 | 1663 France. 1663. Le roi Louis XIV a 25 ans, et les intrigues sont reines au palais royal et à Fontainebleau. Incarnez votre personnage et changez l'histoire a vos gouts |
| | Etiquette et savoir-vivre | |
| | | Auteur | Message |
|---|
Adrien de Chastignac Administratrice


Inscrit le : 04 Juin 2005 Messages : 1789
| Sujet: Etiquette et savoir-vivre Sam 20 Jan 2007, 00:33 | |
| sources : Ni précieux ni ridicules (Anne Marie Deraspe) Histoire de la littérature française Ars Magna Lucis et Umbrae La mode à Versailles La Table et les Repas sous Louis XIV attention certains mots ou titres peuvent cacher un lien
LES CODES DE CIVILITÉ Courtoisie et étiquette
Comme son nom l'indique, c'est la Cour qui fut le maître accoucheur de la Courtoisie, et non point par plaisir ou sadisme, mais bien par nécessité. Dans toutes les Cours d'Europe, on se drapait de violence et de brutalité; on se souvient du duc d'Epernon qui osa frapper une femme dans la chambre de Marie de Médicis, et des nobles qui se battirent à coups de pieds et de poings pour obtenir les meilleures places aux funérailles d'Henri IV. Les maîtres mécontents rossaient leurs domestiques, les valets eux mêmes avaient pour habitude de régler leurs conflits à coups de bastonnades. On ne ratait pas une occasion de dégainer, et les tentatives d'interdiction des duels étaient restées sans grand effet. Un regard de travers, et hop! Un gant dans la figure!
L'étiquette fut donc un bon moyen pour Louis XIV de contenir un peu tout ce beau monde. Il instaura, surtout après son installation à Versailles en 1682, un protocole sévère et cérémonieux qui ne permettait aucun répit à sa ruche de courtisans, qui, soucieux d'obtenir à tout prix les faveurs royales, deviendront obséquieux et ridiculement jaloux de leur moindre prérogative.
Politesse
Signifiant tout d'abord propreté, politesse ne prit son sens contemporain qu'au XVIIe siècle. La politesse française était alors célébrée dans toutes les cours d'Europe. La politesse est, selon les auteurs, l'intelligence du coeur : elle ne peut nous contraindre à aimer tout le monde, uniquement au respect d'autrui et nous autorise de ce fait à exiger la même chose en retour.
LES GESTES, LA PAROLE ET LES ÉCRITS Les gestes
Tous les auteurs s'accordent à dire que les gestes superflus distraient facilement du propos tenu et ne persuadent pas d'avantage qu'un discours clair avec un choix de mots précis. Nombreux sont les traités qui, à partir du XVIe siècle, dénoncent les gestes trop enthousiastes. Della Casas, par exemple, prétend qu'il faut être conscient de son geste pour apprendre à le contrôler. (NDLR : c'est également un des principes de la religion bouddhiste: il faudrait être conscient qu'on est assis, debout, couché, que l'on mâche, que l'on bouge le bras, des moindres gestes, afin d'être plus serein et ne ne plus rien faire de manière hâtive, précipitée ou chaotique)
Le maintien
La bienséance proscrivait plusieurs attitudes, comme par exemple :
-Se tenir la main sur la hanche, signe d'arrogance, d'une certaine nonchalance, et d'affirmation de sa puissance : cette tenue était ainsi vivement critiquée dans les ouvrages de civilité de l'époque. -Se balancer les bras en marchant, comme des paysans qui sèment, et lever les pieds si haut qu'on ait l'air de sortir de sa baignoire. -Croiser les jambes, assis. Ce serait, d'après Erasme, l'attitude d'un homme inquiet.
