il le fasse, il verrait bien quel mauvais tour il pourrait lui arriver. Adrien sourit en coin. Oh, rien de bien méchant, mais .... il avait une idée derriere la tête.

Citation:
-Chastignac, ne vous méprenez pas, je vous aime toujours autant, tel mon frere... mais a présent il me faut me préparer pour le bal. Et je crois que vous devriez en faire de même... apres une petite visite a Mlle de Louvais.


-Qui vous a dit que je remettait vos sentiments pour moi en cause ?

Il avait dit cela d'une façon tellement froide, qu'il sentit Saint-Aignan s'écraser, vaincu par cet exces de mesquinerie alors qu'il tentait de radoucir l'atmosphere. Chastignac regretta, et prit le bras de son ami.

-Bien, je pars. Quand a aller voir Mlle de Louvais...

Il vit Saint-Aignan se pincer les levres. Pourtant François devrait être habitué a le voir dédaigneux de ses propres maîtresses !

Citation:
C'est M. D'Artagnan, un grand seigneur qui n'est pas de votre temps. Il est en bonne avec le Roy. Ne vous asardez pas trop non plus avec lui. Il a acquit l'expérience de bonne guerre, et sait bien lire au fond des coeurs, vous vous feriez découvrir.


Chastignac baissa la tête et s'en fut presque en courant. Il avait eut toute les informations dont il voulait être détenteur, et maintenant il n'avait plus qu'à flaner dans les couloirs. Il lui restait encore au moins 5h à se préparer. Donc deux heures au moins perdues. Il ne mettait jamais autant de temps pour sa toilette, puisqu'il s'y prenait toujours à l'avance quant il s'agissait de préparer son costume.

( --> les appartements de Zelamir de Noailhac )
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Dim 19 Juin 2005, 18:55

Le coeur de Saint-Aignan se serra. Il avait dû vexer son pauvre ami, qui n'avait déjà pas eut de chance depuis le lever.

François retourna sur sa chaise d'un pas las, et sonna son valet.
Celui-ci apparut immédiatement, mais Saint-Aignan feignit de ne pas l'avoir remarqué, occupé comme il était a remettre en ordre ses pamphlets sur les ennemis du Roy, et ses versets mielleux sur lui et ses amours.

Enfin il se retourna. Son valet, fidel a son poste, n'avait pas bougé, même pas bronché.

-Occupe-toi de me sortir mon habit de cérémonie gris argent, ainsi que ma grande perruque et mes chaussures neuves.

Saint-Aignan avait particulierement en horreur qu'on touche a ses chapeaux. Aussi s'en occupa-t-il lui-même, y ajoutant une magnifique plume bleue et vaporeuse. Mais François reposa le chapeau sur son bureau. Non pas parce qu'il était satisfait de son oeuvre, mais plutot parce qu'il n'était pas satisfait de lui-même.

François frappa du pied de colere, son valet, affairé a brosser son vetement, sursauta.

-Bon Dieu ! dit-il pour lui-même. Ce n'est pas parce que je n'ai pas de chance en amour que je dois maltraité mes amis !

Et sur ce, apres avoir laisser des dernieres recommandations sur son costumes, François sortit.

( l'entrée de la cour )
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Lun 27 Juin 2005, 12:07

¤~°~retour du bal~°~¤

( le bal)

Saint-Aignan revint dans sa suite le coeur amer de cette soirée qui lui avait tant apporté en vérité, semblait-il, mais de bien dure a admettre.

Il se laissa tomber dans son fauteuil, tandis que des valets s'afferaient a le déshabiller. Qu'il regrettait le temps où La Montespan n'était encore que Mlle de Tonney-Charente ! Il l'avait entendu alors murmurer des choses sur son compte, l'admirant comme danseur, le flattant dans son égo. Il avait supris cette conversation avec Mlle de La Valliere. Elle n'avait pas démenti... peut-être avait-elle su que François se trouvait derriere ? Elle aurait donc jouer avec lui depuis le début, comme le chat joue avec la souris ?

