1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Refuge

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Desdemon
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MessageSujet: Refuge   Lun Oct 10 2005, 11:14

La confrontation entre Desdemone et sa troupe avait mal tourné mais la jeune fille s'y était attendue. Pourtant il allait falloir qu'elle reste sur ses gardes. On ne quitte pas impunément une troupe, surtout lorsque cela fait cinq ans qu'on en fait partie.

Lorsqu'elle était arrivée à l'endroit où la troupe logée, elle les avait tous trouvé réunis autour d'une grande table, la salle à manger. Ils l'avaient regardé d'un oeil noir. Elle avait deux heures de retard. Nina avait brisé le silence la première en lui reprochant toute sorte de choses. D'autres s'y étaient mis, parlant de sa mauvaise foie à assister Nina ou à tout autres travaux ingrats. Mais le directeur de la troupe s'était levé, les bavardage avaient cessé. Il lui pardonnait et laissait à la jeune fille une seconde chance.

" Ce ne sera pas nécessaire, avait dit Desdemone, je vous quitte, j'ai été engagé dans une autre troupe."
La jeune fille n'aurait pas dû prononcer ces mots. C'était ensuivit un tolé général. Desdemone avait vu ses anciens amis fondre sur elle, prêt à lui tordre le coup. Desdemone avait fui, elle s'était réfugié dans la chambre qu'elle occupait, avait rassemblé ses affaires et était partie.

La jeune fille se réfugia dans une auberge à quelques pas de la place publique. C'est là qu'elle devait retrouver Jean Racine. A l'évocation du souvenir de l'auteur, Desdemone sourit.

La jeune fille occupait une chambre de taille réduite, mais claire et agréable de par sa disposition au sud. C'était tout ce que lui permettait ses revenus. Desdemone posa sa malle sur son lit et entreprit de ranger ses affaires. Plus tard, elle irait sûrement se promener, voir peut-être se confesser. La jeune fille rougit à cette pensée, cela faisait trop longtemps qu'elle s'était détournée du Chemin de Dieu. Le remord lui tiraillait les entrailles
. "J'irai plus souvent désormais", pensa-t-elle.
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: Refuge   Mar Oct 11 2005, 18:21

Racine s'était rendu à l'endroit indiqué par Jean-Baptiste Pocquelin... C'était une sorte de Taverne assez bien tenue et fréquentée par les gens de lettres et d'arts en général.
Il avait donc posé son regard perçant sur l'assemblée et se maintenant dans l'entrée, il avait commencé d'une voix forte et assurée, il se sentait le mécène de ces gens...


- Bonjour Messieurs ! Je me présente, Jean Racine, Dramaturge. Voyez-vous, je viens de la part de Molière et je cherche des Comédiens volontaires pour intégrer ma Troupe ! Je tiens d'avance à dire que les heureux élus seront bien nourris et bien payés.

Avant que l'Ecrivain n'ait précisé ces facteurs matériels, peu de têtes se levèrent dans sa direction... Pourtant la nourriture ainsi que l'argent manquait assez si bien que ce fut une motivation qui déclencha de nombreuses réactions.
Dans ceux qui se proposaient, Racine choisit un homme, grand, svelte, l'oeil arrogant afin de jouer le Roi d'Epire... Il héla également deux servantes à la mine réjouie et porta son attention sur un homme de sombre face et d'air cruel.

Ce faisant, il leur donna rendez-vous le lendemain à la première heure à l'entrée de l'auberge où devait se trouver Desdemone.

C'est donc en homme heureux qu'il rejoint sa Muse, le soir, assez hérinté mais soulagé d'avoir formé une Troupe de théâtre qui lui semblait prometteuse... Il fallait maintenant faire quelques répétitions, puis se lancer dans la rue, en plein air, afin que par miracle, quelques nobles entendent parler de l'Oeuvre... la faisant remonter jusqu'aux oreilles du Roy !

