1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Le chant du rossignol

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Prince de Savoie-Carignan
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MessageSujet: Le chant du rossignol   Mer Nov 16 2005, 22:18

De longues écharpes de brumes nocturnes se dissipaient lentement. Le soleil naissant déployait un à un ses timides et pâles rayons sur la forêt de Fontainebleau. Une belle journée d'automne s'annonçait, en apparence anodine, semblable à toutes les autres. Pourtant, ce matin là, le rossignol, qui d'ordinaire laissait entendre son chant mélodieux dès les premières heures du jour, restait étrangement silencieux, frappé d'un mutisme inexpliqué. La forêt toute entière semblait porter le deuil de cette mélodie quotidienne, ce qui conférait au bois une tension inhabituelle. Le silence oppressant qui y règnait aurait été insupportable aux oreilles d'un être humain, et lui aurait inspiré le désir incompressible de se mettre à hurler pour combler cette terrible absence...

Il était huit heures du matin à la demeure royale de Fontainebleau, tout était encore calme et silencieux. Maître Pierre, le palefrenier, s'occupait avec amour de la dernière acquisition de sa Majesté, un superbe étalon alezan qu'il réservait très certainement à ses parties de chasse. Soudain, un bruit lointain, étouffé par la distance, le tira de son activité. Il était régulier, et s'amplifiait continuellement. L'oreille afutée du vieil homme reconnut bientôt le rythme effrené d'un cheval lancé au galop. Quelques secondes plus tard, un cavalier se dessina à travers la brume de poussière qui grossissait à l'horizon. Parvenu aux abords du château, il ralentit et stoppa devant le monumental portail matérialisant l'entrée du séjour royal.

Le mystérieux visiteur mit pied à terre et pénétra dans la Cour du Cheval blanc, tenant son destrier par la bride. Pierre ne put s'empêcher de constater la grande beauté de l'animal, un magnifique pur-sang arabe à la robe d'ébène. Son cavalier était un homme de haute stature, enveloppé dans une cape de voyage noire qui masquait ses vêtements. Alors qu'il réajustait son chapeau à larges bords, on vint s'enquérir de l'objet de sa visite:



Je suis le Capitaine de la Garde personnelle de Son Altesse le Prince François-Xavier Farnese de Savoie-Carignan. Il m'envoie vous prévenir de son arrivée imminente à la Cour de Son Altesse Royale. Le cortège devrait parvenir aux abords du château d'ici midi. Veuillez prévenir Son Altesse Royale et prendre les mesures qui s'imposent.



Pierre le vit saluer son interlocuteur, enfourcher son destrier et le lancer au galop. Quelques secondes plus tard, il n'était plus qu'un minuscule point noir auréolé de poussière à l'horizon...

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Louis XIV
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MessageSujet: Re: Le chant du rossignol   Jeu Nov 17 2005, 19:32

Ce n'était pas le tapis rouge, mais c'était tout comme. La garde s'était formée en file et brillait de mille feux. Mais ce n'était pas Louis qui se tenait au bout. Non, un simple page. Un page, certes, bien habillé, mais qui jurait tout de même avec l'attirail déployé pour accueillir le prince... et l'ambassadeur de Hongrie.
On ne fait jamais rien de trop lorsqu'il s'agit de recevoir deux personnages aussi importants que hautains. Car hautains, ils ne pouvaient que l'être, Louis n'en doutait pas. Comment en aurait-il pu être autrement d'hommes élevés dans le luxe et les intrigues de cour.

Ainsi, ce fut l'ambassadeur qui arriva le premier. Le carosse s'aretta dans un crissement des roues sur le sol, et le page alors montra son utilité... il ouvrit la portiere et déplia le marche-pied !!! Non, bien sûr, le Roy n'avait pas fait appel a un simple garçon comme accueil a des princes pour les aider a descendre de leur fiacre... Non, il voulait faire une entrée remarquée.

Il attendait en vérité dans son cabinet, anxieux pour LaValliere, on lui avait en effet prévenu du commencement du travail, et, quoiqu'il fasse, il ne pouvait parvenir a lire les parchemins qu'ils tenaient dans ses mains.

Malgré cet etat de fébrilité et a la fois d'euphorie, Louis ne s'en était pas moins bichonné.

