1663 : Face aux Feux du Soleil

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 La dépendance de Chastignac

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Lun Mai 29 2006, 19:26

[Je suis désolée, mais on est plusieurs à se partager l'ordi mon cher Comte, et puis il y a les parents.....]

Gwenaël observa attentivement le combat qui se déroulait devant elle. Touche. Un mit étranger à son vocabulaire, mais la jeune fillle était toujours avide de nouvelles connaissances. Le Comte gagna. Pour elle, c'était évident, mais peut-être pas pour eux. Le Comte était mousquetaire ou ancien mousquetaire-cela se voyait-, mais Chastignac n'était pas pour elle une fine lame. Bien qu'elle ne le connaissait pas vraiment.

Un léger regard du Comte lui apprit qu'il semblait regarder sa monture. Celle-ci, bien que vieille, était sa plus fidèle amie, enfin son plus fidèle ami. Il devait avoir 14 ou 15 ans. Mais il était courageux. Comme elle. Elle espérat ne pas devoir s'en séparer, ou le plus tard possible.

Le plus enchanté semblait être Raoul, qui n'avait apparement pas perdu une goutte durant leur combat.

Les voyant partir du côé d'une petite rivière tranquille, elle devina sans difficulté ce qu'ils y faisaient. Elle marcha un peu dans le pré, près de sa monture, et accelérant lorsqu'ele celle-ci décidait de partir à un petit trot tranquille.

Les homes ne tardèrent pas à revenir, et Gwenaël s'arrêta de caracoler lorsque le Comte s'adressa à elle....

Citation :
- Nous devons aller à Paris, Gwenaël. Croyez-vous pouvoir faire toute la route à cheval?

Regardant son cheval, elle hocha la tête et répondit simplement.

-Je le pense, Monsieur!

L'idée de cette perspective enchantait son coeur, malgré une petite crainte qui fut bientôt refoulée au plus profond de son esprit. Pas question de gacher ainsi une chance de voir Paris!
Après que le Comte l'eut aidée à monter en selle, la jeune fille attrapa vigoureuselent les rênes de ses deux mains, retenant son cheval qui semblait comprendre ce qui se passait..

Citation :
- Dites-moi, Gwenaël, où se trouve donc votre propriété? Je crois qu'il serait sage d'y passer brièvement pour prendre de vos effets personnels. Pouvez-vous me dire aussi qui gère la maison et le terrain familial?

Elle se retourna vers le Comte pour lui répondre, désignant de sa main droite au loin.

-Ma maison n'est pas très loin d'ici. Elle se trouve par là-bas, vers le Nord. Je ne pense pas qu'il y ait grand chose que je puisse emporter, mais la revoir me fera du bien et me laissera un sentiment ridicule en repensant aux pareilles demeures que j'ai vu ici!
Euh...je suis seule à m'occuper de ma maison et des champs. Les seuls êrsonnes que je fréquente ne vienne que pour m'aider et leur parler m'est assez difficile.

Au fil de son discours, plusieurs émotions s'étaient reflétés sur son visage et dans ses yeux. Amusement, tristesse, gêne... Mais, étrangement, lorsqu'elle était ainsi, perchée sur sa monture, elle avait moins peur et se sentait beaucoup plus à l'aise.

Elle regarda consécutivement le Comte, Raoul, et Cahstignac qui était encore à terre, un léger sourire aux lèvres....
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Mai 30 2006, 04:14

Chastignac préférait ne pas écouter, ou faire mine de ne pas écouter, la conversation qui suivit. Gwenaëlle et le comte parlait entre eux de la vie privée de la demoiselle, trop d'auditoire pouvait la gêner _ il en avait déjà fait l'expérience dans d'autres circonstances _ en effet la jeune fille avait l'air facile à impressionner.

Aussi demanda-t-il simplement à voix basse une monture à son palefrenier, qui la prépara en un temps record. Bientôt le claquement sonore et caractéristique du pas tranquille d'un cheval que l'on mène sur le pavés de l'écurie parvint jusqu'aux oreilles de Chastignac, puis plus rien : on l'amenait sur le chemin.

