1663 : Face aux Feux du Soleil

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 L'appartement du comte de Chastignac

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: L'appartement du comte de Chastignac   Sam Juin 11 2005, 06:30

Adrien se leva tranquillement, réveillé par le premier rayon du soleil. Il avait le sommeil léger, depuis qu'il rêvait d'embrocher son pere chaque nuits.

En repoussant les couvertures, Adrien mit une attention toute particuliere a ne pas toucher sa maitresse de la veille. Elle était toujours endormie, et il ne voulait pas, en rompant ce sommeil, devoir subir des mots mielleux sensé raconter l'amour et surtout, devoir y répondre.

Il s'habilla donc silencieusement, mais avec le plus grand soin. La chambre était toujours un peu sombre, pourtant il faisait déjà jour. Adelaïde, la jeune endormie, avait pris soin de fermer les volets la veille.

Cette jeune fille n'était pourtant pas si ensommeillée que le croyait le comte. Les yeux mis-clos, elle observait Chastignac d'un regard empli de l'adulation qu'elle éprouvait pour lui. Elle l'aimait tellement qu'elle supportait les railleries de la cour sur sa naïveté, les dédaigneuses façons qu'avaient le comte de la traiter. Elle n'était pas stupide pourtant, elle savait qu'Adrien avait eu nombre de maitresses, que la plupart ne l'aimait pas, et cependant qu'il ne s'en était jamais plaint. Des larmes brouillèrent sa vue un moment, mais elle cligna des yeux, refoulant ce sentiment d'intense abattement et de révolte qui couvait en elle.

Chastignac finit par remarquer que les yeux de son amante n'étaient pas tout a fait fermés. Mais il détourna le regard. Elle feignait de dormir, il feignait de ne pas l'avoir remarqué. Tout irait bien ainsi.

Chastignac sortit, soupira en passant la porte. Non pas d'amour, comme put le penser Adelaïde de Louvais, mais de mélancolie... il regrettait ce temps où il était un puissant seigneur avec des biens immenses, et où on le traitait comme un élément indispensable de la cour.
Aujourd'hui, il en était réduit a s'habiller seul.

Pourtant l'amitié que lui portait Saint Aignan et son courage lui avait valu d'être remarqué, et bien apprécié. Mais Adrien cherchait a attirer l'attention du Roy surtout, pour recevoir pension et terre, l'une n'étant pas assez conséquente a son gout, l'autre étant inexistante.


( Du matin jusqu'au bal. )

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Mar Juil 05 2005, 16:44

¤~*~Apres le Bal~*~¤


(le bal)

Chastignac entra dans sa chambre, un peu las de la journée. Il attendait mieux du lendemain. Et oui, il était comme ça, Adrien, un brin optimiste. Si la journée commençait mal, qu'elle continuait mal, mieux valait ne pas chercher les ennuis et se coucher. Le lendemain serait sans nul doute aussi merveilleux que la veille avait été exécrable.

Adrien soupira de soulagement en apercevant le lit vide. Adélaïde était dans ses appartements ou encore a la fête. Tant mieux, ce soir, il n'avait pas envie de causer amour ni de satisfaire les désirs de chair.

Il retira ses bottes, se déshabilla et jeta ses vêtements sur le dossier d'une chaise. Enfilant une chemise légère, il tomba sur son lit avec un rale de contentement. Il s'étira avec un sourire, qu'il se sentait bien a présent !
Sans prendre la peine de se couvrir de couverture, il ferma les yeux.
Comme il l'avait prédit, il s'endormit sur l'heure.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Mer Juil 06 2005, 10:26

Chastignac se réveilla aux premieres heures du jours, alors qu'une faible lueur écarlate envahissait sa chambre....
L'aube.
Adrien se sentait une fraicheur nouvelle ce matin, et ne paressa pas dans ses draps douillets, alors que l'attendaient dehors le gazouillis des moineaux et leur plumage mouillés de rosée, le vent matinal frais et sain de toute lourdeur, et surtout, toutes les nouvelles intrigues du jour, les consequences de celles de la nuit.

Chastignac sauta donc du lit, persuadé d'être un des premiers debout... qu'irait-il faire ? Réveiller Saint-Aignan... ce vieux poete devait être tout habillé dans son lit à rêver de strophes, de rimes et de pieds... Adrien fit la mine dégoutée: il fallait le sortir de ces idées malsaines !
Le comte pouvait parfois être très futile et enfantin, mais apres tout, c'était pour la bonne cause.

Apres s'être habillé et chaussé, il tourna la poignée et s'appreta à sortir. Que ne fut sa surprise de voir Adélaïde de l'autre coté, dans la position de quelqu'un qui frappe à la porte !
La première peur passée, place aux interrogations...
Mlle de Louvais le comprit et répondit naïvement qu'elle désirait juste le voir.
Chastignac sourit, mais il voulait sortir de sa chambre, profiter de la journée, absolument. Adélaïde ne l'avait pas habitué a des visites de si bonne heure.
Il lui prit les deux mains, et l'embrassa sur le front.


-Pardonnez, mais je dois faire une course aujourd'hui....

Ca n'avait pas l'air de convaincre sa maîtresse. Chastignac chercha des éléments plus concrets...

-Un nouveau cheval. J'ai crevé le mien il y a peu.

C'était vrai, et apres tout... pourquoi ne pas faire un tour dans Paris ?
Il donna rendez vous a Mlle de Louvais d'ici deux heures, et s'en fut.


(suite : le quarier commerçant)

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Jeu Juil 07 2005, 06:43

Le comte rentra un peu plus tot que prévu, mais Mlle de Louvais était là. Elle l'attendait patiemment, assise sur un fauteuil, somnolant. Son amant fit le moins de bruit possible en refermant la porte et, s'adossant a celle-ci, il l'observa longuement. Un rayon de soleil venait frapper sa nuque délicate, ses cheveux blonds ondoyaient en cascade vers le sol, recouvrant une partie du fauteuil. Ses bras nus, comme de nacre, pendaient paresseusement, mais ses doigts frôlaient a peine le plancher.
Chastignac sourit. Non d'amour devant la grace toute féminine de sa maîtresse endormie, mais il se plaisait soudain a la comparer a Jeanne Cabellion. Adélaïde était plus belle, avec plus de formes et connaissait toutes les façons de parler, elle avait l'élégance avec elle. Mais Adrien n'avait en vérité jamais eu l'intention de l'épouser. Mais il venait a peine de rencontrer Jeanne... rien de concret n'était encore en place. Il ignorait même si sa fortune en valait le coup. Il resterait avec Mlle de Louvais jusqu'a ce que ça se précise. On verrait bien.

A pas de loup, l'amant s'approcha de la maîtresse, il s'agenouilla devant elle. Il avait devant les yeux son décolleté plongeant, et ce n'était pas pour lui déplaire. Mais apres lui avoir donner un baiser dans le cou, la jeune femme ouvrit les yeux et vit un Chastignac souriant devant elle. N'était-ce pas le plus beau cadeau qu'elle puisse voir a son réveil ? Petite folle....

Elle lui ouvrit ses bras, Adrien la porta jusqu'au lit, tenta de la déshabiller.


-Non, attends, tu vas froisser ma toilette !

Adrien rit de bon coeur. Ca alors c'était trop fort ! Il la laissa se relever, lui, il s'allongea, le regard sur le plafond. Il entendait Adélaïde enlever sa robe avec le plus grand soin.
Lorsqu'elle revint dans le lit, elle ne portait plus qu'une chemise de soie qui laissait entrevoir ses atours.
Elle se donna, Chastignac la prit.
C'était étrange comme les deux amants voyaient différemment le "péché de chair". Mlle de Louvais donnait jusqu'a sa vertu a Chastignac, elle le donnait avec le sourire parce qu'elle l'aimait. Le comte, lui, prenait tout et ne donnait rien, ni respect, ni gratitude. C'était un plaisir parmi d'autres.

Chatignac caressa la joue de sa maîtresse, qui l'observait tendrement. Elle pensait l'avoir contenté dans son amour, alors qu'elle n'avait fait que le rassasier dans son plaisir. Apres un dernier baiser, sans nul autre explication, il se leva, se rajusta et sortit.


( l'entrée de la cour )

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Lun Juil 11 2005, 20:56

Chastignac rentra apres sa rencontre d'avec Méliane et sa cousine. Il en avait completement oublié son projet de ballade équestre.
Il ouvrit la porte, toujours plongé dans ses pensées, lorsqu'un cri lui déchira les tympans, qui lui fit l'effet d'une douche froide: il se "réveilla" aussitot.