Oui, bichonné, superbe, il n'avait pas ménagé sa tenue. Bien plus que pour faire honneur aux invités, il voulait les rendre verts de jalousie.

Des le moment où le carosse avait franchit les grilles de Fontainebleau, un suisse l'avait prévenu et sa Majesté le Roy laissa ses parchemins, se dirigeant dans les dédales de couloirs pour la cour du cheval blanc.
Aussi, la synchronisation étant parfaite, les imposantes portes de chêne, ornées de dorures et d'énormes gonds, s'ouvrirent ensemble a l'instant même où Vladimir posaient le pied par terre, révélant le Roy, appuyé majestueusement sur sa canne.

Il avait tellement l'habitude de tels manege que Louis n'éprouvait pas la moindre inquiétude quant a l'effet de son entrée, il s'avançait donc serein vers l'ambassadeur, au rythme des viols et des flûtes qui suivaient chacun de ses pas a l'exterieur des murs du chateau.


-Vous êtes le bienvenue en France et dans la demeure royale, monsieur l'ambassadeur.

dit-il assez pompeusement, ma foi. Mais n'ayant aucun préjugé sur l'homme, sa voix n'avait rien de mesquine. Le carosse de Vladimir se remis en marche pour laisser la place au suivant qui ne devrait pas tarder...

-Nous attendons également le prince de Savoie-Carignan qui doit arriver d'une minute a l'autre, s'il vous plait de l'accueillir en notre compagnie, nous n'y prendrions pas ombrage, et même grand plaisir.
Nous comprendrions aussi que votre voyage vous ai épuisé et je puis mander un valet pour vous présenter vos appartements.

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Prince de Savoie-Carignan
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MessageSujet: Re: Le chant du rossignol   Ven Nov 18 2005, 01:58

Midi. L'astre du jour resplendissait de façon insolente, prétentieuse divinité dans un ciel sans nuages. Il faisait chaud, très chaud, trop chaud pour une journée d'automne. Dans la Cour du Cheval blanc, chacun attendait la deuxième arrivée de la matinée. Maître Pierre en avait terminé avec le nouvel étalon, et s'apprêtait à rejoindre l'office ou le repas allait être servi. Il n'avait pas oublié l'étrange cavalier matinal, et avait pu constater l'effervescence qui s'était emparée du château suite à sa venue. Il avait cru voir en la personne de l'Ambassadeur de Hongrie le mystérieux maître du cavalier de geais. Mais il s'était trompé. Le mystérieux inconnu ne s'était pas encore montré.

Soudain, Maître Pierre, absorbé dans ses pensées, tressaillit. Les douze coups de midi vinrent briser ce silence harassant, et la route s'embrasa. Il sentit la terre trembler sous ses pieds, comme si un titan d'antan essayait de s'extirper de sa gangue de glaise souterraine. Médusé, Pierre constata que de seconde en seconde, une rumeur s'enflait, s'enflait jusqu'à en devenir assourdissante. Dans la Cour du Cheval blanc, les gardes n'en menaient pas large.

Et puis il le vit. Surgissant d'un nuage de poussière, un cavalier chevauchait. Mais cette fois ci, il était accompagné. A sa suite, deux hommes montés sur des destriers lancés au grand galop. Enfin, le carosse. Puis un autre. Et encore un autre. Pierre se savait âgé, mais il n'avait jamais constaté une quelconque déficience visuelle. Il se rendit bientôt à l'évidence: il y avait bel et bien plusieurs carosses. Il en dénombra six au total, étincelant sous les mille feux d'un soleil à son zénith, chacun escorté de deux cavaliers. Revenu de sa stupeur initiale, Pierre tenta de chiffrer ce cortège qui s'approchait à vive allure du royal séjour. Seize hommes à cheval encadraient l'équipée, et quel équipée! Quatre fiers chevaux étaient attelés à chaque carosse! Quarante magnifiques destriers allaient donc bientôt rejoindre des écuries déjà surchargées... Bien qu'effrayé par cette perspective, le palefrenier n'en demeura pas moins subjugué par le cortège princier qui déjà ralentissait à l'approche du portail d'entrée.