Bientôt le souffle chaud de sa monture sur ses oreilles le fit faire demi-tour et enfourcher la bête d'une poigne ferme et décidée. Il la maîtrisa de suite et tout fut dit. Il n'avait plus qu'à attendre que La Fère donne le signal de départ.

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Comte de la Fère
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Mai 30 2006, 20:50

Athos acquieça d'un signe de tête à la réponse de la jeune fille. Il mit sa monture au trot et se dirigea vers l'endroit désigné, Gwenaël à son côté, et Raoul venant derrière avec Chastignac. La demeure était en effet peu éloignée, et en arrivant, Athos la détailla du regard. Il s'agissait d'un petite maison de campagne, bien entretenue et entourée de champs qui paraissaient bien fertiles.

Le comte descendit de son cheval et accompagna Gwenaël dans la demeure, laissant Raoul deviser gentiment avec Chastignac. La beauté et la simplicité des lieux le firent sourire. Partout où il posait le regard, il voyait le bon sens de l'organisation et les aptitudes de la jeune fille. Elle savait être une maîtresse de maison capable.

Il la laissa entrer seule dans sa chambre afin qu'elle aie le loisir de préparer son bagage en toute intimité. Il s'approcha de la cheminée du salon et posa le regard sur la peinture au dessus du foyer. Celui-ci représentait quatre personnes. Il n'eu aucun mal à reconnaître la petite Gwenaël, qui semblait n'avoir que cinq ou six ans au moment où la toile avait été peinte. Un charmant jeune homme de l'âge de Raoul était assis près d'elle, et debout derrière les deux enfants étaient les parents de la jeune fille. Athos détailla le visage de l'homme et de l'adolescent.

Juste à ce moment, la jeune fille sortit de la chambre portant un sac en bandoulière. Elle ne semblait pas posséder beaucoup de biens. Il lui fit un sourire affectueux et prit le sac de ses mains. Il nota mentalement qu'il faudrait lui faire confectionner de nouvelles robes lorsqu'ils seraient à Paris.


- Êtes-vous parée, Gwenaël?

Sur son assentiment, ils quittèrent la maison, et tandis que la jeune fille verrouillait à double tour, le comte s'assura une dernière fois de la sécurité des lieux.

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Vicomte de Bragelonne
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Mai 30 2006, 20:57

Ils étaient enfin en route! Raoul, qui chevauchait près de Chastignac, ne pouvait s'empêcher de sourire de toutes ses dents tant il était heureux. Comme il lui tardait de revoir Paris, cette ville qu'il n'avait qu'entrevue la veille pour la première fois de sa vie!

Le petit groupe trotta jusqu'à la maison que Gwenaël disait être la sienne, et son tuteur et elle y entrèrent prendre les affaires de la jeune fille.

Le cheval de Raoul s'ébroua, ce qui fit rire le jeune homme. Il se tourna vers Adrien qui paraissait le regarder d'un air amusé.

- Cela promet d'être une journée magnifique, n'est-ce-pas, monsieur le comte? J'ai bien hâte d'arriver à Paris!

Comme pour approuver ces paroles, le cheval caracola de plus belle, mais Raoul, impertubable, resserra simplement son emprise sur les rennes en cavalier accompli. Il avait opéré cette manoeuvre sans y penser, presque par instinct.

- Connaissez-vous le lieutenant d'Artagnan?

Il poursuivit sur un ton admiratif.

- Monsieur le comte m'a dit que lui et Monsieur d'Artagnan se connaissaient depuis des années, et qu'ils avaient fait la guerre ensemble. Il m'a raconté qu'il avait trois amis proches jadis, et qu'ils l'étaient à ce point que les gens les appelaient "les quatre inséparables". Ils avaient même une devise de ralliement, que le comte m'a apprit : "Tous pour un, un pour tous!" Ils ne juraient que pour le roi, la reine et leur grande amitié. À Paris, je veux en tous points me conformer à cette devise et à leur cause. Je souhaite plus que tout faire honneur à mon tuteur et servir honorablement Sa Majesté, que Dieu aie en Sa Sainte Garde!

