1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Appartement d'Evangéline

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Jeu Aoû 10 2006, 20:14

Evangéline marcha vers son lit dont les draps avaient gardé les traces du chaos de cette fameuse nuit. Prenant le rebords, elle les tendit vers la tête du lit avant de les rabattre correctement, autant pour leur donner un aspect convenable que pour effacer un peu du sentiment cauchemardesque que lui inspirait toujours cet épisode... Derrière elle s'éleva la voix du mousquetaire:

Citation :
- Si c'est le mal que vous aurez après tout ce temps, bien à la bonheur. Oh non, il y a votre blessure à la cuisse. Mais elle semblait faite droite, alors la cicatrice sera petite. De plus, elle est près de votre... l'endroit où... entre l..... bref, peu pourront la voir.

Evangéline tourna la tête en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Les sourcils froncés, elle trouvait bien que le mousquetaire s'égarait un peu... Mais voyant sa mine embarassée et ses mimiques qui se voulaient explicatives mais qui pour le coup se trouvait bien confuses.
La jeune femme sentit un rire qui naissait dans sa gorge en constatant qu'elle n'était pas la plus gênée et de loin. Ses commissures commençèrent à se plisser et ses épaules se secouèrent en un spasme nerveux. Elrohir était de dos et semblait tout faire pour écarter les esprits de ses précédentes considérations anatomiques.


Citation :
- Pour votre visage, les ecchymoses partiront dans quelques jours, rassurez-vous, vous serez toujours courtisez par les nobles de cette cour.

*De Verchères, que vous êtes mauvais quand vous faites semblant...*

En train de lisser ses draps, Evangéline ne vit pas Elrohir qui se retournait vers elle. Il devina l'hilarité qui était en train de la gagner et en même temps, ce devait être bien difficile de le dissimuler plus longtemps...
Elle lui fit face et pouffa un bon coup. Haussant les épaules d'un air fataliste, elle répondit:

-Que voulez-vous! Venant d'un autre, j'y aurais vu un mufle. Mais venant de vous... c'est juste... vous...

Là-dessus elle se mit à rire de plus belle en concert avec le mousquetaire.

-Cela dit, vous avez raison, il est vraiment que le bleu se porte bien peu en Cour... Tant pis, je comblerais en fard!

Ses yeux verts attrapèrent le miroir qui ornait le mur et Evangéline fit la moue en songeant qu'il faudrait bien y mettre la dose! Inutile de songer paraitre dans les salons dans un état qui frôlait l'empoignade sur un marché entre poissonnières! On aurait pu dire que l'espionne avait vraiment besoin de remettre de l'ordre dans ses priorités lorsqu'au lieu de se soucier de sa blessure au couteau, elle se creusait déjà la tête pour former dans son esprit, une énième mésaventure à raconter à ses amies qui expliquerait son état...

Soufflant de lassitude, elle se déposa sur son lit, les jambes tendues pour laisser sa plaie au repos et renversa sa tête en arrière sur son oreiller. Elle ferma les yeux un instant et se laissa aller à profiter sur calme du moment.

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Elrohir
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Jeu Aoû 10 2006, 20:56

Citation :
-Cela dit, vous avez raison, il est vraiment que le bleu se porte bien peu en Cour... Tant pis, je comblerais en fard!

Elrohir cessa de rire lentement après cette phrase. Il fit un sourire plutot timide et il ajouta:

- Je ne crois pas que cela soit une raison pour se faire enlever et torturer pour des informations. Dire qu'ils vous ont pris pour ma femme. Voir si vous vous rabaisseriez à un mousquetaire.

Il regarda Evangéline qui s'étendait dans son lit, voulant probablement profiter d'un moment de repos depuis les dernières longues et terribles heures. Elrohir se leva de sa chaise et il alla saisir les couvertures au pied du lit d'Evangéline pour border l'espionne. Comme un père, il posa ses deux mains sur le lit aux cotés des épaules de sa fille et il regarda Evangéline. Il soupira et il dit:

- Voila de mauvaises heures que vous venez de passer. Espèrons que cela ne se reproduira plus. À propos, dans toute cette tumulte et les bagarres pour vous tirer de là, je ne me souviens pas si j'ai eu un remerciement pour tout cela

Elrohir regarda la plafond, d'un air songeur. Après quelques secondes, il dit:

- Mais ne vous inquiétez pas, j'étais obligé de le faire, si ce n'était pour vous, ça aurait été obligé pour moi. On ne laisse pas homme sur le terrain, mort ou en vie. Encore moins si c'est notre partenaire.

Elrohir s'assit sur le bord du lit et il tendit sa main. Après quelques secondes, Evangéline tendit la sienne. Elrohir empoigna solidement la main de celle d'Evangéline et il lui dit:

- Partenaire pour la vie, Evangéline, même après cette enquête je vous considèrerait comme ma partenaire. Et puis d'ailleurs, votre cerveau m'aiderait surement pour les prochaines enquêtes, même si vous n'êtes pas affectée à la meme que moi.

Après une bonne poignée de main, Elrohir se pencha et donna un baiser sur le front d'Evangéline. Il lui dit:

- Ça c'est pour le bonne nuit et parce que vous êtes une femme

Elrohir lui sourit et il se leva du lit. Il alla, d'un pas lent, chercher une chaise qu'il traina jusqu'à coté du lit d'Evangéline. Par la suite, il alla souffler les chandelles et la pièces tomba dans l'obscurité totale, excepté la lumière de la lune qui passait par les carreaux de la fenêtre.

Elrohir s'assit confortablement sur la chaise près d'Evangéline. Ce soir, il devait veiller sur elle, ne pas s'endormir pour éviter qu'elle se fasse à nouveau enlever. Le visage de l'espionne était éclairé par la lune. Elrohir voyait qu'elle n'avait pas fermé les yeux. Elrohir porta lentement sa main au front d'Evangéline et il lui dit:

- Allez, il faut dormir maintenant

Doucement, il baissa ses doigts, entrainnant les paupières d'Evangéline pour les fermer. Il retira ses doigts et il porta ses deux mains derrière la tête pour s'en servir comme appui.

Il se mit à penser à Gaspard, quand il l'avait vu ainsi que ses accolytes. Il se souvint qu'il parlait beaucoup avec Maranda. Maintenant, Maranda semblait vouloir le suivre, le soir à la taverne. Que faisait-il à cet endroit... comment pouvait-il savoir pour la taverne? Il se souvint qu'il avait vu Maranda juste auparavent, mais il ne se souvint pas où.

Du coup, un éclair le frappa. Il avait parlé avec Aurore St-Yves. Elle lui avait dit que son père était disparu. Par la suite, Elrohir avait prit soin d'Aurore à propos de cette disparition. Oui, voila, le lien était fait.

Elrohir soupira, car au fond, tout cela ne pouvait qu'être que des coincidences. Peut-etre ne savait-il pas ce que Aurore voulait. Et puis, peut-etre que Maranda trompait sa femme avec une femme de joie de la taverne et qu'il ne voulait pas qu'Elrohir le sache. De plus, peut-etre que le fait que Gaspard parlait souvent avec Maranda n'était qu'une coincidence.

Elrohir était en train de penser, dire qu'Evangéline se reposait à coté de lui, dans son lit. Il était trop tard pour lui parler pour deux raisons, la première, ce n'était peut-etre pas le temps de lui remémorer tout cela. Le seconde, Elrohir ne savait pas si Evangéline dormait ou pas. Il avait beau regarder son visage, entendre sa respiration stable et profonde, il ne saurait dire. Il était vrai qu'elle était une espionne, et qu'elle pouvait parfois avoir à tricher pour obtenir ses fins, ce qui implique de feindre de dormir pour pouvoir s'échapper après..... oh non, il ne voulait pas penser à ça.

Elrohir alors décida d'écouter le silence et d'attendre que soit Evangéline se réveille ou bien que des brigands arrivent ici l'arme au poing.

(HS Diantre, j'ai été retardé... mais je crois que tu n'as pas eu le temps de t'en rendre compte Razz)

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Ven Aoû 11 2006, 23:05

Battant des cils pour essayer se maintenir vaguement éveillé, Evangéline fixait le tissu rouge tendu au dessus d'elle. La pièce était plongée dans ce clair-obscur digne d'un maitre flamand et il lui semblait que le tissu écarlate ondoyait sous la danse des flammes.

Ses yeux secs la brûlaient, le fond de sa gorge s'embrasait à chaque déglutition et son front s'était recouvert d'une fine pellicule de sueur. Le froid et la fatigue avaient eu raison de sa santé de cheval.
La jeune femme sentait que ses ressources physiques avaient été éprouvées jusqu'à la lie et probablement ses ressources morales également, elle avait tout fait pour repousser l'échéance mais maintenant, elle ne croyait plus avoir le courage de faire semblant. Elle voulait dormir enfin, juste dormir et peut-être ne jamais plus se réveiller.
La mort aurait pu la prendre dix fois ces deux derniers jours... Et lorsque l'on se laisse aller à se genre de considérations, Dieu dans quels méandres de l'esprit peut-on se laisser embarquer, en vain.
Heureusement la voix familière d'Erohir et sa présence l'ôta de ses ruminations:


Citation :
- Voila de mauvaises heures que vous venez de passer. Espèrons que cela ne se reproduira plus. À propos, dans toute cette tumulte et les bagarres pour vous tirer de là, je ne me souviens pas si j'ai eu un remerciement pour tout cela

Si la fièvre naissante n'avait pas déjà fait tout le travail, Evangéline se serait retrouvée à rougir de honte. Elle pourrait bien se refaire toute la soirée jusque là, il était vrai qu'à aucun moment elle n'avait exprimé sa gratitude à l'égard de son ami mousquetaire qui avait mis sa vie en péril pour sauver la sienne. Quelle sorte d'ingrate faisait-elle donc!
Malgré tout, s'empresser de s'excuser à cet instant précis n'aurait sans doute fait qu'appuyer sa honte, le geste avait perdu de toute sa signification, c'était irrémédiable...


Citation :
- Mais ne vous inquiétez pas, j'étais obligé de le faire, si ce n'était pour vous, ça aurait été obligé pour moi. On ne laisse pas homme sur le terrain, mort ou en vie. Encore moins si c'est notre partenaire.

Ce petit mot eut le mérite de détendre l'atmosphère et fit sourire Evangéline. Elle empoigna la main qu'Elrohir lui tendait et la serra:

Citation :
- Partenaire pour la vie, Evangéline, même après cette enquête je vous considèrerait comme ma partenaire. Et puis d'ailleurs, votre cerveau m'aiderait surement pour les prochaines enquêtes, même si vous n'êtes pas affectée à la meme que moi.

-Partenaires. Utilisez mon cerveau, mais permettez-moi d'utiliser votre épée pour les miennes. Vous avez de biens meilleurs envois et jeu de jambes que moi, maintenant qu'ils nous ont tirés de tous ces mauvais pas, j'aurais bien du mal à m'en passer!

Serrant un peu plus la main du mousquetaire, Evangéline scella ainsi ses paroles et son honneur. Plusieurs fois elle l'avait reconnu: cette affaire de mousquetaires était énorme et à elle toute seule, elle pensait qu'à cette heure-ci, soit elle en serait toujours au point zéro, soit six pieds sous terre, mais certainement pas là.
L'espionne s'était toujours fixé comme seul et unique objectif de son existence de ne dépendre de rien, ni personne. De compter sur elle-même, pour n'être redevable de rien, de prendre sa vie en main pour avoir le sentiment de maitriser un peu son destin.
Et pourtant, au contact de son "partenaire" (Wink), elle découvrait le sentiment libérateur de se dire qu'elle pouvait remettre sa vie entre ses mains et qu'elle n'en serait sans doute pas plus fragile...

La jeune femme de 27 ans qui était allongé sur ce lit se sentait redevenir petite fille lorsqu'elle fut bordé et rassurée, même la voix d'Elrohir sonnait à ses oreilles comme seule celle de son père aurait pu lui réchauffer le coeur. (elle va qd mm pas se mettre à sucer le pouce! Razz) Les mains d'Elrohir lui fermèrent les paupières et elle se sentit glisser vers le monde des rêves. Cependant avant qu'il ne fut trop tard, elle tréssaillit un peu et s'entendit murmurer d'une voix sourde:


-Elrohir... Merci...

Puis elle ouvrit avec peine les yeux et sourit avant de sombrer complétement.

