1663 : Face aux Feux du Soleil

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 un nouveau départ [Armand de Bourbon]

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Ambre de Kermelec
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MessageSujet: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Mar Mai 19 2009, 20:30

Ses yeux se fermaient, seul le rythme soutenu de son étalon la réveillait de temps à autre, il filait, noir dans la nuit. Depuis combien de temps galopait-elle ainsi, elle n'aurait su le dire, des heures, des nuits. Les derniers jours lui revenaient comme une succession d'images floues, mélées de sentiments et d'émotions si confus et divergeants qu'elle se demandait encore si tout cela n'était pas qu'un rêve. Mais la violence de la mort de son père lui revint et elle ressera la capeline qui enveloppait ses épaules, raffermit sa prise sur les rennes et talonna sa monture qui accelera légèrement l'allure. Elle sentait tout contre elle la petite sacoche qui renfermait les restes de son passé, vers quel avenir incertain voguait-elle? Jamais son père ne lui avait parlé de ce noble, il faut dire que la Cour ne l'avait jamais beaucoup passionée; intrigues et complots en tout genre, elle était bien mieux dans sa Bretagne natale. Un pincement au coeur, les larmes lui montèrent aux yeux lorsqu'elle revit les petits bourgs familiers s'éloigner derrière elle, lorsque l'iode marine quitta le paysage, ne persistant que dans le creux de son cou, comme un parfum rempli de souvenirs. Mais elle retint les gouttes salées qui pointaient au bord de ses cils, elle avait promis...
Elle avait fait plusieurs haltes, celle-ci serait sa dernière, elle changea de monture dans une petite auberge, donna son dû à l'aubergiste qui, soupsonneux devant l'air fuyant de la jeune femme avait eu droit à un petit suplément monaitaire, autant pour couper court aux questions que pour l'empêcher de parler. Après tout, sa belle mère avait sans doute eu vent de cette fuite au couvent Fontanges, peut-être avait-elle déjà envoyé des hommes à sa poursuite. Ambre se mit à sourire, un brin d'aventure ne lui ferait pas de mal. Elle retira le capuchon qui cachait ses traits, inspirant l'air nocturne, et le cheval se remit en route.
La nuit touchait à sa fin lorsqu'elle passa les portes du château de Fontainebleau, elle en fut émerveillé. La grandeur et la beauté majestueuse du bâtiment la laissa sans voix. Elle descendit, courbattue de sa monture, et le bruit lointain des jeais d'eau raisonna, donnant à l'endroit une ambiance magique. Elle n'eut que le temps de rabattre son capuchon qu'un valet accourut vers elle, Ambre lui tendit une lettre, il la parcourut rapidement et la soupesa d'un regard étrange. Ambre serra les machoires et le soutint sans ciller. Finalement il lui fit signe de la suivre, et ils parcoururent ensemble des escaliers à n'en plus finir et des portes de plus en plus impressionantes. Le château endormi était pareil à une immense ruche en sommeil, le bourdonnement s'était tu, mais reprendrait bientôt. Le valet s'arrêta si soudainement à une porte aux dorures finement sculptés, que la jeune femme faillit lui rentrer dedans. Il toqua de très légers coups, et entra sans un regard vers Ambre. Curieuse, celle-ci entendit quelques bribes:

- Monsieur, mon Prince...une jeune femme désire vous voir, elle se dit envoyé par un certain Duc de kermelec, j'aurais bien voulu la laisser dehors mais elle avait ce papier avec le cachet du Duc et...

Les derniers mots furent chuchoté mais Ambre perçu parfaitement les sentiments que devait avoir le valet à son égard:

- Dois-je la jeter dehors? Elle ne ressemble en rien à une noble...ce doit encore être une des ces bourgeoises ayant réussi par je ne sais quel moyen à vous approcher.

La jeune femme siffla entre ses dents, et laissa s'échapper un discret juron. Ses yeux noisettes parcourent le couloir, elle devait se trouver chez quelqu'un d'important, mais qui...et pourquoi celui-ci l'aiderait-il? Elle n'avait plus rien, déshéritée, perdue, elle n'avait plus rien de la jeune femme d'il y a quelques années. Devait-il s'enfuir, de nouveau...elle allait s'eclipser lorsque la porte s'ouvra doucement, laissant filtrer un rayon de lumière qui apparut comme un nouvel espoir dans la nuit noire que composait sa vie.
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Armand de Bourbon
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Mar Mai 19 2009, 23:30

Armand, Prince de Conti n'était peut-être pas le noble modèle, mais il était un Bourbon, et le cousin du Roy en plus de cela. Il s'efforçait donc d'avoir une certaine conduite et de prouver en permanence qu'il était un homme d'honneur, par dessus tout. N'avait-il pas contester l'autorité de son jeune cousin jusqu'au bout? Tout ça était bien loin maintenant, mais quand une personne pour qui il avait une certaine estime vint le voir, par un après-midi ensoleillé, c'est avec plaisir qu'il le reçu. C'est ainsi qu'il rencontra le duc de Kermelec, un seigneur de Bretagne, qui avait une importante faveur à demander au Prince. Sa fille serait bientôt en âge d'aller à la cour et ce monsieur souhaitait pour elle le plus grand des bonheurs et il était convaincu qu'elle trouverait un tel bonheur à la cour du Roy. Seulement, le pauvre homme n'avait pu éduquer la femme comme il le voulait, l'intégrer dès son plus jeune âge à la cour. Il expliqua au Prince qu'être noble en Bretagne n'était pas comme être noble à la cour du Roy. Le Prince était plutôt bien placé pour le savoir. Après avoir écouter le récit de cet homme, Armand, avec le plus grand sérieux du monde, fit sa solennelle promesse de s'occuper de la fille du duc du moment qu'elle arriverait à la cour. Elle n'aurait qu'à se présenter à lui avec des papiers signer par lui ou des représentants de sa Maison et le Prince s'assurerait alors que l'intégration de la jeune femme se passa pour le mieux, Il prit d'ailleurs cette promesse très au sérieux, heureux de pouvoir se rendre utile à un homme d'honneur et de fierté comme le duc. Les mois passèrent et il n'eut plus de nouvelle, oubliant quelque peu sa promesse.