Disant ces mots, Raoul ôta respectueusement son chapeau. Il répétait là une formule qu'il avait souvent entendu prononcée par le comte de la Fère.

Au bout d'un moment, Athos sortit de la maison portant un sac au bras. Pendant qu'il faisait un bref tour de la maison, Gwenaël sortit et ferma la porte à clef. Le comte attacha le sac sur la selle du cheval de la jeune fille, et aida celle-ci à remonter en selle. Il fit de même prestement. Avec joie, Raoul rendit brusquement les rennes à sa monture qui, sentant qu'on lui lâchait la bride, rua de belle manière et bondit en avant au triple galop. Athos le regarda faire un peu étonné, éclata de rire pour la deuxième fois de la journée, et piqua de même à la suite du vicomte.


- Attendez-nous, jeune impatient! le tança-t-il en riant toujours.
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mer Mai 31 2006, 12:36

Gwenaël talonna joyeusement son cheval. Elle était bien sur son dos. Celui-ci entama un petit trot, et la jeune fille se laissa bercer au rythme des claps-clops sur les pavés...jusqu'a ce qu'ils arrivèrent au niveau des champs. Ils passaient par où elle était venu, ayant retrouvé ses propres traces.

Reconnaissant la maison, sa monture accéléré un peu pour partir à un petit galop tranquille, ce qui arracha un sourire et un léger rire à sa maîtresse. Se redressant, elle l'arrêta devant la maison et descendit souplement de la bête. Puis elle entra dans son habitation, accompagnée du Comte...

Un moment, elle se perdit dans ses souvenirs en voyant le salon, la cheminée. Allant dans sa chambre, elle prit deux trois affaires qui lui semblait utiles. Vêtements, matériel de couture...

Ensuite, elle se changea et enfila une tenue plutôt cavailière, mais qui restait convenable à une femme. Elle découvrit le Comte observant la peinture la plus chère à son coeur. Son plus jeune frère se trouvait à coté d'ele, et on voyait que la petite fille semblait bizarre.

Le Comte prit son sac.

Citation :
- Êtes-vous parée, Gwenaël?

-Oui, Comte!

La jeune fille le suivit au dehors, mais jetta tout de même un dernier regard avant de sortir...
Une fois dehors, elle s'avança vers son cheval, et avant que le Comte ne vienne pour l'aider, elle se hissa aisement sur sa monture et prit fermement les rênes...

Le Vicomte partit aux triple galop! La Fère fit de même, et la jeune fille échangea un regard avec Chastignac avant de faire de même et de lancer son cheval..
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mer Mai 31 2006, 13:18

Louise de Frenolec qui avait profité de son escale à st germain pour descendre en provence chez son cousin Etienne de Vastignac et qui remontait vers fontainebleau après avoir passé4 jours dans le sud croisa la petite troupe pendant qu'elle parlait avec sa suivante dans sa calèche ,elle salua la troupe d'un petit signe de main car elle avait reconnu la de nobles gens.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Jeu Juin 01 2006, 17:54

[Dit moi Louise ça te fatigue pas un peu d'être partout à la fois?]

L'excitation du vicomte ne se voyait pas seulement dans son regard pétillant, mais également dans sa façon bien à lui d'utiliser sa langue : il parlait, il parlait, il parlait sans jamais s'interrompre.

En effet, on avait fait un détour par la mansarde de Gwenaëlle, car La Fère, dans sa magnanimité, avait proposé à la petite de réunir ses quelques guenilles aux attaches sentimentales avant de partir pour Paris. Et là, alors qu'il partait aider la jeune fille, Chastignac et le vicomte se retrouvèrent seuls.

Adrien n'était pas d'un naturel silencieux, mais disons que sa conversation était loin de convenir à un jeune homme exalté, ou encore à un jeune homme bien élevé. Bragelonne était les deux à la fois, aussi gardait-il le silence en se noyant dans ses pensées, le regard vitreux attaché à la porte d'où venait de disparaître leurs deux compagnons.

