Problème pour m'inscrire en tant que Madame tout court... Tant pis j'ai du faire des fioritures! LOL!
Je préviens d'office: attention au pavé! C'est peut-être trop long d'ailleurs, mais ça ne me semblait pas inutile pourtant... Mais bon à défaut de faire concis, j'ai au moins essayé de faire clair! lol!
Nom, prénom: Henriette-Anne d'Orléans
Âge: 22 ans
Personnage incarné: Madame, épouse de Monsieur, Philippe, duc d'Orléans. Belle-soeur du Roi et de la Reine Marie-Thérèse et donc belle-fille d'Anne d'Autriche.
Histoire: Une famille en dangerHuitième et dernier enfant du couple anglais Charles Ier et Henriette-Marie de France, petite-fille d'Henri IV, la petite Henriette commence sa vie dans des circonstances bien peu enviables. Elle est conçue lors d'une des dernières entrevues de son père et de sa mère, alors que celle-ci doit fuir les conflits opposant le roi à son ennemi, Cromwell. La reine est mal-aimée à la fois par les opposants au trône et même par les partisans de son mari, les deux camps lui imputant une influence sur Charles qui détournerait de lui beaucoup de ses sujets.
Dans cette fuite nécessaire où elle projette de regagner la France, inutile de dire qu'une grossesse apparaît plus comme une entrave que comme un don du Ciel. Le 26 juin 1644 avant même qu'elle ait pu atteindre Bristol, elle met au monde la petite Henriette. A la mi-juillet, elle embarque pour la France... seule, laissant sa fille derrière elle. Mesure de prudence? Peut-être bien, rajoutez-y pas mal d'indifférence aussi.
En 1646, sa gouvernante, lady Morton, refuse de la livrer au Parlement et elle s'enfuit avec elle, déguisée en paysanne accompagnée d'un prétendu petit garçon nommé "Peter". A Douvres, elle s'embarque pour Calais. Henriette-Marie, elle, accueille sa fille avec une joie de circonstances mais n'en blâme pas moins la gouvernante.
La reine d'Angleterre et sa suite de réfugiés qui commence à grossir de jour en jour sont pour être clair un fardeau pour la France. On ne peut évidemment pas refuser l'assistance à la tante du jeune Roi, mais elle est un poids pour le royaume et on se charge de le lui faire sentir. D'autant qu'en Angleterre les affaires de Charles Ier sont au plus mal, il ne manquerait plus qu'elle insiste pour faire intervenir la France dans les affaires désastreuses de son époux!
Avec le déclenchement de la Fronde en 1648, les affaires des deux anglaises ne s'arrangent pas. Oubliées au Louvre par la Cour en fuite, elle doivent subir le siège de Paris sans aucune ressource, au bord de la mort par la faim et par le froid. C'est à ce moment là que leur parvient avec dix jours de retard la mort de leur époux et père, décapité devant son palais royal de Whitehall.
"La fille du roi décapité"Les exilées anglaises sont un peu plus délaissées... Henriette choisit de se retirer dans un couvent de Visitandines dont elle est elle-même la marraine tandis que sa fille est envoyée dans une filiale à Chaillot. Enfin! Celle-ci au moins sera sauvée de l'emprise hérétique! Et en effet, Henriette-Anne (pour la différencier de sa mère et en l'honneur d'Anne d'Autriche), loin de la pression paternelle, devient bonne catholique, assidue et zélée.
Même après la Fronde, les anglaises restent indésirables: Cromwell est maître de l'Angleterre et toute les tentatives de Charles II pour recouvrer son trône sont un échec. La France a besoin de l'île comme alliée et signe même avec elle un traité, au Diable les piques-assiettes!
Néanmoins, dans son couvent, Henriette-Anne grandit. Heureusement pour elle, son éducation n'en est pas négligée pour autant. Les Visitandines ne se cantonnent pas à l'instruction religieuse, elles l'initient à la condition princière qui est la sienne: chant, musique, danse, lettres, arts, rien ne lui échappe et tout est fait pour qu'elle puisse briller en société où est sa place.
