1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Appartement d'Evangéline

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Evangéline
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MessageSujet: Appartement d'Evangéline   Sam Nov 12 2005, 17:30

Evangéline et Saint-Aignan arrivèrent devant les appartements de la dame tout en discutuant allégremment. Elle lui demandait des nouvelles de la Cour alors qu'elle avait été absente quelques semaines et le comte se faisait un plaisir de lui décrire les fêtes et les spectacles donnés...
Elle poussa la grande porte qui s'ouvrit sur un petit salon modeste mais décoré avec goût. Simple courtisane, Evangéline n'avait pourtant guère à se plaindre de sa condition: les pièces qui lui étaient dévolues n'étaient pas aussi luxueuses que celles des grands mais il fallait parfois voir dans quoi les courtisants pouvaient etre logés... Certains étaient presques sous les combles...
Les porteurs avaient déjà mis ses malles dans la garde-robe et Marie finissait de les déballer. Evangéline désigna les fauteuils et sofas de la petite pièce à Saint-Aignan:


"Mettez vous donc à votre aise! Je tacherais de ne pas etre trop longue..."

Sur ce, elle poussa une seconde porte et entra dans sa chambre. Toute aussi modeste, la pièce avait été rendu agréable par l'agencement et la décoration apportées par la dame. Un grand miroir qui lui servait à composer ses rôles et des gravures représentant la Comedia dell' arte ainsi que des masques de theâtre accrochés au mur rappellait sa passion et son métier. D'ailleurs, elle avait remarqué un jour qu'inconsciemment elle avait choisi des baldaquins de velours rouge pour son lit comme les rideaux qui s'ouvraient sur la scène...
Marie vint l'aider à se changer et Evangéline n'omit surtout pas d'ôter de leur cachette les documents qu'elle comptait rapporter au Roi.
Après avoir arrangé son teint et sa coiffure encore une fois, la courtisane revint dans le salon où l'attendait patiemment le comte. Dans une robe jaune et verte, les cheveux rassemblés avec des rubans de la meme couleur et tenant à la main une petite aumonière de soie renfermant ses si chers secrets, la jeune femme était prête à se présenter décemment devant son souverain, sans pour autant attirer trop l'oeil. Elle se doutait bien que l'on devait jaser parmi ceux qui remarquaient leurs entrevues relativement fréquentes... Cela la mettait très franchement mal à son aise, car elle ne faisait rien pour entretenir le mystère et craigna que son secret soit un jour découvert par ce biais... Que des enquêtes soient menées sur elle par des favorites un peu trop curieuses... Une espionne espionnée... Quelle ironie!
Devant Saint-Aignan, elle esquissa une petite révérence amusée:


"Me voilà fin prête! J'espère ne pas avoir repousser les limites de votre patience, monsieur!"

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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Dim Nov 13 2005, 20:51

François s'installa dans un fauteuil ni vraiment coincé, ni vraiment sans gene... il ,'avait pas de raison de se sentir mal à l'aise mais il était tout de même dans l'appartement d'une demoiselle qu'il connaissait a peine !

Evangéline disparu, le laissant seul sur son fauteuil de Damas, d'où il s'évertuait a ne pas faire trop de bruit... il n'osait se lever et fouiner de peur de se faire surprendre mais la Montberry l'intriguait... aussi s'évertuait-il a jeter des coups d'oeil de droite et de gauche tout en restant dans sa position détendue... enfoncé contre le dossier et les jambes croisées.
Malheuresement, il n'y avait rien d'interessant a apprendre en observant ce salon. Ce n'était que la salle de séjour d'une femme absente depuis quelques semaines : un peu négligée, toutefois sans désordre excessif.

Et puis elle reparue aux yeux de François, la belle dame aux beaux atours. Elle avait en effet mis peu de temps pour se changer, se transphormer, dirait-on, ainsi qu'elle l'avait prédis.

Le comte se leva dans l'immédiat, les pupilles brillantes et le sourire béat. Si Evangéline espérait détourner l'attention de son aumoniere c'était chose faite. Et oui le regard de François, honte à lui, s'attarda plus sur sa gorge de pêche que sur son petit sac. Mais aussitot qu'il se rendit compte de son indécence, surtout pour un homme de son âge, le comte releva les yeux vers ceux d'Evangéline, piquant un fard de honte comme une pucelle.

Il était vrai que la robe en soi n'avait rien d'extraordinaire, pourtant, la transphormation d'avec la robe simple et poussiéreuse de voyage, les cheveux aux prises du vent, avait paru comme éclatante aux prunelles sensibles du poete.


Citation :
"Me voilà fin prête! J'espère ne pas avoir repousser les limites de votre patience, monsieur!"

-Non-Point ! se récria-t-il en lui offrant le bras de nouveau. Et si ce n'était le cas, aucun gentilhomme digne de ce nom ne pourrais vous en tenir rigueur.
Allons, le Roy a du se mordre les doigts de ne vous avoir a ses cotés avant ce jourd'hui...

Cette phrase n'était pas si anodine qu'elle le voulait paraître... Saint-Aignan doutait a présent vraiment qu'Evangéline n'ait pu être la maîtresse royale... Pourquoi le Roy lui aurait-il caché sa liaison ? Et si ce n'était le cas, pourquoi se farder ainsi ?
Ainsi la derniere phrase pourrait, bien qu'il n'y eut pas véritablement envie _ mais curiosité oblige_, la rendre mal a l'aise et lui oter quelques secrets de polichinelles bien gardés...
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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Nov 14 2005, 17:25

Evangéline prit avec plaisir le bras que lui offrait courtoisement le comte. Elle jetait de temps à autre quelques oeillades axieuses vers son aumonière et faisait en sorte de la sentir toujours contre elle, comme si sa propre vie était contenue dans le petit sac de soie.
A sa question, Saint-Aignan avait répondu comme tout gentilhomme l'aurait fait. Qu'aurait-il pu dire d'autre? Elle le savait très bien. Pourtant, elle connaissait la réputation de cet homme qui, bien que déjà mûr, multipliait encore et toujours les conquêtes féminines. Cela la faisait rire intérieurement, se disant qu'il n'était pas étonnant que le Roi lui fasse confiance aux sujets de ses propres aventures extra-conjugales...


Saint-Aignan a écrit:
Allons, le Roy a du se mordre les doigts de ne vous avoir a ses cotés avant ce jourd'hui...

A peine finissait-elle de penser cela que les paroles du comte lui envoyèrent un coup au crâne. Saint-Aignan se croyait charger par Louis XIV d'aller l'accueillir et de la ramener à son maitre car elle était, dans son esprit et de toute évidence dans la liste des maitresses royales... Jusque là personne n'avait jamais fait de remarques laissant autant transparaitre de sous entendus, bien que la manoeuvre était assurément fort habile, et Evangéline sentit l'émotion embrasser ses joues. Puis elle tenta de se reprendre penseant que cet excès soudain de trouble ne ferait qu'ajouter de l'eau au moulin de son interlocuteur. Elle se contenta de lui sourire grandement, gardant une voix aussi posée et calme que son agitation interne et sa crainte d'etre découverte le lui permettait:

"Je suis en vérité tout à fait flattée que le Roi ait bien voulu donner suite à ma requête..."

Dans la tete d'Evangéline les réponses défilaient à toute vitesse, et elle finit par s'arrêter sur une susceptible de satisfaire la curiosité du comte et à la fois tout à fait banale à la Cour:


"Voyez-vous, j'ai visité mon père et le pauvre homme est au prise avec un vicomte qui se croit dans son bon droit de chasser sur ses terres... Cette histoire l'entraine dans toute une série de procès fort couteuse. Ayant eut connaissance par lui même de ca scandale, je me suis empressée d'écrire à notre bon Roi Louis pour lui demander d'intervenir, si tel était son bon plaisir, dans les affaires de ma famille..."

Evangéline était satisfaite de sa réponse, car après tout elle ne la faisait mentir qu'à moitié: cela faisait bien longtemps que son père avait des problèmes du genre, mais il avait cependant trouver le moyen de s'en occuper de lui meme, sans précisement en référer au Roi... Mensonge par ommission donc...
Désireuse de changer de sujet, ce qui aurait pu passer pour la pudeur de ne point trop s'étendre sur des questions familiales et somme toutes privées, la jeune femme s'enquit d'un ton léger tandis qu'ils arpentaient tous deux les couloirs de Fontainebleau:


"Savez-vous que Monsieur Molière nous prépare un nouveau divertissement? "L'Ecole des femmes" en sera l'intitulé m'a-t-il confié récemment. Voilà qui nous promet de l'amusement!"

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mer Nov 16 2005, 14:08

[Je poursuis direct dans l'antichambre... ]

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Saint-Aignan
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MessageSujet: Evangéline   Mer Nov 16 2005, 15:37

Saint-Aignan crut bon de ne pas poursuivre sur le sujet. Evangéline ne se vantait pas d'être la maîtresse du Roy, ce que moult demoiselles auraient surement fait, sachant se confesser a un homme d'honneur et confident de Louis.
Allons, même si elle mentait, François n'en tirerait rien. Elle n'était pas sotte, et parfaite comédienne. N'était ce pas son métier ?

Il avait préféré rentrer dans le jeu de la demoiselle, et puis en tira plaisir finallement. Les arts... voilà qu'elle faisait mouche ! C'était bien le seul sujet où le comte pouvait s'y abandonner sans regret, oubliant jusqu'a sa curiosité maladive...


-Oh mais j'avais oublié, honte a moi, que vous étiez au premieres loges pour connaitre tous les petits secrets de ce brave Mr Pocquelin !