François poussa un soupir lourd de sens en enfilant sa chemise de nuit. Adieu les illusions, il avait compris. Malgré tout une nuance d'espoir perçait encore.... Peut-être qu'elle ne lui accordait aucun regard parce qu'elle lui en voulait d'avoir surpris sa conversation ? Mais cela datait pourtant de quelques années...

L'amour aveuglait bien le pauvre Saint-Aignan, qui cherchait en vain des excuses au comportement de La Montespan. Assurément, c'était de sa faute, à lui. Ou alors était-ce un jeu ? On ne regarde jamais l'interessé, comme lui avait pensé a danser avec toute exepté Athénaîs...
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Jeu 30 Juin 2005, 09:37

Decidemment François n'arrivait pas a dormir. Il avait trouvé la raison du dédain de La Montespan. Enfin, il y en avait surment plusieurs. Mais la principale était sans nul doute son age. Les bras de Saint-Aignan retomberent le long de son corps, il était abattu. Il n'était plus qu'un vieux croutons dont la vie avait fini par passer....

François se leva et se rhabilla. Pourquoi ? Même lui ne saurait le dire.... une idée de suicide ? hum.... peut-être. Peut-être pensait-il mourir ce soir, mais dignement.

Quoique ce n'était pas le genre de François de mourir pour une femme. Sinon il serait mort depuis longtemps. Peut-être pensait-il qu'on lui avait ouvert les yeux en le rejetant... ce n'était qu'un vieux, et les vieux n'ont plus leur place parmis la nouvelle génération. Même la reine mere était rejetée, bien que sur son lit de mort.

Ou peut-être que François n'avait aucune envie de mourir... c'était surement plus probable, ce bon homme n'était pas sujet aux déprimes si profondes... pourtant il veillissait !
Justement, François allait se prouver a lui-même que la mort n'avait qu'a ronger son frein ! Zut alors, ou comme dirait Henri IV "Ventre-saint-gris !" il était peut-être agé, mais pas moribond ! Il allait montrer a ces petits courtisans de pacotille ,avec autant d'expérience a la cour qu'un poussin sortit de l'oeuf, que la chaire n'était pas encore avariée ! On avait besoin de lui, ici, et pas question de se laisser abattre!

François sortit en trombe de la chambre, mais se calma aussitot sortit. La tête sur la poitrine, il philosophait sur la philosophie....


-Ah ! Qu'il est dur d'être philosophe ! On se pose des questions sur tout, souvent sans réponses, parfois avec plusieurs... mais les seules que l'on trouve sont toujours de mauvaise augure... c'est à se bruler la cervelle d'un coup de mousquet ça !

Et Saint-Aignan continua son chemin, rencontrant Mr de Montespan au passage.

(suite : la grande salle-->l'antique renait)
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Jeu 07 Juil 2005, 16:42

La garçonnet ayant rempli parfaitement son devoir, se vit gratifié de quelques piécettes et abandonna devant la porte un Racine encore rêveur...
Il finit par se demander ce qu'il faisait là ! En effet, traversant pièces et couloirs, observant peintures et tapisseries, le jeune homme avait oublié ce qui l'avait amené ici.
Il lui arrivait souvent de se retrouver dans un endroit et pensant à autre chose, il ne savait plus ce qu'il y était venu chercher.

Il réfléchit un instant, se grattant le menton et finit par réaliser qu'il était devant l'entrée de la chambre du Comte de Saint-Aignan. Il se sentit un peu sot de rester planté là sans rien faire et il se décida à frapper...

Sur ce, il attendit qu'on veuille bien lui ouvrir.