Adélaïde se couvrait la poitrine avec une couverture, et le regardait d'un air effaré. Elle était en train de se rhabiller, tous les jupons et froufrous envahissaient la piece, tandis qu'elle avait été interrompue dans l'ajustement du haut de sa robe.

Chastignac éclata d'un rire sonore pendant qu'il fermait la porte. Il s'était attendu à quelque chose de grave, une souris morte, par exemple : c'était bien la chose la plus grave qu'il entrevoyait dans sa chambre...

Il aida a agrafer la robe de Mlle de Louvais, toujours souriant et les yeux pétillants de malice.


"Cessez de rire !"

Lui hurlait-elle sans cesse, en vain. Cela ne faisait qu'aggraver l'euphorie de Chastignac, pour tout dire.

Apres l'avoir embrassée sur l'épaule, Adrien s'assit devant son bureau, soucieux. Il avait un besoin expresse d'argent, toute sa pension ou presque avait été liquidée par cet étalon. De plus, Saint-Aignan l'avait prévenu, il pouvait l'aider à avancer dans le monde, mais pour l'argent, il fallait que son investissement soit rentable. Chastignac n'avait rien fait de "rentable" jusque là, et en était sans doute incapable. Poète, nullement, philosophe, encore moins, mathématicien, économiste, physionomiste, peuh! Voilà ce qu'entendait Saint-Aignan par "rentable" : écrire des pages et des pages de théories ronflantes. Il aurait pu également tenté de peindre... cette pensée seule suffit à le faire éclater de rire. Un rire bien amer, qui ne dura que quelques secondes. Ses soupirs reprirent de plus belle.
Il soupirait encore, réfléchissait toujours, son crâne semblant sur le point d'exploser... tout comme sa compagne, agacée.


"Engage toi au front, bougre d'idiot !"

Osa-t-elle lui sortir enfin.
Chastignac se leva, blessé dans son orgueil. Comment une femme avait-elle le culot de lui donner un conseil, et par-dessus le marché, de l'insulter !?

Il montra la sortie avec son doigt, fulminant de rage, et réussit à articuler, lentement pour ne pas hurler :


-Tu pourras me proposer tes idées quand tu auras tout tenté pour m'empêcher de couler.

Adélaïde restait pantois. Elle s'attendait a tout, sauf a une réaction violente de la part de l'homme qu'elle chérissait. Bien sûr qu'elle avait tout tenté, mais comment avouer a son pere qu'elle avait besoin d'argent pour un amant sans le sou ?

-SORS !

Devant l'inactivité de sa maîtresse, Adrien avait explosé, tout en continuant de désigner la porte avec son doigt. Elle la regarda, se mit a pleurer, à avancer d'un pas, reculer, incapable de comprendre cette violence. Ce n'était pourtant pas si compliqué : Chastignac ne l'aimait pas. Elle se résigna a partir en laissant derriere elle gémissements, sanglots, et porte qui claque.
Adrien mit un temps fou à se calmer et à ramener sa main le long de son corps.

Enfin, il se rassit, soupirant. Il avait surement été trop loin cette fois.


(entrée de la cour)

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Jeanne C
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Mer Aoû 03 2005, 09:18

Jeanne était entrain d'écrire une lettre

Cher Adrien
Cela fait longtemps que je reve de vous revoir. Quand pourrions nous nous rencontrer.
Votre amie Jeanne


Cele ressemblait plus à un mot qu'à autre chose. Mais elle voulait tant le revoir son prince. Cela faisait si longtemps qu'elle ne l'avait point vu. En écrivant ces mots, elle se mit à soupirer. Elle voulait etre auprès de lui. Elle confia le mot à un valet qui l'ammena à Fontainebleau. Elle passa dans plusieurs mains pour finir sous la porte du comte.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Sam Aoû 06 2005, 16:59

Adrien rentra dans sa chambre sans penser a rester silencieux.... il était torse nu, avait froid, un mal de tête horrible l'empêchait de penser, et il se sentait encore tout barbouillé. Pourquoi chercher, dans ces conditions, a respecter le sommeil d'autrui ?

Sa chambre était plongée dans les ténebres, on pouvait partout y lire la pauvreté d'Adrien, aucun candélabre, aucune bougie, seule une fenêtre laissait transparaitre une lueur diaphane lorsque la lune daignait montrer le bout de son nez.

La porte finis de crisser et se ferma complètement en un claquement sec. Chastignac ne trouva pas cependant le silence propice au rétablissement de sa céphalée : on entendait des gémissements, comme des pleurs assez lointain.
Le comte soupira et ne daigna même pas tourner la tête vers l'origine des sanglots. Il avait reconnu la voix d'Adélaïde qui avait du entrer sans grande difficultés, toujours a cause de l'indigence de son ancien amant... aucun valet ne veillait sa porte.
Le seul avantage de ce manque de finance était le désintéressement des voleurs a visiter sa chambre....

Alors qu'Adrien se déshabillait, ce qui était déjà a moitié fait, la marquise se leva en grande pompe et vint se planter devant lui, le visage baigné de larmes et déformé par la colere.
Le comte était nu, mais cela ne sembla gener ni l'un ni l'autre : l'un avait l'esprit trop occupé par une sourde colere contre l'autre, lui-même bien plus ennuyé par les tambours qui lui mitraillaient le crane.


"Sache que j'étais venu pour m'excuser !"

Lança-t-elle sèchement. Elle attendit quelques secondes, se préparant a une marque d'audace du jeune homme. Mais celui-ci ne bougea pas, la regardant sans aucune autre réaction que les clignements de ses yeux fatigués : elle s'en fut en claquant la porte derriere elle. Dans sa main, la lettre de Jeanne se faisait mettre en piece avec hargne.

Le comte était trop fatigué et trop ivre pour être effronté, la seule chose qui l'interessait était de dormir. A une autre occasion, il se serait amusé a jouer les agacés, lui demandant avec culot l'autorisation d'enfiler sa chemise de nuit. Ce qu'il fit finalement sans sa permission, et s'étendit en s'endormant presque immédiatement. Le cirque d'Adélaïde ne l'avait pas le moins du monde ému... il n'avait d'ailleurs rien compris a cette histoire d'excuse manquée, mais apres tout ce n'était qu'une femme.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Mar Aoû 09 2005, 23:44

L'esprit d'Adrien divaguait parmi les doux reves tortueux qui ne présageaient qu'une migraine encore pire que la précédente pour le lendemain.
Tout était noir, sa main pendait négligemment de son lit et ses doigts caressaient le sol au rythme langoureux de sa respiration. Il s'était endormi si vite, qu'il n'avait même pas pris la peine de se glisser sous ses couvertures, mais le froid ne le genait pas depuis le temps qu'il le connaissait : un peu d'alcool suffisait a le réchauffer.

Pourtant ce sommeil si paisible fut troublé par un trait de lumiere, qui l'obligea a ouvrir un instant ses paupieres... le courage lui manquait pour rester éveillé, et il ne chercha même pas a savoir qui venait de pénétrer dans sa chambre sans sa permission.

Aussi légers que furent les pas qui s'approchaient du lit, il firent craquer le parquet... mais aussi bruyant que furent ces craquements dans le silence de la nuit, Chastignac n'y preta même pas attention.

Bientot il entendait une respiration humaine, et puis sentit l'haleine chatouiller son nez, ses levres.... il entendait et ressentait tout, mais ses yeux ne s'ouvraient pas... la fatigue l'avait entièrement pris.

C'est alors qu'une sensation de froid immense dans ses cotes le fit enfin se réveiller : lorsque ses paupieres n'étaient plus closes, c'était pour s'ouvrir béantes de surprise et d'effrois sur la scene qu'il vivait a cet instant.

Il tenta de prendre son souffle, mais c'était impossible, il étouffait : quelque chose lui comprimait la poitrine, et seul un gémissement étouffé sortit a grand peine de sa bouche.

Il comprit finalement, même s'il lui fallut du temps, il compris enfin lorsque la dague que tenait Mlle de Louvois s'extirpa de sa chair, comme l'ultime coup qui achèvera sa vie avant l'heure : la douleur, sans le fer, était a présent libérée... au moins le souffle d'Adrien aussi.

La respiration haletante, le comte n'eut la force de rien dire, a peine s'il ne put passer sa main sur la plaie, sentir le sang chaud couler a flot, comme pour s'assurer que la vie ne l'avait pas quitté.

