1663 : Face aux Feux du Soleil

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 le petit salon du Roy

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Prince de Savoie-Carignan
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Ven Jan 06 2006, 15:32

Durant la riposte du mousquetaire, le Prince ne put s'empêcher de ressentir une profonde admiration pour cette homme qui, bien que ne payant pas de mine, déployait sous ses yeux une finesse et une éloquence rare chez un être de sa condition.

Bien sûr, la discrète ironie de ses propos ne laissa pas le Prince de marbre. Peut-être que tout autre personne en un cas similaire lui eut inspiré une haine indescriptible. Ce ne fut pourtant pas le cas ici. Ce Besméatix lui était de plus en plus sympathique...

Cependant, la joute n'était pas terminée, loin de là...

Lorsque le silence revint dans la pièce, François-Xavier reprit de nouveau la parole, se tournant vers le mousquetaire, un large sourire aux lèvres.


Monsieur Besméatix, je vous en prie, ne vous dévalorisez pas ainsi! Votre exposé valait largement le mien, qui, je l'avoue péchait par une lacune évidente: vous ne portez en effet aucune épée, ce qui devrait, logiquement, vous mettre définitivement hors de cause. Cependant, je pense que cet incident présente encore matière à réflexion.

Deux actes de cette tragédie sont à présent achevés. Mais, et je ne pense pas que Monsieur Racine me contredira, quelle pièce digne de ce nom trouve une résolution en deux uniques parties? A ma connaissance, aucune. Laissez-moi donc l'extrême honneur d'inaugurer le troisième acte.


Jamais François-Xavier n'avait été aussi vibrant, aussi éloquent. Une passion furieuse animait ses paroles, faisant peser sur chaque mot une rare intensité. Pourtant, cela faisait bien longtemps qu'il avait déserté les planches...

Vos Altesses, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Monsieur Besméatix, si vous le voulez bien, je vais reprendre l'affaire à son origine. Je pense que c'est ici que se trouve la clé de l'histoire.

Monsieur Besméatix affirme présentement ne pas porter d'épée. Je pense que personne ici n'est en mesure de le contredire. Son assertion contraste donc violemment avec ce que mes yeux ont vu. Et s'ils m'avaient trahi? Si en fin de compte, aucune épée n'était jamais venue barrer le passage à ce pauvre garçon? Je pense être en mesure de répondre à ceci, mais, pour cela, la présence dudit serveur m'est indispensable.


Sur ce, François-Xavier fixa son regard sur le malheureux garçon bleu, qui tentait désespérement de détacher le homard ornant l'habit du Prince de Condé, et lui intima l'ordre de venir le rejoindre.

Dites moi jeune homme, vous êtes bien le responsable, de par votre chute, de la déchéance maritime du noble Prince de Condé, cousin du Roi, illustre vainqueur de Rocroi?

Cramoisi de honte, le garçon bleu acquiesça.

Bien. Pouvez-vous donner à votre chute une explication rationnelle?

Fixant le Prince avec dans le regard la terreur d'un condamné face au bourreau, le jeune garçon garda le silence.

Je vous remercie mon garçon! Votre silence est éloquent! Vos possibilités de réponse étaient, je l'avoue, très limitées: soit la chute accidentelle, soit la chute criminelle. Dans les deux cas, parler vous portait préjudice. En avouant votre maladresse, vous vous exposiez à une retentissante punition. Inversement, la mise en cause d'un intervenant extérieur vous exposait à ses foudres.

Mais oublions tout cela. Votre témoignage verbal nous est finalement inutile. Celui de vos membres antérieurs est cependant tout à fait intéressant.


Joignant le geste à la parole, le Prince désigna les jambes du garçon, là où la lame, laissée nue par le mince fourreau, avait violemment frappé. Aussitôt, un large sourire se dessina sur son visage.

Mes yeux ne m'avaient pas trompés! Monsieur de Saint-Aignan, pourriez-vous, s'il vous plait, venir constater par vous-même ce que mes yeux viennent de m'apprendre?

Suis-je fou, ou bien peut-on très distinctement apercevoir deux traces de déchirure sur les bas de ce garçon? Des traces parfaitement rectilignes, jointes en une ligne imaginaire...

François-Xavier, le sourire aux lèvres, se tourna vers le comte, l'invitant de la main à venir le rejoindre.


_________________
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Dernière édition par le Ven Jan 06 2006, 17:13, édité 1 fois
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Héloïse
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Ven Jan 06 2006, 16:31

Héloïse avait laissé Elrohir s'en aller avec son compagnon d'armes. Il lui avait tendu son chapeau, que la jeune femme avait pris avec douceur. Un petit baiser volé du mousquetaire s'était déposé sur sa joue de porcelaine. Quelques murmures s'étaient fait entendre autour d'elle, mais son esprit était clairement ailleurs, et ce, de Verchères l'avait bien vu. Son visage inquiet trahissait ses pensées. Avec un dernier regard pour la belle, il s'en alla avec Besméatix, promettant un retour rapide. La jeune femme ne prêta pas attention à ce qu'ils s'en allaient faire. Elle s'était retournée vers la fenêtre, qu'elle avait ouverte afin de respirer le grand air que lui offrait la nature. À chaque bouffée, ses souvenirs s'éclaircissaient, et maintenant, ce n'était plus le fait de ne pas se rappeler qui la hantait, mais celui de savoir.
Elle s'était retournée, juste avant l'accident du Prince de Condé. La duchesse de Valentinois était enfin arrivée. Héloïse avait espéré pouvoir lui parler, mais elle s'entretenait avec d'Artagnan, qui affichait fièrement la dame à son bras. Elles s'échangèrent un salut de la main, alors qu'un grand fracas venait une fois de plus interrompre les conversations des invités. La courtisane envoya un regard furtif à la nouvelle scène pathétique qui s'étalait aux yeux de tous. Le Prince de Condé semblait récupérer la monnaie de sa pièce... Les éclats de rire semblaient fuser encore plus nombreux et plus forts.
Héloïse, elle, n'avait pas la tête à cela. Aucun sentiment n'était désormais visible sur son visage toujours pâle. Ses traits semblaient s'être fermés au monde extérieur. Elle se retourna une nouvelle fois vers la fenêtre, de sorte qu'elle faisait dos au reste de l'assemblée. Son coeur battait la chamade, une angoisse de devoir faire face à son passé venait l'étrangler.
Elrohir revint à ses côtés, avec toute la douceur dont il était capable. Il voyait bien que la jeune femme n'était toujours pas en état de parler. Elle lui tendit tout de même son chapeau, avec un léger sourire qui se voulait un remerciement de sa présence rassurante à ses côtés.
Héloïse avait perdu de vue le Prince dans la foule, ce qui lui laissa un bref moment de répis. Mais à peine eut elle pensé cela, qu'il s'était mis visible de tous, et pris la parole publiquement. Bien droit l'un à côté de l'autre, Elrohir et la courtisane faisaient face au Prince, comme maintenant le reste des invités. Seulement, Héloïse n'écoutait aucunement ce qu'il racontait. Elle reconnaissait maintenant parfaitement cette voix, ces intonnations, cet accent qu'elle avait appris à connaître quelques années plus tôt. Au lieu de voir François-Xavier en cet instant, elle revoyait plutôt des bribes de l'enfant qu'elle avait connu s'imposer à son imagination. Tantôt c'était le garçonnet, tantôt le Prince qu'elle avait rencontré quelques heures plus tôt, sous la pluis des jardins. Elle ne reconnaissait plus personne, et cette farandoles de flashbacks l'étourdissaient à un point tel qu'elle semblait oublier ou elle se trouvait. Elrohir qui avait sans doute vu qu'elle était sur le point de s'évanouir mis sa main dans son dos afin de l'empêcher de basculer, ce qui la ramena à la réalité en un instant.
Le discour de François-Xavier était terminé, tout le monde semblait avoir recommencé à discuter. Son moment de torpeur s'était évaporé. Seul le mousquetaire se tenait devant elle, l'air franchement inquiet. Héloïse reprenait peu à peu le contrôle sur elle-même, son esprit et ses émotions. Elle vit que ses deux mains était toujours crispées sur les deux biens qu'elle venait d'avoir. Ses jointures étaient blanches et elle désséra sa poigne, se rendant compte que ses ongles transperçaient ses propres paumes.


"Je vais bien Elrohir, ne vous inquiétez pas..."

Elle pris une grande respiration, tandis que la musique avait repris juste après le discour du Prince Farnese de Savoie-Carignan.

"Je m'excuse...de cette...attitude. Il me semble avoir été comme frappée par les foudres du passé..."

Sa voix ressemblait à l'écho de son esprit, mais elle refusa de se laisser emporter par le même torrent qui semblait l'avoir déracinée plus tôt.

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Duchesse
Invité



MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Ven Jan 06 2006, 17:01

La Duchesse avait vu Besméatix se diriger vers elle et elle en était fort aise quand le Prince de Carignan se mit à haranguer la foule et à faire une brillante démonstation pour accuser le mousquetaire. Elle sursauta et alors elle s'avança pour mieux entendre et pour quelque part soutenir Besméatix.