Si les premières heures de sa nuit, qui approchaient déjà largement du matin, furent sereines et reposantes, les autres se révélèrent être un entrelacs de scènes et de lieux, de personnes et d'événements sans queue ni tête. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Evangéline constata qu'elle était complétement moite et.... aussi épuisée qu'à son coucher...

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Elrohir
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Aoû 15 2006, 19:17

Elrohir n'avait pas dormi de la nuit. Il avait veiller sur Evangéline qui semblait faire des cauchemars, bougeant dans tous les sens, disant des choses totalement incompréhensible. Deux ou trois fois, il s'était levé pour poser sa main sur le front d'Evangéline, essayant de la calmer dans son sommeil.

Et puis le soleil apparu dans les fenêtres. La lueur du soleil entra dans la pièce, réchauffant l'intérieur de la chambre d'Evangéline. Le visage d'Elrohir était fatigué, cerné et il semblait avoir vieilli de quelques années. Mais il demeurait toujours assis sur la chaise, regardant Evangéline, et puis à gauche et à droite de la pièce, demeurant présent si besoin il y avait.

Il commençait à y avoir de l'activiter de l'autre coté de la porte. Probablement que la journée avançait. Evangéline dormait toujours, ayant du sommeil et du repos à tenter de gagner. Elrohir regarda encore Evangéline pendant pratiquement l'heure qui venait de passer quand elle décida enfin d'ouvrir les yeux. Elrohir était là, à veiller sur elle. Il lui sourit et il lui dit:

- bonjour Evangéline, je crois que vous n'avez pas bien dormi... à vous voir bouger de la sorte, il y a surement eut de la pagaille dans votre rêve.

Elrohir se leva et il posa un genou à coté du lit. Il demanda:

- Comment vont vos blessures? Elles doivent élancer je crois. Laisser moi jeter un coup d'oeil, je ne vous ferais pas mal je vous le promets.

Elrohir leva le menton d'Evangéline et il commença à regarder son visage et dans le cou. Les ecchymoses étaient présentes, mais rien de grave. Il toucha délicatement la machoire et les joues de la femme mais il ne remarqua aucune fracture. Il dit:

- Vous avez la tête dure faut croire, pas de fracture dans ce visage.

Il baissa ensuite les yeux pour aller voir la cuisse de la femme. Il la regarda rapidement, prenant soin de ne pas franchir l'intimité de la femme. Après quelques secondes, il se releva et il dit rapidement:

- Pas d'aggravation, excellent.

Il venait de penser à ce qu'il avait dit la veille. Mais bon, ce qui était dit était dit, alors il fallait vivre avec. Il ajouta:

- J'aimerais vous dire....

La porte cogna. Elrohir fit signe d'une minute à Evangéline et il se rendit à la porte pour l'ouvrir. Il l'ouvrit partiellement pour ne pas que le serviteur regarde Evangéline à l'intérieur. L'homme lui fit un sourire et il dit:

- Monsieur de Verchères, vous êtes attendu par le roi immédiatement.

Elrohir n'était pas surpris. Il devait avoir eu vent du sauvetage d'Evangéline et peut-etre qu'il voudrait avoir d'autres nouvelles le plus rapidement possible. Elrohir lui dit merci et il ferma la porte. Il alla vers Evangéline et Elrohir commença à détacher son uniforme autour de sa taille pour la remettre à sa place. Il disait entre-temps à Evangéline:

- Je suis demander par le roi. Je crois qu'il veut savoir comment vous allée. Vous savez Evangéline, ça serait mal vu par le roi de venir vous voir si vous allez bien. Alors, après cette entretien, j'irais voir un médecin, je vous le promets.

Il avait fini de placer son uniforme. Il était tout froissé, couvert de sang et le seau était également rouge du sang d'Elrohir. À sa taille, il n'y avait plus d'épée dans son fourreau. Même son visage était rouge de sang, sale de boue et fatigué comme s'il avait veilli de 15 années. Elrohir sourit jaune et il dit:

- Je ne crois pas que je sois dans mon meilleur uniforme pour représenter le roi avec cette uniforme. J'espère qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

Il écouta le commentaire qu'Evangéline lui dit à propos de son uniforme. Lui qu'il faisait habituellement si attention quand il allait voir le roi, mais cette fois, le temps pressait.

Il posa sa main sur l'épaule d'Evangéline doucement et il dit:

- Je reviens après que je serai soigné. Faites-moi savoir où vous serez.

Il prit la main d'Evangéline et il y posa un baiser. Il se releva et il tourna les talons, se dirigeant vers la porte avec une allure de mendiant.

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mer Aoû 16 2006, 21:54

Citation :
- bonjour Evangéline, je crois que vous n'avez pas bien dormi... à vous voir bouger de la sorte, il y a surement eut de la pagaille dans votre rêve.

Le soleil clair perçait à travers les lourdes tentures qui isolaient les fenêtres, des rayons taquins qui chatouillaient les yeux et qui donnait un semblant d'été à l'hiver mordant. La voix d'Elrohir la tira complétement de son sommeil délirant et Evangéline sourit un peu et souffla d'une voix rauque:

-Une farandole de mousquetaires corrompus dans la salle de bal du château en train de danser le menuet... C'était plutôt... _elle plissa le nez un instant pour essayer de définir avec exactitude_ ... effrayant, je dirais!

Dans un effort elle se hissa afin de se mettre sur son séant, à demi assise dans son lit et déjà rien qu'à faire cela, sa tête tournait comme si elle était en mer par gros temps. Un doute la saisit et elle fronça les sourcils:

-Mais et vous? N'avez-vous pas dormi? Inconscient que vous êtes!

Elrohir se mit à inspecter ses blessures et ne répondit pas. La jeune femme n'insista pas. Il n'avait pas envie de répondre ou de mentir alors il ne parlait pas... Classique.
Concernant ses stigmates, Evangéline n'avait pas la folie de croire à une guérison miracle. Elle les sentait bien ces bleus qui lui tiraient la peau à chacune de ses expressions, et cette plaie au crâne qui emprisonnait quelqu'un de ses cheveux... Etonnament, c'était celle à sa cuisse, pourtant de toute évidence la plus sérieuse, qui la laissait un peu tranquille. Le bandage de fortune du mousquetaire avait pourtant bien fait son effet et à moins de très gros exercices, elle promettait de ne point trop se faire entendre.
Néanmoins, lorsqu' Elrohir défit le linge pour la regarder, Evangéline fit un rictus de douleur: le tissu, le sang et la peau étaient en voie de ne faire plus qu'un...
Le mousquetaire semblait si concentré dans son observation que la jeune femme s'amusa à l'imaginer médecin.


-Bien, c'est donc plutôt prometteur... C'est étrange mais de mon point de vue, j'avais le sentiment d'avoir le corps démantelé et éparpillé aux quatre coins de la pièce... Merci Elrohir, et de votre côté?

Encore une fois, sa question fut éludée et remplacée par le début d'une autre chez le mousquetaire. Lui demander? Quoi donc? Elle s'apprétait à répondre à n'importe quoi qui sortirait de la bouche de son partenaire lorsqu'il fut interrompu. Quelqu'un à la porte. Evangéline jeta un petit coup d'oeil à sa pendule qui marquait 10 heures passées.

*Pitié... Pas la marquise et ses derniers potins de Lever... Pas la force...*

Tendant l'oreille au maximum pour percevoir quelques bribes de conversation et identifier le, ou la, visiteur(se) et surtout_ surtout!_ l'objet de sa visite, la jeune femme ne reçut que des murmures stériles.
Elrohir revint:


Citation :
- Je suis demander par le roi. Je crois qu'il veut savoir comment vous allée. Vous savez Evangéline, ça serait mal vu par le roi de venir vous voir si vous allez bien. Alors, après cette entretien, j'irais voir un médecin, je vous le promets.

Evangéline arqua un sourcil surpris:

-Le Roi? Mais comment voulez-vous qu'il sache pour--- _elle fut interrompue par une quinte de toux et poursuivit sur un tout autre sujet_ Oui un médecin oui! Et rapidement encore! J'ais eu les meilleurs avis concernant un certain... Maitre Baudouin à Paris... Chirugien de son état. Ce qu'il vous faut de toute évidence! (LOL! On fait de la pub gratos! A quand les pages jaunes! )

Même avec son uniforme, Elrohir n'avait pas bien meilleure allure... Il tenait à peine debout et ses traits exprimaient autant la douleur que la fatigue. La courtisane n'essaya pas de la décourager au moment même où Sa Majesté Suprême, dispendieuse de vie et de mort d'un simple regard, l'avait fait demander sur le champ. Cela n'impliquait aucune liberté possible même pour se défaire d'une nuit de veille et de combats...

Citation :
- Je ne crois pas que je sois dans mon meilleur uniforme pour représenter le roi avec cette uniforme. J'espère qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

-Bien sur que non! Vous lancerez peut-être une nouvelle mode en antichambre! De mon côté, je tenterais de faire percer la voix de turberculeuse... Je miserais presque sur notre succès!

Evangéline se mit à rire et fit signe au mousquetaire de s'approcher de son lit. Là, elle tendit les bras et reboutonna "samedi" qui était avec "dimanche" (expression française Etienne! Wink lol!) d'un geste presque maternel, puis elle passa le plat de la main en donnant de légers coups vifs pour tenter de déplisser l'indéplissable et de décrotter l'indécrottable....

Citation :
- Je reviens après que je serai soigné. Faites-moi savoir où vous serez.

L'espionne pouffa avec ironie:

-Nulle part sinon ici... J'ais les esprits embrumés et c'est à peine si j'oserais me montrer avec un tel faciès. Je ne suis pas prête à m'exposer aux regards, aux quesions et aux ragôts, nous verrons dans quelques jours... _puis elle le dévisagea de haut en bas et de bas en haut_ Je vous laisse tout cela pour aujourd'hui!

Evangéline rendit son salut au mousquetaire et le regarda partir avec condescendance, gageant que l'on spéculerait longtemps sur l'expression qui se peindrait sur le visage de Louis, grand ordonnateur de l'Etiquette, en voyant s'avancer vers lui son sous-lieutenant... Sa toux convulsive la reprit et elle se laissa glisser de nouveau complétement sous les draps. Marie était-elle réveillée?! Impossible à savoir. Evangéline leva un petit regard vers le cordon qui pendait à sa droite avec un instant d'hésitation partagée entre le bon coeur et la nécessité...

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Sep 04 2006, 22:29

Plus tard en fin de journée...


Le cri rauque d'Evangéline s'étouffa dans les plumes de l'oreiller blanc qu'elle maintenait plaqué contre sa bouche. Les larmes perlant aux coins de ses paupières se refusaient à tomber et pourtant comme elles l'auraient soulagé un peu...

*C'est la dernière, madame.*

La jeune femme poussa un soupir. Nul n'aurait pu dire si c'était là une marque de soulagement ou de désespoir cependant.
Chauffant à l'aide d'une bougie un petit globe de verre, Marie, elle, continuait son travail de bourreau avec une précision et un calme déconcertant. Elle appliqua la ventouse sur le dos nu de la courtisane d'un geste sec et vif, la laissant à sa douleur et sa toux qui ne cessait pas.


-Bonté divine, cette affaire me laissera à 10 pieds sous terre, je te le dis! Et crois-tu que mes gages en seront doublés?! Jamais de la vie! Qu'elle y passe la Montberry pourvu que LaVallière ait ses pendants d'oreilles!

Marie ne jugea pas bon d'avoir la bouche, mais se signa malgré tout, par crainte du défi lancé par la comtesse au Créateur. Pas besoin d'avoir passer toute sa vie avec Evangéline pour se douter qu'elle était d'humeur massacrante ce soir...
Mais voyons pourquoi donc?! Les ventouses qui semblaient vouloir lui pomper tout ce qui restait encore de vie en elle? Cette congestion qui, si elle était bénigne, ne lui laissait pourtant pas une seule seconde de répit? Ou bien ce bruit révoltant qui courait dans les bouches de tous, dans tous les couloirs?!

Avec un silence religieux et avec tout autant de méthode, la jeune Marie entreprit d'ôter les instruments qui torturaient la chair de sa maitresse. La pauvre chaire de celle-ci avait déjà été bien marquée et voilà que des ronds rougeâtres et boursouflés stigmatisaient son dos.


-Quand je pense à ce misérable Poquelin qui est venu aux nouvelles juste après le Lever! Ah le coquin! Il devait s'attendre à ce que je reconnaisse tout sans retenue! Remarque quelle belle réception je lui ais réservé aussi!