Conflits mondains internationaux
Ne ratant pas une occasion de se critiquer, les peuples se dénigraient les uns les autres également à propos de la gestuelle. Les Anglais, à qui l'on doit la connotation péjorative de 'gesticuler', considéraient les européens du Sud excessifs, et y incluaient les Français. Les Hollandais estimaient que les Italiens parlaient avec leur tête, leurs bras et leurs pieds et symbolisaient ainsi l'antithèse de la civilité. Ces derniers quant à eux jugeaient les Espagnols trop graves et interprétaient facilement cette contenance comme du dédain, du mépris ou de l'arrogance. "Quand le François a quelques fantaisies et se promeine, il met la main sur le pommeau de l'espée, et ne porte son manteau que sur l'une de ses épaules; L'Espagnol va, jetant les jambes ça et là comme un cocq, se recroquevillant et tirant les moustaches. Quand les François vont en troupe par les rues, ils rient, sautent, causent et font un bruit si grand, que l'on les entend d'une lieue loing; les Espagnols au contraire, vont droits, gravement et froidement, sans parler n'y faire aucune action qui ne soit modeste et retenue" (Carlos Garcia, traité publié en 1617, réédité treize fois en Italie jusqu'en 1702)
Les poignées de main et les embrassades
La poignée de main n'apparait en France qu'en 1858 comme geste de salutation, tandis que les Anglais la pratiquèrent sans doute bien avant: James Cleland, raconte dès 1607 comme il admire la coutume irlandaise de se découvrir en serrant la main droit de son interlocuteur en guise de salutation. Hors des îles, ce sont courbettes et révérences qui sont de rigueur.
A la Cour du Roi Soleil, une dame de haut rang avait le tabouret si elle avait droit à un siège; elle était alors dispensée de faire la révérence et de baiser la jupe de la Reine. Elle la saluait en tendant la joue droite, et la reine "lui appliquait légèrement la sienne".
La conversation et le langage
Les précieuses, libres des contraintes de la Cour, ont mis à la mode l'art de la conversation intelligente et pleine d'esprit qui, avec le modèle italien, deviendra la référence obligée, partout en Europe. L'abbé Michel de Pure écrivait dans La prétieuse ou les mystères de la ruelle: " Si une personne de condition n'a pas d'esprit, laissons-la dans son escurie et dans sa ferme, et choisissons un roturier qui parle et qui raisonne." La conversation, à la Cour, relevait de stratégie. Elle visait surtout à sauvegarder ses privilèges ou à déceler les faiblesses de ses rivaux par la flatterie. A la ville, la conversation devint plaisir, convivialité et jeux d'esprits. Le raffinement était alors synonyme de discrétion, et la vantardise, condamnée.
La correspondance L'art de la correspondance allait de pair avec l'art du savoir-vivre, et était tout aussi codifiée. Beaucoup de ces codes sont toujours de rigueur aujourd'hui. Les lettres se développeront surtout quand, avec la vogue des salons, la vie mondaine aura pris tout son lustre, au XVIIe siècle autour de Mme de Rambouillet ou de Mlle de Scudéry. Il existait plusieurs sortes de lettres, dont la lettre de château (pour remercier un hôte), le billet d'amour, les placets... etc L'on utilisait, pour des correspondances clandestines, des liquides invisibles appelés encre sympathique. Il pouvait s'agir de lait frais ou de citron. Pour faire apparaitre les caractères, il suffisait de recouvrir le papier de poudre de charbon ou d'approcher une flamme. L'on écrivait à la plume d'oie, et l'on se corrigeait à laide d'un grattoir; le sandaraque, une résine blanche pulvérisée, servait à relisser le papier gratté.
LES DIVERTISSEMENTS La promenade
La coutume qui interdisait aux femmes et aux jeunes filles de bonne famille de sortir seules se justifiait, en partie, pour des raisons pratiques. A Paris, la rue de la Grande-Truanderie, la rue des Quatre-voleurs, la rue Vide-Gousset et l'impasse des Mauvais-Garçons étaient susceptibles d'inquiéter les parents des fiancés. Dans cette ville, les premiers trottoirs ont été construits en 1805 et les premiers éclairages des voies publiques en 1829.