Elle trouvait un peu vulgaire cette façon de faire surtout de la part d'un Prince, se mettre en scène comme un comedien. Elle l'observa, il était très beau, mais il lui manquait quelque chose, elle ne savait pas quoi.
Bien sur Besméatrix se sortit royalement de ses accusations et retourna l'opinion des courtisans en sa faveur, la Duchesse sourit, il était vraiment très bien cet homme.

Comment allait s'en sortir le Prince ? il est bien sur hors de question pour lui de se laisser ridiculiser de la sorte. Mais, le Prince avait pris un risque en interpelant le Mousquetaire de la sorte. Elle attendit impatiement la réponse du berger à la bergère. Et elle vint. Par une demonstration digne d'un harangueur d'auberge.

La Duchesse ét&it outrée, si les Princes s'abaissaient à cela où allions nous ? meme s'il avait raison, le Prince n'aurait jamais du avoir ce comportement. Il accententuait le ridicule de la situation du Prince de Condé, au lieu qu'on oublie très vite cet evenement et qu'on chatie par la suite le coupable, là il insitait et mettait le Prince en position de victime.
A la place du Prince de Condé elle serait mortifiée, il n'avait meme pas droit à la discretion, on s'occupait de lui comme dans un vulgaire pretoire de tribunal, et pire cela était fait par un Prince de sang.

Decidement certain meme lorsqu'ils en ont pazs besoin doivent se faire remarquer.
Elle attendait alors la reponse de Besméatix, elle le soutindrait c'était certain, même contre le Prince dont elle n'avait que faire, il ne se respectait pas, y'avait pas de raison qu'elle ai du respect pour lui non, plus. Elle esperait tout simplement pouvoir voir Besméatix ce soir.


[Edit de Delphine: fait attention, ton compagnon de jeu s'appelle Besmeatix (pas BesmeatRix). Je les ai corriges cette fois, mais fait quand meme attention Wink Bon jeu.]
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Saint-Aignan
Dramaturge


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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Ven Jan 06 2006, 17:20

François, tel un chien enragé, avait aboyé courageusement des yeux sur la foule qui raillait le prince, silencieusement à présent.
Mais on semblait lui porter peu d'attention, et finallement, dépité, François s'aperçut que prendre la défense de Condé ne lui attirerait que plus de ridicule.

Il serra la machoire et préféra s'éloigner de quelques pas, de nouveau sombre, tout en essuyant son pourpoint humide avec le mouchoir brodé qu'il portait toujours sur lui.

Racine semblait en grande conversation avec Evangéline, et lui l'était avec lui-même.
Il s'efforçait de garder toute sa dignité, et songea un instant à s'éclipser discretement... mais y renonça, pensant qu'au contraire, le bon moyen de retrouver son honneur était de paraitre honorable, et pour paraitre, encore fallait-il être présent.

Et alors, ayant finis de ruminer toutes ses ameres pensées sur la cour qui s'exclaffait, il finis par reprendre un pâle sourire de convenance, et se décida à réintégrer le beau monde.
Il se dirigeait vers Racine, naturellement.

Mais à peine eut-il fait trois pas que quelques cris de surprise stopperent son geste et détournerent son regard, malgré lui, vers la cause de tout ceci.
Il était curieux, et un sentiment étrange d'interêt melé à de l'inquiétude dilatait ses pupilles...
Mais bien sûr ! Deux tigres blancs qui rugissaient... on était pas loin du grand spectacle...

Attendant de voir la suite avec une patience interessée, le comte continua sa marche de coté afin de ne pas perdre un seul instant la scene de vue.
Il fini par arriver à la hauteur de Racine, également en admiration devant Savoie-Carignan.

François était certes ébahis de tant de verve étalée, mais il le montrait moins. Il afficha même durant quelques secondes un sourire satisfait et un peu moqueur pour le pauvre Racine, qu'il n'osait plus des à présent regarder tant il l'imaginait rouge de se faire ainsi citer...

Et s'il était stupéfait, il ne du en être que plus devant la réponse de Besméatix.
Tous les yeux s'étaient en effet tournés vers lui, mais le dit mousquetaire était caché par un colossal courtisan _placé juste devant le comte, décidément, la malchance le poursuivait_ et il ne pu qu'entendre ce nom completement inconnu, sans l'associer à un visage.

Enfin, ce fut la harangue du prince, non moins belle et non moins piquante que celle de l'accusé auquel il répondait.

De son coté, Beauvilliers prenait ses aises, suivant chaque mouvement des levres du prince, chaque rides d'ironie ou de réflexions qu'il percevait de son poste d'observation; apprenant avec interêt le style de celui-ci, et celui de son adversaire... C'était si mémorable, et si délicieux que le comte, toujours à son éternelle quête de la perfection, se promis d'en prendre de la graine.

Mais alors, tout à ses pensées d'une profondeur abyssalle, ce fut la débandade : son coeur lacha, et s'en fut de peu qu'il ne vacille.

Mais Saint-Aignan qui perdrait l'équilibre ! Jamais ! Pas tant que cela ne serve à son image...

Ainsi, nous disions que François failli défaillir... d'entendre son nom. Lui, qui voulait rester discret et obtenir le rôle d'observateur de l'année, voyait toutes les têtes se tourner vers lui.

Il avança timidement en suivant le passage qui s'était miraculeusement ouvert devant lui, arrivant à la hauteur du prince et du serveur.
On lui demandait de baisser les yeux; il les abaissa. On lui demandait de confirmer une déchirure présente sur les bas du serveur; il réfléchit.

Oui, ils étaient fendus, pouvait-il le démentir ? Et pourquoi le ferait-il ? Ce n'était pas dans ses interêts, cela le désservait, au contraire.


-Que Dieu m'en garde, Altesse ! La folie ne vous a pas encore atteinte, les bas de ce garçons sont en effet bien gatés, et cela pour la raison même que vous venez de citer...
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Besméatix
Poete


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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Sam Jan 07 2006, 06:52

Étonnament, il sembla que le Prince de Savoie-Carignan avait décidé, plutôt que de se retirer avec honneur, de poursuivre dans sa tentative d'accusation. Le geste était audacieux, certe, et le Prince semblait y mettre une ardeur et une élocution admirables.

"Il a dû être surpris de ce voir répondre de la sorte par un simple Mousquetaire... mais il s'embarque maintenant sur mon terrain de chasse... Désolé, petit Prince, mais vous avez encore, à ce niveau, bien des croûtes à mâcher..."

Ainsi, le Prince de Savoie-Carignan, tel un procureur, argumentait, appelait des témoins, s'exposait en juge... Mais comme tout homme de loi, il ne pouvait rien sans les éléments que lui apportait un homme de terrain, menant l'enquête... et dans ce cas-ci, le Prince ne pouvait compter sur aucune aide. Ainsi, loin d'être dépité par le revirement de situation et la confirmation, par le Comte St-Aignan, de l'hypothèse du Prince de Savoie-Carignan, Besméatix était maintenant convaincu que la partie venait de prendre un tournant irrécupérable... et qui ne pouvait que mener à un cul de sac pour l'accusation!

Faisant preuve d'une patience extrême, et conservant son ton mielleux, le Sous-Lieutenant commença par se présenter comme il sied au Comte de St-Aignant...

- Monsieur le Comte, mes respects...

... avant de s'approcher, lui aussi, du jeune serveur. Les mains derrières le dos, il se pencha légèrement vers l'avant afin d'observer les pantalons du jeune homme qui, décidément, eut préféré être pendu sur place plutôt que de devoir supporter toute cette attention. Se redressant, tout sourire, il adressa un clin d'oeil au jeune homme avant de s'élancer, à son tour dans l'arène.

- Mes amis, je confirme que l'observation de Monsieur le Prince et de Monsieur de Comte est bien exacte. Néanmoins, je me permets de demander bien respectueusement ceci : et alors?

Il sembla à Besméatix que la foule qui, pour l'instant, ne semblait pas savoir de quel côté pencher, allait bientôt décider du résultat final de la joute. La question de Besméatix en surprit plus d'un... mais cette réaction était pardonnable, car peu de ces gens étaient familiers avec les processus d'enquête.

- Votre exposé, Monsieur le Prince, expose une vérité que je ne peux contredire, et que je ne souhaiterais contredire : le jeune homme ici présent semble bel et bien avoir trouvé une épé sur son passage. Il semblerait donc, Monsieur le Prince, que vous déteniez la réponse à la question "comment?". Or, votre assertion initiale, si je ne m'abuse, m'incriminait, ce à quoi je réponds qu'il m'eut fallu être armé. Cette nouvelle découverte, sur les vêtements du serveur, ne vient en rien contredire ma position, Majesté.

Sa démarche l'avait amené face au Prince, avec qui il tâchait maintenant d'agir en bon professeur. Car, bien évidemment, la situation exigeait de lui ce rôle...

