1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Contes et Nouvelles...

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Delphine de Valentinois
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Sam Déc 31 2005, 23:34

Citation :
!!!! Arrête, j'vais être obligé d'aller le chercher...!

* Aggripe un meuble...

Non, non, je n'irai pas!!
LOL!!! J'ai fait le meme coup a mes amies pendant la session d'examens quand j'ai appris...du coup...une autre nous a revele que Club Monaco avait jusqu'a 30% off cette semaine la.... et resultat: pause d'etude pour une petite escale au centre-ville.... whistle

Citation :
PIVOINE !
plait-il?

Citation :
Dingue, elle transphorme tout ce qu'elle touche en sujet de flood...
tu as deja entendu parler du Roi Midas?

Citation :
Oui, c'est ça, tu peux continuer ton pelerinage
c'est donc comme ca qu'on appelle ca pour les 18 ans et moins??

Citation :
A part ça, je comprend JAMAIS rien a vos flood qui se résume a parler un dialecte anglofranco-québécois et dont les sujets ne tiennent compte que de votre patelin ! Lol
et moi je ne comprend que rarement ton dialecte qui se veut mi-scientifique par momen, mi-histerique par d'autre, avec pleins de mots anglophones empruntes, acquis dans ton vocabulaire, melange avec plein de mots francais de France. lolll ce que j'ai appris depuis qu'on se parle sur les forums: euh...ca va me revenir k? lolllll j'ai juste Bled en tete la....lolllllll ct quoi le nom des saucisses qui puent deja?

Quelqu'un est en train de lire Chronicles of Narnia?

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Mlle Delphine de Valentinois

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Chateaubriand
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Dim Jan 01 2006, 03:23

Bon, alors que je viens a peine de lire les premiers posts Nouvelles et Contes, je dois dire que:

Awwww, Vincent, tout cute! Tu es un romantique dans l'ame toi! Pure fluff...

Duchesse A. (eh oui, parce que moi je suis la duchesse D. lolll) tres joli conte! Ce sera toi qui ecrira les contes que tu raconteras a tes enfants plus tard? Wink

Faudrait que je m'y lance moi aussi... des que j'aurais scanne et explique le pourquoi de la nouvelle a suivre...Wink

(en passant Isa, je l'ai pige de mon exercice final d'ecriture avec Mme Durocher en secondaire 4, si tu pouvais me montrer celle que tu avais ecrite pour cet exercice, ca me ferait vraiment plaisir. big grin (en admettant que tu l'as encore, et que tu reussisses a le trouver...lol!)
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Delphine de Valentinois
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Dim Jan 01 2006, 04:00

Bon, alors, premierement, ceci a ete ecrit il y a deja 4 ans. La nouvelle est celle qui clos un projet tout au long de l'annee scolaire ou chaque eleve a un cahier ou nous ecrivons toutes les nouvelles. Le professeur donnait des consignes pour chaque nouvelle, par exemple, elle donnait un paragraphe de depart, et on continuait... ou on devait se trouver une photo, et faire une nouvelle ou la photo avait rapport.

Dans le dernier morceau que nous avons ecrit, une phrase qui a avait ete emprunte a une autre histoire, "Ce fut à cet instant qu'il la vit dans sa robe rosée; la beauté venait de conquérir son coeur, " et aussi, une image devait accompagner l'histoire. Je vous montre une image substitue a celle que j'avais utilise (parce que c'est tres laid avec mon scanneur...) Ah oui, derniere chose, le titre devait rester le meme.



La fille cent pour cent parfaite
Une délicieuse brise matinale faisait danser les feuilles du cerisier. Perché sur une branche, un joyeux petit oiseau sifflait une douce mélodie. Le clapotis des poissons exotiques qui se nourrissaient dès l'aurore dans le ruisseau s'était tranquillement estompé. L'air frisquet avait parsemé la végétation de fines gouttes d'eau qui perlaient aux feuilles. Les fleurs aux pétales délicates s'étaient ouvertes sous les rayons encore rares du soleil. Tous les éléments du jardin s'harmonisaient élégamment de manière à former un environnement exquis digne d'être présenté à l'empereur. C'est ce que le créateur pensa après avoir longuement admiré, au lever du soleil, son oeuvre commandée par le gouverneur.

Il eut à peine le temps de finir d'arroser le jardin paysager japonais pour la première fois que des pas se firent entendre. D'abord presque inaudibles, puis de plus en plus intenses. On entendit alors la voix du laquais annoncer la venue de la famille du gouverneur. Les membres entrèrent dans le jardin et se mirent à contempler la merveille. Ce fut à cet instant qu'il la vit dans sa robe rosée; la beauté venait de conquérir son coeur. Il sut qu'il avait rencontré la fille cent pour cent parfaite par ce beau matin d'avril. Elle était la femme idéale, celle qui lui était destinée. Ses yeux noisette brillaient à la vue du jardin. Une bouche bien dessinée couleur carmin contrastait avec sa peau claire. Sa silhouette mince semblait glisser quand elle se promenait tant sa démarche était gracieuse. L'artiste n'avait d'yeux quepour la charmante jeune fille qui admirait son travail. Son coeur battaot tellement vite et fort qu'il n'entendait plus les gazouillis des oiseaux. Il voulut se diriger vers elle pour l'aborder, mais n'osa pas devant tel public. Alors, s'opéra un terrible débat en lui. Il calcula ses chances et soupesa les conséquencesde son geste. Un modeste paysagiste pouvait-il espérer obtenir une place au coeur de la fille du gouverneur? C'était insensé rien que d'y penser, mpourtant il ne put se résoudre à laisser son âme soeur lui échapper. Prenant son courage à deux mains, il s'élança dans la direction de sa dulcinée.