Puis, un beau matin pluvieux, il arriva à ses appartements, prenant connaissance des affaires mutuels selon l'usage habituel. Le Prince avait un peu trop bu la veille, selon ses habitudes, mais il s'était quand même bien coiffé et vêtu, cachant l'odeur de l'alcool avec un parfum italien raffiné. Vêtu d'un justaucor noir avec quelques dorures, il portait en dessous de ce dernier une chemise blanche avec quelques traits fin dorée ici et là. Son tricorne posé non loin sur un crochet, il portait des bottes de cavalier en cuir noir, propre, du moins pour le moment. Il pensait aller faire du cheval en après-midi. Il lisait ses correspondances à envoyer dans la journée lorsque le valet fait irruption dans la pièce, avec le protocole et l'apparat habituel.


-Je croyais avoir dit que je ne voulais point être dérangé durant la correction de mes correspondances...


Mais le nom "duc de Kermelec" résonnait à ses oreilles. Voilà donc le moment venu de prouver qu'il était un homme de parole et de montrer qu'il pouvait tenir une promesse. Il jetta un œil au papier et reconnu les armoiries de la Bretagne. Ainsi, la jeune femme est arrivé à la cour et comme convenu, elle s'est présenté à ses bureaux. Le valet se fait plutôt intriguant en suggérant de la jeter dehors. Mais qu'est-ce que cette demoiselle de Kermelec a? Elle ne doit pas être si mal. À l'allure bourgeoise, peut-être, c'est possible, mais quand même... Ayant un bref soupir, il range et met sur le côté ses papiers, disant d'un ton princier:

-Je vais aller personnellement voir de ce qu'il en est. Une dame a fait un long voyage, je peux bien me lever et aller l'accueillir comme il se le doit et lui souhaiter la bienvenue à Fontainebleau. De votre côté, valet, aller donc quérir la couturière et dîtes lui qu'elle se prépare à recevoir une cliente au cours de la journée. Il va sûrement falloir habiller de façon décente demoiselle de Kermelec.


Ayant donner ses indications, il se leva et on lui ouvrit la porte. Le Prince n'ouvre pas les portes lui-même. Il fait son entrée dans la pièce. Il regarde la demoiselle de haut en bas, puis jette un bref regard à son valet, avant de s'approcher de Ambre.

-Mademoiselle de Kermelec, bienvenue à la cour du Roy. J'ose espérer que le voyage n'a point été trop long?
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Ambre de Kermelec
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Mer Mai 20 2009, 16:00

Le valet sortit sous les ordres du Prince, et passa devant la jeune femme avec une curiosité de rapace affutée.

On la fit entrer dans une pièce richement meublé et Ambre laissa son regard glisser sur les moulures des plafonds, le parquet ciré sous ses pieds, les tableaux et autres objets installés dans la pièce sans que son regard ne s'y accroche réellement. Il s'arrêta pourtant au point de lumière, grande fenêtre d'où le soleil devait inonder la pièce lors des jours de beau temps. Le matin se révélait pluvieux, mais les nuages quoi que légèrement gris, laissait doucement place à une éclaircie. Ses yeux noisettes se fixèrent sur un horizon bien au delà du simple carreau gelé. Elle abaissa son capuchon, passant une main rapide dans ses cheveux emmelés par la course qui retombèrent en bouclettes autour de son visage. Les chuchotements s'étaient tus, Ambre tendit l'oreille et s'approcha sur centre de la pièce. Des bruits de pas lui parvinrent, la laissant figée. La porte s'entrebailla, avant de s'ouvrir complètement, laissant place à un homme de quelques années son ainé. Des cheveux bruns, lui arrivant aux épaules encadrait un visage d'où ressortait une dureté d'homme d'affaire mélé à une douceur certaine. Son visage s'éclaira en la voyant, il semblait l'avoir reconnu, ce que, de son côté, la jeune femme ne pouvait vanter. Certes il était richement vêtu, mais ce qui la mit réellement sur la voix fut la chevalière qu'il portait à la main, il représentait-elle le blason de la famille royale, les armoiries de Louis XIV.

Son sang se figea et elle resta immobile, devant l'oeil scrutateur du Prince, comment son père avait-il rencontré un homme aussi haut placé?

Les quelques mots du jeune noble la sortir de ses réflexions et elle s'inclina respectueusement, du mieux qu'elle pouvait devant lui. Elle hésita à parler de son voyage, connaissait-il tout de sa situation? Y compris sa fuite? Elle décida de jouer la carte de la politesse, sentant plus que tout qu'elle enfila le loup de la Cour...