Les cafés et les restaurants
Les cafés et les restaurants n'attiraient pas que les aristocrates déchus, les bourgeois cossus et leurs maîtresses. Ils desservaient d'autres clientèles plus ou moins recommandable selon les principes en vigueur dans la bonne société. Les femmes respectables refusaient d'entrer dans des établissements fréquentés par des courtisanes, on leur servait donc leur rafraichissement à l'extérieur ou dans leur carrosse. Si, accompagnées, elles fréquentaient tout de même ce genre d'endroit, l'homme entrait le premier pour vérifier la respectabilité du lieu, et sortait également le premier pour, cette fois, protéger sa compagne des dangers de la rue. L'étiquette interdisait aux dames de s'adresser au maître d'hôtel ou aux serveurs.
Le théâtre et les spectacles
Les représentations théâtrales sont assez fréquentes au XVIIe siècle. Vers 1660, par exemple, on jouait trois fois par semaine : le vendredi (jour réservé aux premières), le dimanche et le mardi. Pourtant, le spectacle a lieu l'après-midi – habituellement après quatorze heures –, jamais en soirée.
La salle ressemblait à celle d’aujourd’hui, même si elle était longue et étroite – elle avait, en fait, la forme d'un entonnoir. Sa disposition n'a pas beaucoup changé, c'est-à-dire que des loges et des galeries formaient un ovale autour de la scène. Toutefois, le parterre était réservé aux hommes moins fortunés, qui s’y tenaient debout (ces places étaient bon marché, et le public, assez bruyant et difficile à satisfaire), alors que les galeries et loges accueillaient le public élégant (des femmes, principalement). Le parterre manifestait son mécontentement par des jets de pommes, de noix et de pains d'épices, des sifflets, des gesticulations et des cris de toute sorte. Les gens du parterre riaient des acteurs qui leur remettaient spontanément la politesse.
La scène, quant à elle, était petite et éclairée d'abord par des chandelles de cire, puis par deux lustres qu'on soulevait au début de la représentation. Sous l'influence anglaise, on a commencé à disposer, de chaque côté de la scène, des sièges réservés aux spectateurs de marque.
Si, au Moyen Âge, le jeu s'effectue devant un décor unique, plus avance le XVIIe siècle, plus l'influence italienne se fait sentir – non seulement dans le jeu des acteurs, qui devient de plus en plus naturel, grâce à Molière, mais surtout dans le goût pour une décoration somptueuse : on arrive tranquillement à un théâtre de la machine (un peu comme, aujourd'hui, le cinéma en est un d'effets spéciaux). Ainsi, on fait glisser sur des rails la lune, des astres ou des nuages, on imite la mer déchaînée par un système de cylindres qui ondulent derrière une toile, etc.
Les costumes, eux, sont fastueux... mais anachroniques. Ce qui importait, ce n'était pas de faire vrai, mais de faire « chic », de sorte que personne ne s'étonnait de voir Auguste porter un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges ou que Polyeucte portât une perruque, un feutre et des gants.
La danse
Louis XIV qui dorait danser avait crée l'Académie royale de danse. A la Cour, la danse commençait l'après-midi. Un on danseur impressionnait presqu'autant dans un salon qu'un valeureux soldat à l'armée. Les professeurs n'apprenaient pas qu'à danser, ils enseignaient également la manière de se tenir, de marcher et les règles de courtoisie observer pour pratiquer ce divertissement. Les femmes pouvaient, elles aussi, inviter les hommes à danser.
L'incognito : l'on allait au bal pour danser bien sûr, mais il arrivait que l'on ait la permission d'y assister incognito, c'est à dire par curiosité pour simplement regarder les autres danser. Dans ce cas, les hommes devaient endosser un manteau et les femmes, une écharpe de façon à s'identifier auprès des danseurs. L'on se présentait sans masque et la règle interdisait d'inviter à danser un visiteur incognito.