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MessageSujet: Re: Refuge   Jeu Oct 13 2005, 10:35

Desdemone s'était assoupie. Ce fut la faim qui la réveilla. "Il est vrai que je n'ai rien mangé depuis tout à l'heure...J'espère que Jean ne m'aura pas trop attendu," pensa la jeune fille. Desdemone se dirigea vers son miroir. Elle attacha ses longs chaveux noirs en un lourd chignon qui lui tombait dans le bas de la nuque. Puis Desdemone se lava le visage à l'eau clair et froide.

Sa toilette finit, la jeune fille descendit dans le hall de l'auberge. Son ventre gargouillait. Elle appuya dessus avec une faible pression pour lui ordonner de se taire. En bas des escaliers, la jeune fille, coquette, mit de l'ordre dans sa tenue, époussetant sa robe. Puis elle pénétra dans le hall qui tenait lieu également de salle à manger.


La jeune fille se dirigeait vers l'aubergiste. Mais à ce moment, elle aperçut Jean Racine. Desdemone sourit, un sentiment chaleureux lui étreignant le coeur.

- Monsieur, l'apostropha-t-elle. J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre !
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: Refuge   Jeu Oct 13 2005, 15:34

Racine s'était laissé choir sur une chaise... Il n'avait pas vraiment faim, tout cette adrénaline qui lui parcourait le corps le nourrissait parfaitement ! Il rêvait, encore, son occupation favorite... Le sourire ne l'avait pas quitté et il regardait dans l'Avenir qu'il construisait peu à peu.

Citation :
J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre !

Le Dramaturge vit sa Muse descendre l'escalier ce qui l'ôta tout à fait de sa rêverie. Il était particulièrement fier qu'une si jolie femme, dans cette Auberge bondée, vienne immédiatement à lui... Il ne se sentait plus seul.
L'Auteur finit par se lever et emporté dans sa vision d'un bonheur presque parfait, il s'avança vers Desdemone et lui mis ses deux mains sur les épaules : ils n'étaient éloignés que de quelques centimètres... Il en profita pour plonger dans le regard de la jeune femme et il fut agréablement surpris d'y voir poindre une joie sincère ! Il lui dit :


- Savez vous que nous avons une Troupe dorénavant ?

Il s'empourpra, il l'avait inclu dans son propos... Nous... C'était étrange, Racine n'avait vraiment pas l'habitude de vivre attaché à quelqu'un d'autre et pourtant, son subconscient en avait décidé à sa place : Les destins commençaient tout juste à s'enchasser.
Il inspira un moment, pour faire partir cette gêne et ajouta :


- Ce soir est un grand soir ! Et nous allons le fêter dignement ! Car après, l'heure ne sera plus aux loisirs, mais au travail...

Il se détourna un instant de la Demoiselle pour commander leur repas à l'Aubergiste qui passait par là, et entrainant Desdemone, sans pour autant enlever ses mains de ses fines épaules, il la fit assoir à la table où il se tenait auparavant.
Il se détacha avec regret de la chaleur du corps de sa Comédienne : il ressentait encore son bienfait dans sa paume... S'asseyant en face d'elle, il reprit :


- Ce soir, donc, j'aimerai savoir qui vous êtes, Mademoiselle Desdemone Ruben...

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MessageSujet: Re: Refuge   Ven Oct 14 2005, 17:24

Citation :
- Savez vous que nous avons une Troupe dorénavant ?

Un sourire éclaira le visage de la jeune fille. Elle ne s'attendait pas à ce que Racine trouve si vite une troupe...Tout allait donc pour le mieux et la jeune fille ne doutait nullement de leur futur succès.

"Vraiment ? C'est...."

Desdemone n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Déjà Jean Racine entrainait la jeune fille et la pressait de s'assoir. Desdemone sentit son ventre émettre un son sourd alors que le jeune homme commandait leurs deux repas à l'aubergiste. Jean Racine reporta son attention sur la jeune femme.

Citation :
- Ce soir, donc, j'aimerai savoir qui vous êtes, Mademoiselle Desdemone Ruben...

Desdemone sursauta, prise au dépourvu. Son regard se voila au souvenir d'une certaine nuit d'été. Mais son trouble ne fut que passager et, tentant de reprendre contenance, elle enroula d'un geste machinal une mèche de ses cheveux autour de son doigt.