- La Bretagne est une contrée lointaine...mais j'avoue n'avoir rencontré aucun mal sur le chemin.

Elle n'osa continuer, ne sachant s'il était en son droit de poser questions en tout genre. Pour la première fois de sa vie, elle se sentit mal à l'aise, ailleurs que dans son élément, elle perdait de sa fougue et de sa vivacité, et cela lui déplaisait plus que tout. De plus, elle se sentait sale, le voyage ne c'était produit certes sans aucun incident, il n'empêchait que la poussière avait déposé un manteau grisâtre sur ses vêtements.
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Armand de Bourbon
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Jeu Mai 21 2009, 00:14

Les appartements du Prince de Conti étaient parmis les plus beaux de tout le palais. Seul ceux de son grand frère, le Prince de Condé, ainsi que les appartements de la reine, de la reine-mère, ainsi que ceux du Roy était réputés pour être plus beau. Mais en matière de grandes fresques de beauté, il vient un point où il est difficile de faire des comparaisons. Il s'attendait à voir une noble de campagne, mais doit bien avouer qu'en dehors de sa beauté naturelle, la jeune femme n'est pas vraiment favorisée par d'autres apparats, quand on les compare à ceux des autres dames de la cour. En fait, Armand réalise qu'elle n'est pas encore une dame de la cour. Il va falloir la transformer, lui apprendre à développer cette façade. Enfin, chaque chose en son temps, rien ne sert de courir, il faut arriver à point.

Ambre paraissait impressionné par sa présence. Habitude qu'a le Prince. Seulement, il veut que la jeune femme soit à l'aise avec lui, quitte à délaisser un peu de se protocole parfois lassant. Il fera ainsi une petite exception à la règle d'usage. Tout cela, pour les bienfaits de la cour, mais surtout celui de la promesse qu'il a fait à un gentilhomme. Elle parle de la Bretagne comme une contrée lointaine, mais sommes toute, le voyage semble avoir été potable. Tant mieux. Il va s'asseoir dans une chaise et attend avant d'indiqué à la jeune femme qu'elle peut s'asseoir à son son tour. Question de tester un peu ses manières de base.


J'ai bien connu votre père, comtesse de Kermelec, et c'est avec tristesse que j'ai récemment appris son décès. Je suppose que votre arrivée à la cour suite à sa mort n'est pas une coincidence... La France a perdu en lui un seigneur aussi bon que juste. Je suis certains qu'il a une place auprès de Dieu... J'ai connu votre père durant une campagne militaire en Espagne. Sa doit faire, une décennie environ. Il fut pour moi, un homme sur qui je pouvais compter en toute occasion. Un homme m'adressant de judicieux conseil, capable d'être franc alors que d'autres pliait facilement devant le nom que je porte. Quel ne fut pas ma surprise il y a environ un an, quand le duc est venu me voir pour me demander une faveur. Il me fait plaisir aujourd'hui de pouvoir tenir ma promesse.

-Dîtes moi, mademoiselle, que savez-vous de la cour et de ses activités? Même en la si lointaine Bretagne, vous avez dû apprendre un peu ce qui se passe ici.
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Ambre de Kermelec
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Jeu Mai 21 2009, 17:23

Se sentir étudiée, épiée, était chose assez désagréable. Elle se rappela les regards insistants de son demi frère, certes elle n'était pas comme lui, habitué des Cours et grands salons, et pourtant, une pointe de jalousie s'était encrée dans son coeur lorsqu'elle avait vu les beaux habits, les bijoux, si leur air suffisant ne l'avait pas éloigné de ce monde, elle aurait vite pris goût aux fastes et merveilles que recelaient les grandes Cours du royaume de France. Mais telle ne semblait pas être sa nature, et pourtant, si son père l'avait mené ici, il devait y avoir une raison, voulait-il qu'elle ressemble à toutes ces grandes Dames de la Cour? Au coeur des comérages et des intrigues? Elle sentit son coeur ralentir, son père s'était souvent demandé s'il avait fait le bon choix en l'éduquant ainsi, Ambre le savait, mais sa mère, lui racontait-il souvent, lui était en tout point semblable, comme quoi, la noblesse pouvait être raffinée tout en n'appliquant pas ce mode de vie si particulier à la Cour du Roy.
Le Prince alla s'assoir sur une chaise d'un velour poupre, la jeune femme l'observe, sans bouger, épit ses moindres gestes, tout tend à croire qu'il veut la mettre à l'aise, qu'elle se sente bien dans ce nouveau monde. Ses geste lents, précis, comme s'il ne voulait pas effarouchée la jeune biche qu'il croyait voir, l'énervèrent quelque peu, mais gardant une façade de marbre, elle le suivit et s'assit à son tour lorsqu'il le lui permit. Il surprit dans son regard cette pointe de pitié devant son air si peu convenant et se redressa, droite sur sa chaise, ses jambes non croisées, se replièrent légèrement contre le pied du siège et elle posa ses mains sur sa robe de coton blanc. Son visage levé vers le jeune homme, elle étudia ses traits comme il semblait étudié les siens, elle écouta sans broncher son récit sur sa rencontre avec son défunt père. Si son visage n'exprima rien, son coeur se serra au rappel de cet homme qu'elle avait également cru juste et plus digne que la plupart des autres nobles. Son titre provoqua un curieux noeud dans son ventre, une boule de chaleur, pas désagréable, comtesse de Kermelec, jamais on ne l'avait encore appelé ainsi, vivant dans l'ombre de sa belle-mère, elle n'avait pu en sentir la saveur.
Curieuse de connaitre des pans inconnus de son histoire, elle se rappela le Duc évoquant cette campagne en Espagne, elle devait être une fillette car les souvenirs lui semblèrent flous. Une promesse...celle d'aider sa fille...mais à quoi? La question lui brûla les lèvres mais le Prince enchaina et la phrase se finit sur une note interrogative. Certes elle connaissait la Cour mais elle s'y était si peu interressée qu'elle tenta une explication évasive:

- Et bien...je sais que la Cour s'organise autour du Roy et cherche constament ses faveurs, que les activités y sont minutieusement programmées. Que l'étiquette y est primordiale et qu'elle est le lieu de toutes les nouveautés.

La jeune femme se mordilla discrètement la lèvre supérieure, pas certaine que sa réponse plaise au Prince. La Cour était pour Ambre une immense ruche vrombissante autour d'une abeille centrale, en l'occurence le Roy. Elle s'élevait au dessus de tout et de leur chaos semblait naitre l'harmonie.
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Armand de Bourbon
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Mar Mai 26 2009, 22:38

Ambre paraît savoir comment se tenir, ce qui est le minimum requis pour avoir une mince chance de succès à la cour du Roy. La jeune demoiselle fut bien silencieuse tout au long du récit que lui raconte le Prince. De toute évidence, il a affaire à une femme discrète, mais à la bonne écoute. Probablement qu'elle analyse même chacun de des mots que lui dit Armand. Elle ne se contente pas d'entendre, mais elle écoute aussi. Tout ça est excellent, mais il faut un peu de rhétorique aussi. Elle viendra, avec le temps. Elle paraît aussi déjà maîtriser un savoir essentiel à la cour, masquer les apparences. Il n'aurait pas été surprise de voir la jeune femme fondre en larmes alors qu'il lui parle de son défunt paternel. Ors, aucune réaction, ni même un rictus. Peut-être juste son regard qui devenait légèrement flou, mais rien qui ne soit outre-mesure. Il lui aurait parlé du temps qu'il fait, elle aurait peut-être eu la même réaction. Le décès de son père l'a touche-t-elle? S'en serait-elle déjà remis? Bien possible, il faut bien se remettre un jour. Les parents d'Armand étaient également morts. Cela faisait maintenant un bon moment.Elle répond de façon bien brève, mais claire, à sa question. Elle sait que la cour est un système solaire au coeur duquel on retrouve le Roy Soleil et tout gravite autour de ce dernier. Enfin... presque tout. Le Prince se dit qu'en temps et lieux, il présentera peut-être la jeune femme au Roy. Avec un peu de chance, sa majesté sera intrigué par la nouvelle venue et de son côté, Armand obtiendra peut-être une oreille très près du Roy. Quoi? Il faut bien savoir joindre l'utile à l'agréable et le Prince n'est pas homme à faire quelque chose sans avoir de suite dans les idées. Il trouvera bien des projets à la taille de Ambre.


-Tout à fait, tout à fait... Nous sommes tous des astres, plus ou moins grands, plus ou moins importants, qui gravitons autour du Soleil. Et il nous faut tous suivre la ligne de conduite qu'il nous ait indiquée. En dehors de tout cela, il y a bien quelques avantages à être à la cour. Il faut savoir tirer son épingle du jeu. Je dirais que la majorité des nouveaux venus ont toujours le même but. Rencontrer le Roy ou un de ses proches pour s'en attirer les faveurs. Vous avez la chance, comtesse, de côtoyer le cousin du Roy, et donc, je peux très facilement vous le faire rencontrer. Seulement... je tiens à ma réputation et je ne crois point qu'il ne presse de rencontrer sa majesté.

Il se passe brièvement une main derrière la nuque et demande au valet d'ouvrir les volets, pour faire circuler l'air un peu. Il serait peut-être même plus agréable de tout simplement prendre l'air dehors, mais le Prince se décide à demander avant:

-Dîtes moi, Comtesse, et vous m'excuserez d'avance si mon commentaire vous apparaît déplacé mais... ce que vous portez en ce moment est uniquement une tenue de voyage j'ose espérer? Parce que... j'ai bien peur qu'il faille plus pour charmer les courtisans de la cour. Car évidemment, il va vous falloir trouver un bon parti, surtout vu votre... situation.
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Ambre de Kermelec
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Dim Juin 07 2009, 12:23