Evangéline laissa échapper un rire faux qui était encore empli d'amertume. Marie fixa alors ostensiblement les ventouses qu'elle rangeait pour la prochaine fois et se risqua tout en évitant bien le regard de la courtisane:

-Tout de même je me demande si vous n'y êtes pas allé un peu fort madame...

-Comment fort?! Il n'a eu que le traitement qu'il méritait! Non mais tu étais là! Tu as vu comment il tournait autour comme un rapace!

Evangéline remit sur ses épaules la chemise de nuit défaite et se mit sur son séant en pointant un doigt vers sa suivante:

-Jamais je n'ais brisé de mariage Marie! Jamais! S'il me fallait un amant je le prenais, mais ailleurs. Jamais je n'ais détourné un homme d'une autre femme! Que les autres le pensent, c'est déjà une insulte, mais plus rien ne m'étonne de ces chiens alors passe encore! Enfin Poquelin lui-même, c'est scandaleux!

La petite blonde se demanda si vraiment sa maitresse se fichait tant que ça de ce que pouvait penser toute le Cour, car dans ce cas elle n'en aurait pas parlé toute la sainte journée... La vérité était claire aux yeux de la jeune fille: cette rumeur là dérangeait Evangéline tout simplement parce que celle-ci échappait à son contrôle. En temps ordinaire, l'espionne se débrouillait pour que tout ce qui fut dit sur elle, à voix haute ou basse, fut à quelque moment que ce soit, intenté par sa propre personne d'une manière ou d'une autre. Or dans le cas présent, elle n'était en rien l'auteur de ce qui se disait sur elle et sur De Verchères et elle haissait le fait de ne pas pouvoir diriger les "qu'en dira-t-on" à sa guise...

Oh mais cela allait changer c'était certain!
Demain, Evangéline de Montberry, comédienne/courtisane serait de nouveau sur pied et la Cour pourrait se repaitre...

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Jeu Sep 07 2006, 20:32

Marie était à présent partie se coucher dans l'idée que sa maitresse ne tarderait pas elle-aussi à rejoindre le pays des songes. Et pourtant il était bien difficile à Evangéline de trouver le sommeil ce soir-là.
Etre ainsi contrainte de garder sa chambre, sans peu ou guère de visite, prêter le flanc à toutes les présomptions, les accusations sans aucun moyen de donner le change... C'était comme enfermer une lionne en cage...
Quand elle se montrerait tout serait différent. Elle jouerait son rôle, encore et toujours, elle ne nierait pas les bruits, les "on dit", elle les épouserait, les ferait siens, pour mieux sans défaire par la suite. Le chevalier de Clermont soupirait-il toujours? Tant mieux, il pourrait l'aider à se dépêtrer d'une situation bien peu confortable, il n'aurait demandé que cela 2 semaines encore auparavant, la manoeuvre ferait donc deux heureux avec un certain profit pour Evangéline malgré tout...
Voilà qu'elle sombrait dans le machiavélisme à présent! Oui, mais il fallait survivre et si cela devait en passer par là...

La fenêtre lâche de sa chambre faisait un bruit de tous les diables sous les impulsions de l'orage qui grondait au dehors. Avant que celle-ci ne se mit à sauter hors de ses gonds, Evangéline accourut (ou plutôt boîta...lol!) et frappa un bon coup du plat de la main pour que les deux battants s'emboitent enfin correctement. Les vibrations s'estompèrent et tandis que la courtisane se laissait fasciner par les éléments en complète rage, une ombre la fit tressaillir. Elle la crut humaine et se demanda ce qu'un homme sain d'esprit ferait dehors par un temps pareil... Mais la forme sembla disparaitre aussitot et Evangéline revint à la raison.

A la raison, mais aussi à ses préocupations... Dans un tiroir de son bureau, elle prit un petit coffret sculpté de motifs exotiques, un cadeau de l'épouse du plus grand négociant de Bordeaux: un échangeur d'esclaves et de sucre à qui ne plaisaient pas beaucoup les taxes et qui avait eu la "bonne" idée de se lancer dans un commerce parralèle, plus secret, duquel tout était bénéfice pour lui. Son flair l'avait conduit tout droit en exil dans les pays dont il tirait jadis ses richesses insensées, en proie à la malaria et à la syphilis. Inutile de préciser grâce à qui...

Bref, ce qui avait dans la boite était susceptible d'aider Evangéline à se détendre. De l'intérieur, elle sortir un fin cigare de tabac, pas plus large que son petit doigt, ainsi que la tige en ivoire pour le porter. L'odeur du tabac remonta dans ses narines, ses vertus apaisantes étaient vantées par certains médecins, d'autres le condamnait, de même en société, il était plus ou moins bien vu de le fumer, enfin on ne savait plus à quel saint se vouer.
L'actrice, en ce qui la concernait, y voyait un privilège rare et bien trop coûteux pour sa pension, ce n'était donc qu'occasionnel et fort bien reçu. Elle aimait ce goût fugace, en revanche elle supportait mal la persistance de l'odeur. Il fallait donc bien choisir son endroit et son moment... D'autres à Paris préféraient l'opium, visiblement bien trop aliénant, la courtisane, elle, choisissait le détachement des occasions exceptionnelles.

Portant le bec d'ivoire à sa bouche, elle alluma le cigare et attisa lentement le bout. Ce qu'elle aimait surtout c'était presque le laisser se consumer simplement en en inspirant les volutes, mais il aurait été dommage de gâcher un si bon produit! Elle porta donc ses lèvres au bec d'ivoire et aspira doucement tout en laissant la fumée tourner dans sa bouche et flirter avec son palais...

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Ven Sep 08 2006, 12:16

Elrohir parcourait rapidement, avec de grandes enjambées, les corridors du chateau. On entendait les clap clap des bottes qui résonnaient sur les murs du chateau. Elrohir était trempé comme s'il était tombé dans un lac et l'eau dégoutait de sa cape, son chapeau ainsi que de son visage. Ses cheveux perlaient et le corps d'Elrohir commençait à peine à se réchauffer du froid pénétrant de l'extérieur.

Il avança, le regard sombre dans les corridors du chateau, sous le regard de quelques serveurs qui le regardaient du coin de l'oeil, se questionnant si ce mousquetaire était celui qui faisait tant de rumeurs depuis les derniers temps. Mais Elrohir ne se préoccupait pas de ces gens, de ce qu'ils pouvaient bien penser, il allait directement à la chambre d'Evangéline, elle qui n'était pas encore écartée du danger depuis ses dernières mésaventures.

Il contournait maintenant le coin du corridor et il arriva à la porte de sa chambre. Il attendit avant de cogner, écoutant s'il se passait quelque chose à l'intérieur. Une fois qu'il fut satisfait, il se mit sur le long du mur aux cotés de la porte et il cogna trois grands coups en disant:

- Evangéline, c'est Elrohir, ouvrez par pitié

Il demeura là et sortant son épée, jusqu'à ce que, au bout d'un certain temps, il entendit la poignée s'activer et puis la porte s'ouvrir. Il tenait son épée et il regardait Evangéline qui l'accueillit en le saluant. Après une brève salutation, Elrohir passa rapidement dans le trou de la porte et il entra dans la chambre, l'arme au poing. Il jeta un bref coup d'oeil, faisant couler de l'eau de ses vêtements sur le sol par idnavertence. Il constata que les lieux étaient vide mais tout de même, se plaça entre Evangéline et le reste de la chambre, cachant Evangéline d'un tireur embusqué potentiel qui pouvait tenir Evangéline en otage. Il lui demanda, le visage trempé de sueur et d'eau de pluie, les vêtements boueux et couvert de sang:

- Est-ce que tu vas bien?

Au diable les protocoles, au diable la savoir vivre, Evangéline était de la meme veine que lui, sachant qu'à moment critique, il fallait être bref et concit pour expliquer à l'autre si problème il y a.

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Sam Sep 09 2006, 08:36

Tandis qu'elle expirait lentement de la fumée entre ses lèvres, un bruit du tonnerre fit sursauter Evangéline. L'orage qui grondait? Elle le crut un instant, mais elle eut un peu plus peur en se rendant compte que c'était la porte de son appartemment qui était malemenée de la sorte. Qui pouvait bien venir mener un tel foin à une telle heure de la nuit à la porte de sa chambre!!!
La jeune femme posa son cigare sur son socle en ivoire et se leva de son siège en attrappant à la volée sa robe de chambre posée négligemment sur son ottomane. Elle esquissa un geste vers sa sonnette. Et si c'était "eux" qui revenaient? Elle secoua la tête, les sbires étaient stupides mais pas assez pour ameuter tout Fontaineblau... Bon Dieu mais alors...
La voix d'Elrohir surgit derrière le battant de la porte principale. Evidemment... Comment ne pas y avoir pensé plus tot... La courtisane traversa à toute allure son salon et tourna la clef dans la serrure. La porte s'ouvrit sur un mousquetaire en bien piteux été, trempé de la tête aux pieds, les épaules légèremment recourbées vers l'intérieur.


-De Verchères? Mais qu'est-ce que...?!

Elrohir l'écarta doucement de son passage et bondit dans son salon, l'arme au poing. Evangéline demeura interdite. Que se passait-il encore?! Puis elle frissona lorsqu'elle comprit que ce geste n'avait pas tant de mystère... Quelqu'un lui en voulait-il encore?!

Citation :
- Est-ce que tu vas bien?

Elle cligna des yeux pour reprendre ses esprits et répondit d'une voix mal assurée:

-Oui, enfin je crois... Mais et vous? Il y a un problème?

Puis son regard fut accroché par la manche maculée de sang du mousquetaire. Elle tira le tissu à elle pour mieux voir et demanda, de l'inquiètude dans la voix:

-C'est le vôtre?!

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Sam Sep 09 2006, 14:52

Elrohir scruta la chambre du regard et se retourna vers Evangéline quand celle-ci lui dit qu'elle semblait bien aller et qu'elle s'enquit aussitot de la santé d'Elrohir. Il prêta peu d'attention à cette question et il dit:

- Oui oui, je vais bien. Mais, je dois vous dire quelque chose. C'est loin d'être terminé, l'ordre est...

Il ne put terminer sa phrase, son bras tiré vers Evangéline qui s'enquit du sang qu'il y avait. Le rouge de l'hémoglobine rendait l'uniforme du mousquetaire d'une couleur noire et l'eau qui tombait de sa manche était davantage rouge que clair comme elle devrait l'être. Elrohir tira sa manche des mains d'Evangéline en lui disant:

- Bien sûr que non, il faut plus que deux ou trois hommes seul pour me faire du mal. Mais écoutez-moi, c'est important

Il semblait distrait par la possibilité qu'il y ait quelqu'un à l'intérieur de la chambre. Il saisit la porte qu'Evangéline tenait toujours d'une main. Rapidement, il alla à la fenetre, en écartant ce qui la cachait pour regarder à l'extérieur. Il y pleuvait toujours à boire debout et le tonerre faisait encore des siennes. En regardant dehors par la fenêtre, il dit à Evangéline:

- Il faut que vous allez voir le roi, car moi je ne le peux.

Il tourna son regard pour planter ses yeux fatigués dans ceux d'Evangéline. Il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours et maintenant ses réflexes commençaient à diminuer. Sa patience aussi et son sens de l'humour était maintenant disparu. IL ajouta:

- Moi je ne puis le voir, il m'a retiré l'enquête à cause de....

Il avala sa salive quelques secondes avant de poursuivre:

- À cause de rumeurs. Mais sachez que ce n'est pas de votre faute, je n'ai aucune rancune contre vous, je dois dire que je ne douterai jamais de vous, comme j'ai si bien dit auparavent

Evangéline allait parler mais Elrohir leva sa main pour l'empecher, il lui dit:

- Laissez moi terminer avant. Vous pourrez dire tout ce que vous voudrez par la suite, mais par pitié, je dois finir ce que j'ai appris.

Il avait empecher la femme de parler non pas pour le diminuer, mais parce que les hypothèses qu'il avait fait lui tournait dans la tête depuis trop longtemps et il ne voulait rien oublier. Elles tournaient dans sa tête comme des électrons autour d'un noyau chargé de proton et de neutron à une vitesse excessive. Il enchaina après un court sourire à Evangéline

- Le roi m'a retiré l'enquête à cause de ce que les serviteurs disaient, que j'avais une liaison avec vous. Mais cela n'a pas d'importance à l'heure où l'on se parle.