- Moi...La jeune fille fit un geste évasif...Vous savez, il n'y a pas grand chose à raconter ! Je suis...Desdemone sourit, son regard se fit malicieux...En réalité, monsieur, je cultive le mystère !

Desdemone éclata de rire. De nombreuses têtes convergèrent vers l'endroit où elle et jean Racine étaient installés. Elle rougit.

- Je ne sais que vous racontez et pourtant, il est normal que vous espèriez savoir qui je suis puisque vous m'avez fait l'honneur de m'intégrer dans votre troupe !
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: Refuge   Sam Oct 15 2005, 10:56

Racine vit que la jeune femme ne voulait pas s'étendre sur son passé... Ce côté inaccessible qu'elle cultivait, teinté d'une pointe de mystère, ravissait l'Auteur qui aimait voir évoluer sous son regard des personnalités aux multiples facettes !

Citation :
- Je ne sais que vous racontez et pourtant, il est normal que vous espèriez savoir qui je suis puisque vous m'avez fait l'honneur de m'intégrer dans votre troupe !

Le Dramaturge pensa au mur qu'il érigeait depuis des années autour de son âme et comprit donc qu'il était difficile de se raconter... D'ailleurs, il n'aimerait pas non plus qu'elle apprenne son proche passé, Jeanne par exemple ! Elle comprendrait alors de toute évidence quel homme il était réellement et comment il était pret à agir pour le bien de sa Tragédie !

Il ne l'encouragea pas à se dévoiler davantage :


- Mademoiselle, chacun a son passé et je le respecte... Votre mystère nourrira mon inspiration...

Jusqu'à... Jusqu'à ce qu'il n'ait plus besoin d'elle comme à chaque fois ? Le regard de l'Ecrivain s'assombrit. Etait-il sûr que ce fut la bonne personne ? Il le saurait bientôt. Tout cela n'était qu'une question de temps ! Mais comme toute personne qui joue au dessus du vide, Racine voulait à tout prix éviter de tomber et de s'y perdre tout à fait ! Les chimères qu'il poursuivait restaient la plupart du temps hors de sa portée... Il secoua doucement la tête comme pour chasser sa propre frayeur : il allait y croire encore une fois, prendre tout ce qu'il pouvait et se hisser jursqu'à la gloire à laquelle il aspirait ! La pauvre jeune femme n'était qu'un pion sur son échiquier, il voulait s'en persuader ! Une attache était néfaste pour son envolée...

Il ajouta :


- Votre passé ne m'est pas nécessaire si cela vous gêne, croyez-moi. Demeurez celle qui m'est apparue ce matin et rien ne pourra empêcher la bonne marche de mon projet.

Les repas arrivaient, Racine n'avait plus faim, quelque chose ressurgissait en lui et il fallait qu'il s'isole. Il se leva donc et faisant un rapide baise-main à Desdemone, il dit :

- Veuillez m'excuser, je dois me retirer. Finissez-votre repas tranquillement et gagnez votre chambre, je suis juste en face.

Il paya le souper à l'Aubergiste, et le Dramaturge s'engouffra rapidement dans la cage d'escaliers.

La Suite : La Voisin...

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MessageSujet: Re: Refuge   Sam Oct 15 2005, 16:17

Citation :
- Mademoiselle, chacun a son passé et je le respecte... Votre mystère nourrira mon inspiration

Un bref sourire passa sur le visage de la jeune fille. "Merci", murmura-t-elle dans un souffle. Desdemone n'avait jamais osé évoquer son passé avec quiconque. Elle avait trop mal et trop honte pour y repenser. La seule chose qu'elle souhaitai, c'était d'oublier...Malheureusement, ce n'est pas ainsi qu'elle finira par être en paix avec soi-même. Un bref instant, le visage doux d'un jeune homme vint hanter ses souvenirs. Elle fit un geste du revers de la main comme pour le chasser. "Je ne veux pas penser à lui, surtout pas maintenant alors que j'ai l'impression que je touche au but", se dit-elle.