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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Jeu 07 Juil 2005, 20:08

Saint-Aignan avait en effet aperçut Racine sur son cheval, toujours avec ce regard dans le vide... lui même était acoudé a sa fenêtre et presque aussi rêveur que lui a ce moment.
Il avait supposé que le jeune homme se perdrait dans les couloirs, et avait envoyé son garçon de chambre le prévenir qu'il l'attendait pour déjeuner.

En vérité avant la venue de Racine, François n'avait vraiment eut aucune envie de manger. Il n'avait presque pas dormi de la nuit, et ses idées étaient au noir. Il laissait le temps passer en se déplacant a peine, ne s'intéressait a rien, et n'avait même pas assisté au petit lever du Roy. A présent, il devait se terminer, le grand lever devait commencer. De toute façon, dans les rares personnes qui auront assisté au petit, le Roy n'aura pas remarqué son absence....

Le courtisan c'était dit que de voir un homme plus torturé qu'il ne l'était ne pourrait lui faire que du bien, et Racine avait un esprit particulierement torturé. Non a cause de personne tierse, comme Saint-Aignan, mais par sa propre faute. C'était tres caucasse, et François en avait rit plusieurs fois en lui-même. Mais là, il n'avait pas le coeur a rire.

En attendant son invité, il s'assit nonchalement sur la chaise devant son bureau, et promena ses yeux vide de vrai regard sur les parchemins éparpillés. Lorsqu'il son regard se posa sur un parchemin fraichement déroulé, une plume encore noir d'encre au bout... C'était le poeme a La Montespan. Saint-Aignan soupira. Il avait peut-être été un peu dur avec elle, c'était si difficile de comprendre qu'on ne plaisait pas comme on l'aurait voulu. Il relut son ode pour y faire quelques modifications...

Sous les étoiles qui meurent
Une nymphe blonde comme l'épis
Elle qui toujours demeure,
danse voilée dans la nuit...

Des yeux aux ardents de milles lueurs
D'un dragon endormi
Veillent sur elle chaque heures
Occit amis, ennemis

Gare si tu lui donnes ton coeur
Comme a la lune qui luit
Comme a blanche fleur Peu lui importe sa chaleur
Sans te le rendre gratitude, elle te l'a pris.

Enfin on frappa a la porte. François sursauta, il avait presque oublié Racine. Dans la précipitation, il lacha sa plume sur le parchemin qui fit une tache noire-bleue de la forme d'un... rien du tout. Une tache a la fin du parchemin. Saint-Aignan se hata de retirer la plume et de ranger les parchemins comme il put, et se leva enfin pour aller lui-même ouvrir a son protéger.
Son garçon de chambre de son coté installait une petite table au milieu du cabinet, deux chaises et deux bols de bouillons chauds aux opposés.

François ouvrit la porte et tendit une main lasse et molle a Racine. Il n'en avait pas moins le sourire au levres.


-Entrez, Mr le poete.

Il aimait beaucoup l'appeler par le même adjectif qu'on le nommait lui-même parfois. Il trouvait que Jean le méritait surement plus que lui. Et puis, il aimait entendre ce mot, même s'il pensait Racine meilleur, il se flattait a ouïr cette distinction, comme si on l'enscensais a chaque fois.
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Jeu 07 Juil 2005, 22:29

Racine patienta un moment avant que la tête de Saint-Aignan n'émerge de l'ouverture de la porte.
Le comte n'avait pas changé, il était toujours aussi soigné et apprêté comme son rang l'éxigeait. Cependant, il avait en lui une sorte de raffinement, quelque chose de précieux qui le faisait rentrer dans la classe des artistes.
D'ailleurs Racine sourit en voyant que le Comte avait une tâche d'encre sur la manche, vestige de quelque poème écrit tout fraîchement... Car oui, Saint-Aignan avait le talent de la poésie : c'était peut-être ce qui rapprochait le Comte de Racine.