Il faisait nuit noire, mais parfois un rayon de lune perçait a travers les nuages, et sans doute guidé par la Providence, l'un d'entre eux luit dans la chambre au moment même où Adélaïde levait, terrible, sa main pour frapper encore. Le poignard souillé par le sang de la victime brilla jusqu'au pupilles dilatées d'Adrien, lui annonçant qu'il boirait sa vie avec plaisir... pénétrant ses entrailles de son fer glacé telles les crocs du vampire...

Avec le courage des condamnés, retenant sa respiration, Adrien fit l'effort surhumain de soulever son bras alors qu'il sentait toute sa peau se déchirer par le simple tressaillement de ses doigts : il agrippa ainsi le poignet de son bourreau, sauvant par ce geste sa vie.
Ses doigts trempés de sang glissaient sur la peau laiteuse de la si douce jeune fille qui lui avait tout donné et qui esperait tout reprendre alors. Pourtant, malgré la si faible poigne d'Adrien, l'arme tomba a terre en un cliquetis métallique qui résonna dans les tympans du comte et dans son crâne... si beau, qu'il s'étonna que ce ne fut la voix d'un ange.

Adélaïde avait agis sous le coup de la colère, et en la voyant, horrifiée devant le spectacle sanglant qu'elle avait elle-même crée, on aurait pu penser qu'elle venait de se reveiller d'un mauvais reve pour s'apercevoir qu'il était réalité.

Chastignac avait laché le poignet d'Adélaïde, qu'il ne détestait pas plus qu'avant : tout ce qui importait, c'était sa vie.
Il restait immobile en ne quittant pas des yeux sa blessure, il suffoquait, tordant sa bouche en de disgracieux rictus de douleur pour éviter de tordre son corps entier. Il appliquait ses mains sur l'entaille, sans oser trop appuyer... de peur de souffrir d'autant plus.
Chaque seconde se voyait passée avec plus de sang sur les draps et la chemise, plus de sueurs qui perlaient sur son front et son nez.

Adélaide s'agitait dans tout les sens en hurlant, Adrien ne l'entendait même plus. Enfin, elle se décida a une action rationnelle et sortit en courant chercher du secours.

Adrien n'avait jamais connu un combat : aujourd'hui, il s'était battu contre une horde de brigands, mit en scene un duel contre un mousquetaire et venait de se faire assassiner....

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Jeanne L
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Ven Aoû 12 2005, 00:37

Jeanne avait passé la journée dans le chateau à explorer les petits coins sans pour autant faire sa fouine. Elle n,avais certe pas beausoup d'argent mais Jean lui avait fait découvrir une belle expérience. Elle avait abbandonner l'idée de s'acheter une selle pour sa jument et préféra demeurer dans le chateau pour cette nuit. Elle demanda à une dame la permisiion d'occuper la chambre. La dame accepta en disant qu'elle ne sera présente de toute manière. En entrant la chambre, elle se sentie comme une pricesse, jamias elle n,avait eu autant de luxe. Elle prépara ses petites affaires puis elle oublia qu'elle n,avait pas de robe de nuit. Ceci la gena. Et puis tant pis elle dormira avec sa roble bleue. S'étant levée tot ce matin, ce ne fut pas très difficile de dormir mais pendant la nuit elle eue une envie urgente. Elle se leva et alla à l'extérieur en espérant trouver le bon chemin. C'est alors qu'a cette heure tardive qu'elle vit une femme aux cheveux dorés affolée. Elle semblait être inquiète. La femme se précipita en disant que quekque'un avait essayer de tuer un homme dans sa chambre. Jeanne avait déjà guerrit des animaux mais pas des humains. Cela importait peu, si l'homme était entrain de puérir peu importait la mainère de guérisson. Jeanne prit des bandages qu'elle avait mis dans son petit sac à bagage et alla au fond du couloir où se trouvait la chambre de la femme. À son entrée elle vit un homme allongé très mal au point. Son visage semblait crispé par la douleur. Elle recconut l'homme du poison.Elle espéra qu'il ne la reconnaisse pas, mais dans un moment pareil il ne pouvait pas se soucier de ce détail, de toute facon avec un tel habillement il ne pourra pas la démasquer, du moin pas pendant ce moment. Elle prena le soin de mettre le bandage pendant que la femme affolée nettoyait la plaie avec de l'eau.

Ca doit être vraiment douloureux, ne vous inquiétez pas ca va passer, mais vous risquez de passer un mauvais quart d'heure. Le meilleur moyen pour cicatriser c'est de brûler la plaie mais la douleur va être plus intense.

Jeanne avait vraiment de la pitié pour cet homme en péril car malgré sa pauvreté , elle n'était pas exposer à un tel malheur
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Ven Aoû 12 2005, 16:02

Adrien repoussa en gémissant Jeanne et Adélaïde, il ne voulait pas d'elles, pas d'elle... pas de femme, encore moins celle qui l'avait mis dans cet etat.
Et bien qu'il se débatte comme un chien enragé, on eut dit que la jeune fille possédait force comme courage, et réussi tant bien que mal a lui mettre un bandage sommaire.
sa plaie continuait de saigner, au moins le liquide était-il absorbé par le linge...

Adrien ne croyait pas a sa guérison... la fievre commençait a le prendre, et l'alcool qu'il cuvait n'arrangeait pas les choses.
Il frappait le vide, il sentait comme des milliers de fantômes, d'ombres noires et inquiétantes autour de lui le prendre, s'agenouiller sur son thorax en comprimant sa respiration.... passant leur main froides autour de son cou... et puis serrant, serrant...


-François !

Dit-il dans un sursaut. C'était bien la seule personne qui connaissait tous ses malheurs, c'était bien son seul ami. Bien plus qu'un confesseur, il avait besoin, a lui, de lui avouer des actes passés a conséquences sur l'avenir. Ce qu'il ignorait, c'est qu'il le savait déjà.

Comme un délire, ses mémoires remontaient a la surface... les fievres le prenaient en des litres de sueurs et de sang...
Adrien n'était pas pessimiste de nature, mais n'était pas non plus reveur et idéaliste... il pensait comprendre le danger où il était a présent, mais il refusait tout soin... il avait peur, il se battrait : mais pas avec ces personnes qu'il ne connaissait pas !

Adélaïde et Jeanne lui apparaissaient maintenant comme deux formes effrayantes, aux contours diffus, aux voix caverneuses qui lui comprimaient le crane.


Citation :
Le meilleur moyen pour cicatriser c'est de brûler la plaie mais la douleur va être plus intense.

Cette phrase résonna dans la tête d'Adrien comme on sonne le glas de sa vie : il ouvrit des yeux horrifiés, refusant qu'on le touche, il repoussa une nouvelle fois Jeanne qui s'approchait, cette fois avec une énergie retrouvée, si violente.

Chastignac avait peur, peur de mourir : c'était indéniable. Mais bien plus que cette crainte de l'inconnu, encrée dans l'homme depuis la nuit des temps aussi profondément qu'un gene, Adrien avait peur d'être seul, et il était seul. Contrairement aux idées reçues, les souvenirs, la vie du comte ne repassa pas devant ses yeux : il ne se voyait que lui, lui au présent, lui, seul sur ce lit, en train de perdre son sang : ses rares amis avaient disparus, le laissant aux mains de diables qui voulaient le bruler.

-LAISSEZ MOI !!

Hurla-t-il avec ses dernieres forces : il retomba ensuite sur le lit, amorphe mais conscient, fievreux mais éveillé : pire que de se retrouver seul, il ne voulait pas se faire toucher par les mains fines de vices et de turpitudes de ces créatures de l'enfer....

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Jeanne L
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Dim Aoû 14 2005, 00:32

Jeanne voyait cet homme maintenant faible entrain de se débattre. Elle fut stupéfaite de voir qu'il ne voulait pas d'aide. Comment allait t-il survivre sans médecine? Jeanne l'ignorait mais si elle partait, ses chances de survies seraient minces. Il faudrait absolument cicatriser la plaie mais comment? Il devrait être inconscient. Il ne veut pas de son aide, elle ne veut pas le contrarier. Elle a entendut le nom de Francois. Elle ne connaisait pas ce nom, mais peut etre quelqu'un le connait. Il devait avoir confiance en cet homme et il fallait le retrouver. Mais à une heure aussi tardive, elle doutait que ce Francois viendrait à temps. Elle doit trouver cet homme. Puis elle se demanda pourquoi elle faisait tout ca. Peu lui importait elle ne voulait pas voir quelqu'un mourrir.