Desdemone releva la tête, son regard croisa celui, vague et voilé, de Jean Racine. La jeune fille en fut surprise. Que se passait-il donc dans l'esprit de l'écrivain ? Lui qui, quelques minutes encore, était ravi de lui annoncer la formation de sa troupe de théâtre. Mais déjà, l'aubergiste déposaient leurs repas sur la table tandis que Jean Racine se levait.

Citation :
Veuillez m'excuser, je dois me retirer. Finissez-votre repas tranquillement et gagnez votre chambre, je suis juste en face.

Desdemone baissa la tête et murmura un vague "Bien sûr", ignorant le pincement qui serrait son coeur. La jeune fille regarda Jean Racine s'éloigner, grimper les escaliers et disparaitre dans la masse sombre et étroite qu'ils formaient. Desdemone regarda la place restée vide en face d'elle. " Peut-être ai-je dis ou fait quelque chose qui lui aurait déplu ?" se demanda-t-elle. Mais la jeune fille ne trouvait pas de réponses à cette question.

Au bout d'un moment, l'aubergiste vint trouver Desdemone.

- Pardonnez-moi mademoiselle mais quelque chose ne va pas ?

La jeune fille, d'humeur maussade, haussa les épaules.

- Je ne sais pas...Un peu tout...J'ai l'impression d'émerger d'une chambre noire dans laquelle j'aurai été tenue emprisonnée, d'apercevoir de la lumière mais que cette lumière ne soit qu'un rêve, quelque chose auquel je m'accroche désespérement parce que je n'ai plus que ça...dit tout bas Desdemone.

L'aubergiste toussota.


- Pardonnez-moi encore une fois mademoiselle....ajouta-t-il maladroitement...Mais je vous parlais du repas. Depuis tout à l'heure que vous êtes attablé vous n'y avait pas touché !

Desdemone rougit. Elle se sentait terriblement stupide.

- Oh, bien sûr ! Non, c'est délicieux ! mentit-elle alors qu'elle n'avait pas encore touché à son assiette.

L'aubergiste s'éloigna pendant que Desdemone avala une cuillerée de soupe. Quand on lui souffla au creux de l'oreille :

- Si vous doutez de vous, pourquoi n'iriez-vous pas vous adresser à quelqu'un qui s'y connait. Dans les bas fonds de Paris....Demandez La Voisin !

Desdemone frémit. C'était la femme de l'aubergiste qui ayant écouté leur conversation, n'avait pû s'empêcher de donner quelques conseils à la jeune femme. En passant près d'elle, la jeune femme, discrètement, sorti un objet de la poche de son tablier et le laissa tomber sur les genoux de Desdemone. Cette dernière pâlit. C'étai un grigri. Desdemone, superstitieuse, enferma l'objet entre ses mains puis le cacha à son tour dans son corset.

La jeune femme se leva puis s'engouffra à son tour dans les escaliers. Elle jeta un dernier coup d'oeil à la femme de l'aubergiste. Elle était en pleine conversation avec un client à moitié ivre.

A l'étage, Desdemone passa devant la chambre de Jean Racine. Elle s'arrêta devant sa porte. Aucun bruit ne lui parvenait. Un instant, la jeune femme hésita à frapper à la porte de l'écrivain. Se reprenant, elle passa son chemin pour rentrer dans sa chambre.

Une lampe à huile éclaira faiblement la pièce tandis que dans la chambre d'à côté, un homme ronflait. Desdemone s'assit sur son lit. Elle resta quelques minutes dans cette position, le coeur battant. Lentement, elle glissa sa main dans son corset puis en sorti le grigri. C'était un petit sac noir accroché à un cordon de cuir. Desdemone le palpa. L'intèrieur était dur, il renfermait certainnement un noyaux...La Voisin....Desdemone avait déjà entendu ce nom...Dans la bouche de Nina...