Il entra et vit la table du déjeuné préparée par les soins d'un garçon de chambre. La pièce était aux couleurs du château, richement décorée, mais l'agencement relevait d'un goût plus exquis qu'à l'acoûtumée.
Racine était véritablement enchanté d'être invité dans des lieux d'une telle noblesse, lui qui n'avait pas encore la tenue des gens de la cour.

Il observa rapidement le bureau du Comte : quelques parchemins avaient été entassés à la va-vite, le Comte était bel et bien en train d'écrire ...
Racine aurait aimé avoir l'audace de demander ce dont il était question mais cela n'aurait pas été convenable.


Citation:
- Entrez, Mr le poete.


Racine aimait être appelé ainsi. Bien que la poésie ne soit pas sa discipline préférée, elle illustrait pourtant bien son état d'esprit, Racine étant un éternel rêveur...

Après avoir légèrement incliné la tête comme il convenait avec un ami, Racine remercia châleureusement son protecteur :


- Mon cher Comte, je ne sais comment qualifier l'honneur que vous me faites en me recevant à nouveau dans vos appartements...

Il s'interrompit soudainement, réalisant l'heure qu'il était. Il reprit :

- J'espère au moins que je ne vous dérange pas... Il me semble sans pour autant y attacher grande importance, que vous devriez vous trouver au lever du Roy...

En effet, Racine n'était pas de ceux qui suivait Sa Majesté dans tous ses déplacements quotidiens qui étaient si répétitifs qu'ils l'ennuyaient... L'écrivain n'était pas un courtisan à proprement parler ! Il profitait des avantages du lieu mais ne souhaitait pas vraiment rallier le cortège qui accompagnait le Roy à tout moment de la journée.
Cependant, un homme de l'importance de Saint-Aignan avait tout à fait sa place dans ce cérémonial.

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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Ven 08 Juil 2005, 08:02

Saint-Aignan remarqua le regard rêveur de Racine se ballader dans la piece, avec ce pétillement comme... de l'admiration. Rien n'échappa au dramaturge : mur, sol, fenetre, table, bureau... parchemins.
Le courtisan se pinca les levres en esperant que son invité retienne sa curiosité pour une fois. Il soupira de soulagement quand Racine lui parla de tout autre chose.


Citation:
- Mon cher Comte, je ne sais comment qualifier l'honneur que vous me faites en me recevant à nouveau dans vos appartements...


François sourit, Racine était toujours aussi galant...

-Qualifier ? Mais n'est ce pas votre travail, monsieur le poete, que de qualifier les choses indéfinissable ?

François avait retrouvé un peu de sa réthorique, cela le fit rire. Il savait qu'il n'avait pas offensé Racine, tout deux aimait parfois se confronter avec leur mots. La plupart du temps, Jean le battait haut la main, mais ne pouvait s'empecher de l'enscenser pour son ardeur au combat... la consolation des perdants.

-Appelez ça du vent. En ce moment, il n'y a aucun honneur a être invité par Saint-Aignan vous savez. Les poulets de cours doivent déjà se railler de ma personne....peut-être de la votre, qui sait.

Ca n'était pas dans l'habitude de Saint-Aignan que de se moquer des courtisans, lui-même en faisant parti. Parfois, en tant que poete, il faut savoir faire des exceptions, mais là, ça n'avait rien a voir. Il était juste de mauvaise humeur.

Citation:
- J'espère au moins que je ne vous dérange pas... Il me semble sans pour autant y attacher grande importance, que vous devriez vous trouver au lever du Roy...


François haussa les épaules.

-Le soleil peut bien se passer d'une planete pendant une heure ! Elle reviendra, elle tourne sans fin....

Il lui venait un autre exemple a l'esprit : "le phacochere peut bien se passer d'une de ses mouches, il en a tellement". Mais rien qu'a l'idée d'insulter le Roy de phacochere, François en transpirait.