Ils passaient, a pas légers, par des couloirs dorés, pourpres, bleus, froids ou chaleureux, Saint-Aignan connaissant si bien le chemin qu'il ne se dirigeait plus que d'instinct et se jetait corps et âme dans la conversation. Il narrait son admiration pour Moliere, pour Corneille, et n'ommis point le jeune Racine qui promettait, disait-il. Qui promettait beaucoup même. Il n'en était pas moins fier que c'était lui qui lui avait donné la chance d'entrer a la cour, lui qui le prenait sous son aile, mais ça, bien sûr, il ne le dit pas... il aurait pu paraître tellement imbu de lui-même ! N'est ce pas une honte de se mettre ainsi a nu !

Et puis... comme si le temps les avait soudain rattrapé, François se trouva devant la porte sculptée qu'il connaissait si bien pour y être entrée des centaines de fois. MAis aujourd'hui, il n'y était pas convié.

Il s'inclina en s'écartant doucement, cédant le passage a Evangéline, tandis qu'un suisse lui ouvrait la porte du cabinet.


-j'ai accompli ma mission madame, vous voilà entre d'autres mains... des mains royales.
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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Nov 22 2005, 13:01

suite du cabinet

Lorsqu'Evangéline rentra dans ses appartements, elle ferma doucement la porte et respira grandement. Elle en avait terminé avec le procureur et toute cette affaire. Voilà qui était un bon point! Elle traversa le salon et fut heureuse de voir que sa jeune servante avait tout agencé avec soin et oter la poussière des meubles qui trahissait de son absence prolongée. A présent, grâce aux soins de Marie, il lui semblait qu'elle n'avait jamais quitté ces lieux, ils étaient tels qu'elle les avait quittés, voire peut etre même mieux. Sans bruit, elle pénétra dans sa chambre, ôta ces chaussures qui décidément lui torturaient les pieds et se laissa glisser sur une ottomane. Son regard se perdit dans le vide et elle réfléchit aux dernières paroles du Roi en balançant son éventail de droite à gauche.

*Les mousquetaires à présent... Rien que ça! C'est que ce ne sont pas les derniers fantassins soudards qui avoueraient leurs fautes et même celles qui n'ont pas commises en échange d'une bourse... Ils sont fins et rusés et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils sont l'élite de l'élite...*

Louis XIV mettait là la barre haute et l'espionne se demandait comment les atteindre sans que cela paraissent trop douteux... Evangéline chassa rapidement ces idées. Le Roi avait bien préciser que rien ne presser pour le moment, il ne s'agissait que de repérages. Elle se détendrait donc pour la soirée et sans doute que la nuit lui porterait conseil.


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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Dim Jan 29 2006, 10:15

Suite de la loterie

Comprenant que la loterie s'arrêtait là, Molière et Evangéline suivirent le groupe de courtisants qui s'en allait. Tous semblaient déçus, mais à la fois ravis de cette avalanche de rebondissements qui allait leur offrir de quoi jaser pendant des jours, voire meme des semaines...
Alors que certains pensaient continuer un peu la soirée en tenant salon, la jeune femme ne pensait plus qu'à se coucher en vue de sa journée de demain. Alors que son ami la raccompagnait jusqu'à sa porte, elle lui proposa malgré tout, par politesse, d'entrer pour un thé des Indes.


-Non merci, Line. Tu tombes de sommeil, ça se voit... Repose toi donc, on se verra demain au Lever et chez la Reine...

*Mince, c'est vrai la Reine!*

Evangéline esquissa une grimace désolée. Molière s'en rendit compte et la regarda avec des yeux ronds:

-Quoi? Tu n'avais pas oublié quand meme? Heureusement que tu seras là, je sais pas si j'aurais survécu tout seul! D'ailleurs, moi tout seul je n'aurais meme pas été convié...

-Je suis vraiment navrée, Jean-Baptiste...-dit-elle simplement- Je dois partir demain avant l'aube...

A ces mots, Molière faillit en perdre sa perruque. Il blémit d'ailleurs de telle façon qu'Evangéline crut qu'il allait lui aussi défaillir. Elle s'excusa de nouveau:

-Pardon... "Obligations" vois-tu...

Alors qu'un couple passait derrière eux, l'auteur eut à se reprendre. Une fois les courtisants assez éloignés pour entendre, il souffla:

-Ca va, ça va... Mais ça a intérêt à valoir le coup ton affaire hein!

L'actrice lui sourit:

-A très bientot...

Finalement, Molière prit congé d'elle et elle rentra enfin dans ses appartements.
Sa servante l'attendait et l'aida à se dévêtir.


-Marie, nous dormirons peu cette nuit. Je dois repartir demain...

La jeune fille ne montra pas d'étonnement et tandis qu'elle s'affairait, elle demanda simplement:

-Dois-je sortir "le coffre", Madame?

Evangéline soupira. Il n'avait pas eut le temps de dormir celui-là!

-Oui, le coffre, oui... Merci Marie, je terminerais seule, monte donc te reposer un peu...

La servante s'exécuta, fit une petite révérence, prit une petite dérobée et s'en fut dans sa petite chambre aménagée juste au-dessus de celle de sa maitresse.
Lorsqu'Evangéline se glissa entre ses draps froids, elle repensa à la soirée passée et à ses incidents. Certes la Cour dissimulait bien des mystères, mais ce soir, il semblait que les intrigues s'étaient succédées à un rythme effrayant. Son départ à elle passerait surement innaperçu dans les cancans... Après tout, les courtisants avaient bien d'autres matières à discussion et des choix encore!
Finalement, la jeune femme souffla sa bougie et la pièce fut plongée dans le noir et son esprit dans un sommeil sans reve.

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Jan 31 2006, 15:00

Comme elle l'avait imaginé, Evangéline dormit peu cette nuit là. Elle s'éveilla alors que son horloge sonnait 4h. Poussant ses draps, elle se mit sur son séant, au moment meme où elle entendait des bruits de pas dans l'escalier dérobé qui jouxtait sa chambre. Marie, déjà prête, entra alors et la salua:

-Bonjour Madame... Dois-je préparer toutes vos malles?

Evangéline se mit debout et lui sourit:

-Non, seulement la petite. Deux robes suffiront. En revanche, la tenue de cavalier est-elle déjà prête? Il me la faudrait...

-Oui, oui, Madame. Je me suis occupée de la laver hier et avec la chaleur des combles, elle est sèche depuis longtemps!

Tout en s'activant dans la garde robe, Marie ne put s'empecher de réprimander sa maitresse en pensée... Encore en homme... Elle s'exposait au courrou des clercs et pire encore à l'ire de Dieu... Ne suffisait-il pas qu'elle soit déjà comédienne? Si le Créateur avait voulu qu'homme soit homme et que femme soit femme, ce n'était point pour se permettre de faire passer l'un pour l'autre... Et dire que cela faisait plusieurs mois qu'elle n'était pas aller à confesse! En vérité, à cette heure, Marie craignait pour le salut d'Evangéline.
Pourtant, celle-ci, agenouillée sur son prie-dieu devant une icône de la Vierge à l'enfant, faisait ses dévotions matinales. Elle récita un "Notre Père" et un "Ave Maria", puis se signa et se releva au moment où sa suivante revenait dans la chambre pour l'habiller.
Le château devait déjà commencer à s'activer, du moins au niveau des valets et serviteurs. D'ici deux heures, tout commencerait pour de bon. Il fallait donc faire vite pour éviter les indiscrets de tout poil.

Une heure plus tard, corsetée et parée en tenue sobre de voyage, Evangéline fermait la porte de ses appartements. Sa voiture avait été avancée et ses affaires chargées, il ne restait plus qu'à partir pour Paris et... à réussir...


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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Jeu Avr 06 2006, 20:55

--------------------------------De retour de Paris------------------------------


La porte dérobée s'ouvrit sans bruit et se referma aussitôt. Evangéline et Marie venaient juste de pénétrer dans la chambre de la première après s'être faufilé par les couloirs et escaliers de services du château grâce à l'aide de la seconde. En quelques minutes, il semblait à l'espionne d'en avoir plus fait que pendant les derniers jours de mission à Paris. Oh elle savait bien qu'on allait jaser... Forcément on se demanderais pourquoi la Montberry était revenue comme une voleuse et que personne ne l'avait vu... Mais qu'importe! Elle avait du faire vite et le confort de l'auberge n'était pas idéal pour préparer les atour d'une courtisane... Bien qu'elle soit plus que correct pour le commun des mortels, aux yeux de ces vautours, sa tenue était négligée, ses cheveux inommables et son odeur effroyable...

*Bon je veux bien passer sur l'odeur... Dieu! je sentirais les égouts jusqu'à la fin de mes jours!* pensea-t-elle en humant ses boucles noires.

Marie s'approcha d'elle et semblant lire dans ses pensées proposa:

-Je vais vous remplir une baignoire, Madame...

-Oh merci Marie, je te bénis!


Quelques longues minutes plus tard, encore fumante, Evangéline ressortit, propre et parfumée, avec l'impression de revivre à nouveau. Il ne lui en fallait pas plus pour laver toute la pression de ces derniers jours. Marie lui apporta une toilette toute neuve et l'aida à se préparer.

-Qu'allez-vous faire à présent, Madame?

-Je vais voir le Roi malheureuse! Et j'espère ne pas ressortir les pieds devant...

-Ne dites pas cela, Madame... Votre mission a porté quelques fruits...

Puis elle s'arrêta subitement, se mordit la lèvre et se signa:

-Oh! Pardon! Paix à l'âme de ce pauvre homme...

Evangéline lui sourit doucement:

-Oui, je ne reviens pas bredouille... Mais justement... C'est que les mauvaises nouvelles ne sont jamais faciles à annoncer vois-tu.