"Ah, Petit Prince... Tu es bien chanceux que j'aie décidé de te permettre de t'en sortir sans trop te ridiculiser... D'ailleurs, je me demande parfois pourquoi je suis si bon avec les gens..."

Et Besméatix, fort à l'aise, reprit sa marche dans le cercle délimité par les fauves.

- Ainsi donc, Monsieur le Prince, laissez-moi reprendre avec vous depuis le début, une nouvelle fois. Un crime, semble-t-il, fut commis. Une personne, qui se trouvait alors dans cette salle, a fait trébucher, volontairement ou involontairement, précisons-le, le pauvre serveur que voilà, causant ainsi le résultat que nous connaissons tous.

D'un geste du bras qui se voulait vague, Besméatix indiqua avec une précisions surprenante la position du Prince de Condé, qu'on n'avait pas encore totalement fini d'éponger, ramenant vers lui l'attention de la foule. Plusieurs sourires, de nouveau, mais aucun éclat... Tous tenaient à leur tête...

- Or, grâce à votre perspicacité, nous avons maintenant à la réponse à une question : comment le tout se produisit. Mais il vous manque toujours le plus important, cher Prince... Tout d'abord, il vous faut un suspect. Initialement, ce rôle me revenait. Or, pour que cette hypothèse concorde avec l'observation que vous venez de mettre en évidence, il eut fallu que je sois armé, ce qui n'est point le cas. Donc, il vous faut une réponse à la question "qui?". D'autre part, il vous faut un mobile, expliquant cet acte : le "pourquoi?". Cette question, Monsieur le Prince, est d'une importance capitale : c'est la base de toute enquête, car la réponse indiquera quel sens devront suivre les investigations.

Il laissa ses paroles produirent leur effet. Il sentait, une fois de plus la foule se ranger derrière lui... Comment aurait-il pu en être autrement, d'ailleurs, puisqu'il se positionnait, lui, en tant que professionnel du terrain, et que le Prince de Savoie-Carignan s'était pratiquement chargé de démontrer son innocence? Néanmoins, il n'avait pas encore planté le dernier clou...

- Et, quand bien même votre exposé aurait répondu à toutes ces questions, tout cela demeurera à l'état d'hypothèses et de suppositions, tant et aussi longtemps que vous ne pourrez produire de preuves satisfaisantes. Dans le cas présent, il me semble que l'arme du crime serait la pièce à conviction la plus importante. Par la suite, il vous faudrait des témoins oculaires, Monsieur le Prince. Or, nous savons tous que, dans une telle foule, chacun voit ou croit voir des évènements, et je ne doute pas que vous obtiendrez des témoignages fort contradictoire. D'ailleurs, à ce chapitre, si ma culpabilité vous tient toujours à coeur, le témoin le plus important sera, sans l'ombre d'un doute, le Sous-Lieutenant Elrohir de Verchère, avec qui je discutais lors des faits qui me sont reprochés.

Nouvelle pause, nouveau silence révélateur, nouveau poids sur les épaules du Prince, qui devait maintenant répondre à bien des questions. Il suffisait d'un dernier petit coup de marteau pour clouer le cerceuil, et Besméatix s'en chargea.

- D'autre part, quand bien même vous finiriez par répondre à ses question, Majesté, il vous faudrait encore prouver les intentions criminelles du suspect final. Car dans une telle foule, où presque la moitié des hommes portent avec eux leurs armes, un malheureux incident, pour lequel personne ne pourrait réellement être blâmé, peut survenir. Voilà donc ce que je déduirais, moi, d'une telle situation.

Comme s'il terminait une démonstration, Besméatix s'inclina légèrement devant le Prince, maintenant sûr d'une chose : peu importe les hypothèses apportées, les preuves manqueraient toujours. La preuve matérielle se trouvait fort probablement déjà dans sa chambre, bien nettoyée, tandis que le principal témoin oculaire lui était acquis. Le témoignage du serveur? Négligeable, et Besméatix était d'ailleurs fort convaincu que le jeune homme lui-même ne pouvait être entièrement sûr de ce qui lui était arrivé. D'ailleurs, maintenant que Besméatix venait de mettre en lumière la possibilité d'un geste non-prémidité, il était fort probable que la serveur, désireux de se faire oublier, se rallierait à cette explication. Satisfait, Besméatix se congratulait intérieurement.

"Et voilà pour toi, Petit Prince, la fin du troisième acte... Gageons que tu escomptais un tout autre résultat! Allez, sois bon joueur et saisi ta chance... je ne te l'offrirai pas deux fois, et il me déplairait de devoir te donner la fessée une troisième fois!"

Le Prince de Savoie-Carignan, malgré toute sa perspicacité et son désir de vaincre, ne pourrait, à partir de maintenant, que patauger dans l'ombre... à l'image de son collègue qui, quelques secondes plutôt, pataugeait avec les mollusques...!
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Prince de Savoie-Carignan
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Sam Jan 07 2006, 15:11

Jamais le Prince n'avait atteint un tel niveau de jubilation. La nouvelle argumentation de Besméatix, loin de détruire sa lente construction, ne venait que la renforcer. En somme, le mousquetaire creusait sa propre tombe, tout en pensant en creuser une autre....

Monsieur Besméatix, je suis on ne peut plus d'accord avec vous, et je vous remercie grandement de vous déplacer ainsi pour me témoigner votre soutient. Votre intervention clôt le troisième acte? Ouvrons donc ensemble le quatrième!

La démarche à adopter est ma foi tout à fait simple: elle va suivre une logique des plus élémentaires. Restez donc à mes côtés Monsieur Besméatix! Que la lumière soit!

L'arme du crime est, nous l'avons prouvé, une épée. Reste donc à examiner à la loupe quels sont, en cette pièce, les heureux porteurs d'un tel instrument. Vous affirmez que la moitié des hommes ici présent en arbore une? Au risque de vous décevoir, je vous rétorque que c'est absolument faux. Auriez-vous oublié que le port de l'épée dans l'enceinte de Fontainebleau a été interdit par le Roi à l'occasion de l'incident advenu à Mademoiselle de Neufchatel? Regardons ensemble si vous le voulez bien. Personne ne porte d'épée. N'aviez-vous donc pas constaté le regard furtif du portier sur chaque ceinture? Ce que vous avez peut-être pris pour épées ne sont que de vulgaires cannes, comme celle que j'arbore présentement.

Contrairement à ce que vous affirmez, la situation s'illumine donc d'elle-même. Qui donc ici est porteur d'une épée?

Dans un premier temps, il me faut citer Son Altesse Royale. Cependant, vous conviendrez aisément du ridicule dont souffrirait une accusation à son encontre.

Nous trouvons ensuite les privilégiés ayant les honneurs du Petit Lever. Seuls le Prince de Condé et le Comte de Saint-Aignan sont ici présents. Accuser le Prince de Condé s'apparente une farce, vous l'admettrez, je pense, aisément. Quant à Monsieur de Saint-Aignan, il ne porte pas d'épée ce soir, et se trouvait de toutes façons aux côtés du Prince.

Viens alors votre supérieur hiérarchique: Monsieur d'Artagnan. Le port d'une épée se justifie pleinement dans son cas. Monsieur le Lieutenant est en service! Pourtant, il n'a pas quitté cet angle de la pièce depuis un certain temps. Je pense que d'autres que moi pourront le confirmer.

Il ne reste donc que bien peu de personnes susceptibles de porter une arme, Monsieur Besméatix, et je vous inclut dans ce groupe très restreint.

D'ailleurs, il y a un détail qui m'intrigue prodondément Monsieur Besméatix. Sans vouloir vous offenser le moins du monde, je ne vous pense pas invité à la loterie au titre de participant, mais bien en tant que mousquetaire, chargé de la sécurité. Contrairement à votre affirmation, vous n'êtes pas venu ici pour danser, mais pour faire régner l'ordre. La présence de votre épée est donc plus que nécessaire. Cependant, l'erreur est humaine n'est-ce pas? Ce n'est certes pas moi qui vous jetterais la pierre d'avoir oublié votre arme dans vos appartements. Je vous prie donc d'excuser mon accusation fantaisiste de tout à l'heure: ma vue m'avais certainement trompé, ce n'est pas votre épée que j'ai vu se dresser.


François-Xavier venait d'innocenter en toute logique le Sous-lieutenant, manoeuvre à laquelle personne ne semblait s'attendre. Il ne restait donc plus qu'à porter le coup final.

Plus détendu que jamais, il continua.


La lutte cesserait-elle, faute de combattants? N'y a-t-il donc plus personne ici détenteur d'une épée? Cela ne se peut... Logiquement, il doit rester quelqu'un... Oui, c'est bien cela, une seule et unique personne porte encore une épée dans cette pièce, une personne qui, par le plus grand des hasards, conversait avec Monsieur Besméatix lorsque le crime eut lieu...

Un large sourire aux lèvres, François-Xavier se tourna vers la fenêtre contre laquelle Héloïse et le mousquetaire se tenaient toujours appuyés.