Nous allons sortir ne craignez rien nous allons sortir. Je vous demande seulement une dernière chose. Ce Francois savez vous où il se trouve?
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Lun Aoû 15 2005, 22:39

Ce François, vous savez où il se trouve ? Mais qu'est ce qu'il en savait où il se trouvait !! Tel était l'esprit de Chastignac en cette heure : il ne savait même pas s'il avait besoin de quelque chose, et même de François... Il avait en cet instant envie de bouger, de sortir du chateau et de respirer l'air de la nuit, car apres le froid glacial qu'il ressentait, il étouffait a présent, comprimé comme si les murs de sa chambre se refermait sur lui.

Il tentait de se lever de son lit, mais en voyant sa blessure, il tourna de l'oeil... et retomba sur son oreiller encore plus bleme, s'il était possible, qu'avant. Cette fois il ne bougea plus, regardant le plafond les yeux livides d'expressions....
Sa blessure n'était pourtant pas si grave et surtout pas mortelle hormis par perte excessive de sang. En effet le poignard avait glissé sur la cote et n'avait touché aucun organe vital.
Mais Chastignac n'avait jamais été blessé sérieusement de sa vie, et de voir du sang, de voir son propre sang, son corps se vidé de cette substance vitale le faisait trembler...

Adélaïde paniquait complètement, peut-être plus que Chastignac lui-même... elle était pale, a la limite de la pâmoison... elle avait "tué" son amant... elle l'avait tué ! Elle se mis a courir dans toute la piece en hurlant, décidée a faire accourir tout le palais si cela pouvait empecher Adrien de mourir... elle ne pensait même plus aux consequences pour elle : pauvre fille, Chastignac ne la sauverait pas...

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Jeanne L
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Dim Aoû 21 2005, 11:39

Jeanne vit la femme paniquer, pauvre femme, elle devait etre proche de cet homme. Il ne lui avait rien dot, et Jeanne voyait le sang sortir rapidement. Malgré la douleur que l'homme pourrait avoir, elle devait utiliser le dernier moyen. La seule facon de le sauver. Elle regarda tristement l'homme, étant désolé de le quitter sur son lit de mort. Elle ne reviendrait peut être pas à temps mais elle devait tenter quelque chose. Elle sortit donc de la chambre afin qu'aller jusqu'a chez elle. Il lui restait un peu de monnaie a peine pour appeller un cocher.
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Jeanne L
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Ven Aoû 26 2005, 01:33

Jeanne revint quelques instants plus tard avec une épée à la main, le bout orangé dut par la chaleur. Elle avait découvert le feu dans l'entrée, elle avait couru rapidement espérant de pas avoir attirer de regards sur son intension. Elle ne pourrait faire autrement.Lorsqu'elle entra dans la chambre, ce fut un soulagement de voir que l'homme n'était pas éteint. Elle s'approcha de lui.

-Je ne vous veux aucun mal monsieur, je dois seulement accomplir ceci et vous serez rapidement mis sur pied, je vous donne ma parole.

Jeanne réfléchit quelques instants, Que pouvait-il faire de sa parole, il était entrain de mourrir.

Bon, veuillez me pardonnez pour la douleur, ce sera atroce

Elle pris l'épée et l'avanca vers l'homme, elle manquait de courage. Elle devait le faire, un point c'est tout. Elle l'approcha un peu plus près, puis l'épée toucha la chair. Jeanne la retira après quelques instants, puis regarda si elle avait cicatriser la plaie.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Sam Aoû 27 2005, 11:21

[ark je viens de rentrer et Chastignac est tout cramé !!! ]

Adélaïde n'avait rien compris, où partait ainsi cette femme, elle la laissait seule, pourquoi ?
Chastignac, lui, respirait enfin de cette menace qui disparaissait avec Jeanne, il ne bougeait toujours pas, attendant qu'un miracle survienne, peut-être.

La demoiselle de Louvais observait, en nage, la pomme d'Adam de son amant qui tressaillait a un rythme saccadé, témoignant de son état d'agitation. Chaque respiration lui semblait une épreuve, soufflant comme un boeuf qui va charger...
Enfin, apres ce qui lui parut des heures, elle osa s'approcher a petits pas, réfrénant un sanglot sur le malheur qui lui arrivait.
Le comte ne leva pas même un doigt, mais alors qu'elle allait prendre sa main, il n'eut pas le temps de la retirer que la porte s'ouvrit en trombe, révélant la même forme sombre qui lui avait promis de le bruler en enfer.... Adélaïde bondit en arriere, voyant avec effroi l'épée rougeoyante qu'elle tenait...
Chastignac, qui avait espéré un instant que ce fut François derriere cette porte, n'en fut que plus déçu, plus troublé, plus rageant. Le démon se permettait de remettre les pieds ici !

Jeanne approcha lentement, tenant l'arme brulante, fumante, loin devant elle, avec une certaine maladresse. On entendait Adélaïde gémir, puis, apres avoir hurler un "au secours", elle sortit en courant prévenir qui elle pourrait. Le parquet craqua un instant et ses cris retentir dans le couloir, s'étouffant au fur et a mesure qu'elle s'éloignait.

L'épée s'approchait maintenant du visage du comte, réchauffant et brulant presque ses pommettes saillantes, révélant une face convulsée par la colere, la peur et la douleur. Vision d'horreur pour la pauvre Jeanne, de voir ainsi a la lueur rouge du feu de l'arme, des yeux sombres de haine, d'où coulaient des larmes de rage, se mêlant finalement aux sillons de sueur... Une machoire serrée par l'envie de mordre et des froncements de sourcils creusaient ses joues et son front de milles saillis explicites...
La paysanne recula l'épée, surement surprise de cette drole de marque de reconnaissance qu'elle attendait peut-être.

Adrien n'avait pas la force de lutter, et esperait que ce pas en arriere en amènerait bien d'autres, mais a son grand désespoir, Jeanne reprit courage et approcha le fer de la plaie avec une détermination que le blessé n'aurait pas imaginer.

Un hurlement déchira la nuit, un cri rauque qui fit frissonner jusqu'au loup garou de la plaine. On sentait une souffrance ineffable dans ces ondes invisibles qui firent vibrer jusqu'a mes propres tympans. Un supplice ardent que les plus braves taisent de peur de trembler.
Tout était allé si vite qu'il n'avait rien vu venir, pourtant Jeanne n'eut pas le temps d'appuyer franchement sur la chair qu'elle se retrouva a terre ainsi que son épée... Chastignac, avec l'énergie du condamné et l'excuse de la douleur, avait osé frapper sur une femme, et n'avait pas vraiment chercher a atténuer son coup : un poing fermé heurta soudain sa joue dans un bruit mat, apportant surement a la jeune fille qui ne voulait que l'aider le noir complet : elle vola jusqu'a atterrir sur le parquet un peu plus loin.

Qu'il lui ait fait mal, que lui importait ? A présent Adrien se tenait assis, regardant sa blessure non nettoyée qui saignait maintenant encore plus. Il retira en gémissant de peur et de douleur le bandage qui commencait a prendre feu, quoique mouillé de sang et peut-être plus encore de sueur.
Il l'envoya au loin, retombant mollement près de Jeanne, finissant de se consumer.

Un pâle rayon de lune éclaira la scene pitoyable que je viens de raconter, et plus particulièrement, comme d'un signe, le corps rutilant d'Adrien, rutilant par cette lueur incertaine, ce vague espoir, la sueur de son torse, gladiateur huilé avant un combat.

Il observait sa plaie, complètement agité, prit certainement d'une folie, de la démence... ses doigts la touchaient, la caressaient a peine, mus par la peur d'être mort et retenu par celle de souffrir encore plus. Le liquide chaud et sombre, encre de mort, trempait le bout de ses doigts timides, signe que la vie coulait encore dans ses veines.
Vouté, pleurnichant, tremblant, en eau, presque nu, le comte n'était déjà plus un être humain... il se sentait déjà mort, ou peut-être l'aurait-il mieux valu.

Lorsque la lumiere craintive, mais salvatrice d'une bougie pénétra dans cet univers d'un noir persistant : Adrien se rejeta en arriere, retombant allongé sur ses draps souillés. Il aurait surement voulu sourire, mais seul le crispement de ses yeux et de sa machoire se délia un peu, on aurait dit qu'il voyait un ange, un miracle, peut-être...