Sa réponse parut satisfaire le Prince, tant mieux, elle n'aurait pas pu citer le programme complet du Roy ou le règlement à la lettre que devait suivre chaque personne vivant au château mise à part sa Majesté, l'étiquette et le protocole. Ambre écouta avec une attention plus relevé lorsqu'il métamorphosa le royaume en un vaste système solaire, cette image était aussi révélatrice que magique. La jeune femme avait toujours adoré les sciences et c'est donc sans trop d'effort qu'elle s'interressa vraiment à la conversation du jeune homme. Un sourire en coin apparut pendant un dixième de secondes lorsqu'il parla des nouveaux venus, elle ne semblait en aucun cas leur ressembler. Rencontrer le Roy n'était pas sa priorité, au contraire, plus elle n'avait pas à jouer et à surveiller ses dires, plus elle se sentait libre. Et ce n'est pas proche de sa Majesté qu'on obtient ce sentiment. Les liens vous entravent et les chaines se ressèrent autour de vous, certains ne s'en rendent même pas compte, et pourtant ils se retrouvent à jamais prisonniers de ce cercle vicieux.
Ses dernières phrases laissèrent un goût amer dans la bouche de la demoiselle, elle n'aimait pas qu'on la sous-estime, cependant cette excuse la tenait éloignée des devoirs et du Roy et il n'en fallait pas plus à Ambre pour aquiescer en silence. On ouvrit les volets et un brin d'air frais emplit la pièce. La jeune femme entrouvrit légèrement les lèvres, sentant sur sa langue, le goût sucré des fleurs et l'humidité de l'eau, le Prince devait avoir une vue magnifique. Ce n'est qu'alors qu'elle se demanda où elle allait séjourner, parmi les courtisans sans doute, M de Bourbon tenait temps à sa réputation qu'il la tiendrait éloignée de lui jusqu'à ce qu'elle sache parfaitement mimer l'idiote. Sa question la tira de ses réflexions et elle tiqua impercepectiblement lorsqu'il parla de sa situation, serrant les machoires elle se décida enfin lui avouer:

- Mon défunt père n'a certes pas pu vous informer de mon actuelle situation...

La jeune femme chercha un moment ses mots avant de reprendre:

- Pour venir ici, j'ai quitté le couvent dans lequel ma belle-mère m'avait placé, excusez donc ses habits qui ressemblent plus à ceux d'une nonne qu'une courtisane. Mes affaires sont restées au domaine des Kermelec.

Elle se garda bien d'ajouter qu'il lui serait difficile de les reprendre, le Prince l'avait sans aucun doute compris. Sa belle-mère n'était au courant de rien.
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Armand de Bourbon
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Sam Juin 13 2009, 04:54

Le prince fixait du regard Ambre alors que celle-ci continuait de se faire discrète, tant dans la gestuelle générale qu'en terme de parole. Pas de long discours sur sa triste situation, ni de longue plénitude. Une jeune femme fière, sans aucun doute, qui ne semble pas vouloir s'apitoyer sur son sort. Armand comprend également que la situation est peut-être plus tendu au sein des Kermelec que lui ne l'aurait cru à prime abord. Les décès familiaux causent souvent quelques turbulences. Il faut simplement savoir tirer son épingle du jeu. La cour est un peu comme une grande famille. Pour le prince, un objectif restait clair, et il l'a énoncé, il faut marier Ambre, et vite. Il doit bien y avoir quelqu'un de bien pour elle à la cour. Un charmant noble ou un riche bourgeois. Qu'importe, dès que la jeune femme termina de parler, Armand, s'esclaffa, un sourire digne en coin:

-Dans se cas, sois nous vous reconstituerons une garde-robe digne de se nom, ou bien encore, nous enverrons d'humbles gens aller chercher votre nécessaire attirail. Dans un cas comme dans l'autre, j'aimerais savoir si vous disposez d'une certaine fortune en votre possession, ou bien si vos moyens sont restés très modestes?

Jetant un bref coup d'œil par la fenêtre, dès que Ambre a fini de lui répondre, il se lèva doucement et se dirigea vers la porte pour quitter dehors, faisant signe à la comtesse de le suivre. Il a envahi de discuter avec elle de façon un peu plus à l'aise, sentant le poids officiel de leur conversation. Peut-être que l'air des jardins détendra chacun d'eux. Faisant les premiers pas dehors, marchant avec sa canne de marche, son tricorne noir et doré sur la tête, il demande d'un ton poli, qui ne se veut pas trop indiscret:

-Parlez moi de vous un peu, de votre philosophie de vie, de ce que vous aimez, de ce qui vous passionne, de vos ambitions, de vos rêves. Cela me sera sûrement d'une certaine utilité... pour vous trouvez une juste place à la cour.

Ils se dirigeaient vers les jardins royaux situés non loin du bureaux d'Armand. Inutile de dire que deux valets les suivaient, pas très loin, comme deux chaperons presque. Règle du Roy, le Prince doit toujours être "surveillé", ne serait-ce que pour sa sécurité. Ces derniers sont toujours là pour satisfaire les moindres envies d'Armand. Cependant, le Prince aime bien parfois la solitude ou la compagnie plus restreinte et il se dit qu'une fois à l'entrée d'un labyrinthe ou d'un jardin un peu plus clos, il dira à ses valets d'attendre.
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Ambre de Kermelec
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Sam Juin 13 2009, 14:45

La demoiselle eut à peine le temps de terminer sa phrase que le Prince se mit à rire. Elle ne sut pas réellement comment le prendre, et se tint quoite sentant en son fort intérieur ses dents grincées. Ne savait-il pas que les comtes et ducs de Bretagne faisaient partis des plus riches de France? Leur proximité avec l'océan leur offrait un commerce florissant et prospère, et les nobles familles n'avaient jamais eu à se plaindre. Ambre avait longuement étudié les économies de la famille et ces échanges marchands, malheureusement le monde des affaires et des chiffres n'étaient pas, selon sa belle-mère, fait pour une femme et c'est avec un sourire qu'elle imagina la comtesse mère de Kermelec en discussion avec le Prince, ils se seraient sans aucun doute plus. Car après tout, n'avait-il pas lourdement sous-entendu qu'elle devait se marier sans trop tarder? Quelle idée avait-eu son père? Elle ne le comprenait plus, et ce sentiment, bien loin de la mettre en colère, la rendait plus malheureuse encore, ni avait-il personne qui la comprenne réellement?
D'un ton posé qui ne trahissait rien elle lui répondit:

- La Bretagne est une région qui sait faire fit de ce qu'elle a, et ma famille n'a rien à envier à personne.