Monsieur le Sous-Lieutenant Elrohir de Verchère, je constate que vous portez bel et bien une épée, et que, parmi cette noble assemblée, vous êtes la seule et unique personne réunissant tous les éléments d'accusation. En effet, Monsieur Besméatix, lui-même, nous confirme que vous discutiez tranquillement avec lui lorsque le drame eut lieu. Cependant, je ne vous accuse certes pas d'un acte prémédité! Une maladresse est si vite arrivée....

Il le tenait. Cette fois, il lui était impossible de s'échapper. Pourtant, le Prince de Savoie-Carignan savait cet homme innocent...

Besméatix aurait-il l'extrême courage de laisser condamner un innocent à sa place?

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Duchesse
Invité



MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Sam Jan 07 2006, 17:49

La Duchesse Alienor appréciât la réponse de Besméatix, elle savait que le Prince ne se laisserait pas démonter, que s'il avait entamé cette joute c'est qu'il avait de solides arguments.

Elle prit alors un siège, elle allait assister à un combat sans merci. L'honneur et la réputation des deux hommes étaient en jeu et elle estimait que le Prince n'avait pas beaucoup à perdre, mais son intelligence lui réclamait victoire. Besméatix lui, jouait sa carrière

Le Prince s'amusait, c'était visible, il appréciait semble-t-il être le centre des attentions .

Elle l’observa mieux, on était d’abord frappé par sa beauté et cela empêchait peut-être d’aller plus loin, ses yeux brillaient d’intelligence et de vivacité.

Toute la cour était suspendu à ses lèvres et on attendait la réaction du Mousquetaire. La bataille était rude.

La Duchesse Aliénor était ravie d’assister à cela, surtout que les demonstrations des deux hommes étaient splendides, mais elle n’aimerait pas quand même que Besméatix se retrouve en trop mauvaise posture. Comment allait-il s’en sortir ? Il était piégé !!

Pourquoi un Prince de sang veut-il se changer en Procureur ? s’ennuie-t-on tant à la cour ?
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Louis XIV
Roy


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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Sam Jan 07 2006, 18:30

Louis n'en revenait pas. Cela s'était passé si vite ! Aussi vite que la foudre qui vous tombe dessus.

Quoi ? Condé se faisait arrosé ? Et quoi ? L'on riait ? Et quoi encore ? L'on accusait un de ses mousquetaire ?

Non, pas on, le prince de Savoie-Carignan !! N'était-il pas déjà satisfait de lui prendre Vaux, devait-il gacher sa loterie ?!

Louis enrageait, et se leva de son siege pour déclamer "savez vous que vos accusations sont tres graves monsieur ?"

Mais Anne le retint d'un geste. Elle, elle jubilait. Peu lui importait qu'un mousquetaire perde sa tête, peu lui importait qu'un prince, frondeur de surcroit, soi ridiculisé !
Alors Louis se contenta de suivre en silence la bataille verbale, inconsciemment heureux des réponses de Besméatix.
L'ordre des mousquetaires était le sien, l'on en accusait un, c'était sur lui que retombait la tache !


"Cessez, mon fils, murmura la reine-mere, et écoutez donc !"

Louis se rassit alors, et murmura a son tour, bouillonant :

-Que dois-je ouïr ma mère ? Je n'entend que des "Si monsieur Racine... Monsieur Racine..., cette tragédie... le dernier acte..." Et le reste n'est que vaines paroles.
Ou est-il d'ailleurs ce Racine ? Sa Tragédie me semble autrement interessante que celle qui se passe sous nos yeux, et je ne souffrirais pas la comparaison.

Ce fut à cet instant que le prince acheva son discours en accusant de Vercheres, et que Louis se leva pour parler.
Il s'aperçut qu'on avait changé d'accusé, et même s'il gardait quelque rancune contre Elrohir, il restait un mousquetaire.


-Certes, je me souviens de cet ordre que j'ai donné, interdisant le port d'arme à la cours, certes, il est peu probable que mes gardes aient laissé passer un convive armé, certes, vos plaidoyés sont tres plaisants...

Il s'avança dans la foule, la fendant aussi facilement et aussi miraculeusement que moïse écarta les eaux de la mer morte...

-Mais il suffit ainsi. Votre comte verreux Vadroski n'est pas un de mes mousquetaires.

Il se tourna ensuite vers Condé, qu'il regarda sans le moindre éclat railleur, ni de pitié, sachant l'un et l'autre particulierement humiliant.

-Allons, les serveurs seront pendus s'il vous prend l'envie d'assister à un beau spectacle comme réparation, cher cousin. Et monsieur de Vercheres vous doit également des explications.

Il joua encore une fois des talons, faisant face cette fois au mousquetaire présumé coupable.

-Monsieur ? J'attends votre justification pour rendre mon jugement.

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Evangéline
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Sam Jan 07 2006, 21:14

[Ouh là je vais me perdre moi! lool! J'ajoute que la décapitation est une peine uniquement réservée à la noblesse. La pendaison, jugée comme infamante, était... ben...pour le "reste"! lool!]

Evangéline ne pouvait détacher son regard vert de la scène incongrue qui se déroulait devant ses yeux. Depuis que Condé s'était fait ainsi...aspergé, le Salon du Roy devenait le lieu d'une joute oratoire sans précédent. Mousquetaires contre Princes... Dans l'assemblée, personne n'osait piper mot. On aurait pu entendre un ange voler...
La logorrhée du Prince de Savoie-Carignan était à la fois fascinante et effrayante: il semblait que nul ne pourrait avoir le dernier mot face à lui. Ses deux tigres se mirent à rugir, faisant sursauter plus d'un courtisant. Grand Dieu! On frolait le grand spectacle!
D'un geste discret, se cachant derrière son éventail, la jeune femme se pencha vers Racine qui était à coté d'elle et murmura:


"Dites moi... N'auriez vous pas un role pour son Altesse de Savoie-Carignan dans votre fameuse tragédie à venir? Je suis bien certaine qu'il embraserait vos planches!"

Elle se retira avec une oeillade amusée, continuant d'apprécier le déployement d'intelligence et de réthorique qui s'offrait à leurs yeux.

Voilà que les Mousquetaires ne se laissaient pas faire... Fort bien... Evangéline jaugea leur repartie. Le Roi lui avait demandé de garder un oeil sur eux... Eux... Enfin, à voir l'attitude de Monsieur de Verchères à l'encontre d'Héloise de Neufchatel, Evangéline ne se demandait pas plutot si la jalousie de Louis ne dictait pas sensiblement ses actions...


D'ailleurs, le voilà qui jaillissait de son trone! Un instant, l'éclat du Soleil avait été voilé... L'on pouvait s'attendre à ce qu'il reprenne ses droits sur la constellation de la Cour...
Son ton était irrité et sec. Voilà donc un avant-gout du feu d'artifice promis par l'effrontement des deux Princes! Louis s'emportait rarement en public... Pour preter le flanc à ses charognards de courtisants?!
Une chappe de plomb sembla alors se fondre sur l'assemblée qui osait à peine respirer. Puis la sentence destinés aux domestiques maladroits tomba. Evangéline ferma les yeux de désolement. L'honneur d'un Prince valait-il deux vies? A la Cour, oui...

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Louis XIV
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Sam Jan 07 2006, 21:36

[LOL ! Oui tu as raison j'oubliais ce petit détail... j'édite ^^]

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Jean Racine
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Sam Jan 07 2006, 23:48

Citation :
"Dites moi... N'auriez vous pas un role pour son Altesse de Savoie-Carignan dans votre fameuse tragédie à venir? Je suis bien certaine qu'il embraserait vos planches!"

Racine leva une mine interrogative à la remarque d'Evangéline. Il était tellement fixé sur les moindres mots de Savoie-Carignan qu'il en avait oublié les Courtisans qui l'entouraient ! Il n'eut même pas le temps de répondre que la Demoiselle avait rangé son oeil coquin derrière les plumes de son éventail.

Le Dramaturge retourna son attention -qui n'attendait que ça- vers le Prince : il continuait inlassablement à accabler de charges le pauvre Mousquetaire.
Le Poète n'avait rien vu, il ne portait donc aucun jugement, il constatait juste l'acharnement de François-Xavier ! Il réalisa avec soulagement que Besméatix savait honorablement se défendre...
Cependant, on en arriva vite au point crucial de toute l'affaire quand les soupçons furent portés sur la personne de Monsieur de Verchère qui n'avait pourtant rien demandé et se tenait paisiblement dans son coin !

Mais, l'Ecrivain ne perdait aucune admiration en la personne du Prince de Savoie-Carignan qui, en effet, aurait fait un parfait tragédien. De plus, ayant été cité à de nombreuses reprises, Racine ne pouvait s'empêcher de penser que quoi que soit l'aboutissement de l'attaque de l'aquarium sur Condé, lui ne pouvait en tirer que des avantages quant à son Oeuvre. Il était donc vraiment souriant et confiant en son avenir à cet instant.

Le Roy parla et là, l'Auteur s'efforça de reprendre une expression de circonstances : totalement neutre.