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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Sam Aoû 27 2005, 12:28

Saint-Aignan avait croisé dans les couloirs une Adélaïde agitée, que dis-je, enfiévrée, hurlant, gémissant, pleurant, rien de ce qu'elle disait n'était compréhensible.
Elle passa tout d'abord devant lui sans le reconnaitre, continuant a courir, puis, s'apercevant peut-être qui elle venait de croiser, elle fit demi tour sans s' arrêter un instant, et vint pleurer dans les bras de François.

Le comte n'était pas particulierement ami avec cette femme, mais sa puissante famille était connue par tous, et en qualité de premier gentilhomme, il leur rendait souvent visite.

La vue de cette jeune femme en robe de chambre, troublée par on ne sait quel délire, qui se jetait dans ses bras, l'ému a un point tel qu'il ne sut quoi dire d'abord.

Enfin, reprenant ses esprits, il la repoussa un peu, la tint par les épaules et l'obligea a le regarder dans les yeux... ce qu'elle ne fit pas, les fermant pour empêcher en vain de grosses larmes de couler, sa tête tombant en arrière comme si son cou ne la retenait plus.


-Que se passe-t-il ?

Saint-Aignan était tres patient, et d'un naturel calme : il se refusa de brusquer la jeune femme, quoiqu'un sentiment de mauvaise augure le prenait au plus profond de ses entrailles. En effet, que se passait-il ?

Entre deux sanglots, la jeune fille s'essaya a parler en un langage que François pouvait entendre :


"mort... tué... je l'ai tué !"

Elle indiqua du doigt la direction de l'aile où se trouvait la chambre de Chastignac, pourtant François était a cent lieues de comprendre vraiment : il pensait qu'Adélaïde était terrassée par quelque fièvre.

Compatissant comme il le pouvait le plus, le comte la pris dans ses bras, esperant qu'elle puisse ainsi pleurer de tout son soul au creux de son épaule, se calmer enfin et retourner se coucher. Il préviendrait alors si nécessaire son chirurgien.

Pourtant Adélaïde le repoussa avec une violence qu'il n'aurait pas imaginé venant d'une si frele jeune fille.


"Vous ne comprenez pas !"

Hurla-t-elle, retrouvant soudain sa faculté de parole. Elle se prit la tête en gémissant, agrippant sa tignasse désordonnée, comme pour s'arracher les cheveux. A ce moment là, le comte se demandait si quelque démon ne contrôlait pas l'esprit de la future marquise.

"Adrien ! Il est mort !"

François recula de surprise devant cette révélation. Bien sûr que non, il n'était pas mort, se répétait-il sans cesse, ce n'était qu'un délire dû a la fièvre, rien de plus.
Alors un détail attira son attention : un pan de la robe d'Adélaïde était rouge... du sang...

Durant une seconde le gentilhomme se sentit défaillir, durant une seconde seulement il perdit son sang froid. Puis, s'essuyant le front avec son mouchoir, il pris le bras de la jeune fille, l'air grave, lui demandant en détachant ses mots :


-Etes vous sûre ?

Pour toute réponse, la demoiselle éclata de nouveau en sanglots, mais ce n'était plus le sanglots fievreux et incontrolable de leur rencontre, les larmes coulaient de dépit, de désespoir...

"il faut l'aider..."

François n'acquiesça même pas et courut a la recherche de son chirurgien, entrainant a sa suite la pauvre marquise... finalement, l'ayant trouvée, il se dirigèrent tous trois vers la chambre insalubre du blessé. François avait prévu une bougie, sachant l'appartement d'Adrien non éclairé.

Il sentit son coeur se serrer lorsque la porte qu'il poussait grinça, et un "Oh" de surprise et d'effroi s'échappa de sa gorge lorsqu'il contempla le spectacle qui s'offrait a ses yeux : une femme, une épée rougeoyante et du linge sur le sol, Adrien geignant sur son lit. Ses draps étaient sombres vers le torse, ainsi que sa peau, et lorsqu'il s'approcha avec la bougie, le liquide brilla, dévoilant la vrai nature de cette ombre.

François restait coi de surprise, mais gardait son calme, Adélaïde, qu'il avait réussi a sortir de son délire, s'occupa de la jeune femme a terre.
Il enjamba l'épée de feu et posa sa lampe tout pres du lit d'Adrien, lui permettant de voir son visage.

Il semblait heureux de le voir, pauvre diable, sa plaie saignait abondamment, mais Saint-Aignan ne s'y connaissait en rien en medecine.


-Chastignac ?

Ce mot sembla réveiller l'interessé, qui s'appuya avec une grimace sur son coude. Il était livide a en faire peur.

Le medecin s'approchait a son tour, et François fit mine de se retirer, lorsqu'il se sentit retenir par son bras. Il se retourna de nouveau, pour voir la face pitoyable de son ami.


"Ne me laisse pas"

Cette phrase était a la fois déplorable et touchante, mais François ne savait pas guérir les plaies.

-C'est un tres bon medecin.

Chastignac l'obligea a se pencher en tirant, et finalement, le serra dans ses bras avec une vive énergie que l'on ressentait comme de la panique. Il agrippait la chemise de son ami dans son dos, la gatant avec son sang.

"Il faut que je te dise... il faut que"

Il parlait avec peine, déglutissant sans cesse, et François le coupa en se détachant de son étreinte.

-Je sais tout.

Il laissa un court silence où Chastignac pleura de remord surement, de douleur assurément, de crainte surtout : il tenait toujours les bras de François.

-Et je te pardonne.

Cette fois il se détacha complètement du blessé, et s'en fut dans le couloir. Il était soulagé, mais ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être le fait d'avoir apporté sa clémence a Adrien ? Surement, oui. La nature généreuse du comte avait repris le dessus, et il se sentait mieux ainsi. La vengeance avait surtout été une corvée, il s'était senti mal a l'aise... mais a présent tout redevenait normal.

Une heure plus tard, peut-être, le medecin vint a sa rencontre.


"Il est hors de danger, la blessure n'était pas vraiment profonde, mais la perte de sang lui vaudra quelques semaine de repos. Je lui ai fait un bandage et nettoyé la plaie. Quelqu'un avait essayé de la cautériser, surement la fille, mais sans succès, et surtout sans la laver avant... c'était une erreur. Enfin..."

François ne fit rien voir de son soulagement, restant impassible devant une si bonne nouvelle, comme écoutant les paroles débitées par l'homme de science plutot bavard.
Lorsqu'enfin il termina son discours, il laissa un silence s'installer, le visage grave. Il n'avait pourtant pas finis :i l lui présenta un court poignard sanguinolent qu'il avait entouré d'un mouchoir.


"l'arme"

Dit-il seulement, en la laissant aux mains du comte.

( chambre de Saint-Aignan )
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Jeu Sep 01 2005, 09:26

~~Le Lendemain~~


L'amitié l'avait donc emporté sur le devoir... François entrait dans la chambre de Chastignac afin de comprendre l'histoire, et ensuite seulement, en parlerait au Roy.
Il poussa doucement la porte, dodelinant presque de la tête, encore trop épuisé de sa nuit.

Il fut agréablement surpris de découvrir la chambre de son protéger en plein jour. Tout avait été nettoyé, Jeanne emmenée, Adélaïde retournée a ses appartements. Il ne restait qu'Adrien, tout éveillé, qui, comme par habitude, observait le plafond avec lassitude. On voyait que son bandage était nouvellement fait, mais une tache sombre apparaissait déjà.

Ce fut heureux pour le premier gentilhomme qu'il ne fut endormi, il n'aurait pas eu le courage de le rappeler du pays des rêves alors que lui-même avait veillé toute la nuit.


-Bonjour.

Adrien ne se retourna qu'a ce mot, bien que François n'ait pas marché le plus silencieusement du monde. Le jeune homme le regardait l'air fiévreux, et un sourire sincère jurait sur ce visage livide et mouillé, sur ce visage naguère si beau.

"J'avais cru que c'était quelque démon qui venait me tourmenter"

Saint-Aignan cherchait une chaise des yeux, et ne daigna pas même tourner la tête lorsqu'il parla. Il était plutot excédé de cet air pitoyable de chien battu que prenait Adrien. Il se mettait a présent a parler comme lui... où était donc passé ce gentilhomme courageux et inconscient qu'il avait connu ?

Il remarqua enfin un tabouret et marcha pour se l'approprier.


-Ne me dites pas que vous êtes devenu dévot.

Il s'assit sur le siège improvisé a la place qu'aurait occupé une table de chevet. Par le vouvoiement de sa dernière phrase, il indiquait que sa visite ne tenait en rien de la courtoisie.... Chatignac allait d'ailleurs répliquer, mais il ne lui en laissa pas le temps.