Le pauvre garçon était si absorbé dans l'audace de son acte qu'il ne remarqua pas le seau rempli d'eau posé à terre. Le malchanceux se prit le pied dans la chaudière, éclaboussa le ririgeant et renversa sa flamme. En un bond, le malheureux se releva et d'une voix confuse, il s'excusa tout en pensant qu, désormais, il n'avait plus aucune chance:

-Pardonnez-moi! Je suis vraiment désolé...

-Je vous prie de faire plus attention! Par votre faute, je suis maintenant trempé!

Ce furent les dernières paroles du dirigeant avant que l'artiste ne se fasse congédier pour avoir aspergé le gouverneur. Pourtant, ce renvoi ne l'affecta pas le moins du monde, car il eut le bonheur d'épouser la dame de compagnie de celui-ci!

-------------------------------------------------------------------------------------

Et voici donc, ce que de jeunes filles dans un pensionnat pour filles s'amusent à écrire pour leurs compositions de français...lol

(en passant, vous avez remarque? j'avais des accents partout quand j'ai recopie! lol)

J'espere que j'ecris mieux maintenant...lol bof, ca m'a fait rire de relire ca! loll big grin

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mar Jan 03 2006, 16:21

Chateaubriand a écrit:
Awwww, Vincent, tout cute! Tu es un romantique dans l'ame toi! Pure fluff...

Lol! Et oui... je ne peux renier cette réalité... mais qui s'en serait douté? Alors surtout, gente demoiselle, n'allez pas ébruiter le secret...! Wink Bon, c'est sûr qu'un secret dans le flood, ça ne reste pas tellement secret, mais bon...! Wink

En votre travail de jeune pensionnaire est tout à fait remarquable lui aussi... Wink

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mar Jan 03 2006, 17:58

lol! j'essaierai de pas ebruiter ca... whistle

puis bon, pensionnaire...lol c'est un pensionnat, oui, mais je n'ai jamais dormi dans les dortoirs...nope! jpreferais rentrer chez moi apres les classes, meme si les dortoirs sont une option. Isabelle non plus n'a jamais dormi la. C'est une option pour ceux qui vienne de loin, comme nos etudiantes d'Allemagne, ou ceux de Chibougameau...(lol Isa)

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mar Jan 03 2006, 21:19

C'est vrai que Chibougamau, c'est presque aussi loin que l'Allemagne...! Un peu comme Baie-Comeau, d'ailleurs, mais c'est le genre d'allusion qui ferai dressé les cheveux sur la tête de personnes qui ne participent malheureusement pas à ce forum... Bref, je m'égare, comme d'habitude...! Wink Si j'ai le temps, j'vais essayer de vous faire une p'tite composition ce soir...

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mer Jan 04 2006, 01:17

oh yay!

Je pourrais en faire une aussi, parce que je m'ennuie pas mal ces temps-ci le soir. lol Quand on reste a la maison, il reste 2 options: ordi ou tv. et bon, franchement, vu la programmation sur la tv...et l'ordi, c pas bon pour les yeux...ni le ventre...pas avec la bouffe du temps des fetes en tout cas! Vais me scheduler quelques heures de patin je crois...Isa, oublie pas tes patins!

Probleme: manque d'inspiration...j'sais pas sur quoi ecrire...lol hummm....

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mer Jan 04 2006, 01:51

Une connerie qui m'est venue à l'esprit...



C’était affreux. Martin n’arrivait pas à y croire. C’était bien là. Il le voyait avec ses propres yeux. Blanc. Avec ses deux pointes recourbées. La texture même y était. C’était surtout la queue en pompon. Une touffe blanche et, il risqua de le toucher du bout des doigts... oui, douce…douce et terriblement contrastante sur le fond bleu marin. Comment sa propre mère avait-elle pu le trahir ainsi? Et là, les petits triangles oranges agrémentés d’un ridicule point vert. Les larmes lui montaient aux yeux. C’était son anniversaire après tout. Pourquoi être si cruel ce jour en particulier? Pourquoi lui avoir donné ceci alors qu’il avait simplement demandé un rasoir à son père, des vêtements neufs à sa grand-mère et un animal de compagnie à sa mère. Alors là, c’était sans conteste, le plus horrible jour de ses 16 ans…et le premier en plus! L’année commençait bien! Normalement, il aurait trouvé ça drôle, mais l’affront était terrible : il avait fallu qu’il ouvre son cadeau au party familial où toute la parenté était pour une fois, présente au complet. Oncle, tante, marraine, parrain, cousins et cousines…l’humiliation se faisait cuisante. Tout le monde le saurait…

Sa grand-mère lui apposa une main sur l’épaule, par derrière.
-Qu’est-ce que tu attends? Tu verras, qu’il n’y a rien de trop pour mon petit-fils préféré! Et la couleur sied avec tes yeux! N’est-ce pas magnifique?

Se forçant à sourire, Martin se retourna rapidement et fila dans une chambre.

-Et montre-nous de quoi ça à l’air! renchérit un oncle qui se retenait de s’esclaffer tout en parlant.