Il ne répondit donc aucunement au Vicomte, qui d'ailleurs ne semblait pas attendre de réponse, débitant ses paroles sans même penser à respirer. Il lui sourit simplement.

Enfin son tuteur revint, aida Gwen à monter, et la joie du gamin se matérialisa en une autre forme : il piqua son cheval qui piqua un galop comme piqué par un moustique.

La Fère était amusé et le suivit, talonné par Gwen.

Chastignac sourit en pinçant les lèvres et éperonna à son tour les flancs mousseux de son destrier. Il fonça à leur suite, mais Chastignac était ailleurs....

Paris... me revoilà...

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Comte de la Fère
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Ven Juin 02 2006, 21:48

(HRP: C'est encore un peu gnangnan, désolée Eli... Mon petit côté protecteur qui ressort... rolling eyes )

Entendant la demande d'Athos, Raoul ralentit son pas et attendit les autres, qui ne tardèrent pas à le rejoindre, son tuteur le premier. Athos le regarda d'un oeil sévère, le rappelant ainsi à l'ordre. Cette conduite n'est pas celle d'un gentilhomme, semblait dire le regard. Raoul rougit quelque peu sous le muet reproche, mais déjà le comte avait repris son air serein. Athos laissa la jeune demoiselle le dépasser et galoper à côté de Raoul, tandis que lui-même demeurait à l'arrière à côté de Chastignac.

Le jeune homme semblait perdu dans ses pensées, sombre même. Athos l'observa un moment d'un oeil doux. Il se rappelait les détails de leurs conversations, ses réactions un peu étranges à ce qu'il avait dit, ses sous-entendus... Le comte pressentait de grands bouleversements dans la vie de ce jeune homme, et il sentit un frisson lui parcourir l'échine.


À ce moment-là, un carosse passa auprès d'eux, duquel une jeune fille leur envoya la main en souriant. Athos, courtois, salua en retour en soulevant son chapeau brièvement, attendit que le carosse se fut éloigné sur la route, puis s'approcha d'Adrien, sur lequel il porta un regard plein de paternelle sollicitude.

- Que s'est-il passé exactement à la cour, comte?

Il avait posé cette question d'une voix douce, comme lorsqu'il s'adressait à Raoul lorsque celui-ci était troublé ou malheureux. Le jeune comte sembla pâlir, puis rougir plusieurs fois successivement.

- ... Êtes-vous tombé en disgrâce auprès de Sa Majesté?

Il laissa au jeune homme tout le loisir de se recueillir. Conscient qu'il ne le connaissait que depuis la veille, Athos n'était pas du tout certain que le jeune comte lui ferait confiance. Aussi attendit-il patiemment, prêt à écouter si Adrien se confiait à lui.

Malgré le galop des chevaux, il posa une main paternelle sur le bras d'Adrien.

- Quoi qu'il en soit, quoi qu'il arrive, je veux que vous sachiez que vous pouvez toujours compter sur mon soutien et mon amitié, Chastignac.

Raoul, se retournant pour regarder les deux hommes qui galopaient derrière, ralentit quelque peu pour se venir placer de l'autre côté de Chastignac. De cette façon, Adrien se trouvait entre le jeune vicomte, qui lui souriait comme à un frère ainé, et son tuteur, qui lui offrait le soutien d'un père et la sollicitude d'un ami.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Lun Juin 05 2006, 07:16

Adrien ne surpris pas le regard d'Athos adressé à son pupille, mais vit très bien l'effet produit sur celui-ci...
Aussi, lorsque le comte ralentit d'un coup de rênes l'allure de son cheval pour se poster à ses côtés, Adrien lui adressa un sourire qui semblait lui demander de l'indulgence. Ce n'était qu'un enfant, après tout.

Mais La Fère était intrigué de bien autre chose :

- Que s'est-il passé exactement à la cour, comte?

Et le sourire du dit-comte se glaça aussitôt. Que pouvait-il répondre? Qu'avait-il le droit de répondre?
Adrien se sentait un penchant amical et confiant pour son hôte d'une nuit, et cependant, il ne le connaissait que d'une nuit.

Adrien évita le regard d'Athos pour se plonger dans la contemplation de son pommeau de selle.