La loterie allait visiblement reprendre sa première fraîcheur, le pugilat naissant ayant été stoppé par Sa Majesté toute puissante qui au passage ne s'était pas privée de donner quelques vies contre le silence de François-Xavier...

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Besméatix
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Dim Jan 08 2006, 07:04

Alors que le Roi cédait la parole à Elrohir de Verchères, se fut cependant le Sous-Lieutenant Besméatix qui se l'appropria. Bien qu'il avait été franchement interloqué par la ridicule accusation portée sur de Sous-Lieutenant de Verchères, il ne put retenir un énorme éclat de rire à la fin du plaidoyer de Maître Savoie-Carignan. Aussi, lorsque le Roi Louis XIV eut finit de rendre jugement, ce fut Besméatix qui s'avança.

- Si vous me permettez, Majestée, je vais me charger moi-même d'innocenter Monsieur de Verchères, car le plaidoyer de Maître son Altesse, bien qu'apparament convaincant, est rempli de lacunes fort pardonnables.

Se tournant vers le Prince de Savoie-Carignan, Besméatix poursuivit son exposé, d'un ton affable et poli, mais où perçait un léger accent de contrariété. Le jeu avait assez durée : si le Prince de Savoie-Carignan comptait changer de carrière, il ferait bien d'aller lire les livres de loi.

- Altesse, vous savez fort bien utiliser les mots, et je ne doute point que vous réussiriez à endormir les jurés dans tout palais de justice. Réalisez-vous qu'en moins de cinq petites minutes, vous m'avez tour-à-tour donné le rôle d'accusé, d'agent de sécurité mal équipé, et finalement de témoin principal dans toute cette affaire? Et bien soit, puisque c'est ce rôle que vous me donnez maintenant, je vais le remplir! Discutant avec le Sous-Lieutenant Elrohir de Verchères de divers souvenirs de campagnes lorsque les malheureux évènements se sont produits, je puis vous assurer qu'il n'a aucunement commis les actes que vous lui reprochez.

Nouveau silence, mais on pouvait sentir que la foule, gardant le souvenir de l'intervention du Prince, n'était pas pleinement satisfaite. Mais Besméatix savait très bien où diriger son exposé...

- Qui alors, puisqu'il faut un coupable, a commis le crime? Messire de Verchère, seul homme en cette pièce à porter une arme? Ha, laissez-moi rire, Altesse, et vous démontrer, par la même occasion, que je ne me suis pas présenté ici sans armes!

Quelques exclamations dans l'assistance : allions-nous avoir droit à des aveux? À la surprise générale, Besméatix tapa deux fois dans ses mains. Aussitôt, vingt-cinq Mousquetaires, tous armés, se dirigèrent vers le centre de la pièce, et se mirent au garde à vous devant le Sous-Lieutenant Besméatix, dans un ordre irréprochable. Si le spectacle des tigres avait été impressionnant, celui-là ne pouvait, non plus, laisser indifférent.

- Altesse, vous m'aviez effectivement chargé de la sécurité de cette réception. Or, m'accordez-vous des pouvoirs à ce point démesurés que vous croyez que je puisse assumer, de par ma seule personne, cette tâche lourde de responsabilités? Mes armes, Altesse, elles se tiennent devant vous : vingt-cinq solides gaillards, tous loyaux au Roi Louis XIV et à leurs chefs, le Lieutenant D'Artagnan et les divers Sous-Lieutenant. Ceux-ci font partis de la compagnie qui a été placée sous ma responsabilité directe. Ce sont les meilleurs, les mieux entraînés de mes hommes, et chacun d'eux porte son arme. Quoi, ne me dites pas que vous ne les aviez point remarqué? Si c'est le cas, alors ils sont encore mieux entraînés que je ne l'avais moi-même cru!

Le Sous-Lieutenant se maîtrisait de son mieux, mais le ton de sa voix indiquait fort bien qu'il aurait pu s'emporter. L'accusé d'un crime? L'erreur était pardonnable. Poursuivre l'accusation, malgré les preuves évidentes? Il pouvait faire face sans problème. Mais qu'on l'accuse d'incompétence et qu'on reporte les accusations sur son ami par la même occasion, cela en était trop, et l'insulte était trop forte pour qu'il ne la releva pas.

- Très bien entraînés, ces hommes, ils le sont. Mais dans une foule, leur épé, même si elle est au fourreau, peut causer des dégâts qui sont, ma foi, incontrôlables si l'on veut que les gens de la cour puisse de divertir en toute sécurité. Nous avons donc là, Altesse, pas un, mais vingt-six suspects potentiels, et chacun d'eux peut avoir donné ce malencontreux coup d'épé dans les bas de ce serveur. Coup d'épé, soit dit en passant, qui peut avoir été porté à n'importe quel moment puisque rien ne nous prouve que cette marque n'était pas déjà présente bien avant la chute de cet homme, et je doute fort que lui-même s'en serait aperçu dans cette foule.

On pouvait maintenant sentir un tout autre souffle parcourir l'assistance... Fallait-il être à ce point aveugle pour ne pas constater que la simili-preuve du Prince de Savoie-Carignan était remplie de trous béants et improuvables? Soit, il fallait un coupable, il y en aurait un. Mais dans tout ce débat, il ne serait pas celui qui perdrait son honneur. On parlerait plutôt de ce Petit Prince qui avait cherché, à tort et à travers, par des argumentations douteuses, à faire porter le blâme successivement à deux loyaux soldats de sa Majesté, en plus de contribuer à l'humiliation publique du Prince de Condé et à la pendaison d'honnêtes serveurs. D'ailleurs, Besméatix n'allait certainement pas toléré un tel dénouement.

- Ainsi donc, Altesse, puisqu'il semble évident à tous dans cette pièce que la possibilité d'un incident fortuit ne soit pas, pour vous, acceptable, et qu'il vous faille à tout prix vous créer un coupable, je vais vous l'offrir sur un plateau. Puisqu'il semble possible qu'un de mes hommes ait causé la chute de ce serveur, et malgré le fait que personne ne pourra jamais prouver ce point, je m'offre en pâture devant vous, mon bon Prince, car ces hommes étant sous ma responsabilité, il est aussi de mon devoir de leur démontrer ma loyauté en assumant le petit incident qu'ils ont peut-être causé. Après tout, n'est-ce pas moi qui les ait placé dans cette situation délicate, en leur demandant d'assumer la sécurité lors d'un évènement aussi chargé, et de patrouiller dans la foule afin qu'il n'y ait aucune faille dans la sécurité du Roi? Ainsi donc, Monsieur le Prince de Savoie-Carignan, quel châtiment voulez-vous réclamer à mon encontre, en tant que nouveau procureur de la couronne de France?

La comédie avait assez durée, et le bouillonnant Gascon avait peu à peu laissez son ton calme pour en adopter un plus passionné. Le plaidoyer avait été des plus impressionnants. Qui donc, après cela, oserait condamner un homme dont l'unique faute avait été d'assurer de son mieux la sécurité de son Roi, qu'il servait loyalement? Qui donc oserait s'acharner sur un homme qui, en plus de protéger ses hommes, prenait sur lui la responsabilité d'un crime qui n'était même pas prouvé? Le Prince de Savoie-Carignan avait poussé un peu trop loin le bouchon, et c'est son étoile qui en pâlirait maintenant s'il poursuivait sur la même voie... D'ailleurs, le Sous-Lieutenant en venait presqu'à l'espérer, car le fait de faire sauter quelques dents de ces gencives royales pourrait presque alors passer pour acceptable!

"Tu voulais la guerre? Et bien tu es servis, Petit Prince. J'espère au moins que tu te souviendras que j'ai tâché de t'éviter ce genre de dénouement..."
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Old_D'Artagnan
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Dim Jan 08 2006, 07:15

De son côté, le Lieutenant en chef des Mousquetaire de sa Majesté en avait assez entendu. Tout cela tournait décidément au ridicule. Certe, Besméatix avait bel et bien causé la chute du serveur. Mais aucun juge, aucun juré sur cette planète, et pas même lui n'auraient pu prouver la culpabilité du Sous-Lieutenant dans de telles circonstances, et tenter l'expérience revenait à user de son influence pour faire accepter de façon malhonnête des assertions qui ne pourraient jamais être démontrées. D'Artagnan n'avait pas l'habitude de mentir... mais il avait néanmoins l'habitude de rendre justice et, dans ce cas précis, justice avait été rendue. Et puisqu'il n'avait jamais abandonné collègue sur le champ de bataille, il n'allait certe pas commencer aujourd'hui. Tirant son épé de son fourreau, produisant un son métallique qui eut un drôle d'effet sur l'assistance, le Lieutenant pénétra lui aussi dans le cercle principal.

- Il y a en fait vingt-sept hommes armés dans cette salle, Monsieur le Prince, qui assument, à eux seuls, la sécurité de tous les gens présents ici aujourd'hui, ce qui vous inclut. Si vous voulez accuser l'un d'eux, et bien ce n'est pas non plus au Sous-Lieutenant Besméatix qu'il faut vous en prendre, mais à moi.