Prenant son courage à deux mains, le jeune homme ouvrit la porte et descendit les escaliers pour amuser la galerie. Si la famille lui avait appris quelque chose au cours des années de son existence, c’était qu’il était inutile d’essayer de se dérober des suggestions d’oncle François. Le résultat ne serait que plus humiliant.

Il franchit donc la dernière marche alors que tout le monde avait recommencé à parler entre eux, en l’attendant.

Voilà, son cousin l’avait aperçut…ses joues rosirent en une fraction de seconde.

-Wow! Martin! Joli boxer au motif de lapins!


Wink Moi je trouve ça cute. lol J'étais en train de décider de mon pyjama pour ce soir...lol Nah, moi c'est pas des lapins, mais des bonhommes de neiges. lol Les boxers des filles sont differents des boxers pour gars je crois lol

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mer Jan 04 2006, 04:38

LOL!! En effet, ÇA, c'est très cruel...! LOL! ... je crois que j'préfère encore les boxers léopards...!

Bon, maintenant, création instantannée... on verra bien le résultat après coup...! Alors donc, pour le meilleur ou pour le pire, je me lance...

----

L'air file à toute alllure... Intensément froid, alors que seule la lumière de la pleine lune trouble l'obscutité, le vent applique sa terrible morsure sur tout être vivant osant montrer le bout de son nez. Afin de le fuir, nombreux sont ceux qui hibernent. Même les terribles ours bruns n'ont pas le courage de l'affronter. Les marmottes, n'en parlons même pas... Mais les ours bruns? Ces bêtes énormes, robustes, féroces... ces tas de poils qui n'ont même aucun prédateurs... eh oui, ils fuient, sans demander leur reste, devant le froid glacial du nord canadien. Mais Edmond reste de marbre, impertubable, observant le monde de haut... du moins lorsqu'il ne fend pas le ciel, comme à l'heure actuelle, son corps gracieux formant une ombre noire sur la lune tandis qu'il traverse ses rayons. Car Edmond est un Grand Duc, et les Grand Ducs ne craignent pas le froid.

Un simple hibou, direz-vous? Essayez, seulement une fois, d'aller le lui dire, à Edmond, et reculez vite votre visage avant qu'il ne vous attrape le nez avec ses serres ou vous crève un oeil avec son bec. Car Edmond le Grand Duc a sal caractère. Edmond le Grand Duc est le Roi des Oiseaux du Nord, oui Monsieur, et tout le monde le respecte. L'on vient de loin simplement pour le voir, ou lui demander conseil. Mais Edmond ne répond pas, car seuls les vieux hiboux donnent des conseils et Edmond est un Grand Duc, pas un de ces vieux radoteurs de hiboux au plumage dégarni. Non mais quoi? Indiquer à ces loups où trouver du gibier? Renseigner quelques renards blancs sur le sens profond de la vie, ou sur l'art du traquenard? Ah quoi bon, puisqu'ils n'y comprendraient rien de toute façon. Pfff... les Grands Duc, euh, comprennent. Les autres? Bah... qu'on leur donne les restes, et qu'on ne leur complique pas trop la tâche. Car pour Edmond, tout est simple : les plus forts survivent, les autres disparaissent. D'ailleurs, c'est ce qu'il avait dit à Darwin dans l'une de ses lettres... mais bon, lui aussi avait tout déformé avec ces histoires d'évolution à la con. Les Grands Ducs ayant pour ancêtre une infime bactérie? Pfff... ce qu'il ne fallait pas inventer... Voir s'il pouvait vraiment avoir un poisson comme arrière-ancêtre... Ri-di-cu-le... Les poissons, Edmond n'en faisait qu'une bouchée.

Ainsi, Edmond fend le ciel de nuit. Il observe le sol, de ses yeux perçants, et repère les petits rongeurs, les lapins... et ne détestent pas attraper quelques petits oiseaux à l'occasion.

"Arrière tous! Car je suis un Grand Duc et vous ne saisissez rien au sens profond de la vie. Arrière tous! Car je suis un Grand Duc et moi j'ai saisi que la vie, au fond, est bien simple!"

Et Edmond plonge, fonçant vers le sol à une vitesse vertigineuse, avant de stabiliser sa course à quelques pouces du plancher, toutes griffes pointées, happant au passage une quelconque proie, avant de remonter vers le haut à grands battements d'ailes, vainqueur une nouvelle fois. Car pour Edmond, tout est simple : les forts mangent, les faibles se font manger.

Il se rappelle souvent ce jour où une louve vint le questionner sur l'amour... Mais l'amour? Qu'est-ce que l'amour? Le fort survie, et transmet son bagage génétique, car la femelle le recherche afin d'obtenir le droit de porter sa précieuse semence. Le reste n'est que simagrés de mauvais perdants, ou encore de mauvais gagnants tentant de se donner bonne conscience. La louve était repartie, déçue. Mais Edmond, lui, riait toujours.

Et il en rit, haut perché sur son arbre, il en rit à gorge déployé... son rire froid raisonnant dans au-dessus de la forêt, comme un cri lugubre et monstrueux. Car Edmond est fort et son cri impressionne. Auriez-vous oublié qu'Edmond est un Grand Duc?