Ballet : Au XVIIe, et selon ce qu'en dit le Furetière, le ballet se joue masqué. Représentation harmonique, et danse figurée et concertée qui se fait par plusieurs personnes masquées qui représentent par leurs pas et postures quelque chose naturelle, ou quelque action, ou qui contrefont quelques personnes. Les Ballets du Roy sont fort magnifiques. un Ballet est composé de plusieurs entrées. on fait des vers de Ballet pour expliquer le caractère ou l'action des personnes qui dansent.
Le bal masqué
Le bal maqué transgressait les règles de préséance et de civilité classique, surtout en période de carnaval, où, après minuit, l'entrée était ouverte à tous les masques. Il était interdit de lever un masque sans permission et chaque masque était libre d'inviter à danser la personne de son choix, sans égard au statut social de l'un ou de l'autre.
Mascarade : La mascarade, quant à elle, est une danse masquée mais qui semble plus informelle, et que l'on fait à l'époque du Carnaval. Troupe de personnes masquées qui vont danser et se divertir, surtout en la saison du Carnaval. "Cette compagnie a fait une jolie mascarade"= a dansé une espèce de ballet. Ce mot vient de l'Italien mascarata derivé de l'Arabe Mascara, qui signifie raillerie, bouffonnerie, Menage. Mascarade est aussi un titre que quelques Poètes ont donné à des vers qu'ils ont fait pour des personnages de ces petites danses ou ballet.
Ballet & Mascarade : La Distinction entre ballet et mascarade commença à s'instaurer dans la deuxième moitié du XVIe siècle quand, à l'occasion de divertissements de Cour, on commença à donner des ballets hors des périodes de Carnaval. De ces origines carnavalesque, le ballet garda pendant quelques temps une inspiration burlesque, et l'habitude pour les danseurs de se présenter masqués.
Dernière édition par le Sam 20 Jan 2007, 17:32, édité 12 fois |
|  | | Adrien de Chastignac Administratrice


Inscrit le : 04 Juin 2005 Messages : 1789
| Sujet: Re: Etiquette et savoir-vivre Sam 20 Jan 2007, 12:17 | |
| LA MODE Paraître
Le vêtement devait marquer le rang, la classe sociale et l'âge de celui ou celle qui le portait. Si les roturiers s'étaient habillés comme les courtisans et les courtisans comme les nobles, qui, du petit peuple, eut différencié les uns des autres ? Plus d'un gentilhomme se ruina pour paraître. Au début du règne de Louis XIV, la rhingrave et le justaucorps était les vêtements favoris des hommes de la cour. La rhingrave se composait d'une petite jupe en forme de petit tonneau rigide sous lequel était fixé un haut de chausse bouffant. En général, elle montait jusqu'à la ceinture et se poursuivait par un pourpoint très court à manches fendues sur les cotés qui s'arrêtaient aux deux tiers des bras. Le tout agrémenté de rubans multicolores de dentelles tissées d’or et ornés de papillons et d’oiseaux d’or qui étaient alors un signe de richesse. Les chaussures quand à elles disparaissaient bien souvent sous le flot de rubans ce qui obligeait les courtisans à marcher les jambes écartées. Par la suite, le soulier qui, autrefois, était carré très long et surmonté d’un énorme ruban fut remplacé par la botte. Elle était fine et pointue et ornée d’une boucle de pierreries .