Il avait l'air complètement fou Elrohir. Il disait plein de choses, il avait des spasmes de fatigues, d'angoisse et pour la première fois de sa vie, il se sentait seul au combat. Evangéline pouvait l'aider pour combattre l'ennemi de façon psychologique, mais de façon physique, elle n'y pourrait pas grand chose et cela avait été démontré pendant son kidnapping.

Le genou d'Elrohir commençait à fléchir contre son gré. Son bras gauche commençait à bouger nerveusement mais Elrohir le saisit solidement avec son bras droit pour arreter cette nervosité. Il regarda à nouveau Evangéline après avoir regardé son bras et il continua:

- Evangéline, le sang que j'ai ici c'est le sang d'un mousquetaire corrompu que j'ai dû abattre en pleine rue. Evangéline, il m'a confié avant de mourir que l'ordre des mousquetaires étaient infiltrés jusqu'à la moelle et même plus, il y avait des dirigeants plus élevés encore qui agissait contre le roi avec l'appui des mousquetaires. Evangéline, allez prévenir le roi le plus rapidement possible

Il laissa le temps à Evangéline de saisir l'importance de cette nouvelle. Il enchaine:

- Evangéline, il m'a confié que vous n'étiez plus en sécurité et que je ne pourrai pas toujours veiller sur vous. Evangéline, je n'accepterai jamais de vous laissez tomber ou de vous perdre à cause de mon manque de combativité.

Cette fois s'en était trop. Elrohir tomba lourdement assis sur le sol, le dos partiellement appuyé sur le mur. Un bruit de corps inerte qui tombait au sol se fit entendre et le son métallique de ses armes qui touchaient le plancher. Elrohir était trempé mais il cacha tout de même son visage dans ses mains, en signe de désespoir. IL ne savait plus à qui faire confiance pour mener à bien cette enquete. La fatigue s'accumulait en plus et les menaces faites à son égard à propos d'Evangéline avait fait leurs dommages.

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Dim Sep 10 2006, 12:13

Evangéline ne savait que penser de cette arrivée en trombe et de la paranoïa qui sembait s'être installée chez Elrohir. Elle ne pensait pas qu'elle pourrait le toucher un jour, alors qu'elle même devait avoir regressé depuis son enlèvement, se retrouvant à sursauter, l'oreille tendue, au moindre bruit lorsqu'elle était seule dans le noir, attitude digne d'une enfant de 5 ans...
Pourtant le mousquetaire, rompu aux exercices de ce genre, n'avait jamais paru si paniqué par ce qui se tramait au dehors. Son allure présente nétait pas faite pour assurer le prestige de l'uniforme et sa voix avait ce quelque chose d'étrange qu'elle ne croyait pas lui avoir déjà connu. Et puis il y avait ce sang...
La courtisane qui demeurait dans son salon, en tenue de nuit, semblait être bien loin de toute l'agitation de cette affaire, à la voir ainsi chez elle, on aurait eu peine à imaginer que quelques jours auparavant elle se trouvait attacher à une chaise et questionnée au beau milieu des bois.
Elrohir lui parla d'aller voir le Roi car lui ne le pouvait pas. Il n'était plus en charge de l'enquête, il ne pouvait que s'incliner.


Citation :
- À cause de rumeurs. Mais sachez que ce n'est pas de votre faute, je n'ai aucune rancune contre vous, je dois dire que je ne douterai jamais de vous, comme j'ai si bien dit auparavent

Une enclume sembla tomber sur les épaules d'Evangéline. C'était allé si loin? Une rumeur lancée par des domestiques avait pu faire tant de dommages? C'était bien pire que tout ce qu'elle avait pu imaginer alors. Le Roi était au courant, pas une souris du château ne l'était pas dans ce cas.
L'espionne passa une main nerveuse sur son front. Bon sang, elle pouvait comprendre ce qu'Elrohir avait du endurer face au Roi... Elle trouvait bien bas de jouer la carte du "sexe faible" mais elle espérait bien qu'elle pourrait s'appliquer cette fois pour son salut. Alors qu'elle allait lui dire qu'elle était au faite des bruits qui couraient et combien elle les trouvait ridicules, De Verchères poursuivit:


Citation :
- Evangéline, le sang que j'ai ici c'est le sang d'un mousquetaire corrompu que j'ai dû abattre en pleine rue. Evangéline, il m'a confié avant de mourir que l'ordre des mousquetaires étaient infiltrés jusqu'à la moelle et même plus, il y avait des dirigeants plus élevés encore qui agissait contre le roi avec l'appui des mousquetaires. Evangéline, allez prévenir le roi le plus rapidement possible

La jeune femme ne sut plus par quel bout commencer. Le mousquetaire tenait à peine debout et elle avait l'esprit qui tournait à cent à l'heure. Le Roi, il fallait le prévenir. Elle leva les yeux vers sa pendule: deux heures moins le quart... Bon, cela devrait attendre demain. On ne perturbait pas le repos royal, ou galipetes adultérines, appellez ça comme vous voudrez, à une telle heure et pour n'importe quelle raison, fut-elle la vie du souverain lui-même qui fut en danger de mort.

Elrohir continua à parler ais Evangéline ne l'écoutait déjà plus, elle était bien loin dans d'autres considérations, d'une tout autre importance à ses yeux. L'évidence venait de lui sauter au visage. Elle était toute seule à présent? Seule dans le vivier de cette affaire de mousquetaires?! Louis XIV, le plus grand des monarques d'Europe, avait bel et bien perdu la tête. La courtisane ne le penseait certainement pas si sot et manquant à tel point de sens commun! Alors qu'elle allait pousser ses griefs contre le monarque à voix haute, les jambes d'Elrohir se dérobèrent sous lui et il s'affala lourdement sur le sol, les nerfs à vif semblait-il...

L'espionne, sa "partenaire" (le nom semblait bien loin à présent), demeura immobile et muette pendant de longues secondes qui parurent durer des minutes entières. Que pouvait-elle bien dire à cet instant précis? La statue de marbre venait de s'effondrer comme si elle avait été faite en réalité de sable... Il n'y avait rien à dire et puis, elle ne trouvait jamais vraiment les mots qui pouvait réconforter. La voilà sa déformation professionnelle, autant tait-elle experte lorsqu'il s'agissait de prévoir, de penser des actions, des attitudes, des gestes. Autant lorsque la spontanéité se devait de prendre le dessus, elle se retrouvait sans ressources. Sa maladresse n'éclipsait pas sa sincérité, et pourtant elle finissait vraiment par se poser la question à elle-même... Finalement, elle s'avança doucement vers un des meubles de la pièce, ouvrit les battant et en sortit un grand flacon rempli de vin blanc. Elle en versa dans un verre et retourna vers le mousquetaire qui n'avait pas bouger. Elle essaya de se baisser mais sa blessure à la jambe se fit trop vivace pour qu'elle put accomplir son mouvement jusqu'au bout. Néanmoins, elle tendit le verre à Elrohir et se hasarda:


-Je ne sais pas ce qui nous attend à présent. Les mousquetaires, les complots, je ne crois pas avoir vécu situation si noire jusqu'à présent et je me demande qu'elle sera le prochain coup qui nous sera asséné. Demain je verrais le Roi, mais je ne vous ferais pas l'affront de réclamer sa clémence envers vous. De votre côté, je crois vous avez d'autres affaires plus urgente à régler... Voir Melle de Neufchâtel par exemple... Le reste pourra attendre.

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Dim Sep 10 2006, 14:32

Elrohir saisit le verre de vin qu'Evangéline lui tendit. Rapidement, il calla le contenu d'une seule gorgée. Avant, il ne buvait jamais, mais maintenant, qu'elle était le meilleur moment autre que celui-ci pour commencer à boire? Il déposa maladroitement le verre sur lerebord de la fenetre à coté de lui. Il fixait ses pieds, n'ayant pas assez de force pour se relever les yeux, des yeux si fatigués et injectés de sang pour tenter de les garder réveillé.

Quand Evangéline lui parla de revoir Héloise, Elrohir fit une grimace et releva la tête que quelques secondes après qu'elle eut mentionné son nom. Sans cligner des yeux, il dit:

- Non, je crois que pour son bien que je devrais tout simplement disparaitre. Vous ne la connaissez pas comme je la connais... Vous savez, les personnes de la cour, toujours basant leurs jugements sur des rumeurs. Je ne puis lui faire endurer cela et puis d'ailleurs, pour être bien france Evangéline, je crois que c'Est mieux pour elle. Depuis que je la connais que je suis un boulet pour elle. Pas de nom, pas de rang et puis toujours parti pour des missions suicidaires que je ne suis jamais sûr de revenir en vie ou en un seul morceau

Il rebaissa les yeux et il commença à jouer avec son index gauche. Le faisant craquer en le pliant. IL enchaina:

- Vous voyez Evangéline, dans ce genre de métier, nous sommes seuls au monde, personne n'accepte de nous croire et personne n'a vraiment envier de nous croire. Parfois nous devons cacher des choses pour le sécurité de cette personne, mais il arrive souvent qu'elle ne parvienne à l'accepter.

Il leva ses deux mains aux cotés de sa tête et il leva la tête avec un simili-sourire à Evangéline

- Mais j'ose penser que vous me comprenez, car je ne crois pas que vous ayez un amoureux ou un fiancé? Pourrait-il comprendre que vous passez beaucoup de temps avec des hommes autres que lui et que vous ne pourriez rien lui dire? Jusqu'à quand pourrait-il survivre dans ce milieu rempli de mensonges? Non Evangéline, cette situation me démontre que chacun est mieux dans son environnement, les moutons se reproduisent avec les moutons et les loups avec les loups, fin de l'histoire.

Voila, Elrohir n'avait plus de fiancée, plus d'honneur en face du roi et encore moins son enquête qu'il avait commencé. Tout cela à cause d'un serviteur qui croyait s'amuser en ternissant la réputation du mousquetaire et pire encore, celle de Mlle. Montberry.

Elrohir voyait bien toute le sympathie dans le visage d'Evangéline. Pour la première fois depuis quelques jours, Elrohir fit un sourire franc à une personne. Un sourire qui voulait tenter de réconforter Evangéline, bien qu'Elrohir était encore plus dans le pétrin... pour le moment, qu'Evangéline. Il lui saisit lentement la main et il dit à Evangéline:

- Mais je ne vous en veux pas du tout Evangéline. Tout cela n'Est qu'un malencontreux concours de circonstances qui n'ont fait qu'accéléré les choses qui devaient se passer entre moi et Héloise. Ne pensez plus à Héloise, car d'ici quelques semaines, elle aura retrouver un autre homme pour combler son coeur.

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Sep 11 2006, 05:40

En entendant Elrohir parler d'Héloïse de Neufchâtel comme s'il faisait l'oraison funèbre de leur amour, la tête d'Evangéline se baissa. Non vraiment, elle ne pensait pas que ce bruit aurait jamais pu aller si loin. Bien que l'espionne se félicita bien souvent de n'avoir d'entrave masculine à la vie qu'elle entendait mener, elle ne souhaitait pas le malheur de ceux qui avaient choisi l'union. Bien sûr, elle riait de ces couples si mal assortis que l'on avait tout le loisir d'admirer à la Cour comme au spectacle, il suffisait d'observer la famille royale elle-même, mais elle n'aurait su dire ce qui l'avait touché entre le mousquetaire et la favorite au point de peut-être la forcer à reconnaitre que l'amour vrai ce pouvait exister. Mais voilà, comme toute les exceptions, elles en viennent à confirmer la règle.

Evangéline écouta le mousquetaire et ses constations. Plus qu'elle, il lui semblait qu'Elrohir cherchait à se convaincre lui-même du bien fondé de cette séparation. Pas besoin d'être expert en nature humaine pour comprendre qu'il souffrait au moins autant qu'en témoignait son apparence misérable.

Néanmoins lorsqu'il esquissa un sourire à son attention, Evangéline fut rassurée et le lui rendit.


Citation :
- Mais je ne vous en veux pas du tout Evangéline. Tout cela n'Est qu'un malencontreux concours de circonstances qui n'ont fait qu'accéléré les choses qui devaient se passer entre moi et Héloise. Ne pensez plus à Héloise, car d'ici quelques semaines, elle aura retrouver un autre homme pour combler son coeur.