Jusqu'au jour où il découvre une de ses semblables, nichant sur la corniche d'un chalet. Tellement belle, qu'elle semble illuminée par les rayons de la lune. Tellement belle que ces rayons, elle les renvoit en une symphonie de lumière rappelant l'arc-en-ciel. Et Edmond étend ses ailes afin de montrer son envergure. Et Edmond lâche son cri puissant, afin de faire trembler de peur cette pauvre petite duchesse, et lui montrer qu'elle doit subir sa domination, et qu'il est le plus fort de sa race. Mais la Grande-Duchesse ne bouge point, et l'observe. Et lui de recommencer son manège, de gonfler ses plumes... Mais toujours, la Grande-Duchesse ne réagit pas, immobile. Elle le fixe, néanmoins, et Edmond, encouragé par cette attention, reprend ses manèges, inlassablement.

Et pendant des heures il chasse, afin de lui rapporter ses proies, de lui offrir des présents. Mais elle ne daigne jamais poser la patte sur cette nourriture, qui finit toujours sa course au sol, dégringolant du haut du toit.

"Mais qu'a-t-elle, celle-là? N'a-t-elle rien saisit à la loi du plus fort? N'a-t-elle pas saisi que je suis le Grand Duc, le chef des Oiseaux de la forêt, régnant de soir, mais dont la légende terrorise même les oiseaux diurnes?"

Et il essaie de plus belle, rapportant de plus grosses proies... Lapins et mêmes petits renards y passent... et pourtant, ils s'empilent tous devant la porte du chalet, la femelle refusant de même les voir.

"Serait-ce qu'elle recherche l'amour. Mais l'amour, qu'est-ce?"

Et notre Edmond, décontenancé, part à la recherche de la louve qu'il a envoyé paître quelques mois plus tôt. Il la trouve, et la questionne violemment, comme le maître qu'il est. Mais la louve ne s'en laisse pas impressionné. Que peut un gros hibou contre elle?

- Pauvre Duc, tu n'as rien compris et ne comprendras jamais. Car tu as toujours tout posséder, et l'amour, on sait qu'on l'a lorsque l'on trouve un être si merveilleux qu'il nous semble inaccessible... et que l'on réalise, finalement, qu'il se tient à nos côtés.

- Pfff... aucun être ne peut être si précieux!

Et Edmond s'éloigne... mais avec un doute, pourtant. Et pendant une nuit, il évite de retourner vers le chalet. Mais, cependant, le lendemain, une force quelconque le pousse à revenir. Et il constate qu'elle est là, et que son reflet ne s'est pas estompé. Elle lui semble belle... mais elle le repousse, inaccessible... Et notre Grand Duc se surprend à ressentir une certaine tristesse... ainsi que de la frustration.

"Je suis un Grand Duc, le plus grand des Grand Duc, et elle se refuse à moi. C'est elle qui, en agissant ainsi, se punit... et pourtant c'est moi qui le regrette amèrement. Est-ce cela, l'amour, ou est-ce seulement que certaines personnes ne comprennent absolument rien à leur rôle?"

Et furieux, Edmond s'envole, et monte très haut. Sur la lune, son image est soudainement minime. Car la décision d'Emond est prise. Si elle ne veut être sienne, elle n'appartiendra à personne. Et soudain, il s'élance, vers le bas, descendant rapidement, à une vitesse vertigineuse. Et pas question de redresser, cette fois, car c'est de son bec qu'il frappera. Vif comme une flèche, ignorant l'air froid qui réussisait, tant bien que mal, à se faufiler entre ses plumes, il descend toujours plus rapidement. La Grande Duchesse se rapproche, très rapidement, et elle demeure immobile, inconsciente du danger. Plus que cinquantre mètre, qu'Edmond franchira en seulement quelques secondes, et elle demeure toujours sur place, figée.

"Si elle a peur, qu'elle se tasse et se soumette, comme les autres!"

Mais elle demeure sur place, probablement trop appeurée pour réagir. Le contact est imminent, inévitable. Pendant un bref instant, Edmond réalise qu'elle brille toujours à ses yeux. Mais il est un Grand Duc et il foncera. Il est un Grand Duc et sa légende doit continuer à vivre... même dans sa tête. Il est un Grand Duc et il a une volonté de fer.

Un bruit sourd, qui résonne sur une certaine distance. La vitesse d'Edmond était telle que le choc fut brutal et violent, et se repercuta sur toute la plaine. Les plumes volèrent, et pour Edmond le ciel s'assombrit un peu plus, maintenant que son oeuvre s'était achevée. Tout lui sembla plus noir... tristesse d'avoir tué l'objet de sa convoitise? Ou simplement, tristesse d'avoir perdu ce qu'il avait cru pouvoir posséder?

Au petit matin, les habitants du chalet passent la porte. Sur le pied de la porte traîne un Grand Duc, les plumes ébouriffées, désordonnées. Visiblement, l'oiseau a subit un choc épouvantable. Relevant la tête, il constate que, sur le toit, la Grande Duchesse de fer porte fièrement, sur son dos, une plume brune...

---

Morales de cette histoire :
1- Une vie sans amour est une vie triste
2- Il ne faut pas confondre amour et convoitise
3- C'est vraiment con un Grand Duc
4- Ne pas écrire tout ce qui vous passe par la tête à 11h le soir...