La mode féminine quant à elle, était bien souvent dictée par les maîtresses royales. Les dames dépensaient alors sans compter pour leurs toilettes et affichaient leurs richesses sur la garniture de leurs jupes faites de brocards d’or, damas, satin, velours, le tout surchargé de dentelles, passementeries, de prétintailles (découpes d'étoffes qui servaient d'ornement sur les vêtements féminins). Les pièces principales de la toilette féminine se composaient de robes ou jupes accompagnées de corsets. La jupe de dessus était large et laissait entrevoir d'autres jupes plus étroites que l'on portaient en dessous. La première portait le nom de "modeste", la seconde était la "friponne" et la dernière se nommait la "secrète". Les deux jupes de dessous étaient faites de tabis (sorte de moire de soie) ou de taffetas, celle du dessus par contre, était faite de velours, satins, soieries et autres moires. Cette dernière était relevé légèrement sur le coté pour ainsi découvrir la seconde et se prolongeait par une traîne que l’on appelait " manteau ". cette traîne déterminait le rang d’une femme selon sa longueur.. Ainsi, une duchesse avait une queue à cinq aunes (aune= 1.188m), une princesse de sang à cinq, une petite fille de roi à sept, une fille de France à neuf et le grand maximum était pour la reine qui voyait sa robe se pourvoir d'une traîne de onze aunes! Le corset était une espèce de gaine, emboitant la poitrine depuis le dessous des seins jusqu’à la dernière côtes s’arrêtant en pointe sur le ventre et fort serré à la taille. Il se voulait tantôt souple, tantôt rigide. Le décolleté quand à lui se voulait généreux, laissant entrevoir la naissance des seins, les manches étaient courtes et échancrées. Le soir, les robes se paraient de satins et autre brocard. Le corps décolleté était serré à l'extrême pour rendre la taille très fine. D'où les malaises et évanouissements répétés des femmes de la Cour. Les écharpes de taffetas garnie de dentelles protégeaient de la pluie, Les manchons eux se portaient par temps froid. On en trouvait en satin, en peluche ou, plus souvent en fourrures . Rue Dauphine à Paris, ce trouvait la boutique " du grand monarque " c’est là que les grandes dames de la cour se fournissaient en petit manchon en fourrure de chat, de chiens gris , castor, de loutre voir même de léopard le summum de la mode était de tenir caché un petit chien qui devait passé son museau sur le coté du manchon... Les éventails protégeaient de la chaleur. Différentes modes furent lancées, on vit des éventails à " la siamoise " représentant des figures de magots ( figures grotesques de porcelaine) et peints sur fond or. Pour terminer une femme de qualité ne sortait jamais sans son masque de velours.
Le chapeau
Jusqu'au XVIIe, pour se protéger du froid et de l'humidité des appartements mal chauffés et traversés de courants d'air, on se promenait tête couverte. Mais la mode des perruques du grand siècle rendit cette précaution inutile et les règles d'étiquettes exigèrent alors de manger la tête nue et d'enlever son chapeau n présence d'un supérieur.
Vers 1660 la perruque reçut un perfectionnement important : les cheveux furent passés à travers une toile fine ou tressés sur des fils de soie et non plus cousus sur une calotte. Le port de la perruque se généralisa et le commerce d'exportation prit un essor considérable. Mais Louis XIV, pourvu d'une abondante toison, ne consentit à se plier à cette mode qu'en 1673.
Le maquillage
Le rouge et le fard blanc, mis à la mode par Catherine de Medicis, seront appliqués jusqu'au ridicule durant tout le XVIIe et le XVIIIe. La Bruyère affirmait que la majeure partie des hommes considéraient que "le blanc et le rouge les rend affreuses et dégoutantes, que le rouge seul les vieillit et les déguise" Les mouches, taillées dans du taffetas en forme de lune, de croissant, d'étoile ou de comète, servaient à cacher les lentilles (taches de rousseur) et les boutons. Les coquettes leur prêtaient un langage pour le moins distrayant: assassine, près de l'oeil; enjouée, sur le pli qui forme le rire; friponne, sur les lèvre; effrontée, sur le nez etc Chez les hommes, on appelait aussi mouche la petite touffe de poil au dessous de la lèvre inférieure.
A TABLE La tenue
Afficher une tenue digne à table, c'était, d'une part, faire montre de respecte pour don hôte et du plaisir que l'on éprouvait d'être invité. Une posture nonchalante eut laissé soupçonner que la compagnie nous ennuyait. Les codes de bonne conduite à table ressemblaient étrangement aux nôtres. Ne pas empiéter sur l'espace réservé au voisin pour ne pas le gêner; poser ses coudes sur la table n'était, disait Erasme, excusable que pour un malade ou un vieillard; manger et boire lentement, sans faire de bruit, était la moindre des politesses. A l'époque où l'on mangeait avec ses mains il était de rigueur de ne manger qu'avec les trois premiers doigts pour éviter de tremper la main dans la sauce. Les Précieuses ont maintenu la pratique du petit doigt en l'air.