-Ce trait est réservé aux hommes vieux et aux petites vierges.

L'alité ne sut que répondre et faillit rire de s'être ainsi fait clouer le bec, pourtant seul un fin sourire creusa ses pommettes, comme si rire était au dessus de ses forces.

-Allons, par ce mot et par un soupir commençait le discours éloquent de Saint-Aignan. Il appuyait ses mains sur ses cuisses, dans une position peu convenable a l'étiquette. Mais là, il n'y avait rien a voir. Vous allez m'expliquer, tres clairement, a qui appartient ce couteau.

Il accompagna le geste a la parole, sortant d'une de ses poches le poignard donné par le medecin la veille.

Adrien dénonça froidement Adélaïde, sans aucune sentiment de pitié pour la pauvre fille. Il n'ajouta rien, aucun détail qui pu atténuer la culpabilité de la marquise, rien, a part "Mlle de Louvais".

Saint-Aignan ne se découragea pas.

-Et qui tenait ce couteau lorsqu'il vous a troué la peau ?

"Mlle de Louvais"

François commençait réellement a s'énerver. Pourquoi Chastignac s'obstinait-il ainsi a accuser la fille d'une des familles les plus puissantes de France ? N'avait-il donc pas compris ? Et même a lui, a lui, son protecteur, lui qui se compromettait aupres du Roy en allant le voir en premier, il restait aussi froid et obstiné !
François se leva, irrité. Il n'avait pu repousser le tabouret en grand bruit comme il l'aurait voulu, montrant son exaspération, a cause de ses rhumatismes qu'il sentait d'autant plus ce matin.


-Espèce d'idiot ! J'espère que tu ne vas pas tenir ce discours devant les autres juges qui ne seront pas aussi sympathiques que moi ! Cette accusation, c'est ta perte ! Ils préfèreront cent fois trouver le cadavre d'un jeune impertinent dans les corridors de Fontainebleau que de voir cette fille monter sur l'échafaud !

François se rassit, ou plutot se laissa tomber sur le tabouret, reprenant son souffle, le visage dans ses mains. Chastignac était on ne peut plus surpris de cette soudaine agitation qu'il n'avait pas prévu. Il ne répliqua rien.

-D'ailleurs, cela m'étonnerais, même si tu gagnais ce proces, qu'elle soit décapitée... un noble de son rang n'a cet "honneur" de mourir en public que s'il a déplu a son Roy.

François pensait tout haut... mais au fond il réfléchissait a toutes les possibilités de fin de cette histoire.

-De plus, je ne pourrais pas te soutenir officiellement... je suis trop haut placé. Et les évènements sont contre toi. Sombre crétin... (il faut juger de la gravité de la situation... insulter ainsi quelqu'un n'était pas vraiment dans les habitudes de François) Tu avais besoin de te faire tant remarquer ces temps ci ?

Chastignac restait muet, ce qui avait le don d'agacer d'autant plus le comte.

-Allons, parle !!

"Elle a tenté de me tuer, je veux qu'elle meurt..."

-Tu ne comprends pas que le simple fait de demander sa mort signe la tienne ? Tu la déshonores par le simple fait de l'accuser, et l'honneur, chez le marquis de Louvais, c'est une religion !

Saint-Aignan se leva, il en avait assez entendu. Dans son propre état, il savait qu'il ne pourrait faire changer d'avis Chastignac. Apres cette nuit sans sommeil, tout s'embrouillait dans sa tête, et que son protéger ne veuille l'aider lui donnait la terrible envie de lui cracher au visage.

-Je vais visiter le Roy.

Ce furent les seuls mots qu'ils prononça avant de claquer la porte derriere lui. Il s'aperçut soudain de son erreur, et jeta des regards de droite et de gauche, puis soupira de soulagement, personne ne l'avait remarqué. Il fallait absolument que le Roy croie qu'il avait l'exclusivité.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Jeu Sep 01 2005, 16:18

Chastignac s'était laissé faire avec peine par le médecin. Si François ne lui avait assuré de sa compétence, il l'aurait étrangler avant qu'il ne le touche. Il ne supportait pas les hommes de science encore moins que les poètes, ces hommes qui touchent a la vie d'autrui en se disant supérieurs...

Enfin, il était un peu trop faible et un peu trop paniqué pour tenter quelque résistance de toute façon... et apparemment le médecin lui fit plus de bien que de mal, chose rare, pensa-t-il. Il faudra le payer avec générosité... encore faudrait-il avoir de l'argent.

Enfin, il partit, a la suite d'Adélaïde et de Jeanne. Chastignac s'était endormi.
Il se réveilla a l'aube, mais n'osa bouger, regardant le plafond d'un oeil hagard.

Il remarqua l'entrée de quelqu'un dans la chambre, et devina Saint-Aignan. Il ne tourna pourtant pas la tête avant qu'il lui ai adressé la parole, exagérant son état a ses yeux. Il s'amusait a rester hypocrite jusque dans son état et avec son ami. Il voulait s'amuser un peu avant de reprendre les choses sérieuses, et la perte de sang faisait un peu le même effet que l'alcool. Dans une situation pareil, un intervenant extérieur serait loin de vouloir s'amuser.

Ainsi il sortit une phrase qui ne lui allait d'ordinaire pas du tout, un peu poete, un peu dévote :


-J'avais cru que c'était quelque démon qui venait me tourmenter.

Mais François en parut plus impatienté qu'autre chose. Il lui lança une répartie du tac au tac qui le dissuada finalement de continuer son jeu.
Il ne voulut quand même pas s'abaisser a rire, et fit comme si ce mouvement l'aurait trop fait souffrir.

Cependant on voyait tres nettement que François ne faisait pas une visite amical avec le ton solennel qu'il employait. Chastignac compris tres vite que c'était un interrogatoire privé.

Adrien fit la grimace a l'évocation d'Adélaïde. Son mépris pour les femmes, son mépris encore plus profond pour celles qui étaient tombés dans ses bras, montrant la faiblesse de leur sexe, ajouté a l'acte de pure jalousie d'Adélaïde le dégoutait de cette jeune fille. Il la haïssait a présent, mais paradoxalement, pas plus qu'avant sa scène de la veille, lorsqu'elle l'avait attendu dans son fauteuil dans le noir. Elle ne méritait pas plus que son dédain, et jamais il ne pourrait avoir de compassion pour elle.
Il se fichait des conséquences, il n'allait pas mentir pour la sauver. Peu importait ce qu'il lui arriverait a elle comme a lui, il lui montrerait ainsi toute l'arrogance dont il était capable, qu'il se fichait de son sort.

Mais alors François lui fit la morale, lui parlant de malheurs a venir pour lui s'il réitérait cette accusation. Il parlait de l'échafaud pour la jeune Adélaïde. A ce moment, Chastignac était assez surpris. Risquait-elle vraiment la mort ? Puis il se reprocha vivement ce moment de faiblesse. Et bien soit ! Qu'elle meurt ! Elle l'a bien cherché apres tout. Il n'allait pas accuser de s'être planté lui-même ce couteau dans son coté pour simplement faire plaisir a monsieur le marquis.

Mais François n'en restait pas là. Il voulait une explication sur cette obstination. Il voulait savoir la raison valable ou non, qui l'empêchait de rétracter son accusation. Chastignac devait trouver une excuse, il parla de vengeance.


-Elle a tenté de me tuer, je veux qu'elle meurt...

Cela n'avait rien a voir. Il ne voulait pas forcément qu'elle meurt, et pas parce qu'elle avait tenté de le tuer. Ce qu'il voulait, s'était montrer a cette femme qu'il se désintéressait a présent de son sort. Qu'elle périsse ! Adieu ! Il sera débarrassé d'elle et de ses scènes de ménage ridicules !

Son protecteur en sembla furieux, comme s'il ne comprenait pas le danger dans lequel il s'engouffrait. Peut-être... mais peut-être aussi qu'Adrien le savait... et il trouva bien énervant le fait que François s'inquiète plus pour sa vie que lui-même, mais encore qu'il lui fasse la morale était le comble. Nul besoin d'ajouter l'amertume mêlée pourtant d'une pointe de soulagement que provoqua son départ précipité... Il était de nouveau seul, avec pour unique distraction la vue de son plafond.