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Charles de Batz Castelmor

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mer Jan 04 2006, 14:56

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mer Jan 04 2006, 19:45

tres joli! loll

Ce que le Grand Duc etait snob...lol le pire c'est que j'ecoutais mon wmp en meme temps que je lisais...et que la chanson de boris vian passait...alors j'ai eu un fou rire au paragraphe 2...lol

mais tres bon! belle chute loll

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mer Jan 04 2006, 19:53

reyo

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mer Jan 04 2006, 20:03

ben la...tu te repetes en plus! tsssk

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Jeu Jan 05 2006, 05:00

... je crois qu'il avait besoin d'attention... Wink

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Mer Jan 11 2006, 20:21

1572

Helena entendit la porte grincer sous une légère pression, sachant pourtant qu'on faisait tout pour rester discret. Elle se raidis un peu plus sous ses couvertures, se recroquevillant comme un bébé, les yeux fermés, la main sous sa joue...

Guillaume de Rhétonde referma la porte derrière lui, doucement. Il avait emprunté le passage secret connu de lui et d'Helena seuls, comme d'habitude, comme chaque dimanche. Les dimanches, c'étaient ses jours préférés. Ces jours-là il laissait sa peine, ses envies de meurtre, les tensions, sa religion-même de côté. Tout ça parce qu'il savait qu'on l'attendait le soir.
Mais ce soir était différent. Elle était dans son lit, couchée sur le côté, face au mur : elle lui tournait le dos.
Elle avait due s'endormir...

Helena senti l'hésitation de Guillaume. Mais elle n'en resta pas moins immobile... Comment avait-elle pu croire qu'il ne se serait pas aperçut d'un changement quelconque alors qu'elle ne lui sautait pas au cou, embrassant ses mains, à genoux, alors que ses transports lui faisaient dire mille choses sur son amour et sa fidélité éternelle...

Réthonde fini par s'avancer. Il faisait nuit noire, aucune lumière ne brûlait, mais la seule peau blanche de sa maîtresse le guidait, comme si elle aspirait la clarté alentour, rendant pâlotte de jalousie la Lune... Il sourit en pensant qu'il était l'unique homme à en avoir jamais profité, de cet halo bienfaiteur.

Elle écouta d'une oreille attentive le parquet craquer sous sa démarche nerveuse d'homme jeune et amoureux; elle sentit sa main lui dénuder l'épaule sans même la toucher; elle sentit sa caresse délicieuse; son souffle amoureux; le bout de ses lèvres à peine appuyé sur sa peau...
Elle crispa ses paupières, se tendit et ne frissonna pas un instant.

Guillaume, la première surprise passé, avait pensé réveiller Helena comme un amant réveille sa maîtresse : par le plus doux des baisers.
Mais il n'y avait plus de doute à avoir, Helena n'était pas endormie, voilà tout. Il sentait qu'elle se faisait violence pour ne pas donner de signe de désir, d'amour ou simplement de vie, et ne comprenait pas.
Prenant ça pour un jeu qu'elle aurait inventé, il continua ses caresses. Néanmoins, aucune réaction ne vint conforter son hypothese rassurante, et Réthonde, complètement désorienté, s'assit sur le lit aussi sèchement qu'il avait été doux jusque là, dos à sa maîtresse.


-Qu'y a-t-il ?

Aucune réponse. Seul un soupir du jeune homme rompit le silence.

-Tu ne veux plus de moi ? Tu ne m'aimes plus ?

A nouveau, Guillaume essuya, de plus en plus déstabilisé, le dédaigneux mutisme de sa maîtresse.

-Helena !!

Il s'était retourné, et avait crié, faisant fi des domestiques dont il s'était pourtant toujours défié.
Il serrait convulsivement le bras blanc qu'il avait maint et maint fois loué, admiré, adulé, et qui lui refusait aujourd'hui ce frisson chéri.
Il était le derniers des riens; l'homme le plus misérable; humilié, bafoué, on lui crachait au visage, et il ne pouvait rien dire : c'était son amour qui lui crachait sa morgue.
Il l'avait tant courtisé ! Il avait attendu, à ses pieds, et ses efforts n'avaient pas été vains, mais aujourd'hui, quoi ? Elle lui refusait même un regard...

La jeune fille sentit Guillaume se lever brusquement, lâchant son bras avec une sorte de mépris soudain. Elle l'imaginait _à raison_ en train de pleurer silencieusement, de honte d'abord, d'amour ensuite, de rage enfin.

Il resta un moment immobile les yeux fixés sur elle, et elle n'eut pas besoin de se retourner pour le savoir... Elle ne bougea d'ailleurs qu'une fois la porte dérobée claquée en un "bang" furieux.
Des pas saccadés parvinrent à faire vibrer son oreille encore quelques secondes.

D'un geste lent, elle s'appuya sur un bras, le temps de remettre ses idées en place.
Sa chevelure dénouée et fluide, comme de l'eau noire, lui faisait un vêtement pour ses épaules, un vêtement d'ébène, un vêtement de deuil...
En posant ses pieds nus sur le sol, elle tressaillit.
Sa main se porta d'elle même à sa joue lorsque le souvenir d'une gifle lui revint à la mémoire...
Elle avait bien essayé de protester, elle avait eu beau pleurer, son frère avait été le plus fort.
A présent elle n'avait plus de larme.

Elle s'approcha de la fenêtre, et elle les vit, elle vit le métal étincelant, les chapeaux ornés d'une croix blanche...
Elle n'avait pas pu refuser d'être l'appât; les rapières auront été l'hameçon, et son frère le pêcheur.
Elle n'avait pas été assez forte ! Pourquoi n'avait-elle pas pu empêcher cela ?
De désespoir, son front s'appuya contre le vitre froide, et un petit rond de buée se forma sous son nez...