Un soir, Nina était rentrée tard. Desdemone s'était fait du soucis. Personne ne savait où elle était passée. Quand Desdemone la retrouva dans sa chambre d'auberge, Nina était ivre morte. Elle divagait, pleurait, faisait les cent pas dans la pièce sans que Desdemone ne pû la calmer."
La Voisin m'a assuré qu'il me reviendrait, qu'il ne regarderait jamais que moi !" Ses yeux brillaient d'une lueur dabiolique. Desdemone avait pris peur. Nina s'était installé à sa coiffeuse, renversant sur le sol tout ses produits de beauté. Puis, très lentement, elle avait posé sur la table une fiole en verre qui contenait un liquide de couleur rouge sang. La jeune femme s'était alors tournait vers Desdemone, son visage si beau à l'ordinaire, ravagé par la folie. "C'est un philtre d'amour, lui avait-elle soufflé. La Voisin m'a dit qu'elle l'avait fabriqué à partir du sang d'une jeune vierge !" Desdemone avait alors quittait la chambre, prise de nausées.

La Voisin... La jeune femme tremblait à ce souvenir. Non elle n'irait pas ! Elle allait même de ce pas rendre son grigri à la femme de l'aubergiste. Dans l'escalier, Desdemone s'arrêta...Elle ferma les yeux pour reprendre contenance puis elle fit demi-tour. Quelque chose de bien plus fort la poussait à agir, à prendre sa cape et à sortir dans les ruelles sombres de Paris.


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MessageSujet: Re: Refuge   Dim Oct 23 2005, 08:32

Racine papillonna un moment des yeux pour chasser sa torpeur... Il vit qu'il se trouvait à l'Auberge. Que s'était-il passé entre temps ? Il essayait de se souvenir mais en vain : une partie de son Esprit semblait lutter pour garder ses secrets ! Il décida donc de parcourir rapidement les chemins de sa mémoire afin d'y voir plus clair...
Il avait d'abord eu du mal à dormir et s'était levé pour parler à Desdemone, puis il était descendu dans la grande salle de l'Auberge afin de la trouver mais elle n'y était pas, enfin il était sorti dans la rue à sa recherche... ensuite, tout semblait plus vague... il avait rencontré un homme ? Oui un cavalier dans la nuit (zorroooooooo Wink) et après ? Après il y avait une lame et du sang, beaucoup de sang !

Il se redressa brusquement, il avait été allongé sur un lit. Il vit son pourpoint vert souillé par l'hémoglobine déjà sèche ! Ciel ! Tout lui revint ! Il avait tué un homme !! Il serait damné pour l'Eternité par un tel Acte !

Il se leva, tremblotant, et ne put longtemps tenir debout... Il se rassit sur le matelas et, une autre angoisse lui transperça le coeur : où était-elle ? Vivante ? Morte ? Il cria :


- Desdemone !

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MessageSujet: Re: Refuge   Dim Oct 23 2005, 08:51

[eh bien, quel retournement de situation ! moi qui pensait déjà faire évanouir mon personnage XD]

Desdemone avait ramené Jean Racine à l'auberge avec peine. L'aubergiste, les voyant revenir dans un état déplorable, les aida. Il transporta Jean Racine jusqu'à sa chambre. Desdemone le suivait dans les escaliers, chancelante. L'aubergiste déposa l'écrivain dans son lit puis le laissa aux soins de la jeune femme.

Desdemone fit couler de l'eau dans une bassine puis entreprit de nettoyer les traces de sang séché qui maculaient le visage du jeune homme. L'aubergiste remonta quelques minutes plus trd, leurs deposa à manger et à boire. Alrs qu'il partait, Desdemone l'arrêta afin de le remercier de son aide et lui rendit sa rapière ensanglantée. Elle craignait que Jean Racine ne s'évanouisse de nouveau à sa vue.

La jeune femme prit une chaise et s'installa afin de veiller l'écrivain jusqu'à son réveil. Son dos lui faisait mal. Ses yeux se fermaient contre son grè. Elle décida de partir s'allonger quelques instants.
Dans sa chambre, la jeune femme ne put trouver le sommeil. Peine perdu, elle se releva pis entreprit de faire sa toilette. Ses jupons étaient déchirés, maculés de sang et de boue. Elle nettoya son visage à l'eau froide ce qui la revigaura. Elle regarda son reflet dans le miroir. Ses traits étaient tirés, elle avait de longues cernes violettes sous les yeux.