- ... Êtes-vous tombé en disgrâce auprès de Sa Majesté?

Adrien eut le souffle coupé. C'était donc si voyant? Sans doute, il n'avait pas été assez discret... Chastignac n'était qu'un rustre, rien de ce qu'il faisait n'était ni timoré, ni raffiné, et surtout pas en présence de personne qui lui paraissaient sympathiques.

- Quoi qu'il en soit, quoi qu'il arrive, je veux que vous sachiez que vous pouvez toujours compter sur mon soutien et mon amitié, Chastignac.

Cette phrase aurait eu le don de lui délier la langue, si Raoul ne s'était pas approché à cet instant précis. Adrien était entouré de bonté, mais il sentait son secret bien lourd à porter et aurait préféré avoir une bonté de moins au coté.

Le comte observa quelques secondes durant Athos avec des yeux suppliants, puis lâcha d'une main les rênes. Il souleva lentement le pan de sa chemise gauche, calquant ses mouvements sur les longues foulées de son cheval.

Il dévoila ainsi au seul regard de La Fère une plaie refermée mais rouge encor d'une infection mal soignée.


-Ceci, comte, commença-t-il tout bas, c'est un petit cadeau d'un grand personnage de la Cour.

Il remit sa chemise sous sa ceinture et jeta un rapide coup d’œil inquiet à Bragelonne, conscient d'avoir peut-être piqué sa curiosité par de tels ménagements, puis reprit :

-J'ai préféré m'exiler, et j'ignore quelles mesures ont été prises après mon départ, pour moi qui n'était qu'un pauvre courtisan sans le sou, et sans protection.

Mas déjà la ville prenait forme au loin, des centaines de toits émergeant de la brume comme les écailles d'une tortue multicolore.... et Chastignac interrompit son récit par énigmes, enigmes mal faites, certes, énigmes de rustre, mais énigme assez énigmatiques pour n'être comprises que de celui qui aura vu le dit présent. Pauvre Chastignac qui ignore encore que de telles manières n'auront que le don de choquer un gentilhomme!

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Comte de la Fère
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Juin 06 2006, 18:58

(HRP: c'était à prévoir... accrochez-vous, la brique arrive! big grin )

La présence du vicomte à leurs côtés embarassait visiblement Chastignac, déjà ébranlé par les questions d'Athos. Le comte fit un signe discret à son pupille par-dessus l'épaule d'Adrien.

- Raoul, je vous prie, allez tenir compagnie à mademoiselle Gwenaël, qui est seule devant nous.

Le garçon regarda Athos, puis Adrien, hocha silencieusement la tête et accéléra quelque peu le pas de son cheval, se retrouvant de nouveaux aux côtés de la jeune fille, et légèrement hors de portée de voix.

À ce moment-là, Adrien dévoila au comte une plaie à ses côtes, inflammée d'infection. Le visage d'Athos prit une teinte de cire à cette vue.


- Ceci, comte, c'est un petit cadeau d'un grand personnage de la Cour.

- Parbleu, mais... On a tenté de vous assassiner?

Le jeune homme replaça sa chemise, ayant l'oeil sur Raoul.

- J'ai préféré m'exiler, et j'ignore quelles mesures ont été prises après mon départ, pour moi qui n'était qu'un pauvre courtisan sans le sou, et sans protection.

Athos écoutait le jeune homme en silence, le coeur battant la chamade. La figure écarlate d'Adrien, qui devait sans doute éprouver la pire humiliation de son existence, lui faisait peine à voir, et cette blessure... Athos ne se contint plus.

- HOLÀ, devant! Raoul et Gwenaël, arrêtez-vous, nous faisons halte!

Le comte pouvait distinctement voir les toits des premières maisons de la ville, mais à ce moment il n'en avait cure. Il aperçu une petite clairière sur sa droite et, piquant des deux, il s'y dirigea, suivi de ses compagnons. Il sauta à bas de sa monture comme un jeune homme de vingt ans, et attrapa dans le mouvement une besace de cuir sombre accroché à sa selle.