(Un malheureux dans la cour)

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Jeu Sep 29 2005, 21:07

Adrien poussait finalement, apres plusieurs heures d'errance dans le château, la porte de sa chambre... c'était bien le seul lieu de référence, c'était là qu'était entreposé tout ce qu'il possédait, et il ne pouvait penser être en sécurité, bien que se soit le lieu le plus évident pour le trouver, ailleurs que dans sa piaule.

La porte couina, et soudain Chastignac pénétra dans un autre monde. C'était sombre, glacial, le comte frissonna et bougea les épaules en un spasme incontrôlable.... l'atmosphère était réellement lugubre, d'autant plus lorsque la porte se referma en un claquement sec derriere le gentilhomme, qui regardait ce lieu mi-angoissé, mi-amusé. Seul quelques rayons de lune filtrait a travers le rideau, laissant entrevoir les formes des objets de la pièce... une chaise renversée, des draps défaits... un parquet qui craque, une fenêtre qui vente.

A tâtons, Adrien trouva la lampe et consomma sans regret les derniers restes de son huile. En aurait-il encore besoin demain ?

La faible lueur estompait, tel de l'espoir, cet air sombre de la chambre de Chastignac, mais pas celui de son coeur.

Il s'assit lourdement sur la chaise qu'il avait relevé, et s'accouda a son bureau. La lampe était posée pres de la fenetre, sur ce même bureau, et la flamme semblait mourir a chaque instant du vent qui passait par les embrasures de la fenetre.

Il baissait la tête, ses longs cheveux ondulés devant les yeux empechaient la lumiere d'éclairer ce visage autrefois tant apprécié de la gent féminine.


Qu'allait-il faire maintenant ?

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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Ven Sep 30 2005, 18:39

On frappa a la porte trois coups assez bas pour paraitre discrets, assez rudes pour sembler virils, aussi Chastignac en déduit-il que ce ne pouvait être Adélaïde, et se leva pour ouvrir.

Les coups résonnaient encore dans la tête d'Adrien lorsqu'il posa sa main sur la poignée... ils l'avaient sortis de ses songes, quoiqu'une brume flottait encore dans son esprit embrouillé, et, observant avec ses yeux a présent habitués a la pénombre sa chambre, il tourna la poignée et tira la porte, qui, sans surprise, grinça sinistrement...

Etonnement, quoique... Adrien n'était plus surpris de rien, ce fut a d'Eperneau qu'il ouvrit le passage et celui-ci se retrouva a jauger sa mansarde avant qu'il eut pu dire "ouf".

Le comte referma la porte et s'adossa a celle-ci, observant, le regard désintéressé, le dos du futur d'Adélaïde, qui une main sur la hanche, paraissait se gausser silencieusement de la pauvreté de la décoration... Sans même se retourner, il osa même une remarque :


"Tu décores aussi bien que tu ne t'habilles"

Du tac au tac, sans même avoir été offensé, plus par orgueil donc, Chastignac répondit, toujours adossé avec désinvolture contre la porte :

-C'est dans cette mansarde que je t'ai rendu cocu...
C'est vrai qu'on a pas vraiment besoin de soieries si c'est pour les oter ensuite...

D'Eprneau se retourna, l'écume a la bouche.. il n'attendait que cela, d'être provoqué, et s'approcha a grands pas d'Adrien, les poings fermés... pour le lui décrocher la machoire avec.

Sans même s'en rendre compte, le blessé se retrouvait donc a terre, le nez en sang, une coupure a la lèvre. Il souffla pour retirer ses cheveux en bataille et posa une main a plat sur le sol pour se relever. Mais D'Eperneau n'avait pas finis... frustré de n'avoir pas le loisir de le tuer, il aurait au moins le droit de le battre. Ce qu'il fit allègrement, s'amusant a marteler le plus fort possible de coups de pied le ventre de Chastignac qu'il savait blessé.

Chastignac ne bougeait pas, choqué mais surtout le souffle coupé... la douleur ne se ressentait pas immédiatement apres le coup, mais venait, d'autant plus vive qu'elle s'était fait attendre, inéluctablement... Enfin un liquide chaud se répandit sur sa chemise... la plaie avait été réouverte, et le bandage ne suffisait plus.

Adrien ne perdit pas connaissance, il aurait pourtant si bien préféré cela ! Il resta allongé, dans la position du foetus jusqu'a ce qu'Eperneau ai finis son jeu et s'en aille enfin, léger, comme débarrassé d'un mal, d'une envie irrésistible qui le rongeait.

Il soupira et s'allongea sur le dos, les bras en croix comme un christ dans son dernier souffle... la sueur collait ses cheveux sur son visage et le parquet... sa chemise mouillée...

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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Mar Oct 04 2005, 05:10

C'est en se relevant qu'Adrien remarqua quelque chose de plutot inhabituel dans sa chambre...

Il avait posé sa main a plat sur le sol afin de la prendre pour appui... en s'asseyant, quelque chose de petit et de blanc avait glissé de ses doigts... allons bon, un papier ! Ici, dans une chambre ou tout ce qui était paperasse était banni ?
Il le prit sans grande conviction, ce pouvait appartenir a d'Eperneau, ou tout simplement être un ancien billet d'amour d'Adélaïde... cette fille avait eu la manie désagréable de lui écrire les jours où elle ne le voyait pas : il avait une boite pleine de ses lettres parfumées.
Il était plié en deux, et lorsqu'il l'ouvrit, il comprit qu'il avait fait fausse route dans les deux cas.

Il faisait sombre, mais le mot lui était bien adressé, et était bien trop court pour être un billet doux.

Aussi s'approcha-t-il en se glissant sur le sol de la lumiere mourante de la lampe...

"A onze heure, un cheval vous attend"

C'était l'écriture de Saint-Aignan. Il n'avait pourtant pas signé... Adrien comprit et jeta la lettre dans la flammèche qui lui servait autant de lumiere que de chauffage... elle brula a moitié, mais la moitié écrite.

Ainsi donc, il partirai ? C'était ça la solution pour survivre ? Il passa une main sur ses cotes et sentit sa chemise humide... d'un drole de liquide qu'il avait appris a connaitre il y a peu. D'Eperneau avait commis une erreur, et Adrien était sûr a présent qu'on complotait contre lui.
En un autre temps, en un autre lieu, il pourrait en être fier : enfin il prenait assez d'importance aux yeux du Roy ! Quelle ironie...

Chastignac se laissa tomber sur sa chaise, prit la moitié du papier non calciné et une plume qui trainait... une lettre de Saint-Aignan se voyait encore, il la raya le plus soigneusement possible... et écrivit ces quelques mots destinés non pas a François, mais a Guiche seul.

"Je pars, je ne sais encore où. Ma décision est prise monsieur Armand, la vie de château n'est pas faite pour moi."

Pourquoi adresser ces derniers mots a un homme qu'il connaissait a peine ? Adrien n'en savait rien lui même, c'était pourtant enfantin : Guiche était l'étranger qu'il avait semblé toujours connaitre, toujours comprendre... et pourtant c'était stupide. Il était malade d'amour, lui... comment pouvait-il monter dans l'estime de Chastignac ? Surement aussi parce qu'il l'avait défendu..c'était cela, oui. Guiche avait été là, et sans poser de questions, avait mis la main a son épée pour le défendre. Jamais, au grand jamais, Saint-Aignan n'aurait fait ça pour lui.

D'un autre coté, le plus utile serait le cheval et non pas le coup d'épée inexistant. Mais Adrien n'en avait cure, un peu ingrat, un peu passionné, Armand avait déjà la place d'un ami... celle qu'avait déjà occupé François.

Finalement, Adrien raya son message et le brûla entièrement. Il aurait pu compromettre son nouvel ami, et cela avec un simple papier. Il aurait aussi donner sa trace a ses assassins... Comment avait-il pu croire un instant que le comte serait le premier a entrer ici apres son départ ?

Son départ, justement ! Quelle heure était-il ? Dix heures avait déjà sonné au clocher de l'église il y a quelques temps....

Avec un calme remarquable, Adrien se leva de sa chaise et s'approcha de son armoire. Qu'avait-il a emporter ? Vite... le temps pressait !

Il l'ouvrit doucement, refusant, ou n'ayant pas le pouvoir matériel, de ceder a la panique. L'armoire grinça, comme la porte il y avait peu, et Adrien ne put réprimer un coup d'oeil vers celle-ci. Mais il devait partir !

Un sac de toile... remplis par quelques vêtement qui ne lui suffiraient pas la journée a la cour, mais dans Paris, on était pas obligé de se changer quatre fois par jour. Il n'avait plus de chemise totalement propre, du moins ni tachée, ni trouée; la derniere se maculait de sang a l'instant même. Aussi ne manqua-t-il pas d'ajouter deux pourpoints encore vierge de tache.