Une fois prête, le jeune femme se rendit dans la chambre de Jean Racine. Dans le couloir, elle entendit l'écrivain crier son nom. Les battements de son coeur s'accélèrèrent. La jeune fille se précipita dans la chambre de Jean Racine. Le jeune homme était debout dans sa chambre, le regard hagard. Desdemone, rassurée, poussa un soupire puis elle sourit.


- Vous voilà enfin réveillé monsieur !
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MessageSujet: Re: Refuge   Dim Oct 23 2005, 11:22

[Pfff ma pauvre ne m'en parle pas ! Une petite nature ce Racine ! Wink]

Racine vit arriver la jeune femme et remercia un bref moment le ciel qu'elle fut encore en vie ! Elle semblait inquiète à son sujet mais lorsqu'elle vit qu'il était à nouveau dans le monde des vivants, elle afficha une complète satisfaction...
Le Dramaturge réussit enfin à manifester un sentiment qui fut simplement de la joie de la voir saine et sauve, à ses côtés. D'ailleurs il ne savait plus trop comment agir face à la Demoiselle. Il avait pourtant voulu se persuader qu'elle était juste l'instrument de son génie et qu'elle le resterait mais il n'en était pas ainsi dans son coeur... et bien qu'il désira l'oublier, le sentiment qui l'étreignait était trop fort ! Il faut dire que son attachement à Desdemone s'était révélé dans toute sa splendeur alors qu'il courrait dans les rues de Paris, devenant fou, à sa recherche. Alors qu'il ne croyait que posséder, il s'apercevait qu'il aimait.

Et cela lui faisait incroyablement peur ! Ce sentiment qu'il avait toujours fui, qu'il ne pensait que destructeur aux travers des passions des personnages de ses Tragédies ! Il en était victime !
Cela rendait donc à la fois sa Muse unique et menaçante... Il avait envie de la serrer dans ses bras mais également de partir en courrant comme lorsqu'il s'était dérobé lors du diner !
Pouvait-elle lire sur son visage ? L'Ecrivain paniqua rien qu'à cette seule pensée... Il voulut donc immédiatement briser le silence et bafouilla :


- Je... heu...

Voilà qu'il en perdait le langage ! Maudite douceur du sentiment amoureux qui rend si nié ! Il essaya de se reprendre :

- Je crois que j'ai vraiment eu peur !

Tout à coup, il réalisa que cette phrase ne dévoilait en rien ses humeurs... elle pourrait croire qu'il avait été effrayé par les brigands ! Il ajouta très vite :

- Enfin, de vous perdre...

Il rougit légèrement et se sentit complètement idiot. N'ayant aucune expérience de situations similaires, ayant toujours manipulé, il avait du mal à croire qu'il se laissait lui même mener par le sourire et les adorables yeux de la jeune femme !

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MessageSujet: Re: Refuge   Dim Oct 23 2005, 11:53

Citation :
- Je crois que j'ai vraiment eu peur ! Enfin, de vous perdre...

La jeune femme sourit. Elle s'approcha de Jean Racine et lui prit les mains. A ce moment-là, Desdemone n'éprouvait aucune gêne. Elle était heureuse, elle était en vie. Son coeur débordait d'un sentiment qu'elle n'avait encore jamais connu.

- Mais c'est fini maintenant ! Je vais bien et c'est grâce à vous ! Vous êtes arrivé au bon moment...

La jeune femme éprouvait pour Jean Racine un sentiment de reconnaissance profonde. Elle lui devait son salut et se sentait désormais liée à lui.
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MessageSujet: Re: Refuge   Dim Oct 23 2005, 14:44

Racine frissonna lorsque leurs mains se touchèrent puis il afficha un large sourire... Elle avait on ne peut plus raison ! Tout allait bien ! Dorénavant, ils allaient pouvoir vivre à deux ce rêve fou qu'était la Tragédie...
Le Dramaturge, pressa affectueusement les fins doigts de Desdemone avant de se contraindre à les lâcher. Il sentit comme un manque lorsqu'il se retrouve les mains vides !