Elle repensa en disant cela à la note concernant la Duchesse d'Orléans, à l'insigne des mousquetaires, à toutes ses horreurs insoupçonnées...
Sans s'en rendre compte, elle était finalement prête. Elle s'observa dans le miroir un instant. Difficile de croire que la veille au matin encore, elle pataugeait gaiement au milieu des rats et avait failli se casser le nez sur un cadavre... En souriant pensivement, elle arrangea le camée autour de son cou.


*Au revoir, Philippe de Rocroy. Bienvenue de nouveau, Evangéline de Montberry!*

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Juil 11 2006, 20:39

retour au Masque Rouge quelques semaines auparavant...



.: Dans les salons de Fontaineblau, on ragôte, on ragôte! :.



[Pour remettre la petite Evy dans le bain bouillant de la Cour! Razz]


Ce soir, la Montberry tenait salon. Les invités ne pouvait guère mériter ce nom, c'étaient bien plus des intimes que des hôtes de courtoisie. Dans le minuscule appartement de l'actrice, bien peu pouvaient y tenir à leur aise, un dizaine tout au plus, et ce soir ils étaient six. Evangéline, bien sur, Molière se trouvait là également, ainsi que la désormais incontournable Françoise d'Aubervillers, la marquise Marguerite de Joinville, monsieur d'Estre, un veuf de fraiche date malgré son age déjà avancé_presque 50 ans c'est dire!_ ami des poètes et de la rime. Les ridules et les tempes grisonnantes ne sont guère du gout de la Cour, mais l'esprit reste malgré tout maitre... Et enfin, une franche enjouée: Bonne d'Heudicourt: la rousse flamboyante d'effronterie qui s'était fait un nom à la Cour en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire et que la présence de son mari ne genait guère... Autour d'une table de jeu, les réparties avaient fusées, Evangéline et elle avaient ri, amitié de Cour, amitié volage, mais toute relation restait à entretenir, alors on invitait...

-Pauvre Louise, je suis passée par son chevet après la messe de ce matin, elle se fâne comme les feuilles sur les arbres en automne...

Evangéline tenait dans ses doigts une tasse de café froid, la dernière mode dans les salons littéraires de Paris pas des meilleures marchés encore! Elle se désolait ainsi de l'état de madame de Sens, alitée depuis plusieurs jours avec une forte fièvre qui n'en finissait pas de l'épuiser. Le vent d'hiver ne réussisait jamais aux précieuses... Avec un sourire esquissé, Françoise lui répondit en haussant très légèremment les sourcils:

-N'y prenait garde ma chère, elle est bien plus tenace! Elle a attendu décembre! Je lui ais conseillé une saignée, mais elle se borne à faire son importante et de n'en point prendre conseil. Elle ou son médecin.

-Les médecins nous trouvent toujours plus de mal que nous n'en avons de fait et par leur science, ils nous en font toujours plus que nous n'en aurions jamais eu autrement! _puis faisant ondoyer ses boucles de feu autour de son visage pâle, Bonne se tourna vers Molière_ Voilà un travers qu'il serait fort amusant de voir prendre forme sous votre plume, monsieur Molière, songez-y!

Poquelin rit dans sa moustache, qu'il lissa tout en répondant à la jeune et jolie marquise (c'était sa manie lorsqu'il était fortement embarassé ou bien ému):

-Certes, madame, certes. Mais ce ne sont pas encore là mes projets!

*Le voilà bien son travers à lui, ce vieux lubrique! Un battement de cils et il en oublie femme et enfant...* songea Evangéline en faisant mine de s'intéresser à un pli de tissus manquant de pouffer franchement.

-Oh dites nous tout monsieur! Et ne faites point trop de mystère, c'en ait déjà assez que d'attendre d'un lever de rideau à l'autre!

Voyant son ami et comédien piquer un fard, touché au coeur de sa fierté suprême, et sur le fait de laisser s'échapper son intrigue avec autant de facilité que des oiseaux d'une cage, Evangéline crut bon d'interrompre la curiosité de Bonne avec badinerie:

-Que n'êtes vous donc sans pitié à ce point pour supplicier notre pauvre écrivain avec des armes qui ont tout le gout de son paradis! Tout vient à point à qui sait attendre! Et la comédie peut être plus encore, car elle a cette saveur d'éternité.

La rouquine rit de toutes ses dents blanches:

-On reconnait bien là une dame dans le secret! Vous aimez le mystère madame, mais la patience n'est, hélas, pas de mes vertus, je le confesse. Soit! si monsieur Molière ne consent à dire mot de trop sur son oeuvre future, je le prirai de dire seulement mot qui suffit...

Ses yeux verts pénétrants les siens, la marquise exerçait sur Poquelin une attraction si forte qu'il sembla à Evangéline être devant un de ses spectacles d'Orient où le cobra charme sa victime avant de le croquer tout cru. Molière se reprit cependant et n'en oublia pas ses serments de secrets inviolables.

-Les grandes fêtes de Versailles verront ma prochaine production. Et comme c'est une surprise au Roi, elle l'est d'autant plus pour la Cour...

L'auteur but un trait de vin en guise de conclusion et Bonne, elle, plissa du nez. Non vraiment elle n'en tirerait rien! Elle oublierait sa curiosité dès la soirée finie, sans nul doute, pensait Evangéline, demain, une autre ragôterie bien plus scabreuse aurait sans doute raison de son soudain intérêt pour la comédie.
Certainement ce sujet apella le comte d'Estres à se souvenir d'un pauvre bougre dont le bruit de la disgrâce faisait les choux gras de ses admirateurs autant que de ses détracteurs:


-La rumeur concernant la chute de monsieur Racine s'amplifie au point de n'être plus démentie par qui que ce soit... M'est avis que nous ne le reverrons plus de sitôt. Quelle est donc la mouche qui l'a piqué pour s'enflammer de la sorte! Il faut qu'il soit devenu fou pour s'oublier ainsi en antichambre!

Toujours prudent sur les mots, Ambroise d'Estres n'était pas de ceux qui se permettaient toutes les libertés lorsqu'il revenait de parler de sang royal, qu'il soit de France ou d'ailleurs... Les femmes n'avaient pas tant de scrupules:

-Il n'est pas prêt de reparaitre à la Cour, tenez vous le pour dit! Tant qu'il n'a pas le pardon du Roi, on n'osera le jouer nul part!

-Le Roi ne tolèrera pas que Racine se relève, si ce n'est par un autre que par lui et, pour cela, le prix en servitude humble et désintéressée sera si élevé que Racine enchaine d'ors et déjà ses descendants jusqu'à la 7ème génération!

Le trait d'ironie portant bien plus sur Louis XIV que sur le malheur du pauvre dramaturge, il se trouva des gorges pour rire. On ne se lassait jamais à la Cour de se venger, avec les moyens de l'esprit, de la pantomime imposée par le Soleil. Molière se balançait de droite et de gauche sur son séant comme s'il était assis sur des chardons. Bien qu'il s'en défendit avec vigueur en communauté, ainsi qu'indirectement à travers ses pièces, l'auteur demeurait toujours réservé lorsqu'il s'agissait de critiquer les gouts du Roi en matière d'art, en bien comme en mal, et cette éviction aussi soudaine que violente de son ami Jean Racine lui rappellait l'épée affutée et cruelle qui se balançait au dessus de sa perruque...
Tous en réalité avaient la même ombre de la déchéance qui planait sur eux, cette terrible réalité quotidienne qui s'appliquait du dernière valet de cuisine à la favorite en titre. Une fatalité qui faisait dire bien des années plus tard à la plus grande d'entre elles: "Ainsi va la Cour, aujourd'hui tout, demain rien."

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Ven Juil 14 2006, 21:20

Molière fut le dernier à partir. En l'embrassant sur les deux joues, il lui glissa à l'oreille:

-Sois ma Princesse...

La réaction d'Evangéline fut un froncement de sourcil immédiat accompagné d'un léger rictus d'incompréhension, mais Poquelin n'en dit pas plus et pour ajouter encore au mystère garda ce sourire suffisant et ravi de son effet pour passer la porte... On disait que le café excitait les nerfs. Ceux du pauvre auteur ne tenaient décidément plus la route de la santé mentale, pensea la jeune femme en refermant le battant.

En contemplant ainsi le salon vide et silencieux, l'actrice éprouva un furtif sentiment de tristesse autant que de soulagement... La pendule sonna les deux heures et Evangéline ne songeait déjà plus qu'à ses draps.

Défaisant ses pendants d'oreilles, elle se dirigea vers sa chambre et appella sa suivante. Posant ses bijoux dans sa cassette, elle entreprit alors d'ôter de sa chevelure la multitude d'épingles qui la parsemait et qui donnait à ses boucles noires un agencement aussi solide que complexe. Une à une, les mèches retombèrent dans son dos à mesure qu'elle sentait sa tête se libérer de son carcan.

Une forme blanche sur son couvre-lit rouge interpella son attention. En s'approchant de plus près, elle put lire sur le dessus du document:

"La Princesse d'Elide, comédie galante en 5 actes de monsieur Molière, présentée à l'occasion des grands divertissements royaux de Versailles"

Evangéline sourit alors, comprenant les mystères de l'auteur et son allusion précédente. Dieu que cela faisait longtemps qu'elle n'était pas monté sur les planches! Il fallait dire aussi qu'elle n'en avait pas beaucoup eut le temps dernièrement... Cette affaire de mousquetaires corrompus lui prenait bien tout de son temps et tout de son énergie. Aurait-elle seulement le temps pour se consacrer au premier rôle d'une pièce... rien n'était moins sûr. Heureusement qu'il y avait eut cette soirée pour lui rappeller qu'elle entretenait un semblant de compagnie à la Cour! Elle en venait à passer une majeure partie de ses journées avec De Verchères à ne parler que complots et intrigues, bien peu sain en fin de compte pour une dame...