C'était tout; il ferma le sac a l'aide d'une corde, pris sa rapiere et se dirigea lentement vers la porte... puis se ravisa. Pourquoi ne pas gater ses draps alors qu'il ne s'en servirais plus ?
Ainsi s'approcha-t-il de son lit et déchira son drap blanc; et fin: certes c'était plus facile a déchirer, mais l'hivers c'était assez incommode.

Les bandes grossièrement découpées lui servirent alors à remplacer son bandage, quoique ce fut sommaire. Assis sur son lit, il avait pourtant conscience du temps qui s'écoulait... trop vite, il était trop lent ! Le premier coup de onze heure sonna alors qu'il finissait juste d'attacher son bandage propre...
La sueur commençait a monter a son front... il laissa sa chemise pleine de sang pour en enfiler vite fait une autre, elle aussi avec du sang, mais juste a l'épaule, et séché, au moins.

Mais il lui fallait sa cape ! Ou était-elle celle-là ? C'était vrai qu'il ne l'utilisait pas tous les quatre matins...

le quatrieme coups venait de sonner..

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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Jeu Oct 06 2005, 04:38

Ce fut exactement ce moment que choisi Besméatix pour cogner à la porte du Comte de Chastignac. Accompagné du Mousquetaire Châteaubriand, Besméatix venait recueillir des renseignements concernant la fameuse histoire de poison dont lui avait parlé le jeune mousquetaire, ainsi que des évènements ayant précédés les attaques dans les bois. Plusieurs secondes s'écoulèrent. Finalement, Besméatix se tourna vers son collègue :

- Vous êtes sûr, mon cher ami, que ce Comte de Champignac sera disposé à nous recevoir?

Sans attendre la réponse de son ami, il cogna de nouveau à la porte, avant de finalement élever le ton afin de se faire entendre de l'occupant de la pièce.

- Monsieur de Chastignon? Monsieur de Chastignon? Nous sommes Messieurs Besméatix et Châteaubriand, Mousquetaires de profession, et il serait impératif que nous vous parlions.
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Jeu Oct 06 2005, 17:36

Adrien avait enfin trouvé sa cape et l'avait enfilée sans tarder, grimaçant légèrement du tiraillement de sa blessure. Bien sûr, il avait bouclé sa rapière, chose qui lui arrivait tres peu d'ordinaire... mais depuis quelques temps, elle lui était devenue indispensable.

Ainsi les cloches s'étaient tuent. Onze heure avait passé... Il était en retard, et encore fallait-il trouver le cheval ! Où était-il ? Devant l'écurie ? Derriere le chateau ? Surement pas a l'entrée...
Comment Saint-Aignan avait-il pu omettre ce détail ? Tout s'embrouillait dans la tête de Chastignac, et il en vint même a se demander si on l'attendait bien a onze heure...

Comme si la providence avait choisi de rentrer dans son camps, il lui sembla entendre un hennissement résonner au dehors... Adrien se précipita en boitillant vers sa fenetre et l'ouvrit en grand, elle donnait sur l'arriere du chateau. Se penchant a se faire mal, la bise glacial faisant rosir ses joues et éteindre sa bougie soudain, il cherchait des yeux une ombre plus sombre encore que la nuit; cachée sous la brume...

Et en effet, sous ce voile blanc, fantomatique, il entendit un sabot claquer sur les pavés, un nouvel hennissement fit écho dans cet univers silencieux...

Il fallait y aller maintenant !

Sans même prêter attention a la fenêtre qu'il laissa grande ouverte, il chercha a taton son chapeau sur le bureau et le mit immédiatement, se dirigeant d'un pas claudiquant mais assuré vers la porte... qu'il ouvrit en grand.

Son élan l'empêcha de stopper a temps devant deux hommes en tenue de mousquetaire qui semblaient l'attendre de pied ferme et percuta violemment le plus vieux des deux. Adrien réprima un rictus de douleur et réfléchit a toute vitesse : s'arrêter pour s'excuser et répondre a leurs questions revenait a du suicide, peut-être venaient-ils même le mettre aux arrêts... il fallait partir, sans se retourner. Peut-être que sous le coup de la surprise, ils n'arriveraient pas même a rattraper un blessé.

Son sac sur le dos, son chapeau sur les yeux, il s'enfonça dans le couloir sombre aussi vite qu'il pu sans donner seul coup d'oeil en arrière, ses éperons battant le sol d'un façon la plus irrégulière qui soit ... il fallait absolument rattraper cette monture avant qu'elle ne soit repérée et il serait libre. Mais le temps lui était compté... tic tac tic tac... une horloge semblait s'être installée dans son cerveau...

Chaque instants il prêtait oreille au silence angoissant derriere lui : les mousquetaires le suivraient-il ? Il ne les avait pas entendu arrivé, trop agité qu'il était
....

( http://1663.forumactif.com/viewtopic.forum?p=6956#6956 )

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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Ven Oct 07 2005, 15:18

En arrivant devant l'appartement du comte de Chastignac, Armand trouva deux mousquetaires qui semblaient être désapointés. La porte était grande ouvert. De Guiche hasarda un regard à l'intérieur et comme il s'en doutait, il n'y avait personne dedans.
De Chastignac était déjà parti. Brusquement il se rappella de l'homme qu'il a vu, de sa chambre, courrant vers les écuries. C'était lui !
Il comprit tout, ou du moins crut comprendre : emmené de force par deux gentilshommes, un entretien avec le roi, les mousquetaires, les tâches de sang...
Les taches de sang?! En enumerant à la vitesse de la lumière tous les faits ses yeux se poserent sur le sol où il vit une grande flaque de sang seché. La lumière dégagée par les chandelles lui permit de remarquer cela. Des tâches de sang...Il y avait là soit accident, soit assassinat, soit bagarre...A moins que de Chastignac n'était qu'un sadique? Mais non, cette dernière hypothèse était à écarter.
Poussé par un mouvement de curiosité mélé à l'inquiétude, il entra dans la chambre en bousculant un petit peu les deux mousquetaires (il faut préciser que tout cela se passa en une seconde gros maximum ! L'homme a des reactions surprenantes lorsqu'il s'agit de quelque chose d'une grande importance pour lui, et en plus de cela, quand il sait que cette grande importance court un danger, il persevere encore plus !). Il était entré donc dans la chambre de Chastignac. Les draps étaient déchirés et on vit des vetêments traîner dont une chemise qui attira son attention : elle était toute rouge d'un côté et blanche de l'autre. Il suposa que le coup porté lors de la bagare, car bagare il y avait, était porté là.
Mille et une idée se bousculaient dans la tête de de Guiche. Il s'assit sur une chaise comme s'il ne pouvait suporter le poids de toutes ces pensées.
(Notons encore une fois que cela se passa encore une fois en une seconde).
Puis il se tourna vers les mousquetaires et leur demanda d'une voix légérement tremblante


-Que s'est-il passé messieurs?
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Besméatix
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MessageSujet: Re: L'appartement du comte de Chastignac   Ven Oct 07 2005, 19:40

Besméatix reprenait à peine ses esprits suite à la fuite rapide du Comte de Chastignac qu'il se faisait bousculer une seconde fois par un autre homme, inconnu celui-là. Ce dernier pénétra en trombe dans la pièce et observait la pièce. Besméatix, de son côté, commençait à bouillir, et le vase déborda lorsque le nouvel arrivant eu le malheur de commencer à lui poser des questions, alors que le pauvre Besméatix n'avait pas la moindre idée de ce qui venait de se produire. Il jeta un drôle de regard à Châteaubriand afin de voir si celui-ci avait pu comprendre quelque chose à la situation, et lui demanda, d'un signe de tête éloquent, de tenter de rattraper le fuyard. Il reporta alors son regard sur l'intrus.

- Je vous trouve bien aise, Monsieur, de vous permettre de me poser des questions après m'avoir ainsi bousculé, et sans même vous donner la peine de vous présenter de surcroît! Néanmoins, je vous demanderais de bien vouloir éclairer ma lanterne de Mousquetaire en répondant vous-même à la question que vous venez de m'adresser, Monsieur, car nous ne venions en ces lieux que dans l'espoir d'interroger le dénommé Comte de Champignon relativement à deux affaires de la plus haute importance. Et je commence à avoir la drôle d'impression qu'il y en a beaucoup plus à savoir sur ce Comte que je ne l'avais d'abord imaginé.
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