-Je penses que cela vous fera plaisir que d'assister a la promenade du Roy, je me trompe ? Ce sera l'occasion pour moi de me faire pardonner mon absence. Pour vous de rencontrer toutes ses planetes plus coquettes les unes que les autres, et qui gravitent a en avoir le vertige. Ce pourra être le sujet d'une autre piece, peut-être. Ou alors une occasion de vous faire de nouveaux fonds.
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Ven 08 Juil 2005, 09:34

Saint-Aignan avait l'air maussade ce matin... Racine se demandait ce qui n'allait pas chez le Comte. Il était en général toujours joyeux ou en tout cas ne laissait pas paraître son agacement. Cela devait être grâve aux yeux de son ami et la curiosité du dramaturge était piquée au vif. Pourtant, il se retint de formuler toute allusion, cela n'était ni le moment ni l'endroit !

Les soupçons de Racine trouvèrent fondation quand Saint-Aignan parla des "poulets de cours", l'analogie était belle mais le Comte dénigrait rarement son propre environnement. Enfin, Racine ne pouvait pas lui reprocher sa franchise !


Citation:
-Je penses que cela vous fera plaisir que d'assister a la promenade du Roy, je me trompe ? Ce sera l'occasion pour moi de me faire pardonner mon absence. Pour vous de rencontrer toutes ses planetes plus coquettes les unes que les autres, et qui gravitent a en avoir le vertige. Ce pourra être le sujet d'une autre piece, peut-être. Ou alors une occasion de vous faire de nouveaux fonds.


Racine ouvrit de grands yeux après cette proposition. Il fallit refuser car comme nous l'avons expliqué plus haut, il n'était pas homme de cortège royal, préférant les recoins où personne ne pouvait le voir ni l'atteindre...
Et Saint-Aignan savait que Racine répugnait à ce genre de sortie mais là où le Comte marquait un point, c'était que l'inspiration dont avait besoin l'écrivain se trouvait sûrement dans ce rassemblement de nobles.
Il voulait trouver des situations typiques de la cour, des mots bas, des commentaires... Il allait être servi car en plein-air, le Roy n'entendait pas tout !! De plus, cela ne ferait pas de mal à Racine de se dégourdir un peu les jambes... Enfin, ce serait l'occasion parfaite de savoir ce qui tracassait son ami. Ce dernier point le décida tout à fait, il était plus curieux que la moyenne.

Il finit par répondre :


- Je vous accompagnerai volontier lors de la promenade du Roy et non comme vous l'avez souligné dans un but lucratif mais seulement professionnel !

Racine espérait seulement que personne ne s'aperçoive réellement de sa présence, la solitude commençant déjà à le haper avec envie. Enfin, il ferait semblant de trouver cela à son goût : n'était-ce pas cela, la cour ?
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Ven 08 Juil 2005, 11:07

François vit son ami réflchir un instant avant de répondre. Ses sourcils se fronçaient comme si un combat de deux partis tres acharnés se passait dans sa tête. Finallement, il ouvrit la bouche :
Citation:
- Je vous accompagnerai volontier lors de la promenade du Roy et non comme vous l'avez souligné dans un but lucratif mais seulement professionnel !


François ne put s'en empecher, il rit de bon coeur. Il ne savait si Racine cherchait a se donner des excuse pour rester fidel a sa réputation "d'homme libre", ne suivant jamais le Roy, ou s'il trouverait vraiment un sujet de piece dans cette promenade.

-La poesie, mon cher, ce n'est pas une profession, c'est une passion. On rit, on pleure, on soupire a travers ces lignes. Ces mots enferment tout nos sentiments, tout notre être ! C'est notre âme bien plus que notre gagne-pain.

Saint-Aignan, apres ce petit discours qu'il savait compris par son ami, tira une chaise et s'assit, en faisant le geste a Racine, afin qu'il fasse de même.