Ah mais! Voilà qu'au moment de délasser ce maudit corset, Marie se faisait toujours attendre! Presque 20 minutes à présent qu'elle venait de l'appeller et toujours point de tête blonde...


-Marie! Tu dors, petite?! Marie! Une minute de plus serrée de la sorte et je fume!

Tirant allégremment sur le cordon relié à une clochette située dans la chambre de la jeune fille, Evangéline continua de la héler mais rien n'y fit... Finalement elle abandonna dans un soupir d'épuisement:

-Ah! Tu as intérêt à bien dormir, jeune fille, pour me laisser me bagarrer seule avec cet instrument de torture!

Au prix de maints efforts, protestations, jurons même, et aussi instants de désespoir et de renonciation, la courtisane sentit les liens libérer ses poumons. Elle enleva son carcan et jetant un regard hésitant vers le feu brulant se retint d'y envoyer "le monstre" se faire lécher comme dans les flammes de l'Enfer!

Chemise de nuit blanche sur le dos, l'actrice s'engouffra dans ses draps froids et frissonna. Bon sang! Une bonne nuit de repos, c'était tout ce qu'elle demandait!

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MessageSujet: Visite inatendue   Sam Juil 15 2006, 10:35

A environ 2h00 du matin, un homme vînt frapper à sa porte, cet homme revêtait une cuirasse de dragon frappée d'un écu n'appartenant pas au royaume de France, cependant chose qui pouvait rassurer il avait une cape avec 2 fleurs de lys brodées dessus une dans le dos, l'autre sur le coeur. Mais qui était donc cet homme de la nuit?!?
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Sam Juil 15 2006, 12:09

[Euh dis moi tu es pas à bcp d'endroit à la fois?! J'attend une reponse d'Elrohir pour la poursuite de notre intrigue, alors à moins que tu y ais qqchose à voir, je ne réponds pas... Merci de ta compréhension! ^^]

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Jean Winderfield
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Juil 17 2006, 11:53

Un groupe de cinq hommes étaient dissimulés dans l'ombre, près d'une porte. Ils étaient vêtus d'uniforme de mousquetaire et semblaient attendre pour quelques choses.

Un homme pour grand que les autres, qui semblait être le chef, regarda à gauche et à droite, surveillant pour ne pas que de gardes viennent par ici. Il se souvint des ordres de son supérieur, attraper la fille et revenir avec sans lui faire de mal. Voila maintenant une heure que le groupe attendant à l'extérieur que la petite fête termine dans la chambre.

Quand un dernier homme quitta, le chef fit signe aux autres de venir. Ils attendirent quelques minutes et pénetrèrent en silence dans la chambre. Il y avait une jeune femme blonde, dos à la porte. Voulant éviter les témoins, le chef sorti en silence une dague. Il s'approcha de la femme et il lui donna un coup derrière la tête. Pour empecher le bruit, il la saisit avant qu'elle ne tombe au sol.

Ils déplacèrent le corps inconscient pour ne pas que la maitresse, qui est la cible, se doute de quelque chose. Alors, les cinq hommes attendirent de l'autre coté de la petite porte, attendant que les lumières s'éteignent. Ils entendirent la femme qui criait apres sa servante... mais qui ne vint pas pour s'enquérir d'elle. Les minutes passèrent et la lumière s'éteignit.

Au bout de quelques minutes, pour qu'elle s'endorme, quatre des cinq hommes entrèrent dans la chambre sombre et pratiquement sans lumière. Ils s'approchèrent du lit en silence. Le chef était toujours en avant des autres et tenaient toujours sa dague.

Il arriva le premier à coté du lit, regardant si la femme dormait, ce qui semblait être le cas. Il tenait toujours sa dague dans sa main et il posa son autre main fermement sur la bouche d'Évangéline. Lorsqu'elle se réveilla en se débattant un peu, l'homme lui fit signe de se taire et il lui montra le poignard.

Les trois autres commencèrent à l'attacher et le quatrième patrouillait toujours près de la porte. Durant une seconde d'inatention, le chef quitta Évangéline des yeux pour regarder ce que ses hommes faisaient.
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Juil 17 2006, 20:33

Il n'avait pas fallut longtemps à Evangéline pour glisser dans un sommeil profond et les paupières fermées, le souffle régulier, elle se laissait aller dans le monde totalement décousu des rêves.

Elle en était à marcher sur le bord d'un grand lac miroitant puis, sans raison aucune, l'envie lui était venue de s'avancer dans les eaux tièdes. Marchant doucement et d'un pas prudent, l'eau lui arriva bientot jusqu'à la taille. Evangéline s'étonna même, dans ses propres songes, de ne pas se laisser gagner par la peur de l'élément qui ne lui inspirait en temps ordinaire que crainte et malaise... Soudain, son pied se déroba dans le fond, elle trébucha et se trouva la tête sous l'eau. Il lui semblait que l'eau envahissait son nez, sa gorge et finalement ses poumons, pour la mener à sa fin.

Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte que c'était dans la réalité même qu'elle suffoquait, et alors qu'elle voulait reprendre sa respiration, une main la tenait en respect.
Elle ouvrit les yeux et vit cet homme penché au dessus d'elle, une dague levée dans son autre main. Inutile, sans doute, de décrire l'effroi que l'on peu ressentir en telle circonstance, Evangéline voulut hurler, hurler à s'en faire exploser la cage thoracique! Mais bien sur, seul un léger son étouffé sortit de ses lèvres prisonnières, un gémissement pathétique et inutile.


Son agresseur ôta sa main et un autre arriva aussitôt avec un baillon pour calmer d'éventuelles ardeurs de cantatrice. Dans un regard inquiet, la jeune femme vit une bon nombre d'hommes, tous semblables, investir sa chambre.
Bon sang mais elle ne comprenait encore rien de ce qui se passait. Elle avait tout d'abord cru à une erreur, une farce et puis l'uniforme noir frappé de la fleur de lys la glaça de terreur... Ils l'avaient trouvé, ils savaient que c'était elle, elle qui enquetait sur eux, elle qui aurait leur peau s'ils n'avaient pas la sienne avant...


-Je suis morte...

Maintenue au tronc par un individu, les bras et les jambes tordus par deux autres, Evangéline se savait perdue. Malgré tout, elle n'en cessait pas moins de se débattre comme si sa vie en dépendait (et pour le coup c'était bien le cas! Razz)
La porte dérobée qui conduisait à la chambre de Marie, et aux parties communes du château, était restée ouverte. Avec un peu de chance...


Muette et certainement moins forte, mais ni cul de jatte, ni manchotte, la victime se défendrait avec ses armes, des armes qui avaient déjà fait leurs preuves... Le rustre qui se tenait derrière elle et qui s'efforçait de lui tenir les bras n'était pas bien dégourdi à l'évidence. Evangéline lança sa tête en arrière et entendit un craquement sinistre: le nez de l'homme céda dans un flot de sang.
Aussitot elle arrêta le sort de celui qui essayait de lui ligoter les jambes comme un saucisson. Elle connaissait bien cette technique, vieille comme le monde, que lui avait enseigner son propre père et qui ne consistait à ne frapper qu'une seule fois, mais de sorte qu'un homme normalement consititué ne s'en relève pas... Son genoux vint recontrer sans ménagement l'entre-jambes de ce monsieur, qui s'effondra alors comme une planche.
Une bouffée de satisfaction envahit le coeur de la jeune femme alors que les deux malfrats payaient chèrement leur rudesse.

Dans la débacle qui accompagnait la chute de ces deux hommes, l'espionne se jeta désespéremment hors de son lit et s'élança vers la porte entrouverte. Une masse noire se dressa alors entre elle et sa liberté dans laquelle elle butta durement et perdit l'équilibre...


suite pour Evangéline

suite pour Marie

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Juil 17 2006, 20:55

Le chef s'était attardé à poser la lettre sur le bureau quand il entendit des bruits de luttes. La femme, elle se débattait, normal pour un être qui voulait vivre. D'un coup, il vit la porte vers laquelle elle se dirigeait. Pauvre elle, elle n'était meme pas consciente de ce qui allait se produire. Il cria le nom de l'homme qui était dans la chambre et ce dernier sortit, arriva nez à nez avec Évangéline, faisant pratiquement une tête de plus que la jeune femme.

Il lui saisit les épaules et il la poussa contre le mur. Évangéline se cogna la tête et tomba sur le sol, comme un corps inerte avec le bord de la tête fendu.

Le chef arriva à grand pas et il frappa l'homme dans le ventre. Il lui dit:

- Il ne fallait pas lui faire de mal bougre d'idiot, tu as vu ce que tu as fait.

Tant pis se dit-il. Elle a tout de meme blessé deux de ses hommes. Il pointa ses hommes pour qu'elle l'attache rapidement. S'ils pouvaient partir alors qu'elle était inconsciente, leur sortit serait que plus facile.

Les deux hommes blessé se relevèrent de peine et misère, se préparant à suivre le groupe. La femme était maintenant attachée, baillonée et inconsciente. Le chef désigna deux hommes pour la transporté et il s'apprêtèrent à sortir de la chambre.

Le chef partit en éclaireur, dans l'obscurité du chateau. Les quatre autres le suivaient, surveillant toutes traces de bruit. Soudain, en tournant un coin, il tomba nez-à-nez avec un garde. Stupéfait de voir le groupe de cinq mousquetaire transportant une prisonnière d'une drole de façon, il n'eut pas le temps de crier et encore moins le temps de parer l'épée qui vint le frapper en pleine poitrine. Le mousquetaire tomba mort.