Avec une coordination que l'on sentait parfaitement rodée, il pénétra dans la Cour du Cheval blanc, et se rangea harmonieusement de part et d'autre de la file de garde qui s'était déplacée pour accueillir le Prince. Enfin, le dernier carosse entra. Si tous les autres étaient somptueux, celui-ci était un véritable joyau. Il était harnaché, tout comme ses homologues, de superbes chevaux d'un blanc des plus purs, presque aveuglant.
"Des chevaux célestes" songea Pierre. Ses roues aussi noires que la nuit et aux rayons de sang mettaient superbement en valeur une structure immaculée, incrustée de gemmes éclatantes. La poignée de la portière était d'ivoire, les rideaux de soie tissée d'or, les harnais des chevaux sertis de diamants... Pierre ne put s'empêcher de noter que le seul équipage des équidés suffirait à faire vivre convenablement n'importe quel petit village pendant plusieurs années.

Il y eut soudainement un grand silence lorsque le carosse s'immobilisa devant la volée de marche menant à l'entrée. Le page désigné par le roi s'avança timidement pour ouvrir la portière du carosse immobile. Il n'en eut pas le temps. Le propre page du Prince, assis aux côtés du cocher l'avait devancé, et saisissait déjà la poignée. Il l'actionna, et annonça l'illustre visiteur d'une voix déjà très affirmée pour son jeune âge:
"Son Altesse le Prince François-Xavier Farnese de Savoie-Carignan!". Pierre sentit son coeur tomber de sa poitrine jusqu'à ses intestins lorsqu'il vit la créature qui d'un bond agile se retrouva sur les dalles de la Cour. Lorsqu'une créature identique suivit la première, le coeur de Pierre avait déjà atteint le fond de ses chausses. A première vue, il s'agissait de chats, enfin, de très gros chats d'environ deux mètres de long. Leurs fourrures enneigées étaient zébrées de rayures noires, une alliance qui formait un contraste saisissant. Mais ce qui terrifiait Pierre, c'était surtout les crocs monstrueux que laissait voir par intermittence la mâchoire des félins.

Enfin, Il sortit. On en oublia les tigres. Il était grand, élancé, majestueux. Sa mise était admirable. De ses souliers dorés à son pourpoint soleil doublé de vermeil, en passant par sa cape grenat et son jabot de chemise immaculé, tout son être respirait une oppulente beauté. Un élégant feutre noir couronnait le Prince, surmonté d'une extravagante plume couleur cygne. Sa main gantée de noir serrait nonchalamment une longue badine d'ébène torsadée d'argent, surmontée d'un rubis écarlate. Il leva la tête, et ses traits apparurent à la face du monde.
"Un ange..." souffla Pierre. Le terme de beau ne correspondait pas vraiment au Prince. Il est de ces beautés oniriques façonnées par les dieux. L'une d'entre elles venait d'émerger de ce carosse céleste. Nulle imperfection ne venait troubler ce visage tout droit sorti d'un songe aux traits encore juvéniles, encadré par une oppulente chevelure couleur châtaigne. Et puis il y avait ces yeux, ce regard: le bleu des mers du Sud avait déserté ces étendues liquides pour siéger dans les prunelles du Prince. Le résultat était saisissant: combien de demoiselles s'étaient-elles noyées dans ces yeux là, ensorcelées par le pouvoir divin de ces abysses sans fin?

Entouré de ses deux félins, subitemment figés dans une posture hiératique, le Prince François-Xavier Farnese de Savoie-Carignan venait de faire une arrivée remarquée à la Cour du Roi Soleil.

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MessageSujet: Re: Le chant du rossignol   Ven Nov 18 2005, 06:51

il comtempla le chateau et s extasia de sa beauté , puis regardé l armée mais la il la trouva bien minable par apport a celle qui commandait en hongrie , et enfin celui qu on attnendé arriva , et li regarda en se disnat qu il devait étre trés vaniteux et enfin il s adressa au roy et lui dit
je vous remerciez de votre acceuille mais pourriez faire mander quelqu un car je souhaite me reposer et aussi les avertir que le reste de mes bagages devrait arriver demain
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Louis XIV
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MessageSujet: Re: Le chant du rossignol   Sam Nov 19 2005, 09:32