Guillaume avait couru à en perdre haleine... il ouvrit violemment la porte qui donnait sur la rue, et s'apprêta à emprunter le chemin de son propre hôtel... lorsqu'il les vit, à son tour.
Une dizaine d'hommes l'attendaient dans l'ombre, l'épée hors du fourreau.
Il n'y avait pas de doute à avoir sur leur intentions...

Réthonde dégaina avant même que le chef présumé, par sa dégaine et son regard supérieur, n'avance d'un pas. Ils portaient tous une croix blanche sur leur habit...

Le chef s'arrêta hors de portée de sa rapière, et après un silence lourd de menace _inutile, Guillaume ne se laisserait pas impressionner si facilement_ pris la parole:


-Ah! Parpaillot ! tu as souillé ma sœur !

Réthonde tiqua. Il voyait donc pour la première fois le vicomte d'Arges... le frère d'Helena... serait-ce pour être tué par lui ? Tudieu ! Non !

-Est-ce pour ma foi ou pour mon amour que l'on me juge ?

Le vicomte sourit. Un sourire malsain qui donna envie à Guillaume de cracher.

-Nous feront d'une pierre deux coups...

Et il fit signe à ses hommes qui resserrèrent les rangs autour de Réthonde. Celui-ci suait... il ne trouvait aucune faille. La peur, pour la premiere fois, lui prenait les tripes et décolorait ses joues.
Il tenta de se sauver par des mots, puisque la force était vaine...


-Ah! Arges ! Je vous savais lâche, mais pas meneur de brigands !

L'autre tiqua à son tour...

-Que se soit dans un guet-apens ou en duel avec moi tu mourras...

-J'aime autant mieux que se soit en duel ! Je tiens à mon honneur, moi !

-Et bien soit, je tiens votre gant comme jeté, en garde !

Aussitôt dit, aussitôt fait, les hommes à la croix blanche reculèrent de quelques pas tandis que les rapières s'entrechoquèrent, projetant des étincelles... Guillaume crut qu'on avait poussé un cri dans la chambre de l'hôtel d'Arges... mais ce pouvait être tout aussi bien le heurt des épées.

Et puis, cette fois, il perçut très nettement le tocsin.

Un coup de cloche, et autour de lui d'autres hommes à croix blanches sortirent des maisons, des ruelles avenantes, de partout ! Des centaines ! A cheval, à pieds, tous leur épée nue... Ils envahirent les rues et disparurent aussitôt dans des maisons ou par d'autre chemins...

Distrait par cette poussée violente de champignons-humains catholiques, il n'eut le temps que de se baisser pour qu'Arges lui perça l'épaule de sa rapière, au lieu du cœur...

Aucun cri de sa part... mais il en fut poussé tout autour. Partout, partout autour de lui, des cris de terreurs, des cris d'agonie, des cris terribles... terribles...
Une sueur glacée descendit le long de l'échine de Guillaume.


-Dieu ! murmura-t-il...

Alors qu'on éventrait dans son champs de vision une femme à moitié nue, qu'on avait trainé dans la rue par les cheveux.

-A moi, mes frères ! On nous égorge !

Hurla un cavalier dans une ruelle voisine : c'était Mouy.

-Ah ! Vous nous le paierez !

Cria Guillaume en se jetant de côté, sauvant sa vie d'un nouveau coup d'épée... puis il fuya comme un pleutre: à toute jambe.

Une détonation le fit baisser la tête par réflexe, mais il la releva, surpris de n'avoir point senti de fumée, ou entendu la balle siffler.


-HELENA !

Avait-on vociféré en arrière.
Réthonde stoppa sa course. Il pleurait de voir ses frères de religion massacrés sous ses yeux... et puis ce coup de feu, ce nom hurlé... il était tiraillé, il devait venir en aide aux siens !

Un enfant de 10 ans, pas plus, achevait un vieillard allongé a coups de pierres sur son crâne dégarnis... Il sautait sur ses entrailles fumantes en riant des gémissements du moribonds.
Salauds de papistes ! Vous crèverez tous comme des chiens que vous êtes !


Guillaume courut vers l'enfant et lui trancha la tête d'un coup rapide de rapière.

Elle roula a ses pieds, la figure figée dans une grimace de masque antique.

Réthonde, horrifié, les yeux exorbités, fit volte-face et fonça vers la maison de sa maîtresse, tandis qu'une troupe de croix blanches s'approchait du lieu où se trouvaient les deux cadavres...

Oh Homme ! Tu es bien né du sang et du chaos !

Les bottes de l'amant malchanceux éclaboussaient le sang de la Réforme qui ruisselait entre les pavés. Guillaume pensa à se noyer dans ce commencement de fleuve...
Il évita de justesse un projectile lançé d'une fenêtre; c'était en vérité un nourrisson qui s'écrasa sur le sol, poupée démembrée, jouet des catholiques.

Il entra dans l'hôtel où la porte avait été défoncée, mais plutôt que de suivre le chemin normal comme le faisait le vicomte, il bifurqua sur la droite et monta les marches de l'escalier dérobé tel un détraqué.

Il ouvrit la porte secrète de la chambre, alors que le vicomte tentait encore de briser la serrure de l'autre.