A chaque minutes un peu plus de clarté envahissait la piece, au grand dame de François qui appréciait beaucoup cette atmosphere sombre mais fraiche, une ambiance d'intimité entre lui et le peu d'être déjà éveillé.
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Ven 08 Juil 2005, 12:14

Au moins Racine avait-il eut le mérite de faire rire Saint-Aignan, il ne s'en trouvait que plus heureux lui même.
Il était plutôt dans un bon jour finalement, prêt à rire des plaisanteries et à parler plus qu'à l'accoûtumée... De plus, se retrouver auprès de son protecteur avait un effet bénéfique sur l'écrivain. Il se sentait à l'aise, pouvant parler d'égal à égal, n'ayant plus de courbette et de convenance à opérer. Bref, le naturel lui siait mieux que le masque courtois ...


Citation:
-La poesie, mon cher, ce n'est pas une profession, c'est une passion. On rit, on pleure, on soupire a travers ces lignes. Ces mots enferment tout nos sentiments, tout notre être ! C'est notre âme bien plus que notre gagne-pain.


Après avoir pris place en face du Comte, Racine pris une cuillérée de son bouillon et la savoura un moment. Il finit par confier à Saint-Aignan :

- Voyez-vous, mon Cher, si je vous parlais de profession tout à l'heure, c'est que j'ai pris une grande décision aujourd'hui... Je me remets entièrement entre les main de la tragédie et lui donne mon âme. Je ne vivrais que dans ce but.

Racine regarda dans les yeux Saint-Aignan afin de signifier que ce qu'il venait d'annoncer était on ne peut plus sérieux. En effet, il n'était jusqu'alors pas vraiment sûr de sa place dans le monde. Certes, l'écriture lui avait apporté un énorme bénéfice que peu de gens comme lui pouvait toucher. Oui, Racine n'était pas un noble, il n'avait aucune particule et n'avait pas été recueilli par quelqu'un en mesure de lui donner un nom illustre... Pourtant, aujourd'hui, il se retrouvait à Fontainebleau en train de discuter avec l'homme que tous connaissait comme le premier gentilhomme du Roy. Et, malgré tout, il s'y sentait plutôt bien, ce qui était totalement nouveau pour lui !
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: La Chambre du comte de Saint-Aignan   Ven 08 Juil 2005, 18:22

Saint-Aignan touchait a peine a son bol, plongé comme il l'était dans la conversation silencieuse de Racine. Il semblait vouloir dire quelque chose qu'il l'importait beaucoup... il cherchait ses mots, semblait-il. C'est fou ce qu'on peut être expressif sans parler.
Citation:
- Voyez-vous, mon Cher, si je vous parlais de profession tout à l'heure, c'est que j'ai pris une grande décision aujourd'hui... Je me remets entièrement entre les main de la tragédie et lui donne mon âme. Je ne vivrais que dans ce but.


François posa son bol et fixa son ami, les yeux exorbités.
Cette information qui pouvait paraitre entierement dérisoire a quelqu'un de terre-à-terre était d'une tout autre ampleur pour François. Il savait ce qu'était la tragédie. Outre les cinq actes en vers, outre les contraintes énormes, la tragédie c'était aussi la fatalité, le destin qui rattrape les hommes, la mort. La tragédie c'est quelque chose de tellement fort pour celui qui croit la comprendre, qu'il peut en devenir dépressif, las, vide, illuminé ou même suicidaire. Il fallait donner sa force a la tragédie sans s'offrir a elle, sans ne penser que pour elle, sans croire a ses propres pieces.


-Malheureux ! Vivez par elle, mais ne vivez surtout pas pour elle ! Conservez votre âme pour vous ! Je vous connait, vous êtes surffisemment tourmenté comme cela, gardez vous de vous prendre pour un des héros de vos pieces !

Saint-Aignan ne bougeait plus, presque pétrifié. Il attendait la réponse de Racine, qui donnait l'impression d'être surpris d'une telle réaction.
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La Chambre du comte de Saint-Aignan

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