Elle cru être allée trop loin et se tut, un courant d'air passa, elle le respira comme on attrape un ballon pour s'envoler, tout ceci lui déplaisait. Lorsque le jeune homme se leva, elle l'observa, lui aussi semblait assez lasse, cette discussion devait l'ennuyer presque autant qu'elle. Ambre savait parfaitement que la seule raison pour laquelle il s'interressait à elle, et l'avait fait entrer ici ne relevait que de la promesse de son père. Elle le suivit lorsqu'il lui fit signe, passant une main sur sa robe qu'elle ne trouvait pourtant pas si mal et sortit.
Le temps était bon, le soleil n'écrasait pas la terre, mais la réchauffait, et la jeune femme goûta à ce moment simple, elle ferma les yeux quelques secondes à peine. Son regard se posa sur toute chose, ils entraient dans les jardins royaux et pour une fois, elle en eut le souffle coupé. Certes dans au château des Kermelec, la famille tenait un jardin où d'inombrable fleurs en tout genre y poussaient, mais il y avait dans ces plants tout autre chose. Un goût sur, pour le grandiose, des fontaines rafraichissant l'air, le parfums des roses et d'autres fleurs qu'Ambre ne reconnu pas. La jeune femme sentit son coeur se desserer, le Prince n'était peut-être pas l'homme qu'elle s'était imaginée, elle le regarda discrètement, guettant ses réactions et le détourna vivement lorsqu'il se retourna vers elle. Ses paroles lui glacèrent le sang, elle les avait redouté, et ni l'air frais, ni l'incroyable environnement où ils se trouvaient ne parvinent à desserer le noeuds qui se formait lentement dans son ventre. Les arbres lui parurent tout un coup trop parfaits, coupés selon la mode, sans liberté, et les deux valets derrière eux l'opressèrent alors qu'ils ne l'avait jusque là pas dérangé. Il voulait savoir qui elle était, mentir...encore...était-ce la solution. Un long silence passa, presque imprudent et indécent avant que la jeune femme se réponde:

- J'aime la vie et la déteste, ce qu'elle a de merveilleux, ce qu'elle offre et ce qu'elle reprend, ceux qu'elle oublie et ceux qu'elle préfère. J'aime savoir, connaitre ce qui m'entoure. La liberté a emprisonné mon coeur et le vent mes sens.

Sa voix n'avait pas haussé, et pourtant la jeune femme ressentait les moindres intonations comme un coup de couteau, elle savait qu'elle tuait ses minces chances de rester au château. Ce n'était certes pas un discours auquel s'attendait le Prince et Ambre doutait qu'il lui trouverait un mari capable de la désirer telle qu'elle était. Ses rêves et ambitions furent tu, la jeune femme avait sans doute assez entaché son rang comme cela. Son regard s'était encré, intense dans celui du jeune homme, mais le feu s'était éteint et elle le détourna, au loin elle apercevait un labyrinthe, pure métaphore de sa vie, une entrée, et des millions de chemins sans issue.
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Armand de Bourbon
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Mer Juin 17 2009, 15:25

Armand n'était pas certain de bien cerner cette Ambre de Kermelec. La plupart des femmes nobles qui viennent à Fontainebleau y viennent pour des raisons simples et diverses. La situation de la comtesse semblait un peu plus compliquée que cela. Ce n'est pas ce qui va empêcher le Prince de faire preuve d'un peu de persévérance pour une fois. Il doit bien cela à son ami. Il compris que pour réussir à comprendre un peu mieux Ambre et pour ainsi mieux l'aider à la cour, il va devoir sortir du cadre protocolaire rigide un peu. Il connaît bien les gens qui n'aime pas tant que cela le faste et le protocole de la cour. Plus jeune, il avait eu une certaine difficulté à s'y faire. Maintenant, il manipulait le protocole à sa guise, du moins, plus souvent qu'autrement. Il avait fini par se faire à tout se faste, qu'il n'aimait pas beaucoup plus pour autant, mais en personne fière, il l'utilisait surtout pour rappeler sa supériorité sur le 7/8 des courtisans de la cour. Quand il parlait qu'elle devait se marier et trouver un bon parti, ce que le Prince lui aiderait à faire, aucun signe d'enthousiasme, encore moins de satisfaction ou de soulagement. Rien... sinon le regard las, les lèvres closes comme pour s'empêcher de dire quoique se soit. Voilà un oiseau qui n'est pas pressé de regagner sa cage dorée. Pauvre enfant...

La réponse posée qu'elle lui fournit à son premier commentaire présente une certaine fierté, mais aussi, un petit côté vexé. Armand laisse rarement ses interlocuteurs indifférents, mais il se garde bien de montrer de tels sentiments. Le Prince n'en fait pas cas, trouvant ces paroles... intéressantes. Il se dit seulement que si elle était si bien en Bretagne, elle aurait peut-être dû y rester. Il se garde de révéler cette pensée plutôt impatiente. Alors que le silence occupe l'espace sonore disponible, Armand décide qu'il est temps de sortir du cadre. Autrement, il n'apprendra rien sur cette Ambre et voilà que sa promesse démarrera du mauvais pied. Ayant sorti dehors, il marche, toujours le dos bien droit, la posture habituel que l'on attendrait d'un homme de son rang. Il remarque du coin de l'œil, Ambre qui semble profiter du soleil, des jardins aussi. Les yeux de la jeune femme s'activent à parcourir chaque parcelle du paysage.