La table
A la Cour de Louis XIV, seuls les princes et les princesses de sang partageaient la table du roi. Les autres, selon leur rang ou pis encore selon la faveur qui leur était accordée, assistaient au souper assis sur un tabouret ou debout. Personne n'aurait osé exprimer une quelconque insatisfaction et encore moins un désaccord sous peine d'être banni à tout jamais de l'entourage du souverain. Bien au contraire, l'on se disputait les places, même les plus mauvaises.
Sous Louis XIV, on parle de dîners ou de soupers de cinq ou six services. Les mets, jadis apportés en une seule fois, en vrac, sont désormais servis et desservis ensemble, afin de laisser la place aux plats suivants. Le fameux service à la française s'impose. Avec lui apparaît la notion de désir associée au repas : celui qui autorise la conversation et rend la nourriture conviviale. « Chaque hôte se sert dans les plats et propose à son voisin de faire de même, décrypte Jacqueline Queneau. Une étiquette s'impose. On commence par les fruits, puis les bouillis, les viandes pour finir par le dessert. »
La nappe et les serviettes
Au XVIIe siècle, le pliage des serviettes obéissait à des règles bien précises et constituait à lui seul un art maîtrisé par des professionnels. L'on pliait les serviettes en forme de grenouilles, de poissons, de bateaux, de pyramides, de poules avec des œufs, de faisans, de cygnes et autres animaux. Il eut été fort impoli de défaire ces montages pour utiliser les serviettes, d'autres étant fournies pour le service de table. Elles se portaient au cou pour protéger les jabots de dentelle.
Les couverts
Il est placé une fourchette et un couteau à côté des assiettes, mais il est de bon ton de ne pas se servir de sa fourchette à la table de Louis XIV, car toute sa vie il en refusera l'usage. En effet, les dents de la petite fourche font peur, elle est associée à la poisse voire à l'obscénité; on redoute de se blesser la bouche. Le Roi se contentait entre deux plats de poser ses doigts sur une serviette mouillée.
Les verres et les assiettes
Le verre à boire individuel, objet du XVIIe siècle, ne se plaçait pas sur la table; l'échanson, un préposé à ce service, apportait à boire sur demande. Le convive buvait alors d'un trait et l'échanson rapportait immédiatement le verre. Les verres étaient rangés avec les balais. Les assiettes individuelles apparurent sur la table au XVIe siècle en remplacement du tranchoir (tranche de pain à mie compact que l'on donnait aux pauvres après le repas).
LA VIE EN SOCIETE Le calendrier des ruelles
Les visites ont fait partie des rituels de communications sociales au même titre que la correspondance jusqu'à la dernière guerre mondiale. La maîtresse de maison recevait certains jours du mois ou de la semaine. Fixés à l'avance au calendrier, ces jours étaient inscrits sur les cartes de visites. Les ruelles des Précieuses sont à l'origine du "calendrier des ruelles". Les règles d'étiquette prévoyaient des visites pour tous les évènements : visites de digestion, visites de noces, visites de condoléances, visites à l'accouchée, visites d'arrivée ou de départ et visites de convenances. Les visites de convenances mises à part, qui avaient lieu tous les deux ou trois mois, les autres visites devaient être remises dans les huit jours qui suivaient l'évènement. L'on rendait une visite de digestion pour remercier d'une invitation à un dîner ou à un bal, peu importe qu'on l'on ait ou non assisté à la réception. Dans le cas des visites de noces, ce sont les jeunes mariés qui allaient saluer tous ceux qui avaient assisté à la réception. En cas d'absence de l'hôtesse, on laissait une carte corne pour signifier que l'on s'était soi-même rendu chez elle. Dans ce cas l'on cornait un coin de la carte pour indiquer le motif de la visite. Ainsi, l'on pliait le coin supérieur droit pour adresser ses félicitations, le coi inférieur droit pour offrir ses condoléances, le coin supérieur gauche pour annoncer sa future visite, le coin inférieur gauche pour informer de son prochain départ. La carte sans corne informait l'hôtesse qu'elle avait été déposée par un domestique. Ce geste tenait lieu de visite et devait donc être rendu. Les visites s'effectuaient généralement l'après-midi, jamais en soirée. Avant la mode des cartes imprimées et décorées les visiteurs utilisaient des cartes à jouer à l'endos desquelles ils inscrivaient leur nom. Différente de la carte professionnelle, la carte de visite ne donnait ni les titres ni les fonctions de son auteur. Rigoureusement codifiées de l'arrivée au départ par un cérémonial précis, les visites ne duraient que dix à quinze minutes, le même temps que durait autrefois le cérémonial de présentation à la reine. L'hôtesse n'offrait ni alcool ni rafraîchissement sous peine de passer pour une provinciale ou une paysanne.