Guillaume n'était plus doué de réflexion. Il vivait un délire... son plus fort et son dernier.

Les yeux fous du jeune homme se posèrent immédiatement sur une masse informe, sombre et couchée sur le sol... lorsqu'un rayon de lune vint éclairer la scène.
L'astre de nuit se vengeait, dévoilant fièrement ce qui autrefois le rendait si blafard, et qui à présent se confondait avec l'obscur de la chambre.

La bouche entrouverte et haletante de Guillaume ne laissa échapper aucune plainte. Il contemplait, incapable du moindre mouvement, l'innommable spectacle : Helena baignait dans son sang, les cheveux d'ébènes poisseux sur ses tempes, un mousquet vide dans sa main...

Elle s'était fait sauter la cervelle.

La porte céda. Le frère déboula dans l'appartement et fut le second témoin de la fascinante horreur.
Comme s'il avait appris son texte par cœur, il répéta quasiment sa phrase d'accueil à Guillaume, mais cette fois, bien plus passionnée, bien plus terrifiée :


-Ah ! Parpaillot ! Tu as tué ma sœur !

Guillaume ne bougea pas, ne broncha pas. Il ouvrit les bras comme pour mieux s'offrir à la grande faucheuse qui, funeste caméléon, prenait ce soir les traits d'un homme qu'il aurait pu appeler "mon frère".

La rapière du vicomte lui transperça l'abdomen; Guillaume goûta le sang gicler entre ses dents; il agrippa l'épaule de son meurtrier dans une dernière et sanglante étreinte...

Alors la seule épée qui eut jamais réussi de boire sa vie se retira de lui brutalement; Réthonde crut mourir une seconde fois...

La Terre tournait à une vitesse incroyable autour de lui : a peine s'il apercevait des silhouettes aux yeux curieux... C'était flou, et confus.

Il lâcha l'épaule de l'assassin et tomba à genoux devant lui, puis, allongé aux cotés d'Helena, posa sa tête sur son sein encore chaud....

Dans les soubresauts de ses ultimes convulsions, tordant son corps presque-cadavre, il fini de teindre de rouge la peau si blanche naguère...

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Dernière édition par le Jeu Jan 12 2006, 19:28, édité 3 fois
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Old_D'Artagnan
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Jeu Jan 12 2006, 16:44

Compétition de pavés! lol! Wink Ma seule réfléxion : très bon texte... un peu morbide, mais très bon! Wink Malheureusement pour Rhétonde, par contre, les salauds de papistes ont toujours la cote...

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Charles de Batz Castelmor

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Jeu Jan 12 2006, 17:53

Morbide ? Si tu lisais des témoignage de l'époque, tu serais completement insensibilisé !!
Je suis fascinée par cette époque, c'est dingue... on a atteint le sommum de l'horreur, et le pire, c'est que c'est pas une fiction !!

Oui lol, moi la papiste, ça m'a fait drôle de me mettre dans la peau d'un huguenot...
De toute façon faut dire qu'ils avaient pas le plus mauvais rôle dans l'histoire ces réformés...

Quant au texte, je continu d'éditer... et je ne m'arreterais qu'une fois pleinement satisfaite !
Là y a encore trop de subordonnées...

PS : quant à ton grand duc, moi je l'ai trouvé tres drole et pas snob du tout !! j'ai eu l'impression de me voir moi...
Alors hein, c'est pas con un grand duc !!

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Jeu Jan 12 2006, 18:23

*lève un petit doigt tout timide* Je peux verser une larme?! tears
C'est magnifique Eli! Vraiment! Magnifique! clap clap clap

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Jeu Jan 12 2006, 19:04

blush
merci beaucoup !
Enfin, j'ai édité, je trouve ça plus fluide pour la lecture maintenant...

Et oui, Sa Majesté vous autorise à sangloter, sous condition d'avoir l'exclusivité quant à la vente des mouchoirs...
Bah quoi ? J'ai besoin d'un peu d'argent de poche !

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Héloïse
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Jeu Jan 12 2006, 22:22

Hello! Alors à la demande de Pivoine, je mets aussi une de mes nouvelles que j’avais écrite dans un cadre scolaire…Je l’ai quand même un peu amélioré, on évolue en deux ans. Enfin bref, j’espère qu’elle vous plaira tout de même big grin

**********


Hier encore, j’attendais son retour. Une fois de plus, j’étais seule dans cette pièce dénudée de toute émotion, mais remplie de mes souvenirs. Son sourire d’enfant, ses yeux étincelants et le timbre de sa voix me manquent tellement! Ces doux moments qui n’ont été capturés que par quelques photographies viennent redonner à ma mémoire quelques bribes de sa vie, de notre existence…

Son absence a créé un vide dans ma vie. La seule personne pour laquelle je vivais, n’est plus. Je n’ai plus personne à aimer, et plus personne ne m’aime retour. Il était si jeune et gentil….Quand bien même il aurait été le dernier des voyous, il était mon fils.