Le silence qui s'installe est un silence saint. Armand réfléchi et pense au passage à un proverbe sarrasin qui rappelle l'importance du silence, qui a une certaine beauté et importance en soi. Le silence, ce n'est pas le vide. Arrêtant de marcher, il lui pose la question. La pauvre Ambre accueille la question comme si c'était l'épreuve soumis par l'Inquisition. Hésitante, elle lui répond quand même à l'aide de métaphore, se faisant toujours aussi évasive. Armand acquiesce doucement, un sourire en coin, le regard qui devient brièvement brillant, comme si ce qu'elle avait dit était du plus grand intérêt. Il ne prétend pas en saisir tout le sens, mais il comprend néanmoins la recherche de liberté, la quête de donner un sens à sa vie. De comprendre ce qui l'entoure et de trouver des réponses aux questions qu'elle se pose. Il reprend la marche et pénètre dans le labyrinthe, disant à ses valets d'attendre à l'entrée. Une fois dans le dédale, il met en garde la jeune Icare qu'il a près de lui.


-La cour est un endroit emplie d'opportunités. Une certaine liberté y est possible, mais c'est une liberté hypocrite. Mais... si il y a bien un endroit où vous pourrez être en droit d'espérer de vivre une vie intense, où ce qui est merveilleux le sera comme jamais, et ce qui est horrible le sera de même, c'est bien la cour. Attention seulement à ne pas tout prendre ce que ce genre d'endroit peut offrir, car en retour, il vous prendra tout.

Arrivé à une croisée de chemin, Armand fait un sourire en voyant un banc et s'y dirige, pour ensuite s'y asseoir. Il dit, comme si il s'adressait plus au lieu qu'à Ambre.

-Ici, une certaine paix est possible, mais une fois entre les murs, c'est une guerre d'apparats incessante. Je crois qu'il serait possible d'espérer un jour que notre monde se contente de la simplicité des fleurs plutôt que de la complexe politique. Mais en ce temps, on ne peut échapper à la réalité.

Observant le ciel, il enlève son tricorne et jette un œil à Ambre.

-Qu'espérez-vous trouver à la cour?
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Dim Juin 28 2009, 20:24

Le monde est plein d'imperfections, de soucis, mais les hommes ont une tendance étonnante à la compliquer plus encore. La vie ne serait-elle pas plus simple si l'on se contentait de vivre d'amour et d'eau fraiche, mais le coeur humain à cet éternel combat en lui, celui qui le rend cruel, vicieux et détestable, celui qui, vu d'un autre, n'a aucune place en ce monde, n'a pas le mérite de vivre, et de l'autre il y a ces facettes qui font la richesse et la complexité de leur espèce, ce besoin irrésistible de ne jamais être seul, d'avancer par apport aux autres, de faire naître des choses, des sentiments, des émotions que nul autre ne peut dégager était-ce pour cela qu'Ambre continuait de croire à un autre monde? Celui qui les ferait tous basculer dans leur second côté. Etait-elle naïve, trop imaginative peut-être? Devant tous ces gens sûr d'eux, ne se remettant jamais en question, la jeune femme avait de quoi douter d'elle-même. Ses mains remontèrent le long de ses bras, entourant ses épaules dans un frisson où la brise légère était innocente. Elle avait toujours cru qu'exister telle que l'on était serait la meilleure façon de vivre, mais tout cela n'était qu'erreur...
Et si tout le faste de Fontainebleau servait de prétexte à entrer dans un autre monde, un jeu, où les règles sont celles de l'étiquette et des coutumes. Pourquoi n'y jouerait-elle pas à son tour? Ce fut sur ces dernières pensées qu'Ambre entra dans le labyrinthe, les murs végétaux qui les entouraient cachèrent bien vite l'entrée, et la jeune femme posa son regard sur le ciel qui les surplombait, le bleu azur de son manteau était parsemé de nuages s'effilochant sur des distances irréelles, ça et là, des oiseaux le traversaient, libres, sans cage pour les emprisonner ni les contraindre...Le Prince continua leur échange, et Ambre put sans mal deviner qu'il essayait de l'atteindre, sa personnalité, ses désirs et envies, il voulait mieux la connaitre pour sans doute mieux la manipuler par la suite, tant que cette chappe de mystère l'enveloppait, Ambre serait protégée de ses projets, peut-être, là encore ne tenait que suppositions. Un banc s'imposa à eux, le jeune homme s'y assit, Ambre resta debout, ne pouvant pas vraiment rester en place, et ne sachant si oui ou non l'étiquette l'autorisait à ne pas s'assoir. Sa question aurait une fois de plus, pu la décontenancer, mais à ce stade de la discussion, plus rien ne semblait pouvoir l'étonner. Elle aurait pu lui répondre ce qu'elle pensait au fond d'elle même, à savoir qu'elle y attendait juste la protection qu'aurait pu lui offrir cet homme, et qu'elle aurait très bien troquée le magnifique château de Fontainebleau contre un paisible pavillon en provence, si elle avait eu des connaissances là bas, or sa seule chance de fuite résidait en ce lieu.