A l'arrivée tres pompeuse du prince, Louis sourit en coin. Il ne pouvait s'en empêcher. D'un coté, il avait perdu, il était humilié, son attirail déployé paraissait presque ridicule comparé aux superbes carosses au pluriel. Et puis, les tigres. Des bêtes magnifiques qui firent autant sursauter les gardes que tiquer le Roy. Et enfin, le prince lui-même. Tout était plus beau et plus grand que ce qu'avait déployé Louis. Il s'en offusqua, et puis donc, sourit. Sourit parce qu'il était si sûr de lui-même en ce jour, si certain de sa place et de son rôle, qu'alors ce décalage lui en devenait cocasse. Il se promit de ne plus faire la même erreur, et qu'au risque de paraitre déplacé, il déploierait a chaque visite princiere autant de faste et de luxe que François-Xavier lui en avait jeté a présent a la figure.

Il lissa un moment son chapeau bleu marine ornée de plume aussi longues que brumeuses, alors qu'ils se jaugeaient tous deux, dans le silence, séparés encore par la longueur de la garde déployée.
Il était beau, a ce qu'il pouvait en voir. Il était beau dans ses apparats ostentatoires. Mais qu'en était-il lorsqu'il n'était pas suivis de ses mastodontes a poils et a crocs ?

En fait, ils étaient a la fois aussi dissemblables qu'ils semblaient freres. La même attitude fiere, le même regard de méprit, écrasant. La même démarche hautaine. Tout. Sans nul doute qu'ils se comporteraient de la même façon. Comme des enfants trop gatés. Beaucoup trop.

Louis pensait. Ils pourraient être autant en compétition que freres en apparence. Cela dépendrait de son attitude. S'il se comportait comme un Fouquet ou un De Leon, certain qu'il ne ferait pas long feu ici !
Mais si d'un autre coté il ne cherchait pas a le rabaisser ou a le supplanter, alors, il pourrait s'entr-aider en feignant d'être amis. Car deux hommes, deux princes, Louis le pensait sincerement, prenant exemple sur son propre frere Philippe d'Orléans, ne pouvaient entamer de véritable relation de confiance.

Enfin, apres quelques secondes de réflexions qui lui avaient sembler tourner au ralenti, Louis se tourna vers l'ambassadeur qui lui avait parlé.


-Certes, mon valet que voilà va vous conduire a votre suite. Elle est superbe, digne d'un ambassadeur de Hongrie. Vous n'allez pas être déçu.

Le valet en question s'inclina devant l'altesse et Vladimir, avant d'accomplir son role. Mais déjà Louis s'en désinteressait. Il s'avançait rempli de sa majesté qu'il ne voulait pas cacher vers le prince de Savoie-Carignan.

Il s'arretta a quelques pas, s'appuya sur sa canne et leva le menton. Il avait fait attention de ne plus sourire. Plus d'indices qui pouvait le montrer heureux.


-Alors prince, la clameur de la cour qui vous accueille s'est noyée dans les mugissements de vos chats. Pourtant, elle ne vous en ovationne pas moins. Soyez a la cour de France comme chez vous, altesse.

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vladimir
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MessageSujet: Re: Le chant du rossignol   Sam Nov 19 2005, 10:45

il dit au roy
merci votre majesté et j aimerais rencntré votre ministre le plus vite possible
puis se tourna vers le valais
conduisez moi a mes appartement[/i]
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Prince de Savoie-Carignan
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MessageSujet: Re: Le chant du rossignol   Sam Nov 19 2005, 21:31

Durant un bref instant qui sembla néanmoins durer des siècles, le Temps sembla s'oublier, figeant les grains du Grand Sablier.
Drapés dans leur majesté, deux hommes s'observaient, se jaugeaient, se scrutaient, essayant de mettre à nu l'homme derrière l'Altesse, la vérité derrière le faste.


Voici donc ce Roi qui fait tant parler de lui dans les Cours étrangères... songea le Prince.