Le chef entendit des pas précipités. Bon Dieu, ils étaient si près de la porte. Courir ou bien attendre. Le chef eut une idée. Il dit au groupe de se cacher et le chef avança vers les bruits de pas. Le garde arriva et il vit le mousquetaire. Le garde demanda ce qui se passait et il eut comme réponse qu'un homme avait pris la fuite dans cette direction. Rapidement, il se tourna et commença à courir dans la direction. Il ne vit pas le chef sortir son pistolet pour le mettre en joue. Une détonation se fit entendre et le garde reçut la balle derriere la tete, tomba au sol avec du plomb de plus dans la cervelle.

Le chef retourna vers les autres et il mit le pistolet dans la main du garde mort au sol. Il se dépechait car le coup de feu aurait dû réveiller une bonne partie du chateau.

Le groupe se dépecha à sortir et à grimper sur leurs chevaux qui étaient pas très loin de la porte. Ils montèrent et ils passèrent devant les deux gardes de la porte qui couraient vers l'intérieur pour voir ce qui se passait. Ils saluèrent les mousquetaires, croyant que c'était des mousquetaires au travail. Ils avaient serré leur garde, tout d'un coup que les gardes voulaient s'en prendre à eux. C'est ainsi qu'ils disparurent dans l'obscurité de la ville, en direction de la forêt.

Pendant ce temps, dans la chambre d'Évangéline, gisait une servante qui allait se réveiller avec un sérieux mal de tête ainsi qu'une lettre dans la main de la servante au nom d'Elrohir et personne d'autres
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Ven Juil 21 2006, 02:33

Elrohir arriva d'un pas précipité vers la corridor qui menait à la salle d'Évangéline. Par contre, son attention fut attiré par deux silouhettes sombres qui gisaient au sol et des gardes qui rodaient autour. Il prit la main de Marie et il l'ammena juste à coté de lui. Il lui désigna du menton le groupe de gardes et il dit à Marie:

- Reste très près de moi. Nous ne savons pas à qui faire confiance, mais nous devons voir ce qui s'est passé. tu n'es pas obligé de regarder ces morts, il va y avoir du sang, je vous préviens tout de suite Marie.

Elrohir tenait la main de Marie et il l'ammena avec lui. Arrivé près du garde, il demanda ce qui c'était passé:

- Rien de bien grave, seulement que deux gardes qui se sont disputés, le premier à embroché l'autre le laissant pour mort. Il partit, le croyant mort, mais dans son dernier souffle de vie, il lui tira une balle derrière la tête, fin de l'histoire.

Elrohir regarda les deux cadavres successivement. Il sourit au capitaine des gardes et il partit, ammenant toujours Marie avec lui. Une fois rendu un peu plus loin, il dit à Marie:

- Combien d'anomalie avez-vous remarqué dans cette petite scène et la cher explication du capitaine bientot à la retraitre? 1, 2, 3?

Marie haussa les épaules. Elrohir sourit et ajouta:

- Bien sûr, tu n'as pas à faire cela Marie et cela t'honore. Fouiller des morts c'Est déplorable. Mais il y en avait quatre, quatre erreurs que le capitaine n'a pas remarqué. Premièrement, le garde qui s'Est fait embroché avait deux pistolets sur lui, un à la taille et le second au sol. Hors, tous les gardes du chateau ne sont armés que d'un seul pistolet. Seconde, la blessure portée au garde embroché... désolé de mon langage, mais la blessure est située directement au coeur, elle est fatale sur le coup, rien de moins. Troisièment, la précision avec laquelle la balle a été tirée. Quand on est sur le seuil de la mort, on vois trouble, embrouillé. Croyez-moi Marie, quand on ne voit que des nuages et des ombres, on ne cherche pas à viser un petit point qui sert de tête, on vise l'ensemble, le thorax ou l'abdomen et je ne crois pas en la chance d'une balle perdue. Quatrième, l'arme du garde qui a reçut une balle derrière la tête. Elle se trouvait à plus de deux mètres de lui, ce qui veut dire qu'il était en pleine course. Hors, s'il croyait sa victime morte, il ne serait pas en train de courir. Ce qui veut dire que le capitaine se trompe et que nos ennemis sont passés ici. Pourquoi le garde leur tournait-il le dos, je l'ignore, mais j'ai comme hypothèse que lorsque nous portons des uniformes de mousquetaire, admettons que l'on inspire la confiance à l'intérieur de ce chateau.

Il avait dit tous cela pendant leur marche. Il regarda Marie qui semblait un peu perdu avec toutes ses explications. Elrohir lui fit un sourire et il ajouta en riant:

- Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas fou et vous avez bien fait de venir me voir. C'était la seule chose à faire.

Ils se rendirent à la chambre d'Évangéline. À la porte, Marie cessa d'avancer, ne voulant pas entrer. Elrohir regarda à gauche et à droite et il dit:

- Marie, je comprends votre peur, mais je ne peux pas vous laisser seule à la porte. Fermez les yeux si vous voulez, mais restez en contact avec moi. Nous ne sommes pas dans un endroit sûr.

Après quelques échanges de paroles, ils finirent pas entrer dans la chambre. Il y avait des traces de luttes certes. Mais Elrohir fut davantage attiré par les deux traces de sang. Avant tout, il dirigea Marie vers une chaise pour l'assoir et il se rendit à la trace de sang près d'une porte.

Le sang était sur le mur, qui était un peu défoncé. Le sang était clair et il y avait quelques mèches de cheveux qui était resté accrochées dans la fissure du mur. De longs cheveux noirs et droit, comme ceux d'Évangéline. Elle avait été probablement été projetée vers ce mur. Ce genre de détail, il ne voulait pas le dire à Marie.

Il se dirigea vers la seconde trace de sang sur le lit. Le sang était plus foncé et Elrohir trouva, une dent parmi les draps. Une vieille dent toute pourrie. Il s'exclama et il ajouta:

- Marie, Évangéline c'est bien défendue, elle a cassé une dent à un de ses brigands. J'espère qu'il est défiguré même.

Il continua sa fouille dans toute la chambre. Il ne trouva pas rien d'autre. Il se dirigea vers Marie et il trouva un autre indice au pied de sa chaise. Une feuille morte. Il la tendit à Marie en disant:

- Vous vous devez savoir que les feuille du chateau sont...

Il n'eut pas le temps de finir. Elle ajouta qu'elles étaient toute raclées à l'automne. Elrohir sourit et il ajouta:

- Bien Marie, vous avez raison. Puisqu'il n'y a pas d'arbre dans la ville de Paris, nos chers ennemis doivent être dans la forêt. C'est un indice qui nous donne un avantage Marie, un avantage.

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Ven Juil 21 2006, 21:32

retour au quartier des mousquetaires

Marie courait presque pour ouvrir la voie de la chambrée de sa maitresse au mousquetaire. Ils étaient passées par les communs du château et avaient emprunté le large escalier en collimaçon qui desservait tous les étages du château. Mais celui -ci n'avait rien d'un escalier d'apparat: sombre et humide, seuls les domestiques l'empruntaient pour se rendre à leur chambre ou bien pour accéder à un appartement en particulier, cachés de tous. Hors de question de mêler la plèbe aux "hautes sphères" dans les mêmes couloirs!

Après une courte ascencion, Marie quitta l'escalier et s'avança dans un étroit corridor, un corridor qui ouvrait sur d'autres appartements que celui d'Evangéline. Mais soudain elle s'arrêta sans crier garde. Une scène macabre se déroulait non loin d'eux.
Tandis qu'Elrohir s'adressait aux gardes en faction, et bien qu'il ait prévenu la jeune fille de ce qu'elle risquait de voir, Marie ne put s'empêcher de baisser les yeux au moment de passer sur le côté.
Le mousquetaire ne lui avait pas menti. Elle avait déjà vu des morts, difficile à éviter dans les temps qui couraient les campagnes et les villes, mais jamais des hommes morts dans la violence d'un combat, jamais de sang, jamais ce rictus de douleur qui déforme les traits pour l'éternité...

Choquée mais pourtant incapable de détourner le regard, Marie ne sentit pas Elrohir avançer et s'adresser à elle:


Citation :
- Combien d'anomalie avez-vous remarqué dans cette petite scène et la cher explication du capitaine bientot à la retraitre? 1, 2, 3?

-Euh... Je... bredouilla-t-elle comme si elle venait de se réveiller.

Heureusement il ne lui laissa pas le temps de répondre _ et de toute façon elle aurait été bien stupide car elle était incapable de sortir une réponse cohérente_ et se lança dans une démonstration savante et compliquée pour celui (ou en l'occurence celle) qui n'entendait rien du tout en matière de meurtre. Par politesse, et aussi, disons le, par un certain intérêt tout de même, Marie acquièsa à ses dires et essayait de se figurer les choses concrétement dans sa tête. Elle ne devait pas avoir une mine convaincante nénmoins:


Citation :
- Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas fou et vous avez bien fait de venir me voir. C'était la seule chose à faire.

Marie hocha de la tête:

-Je le savais bien, et les ravisseurs eux aussi visiblement...

Au moment de pousser la porte qui s'ouvrait à l'intérieur de la chambre d'Evangéline, Marie hésita puis la poussa d'un doigt sans pour autant avançer. Une sorte d'appréhension la retenait sur le palier. La peur de voir surgir de derrière les tentures des malfrats égarés. La réticence de revoir une nouvelle fois les lieux où sa maitresse s'était défendue, puis où elle avait été aussi blessée... Impossible à dire avec certitude, mais il y avait certainement un peu de tout en même temps.
Le mousquetaire nota son immobilisme et l'entraina à le suivre, du moins à rester avec lui... Il était certain qu'elle ne courait aucun danger en restant au plus proche de lui et sa présence la rassurait fortement, malgré tout, ce ne fut pas de gaieté de coeur qu'elle entra à son tour dans la pièce.