Les relations sociales
La médisance et la flatterie servaient toutes deux à vendre sa personne pour conquérir les places de choix sur le marché de la bonne Fortune. Le vocabulaire de la flatterie prouve bien qu'elle ne dupait pas tout le monde. Les "chiens de palais" désignaient les gens de Cour qui se mordaient entre eux, se dénigrant les uns les autres et les "losengiers", les faiseurs de fausses louanges. Le Roman de Fauvel, publié au XIVe, ridiculisait les flatteurs. Fauvel, un cheval, tirait son nom d'un acronyme pour Flatterie, Avarice, Vilenie, Variété, Envie, Lâcheté. Les expressions "torcher/ étriller Fauvel" signifiaient donc flatter. Placebo, en latin "je plairai", était devenu synonyme de flatteur et d'homme intrigant.
LA GALANTERIE Les mots et les gestes
Galanterie, mot cousin de galéjade, a d'abord signifié s'amuser avant d'affirmer son élégance et sa distinction dans le salon de la marquise de Rambouillet. Le terme a perdu son sens d'intrigue amoureuse et faire la cour ne se dit plus "galantiser".
La préciosité, les salons
Au XVIIe, à l'initiative de la marquise de Rambouillet désabusée de la Cour, des femmes avant-gardistes ont inventé la préciosité qui, avant d'être ridiculisée, a tenté d'instruire les hommes de la galanterie. Ces femmes voulaient ainsi se protéger de leur grossièreté, et souvent, de leur violence. Elles utilisaient d'ailleurs le mot débrutaliser. Leurs réceptions avaient lieu dans les ruelles, cet espace ouvert à la circulation entre le lit et le mur d'une chambre à coucher. Les salonnières invitaient surtout des hommes, les plus prestigieux et les plus cultivés d'entre eux. L'on s'écrivait des lettres et des poèmes. Parmi les genres à la mode, l'énigme exigeait de reconnaître un objet décrit par ses seules qualités. La préciosité, à l'origine des salons, privilégiait les discussions sur les relations amoureuses. Elle prônait le célibat pour assurer l'indépendance des féminine et le mariage librement consenti qui assurerait l'égalité de partenaires. Les sujets de discussion proposés nous instruisent des préoccupations de ces femmes savantes :
-Savoir si la présence de celui qu'on aime cause plus de joie que les marques de son indifférence. -De l'embarras où se trouve une personne quand son coeur tient un parti et la raison un autre. -Si l'on doit haïr quelqu'un qui nous plaît trop, quand nous ne pouvons lui plaire. -S'il est plus doux d'aimer une personne dont le coeur est préoccupé qu'une autre dont le coeur est insensible. -Si le mérite d'être aimé doit récompenser le chagrin de ne l'être pas.
Les femmes galantisent aussi depuis longtemps. Au XVIIe siècle, l'on disait déjà qu'elles faisaient la moitié du chemin. _________________
|
|  | | | Etiquette et savoir-vivre | |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| | |
| |
|