Sur ces derniers mots, la jeune femme poussa un léger rire, se pencha pour attrapper le verre d'Elrohir et dit simplement:

-Ceci prouve combien vous connaissez bien mal les femmes, mon cher.

Sans plus s'expliquer, elle retourna vers le guéridon où était posé le flacon de vin et s'en versa un demi-verre. Elle le fit tourner lentement et plissa les yeux pour observer sa robe:

-Ce n'est pas une histoire de fabrique, Elrohir, entre hommes et femmes il y a partout des compromis à faire, des comptes à rendre. Héloïse n'était-elle pas en droit de ous en demander et plus encore de ne pas vous croire? En ce qui me concerne, je ne la blâme pas, d'autres s'y seraient laisser duper pareillement. Vous connaissez la Cour oui ou non? On vous ferait gober des couleuvres pourvu que celui ou celle qui raconte l'histoire y croit assez pour vous convaincre et même vous monter l'esprit.

Elle prit le temps de boire le contenu de son verre et poursuivit d'un ton à la fois plus intense et plus lointain:

-Puisque nous en sommes aux confidences, et que j'ose espérer que l'alcool vous fera bientôt oublier mes paroles, vous avez soulevé quelques questions intéressantes et si je puis y apporter une réponse elle serait celle-ci. Il est vrai que j'évite de près ou de loin tout ce qui pourrait s'apparenter à un attachement passionnel quelconque, mais justement cette Cour dont nous parlons si bien en prête déjà bien assez à une femme de scène que, en fin de compte, il serait bien délicat d'avoir à m'expliquer pour chaque prétendu amant. La vie parralèle que je vis depuis presque 3 ans n'est ni plus, ni moins que le prolongement de celle de courtisane. Alors finalement votre Héloïse n'est pas si différente... Mais je dois dire que là-dessus, je serais bien mal avisée de vous donnez des conseils! Ce que je pui vous dire, c'est que je suis profondément désolée de votre situaton, vous ne méritiez cela.

Puis constatant qu'Elrohir était toujours affalé sur le sol, la jeune femme le regarda et tenta de plaisanter:

-Dites-moi, je crois qu'au point où nous en sommes si vous restez dormir ici, nous ne ferons qu'alimenter leur petit jeu stupide, pourtant je n'imagine pas vous faire dormir au quartier des mousquetaires, vous n'y êtes plus en sécurité du tout à présent. Alors je vous propose divan ou lit. _puis elle marqua une pause, haussa les épaules et poursuivit_ Seul dans le lit, cela s'entend, pas la peine de le préciser à un gentilhomme comme vous, restons crédibles pour notre public mais jusqu'à un certain point!

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Sep 11 2006, 15:22

Citation :
-Ce n'est pas une histoire de fabrique, Elrohir, entre hommes et femmes il y a partout des compromis à faire, des comptes à rendre. Héloïse n'était-elle pas en droit de ous en demander et plus encore de ne pas vous croire? En ce qui me concerne, je ne la blâme pas, d'autres s'y seraient laisser duper pareillement. Vous connaissez la Cour oui ou non? On vous ferait gober des couleuvres pourvu que celui ou celle qui raconte l'histoire y croit assez pour vous convaincre et même vous monter l'esprit.

À ces mots, Elrohir se mit les deux mains sur les oreilles comme un petit enfant et il dit:

- Non, assez, je ne veux plus rien entendre. Trop d'épreuves j'ai dû subir durant ces derniers jours. Je suis navré Evangéline, vous avez vu Elrohir à son plus fort, mais maintenant vous le voyez à son plus faible également.

Il retira lentement ses mains quand il remarqua qu'elle semblait changer de sujet. Elrohir n'était plus l'homme qu'il était il y a quelques jours: fort, sûr de lui et brave. Il avait l'air totalement perdu, ne sachant que faire. Plus il écoutait Evangéline, plus il sentait de grosses larmes qui lui montaient aux yeux. Non, ce n'était pas vrai, Evangéline, celle qu'il voyait comme un ange, qu'il voyait comme une femme parfaite, elle lui avait ainsi menti pendant tout ce temps. Il avait maintenant de grosses perles reluissates qui lui coulaient sur les joues, se frottant les yeux du revers de la main et en reniflant un peu

Il avait vu de grands mousquetaires, durant son jeune temps, de grandes personnes si bien servir le roi, dans la loyauté et l'ivresse du combat. Mais maintenant, l'ordre était sale, l'honneur était jeté au feu. Le mensonge, voila ce qui dictait la conduite des hommes. Et maintenant Evangéline venait de lui dire qu'elle aussi était un visage à deux faces. Bon Dieu, il y a-t-il quelqu'un de normal dans cette France????

Il reprit conscience lorsqu'elle termina de lui demander pour rester ici. Quoi? Dormir ici? Jamais de la vie. Elrohir se releva rapidement, avec des flots qui coulaient de ses yeux et en disant d'une voie forte:

- Quoi? Pour que vous me poignardez vous également dans le dos? Jamais, je ne sais plus si je puis vous faire confiance, à quelle Evangéline je parle maintenant? Celle que je connais ou bien celle que je devrai connaitre? Je ne sais à quelle je lui ai confié tout cela

Avant qu'elle ne dise un mot, Elrohir allait partir précipitamment de la chambre mais il accrocha son pied sur le tapis et il trébucha, se retrouvant ainsi dans les bras d'Evangéline. Au début, il voulait quitter les bras de la femme, mais sa raison revint finalement à lui pour un court instant. Il serra solidement de ses poings la tenue de nuit d'Evangéline. La tête posée sur son épaule, il pleurait abondamment. Il serra fortement Evangéline contre lui à l'aide de ses bras, mouillant la tenue de nuit avec l'eau de pluie qu'il avait fait entré de l'extérieur. Il lui dit au travers des sanglots:

- Je... je suis désolé Evangéline.... mais je ne veux pas vous faire de mal. Vous êtes la seule personne qui me reste.... Je ne souhaiterai... pas du tout ternir votre réputation encore. Regardez ce que j'ai fait. Je vous ai laissez tombée une fois, vous avez pratiquement été violée, vous avez été torturée et maintenant, votre répuation est lourdement atteinte. Je ne suis pas une personne bonne avec qui vivre Evangéline. Je suis si seul maintenant, et le pire dans tout cela Evangéline

Il releva la tête et, de très près, il planta ses yeux dans ceux à Evangéline. Des yeux maintenant non pas de colère, mais des yeux qui avaient de la tristesse, mais également un autre sentiment, bien caché habituellement mais qui venait de sortir pour la premiere fois depuis fort longtemps:

- J'ai si peur Evangéline, peur pour moi, mais également pour vous.

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Sep 12 2006, 16:44

Citation :
- Quoi? Pour que vous me poignardez vous également dans le dos? Jamais, je ne sais plus si je puis vous faire confiance, à quelle Evangéline je parle maintenant? Celle que je connais ou bien celle que je devrai connaitre? Je ne sais à quelle je lui ai confié tout cela

Le sourire déserta les lèvres d'Evangéline. Mais qu'elle mouche l'avait piqué, crénom de... Voilà que quelques secondes auparavant il était affalé sur le sol et que maintenant il frisait la folie et qu'il se mettait à la considérer comme une ennemie! Le voyant ainsi esquisser un mouvement vers la sortie, la jeune femme oscilla un instant entre la stupeur et une certaine forme de colère. Non mais il se prenait pour qui le bougre, de faire ainsi irruption chez elle au beau milieu de la nuit, s'épancher sur son sort et oser l'insulter de la sorte?! Son front se plissa dans une expression de contrariété non dissimulée et alors qu'elle fulminait, elle n'eut pas le temps de comprendre ce qui arrivait qu'elle retrouvait Elrohir dans ses bras, le soutenant plutôt qu'il ne se soutenait.
Le mousquetaire se mit à la serrer fort, trop fort, bien plus que la bienséance ne l'aurait toléré. Mais que pouvait-elle faire sinon l'entourer de ses bras elle aussi et le reconforter ne serait-ce que par la présence d'une personne de confiance. Sa colère s'était envolée, bien sur, quel genre de personnage était-elle pour ne pas porter assistance à un ami, un des seuls probablement qui lui avait été donné de rencontrer dans ce monde si vil.


Citation :
- Je... je suis désolé Evangéline.... mais je ne veux pas vous faire de mal. Vous êtes la seule personne qui me reste.... Je ne souhaiterai... pas du tout ternir votre réputation encore. Regardez ce que j'ai fait. Je vous ai laissez tombée une fois, vous avez pratiquement été violée, vous avez été torturée et maintenant, votre répuation est lourdement atteinte. Je ne suis pas une personne bonne avec qui vivre Evangéline. Je suis si seul maintenant, et le pire dans tout cela Evangéline

Le regard qui accompagnait la fin de la phrase eut le don de transir Evangéline. Non pas d'émotion, mais d'effroi. Oui, il était bien trop près...


Citation :
- J'ai si peur Evangéline, peur pour moi, mais également pour vous.

Evangéline sourit un peu et répliqua:


-Cela me touche, Elrohir, mais l'heure n'est plus à la peur, elle est à l'action. Nous avons une mission à accomplir vous vous souvenez? Et puis ne vous tournez pas les sangs quant à ma réputation, ce ne sont pas "eux" qui la bâtiront pour moi.

Puis alors que le silence retombait un instant entre eux, le malaise de la courtisane revint au grand galop. Elle se dégagea de l'étreinte d'Elrohir et dit:

-Je vais chercher Marie pour vous dresser une couche..._ puis alors qu'elle se dirigeait vers sa chambre elle se retourna et plaisanta_ Plus de défiance tout de même...?!

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Elrohir
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Sep 12 2006, 19:43

Juste avant qu'Evangéline ne se sépare de lui, Elrohir lui tint la main un bref instant et il passa sa main sur le visage de l'espionne. Il lui fit un sourire.

Elle enchaina en disant qu'elle allait demander à Marie pour lui préparer une couche pour la nuit. Elle lui fit une blague sur le fait d'enlever la défiance. Elrohir lui fit signe de non et il rit un peu. C'est alors qu'Evangéline se retira pour aller voir Marie.

Pendant ce temps, Elrohir était seul. La pluie tombait sur les carreaux de la fenêtre... suivit du tonerre. Les pensées d'Elrohir se mirent à tourner dans sa tête. Les dernières scènes de combat sous la pluie contre Maranda, à la cabane des traitres, Evangéline qui se faisait torturer... Elrohir recevant une balle dans l'abdomen.

Il se posa une main sur le front, comme un mal de tête sévère. Alors, Il entendit la voix d'Evangéline dans sa tête:

- l'heure n'est plus à la peur, elle est à l'action.... à l'action, l'heure n'est plus à la peur, elle est à l'action.... à la peur... à l'action.... action

Elrohir serra son poing et ses dents. Il respirait lourdement au travers de ses dents serrées. Voila plusieurs nuits qu'il n'avait pas dormi, de peur de se faire attaquer. Le retrait de sa mission...

Il entendit un tonerre et il se retourna rapidement sur lui-même en retirant son épée. Il était plein de sueur et il avait retenu un cri étouffé. Il regarda à gauche et à droite dans la chambre, ne voyant rien d'anormal. Il échappa ses gants au sol et il s'approcha de la table, le visage toujours couvert de sueur. Il prit une plume et un morceau de papier et il écrivit:

«L'heure est à l'action, priez pour moi»

Il lacha la plume au coté de son mot. Il enleva la bague qu'il avait sur son doigt. Il l'avait montré à Evangéline lorsqu'elle était Philippe. Il sourit à la pensée qu'Evangéline s'était déguisée en homme pour l'enquête. Quoi qu'il en soit, il lui avait dit qu'il s'agissait de la bague familliale, une bague qu'il ne se séparait jamais. Elrohir avait en la bague une grande valeur sentimentale... tout comme Evangéline. Il espèrait vraiment qu'elle comprenne le message.

Il se dirigea vers la porte de sortie. Lentement, il ouvrit la porte. Alors qu'il s'apprêtait à sortir, une force le retint vers l'intérieur. Il arrêta d'avancer et il se retourna, les yeux rempli d'eau. Evangéline, il ne pouvait partir, la laissant seule au milieu de ses brigands. Mais, il n'avait pas le choix, la seule façon pour la sauver était de tuer tous ces traitres, comme cela, elle serait en sécurité. Il entendit la voix de Maranda dans sa tête qu'il lui disait que jamais il ne pourrait la protéger et qu'elle serrait seul un jour, tôt ou tard. Les rires de Maranda résonnèrent dans sa tête.