Assise sur le fauteuil de bureau d'Evangéline, elle balayait du regard la pièce et elle se prit même à s'attarder sur le moindre petit détail: peut etre qu'elle aussi pourrait trouver quelque chose, n'importe quoi, une trace qui les ménerait aux agresseurs... Mais un oeil novice, non entrainé, ne voit rien de ces choses là à moins qu'il les ait juste sous le nez. Elrohir, silencieux, en venait à des résultats bien plus rapides et bien plus concluant...


Citation :
- Marie, Évangéline c'est bien défendue, elle a cassé une dent à un de ses brigands. J'espère qu'il est défiguré même.

Prise d'un vif intérêt, Marie se leva, le visage éclairé par une telle découverte. En se penchant à son tour sur la dent, elle s'exclama avec passion:

-Et pourvu que toutes les autres soient aussi tombées et qu'il s'étrangle maintenant avec!

Déstabilisée par son propre excès de colère, elle se tut et se pinça les lèvres entre elles.
Elrohir continait toujours ses recherches qui s'avéraient décidément bien fructueuses. Une feuille morte à présent. A cette période ci de la saison?! On en trouve plus guère que dans les endroits où personne ne passe jamais...


-...raclées... Oui, je le sais bien, je connais un des jeunes jardiniers qui s'en charge d'ailleurs! Il se plaint assez!

Citation :
- Bien Marie, vous avez raison. Puisqu'il n'y a pas d'arbre dans la ville de Paris, nos chers ennemis doivent être dans la forêt. C'est un indice qui nous donne un avantage Marie, un avantage.

Une petit fierté subite rosit les joues de la jeune fille. Elle s'employait de son maximum pour ne pas paraitre inutile dans cette histoire. Oh elle connaissait bien ses propres limites dans bien des domaines mais quand on vient du pays (provinces au sens large! lol!) il y a des choses que l'on sait d'expérience et qui ne peuvent pas tromper:

-Et je dirais même que l'endroit où cette feuille a été prise par la botte n'est pas excessivement loin d'ici... Elle est encore humide... Et une feuille doit bien sécher en une nuit...


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Elrohir
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Juil 24 2006, 02:55

Quand Marie sortait le dernier argument sur l'humidité de la feuille, Elrohir regard tour à tour la feuille et Marie. Un peu perplexe, Elrohir rit et dit:

- Vous voyez, même vous vous pouvez en montrer à un mousquetaire, je dirais même plus tous les mousquetaires.

Elrohir lacha la feuille pour la laisser tomber au sol. Maintenant, elle ne serait plus d'utilité. Tout de même, il ne peut s'empecher de demander:

- Votre ami le jadinier, jeune ami je dois dire. Quelle genre de relation vous entretenez avec lui?

Voyant Marie rougir, par gêne ou à cause du manque de gêne d'Elrohir, ce dernier ajusta immédiatement son tir:

- Oubliez cela, je ne pense pas que cela soit très utile pour l'enquête. Donc, nous avons une dent cassée, une feuille dont l'arbre est non loin d'ici mais surtout, nous avons des gardes morts qui ne semblaient pas avoir eu peur de nos petits amis. En contrepartie, nos petits amis ne semblaient pas être dérangés par le camouflage. Ceci confirme qu'ils étaient habillés en quelque chose d'autoritaire.

Elrohir se pinça le haut du nez entre les deux yeux comme pour se concentrer. Il n'y avait pas grand chose à penser, avec l'enquête en cours, la lettre de menace, les brigands pouvaient aisément croire qu'Elrohir avait Évangéline comme maîtresse car il passait le plus clair de son temps avec elle.

- Je mets ma main au feu que ce sont les mousquetaires.

Mais il ne gardait pas son expression de victoire bien longtemps, car il devait maintenant sortir Évangéline de là. Comment pouvoir faire parler des mousquetaires de façons subtiles. En plus qu'Elrohir était le sous-lieutenant, trop connu pour pouvoir les approcher sans se faire reconnaitre.

Ils n'Avaient pas le choix. Maintenant il devait tout miser. Il regarda Marie et il lui dit:

- Nous devons aller dans le ventre du monstre. Les mousquetaires ont des permissions de sortie pour le soir s'ils ne sont pas de service ou de garde, comme vous le voulez. Nous irons trouver ceux qui ont l'air les plus fatigués, ceux qui sont absents, car il est normal de laisser du monde pour la surveiller. Même attacher, Évangéline peut être une vraie peste.. dans le bon sens du terme bien sûr

Il avait ajouter cela vite à la suite du regard sombre de Marie.

- Trouvons les mousquetaires absents, ils doivent être en train de dormir, malgré votre tapage de ce matin. Nous ouvrons des portes, nous les refermons. Pardon, j'ouvre des portes, parfois certains ne sont pas présentables, même en dormant.

C'était drole de discuter avec Marie, elle qui était si innocente, si jeune. Bientot, elle devra faire face au périple de la vie, mais pour le moment, tachons de garder Marie en bonne santé et de sauver Évangéline:

- JE sais, le plan est un peu boiteux, mais c'Est tout ce que nous pouvons faire pour le moment. Si vous avez des idées, faites moi en part car je suis un peu sous le choc encore et j'espère la retrouver la plus rapidement possible cette ÉVangéline

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Juil 25 2006, 22:13

Citation :
- Vous voyez, même vous vous pouvez en montrer à un mousquetaire, je dirais même plus tous les mousquetaires.

A ceci, la petite Marie baissa légèremmet la tête et s'empourpra par péché d'orgueil. Elle ne s'était pas défait de sa rougeur lorsqu'Elrohir posa une question qui la surpris plus qu'elle ne la gêna:

Citation :
- Votre ami le jadinier, jeune ami je dois dire. Quelle genre de relation vous entretenez avec lui?

Elle faillit ouvrir la bouche pour répondre poliment mais tout de même avec assez de dignité pour qu'on ne la pris pas pour une de ces écervellées_qui couraient bien le château il fallait le dire_ qui remontait le jupon aussi facilement devant le jardinier, que devant un page, que devant un duc... Mais enfin De Verchères s'en sortit par une de ces pirouettes verbales dont il avait le secret et, néanmoins piquéen la jeune fille choisit de ne pas poursuivre sur le sujet. Il avait bien raison: ce n'était pas la question présentemment!

Il l'amena à réfléchir sur autre chose de bien plus essentiel: les ravisseurs étaient déguisés en personnages représentant l'autorité... Lorsqu'Elrohir avança la piste des mousquetaires, il était clair dans l'esprit de la jeune fille que c'était bien là les seuls à pouvoir commettre un tel forfait à l'intérieur même du château au nez et la barbe de toute la garde...


Citation :
- Nous devons aller dans le ventre du monstre. Les mousquetaires ont des permissions de sortie pour le soir s'ils ne sont pas de service ou de garde, comme vous le voulez. Nous irons trouver ceux qui ont l'air les plus fatigués, ceux qui sont absents, car il est normal de laisser du monde pour la surveiller. Même attacher, Évangéline peut être une vraie peste.. dans le bon sens du terme bien sûr

*A cette heure-ci?!*

A près toutes ces émotions, Marie n'aurait pas craché sur une bonne fn de nuit de sommeil. Elle ne savait pas par quel miracle elle tenait encore debout, car il fallait bien dire que le sommeil que ses agresseurs lui avaient imposé tout à l'heure ne méritait pas vraiment ce nom... Ses agresseurs, ceux de madame Evangéline surtout. Elle imagina pour la première fois depuis le drame dans quelle situation devait bien se trouver sa maitresse en ce moment même. Sans doute que quitte à tout prendre, elle aurait préférer être bien au chaud dans son lit. Marie se trouva alors bien égoiste et décida de tenir debout jusqu'à ce que ses jambes continuent à la porter.

*Peste?!*

Marie fronça alors les sourcils en s'extrayant de ses pensées. Non mais! Si madame était là... Elle détourna ensuite le regard d'un air outré: si elle voulait cela reviendrait bien aux oreilles de ladite "peste-dans-le-bon-sens-du-terme-bien-sûr"...

Elle écouta malgré tout la suite du plan d'Elrohir. Cela faisait bien peu de temps qu'elle avait été confronté à cette notion un peu abstraite et périlleuse et aussi ne se rendait-elle pas encore véritablement compte de la mauvaise association des deux termes: "plan" et "Elrohir" dans la même phrase. Evangéline lui aurait dit de freiner les deux pieds à la fois avant de s'y lancer, mais l'idée ne venait même pas à l'esprit de Marie. Un mousquetaire sur qui l'ont pouvait compter pour aider sa maitresse, la seule personne sur qui elle pouvait compter, cela ne se refusait pas!

Citation :
- JE sais, le plan est un peu boiteux, mais c'Est tout ce que nous pouvons faire pour le moment. Si vous avez des idées, faites moi en part car je suis un peu sous le choc encore et j'espère la retrouver la plus rapidement possible cette ÉVangéline

-Pas vraiment une idée, une remarque simplement. Si jamais vraiment nous tombons nez à nez avec les sales types de ce soir, ne risquent-ils pas de me reconnaitre?! Moi j'en serais bien incapable, mais eux...?!