Il se tenait maintenant devans le Prince de Savoie-Carignan, la pointe de son épé, qu'il tenait dans sa main droite, reposant sur le plancher, son poing gauche reposant sur sa hanche L'image de ce guerrier, dont les faits d'armes avaient été maintes fois racontés, avait de quoi frapper l'imaginaire.

- Si vous avez quelque chose à me reprocher, Altesse, je vous écoute.

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Louis XIV
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Dim Jan 08 2006, 12:43

Louis pâlit et rougit successivement trois fois de suite.

Il n'avait pas à s'y tromper, il se contenait d'exploser. Et le regard de sa mere, celui qui voulait dire "je vous l'avais bien dit" n'arrangeait en rien son sentiment de rage...

Quoi ? Comment ? S'étouffait-il intérieurement. On osait, que dis-je, Ses Mousquetaires osaient, alors qu'il les avait défendu au péril de son honneur, on osait l'ignorer ??

En effet Besméatix lui passait devant sans un instant lui préter attention, laissant éclater sa colere aux yeux de tous contre le prince, et parlant de lui à la troisieme personne, simplement pour le nommer comme chef des mousquetaires !!
Comble de l'affront, il lui pris à son tour de se mettre en spectacle en appelant ses hommes...

Le Monarque avait bien du mal à se contenir, oh oui, bien du mal...
Lui qui avait intérieurement reproché à Savoie-Carignan sa pompeuse démonstration de tigres rugissants, à l'avantage donc du plaidoyé du sous-lieutenant, voilà donc que celui pour qui il prenait parti se rabaissait tout pareillement !

Mais non, c'était peut-être une erreure, oui, sûrement Besméatix l'avait salué, lui avait parlé à lui, courtoisement, sûrement ne s'était-il pas permis de railler le prince en s'offrant en patûre...

Mais non, c'était bien à "Monsieur le Prince de Savoie-Carignan" que l'on demandait : "quel châtiment voulez-vous réclamer à mon encontre, en tant que nouveau procureur de la couronne de France?"

Alors que Louis, n'en pouvant plus, allait laisser libre court à sa fureur, D'Artagnan fit à son tour son entrée.

Sa Majesté se retint, pensant que Charles résonnerait qui de droit... Mais au contraire, il pris la défense de son sous-lieutenant, l'ignorant à son tour !
Et à son tour, il se donna en spectacle, tirant l'épée du fourreau !!!

On était au paroxysme de la honte, et Louis ne savait même plus comment réagir...
C'était impensable !

-Remetez épée au fourreau, Charles !

Dit-il sans élever la voix, mais si sechement qu'il n'y avait aucun doute à avoir : le Roy avait changé de camps.
Il n'était plus pour Besméatix, il n'était pas pour le prince, il n'était pour personne si ce n'est lui.

Il se retourna vers les mousquetaires, toujours rangés bien droit au milieu de la salle.


-Et vous, à vos postes !

On me souflette, c'est cela ? On m'humilie, on me traine dans la boue ! Nous verrons cela...

Sa Majestée fendit la foule une nouvelle fois et se rassit au fauteuil qui lui servait de trône...


-N'est ce pas à moi de prendre les décisions, ici ?

La voix du monarque, si enrouée qu'on ne la reconnaissait plus, montrait bien que, malgré cette hargne manifestée à l'instant, il se contenait encore.

-Vous êtes tous convoqués à mon cabinet demain à la premiere heure, Monsieur Besméatix, D'Artagnan et Vercheres !

-Vous êtes également conviés, Princes, afin d'éclaircir la chose. Je réclame réparation pour mon cousin !

Il baissa un peu la voix, gromelant, cependant suffisemment fort pour que les convives l'entendent :

-Il en suffit comme cela de se donner en spectacle !

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Duchesse
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 02:44

La Duchesse écouta attentivement le Roy, il n'y avait pas de doute c'était un grand Roi, en très peu de mots, il avait clos cette joute.

Elle sourit...mais son sourire se figea quand elle vit Besméatix venir parler au Prince et continuer l'algarade

*Taisez-vous donc, c'est une erreur que vous faites* pensa-t-elle.

Pourquoi l'orgueil des hommes les mènent-ils ainsi ? C'etait une faute que de parler après le Roy sans y etre invité sur un sujet clos par lui.

Elle était navrée. Puis elle vit que le Mousquetaire D'Artagnan, a-t-elle entendu dire qu'il se nommait, le chef des Mousquetaire, vint appuyer son lieutenant.

Elle sentit le vent de la catastrophe venir, tout ceci degenerait en affaire d'état. Il allait y avoir de la casse.

Les protagonistes ne sortiraient pas indemne de cette histoire sauf peut être le Prince. Il ne pouvait rien lui arrivé.

Quand le Roi se leva et parla de nouveau, la Duchesse eut le coeur serré : c'était à prevoir, le Roi était offensé à juste titre.

Elle eut voulu aller pres de Besméatix pour lui montrer son soutien, mais cela était inopportun.

Elle espérait simplement maintenant qu'il passerait la saluer avant de partir.

La soirée ne l'interressait plus maintenant.

Si le Prince avait voulu gacher la loterie encore plus, il y avait parfaitement reussi. Du moins avec elle, et Alienor était persuadée qu'elle n'était pas la seule.
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Delphine de Valentinois
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 04:33

Delphine regarda les mousquetaires sortir de nulle part et former un rang clairement repete maintes fois lors de leur entrainement en tant que jeune soldat, puis parfait pendant leur carriere. Elle etait elle-meme, franchement etonnee. Ainsi, Louis possedait une merveilleuse armee. Une grande armee. Une armee qui etait deja renommee. Presentement, nous en voyions la splendeur. Surement, les courtisans seraient impressionnes par la puissance du Roy, plus que jamais, et ne l'oublieraient pas de sitot. C'est donc avec un sourire qu'elle regarda la scene, pensant que la joute touchait a sa fin. C'etait bien noble de la part de ce Sous-Lieutenant de prendre ses responsabilites en tant que superieur.

Tel ne fut pas sa surprise lorsque D'Artagnan s'avanca, la laissant a l'oree du cercle, a quelques pas des mousquetaires et des 2 tigres qui faisaient constamment leur ronde. Elle le regarda s'avancer et compris, lui aussi, prenait sa part de responsabilite. Elle esquissa un leger sourire, pensant aussitot que le Prince laisserait tomber son chef d'accusation. C'etait apres tout, le Lieutenant des mousquetaires! Et elle ne put s'empecher d'admirer la scene lorsqu'il arriva et posa dramatiquement. Elle avait bien entendue les histoires de D'Artagnan lorsqu'elle etait plus jeune, mais jamais, elle ne l'avait vu en action.

Encore plus surprise par l'arrivee du Roi dans las scene, la rupture des Mousquetaires, qui temoignaient de leur loyaute envers le Roi, Delphine ne soupconna pas son cher cousin d'etre en quelque sorte brime par l'ignorance qu'on lui attribua durant la soiree dans le conflit. N'aimait-il pas la rigueur et la passion avec laquelle ses loyaux Mousquetaires le defendaient par son honneur, la? Certes, elle comprenait que s'en prendre a un Prince qui defendait un Prince de sang, etait bien dur. Mais elle ne voyait pas l'arme du crime, et donc, pas de coupable, seulement, un accident. C'est donc en hochant la tete que Delphine alla rejoindre D'Artagnan pour reprendre pour la 3e fois, leur danse. Louis evitait que l'affaire ne soit encore plus humiliante pour son cousin Conde, et pour ne pas tacher les autres personnes impliquees. C'est donc fiere de son cousin que la Princesse passa a cote du trone au bras du Lieutenant, et lui passa une main sur les epaules en lui murmurant un: "Sage decision." meme si l'eclat etait deja publique et que les gens parleraient. Au moins, ils ne verraient pas la suite du proces verbal. C'etait apres tout une fete! Saluant sa tante, la reine-mere au passage avec une jolie reverence, elle retourna un peu plus loin sur la piste ou ils dansaient et attendit que la musique ne se remette a jouer. En attendant, elle ignora les personnages a proximite qui parlaient de ce qui venait d'arriver, et engagea la conversation avec d'Artagnan.

"Vous avez decidement de biens fiers mousquetaires dans votre compagnie, cher ami." Elle avait use du mot fiers dans les deux sens. Les mousquetaires avaient bonne allure, mais aussi, ils tenaient aussi a leur fierte.