Ses deux bras commencèrent à vibrer, vibrer de colère en se souvenant de ce que Maranda lui avait dit. Il n'avait plus le choix, il devait protéger Evangéline... au péril de sa vie, et en contradiction avec le roi.

Symboliquement, il murmura comme si elle était là, mais elle était toujours avec Marie (Pauvre Marie, elle en subit des épreuves):

- J'espère vous revoir Evangéline... je... je vous... ai....

Il ne pu finir sa phrase. Il fit un baiser dans le creux de sa main et il poussa sa main sur la porte, comme pour bénir les lieux, voulant empecher les rodeurs de passer ici.

Après ce geste, il tourna les talons et il parti en direction du couloir avec des pas précipité et silencieux, les yeux remplis d'eau, avec l'espoir de survivre à cette épreuve pour revoir Evangéline ayant comme seul pensée que seulement en tuant tout ces traitres qu'il parviendrait à sauver Evangéline.

Il entendit encore Evangéline rire et plaisanter à propos de lui, de sa façon de marcher et de toutes ces trébuchades qu'il faisait en courant ou en sautant, il l'entendit plaisanter lorsqu'elle était habillé en femme de joie et qu'elle n'aimait pas ses vêtements. Il l'entendit lui dire merci pour avoir sauver sa vie, merci pour être là... Alors, Elrohir disparut, dans la noirceur de la nuit, sous la pluie, en direction de Paris sur le dos de son cheval et ayant comme seul pensée que pour sauver le jolie rire d'Evangéline de la protéger jusqu'à sa mort s'il le fallait. Ne dit-on pas que la meilleure défensive est l'attaque?

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mer Sep 13 2006, 16:11

Evangéline tira sur la sonnette. Pas très aimable de réveiller la pauvre petite alors qu'elle devait seulement dormir depuis une heure, mais enfin... En attendant que Marie descende, la jeune femme decida d'entamer la manoeuvre et alla jusqu'à sa garde-robe pour sortir son second couvre-lit d'hiver destiné à Elrohir. Dans sa chambre, il faisait peut etre chaud grâce aux braises incandescentes mais ce château était une véritable passoire, impossible de garder plus d'une nuit la chaleur à un même endroit...

Alors qu'elle était perchée sur un marche-pied, le regard d'Elrohir lui revint en mémoire ainsi que le malaise qu'elle avait ressenti. Elle s'arrêta un instant et mit de l'ordre dans son esprit: le mousquetaire était triste et désorienté, il cherchait à être rassuré, en confiance... Voilà tout! Satisfaite de son explication ainsi trouvée, Evangéline posa pied à terre, tenant la couverture dans ses bras, au moment même où Marie s'avançait dans la chambre, en tenue de nuit elle aussi, les yeux entre presque mi-clos d'un sommeil avorté.


-Je peux vous aider, madame?

-Oui, monsieur De Verchères est ici et l'extéroieur n'est pas sûr pour lui cette nuit.

La jeune suivante se dirigea à pas légers pour saluer le sous-lieutenant à qui elle vouait une affection reconnaissante depuis tous ces événements et qu'elle n'avait pas eu l'occasion de revoir ces derniers jours. Tout de même, madame avait passé toute la fin de journée à s'indigner des bruits qui couraient sur eux et voilà qu'elle le recevait en pleine nuit sous son toit et pour le donner le gîte encore! Ca n'était pas très cohérent tout ça!

Alors qu'elle jetait un oeil dans l'embrasure de la chambre au salon elle dit:


-Il n'y a personne madame...

Toujours portant ses couvertures, celle-ci s'approcha et souffla en plaisantant:

-Personne? Ca n'est pas très gentil pour monsieur le sous-lieutenant, Marie...

Puis en arrivant dans le salon, elle put constater par elle-même que le mousquetaire avait déserté. Ce fut Marie qui apperçut la note posée sur le guéridon et qui la lut de sa petite voix, vaguement hésitante sur la formation des lettres, Evangéline, elle, en écoutant, poussa un soupir dépité et laissa tomber le couvre-lit négligemment sur un fauteuil.

-Attitude masculine typique... souffla-t-elle, presque blasée, secouant la tête tandis que Marie pouffait et qu'elle se hasardait:

-Vous ne croyez pas qu'il coure un quelconque danger?!

-Oh que si, mais seulement celui qu'il cherche...

En tournant les talons, Evangéline renvoya la jeune fille se coucher tout en s'excusant du déplacement inutile. Puis alors qu'elle allait souffler ses bougies, la question la traversa un instant de savoir si, dans tout cela, ce n'était pas la mort que cherchait Elrohir... Puis elle étouffa les flammèches et dans la noirceur de la nuit, elle se signa comme à son habitude, pria pour les vivants et les morts, et recommenda son ami, envers qui elle avait une dette enternelle, au regard bienveillant de Dieu.

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Jeu Sep 14 2006, 16:27

2 jours plus tard

Samedi 24 décembre. (En ce qui concerne ce sujet là) Le vent sifflait violemment dans les jardins de Fontainebleau et semblait vouloir briser toutes les fenêtres du château pour s'y engouffrer. La neige avait cessé de tomber, le ciel conservait toujours cet aspect de chappe grise cotonneuse, si bien qu'une prochaine chute serait sans aucun doute à prévoir pour la soirée. Il n'était que 15h mais on se serait cru à 20h, à la limite d'allumer les feux.

Evangéline debout dans son salon ne s'éloignait guère de l'âtre qui venait d'être allumé au risque de voir sortir de sa bouche de la vapeur... Maudit château! Sa congestion était tout juste en voie de guérison, ces murs allaient la tuer! En fin de matinée, elle avait envoyé Marie au quartier des mousquetaires. Pas pour chercher Elrohir, mais le capitaine D'Artagnan. De Verchères n'avait plus donné signe de vie depuis la dernière fois qu'il était venu, mais le danger qu'il pressentait alors et son départ étrange, avait fait craindre à la jeune femme le pire.

Ce qu'elle s'apprêtait à faire, laissait à penser qu'elle n'avait pas bien retenu les leçons de ses mésaventures récentes avec les mousquetaires, mais elle ne croyait pas agir agir en mal et mobilisait toute sa raison: D'Artagnan était sans doute un des seuls de l'ordre en qui placer sa confiance sans crainte aucune? Pouvait-on sincéremment imaginer qu'il aurait pu être dans le complot contre le Roi après toutes ses marques de loyauté envers lui et la famille royale? S'il avait voulu le tuer, peut-être aurait-il mieux fait de s'en prendre lorsque Louis avait 5 ans, cela aurait réclamé bien moindre mal alors!

Elle y avait réfléchi depuis l'aurore et cela s'imposait à présent à elle comme à une évidence. Elrohir avait disparu, Dieu seul savait où, son frère David ne savait rien de plus, elle-même était soi disant en danger et elle n'avait pu approcher le Roi à moins de dix mètres dernièrement pour l'alarmer du danger... Evangéline n'avait pas non plus sa permission pour intervenir auprès du capitaine mais qu'importe, attendre deux jours de plus l'entrevue royale pourrait coûter la vie à l'un d'entre eux!

A présent assise sur son divan, Evangéline laissait son regard errer dans le vide, la voix de sa suivante la rammena:


-Madame? On gratte. Dois-je...?

La courtisane fit un geste de la main en direction de la porte et Marie y accourut. Lissant les plis de sa robe, Evangéline se releva pour accueillir son hôte, oubliant contusions et blessures, dissimulées bien loin sous la couche de vêtements et de jupons au reste du monde (et par là elle entendait la Cour), pour afficher sa plus belle mine.


[Waaah je suis la Shiva du post en ce moment! mdrrr!]

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Jeu Sep 14 2006, 23:44

[Hj pourquoi Shiva ? à cause des quatre bras ou du lingam dressé accompagné de sa, oh combien inséparable et délicieuse, yoni Mr. Green ]

Celui qui grattait ainsi à la porte se trouvait être, quelle surprise, le Capitaine D'Artagnan.

Ayant emmené avec lui sa tête des mauvais jours et ses bottes dégoulinantes de neige fondue.
La neige, vu l'état de la cour, c'était assez compréhensible. La tête des mauvais jours, cela mérite peut-être explication.
Depuis deux jours, il semblait que les soucis avait décidé de revenir le persécuter un peu. Oh bien sûr on faisait comme si de rien n'était

Le mousquetaire Maranda manquait à l'appel, et bien qu'on eut fait la tournée des tavernes et des bordeaux allentour, il demeurait introuvable.
En plus il n'était pas le seul. Elrohir aussi était introuvable, et pas un palefrenier ou un serviteur pour cafter comme d'habitude.
En fait c'était cela qui inquiétait le plus D'Artagnan, non pas une petite escapade dont les mousquetaires sont coutumiers, ils ont tant à faire !
Amour, beuveries, bonne chère, jeu de hazard, duels illégaux.
D'Artagnan savait bien ce que c'est que de porter la noble livrée et les activités auxquelles on doit se livrer pour en rester digne.
D'habitude lorsqu'un mousquetaire s'absentait sans prévenir, il lui était facile, en glissant une piècette de cuivre à un serviteur bien choisi, de savoir de quoi il retournait.
Mais cette fois ci, impossible de rien apprendre de quiconque, ce malgré les beaux efforts qu'il faisait pour augmenter les primes.

Se lassant de se voir toujours répondre, "je ne sais rien" en dépit de la promesse d'une pièce d'argent, en effet il était allé jusqu'à montrer une pièce d'argent, il s'était énervé :


D'Artagnan : "Ma parole mais l'inflation touche aussi les informateurs maintenant ? On a encore dévalué la livre sans me prévenir Mordioux ! Bientôt il faudra sortir un Louis pour savoir qui est allé au pissoir avec le grand Condé ou dans quel étui le Roi a-t-il fourré son sceptre la veille au soir ! " (Toutes choses qui étaient toujours sues de tous avant même qu'elles ne se produisissent...)

D'Artagnan ignorait encore que les raisons du mutisme de ses informateurs n'avait rien à voir avec la dévaluation des monnaies.

C'était donc sur un D'Artagnan rendu grognon par les soucis que la jeune Marie était tombée avec sa demande de visite auprès de sa maîtresse.

Il avait été très surpris et avait machinalement répondu qu'il viendrait tantôt. Il faut dire que les hommes capables de refuser une invitation dans les appartements de Dame Evangéline se doivent compter sur les doigts d'un manchot.

Puis, alors que la jeune servante était partie depuis plusieurs minutes, il commença à vraiment se poser des questions :


"Qu'est ce qu'elle me veut celle là !"

Fut la première. Il se doutait bien que ce n'était pas pour badiner. Sa tête de vieux soldat, son âge, et surtout sa fortune ne méritait pas l'intérêt d'une si haute courtisanne.
Il avait bien entendu des rumeurs sur elle, sur son arrivisme, ses tentatives sur le Roi et même sa liaison avec un mousquetaire. Mais s'il les avait notées D'Artagnan ne leur avait pas accordées une importance excessives.
Cela l'avait même bien fait rire à postériori d'entendre les gens de la cour reprocher à quelqu'un son arrivisme.
Et puis il avait trop à faire ailleurs pour s'occuper des problème d'une courtisane, fût-elle commédienne. D'autant plus que D'Artagnan n'aimait pas le théâtre, il s'y ennuyait souverianement et surtout être obligé de rester assis pendant deux heures sans parler était au delà de ses forces de Gascon, même de la capitale.

Enfin peut être que la belle voulait simplement se faire un allié du plus ostensiblement fidèle soutien du Roi.
Possible...

Bref, si l'idée de cette visite l'avait distrait pendant quelques minutes de son humeur sombre, il était vite retombé lorsqu'il s'était rendu compte qu'il lui fallait se geler les pieds en traversant toute la cour dans la neige pour atteindre la chambre.

Arrivé devant la porte de la chambre, il avait, après s'être vaguement épousseté, poussé un gros soupir. Puis il avait enlevé son gant.
[Hj : sinon on n'entend pas quand on gratte Razz ] et gratté.

Après quelques secondes il avait entendu qu'on s'activait à l'intérieur, son ouïe fine avait même pu distinguer ce qu'il identifia comme un froissement
de tissu.
La porte se déverouilla et Marie le fit entrer puis l'annonça.