Elle laissa sa question en suspens pour laisser à Elrohir le temps de se faire sa propre opinion sur le sujet. Tandis qu'elle avait parlé, elle s'était massé l'arrière du crâne et la nuque. Sûr qu'elle ne pourrait les reconnaitre, mais elle s'en souviendrait bien de leur visite!

suite


Dernière édition par le Dim Juil 30 2006, 16:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mer Juil 26 2006, 02:58

Elrohir était sur le point de partir lorsque Marie exprima son dernier opinion. Tout d'abord, Elrohir se dit que cela était vrai, mais après tout, Elrohir changea d'idée et il fit un grand sourire triomphant:

- Justement, imaginez la peur qu'il lui prendra, peut-etre pas la peur, mais la surprise. Cela ne dure que quelques secondes, mais se seront des secondes sufissantes qui peuvent nous aider. Alors allons-y

Ils se préparèrent à partir vers le quartier des mousquetaires quand Elrohir cessa immédiatement sa démarche. Marie qui devait être dans la lune ou trop fatiguée, percuta Elrohir. Ce dernier se retourna et attrapa la servante avant qu'elle ne tombe. Il lui dit en la regardant dans les yeux:

- Par contre, ne me quittez jamais. Vous ne serez en sécurité qu'avec moi. Si un homme autre que moi vous touche, criez instantanément, ça je sais que vous pouvez le faire. Faites moi confiance, nous allons sortir Évangéline de se trou à rat

Il inclina la tête et il se retourna pour sortir de la pièce

(HS suite dans le quartier des mousquetaires)

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Aoû 08 2006, 20:42

[Suite de la forêt]

Trois paires de pieds martelaient le plancher grinçant de l'escalier de service. Celle de la petite Marie était naturellement légère quoiqu'un peu chancelante, celle de sa maitresse, inégale, et la dernière, celle d'Elrohir, douloureuse...

Marie laissa échapper un baillement qu'elle ne put dissimuler tant il venait du plus profond de ses entrailles. En voyant les paupières de la jeune fille cligner à espaces de plus en plus restreints, Evangéline esquissa un petit sourire:


-Monte te coucher ma douce, tu as eu ta part d'émotions fortes pour ce soir, et plus encore!

Marie s'efforça d'ouvrir ses yeux bien grands pour démentir les paroles de sa maitresse:

-Oui mais madame, je ne peux pas vous laisser de nouveau seule, pas après ce qu'il s'est passé...

Le coeur y était réellement mais ladite "madame" voyait que le physique ne suivait plus. Elle coupa court à tout zèle et conclut:

-Bonne nuit à toi aussi, Marie...

Ils étaient sur le palier qui menait à la chambre d'Evangéline, tandis qu'en montant un peu plus on arrivait aux chambres des domestiques. Autant dire que la jeune fille ne se fit pas prier éternellement et qu'elle répondit par une petite révérence à sa maitresse et au mousquetaire avant de continuer de son pas fatigué, l'ascencion des marches qui la ménèraient vers son sacro-saint lit.

Devant la petite porte, demeurée fermée mais pas verrouillée, menant vers sa chambre, Evangéline posa la main sur la poignée et hésita avant de la faire tourner. Elle se retourna vers son compagnon d'infortune en désignant la porte:

-Vous voulez vous assurer qu'aucun mousquetaire assoiffé de sang ne se dissimule derrière mes tentures?!

Ce qui était de l'humour sonna néanmoins comme teinté d'une crainte réelle. On ne pouvait pas compter sur Evangéline comme étant une sombre paranoïaque, mais une telle aventure ferait naitre une certaine appréhension chez plus d'un sans doute.


En pénétrant dans la pièce noire comme un four, la première chose qu'elle fit fut de tendre l'oreille pour écouter. Bien sur elle n'entendit rien d'autre que sa respiration et elle tendit la main vers sa table de nuit et tatonnant, trouva sa chandelle et la mèche pour l'allumer. Le souffre s'embrasa et la lumière commença à chasser les ténèbres.
Au fur et à mesure qu'Evangéline approchait la flamme d'une autre bougie, la chambre gagnait un peu plus en lumière et petit à petit, les pupilles s'accomodèrent.

Devant le spectacle de son appartement à moitié dévasté, Evangéline se passa une main lasse sur son front et se faisant effleura sa blessure qui était encore à vif. Cela lui rappella l'état dans lequel se trouvait le mousquetaire qui la suivait. Elle vint le soutenir par le bras et le conduisit vers l'ottomane qui trônait devant sa cheminée.


-Venez vous asseoir. Je ne comprend pas pourquoi vous n'avez pas voulu rentrer à vos quartiers vous faire soigner... Vous n'êtes pas un héros grec, Elrohir, ni plus ni moins qu'un homme...

Après qu'elle l'eut installé sur le long fauteuil, elle baissa le regard et vit un petit vase de porcelaine blanche, un vieil héritage aux motifs démodés depuis belle lurette mais qui avait sa valeur sentimentale. En ramassant les morceaux, elle essaya en vain de les raccorder et soupira:

-Regardez-moi ce gâchis...

Gâchis... Oui il suffisait de regarder ce qu'ils avaient fait de ce vase, de sa chambre, d'elle et puis d'Elrohir... Il faudrait là aussi du temps pour rassembler tous les morceaux.

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mer Aoû 09 2006, 03:15

Elrohir n'était pas vraiment maitre de ses pensées et actes. Il monta difficilement les marches. Il entendit Evangéline qui disait à Marie de partir. Quand elle partie, Elrohir lui fit un sourire et il lui dit:

- Merci pour tout Marie.

En boitant, il se rendit à la chambre avec Evangéline. Quand celle-ci le lacha pour ouvrir la porte, il s'appuya lourdement contre le mur, évitant ainsi de tomber. Il vit Evangéline qui hésitait à ouvrir la porte. Elle se tourna vers lui avec un petit sourire gêné, lui expliquand la situation. Elrohir fit un sourire sincère, mais toujours silencieux. Il porta sa main à l'épaule d'Evangéline et il saisit la poignée pour entrer le premier.

Il entra, toujours le pas lourd. Il regarda à gauche, et à droite. Malgré l'obscurité, il était évident que rien ni personne de dangereux n'étaient dans cette chambre. Elrohir fit signe à Evangéline d'entrer.

Elle alla allumer des lumières. Après l'opération, elle vint aider Elrohir à s'assoir sur un siège en lui disant qu'il était mieux pour lui de partir aux quartiers des mousquetaires. Il lui répondit:

- Non, et j'espère que je ne suis pas grec. Pour le quartier des mousquetaires, après vos derniers instants vécu avec mes chers collègues, vous leur faites confiance? Je serai une cible très facile à atteindre en cette soirée, tout comme vous d'ailleurs.

Il porta sa main à son uniforme qu'il avait attaché pour l'enlever de sa taille. Avant de l'enlever, il regarda Evangéline qui un vase brisé. Elrohir lui saisit une main et il l'entraina à s'assoir sur une chaise à coté de lui. Il lui dit après avoir toussé un peu sous sa respiration atteinte:

- Au moins, ils n'ont pas détruit ce qui était le plus important ici Evangéline. Donnez-vous quelques jours et vous serez sur pied. D'ailleurs, laissez-moi regarder votre blessure et je vous jure que vous pourrez regarder la mienne ensuite.

Quand Elrohir se pencha, toujours assit sur sa chaise, un vacarme se fit entendre derrière. Instinctivement, il se leva et sortit sa dague (N'ayant plus d'épée mais on ne dira pas pourquoi). Il scruta la pièce et il avança pour pouvoir voir. Il constata que ce n'était que la fenêtre qui avait claquée. Il prit tout de même le temps de regarder à l'extérieur et il ne vit rien d'autre que rien. Il rangea sa dague et ferma la fenetre.

Il se tourna vers Evangéline qui tentait de demeurer digne et courageuse, mais qui était également en train de crouler sous la peur... cela se voyait dans ses yeux. Il s'avança vers lui, se voulant rassurant. Il lui saisit les mains en lui disant:

- Tout va bien Evangéline, tout va bien. Ce n'était que la fenetre qui a été ouverte par le vent. Personne ne viendra ici ce soir, je vous le promets.

Il déposa la tête de l'espionne sur son épaule, tentant de la réconforter. Elle avait beau être une espionne et une dure, elle venait de subir un sérieux choc. Voulant la rassurer et la faire sourire, Elrohir lui dit:

- Ne vous inquiétez pas, je ne dirais à personne que vous avez eu peur. Je dirai que lorsque je suis arrivé, vous étiez détachée et que vous aviez battue tous les brigands. Pour ce qui est de ma blessure, bien tout le monde connait ma maladresse, alors je dirai que je me suis tiré dessus en tentant de ranger mon arme ou bien en tombant quand j'ai défoncé la porte.

Elrohir rit, espèrant pouvoir réconforter l'espionne. Après quelques instants, il prit la tête de l'espionne lentement et il la tourna vers ses yeux. Il lui dit:

- Je ne recherche ni la gloire, ni la fortune Evangéline. Je veux simplement protéger ceux qui le mérite. Alors, pour avoir été trop long pour être venu vous sauver, je vous donne la permission de me soigner ce soir, regarder donc un peu cette plaie par pitié, elle me fait souffrir.

Il lacha le visage d'Evangéline et il attendait ce qu'elle ferait

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mer Aoû 09 2006, 21:02

Alors qu'Elrohir se penchait pour porter les yeux sur sa cuisse blessée et qu'Evangéline allait de nouveau la minimiser, un battant claqua. La jeune femme releva la tête brusquement et se figea sur place. Le temps semblait avoir capturé ses mouvements, son souffle, voire peut etre même son pouls.

Elrohir se releva et se dirigea vers le coin de la chambre d'où provenait le bruit. La fenêtre... Cette maudite fenêtre qui lui faisait la même scène chaque hiver! C'était à se demander si ce château était mieux isolé que la vieille bicoque pourrie au fond des bois! Et encore, Evangéline se reconnaissait parmi certains des plus correctement lotis à Fontaineblau. Dans un appartement comme le sien, à quelques couloirs, des barons, des comtes et même des marquis pouvaient s'y entasser jusqu'à 10 pour vivre. Que ne ferait-on pas pour quelques rayons de Soleil...