Il ne put s'empêcher de penser à tous ces individus, riches ou pauvres, nobles ou roturiers, hommes ou femmes, qui jamais ne verront le Roi, se contentant de s'en faire une idée forcément approximative, fondée sur la gravure de son profil sur les pièces de monnaie. Il songea également à tous ces courtisans zélés, qu'un seul regard du Roi suffit à combler de joie, à ces hobereaux arrivés à la Cour dans l'espoir de remettre un timide placet à sa Majesté, et qui, rentrant victorieux chez eux, évoqueront des années durant cet instant de grâce: le regard que sa Majesté avait daigné accorder à leur humble personne. Pauvres créatures, condamnées volontaires à une servitude abjecte...

La situation de François-Xavier étaient fort différente... Son arrivée à la Cour avait été éblouissante, et, à sa sortie du carosse, c'est le Roi en personne qui s'était déplacé pour l'accueillir. En l'espace de quelques secondes, il avait obtenu ce que peu de courtisans peuvent raisonnablement espérer obtenir en l'espace d'une vie.

Accaparé par ces réflexions, François-Xavier ne remarqua pas l'ombre souriante qui avait traversé le visage royal.

Louis XIV: incarnation parfaite du concept de Majesté suprême. Pourtant, force est d'avouer que l'homme en lui-même ne présentait rien d'extraordinaire. Juché sur des souliers surélevés de cinq bons centimètres, Louis tentait de remédier à sa petite taille. Mais malgré cet artifice, elle n'imposait nullement. Il était beau, bien fait, et élégamment vêtu, mais rien de tout cela ne le plaçait au-dessus des hommes. Cependant, il était Roi, et cela faisait toute la différence. Son hégémonie ne prenait pas sa source dans ses caractéristiques physiques. Elle émanait de sa transcendance, de cette puissance immatérielle qui l'eut fait reconnaître entre mille. Il éblouissait, sans que l'on puisse rationnellement le comprendre.

Le Prince se surpris à l'admirer, rendant ainsi justice à l'exceptionnelle force de volonté dont le Roi faisait preuve à cet instant. François-Xavier n'en doutait pas: le faste de son arrivée venait de l'humilier, de le meurtrir profondément dans sa chair. Pourtant, il n'en laissait rien paraître, arborant ostensiblement à la vue de tous un masque de marbre tranquille et serein.

Il était indéniable que tous deux se ressemblaient: le même port hautain, la même attitude royale, la même grandeur ostentatoire... Mais l'un était Roi, l'autre pas. François-Xavier avait l'habitude des Altesses royales. Ils les cotoyaient depuis toujours.
"Comme certains ont leurs habitudes au bordel..." ironisait-il intérieurement. Mais ce Roi-ci semblait différent, plus imposant, plus arrogant, plus majestueux...

Ces considérations n'avaient durées que quelques secondes. La scène d'exposition venait de se terminer. Le rideau se levait déjà sur le premier acte.

Se conformant au protocole en vigueur, avilissement obligé, le Prince se découvrit d'un geste ample et exécuta une révérence parfaitement maîtrisée. Il prit enfin la parole:


"Je remercie votre Majesté pour son accueil, et ai l'honneur de lui présenter mes respects. Permettez moi de vous transmettre également toute la considération que vous porte mon père Edouard Ier, Grand Duc de Toscane, Duc de Parme, Duc de Plaisance, Duc de Castro et Duc de Roncigliane. Enfin, revenant d'un séjour à la Cour d'Alexis Ier, Tsar de toutes les Russies, je puis vous assurer de la sincérité des sentiments qu'il porte à votre Majesté."

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MessageSujet: Re: Le chant du rossignol   Dim Nov 20 2005, 10:44

Le prince baissa les yeux. Oui, il les abaissa ainsi que son front et son couvre-chef. Et Louis respira enfin.
Il lui avait semblé que se jaugement mutuel et silencieux avait été aussi pesant que l'attente d'un combat. En vérité, cela avait été un combat. Une bataille de volonté où l'on admirait l'adversaire autant que l'on cherchait a le vaincre.

L'issus avait été aussi prévisible qu'inévitable. Le prince salua son Roy.
Le "chant du rossignol" parvint alors aux oreilles détendues de celui-ci, tout comme la brise et la musique aérienne, tout comme l'eau des fontaines.