D'Artagnan entra dans les beaux appartements dont la richesse le surprit un peu et il s'inclina avec élégance en disant :


D'Artagnan : "Mes hommages madame. Vous m'avez fait demandé, me voici. Le capitaine des Mousquetaires de sa majestée le Roi de France est à votre service."

La formule était pompeuse et le titre ronflant, mais cela plaisait à D'Artagnan de commencer ainsi.
Il ne connaissait cette femme que de vue (et quelle vue ! ), aussi la distance lui semblait encore nécessaire, surtout qu'il ignorait encore ses intentions exactes.
Mais avec le Gascon, l'on sait qu'une amitié peut surgir d'un seul coup si la nécessité change, quoi qu'avec une femme les amitiés étaient plus rares chez lui...

Enfin pour l'instant, il gardait un ton très courtois, mais un peu méfiant.
Fixant le beau regard d'Evangéline de ses yeux verts et francs, il masquait tant bien que mal son humeur soucieuse.

Il est difficile jouir pleinement d'un merveilleux spectacle quand on a l'esprit préoccupé par les problèmes...

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Ven Sep 15 2006, 14:43

[ mortifie Si je l'avais vu venir celle-là... Mr. Green Je ne me laisserais plus prendre va! Razz mdrrr! Les bras, bien sur, les bras.... Dodo]

Les bottes cognèrent le parquet et le tintement métallique d'une épée portée au côté se firent entendre alors que D'Artagnan pénétrait dans l'appartement. Evangéline ne nota pas outre mesure la distance d'esprit dont il faisait preuve à cet instant, le capitaine était connu pour sa réserve à l'égard des civils, ou plutôt des courtisans, en revanche ses coups de sang au sein de l'ordre du Lys restaient accrochés à son portrait et tenaient quasiment de la légende.

Citation :
"Mes hommages madame. Vous m'avez fait demandé, me voici. Le capitaine des Mousquetaires de sa majestée le Roi de France est à votre service."

La jeune femme ne put réprimer un sourire. Cet accent... Cela réveillait en elle des souvenirs émus d'un pays tout proche où coule la Dordogne, où l'on parle bien trop fort mais où le malheur ne frappe jamais, le pays de ses tendres années.

Elle le salua à son tour avec une révérence, pendant que Marie attendait de débarrasser le mousquetaire, et lui présenta sa main:


-Monsieur le capitaine, tout le plaisir me revient. Grand merci pour votre célérité. J'ose espérer que je ne met pas en péril les affaires de la France en vous ôtant pour un moment à vos hommes...

Evangéline s'assit et sans autre invitation, signifiait au mousquetaire qu'il pouvait à son tour prendre place en face d'elle. Les affaires de la France, tu parles oui, elles étaient bien assez pourries comme ça pour qu'elle souffrit un peu plus de délais!

-Mais voyons, nous prendrons bien le temps de nous désaltérer... _elle haussa un sourcil et considéra le Gascon d'un air entendu, légéreté bien peu considéré venant d'une femme publique_ (mais pas non plus "publique"! Mr. Green) Vous ne me refuserez pas un armagnac, mon cher... Voilà un temps qui n'attire guère les mousquetaires à la Cour... Je suppose que cela vient du fait que les malfrats ne respectent pas la trève de la Nativité!

La suivante déjà s'exécutait et se dirigea vers le meuble à alcool. L'espionne, elle, observant D'Artagnan, jugeait qu'elle avait posé les jalons de courtoisie de leur entrevue. Plus encore, cela aurait été de l'hypocrisie _mal nécessaire à la Cour, mais pas pour cette affaire_ et moins, de l'impolitesse pure et simple.
Dans sa paume gauche, celle qu'elle n'avait pas présentée au mousquetaire, elle tenait la bague qu'Elrohir avait laissé avec sa note. Elle se demandait bien pourquoi il avait fait une telle chose, mais enfin d'un homme parti sans prévenir, les nerfs à vif et meurtri par le chagrin, on pouvait s'attendre à pas mal de choses incompréhensibles... Enfin, elle allait peut-être pouvoir l'aider. Elle doutait que D'Artagnan fut au courant des rumeurs qui couraient sur son sous-lieutenant et elle-même, mais aussi révoltantes les trouvaient-elles, elle se dut de les épouser et entama comme une demoiselle babillante:


-Voyez-vous, monsieur De Verchères, qui est venu l'autre jour, m'a donné matière à me tourner les sangs. Tout inquiet qu'il était, il semblait craindre beaucoup et sans autre explication qu'une affaire urgente et délicate à résoudre, il est reparti et n'a point reparu, est-ce là bien honnête, je me le demande, et je...

Evangéline se fit taire, s'arrêta un long moment, ce qui avait tout de déconcertant et de singulier, avant de reprendre d'un ton en tout point différent du précédent. Grave et surtout bien plus bas, son vieux ton de conspiratrice! Razz, elle reprit:

-Voyons, c'est moi qui ne suis point honnête pour l'heure. Monsieur D'Artagnan, les raisons de mon appel à vous sont des plus sérieuses, son affaire "urgente et délicate", je la connais, et bien trop! L'ordre des mousquetaires est trainé dans la boue et pis encore, l'avenir du Roi et de la France est en danger...

La jeune femme n'en dit plus pour le moment et laissa le temps au capitaine de s'accomoder à ses dires. Marie, qui demeurait retirée, avait suivit la scène de son coin avec sa réserve naturelle et alors qu'elle n'osait pas regarder l'expression sur le visage du bouillant Gascon, se trouve prise d'un intérêt soudain pour la couleur de l'armagnac...

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Sep 18 2006, 15:21

[Hj : oh non s’il te plait ! Garde toi d’être vigilante et laisse toi prendre encore… ça me fait tellement plaisir Razz ]

Tandis que D’Artagnan donnait manteau, chapeau et épée à Marie, une jolie main aux doigts de nacre se tendit vers lui.
Laissant travailler les réflexes conditionnés de l’homme de cour qui ne pense pas à ce qu’il fait, il prit machinalement, mais non sans délicatesse, la douce main parfumée d’Evangéline pour y apposer un léger baise main « à la manière de France », avec le bout de ses lèvres.
Sa fine moustache frotta doucement les phalanges des doigts de la belle dont la peau était si fine que lorsqu’il se releva, une légère trace rose demeura quelques minutes là où s’étaient posé les lèvres.


[Hj : bon là je dis ça mais, si tu préfères qu’elle ait la peau dure c’est comme tu veux Razz ]

Citation :
-Monsieur le capitaine, tout le plaisir me revient. Grand merci pour votre célérité. J'ose espérer que je ne met pas en péril les affaires de la France en vous ôtant pour un moment à vos hommes...

L’esquisse d’un sourire apparut sur le visage de D’Artagnan, il répondit, de la voix toujours un peu solennelle de l’homme méfiant :

D’Artagnan : « Je ne connais pas de péril si grand qui puisse faire renoncer à un entretien avec vous madame. »

Phrase qui prenait particulièrement du sens dans la bouche d’un amoureux du danger comme le capitaine des Mousquetaires et qui sonnait aussi comme l’expression de sa méfiance actuelle, assimilant Evangeline au péril...

A l’invite silencieuse de son hôtesse, il s’assit sur le magnifique fauteuil
[Hj : de style Louis XIV, sans blague Mr. Green ] en face d’elle.

Décidément cette brune Evangeline était bien jolie. D’Artagnan qui ne l’avait jamais vraiment observé jusqu’à lors s’en apercevait à présent. Et plus D’Artagnan la trouvait jolie, plus s’accentuait sa méfiante réserve dont il lui était de plus en plus ardu de ne laisser rien paraître
Dans cet appartement coquet, décoré à l’image de la maîtresse des lieux : fin et délicat, tout concourrait à faire rayonner le charme d’Evangeline.
Chaque rideau, passementerie, bibelot paraissaient avoir été choisis et disposés avec minutie selon un ordonnancement choisi et dans un but précis.
Rien n’avait été laissé au hasard pour mettre en valeur la beauté de la femme qui occupait les lieux. D’Artagnan se sentait comme cerné par une armée de bibelots commandée par des officiers qui pouvaient être les œuvres de maîtres pendues aux murs.
Sur un quasi absolu ignare des chose de l’art tel que lui, ces assauts d’esthétique étudiée faisaient grand effet. Mais si son inculture lui empêchait d’en comprendre les subtilités, son intelligence forgée par la vie d’aventurier lui permettait au moins de percevoir qu’une puissante logique tactique digne d’un grand général était à l’œuvre derrière tout cela.
Il sentait qu’ici il n’était pas sur son terrain et devait donc se montrer prudent, très prudent.


Citation :
-Mais voyons, nous prendrons bien le temps de nous désaltérer... _ Vous ne me refuserez pas un armagnac, mon cher...

D’Artagnan qui d’habitude parlait beaucoup, comme il s’était un peu laissé distraire par le charme, se contenta d’un simple :

D’Artagnan : « Volontiers. »

Mais Evangeline enchaîna.

Citation :
Voilà un temps qui n'attire guère les mousquetaires à la Cour... Je suppose que cela vient du fait que les malfrats ne respectent pas la trève de la Nativité!

Il retrouva la parole et se raccrochant à son sens de l’humour :

D’Artagnan : « Les malfrats d’aujourd’hui ne respectent rien. S’ils avaient vécu au temps de notre seigneur le Christ, je gage qu’ils auraient détroussé les rois mages au coin d’une dune. Le sacré bambin n’aurait eu alors que ses langes sales comme cadeau de bienvenue parmi les hommes. »

Il prit le verre qu’on lui tendait en se jurant de faire semblant de boire. Dommage parce que cet Armagnac là sentait bon le pays. Les effluves lui taquinaient les narines et le faisait saliver.
Une belle dame, des appartements à l’esthétique travaillée, et maintenant de l’Armagnac de chez lui ! Décidément il était tombé dans un traquenard, et encore le pire était à venir…


Citation :
-Voyez-vous, monsieur De Verchères, qui est venu l'autre jour, m'a donné matière à me tourner les sangs. Tout inquiet qu'il était, il semblait craindre beaucoup et sans autre explication qu'une affaire urgente et délicate à résoudre, il est reparti et n'a point reparu, est-ce là bien honnête, je me le demande, et je...

Au nom de Verchère D’Artagnan fronça le sourcil. Elrohir ? Qu’avait-il donc à voir avec cette courtisane de haut vol, lui son « sous » lieutenant des Mousquetaires. Quand les « sous » fricotent avec les « haut » cela ne veut en général dire rien de bon... Et quand une femme commence à reprocher à un homme sa malhonnêteté, c’est qu’il y a affaire de cœur.

D’Artagnan ne dit rien, mais faisait tourner tout cela sous son crâne.


*D’Artagnan : « Y aurait-il un lien entre cette femme et la disparition de ce bougre de Verchère ? S’il s’en est entiché il n’a pas fini d’en baver…
Je lui ai pourtant dit qu’il ne faut jamais butiner au dessus de sa classe, qu’on y récolte que des ennuis.
Et craindre quoi ? Elrohir craindre quelque chose ? Voilà qui est nouveau… » *

Mais il n’eut guère le temps d’y réfléchir plus avant, car la suite vint:

Citation :
-Voyons, c'est moi qui ne suis point honnête pour l'heure. Monsieur D'Artagnan, les raisons de mon appel à vous sont des plus sérieuses, son affaire "urgente et délicate", je la connais, et bien trop! L'ordre des mousquetaires est trainé dans la boue en danger...

Heureusement qu’il faisait seulement semblant de boire son Armagnac, il eût sinon tout recraché sur le beau tapis.

[Hj je suppose qu’il y a un beau tapis Confused ]

Toute sa prudente réserve vola en éclats d’un coup ! Le tempérament de Gascon remonta en même temps que le sang au cerveau du capitaine.

Il leva brusquement de son siège posant le verre sur l’accoudoir, il se mit à crier :


D’Artagnan : « QUOI ! Comment ça trainé dans la boue Mordioux !? Qui ose !? »

Il mit la main aux côtés comme pour dégainer, mais il n’y trouva rien puisque son épée dormait tranquillement au vestiaire…

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Elrohir
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Lun Sep 18 2006, 21:25

(HS Razz un sous... avec les hauts.. pas gêné... chef Wink J'ai hate de lire la suite Wink)

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mar Sep 19 2006, 08:49

Dans son coin, Marie sursauta sous l'éclat de voix du mousquetaire. Il lui sembla que les murs avaient tremblé et que le feu dans l'âtre s'était même fait plus discret.
Evangéline, elle, voyait surtout un verre à demi-rempli d'armagnac qui tenait en équilibre sur l'accoudoir d'un de ses fauteuils tendus de damas et retenait sa respiration qu'il veuille bien y rester comme tel!