Mais, son travail reprenait le dessus... et il fallait absolument qu'il écrive, qu'il finisse ! L'Aube se levait peu à peu et il avait encore quelques heures avant que les comédiens n'arrivent devant l'Auberge !
Il dit :


- Je suis bien heureux d'être arrivé à temps ! J'aimerai d'ailleurs, si ça ne vous dérange pas, que vous demeuriez un moment auprès de moi, dans la chambre... Faites ce que vous voulez, prenez un livre, ou plonger vous dans un rêve, mais il faut que je puisse vous regarder.

Et finissant cette phrase, il lui désigna une chaise qui se trouvait près de la porte. De son côté, l'Ecrivain se mit devant la petite tablette qui faisait office de bureau et pris sa plume, son papier et son encre : il ne s'en séparait jamais. Alors il commença à sa plonger dans la composition du grand final de ses écrits ! L'inspiration était là, à porté de sa main et de son âme... C'était grâce à elle !

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MessageSujet: Re: Refuge   Dim Oct 23 2005, 15:43

Citation :
Je suis bien heureux d'être arrivé à temps ! J'aimerai d'ailleurs, si ça ne vous dérange pas, que vous demeuriez un moment auprès de moi, dans la chambre... Faites ce que vous voulez, prenez un livre, ou plonger vous dans un rêve, mais il faut que je puisse vous regarder.

Desdemone fit ce que l'écrivain attendait d'elle. La jeune femme s'installa sur la chaise de bois. La jeune femme ne tenait plus debout. "M'assoir me fera du bien" se dit-elle. Les coudes posés sur ses genoux, la tête entre ses mains, Desdemon attendit. Ses paupières étaient lourdes. Les yeux mi-clos, la jeune femme observait Jean Racine à son art. Elle fut étonnée de la métamorphose qui s'operait en lui lorsqu'il était en possession d'une plume et d'une feuille de papier. La jeune fille sourit. Son esprit vagabonda. Elle repensa aux évènements de la nuit dernière. "Qu'elle chance j'ai eu !" pensa-t-elle. "Tout d'abord ce mystèrieux cavalier à cheval et ensuite Jean Racine." Dans l'esprit romanesque de la jeune femme se traçaient de nombreux tableaux. Elle ne cessait de s'interroger sur le mystèrieux cavalier qui l'avait sauvée la première fois. "Si seulement je pouvais savoir qui il était", se dit la jeune femme. "J'aimerai pouvoir le remercier au moins une fois". Desdemone s'endormit sur cette pensée. Le mot "cavalier" franchit ses lèvres dans un murmure. La jeune femme s'était assoupie.
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MessageSujet: Re: Refuge   Lun Oct 24 2005, 09:16

Quelle heure était-il au juste ? Desdemone était assoupie depuis pas mal de temps maintenant... Il l'avait observée, ce sourire tranquille affiché sur ses lèvres alors qu'elle demeurait dans les bras de Morphée.
L'inspiration l'avait complètement pris dans son manteau et il avait gratté le papier de sa plume sans s'arrêter une seconde : son Oeuvre était enfin achevée... Il se sentait fier et assez mélancolique. Il avait le sentiment d'être totalement vide : ses tourments s'étaient apaisés mais d'un côté, cela lui manquait... Il n'était plus vraiment le même. Il se sentait inutile comme l'homme qui est arrivé à son degré de perfection et qui sait très bien que ce qui viendra ensuite sera plus terne et beaucoup moins jouissif !

Il se leva afin de dégourdir son corps enkylosé et murmura un "merci" à l'oreille de sa Muse endormie. Elle était magnifique.
Il se préparait à lui déposer un baiser sur la joue lorsqu'on frappa quelques coups à la porte. Pas assez fort pour réveiller la Comédienne...
Le Dramaturge alla ouvrir et se trouve nez à nez avec l'Aubergiste qui avait la mine dépitée. Il marmonna :


- Cette missive est arrivée pour vous ce matin...