Citation :
"Je remercie votre Majesté pour son accueil, et ai l'honneur de lui présenter mes respects. Permettez moi de vous transmettre également toute la considération que vous porte mon père Edouard Ier, Grand Duc de Toscane, Duc de Parme, Duc de Plaisance, Duc de Castro et Duc de Roncigliane. Enfin, revenant d'un séjour à la Cour d'Alexis Ier, Tsar de toutes les Russies, je puis vous assurer de la sincérité des sentiments qu'il porte à votre Majesté."

Alors sa majesté rayonna. Savoie-Carignan se releva et pu admirer ses dents de perles qui otaient leur voile de pudeur et de fierté en un sincere sourire. Louis avait compris que l'homme ne serait pas un danger. Certes, il intriguerait de son coté surement, ferait ses petites affaires et conquettes sans doute, mais il n'humilierait pas son Roy aussi bien que l'avait fait le prince de Bretagne. Il s'était soummis.

-Nous acceptons vos respects, ceux de votre pere, et ne doutons pas non plus de l'amitié du Tsar a notre égard. Sur ceux, le Roy et toute la France esperent que votre séjour ici vous sera tout aussi agréable que celui des Russies.

Alors Sa Majesté fit volte-face en laissant a sa droite la place d'un homme. Il commença a avancer lentement, invitant ainsi le prince a l'accompagner jusqu'au chateau, où attendaient déjà une foule de courtisans dans les faveurs royales, prets a se jeter sur le nouveau venu, a l'observer sur toute les coutures et a lancer de nouveaux ragots qui passeront par toutes les oreilles de la cour.

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MessageSujet: Re: Le chant du rossignol   Jeu Nov 24 2005, 22:03

Le Prince jubilait. La mystification du Roi était totale. Comme bien d'autres avant lui, il avait succombé au charme rassurant de ses manières enjoleuses. Une courbette et quelques mots avaient eu raison de la méfiance du monarque, qui l'accueillait désormais à bras ouverts dans sa royale demeure.

François-Xavier lança du regard un ordre muet au Capitaine de sa Garde, qui se tenait respectueusement à quelques mètres derrière lui. Aussitôt, le carosse princier s'ébranla, laissant bientôt la place à un autre véhicule. Satisfait, François-Xavier fit volte-face, un large sourire aux lèvres: quelques marches plus haut, le plus grand monarque au monde attendait son hôte. Il était temps.

D'un pas élégant et mesuré, le Prince gravit la première marche. Comme brutalement actionnés par un mécanisme caché, les félins redressèrent aussitôt leurs pattes arrières, et emboîtèrent le pas à leur maître. Un homme ordinaire, courtisan zélé obnubilé par la personne royale, aurait gravi les marches quatre à quatre pour rejoindre au plus vite le souverain, qui déjà pénétrait dans le château. Ce serait bien mal connaître le Prince que de le juger capable d'une telle bassesse. Au contraire, François-Xavier jouissait de tout son temps, comme hésitant à poser le pied sur les marches menant au perron.

Une volée de marches plus haut, il se retrouva sur une petite éminence bordée d'un élégant balcon à l'italienne, qui déjà avait été déserté par le roi. Le Prince se retourna vers la place, et embrassa du regard le paysage qui s'offrait pleinement à lui.

Haut, très haut dans le ciel, le Soleil brillait toujours de mille feux, astre de plomb harassant et destructeur. Pourtant, un changement lointain semblait s'amorcer: tout près de l'horizon, de lourds nuages noirs s'amoncellaient... En contrebas le troisième carosse libérait déjà son mystérieux passager...

Le silence était revenu, chappe de plomb oppressante tombée sur le château et la forêt voisine. Le chant du rossignol semblait s'être une nouvelle fois tari, comme la source cristalline se meurt au soir du printemps.

Rayonnant, le Prince fit volte-face, et pénétra enfin dans la demeure royale, bien décidé à rejoindre le monarque qui trottait une dizaine de mètres plus loin.

Dans sa tournée de ramassage habituelle en la forêt de Fontainebleau, un braconnier fit une macabre découverte. Au pied d'un arbre, un rossignol avait trouvé la mort, innocente créature sacrifiée sur l'autel de la folie meurtrière d'un rapace sans scrupules...



( Suite... La Galerie François 1er )

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