- Comme toutes je suppose, l'attrait de la Cour, sa position principale dans toute l'Europe et l'espérance d'oublier un passé trop tumultueux...ou pas assez.

La jeune femme s'autorisa un demi sourire malicieux avant de finalement, s'installer aux côtés du Prince. Sa main se posa sur la pierre douce, polie par les mains de l'homme, espérant puiser un peu de cette chaleur qu'y imposait le soleil.
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Ven Juil 03 2009, 20:46

Les questions que posaient Armand n'étaient pas naïve, c'est bien certain. Il n'était pas homme à gaspiller de sa salive et encore moins de son temps. Il essayait de savoir ce qu'est venu chercher Ambre de Kermelec à la cour du roi et l'entreprise s'amorçait un peu plus corsée que prévue. L'idée de se trouver un mari paraissait loin de l'enchanter. L'idée de rencontrer le Roy s'était heurtée à une indifférence surprenante. Pour ce qui est de parlé des opportunités à portée de la main, il a droit à une réponse vague et évasive concernant le côté attrayant de la cour et le fait qu'elle pouvait permettre d'oublier un passé trop tumultueux ou trop tranquille. Phrase qui a le mérite d'éclairer le Prince dans cette vallée brumeuse, mais il ne voyait pas le soleil pour autant. Ce qui l'étonne de chez la comtesse, c'est le fait qu'on pourrait facilement l'imaginer dans un petit domaine de la campagne et on ne s'en surprendrait pas. Si il y a chez cette demoiselle une femme digne et fière, contente d'être à la cour et qui croit que c'est là sa place, disons qu'elle est bien caché. Mais tout mérite passe par la persévérance. Elle vint s'asseoir près de lui, alors qu'il enlèvait ses gants et qu'il regardait devant lui, l'air de réfléchir. Il baissa les yeux, regardant les gants qu'il a retiré, puis, il relèva la tête, jetant un œil au ciel, au nuage, au soleil. Enfin, il reporta son regard devant lui.

-Comtesse de Kermelec... Je ne peux vous aider si je ne sais point ce que vous êtes venu chercher à la cour. Peut-être n'êtes vous pas ici uniquement dut à votre gré, mais il faut savoir saisir toutes opportunités que la vie nous lance. Ne faîtes pas de vous une cynique de la vie. Vous êtes trop jeune pour cela. Peut-être ne pensez-vous pas avoir besoin de mon aide. Vous auriez tord de refuser pareille main tendue, mais je ne forcerai point la vôtre.

Il était peut-être un peu rude dans ses propos, mais seul dans le jardin, il se sentait libre d'être un peu plus franc et moins protocolaire. Si elle lui indique ce qu'elle est venue chercher, il pourra l'aider de son mieux. Si elle même ne sait pas pourquoi elle est venue à la cour, alors il faudra bien lui trouver un but ou une raison. Seul les fantômes et les âmes perdues errent sans but et Armand ne compte pas faire en sorte que se soit le cas avec sa protégée. Si elle ne veut pas de but, ce qui est possible, alors le Prince lui trouvera des quartiers et laissera la cour se charger de lui en trouver un d'elle-même. Car parfois, c'est par ignorance que l'on prêche... l'ignorance.
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MessageSujet: Re: un nouveau départ [Armand de Bourbon]   Sam Sep 26 2009, 19:09

Ambre observa sans ciller le jeune homme retirer ses gants, comme si c'était là le dernier de ses soucis. En fait, elle était bien loin de cette main gantée, elle envisageait déjà les choses sous un autre angle, et un angle plus qu'apréciable. Puisqu'elle était coincée à la Cour pour un temps indéterminé, autant en profiter. Si la Bretagne restait une contrée lointaine et donc assez peu informée de ce qui pouvait se passer au château du Roy, la jeune femme savait comme une chose, la plupart des gens qui s'y trouvaient se connaissaient tous, et pour certains, s'entraidaient, par pur besoin derrière peut-être mais tout de même. Et si elle trouvait le moyen de... L'idée s'insinua en elle, perfide, elle se sentait devenir détestable mais qu'importe, Ambre restait Ambre, elle enfilait juste le masque de Fontainebleau.
Passant une main sur les plis de sa robe, elle eut un sourire ironique aux mots d'Armand de Bourbon. Si elle n'apréciait que très peu cet homme, le temps ferait les choses, et puis, comme il le disait lui-mêmen il pouvait lui être utile, et c'est tout ce dont elle avait besoin pour le moment. Décidant de jouer franc jeu avec son nouveau protecteur, elle engagea par un ton à la fois sec, dur, et emplis d'une certaine médisance:

- Pour tout vous dire, je ne suis plus réellement la Comtesse de Kermelec, ma belle mère m'a reprit ce titre au moment même où elle s'est installée dans mon domaine, et je compte bien le récupérer... Mon seul but ici est d'arriver à reprendre ce qui m'est dû, par quelque moyen que se soit.

Elle planta son regard sombre dans le sien, avant de le dévier, respectueusement. Elle avait senti son coeur battre à ses mots, elle se sentait revivre, et cette jouissance la rendait épanouie, lui rendant un air plus sauvage encore qu'auparavant, la veangeance froide et maitrisée avait pénétré ses traits.
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