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Mes salutations distinguées,

Mlle Delphine de Valentinois

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Elrohir
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 13:31

Elrohir avait tenté quelques fois d'ajouter quelques choses pour remettre le prince à sa place, mais lorsque D'Artagnan lui avait jeté de noir regard, il sut que D'Artagnan savait que la diplomatie d'Elrohir avait des limites plutot.... basses et que cela pouvait finir par une guerre de pays ou bien un coup de poing sous le menton du prince pour l'envoyer dans les pays de Morphée

Une seconde fois le Prince porta son attention et les accusastions sur lui, mais lorsqu'il arriva pour dire quelque chose, il sentit la main d'Héloise qui l'agrippait sur le bras. Elrohir ravala sa salive et il se retourna vers elle avec un sourire. Elrohir savait qu'Héloise connaissait mieux la cours que lui, et que parfois ces propos peuvent être.... tout sauf diplomatiques

Quand il se retourna, il agrippa de justesse Héloise qui semblait tomber. Quand elle lui dit que tout allait bien, Elrohir fit lentement non de la tête et il dit:

- Héloise, n'essayez pas de me faire croire le contraire. Depuis que vous avez reçu cette mystèrieuse lettre, vous semblez blême et surtout, hors de vous.

Il serra Héloise dans ses bras, voulant lui donner du réconfort:

- Vous savez, si vous savez quelque chose, parlez moi en. Je suis là pour vous écouter, vous aider et surtout, vous aimer sans vous juger.

À ce moment précis, il entendit le roi le mandater dans son bureau, il se retourna et murmura suffisament fort pour que D'Artagnan le comprenne:

- Hein moi? Qu'ai-je dont fait?

Il pensa quelques secondes à ce que le roi pouvait bien lui vouloir. Probablement lui parler pour l'évènement du prince de Condé. Il se retourna vers Héloise et il lui dit:

- Vous savez, depuis que je vous aime, le roi semble avoir jeter sa foudre sur moi. Mais je veux que vous sachiez que malgré ses sauts de colères, sachez que votre amour en vaille largement la peine

Il serra lentement et tendrement les mains d'Héloise pour ne pas qu'elle s'échappe, comme pour ne pas la perdre

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Old_D'Artagnan
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 14:39

Dés qu'il était intervenu, D'Artagnan savait fort bien que les choses en arriveraient là. Bien évidemment, le Roi n'avait pas apprécié que Besméatix ajoute son grain de sel... et surtout qu'il remette son destin dans les mains du Prince de Savoie-Carignan. Le Lieutenant des Mouquetaires étaient bien conscient qu'en agissant ainsi, Besméatix s'était attiré les faveurs de la foule, et qu'il mettait le Prince dans une situation bien délicate. Étant donné les accusations en apparence gratuites portées par ce dernier, c'était de bonne guerre : lorsqu'on allait au combat, encore fallait-il s'assurer d'avoir de bonnes armes... Néanmoins, dans son coeur, la loyauté du Lieutenant allait avant tout à ses hommes, et il avait voulu montré qu'il ne tolérerait pas qu'on s'en prenne à eux de la sorte. Le Roi avait été indisposé, et c'était un risque qu'il avait accepté de courir dans les circonstances, sachant qu'il aurait l'occasion de s'expliquer ultérieurement. Avant de se retirer du cercle de discussion, D'Artagnan posa un dernier regard, chargé de reproches, sur le Prince de Savoie-Carignan, avant de rengainer son épé et de faire demi-tour. En réponse aux protestations d'Elrohir, D'Artagnan lui adressa un regard indulgent... Pour une fois, le Sous-Lieutenant de Verchère n'avait en effet rien à se reprocher! Mais ils allaient néanmoins devoir discuter de tout cela après la loterie...

Lorsqu'il présenta son bras à la Duchesse de Valentinois, il avait retrouvé son sourire, mais demeurait néanmoins pensif. Sa raison lui criait qu'il aurait probablement mieux fait de ne pas avoir recours au code bleu... Surtout, il se demandait s'il avait agi par orgueil plutôt que par esprit de justice... Mais il chassa vite cette idée : il côtoyait les gens de la cours depuis assez longtemps pour savoir que l'hypocrisie, l'orgueil et l'esprit de supériorité dictait mots et actes, et tout cela le laissait de marbre. La remise en question était peut-être causée par son sentiment de culpabilité... car tout ce qui s'était produit découlait en fait des ordres qu'il avait donné. Mais comment prévoir que, suite au coup aussi bien monté par son Sous-Lieutenant, quelqu'un oserait porter des accusations avec aussi peu d'éléments de preuve!

"Si tu continues à vouloir à ce point protéger la veuve et l'orphelin, il faudra faire avec ce genre de risque, mon ami..."

Tandis qu'il ruminait encore ces pensées, Delphine le guidait vers le trône. À sa suite, il salua respectueusement le Roi, sachant que les explications du lendemain seraient probablement ardues... mais confiant que ses hommes s'en tireraient indemnes. On pourrait certe leur reprocher leur orgueil, mais c'était bien là un défaut commun à la plupart des soldats. Il salua aussi bien bas la Reine Mère, et suivit la Duchesse vers le plancher de danse, où les couples s'étaient reformés.

Citation :
"Vous avez decidement de biens fiers mousquetaires dans votre compagnie, cher ami."

Alors que les premiers mouvements débutaient, cette remarque le fit sourire. Car on avait bel et bien assisté à une guerre d'orgueil et, malgré le compliment dissimulé derrière la remarque, l'air légèrement malicieux de son amie lui laissait présager que c'était plutôt à cela qu'elle faisait allusion...

- En effet, mademoiselle la Duchesse, en effet... Trop fiers, peut-être? Mais puisque c'est cet orgueil et leur loyauté qui les pousse à mettre leur vie en danger pour préserver celle du Roi, je ne puis que leur conseiller d'en faire bon usage... La dernière remarque de Besméatix était une erreur... mais compréhensible, et je préfère encore défendre mes hommes que d'accepter qu'on souille leur honneur, quite à pêcher moi-même par orgueil! Belle façon de justifier un vilain défaut qui est plus souvent qu'autrement l'apânage des hommes, n'est-ce pas?

Il acceptait maintenant la situation avec un brin d'humour... Après tout, la soirée n'avait-elle pas été couronnée de succès? Certes, ils s'étaient mis à dos deux hommes puissants. Mais D'Artagnan avait depuis longtemps pris conscience que son avenir ne dépendait pas entièrement de lui, et que les jeux de coulisse y serait pour beaucoup... Tant qu'à périr, il préférait encore le faire en demeurant loyal à ses hommes.

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Charles de Batz Castelmor

de son petit nom :

Capitaine d'Artagnan
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Besméatix
Poete


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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 15:17

De nature moins inquiète que son supérieur, Besméatix était plutôt satisfait du résultat du combat. Bien sûr, il réalisait que son destin, c'est entre les mains du Roi de France qu'il aurait dû le remettre... mais le tout aurait été tellement moins frappant!

"Ton orgueil te coulera un jour, vieux Gascon gâté!"

Mais le Sous-Lieutenant n'avait jamais été un homme très soucieux ou inquiet, il appréhendait le tout avec un bel optimisme. Jusqu'alors inconnu, il venait, d'une certaine façon, de se faire un nom à la Cours, ce qui n'était pas sans flatter son égo... Mais Besméatix n'était pas du genre à s'enfler la tête... ou du moins se la désenflait-il lui-même à l'occasion graĉe à son sens de l'auto-dérision assez développé... La vie était trop belle pour qu'on se prive de rire de soi-même, après tout! Adressant un dernier sourire courtois au Prince de Savoie-Carignan, devant lequel il s'inclina respectueusement, il parvint enfin à rejoindre la Duchesse Aliénor de Goyave.

- Mademoiselle la Duchesse, veuillez me pardonner ce contre-temps... mais quand l'orgueil mâle commence à faire surface, même la plus grande volonté n'y peut rien!

Toujours aussi exhubérant, le Mousquetaire s'inclina bien bas devant la Duchesse, son chapeau à la main. La jeune femme semblait avoir été affectée par toute cette altercation, et Besméatix en fut peiné. S'il ne ressentait aucune culpabilité pour les évènements s'étant produit (car après tout, tout cela n'était que justice), ce sentiment commençait à faire légèrement surface maintenant qu'il se tenait devant la Duchesse. Aurait-il gâché sa soirée? Gardant néanmoins le sourire, afin de redonner le sien à la Duchesse, le Sous-Lieutenant reprit la parole.