D'ailleurs, la Cour elle connaît. Elle danse à maints bals costumés par convenance. Son cousin Louis se voit obligé par sa mère de l'inviter à danser, il le fait de bien mauvaise grâce. Elle a 11 onze, il en a 17, le jeune coq déclare ne pas aimer les "petites filles". Elle n'est pas dupe et garde contre lui une dent amère. Idem pour son autre cousin Philippe, qui ne manque pas de rappeller à qui veut l'entendre que ce sont eux qui les nourrissent, sa mère et elle.
Soeur d'un roi sans royaume, réduite à mendier sa subsistance _de façon toute royale qu'elle fut_ quel avenir pour la pauvresse? La Reine-Mère laisse vaguement entendre qu'à défaut de l'infante d'Espagne, elle voudrait bien Henriette-Anne pour bru... Sa mère et elle se bercent de faux espoirs. Louis raille plutôt son jeune frère: ce serait sans doute dans ses bras qu'échouerait l'embarrassante cousine...
Embarrassante... Dès 1659, elle ne l'est plus tant que ça la cousine... Cromwell est mort, son frère est sur son trône, elle devient subitement un des partis les plus prisés d'Europe. On sait l'attachement que Charles II porte à sa soeur, qu'il appelle affectueusement "Minette", ne serait-elle pas d'une grande utilité pour servir d'intermédiaire entre la France et l'Angleterre?!
Madame16 ans et courtisée, traitée en quasi-reine par son frère, Henriette-Anne y est peu préparée malgré les efforts des Visitandines. La demande en mariage arrive de France, elle ira donc à Philippe. Il agit avec elle avec tous les empressements d'un futur époux. Un chroniqueur dira qu'il n'y manquait que l'amour. Mais elle est incapable, alors, de saisir la nuance.
Nul ne peut ignorer, pourtant, où portent les préférences de Monsieur. Rien n’a été fait pour faire obstacle à son inclination naturelle durant son éducation, bien au contraire.
La mariage a lieu le 31 mars 1661 dans la chapelle du Palais-Royal : la Cour porte le deuil de Mazarin disparu en début du même mois, on est en période de carême, bref, la cérémonie est sobre. Henriette comprend bien vite qu’à défaut d’un amour auquel elle ne s’attendait de toute façon pas, elle ne connaîtra pas non plus le respect et les égards qui lui sont dû.
La nuit de noce est repoussée à quelques jours, ce qui contrarie fortement Monsieur qui aurait souhaité être débarrassé au plus vite de cette formalité. Il faut croire qu’ils se firent assez souvent violence pour que tout au long de leur mariage, Madame se trouve presque continuellement enceinte.
La Cour, elle, est charmée par cette princesse qui lui arrive. Les compliments pleuvent à foisons. On la disait maigrichonne et sans grâce, on la trouve bien faite et « aimable » et cultivée, intelligente et spirituelle de surcroît. Certains osent s’aventurer et dire qu’elle a tout pour faire une Reine, tout ce qui fait cruellement défaut à Marie-Thérèse. Mais Reine elle ne l’est pas par le titre, alors elle s'emploiera à l’être par le fait.
Jeux de l’Amour et du HasardEté 1661. Toute la Cour goûte aux plaisirs estivaux de Fontainebleau et à la paix retrouvée. Les plaisirs se succèdent : chasses, bals, baignades dans la Seine, partout Madame est présente, on ne voit qu’elle. Le Roi se plaît en sa compagnie, au point même de s’en trouver inséparable. Ils se trouvent des passions communes dans la chasse et dans la danse qui renforcent leur attachement l’un pour l’autre. Autour d’eux, les spéculations vont bon train… Les amis d’Henriette trouvent qu’elle ne s’emploie à plaire au Roi qu’à la manière d’une belle-sœur, ses ennemis eux y voient malice et « coquetterie ». Peut-être sont-ils sur le point de tomber amoureux, mais de là à dire qu’il y eut plus que séduction, il y a un grand pas que nul n'a franchit.
Henriette se voit réprimandée par Anne d’Autriche qui a entendu les doléances de sa bru enceinte, Marie-Thérèse. Des reproches de convenances, au fond, la Reine-Mère les sait tous deux assez mal-mariés pour leur en vouloir de chercher amusement et légèreté ! Néanmoins, il est certain qu’elle ne leur accordera pas le moindre faux pas : amitié oui, galanterie non ! La jeune Madame fait la sourde oreille, assoiffée de reconnaissance et de plaisirs qu’elle est ! Louis aussi, alors les deux jeune gens continuent à s’afficher.