Citation :
« QUOI ! Comment ça trainé dans la boue Mordioux !? Qui ose !? »

La courtisane aurait bien voulu en rester là à la réflexion: l'ordre est souillé, monsieur D'Artagnan est au courant, et si on allait faire une partie de cartes?![whistle] Bien sûr, elle avait prévu dans un coin de son esprit cette réaction digne d'un Gascon et capitaine dudit ordre de surcroît, mais c'est qu'à présent qu'elle y était, elle sentait ses joues s'empourprer.
Evangéline n'était pas femme à se dérober à une tâche lorsqu'il y en a une, d'autant que celle-ci lui été imposée de son propre chef, aussi commença-t-elle avec tout le calme qui lui était possible de trouver dans ses veines:


-C'est un complot qui prend racine dans les hautes sphères du pouvoir. Une personne de très haute influence fait agir pour ses propres intérêts, un ou, peut-être plusieurs, intermédiaires, afin monter une rébellion au sein même de l'ordre contre le Roi et la France. Les mousquetaires sont donc directement en cause dans tout ceci, De Verchères a prouvé sa loyauté en faisant tomber un pan de la conjuration, mais il reste tellement de ramages au filet que beaucoup est à craindre encore...

Alors qu'elle n'avait pas interrompu son discours d'une seule demi-seconde pour ne pas avoir à affronter quelconque nouveau coup de sang de D'Artagnan, la jeune femme fit enfin une pause le temps d'humidifier de nouveau sa gorge sèche puis reprit:

-Pour tout vous dire, monsieur, si rien ne vous est parvenu aux oreilles auparavant c'est parce que des "consignes" nous ont été donné. Des consignes certes peu réfléchies à mon sens, mais enfin peut-on blâmer un excès de prudence?!

Les "consignes", les "consignes", on savait bien où les trouver, pas besoin de se faire plus claire. Sur le "nous" par contre... Il lui avait échappé, elle ne s'en était pas rendu compte.
Tout ce qu'elle croyait voir c'était les moustaches raffinées du capitaine papilloner... Dans un tic nerveux, la bague d'Elrohir tournait dans sa paume moite.
Ca y était, elle avait dit le plus gros. Il y avait tellement encore à dire qu'elle préférait pour le moment ménager un peu les humeurs de ce pauvre capitaine! Imprévisibles et violentes comme le vent d'autan étaient ses réactions... Faudrait-il qu'elle craigne encore pour ses coussins?! Razz

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Mer Sep 20 2006, 15:55

En écoutant Evangéline, D'Artagnan était resté crispé, avec tous ses muscles tendus à les faire claquer.
C'était comme s'il avait concentré toutes les forces de son corps qu'il avait pu ralliées pour les diriger vers son cerveau. Car en cette heure c'était de sa cervelle dont il avait le plus besoin, une cervelle attentive aux moindres des mots de la belle dame qui parlait.

Inspirant et soufflant comme un taureau près à charger, son visage avait pris une teinte qui tendait vers le rouge écarlate. On aurait vu de la fumée sortir de ses naseaux que ça n'aurait pas surpris.


[Hj : y en a une qui fume le cigare pour ça et d'autres qui obtiennent le même résultat naturellement Cool]

Rarement sa pensée avait tourné si vite dans sa tête, si on peut appeler pensée la tempête qui y avait éclaté.

Quand Evangéline eut fini de parler, il la "mousqueta" un moment du regard.
[Hj : et oui c un mousquetaire Mr. Green ] Il en va souvent ainsi du porteur de mauvaise nouvelle, qu'il soit responsable ou pas importe peu, mais la colère et le dépit doit bien trouver un objet pour se fixer le temps de se calmer.
Pour le coup cette fois comme souvent, l'objet en question était une femme... Il est assez classique de retourner ses nerfs mis en pelote sur l'être de sexe féminin présent, et si en plus cet être est l'anonciateur de la nouvelle, il ne peut guère y échapper.


[Hj : tu préfères pas une partie de cartes finalement Razz]

Mais si D'Artagnan pendant une minute haït intensément la belle courtisanne, son entrainement d'homme de cour le sauva de rien dire de facheux et les insultes à faire rougir un charretier qui lui vinrent à l'esprit restèrent enfermées dans sa bouche qu'il maintint close le temps de les y laisser mourir.

Puis après quelques instant à ruminer les cadavres, la bouche encore pâteuse du gout de ces mauvais mots qui s'y remuaient mais qu'il ne prononcerait pas, il dit à Evangéline, la voix vibrante :


D'Artagnan : "Madame... J'ose espérer que ce conte que vous me chantez là ressemble à s'y méprendre à la vérité car sinon toute haute dame que vous soyez, je...
Bon voyons cela dans l'ordre..."

Il se frotta les yeux et soupira profondément avant de reprendre.

D'Artagnan : " Vous dites qu'un complot se trame contre le Roi au sein même des mousquetaires. Mousquetaires que je commande, vous vous en souvenez.
Que quelqu'un dans les hautes sphère est derrière tout ça, que Verchère a déjoué une partie du complot, mais pas tout.

Et qu'un certain "nous" a dit qu'il ne fallait en piper mot à cet imbécile de capitaine, parce qu'il convenait d'être prudent..."

D'Artagnan fixa ses yeux verts dans ceux d'Evangéline, il eut cherché à lui transpercer l'âme qu'il n'aurait pas regardé autrement. Puis il fit :

D'Artagnan : "Hum hum..."

Et détournant les yeux il ajouta d'une voix étonnament calme, presque désinvolte :

D'Artagnan : "Tout cela est fort intéressant, mais j'aimerai quand même avoir quelques petits éclaircissement.
Comme vous le savez peut-être, il n'est pas rare que les Mousquetaires soient amenés à faire travail de police. Aussi, à force de pratiquer ce type de travaux, il m'est venu le gout du fait précis et étayé ainsi que l'amour de la preuve.
On ne porte point des accusations aussi graves que celles que vous venez de porter envers l'ordre que je commande, et donc envers moi, sans avoir de quoi le prouver.

Qui est donc cette personne des hautes sphères que vous accusez ? Vous dites que Verchère a démantelé une partie de la conjuration, qu'a-t-il fait exactement ? Et comment le savez vous et qu'est ce qui me dit que je puis vous faire confiance ?

En deux mots : Vos preuves, madame."

Puis il ajouta menaçant :

D'Artagnan : "Je ne me contenterai pas de généralités madame, il me faut comme on dit chez nous : "du biscuit" et du solide.
Si vous me convainquez je serai votre éternel serviteur, dans le cas contraire, je serais pour toujours votre ennemi mortel."

Malgré la brutalité apparente de sa menace, D'Artagnan n'était pas aussi muré qu'il en avait l'air. Il sentait bien depuis quelque temps que quelque chose ne tournait pas rond dans l'ordre. Que des petits groupes se formaient, qu'on mumurait dans son dos, qu'une certaine forme de camaraderie avait disparu ces derniers temps.
A l'époque il avait mis ça sur le compte de l'écart générationnel qui se creusait entre lui le chef et les nouveaux arrivés, plus jeunes.
Au fond de lui il sentait bien qu'Evangéline lui amenait une vérité qu'il avait été trop aveugle pour bien voir.
Mais même la vérité a besoin d'étaie et si Evangéline se montrait convaincante, il ne demandait qu'à plier le genou devant sa sauveuse après l'avoir pratiquement insulté la minute d'avant.
Un vrai Gascon en fait...

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MessageSujet: Re: Appartement d'Evangéline   Jeu Sep 21 2006, 15:58

[Expldrrr! Dsl je repense à un vieux sketch "C'est D'Arty mon kiki!" Mr. Green Bon ok je poste... lol!]

Voyons, si l'on examinait bien le fond des choses, ce n'était pas si mal... Au moins, D'Artagnan ne criait-il plus. D'ailleurs cette colère contenue avec peine comme celle d'un volcan, avait quelque chose de bien plus terrifiant à la fin... Il lui fallait tout reprendre depuis le début, le dire à sa manière, tourner et retourner l'affaire dans tous les sens, la prendre par tous les bouts, à sa guise! Cela ne changerait pas les faits mais enfin la jeune femme pouvait bien comprendre qu'un coin de ciel était tombé sur la tête du pauvre capitaine s'il comprenait que son ordre partait en lambeaux...

*Imbécile de capitaine?! Ah pardon mais je n'ais jamais dit cela! Il brode le bougre!*

Il hésitait à la croire sur parole, bien sûr, elle n'avait pas été naïve au point de croire que cette mission lui serait aisée. On pouvait bien comprendre que le pauvre homme émette quelques réserves _ euphémisme_ à imaginer ses hommes, ses mousquetaires, ses lames donner dans le complot de lèse-majesté!
Il voulait du tangible et c'est là que tout le problème se posait aux yeux d'Evangéline c'est qu'elle n'en avait pour ainsi pas, sinon sa parole... Depuis quand d'ailleurs la parole d'une dame ne valait-elle que défiance?!
Croisant ses doigts sur ses genoux, elle entreprit:


-Je soupçonne le poids de mes dires, capitaine et si nous autres, femmes, nous mêlons bien rarement des affaires de la pègre, il n'est pas impossible que nous fassions parfois preuve de plus de clairvoyance...
Bien, mais vous m'avez posé des questions toutes légitimes et voici mes réponses. Premièrement, si je connaissais celui qui est à la tête de cette mascarade, je crois que ce serait parce que celle-ci serait belle et bien résolue. Je ne serais pas là en train de vous mettre en garde contre un péril éventé!
Ensuite, oui De Verchères a déchiré un pan de rideau et de cela j'en ais été bien malgré moi le témoin... privilégié... dirais-je!
Il se trouve que vos hommes, mon cher, ont de forts bonnes manières qui les conduit dans les appartements d'une dame, sans invitation, à une heure impossible. Une bien étrange façon ont-ils de les traiter et de leur faire la conversation, un peu rude sans doute, mais qui ont le mérite de rendre les choses claires sur leurs intentions...


Le sourire dessiné sur ses lèvres avait ce petit quelque chose de suffisant et peut-être agaçant. Sourire d'amertume surtout d'une nuit bien difficile encore à oublier...

-Alors monsieur, je n'ais d'autre preuves sur moi que celles que le fard veux bien cacher et que la bienséance et la pudeur m'invitent à garder pour moi, si vous n'y voyez pas d'inconvénients...
Les autres, c'est votre sous-lieutenant qui les as, celui-là même qui a disparu pour l'instant et dont le sort me donne grand soucis. A moins qu'il ne franchisse cette porte sur l'instant, je crains bien qu'il ne vous faille croire la seule parole de la servante du Roi, intrigante devant l'Eternel certes, mais qui n'a qu'un honneur...


Là dessus, elle présenta son bras et Marie s'approchant par derrière elle lui remit dans la main un pli, ô combien précieux!, cacheté d'un sceau royal brisé. Evangéline le tendit à son tour à D'Artagnan et attendit qu'il l'ouvrit. Au-dedans on pouvait y lire ceci:

"Nous, Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre,
appointons en ce jour d'hui à Mademoiselle Evangéline, Louise, Marguerite*, fille du comte Charles de Montberry, la charge de veiller en notre nom à la bonne marche du royaume et à la paix de notre esprit.
Ce dans le plus grand des secrets qu'implique ladite charge."


S'ensuivait toute une liste pompeuse de clauses et de formules d'usage diverses pour enfin en venir à ceci:

"Car tel est notre bon plaisir,

Fontaineblau, en ce jour du 4 septembre 1661"


Le tout était simplement signé "Louis"


Evangéline tenait plus à sa lettre de cachet _pourtant de plutôt mauvais augure pour d'autres_ qu'à la prunelle de ses yeux. Tout y était dit et bien sûr si elle ne la brandissait pas à tout va, elle la gardait bien soigneusement dans un coin connu d'elle-seule. Il avait été si protégé et peu touché qu'on l'aura cru fait de la même date de cette année-là. Et aujourd'hui, il lui servait de lui-même.



* On a tous des noms qu'on voudrait mieux voir passer à la trappe, Evy n'échappe pas à la dure règle! Mr. Green MDR!

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