- J'espère ne pas avoir, de par cet éclat, contribué à vous rendre cette soirée désagréable. Mais la cours de Fontainebleau, a bien des niveaux, ressemble par moment à une jungle... d'ailleurs, le Prince de Savoie-Carignan s'est même chargé de fournir les tigres, cette fois! Cependant, puisqu'il s'agit de votre première soirée à la cours, je vous présente mille fois mes excuses, et vous promets que je ferai tout en mon pouvoir pour vous la rendre plus agréable à partir de ce moment!
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Héloïse
Administratrice


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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 15:30

loïse regardait la scène, comme hypnotisée par les joutes verbales qui n'en finissaient plus. François-Xavier marchait dans leur direction, toujours entouré de Besméatix et de ses tigres. Il était peut-être à un mètre du couple, et la jeune femme avait baissé les yeux, n'osant pas lever la tête et affronter ce regard qu'elle connaissait.
La jeune femme sentait le corps d'Elrohir se raidir à chaque affront porté aux mousquetaires et a son compagnons d'armes Besméatix. Elle sentait qu'il bouillonnait en son intérieur, de voir le Prince parler de la sorte de son ordre. Elle exerça une très douce pression sur son bras, simplement pour l'empêcher de dire quoique ce soit. Il lui sembla que d'Artagnan tentait de prendre la situation en main de son côté, tandis que tout le monde retenait son souffle devant François-Xavier.
Héloïse avait finalement décidé de lever les yeux vers ce dernier, pour se rendre compte qu'il était très proche d'eux. En réalité, il était maintenant en face de Elrohir, sur qui il donnait maintenant le poids des accusations. Cette fois, ce fut au tour de la courtisane de se raidir, tandis que son compagnon semblait rester très calme à la seconde même. Elle dévisagea François-Xavier qui ne lui accordait aucune attention pour le moment.
Une multitude de questions se bousculaient dans son esprit, déjà embrouillé. Pourquoi était-il revenu? L'avait-il reconnue dès leur première rencontre, dans les jardins? Elle ne pouvait oublier ce charmant gentleman aux manières exquises, qui pour le moment, tentait de salir la réputation du Roy et des mousquetaires...
Puis, Louis lui-même sembla trouver que cette masquarade avait assez durée. Il se leva et dans toute sa magnificience, s'avança. Tremblant de colère, il tentait de se contenir du mieux possible. Avec toute sa puissance, le monarque fit vibrer les murs avec ses ordres, qui mettraient un terme à tout cela.
Elrohir glissa ses doigts entres ceux d'Héloïse, lui murmurant des paroles douces à l'oreille. Encore une fois, la colère du Roy était retombée sur lui, malencontreusement.


Citation :
Vous savez, depuis que je vous aime, le roi semble avoir jeter sa foudre sur moi. Mais je veux que vous sachiez que malgré ses sauts de colères, sachez que votre amour en vaille largement la peine

"Je ne pense pas qu'il ne s'agisse du Roy pour le moment Elrohir. Peu importe ce qui se passera demain, tentons de profiter de la soirée encore un peu..."

Elle hésita de parler des révélations du Prince et dit tout simplement.

"Lorsque le moment sera plus propice, je vous ferai part de...enfin bref..."

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Elrohir
Fils de La Fontaine


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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 15:44

Voila l'ironie du sort, dans le bon sens bien sur. Elrohir, un des guerriers les plus réputés des mousquetaires était stopper par Héloise, une jolie jeune femme qui ne voulait que son bien. Elrohir avait compris toute l'importance de geste d'Héloise et de sa volonté pour passer du bons temps avec lui.

Il y avait encore la petite voix du prince qui revint dans sa tete. Les mousquetaires, la réputation tenter d'etre salie. Elrohir aurait voulu lui répondre, mais certains gens pensaient qu'il fallait mieux qu'il tienne la bouche fermée et les pieds bien encrés dans le sol.

Il releva enfin la tete et il fit un sourire à Héloise:

- Merci, vous m'avez sauvé la vie.

Il s'éclaircit la voix et chassa les idées sombres de son esprit:

- Mais dites-moi Héloise, comment faites-vous pour garder votre calme alors que la tempete passe à deux doigts de vous et qu'elle frappe ceux que vous chérissez. Cela est honorable pour vous.

Ses yeux devinrent vides. Il lui dit:

- si vous saviez tout ce qui se passe dans les champs de batailles, toutes les horreurs que nous avons du faire pour sauver nos vies et celle de la France. Voila qu'un homme vient de tout salir notre devoir et notre honneur. Un homme qui parle alors qu'il n'a pas eut à vivre notre vie, meme pas pendant une journée... voila un geste qui fait de lui un homme très noble

Il se secoua la tete, comme pour revenir parmi leur monde. Il lui dit:

- Héloise, je vous aime, et je suis sur de cela. Ne vous laissez jamais croire le contraire, car je protègerais votre coeur davantage que celui de la France...

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There is nothing for you here, only death

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Duchesse
Invité



MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 16:53

La Duchesse sourit à Besméatix et lui tendit la main à baiser.

Citation :
J'espère ne pas avoir, de par cet éclat, contribué à vous rendre cette soirée désagréable. Mais la cours de Fontainebleau, a bien des niveaux, ressemble par moment à une jungle... d'ailleurs, le Prince de Savoie-Carignan s'est même chargé de fournir les tigres, cette fois! Cependant, puisqu'il s'agit de votre première soirée à la cours, je vous présente mille fois mes excuses, et vous promets que je ferai tout en mon pouvoir pour vous la rendre plus agréable à partir de ce moment!


-Non pas, mais j'étais très inquiète pour vous. Ces joutes oratoires font autant de dégats sinon plus qu'un duel à l'épée.
Avez-vous un contentieux avec le Prince ? je me demande si c'est bien vous qui étiez visé ou s'il s'est servi de vous ? il me semble intelligent et manipulateur. Vous vous en êtes tiré comme un chef !


La Duchesse était completement détendue puisque le Mousquetaire n'avait pas du tout l'air affecté et qu'elle vit D'Artagnan se diriger sur la piste.
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Besméatix
Poete


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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Lun Jan 09 2006, 19:54

Besméatix prit la main qu'on lui tendait et y déposa un baiser respectueux.

- Les paroles, effectivement, blessent parfois bien plus facilement que les armes, et notre charmant Prince, qui a cherché a entâcher la réputation des Mousquetaires de sa Majestée avec ses accusations présomptueuses, nous en a offert un vibrant exemple. Cherchait-il à satisfaire ses intérêts? La façon dont il a cherché à attaquer mon collègue me pousse à le croire... Néanmoins, son plaidoyer reposait sur du vent, et il était inconcevable, Mademoiselle, que j'accepte que l'on me tourne en ridicule alors que vous assistiez à la scène! Cela aurait été franchement intolérable, et une blessure dont j'aurais eu peine à me remettre!

Nouvelle révérence de Besméatix, qui se redressa en offrant son bras à la Duchesse de Goyave.

- Me feriez-vous l'insigne honneur de m'accorder votre première danse à la cour de Fontainebleau, Mademoiselle?

Tout souriant, plus que satisfait de la tournure des évènements, le Sous-Lieutenant Blaise de Castelneau-Magnoac se sentait littéralement invincible...
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Mar Jan 10 2006, 02:20

Racine fut soulagé de revoir les choses revenir peu à peu à la normale... Un reste de tension demeurait dans le Petit Salon, mais la musique avait repris de plus belle, encourageant les Courtisans à danser.
Mais le Dramaturge ne songeait pas une seule seconde à en faire autant ! Il s'était désintéressé de l'affaire de la noyade et, imperceptiblement, il s'éloignait du groupe où il se trouvait auparavant.
Pourtant, son visage trahissait de l'anxiété si ce n'était de la peur. Il continuait à marcher cependant, se gardant bien de faire demi-tour car s'il agissait ainsi, il n'aurait plus jamais le courage de faire ce qu'il s'apprêtait à oser : il allait s'adresser au Roy !

Sa Majesté semblait d'ailleurs ignorée de tous, restée comme elle l'était au milieu de ses Sujets alors que ces derniers s'amusaient, s'empressant d'oublier le regrétable incident. Le Roy quant à lui demeurait droit comme un piquet, les lèvres légèrement pincées, signe du récent affront dont il avait été la victime. Et malheureusement pour le Monarque, il était trop tard maintenant pour demander réparation, tout du moins en ce lieu...

L'Ecrivain progressait très lentement. Ses jambes avaient, en effet, bien du mal à le soutenir. Il se sentait terriblement seul au milieu de cette foule, seul à aller affronter l'humeur qu'on pouvait présager massacrante de Louis. La seule pensée qui maintenait Racine sur le bon cap était : Il le faut ! Pour la Tragédie, pour toi. Personne ne pouvait plus l'aider à présent.

Bientôt, ce qui lui parut des heures, il fut aux côtés du Monarque qui visiblement l'avait remarqué mais qui attendait, comme le voulait l'usage, que son sujet le salue. L'Auteur le fit aussitôt qu'il fut à distance respectable :


- Votre Majesté...

Il s'inclina très bas, puis attendit, la tête basse que Louis le Quatorzième veuille bien lui permettre de reprendre contenance et de, si l'envie lui en prenait, le laisser parler !
Sinon, le Dramaturge n'aurait plus qu'à s'effacer, loupant de ce fait, la chance de sa vie. Mais, l'avis royal était de nature divine et on ne pouvait pas aller à son encontre.

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Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux ;
Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux.
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Duchesse
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Mar Jan 10 2006, 02:56

La Duchesse souriait à Beméatix ne pouvant le réprimender ni lui faire d'autres réflexions.

Elle lui fit un gracieux signe de tête et lui prit le bras.

- J'attendais votre invitation !

Au bras du Mousquetaire, elle alla danser. La soirée finalement finirait peut-être bien.
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MessageSujet: Re: le petit salon du Roy   Aujourd'hui à 02:43

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