Le désespoir de Marie-Thérèse s’accroît, l’impatience d’Anne aussi. De son côté, d’abord ravi des succès de sa femme, Philippe commence à prendre la mouche. Sa jalousie peut l’entraîner très loin et il se met en tête de rendre la vie impossible à son épouse. Il en a les moyens, lui.
Brillant esprit que celui d’Olympe de Soissons ! Pour faire taire les rumeurs, celle-ci suggéra à Henriette de mettre en avant une des demoiselles de sa maison, que le Roi feindrait de courtiser pour détourner d’eux les suspicions. On présenta trois « candidates » à Madame, elle choisit la plus timide et la plus douce. Louise de La Vallière, qu’elle s’appelle. Fraîchement débarquée de province, Madame ne devrait pas, semble-t-il, souffrir de la comparaison. Et pourtant, dès fin juillet déjà c’est elle qui doit tenir la chandelle aux tourtereaux. Elle prend très mal de se voir ainsi délaissée et connaît, elle aussi, les affres de la jalousie.
Un certain Armand de Guiche vient alors lui faire la cour. Amoureux des gestes théâtraux, du langage sophistiqué et des démonstrations bruyantes, le soupirant est terriblement voyant et gênant. Surtout qu’il est alors le favori en titre de Monsieur. Monsieur n’apprécie pas, Madame, elle, se contrefiche royalement de De Guiche, mais rien que pour voir la jalousie maladive de son époux s’emparer de lui, elle ne fait surtout rien pour décourager son prétendant.
Finalement, il est éloigné et la disgrâce frappe un peu plus Henriette qui connaît un début de grossesse qui l’épuise, déjà faible de constitution, et puis tous les regard se détourne d’elle : Marie-Thérèse vient de donner un dauphin à la France.
Bilan de ces premiers mois à la Cour: elle s’est aliéné définitivement les deux Reines et son époux lui bat froid. Seule l’amitié du Roi lui demeure et la certitude d’avoir la première place dans les événements mondains. Son frère enfin, fait d’elle une pièce importante sur l’échiquier politique, bref, Madame n’est pas prête de dégager du tableau !
Fragile Reine des fêtes…Qu’est ce que la plus grande Cour d’Europe sans femme capable d’en assurer l’éclat ? Elle s’impose donc en protectrice des arts et des lettres, second astre des fêtes de la Cour.
C’est elle qui s’affiche aux côtés du Roi lors des réceptions données en l’honneur des souverains étrangers en visite, c’est elle que l’on admire et dont on se souvient. Lors des ballets, Louis et elle se trouvent associés dans des intrigues bien souvent amoureuses. Ses préférences ont, aux yeux des mondains, valeur de verdict. Elle aime Molière et le défend contre les attaques des bien-pensants qui entourent la Reine-Mère. Elle est la première à pressentir le génie du jeune Racine.
Pourtant, les grossesses qu’elle enchaîne sont là pour lui rappeler la place qu’entend lui octroyer son époux et sa belle-mère. Le seul point commun entre les deux conjoints sans doute : celui d’avoir un fils, susceptible, pourquoi pas, d’hériter un jour du trône. Certes, Philippe est assidu à la tâche mais elle le soupçonne même de payer ses servantes dans le but que celles-ci lui livrent avec rigueur et précision les périodes où Madame est propre ou impropre à la conception. Inutile de faire pour rien ce qui rebute tellement !
Malgré tout, Henriette n’entend pas se retirer en attendant la délivrance. Même grosse de plusieurs mois, elle continue de monter à cheval, de danser, bien au-delà des limites du raisonnable. Etant donné son naturel faible, elle tombe bien sûr malade. Elle tousse à s'en déchirer la poitrine et il n'est pas rare qu'elle crache du sang. Son état ne l’empêche pas de danser au Ballet des Arts en janvier 1662, elle met au monde sa fille, Marie-Louise, le 27 mars suivant avec un peu d’avance. Il semble que comme sa mère, le sens de la maternité ne soit pas réellement poussé en elle. En février de l’année suivante, elle fait une fausse couche.
Et nous la retrouvons ainsi, début 1664, enceinte d’un peu plus d’un mois et demi...
[suite au second post...]