Tiens ? Qui cela pouvait-il bien être ? L'Auteur ne recevait jamais de courrier et cela ne présageait qu'un fait important ! Un frisson lui parcourut l'échine alors qu'il congédiait l'homme et qu'il décachetait la lettre en tremblotant :

Citation :
A Monsieur Jean Racine, Port Royal, le 22 Juin 1663,
Jean,
Maman est morte il y a une semaine de l'épidémie de peste qui a ravagé la Capitale. Nous avons affreusement besoin de toi ici... Je sais que tu fais parti maintenant de la Cour et que tu as de grands projets. Mais elle est morte ! Notre mère ! Je ne me sens pas capable de prendre tout en charge, seule ... Je t'en supplie... Rejoins-moi dans notre maison à Port-Royal.
Bien à toi, Ta Cousine bien aimée, Marguerite.

Les larmes se mirent à ruisseler sur le visage de l'Ecrivain... Celle qui l'avait élevé venait de pousser un dernier soupir. Sa pauvre Cousine, seule parmi les papiers, les biens, le chagrin...
Il évita de penser à tout ce qu'il devait abandonner : son devoir passait avant tout. Sa Tragédie achevée, il pouvait consacrer un moment à sa famille qu'il avait depuis si longtemps négligée.

Il s'approcha du bureau et prit une feuille vièrge où il griffonna quelques mots d'adieu à Desdemone... Il ne savait pas lorsqu'il reviendrait, il ne savait pas non plus dans quel état. Est-ce que tous ses rêves étaient irréalisables finallement ? L'existence était-elle vaine comme avait laissé entendre Saint-Aignan ?
Il se glissa à l'extérieur de la chambrette en un mouvement lent et agile et il partit, n'emportant qu'avec lui le souvenir de sa Muse et ses écrits...

Au bout... la mort... toujours...


La Suite : Un endroit où passer la Nuit

_________________
"L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme :
Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux ;
Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux.
"

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Desdemon
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MessageSujet: Re: Refuge   Lun Oct 24 2005, 19:46

Desdemone s'éveilla. Elle se sentait en pleine forme, prête à commencer une excellente journée. La jeune femme s'étira. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, la pièce était vide. Jean Racine avait disparu ainsi que toutes ses affaires. La jeune femme s'en étonna. Elle blêmit.

Elle descendit se renseigner de ce qu'était devenu Jean Racine. La salle était remplie de monde. L'aubergiste était surchargé de travail. Desdemone s'en approcha tant bien que mal.


"Excusez-moi monsieur. Ne seriez-vous pas où se trouve l'homme qui était avec moi hier ?"

"Pour sûr que non mademoiselle. Mais je l'ai vu quitter l'auberge, il y a une heure avec toutes ses affaires ! Je peux vous dire qu'il n'est pas près de revenir et m'a d'ailleurs chargé de vous dire adieu."

Desdemone pâlit. Son cerveau enregistrait avec difficulté les dernières données.

"Mais pourquoi..."dit-elle.

Abattue, la jeune femme remonta dans la chambre occupée par l'écrivain afin d'y trouver un quelconque mot qui lui serait adressé. Rien.
Desdemone s'assit sur le lit. Des larmes coulaient sur ses joues. Là seulement, elle s'aperçut de la feuille de papier qui avait glissé sur le sol. Jean Racine s'excusait de son départ précipité. Il lui disait qu'il devait partir pour raison familiale et qu'il ne savait quand il reviendrait et s'i reviendrait un jour. Desdemone froissa la feuille et la laissa retomber sur le sol.


"Voilà ce qui arrive, à force de vouloir croire à un rêve...Plus jamais je ne remonterait sur scène. Plus jamais...." murmura-t-elle.

La jeune femme était furieuse. Elle en voulait au poète de l'avoir abandonné ainsi.


"Maintenant je n'ai plus rien."

La jeune femme se leva. D'un geste rageur, elle essuya les larmes sur ses joues. Puis elle quitta la chambre sans y jetter le moindre regard.
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