Mais, pour ce qui était de la pauvre espionne, fenêtre ou pas fenêtre, elle venait de se voir offrir une belle peur! Si bien que d'une main discrète et tremblante, elle se trouva à se soutenir sur son bureau. le mousquetaire s'employa à la rassurer et elle se vit même offrir une étreinte de réconfort.
Pour être tout à fait honnête, à cet instant précis, Evangéline sentait qu'elle était sur le point de laisser s'échapper une vague de sanglots aussi forte qu'intarissable. Elle était de celles pour qui les vannes étaient ouvertes aussi rarement que se produisaient les éclipses, mais une fois que le trop-plein s'était échappé, il était difficile de les refermer.
Déjà que les émotions se bousculaient dans son esprit, la peur, la fatigue, la douleur, la colère en même temps que le soulagement, si en plus de ça, on y rajoutait de l'affection, elle n'était plus sûre de pouvoir se maitriser!
C'est pourquoi Evangéline coupa court, sans pour autant se montrer sèche, à toute démonstration trop effusive d'amitié. Elle avait pris sur elle au maximum de ce qu'elle pouvait humainement endurer pour ne pas ployer devant ces ordures, elle n'allait pas s'offrir en spectacle alors que le danger était à présent écarté...


Citation :
- Ne vous inquiétez pas, je ne dirais à personne que vous avez eu peur. Je dirai que lorsque je suis arrivé, vous étiez détachée et que vous aviez battue tous les brigands. Pour ce qui est de ma blessure, bien tout le monde connait ma maladresse, alors je dirai que je me suis tiré dessus en tentant de ranger mon arme ou bien en tombant quand j'ai défoncé la porte.

Heureusement qu'Elrohir eut la bonne idée de mettre une pointe d'humour à cet instant là. Evangéline retrouva le sourire et saisit la perche qu'il lui tendait pour le titiller:

-Et tout le monde saurait bien sûr que ce n'est que la plus stricte vérité...

Elle avait dit cela de l'air le plus simple du monde mais avec un brin de amlice dans le regard qui ne trompait pas.

Citation :
- Je ne recherche ni la gloire, ni la fortune Evangéline. Je veux simplement protéger ceux qui le mérite. Alors, pour avoir été trop long pour être venu vous sauver, je vous donne la permission de me soigner ce soir, regarder donc un peu cette plaie par pitié, elle me fait souffrir.

Forcée de le regarder et d'entendre son ton le plus sérieux, la jeune femme ne répondit rien mais se pencha simplement pour soulever le tissu déjà imbibé de lymphe et de sang sur le côté du mousquetaire. Lorsque la plaie se découvrit elle ne put réprimer une moue mi-dégoutée, mi-compatissante. Au moins, elle n'avait pas besoin de préciser que ce qu'elle voyait n'était pas joli...
Une légère croute semblait avoir commencé à se former, mais les mouvements l'avait empeché de se développer correctement et le contact du tissu avait au contraire commencé à faire suinter la plaie. Les veines tout autour de la blessure s'étaient teintées de bleu et de rouge.
En se relevant un peu, Evangéline commença:


-Je crois que ce genre de... enfin... cela se recout non?! Je...euh... en fait je n'en sais rien du tout... Ce qui est certain c'est que vous devrez voir un médecin demain à la première heure! Ne risquons pas que cela empire.

Elle suivit des yeux l'ottomane sur laquelle elle avait déposé Elrohir à leur arrivée. L'espionne plaisanta:

-Je vous héberge pour cette nuit? Vous avez raison, ce n'est guère prudent pour vous de retourner chez vos pairs pour le moment... Ce n'est pas que vous nous êtes indispensable mais enfin on finit par s'attacher à vous malgré tout...

Elle laissa s'échapper un léger rire mais son expression témoignait bien de sa pensée. Avec toute la reconnaissance et l'amitié qu'elle lui portait, elle n'aurait pas pu imaginer le laisser risquer sa vie, alors qu'il lui avait sauver la sienne, et deux fois encore!

Après un petit moment, Evangéline sentit de nouveau la fatigue lui tomber dessus comme une coup de massue. Déjà il lui fallait s'asseoir; Mais son regard se porta sur sa chemise de nuit qu'elle avait porté pendant deux jours dans cet enfer et qui ne ressemblait plus qu'à un chiffon crasseux. Elle ne supporterait pas de la garder plus longtemps.


-Si vous voulez bien m'excuser... J'ai besoin d'un peu de propreté...

Elle laissa un instant Elrohir dans sa chambre pour trainer de la patte jusqu'à sa garde-robe. Là dedans, elle enleva les vêtements douteux des mousquetaires morts qu'elle s'était vu attribué et changea le linge qu'elle portait _ et qui allait finir au feu_ par un autre, cette fois bel et bien immaculé. Le lavement du corps ce serait pour demain... Mais au moins, pour la première fois depuis plusieurs jours, elle se sentait enfin respirer.

Après un long silence, une série d'éternuement ininterrompus et plus ou moins étouffés se fit entendre depuis la garde-robe. La porte s'ouvrit et Evangéline ressortit, mouchoir en main.


-Je crois que je suis bonne pour garder le lit...

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mer Aoû 09 2006, 21:37

Lorsqu'Elrohir se pencha et qu'il entendit Evangéline parler de sa plaie, Elrohir eut un sourire en coin dans son visage et il se rassit confortablement avant d'ajouter:

- Oui, vous avez raison, cette plaie se recoud. Mais, nous ferions mieux d'attendre à demain, vous avez encore raison. Alors, je vais remettre un bandage pour l'empecher de couler. Imaginez, mourir au bout de mon sang après vous avoir sorti de ce pétrin... je ne serais pas digne de ce sceau alors

Il pointa la fleur de lys que quelques secondes. Car les brigands aussi portait ce sceau, mais eux, ils n'en étaient pas dignes.

Qu'importe, il reprit son uniforme et il se l'enroula autour de sa taille, prenant soin de bien bloquer la plaie. Il ne faudrait pas qu'il y ait du sang partout dans son lit ce soir. Plus il serait, plus il grimaçait. Il se mit à penser que ce soir, il aurait beaucoup de difficulté à dormir, non pas seulement pour la douleur, mais également pour le stress qu'il venait de vivre. Ce n'est pas tous les jours qu'il a dû sortir son amie d'un tel danger.

Il s'apprêtait à prendre son chapeau quand Evangéline s'exclama sur l'utilité de le garder. Il fit légèrement non de la tête et il allait dire quelque chose quand Evangéline leva sa main en signe de silence. Mais elle avait raison, pourquoi courir un risque. Et de plus, peut-etre préfèrait-elle avoir un garde du corps pour dormir ce soir. Finalement, Elrohir se laissa influencer et il fit oui de la tête:

- Pas indispensable? Je pense qu'il y a quelques heures, je l'étais drolement.

Elrohir s'avança de la femme quand elle s'assit. Elle regarda ses vêtements et dit qui lui fallait se changer. Elrohir dit, d'un ton gêné:

- Mais bien entendu. Non pas que vous n'êtes pas jolie, mais vous allez mieux dormir, cela va de soit.

Elrohir regarda à gauche et à droite, cherchant un coin de la pièce. Il finit par dire en pointa un coin:

- Je vais aller là-bas.... en regardant le mur. Je vous jure sur la tête de la tombe de mon grand-père que je ne me retournerai pas.

Evangéline rit et parta sans dire un mot en disaparaissant dans son garde-robe! Elrohir a manqué une autre occasison de se taire il fallait croire. Mais bon, il s'assit sur le fauteuil et il attendit de longues minutes... de très longues minutes. Ah... de vraies longues minutes. Elrohir commençait lui aussi à trouver le chemin du royaume de Morphée. Avant de s'endormir, il murmura:

- Diantre que c'est long pour les femmes de se préparer

Et il s'endormit la tête penchée par en avant. Mais, le sommeil fut court car il fut réveillé par des éternuements. Elrohir se releva vite sur ses pieds, la main à sa ceinture. Il fut rassuré de voir Evangéline sortant avec un mouchoire, et des vêtements propres, disant qu'elle devrait garder le lit pour plusieurs jours. Il était vrai que lui-même devrait le faire, alors l'enquete serait au ralentie pour quelques temps. Elrohir ajouta:

- Si c'est le mal que vous aurez après tout ce temps, bien à la bonheur. Oh non, il y a votre blessure à la cuisse. Mais elle semblait faite droite, alors la cicatrice sera petite. De plus, elle est près de votre... l'endroit où... entre l..... bref, peu pourront la voir.

Elrohir rougit fortement, démontra une zone vague des mains et il dit:

- Dieu qu'il fait chaud ici, même en hiver. Je ne sais pas si c'était une bonne idée de fermer cette fenêtre.

Elrohir se tourna de dos à Evangéline et il ajouta:

- Pour votre visage, les ecchymoses partiront dans quelques jours, rassurez-vous, vous serez toujours courtisez par les nobles de cette cour.

Elrohir se pencha pour enlever ses bottes et il se retourna vers Evangéline. Il ne sut ce qu'elle pensait de ses commentaires totalement déplacés. Il fallait le dire, un homme reste un homme.... Quoi que selon lui, les commentaires n'étaient pas déplacés, il n'avait pas voulu dire cela directement, il voulait la rassurer sur sa personne pour ne pas qu'elle s'imagine pire que ce que ses blessures étaient.

Diable, ce n'était pas facile d'être un mousquetaire. Il releva la tête pour regarder Evangéline qui se retint de rire, elle était presque pourpre elle-même. Elrohir leva le doigt et il la pointa en s'exclamant avec surprise:

- Evangéline, vous me faites marcher. Soyez honnête

Elrohir rit de bon coeur, un rire soulagé car il était sain et sauf et parce que son amie était maintenant hors de danger. Un rire qui faisait du bien après tout ce temps passé à courir pour la sortir de là, avec toute cette pression et cette sensation de ne pas pouvoir faire ce qu'il pouvait pour l'aider quand elle avait besoin de lui.

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