En cette année 1941, je n’aurais jamais cru que mon enfant allait devoir me quitter pour servir son pays. Je n’oublierai jamais la fierté qu’il avait en me disant qu’il allait faire son devoir de citoyen. L’uniforme dans lequel il se pavanait lui donnait une toute autre allure : un air distingué et noble. Je l’encourageais, car pour moi, il était invincible. Mais au fond de moi, l’inquiétude et la tristesse me rongeaient le cœur. Son départ fut difficile, mais notre mère patrie l’appelait pour la défendre. Je l’ai serré longtemps dans mes bras, en lui disant que je l’aimais et qu’il devait être fier. Peut-être l’encourageais-je de la sorte pour diminuer la peur qui grandissait en moi. Mes larmes avaient coulé sur son uniforme, imprégnant une partie de mon âme dans ses vêtements. Jamais je ne voulais l’abandonner, jamais je ne l’avais oublié.

Je me souviendrai toujours de mois passés à écouter la radio, à suivre l’avancée de notre pays…j’étais si contente de savoir que mon amour d’enfant contribuait à nous libérer. C’est que sûr, pour moi, il reviendrait vite et rien ne l’en empêcherait!

Un matin comme tous les autres depuis qu’il était parti, un homme en uniforme sonna à notre porte. Ce n’était pas mon soldat, ce n’était pas mon fils. Cette personne se présenta comme étant un grand ami de mon garçon. Ravie de faire sa connaissance, je l’invitais à entrer, mais il déclina mon offre. À la place, il me tendis une enveloppe sellée de noir et une petite boîte de bois, puis s’en alla. J’ouvris la lettre pour commencer, mais ne pu la lire. Ma vision s’embrouillait de larmes, tandis que mes mains tremblaient toutes seules. Je ne savais que trop bien ce qu’allait me dire cette missive. Il était tombé, il était parti, il était mort, il ne reviendrait plus jamais…

Je pleurais pendant des semaines, mon âme était déchirée. La lumière de ma vie s’étaient éteinte. L’enfant que j’avais porté m’avait été arraché. Comment cela se faisait-il que personne n’ai songé que quelqu’un sur cette Terre l’aimait plus que tout, avant de l’abattre? J’étais prise dans cette dépression, tandis que tout se refermait sur moi. La noirceur avait envahi mes pensées, et je tombais dans un gouffre sans fin.

Cela fait maintenant trois mois que j’ai reçu l’acte de décès de mon fils. Ce bout de papier qui m’avait craché le nom de mon enfant au visage, sans pitié. Sa mort m’a donné cette force de combattre. C’est à mon tour d’aller tuer cette bande de chiens qui m’ont enlevé le fruit de mes entrailles. Je suis maintenant seule contre tous. Il faut que je les tue, ces salauds. Je suis une mère détruite, portant la vengeance de la mort d’un innocent. Je n’aurai de repos que lorsque je les aurai tous éliminés. Je comprends cette force que les hommes trouvent pour tuer. Elle vient du désespoir de quelqu’un qui n’a plus rien à perdre. J’avais déjà tout perdu, et maintenant, c’est moi qui vais les faire souffrir. Je dois les tuer, les faire hurler, les torturer, leur faire comprendre! C’est à mon tour de leur voler leur dernier soupir. C’est à mon tour de répandre leur sang, de leur enlever la seule dignité qu’il possédait. C’est à mon tour de faire souffrir leur proches, de rire sur leur cadavre. C’est à mon tour…

Dans cette pièce blanche et baignée de lumière, une femme se débat contre des soldats invisibles. Elle crie, elle pleure. Elle porte en elle la souffrance de tous ceux qui ont perdu un être cher injustement. Cette mère désormais seule se réfugie dans un monde bien à elle, dans lequel tuer ne veut plus rien dire, dans lequel tristesse et souffrances se mélangent pour créer une guerre à l’âme. Pendant que deux hommes habillés d’un blanc aussi pur que la couleur des murs lui passent une camisole de force, et qu’un autre lui injecte un somnifère, elle crie vengeance au monde entier

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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Jeu Jan 12 2006, 23:14

Raaaaah, c'est beau...snif snif... c'est triste par contre...J'espere que t'as eu full marks dessus pour le contenu!

Ca devrait faire comprendre a Harper que s'il intend mettre nos "troupes" en Irak aussi, il va avoir toutes les meres du Canada en train de rever de le faire souffrir au centuple....et nous savons tous a quel point les femmes peuvent etre cruelles...(reference a mon cours de psycho...ou c'etait ecrit noir sur blanc que les femmes etaient plus "mechantes" que les hommes...lolllll) demon Moi ne pas etre pour les Conservateurs? whistle

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Ven Jan 13 2006, 05:38

snif... le début c'est trop triste...
Enfin, console toi mamie-terminator-armaggedon, Il est mort pour la France ton gamin !
La France, n'est ce pas ?
Peuh, m'en fou, j'préfere pas le savoir...

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Héloïse
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Ven Jan 13 2006, 15:15

J'ai même pas eu de note tu te rends compte? Juste un commentaire qui me disais "Très belle chute, en relation avec le début"
Le "cahier d'inspiration" n'était pas noté sur tous les textes...

Sinon Éli, c'était fait exprès que je ne précise la patrie en question, parce que c'est quelque chose qui s'applique autant du côté des "bons" et des "méchants". Wink

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Old_D'Artagnan
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Ven Jan 13 2006, 15:34

Très beau texte, en effet... tears Finalement, je crois que je vais être gentil dans les égoûts... Wink

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Delphine de Valentinois
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MessageSujet: Re: Contes et Nouvelles...   Lun Jan 23 2006, 23:17

tu vas etre gentil aussi contre le crocodile qui vit ds les egouts? demon

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