- Je n'en ai que pour peu de temps, jeunes gens, je dois... me délier les jambes quelque peu. Raoul, demeurez ici avec Gwenaël, je vais faire quelques pas dans la forêt avec le comte.

Le comte avait horreur de mentir, mais en la circonstance...

Lorsque Chastignac eu descendu de sa monture, Athos prit son bras, feignant d'y prendre appui, mais en réalité soutenant le comte et le guidant pendant quelques instants entre les arbres. Il s'assura qu'ils étaient suffisamment avancés derrière la verdure, puis il s'arrêta, faisant face au jeune homme.


- Ici, comte, personne n'entendra ce que vous voudrez me dire, hormis le Créateur Tout-Puissant. Vous pouvez parler en toute confiance. Et laissez-moi examiner cette blessure.

Le comte fit asseoir le jeune homme sur une souche d'arbre près d'un ruisseau clair, le laissant défaire ses aiguillettes et ouvrir sa chemise à nouveau. Il mit un genou en terre et examina la plaie d'un oeil critique.

- Dites-le-moi si je me trompe, mais cette blessure a été faite à l'aide d'une dague, qui a dévié sur vos côtes, n'est-ce-pas?

Il attendit la réponse du jeune homme, continuant d'examiner la peau boursouflée, singulièrement chaude sous son léger toucher.

- La plaie n'a pas été épurée en profondeur, et pire encore, morbleu! Elle a été cautérisée avec un fer de lame, non?

Athos sentait la colère l'envahir tandis qu'il écoutait le réçit du jeune homme. Il lava soigneusement ses mains, puis ouvrit la grande sacoche de cuir qu'il avait apporté, et qui contenait sa trousse médicale du temps de l'armée. Durant ces années où il avait fait la guerre, il avait appris, souvent à la dure, comment soigner des plaies importantes.

Les instruments étaient en parfait état et rutilants de propreté, Athos prenant un soin extrême de son matériel. Il prit une petite fiole au fond du sac et la tendit à Adrien.


- Buvez-en un bonne gorgée, comte. Il faut nettoyer votre blessure, et je ne pourrai le faire autrement qu'en la réouvrant, malheureusement. Et ce sera sans doute très douloureux.

Cette substance qu'il faisait boire là au jeune homme l'engourdirait quelque peu, mais ne serait sans doute pas suffisante pour enrayer toute douleur durant l'intervention. Athos pinça les lèvres à cette pensée. Mais il n'avait pas le choix, s'il laissait la plaie telle quelle, Adrien succomberait à l'infection.

Lorsque le jeune homme eu prit une bonne lampée, il attendit quelques instants, le temps que le liquide fasse son effet. Pendant ce temps, il prit une fine lame d'un étui garni, et versant quelques gouttes de vin dessus pour la stériliser, il revint au jeune homme. Doucement, il appuya le tranchant de son scalpel sur la peau, et d'un mouvement préçis, assuré, ouvrit la plaie à l'endroit exact de la première coupure. Prenant un linge propre dans la besace, qu'il trempa dans l'eau du ruisseau, il entreprit de désinfecter la plaie vive, s'y prenant avec la plus grande douceur, mais se doutant bien de la douleur que devait ressentir le pauvre jeune homme.


Au bout de quelques minutes difficiles, la coupure était saine, et gorgée d'un sang oxygéné et réparateur. Athos se relava soigneusement les mains, puis déchirant de larges bandes dans une de ses propres chemises de lin blanc, il banda le torse du jeune homme avec expertise. Enfin, il prit le dernier linge propre de sa besace, la mouilla d'eau fraîche et tamponna le front et les tempes moites de sueur du jeune comte.

- Vous avez beaucoup de courage, comte. Peu de jeunes gens de votre âge peuvent se vanter de votre vaillance... Dire qu'hier seulement, vous vous acharniez à soulever un homme dans cet état!!!

Il lui fit un sourire, puis l'aida à se relever et à faire quelques pas. L'effet de la boisson absorbée devait déjà s'estomper, mais le comte garda le bras d'Adrien sous le sien, continuant à le soutenir, non plus pour le stabiliser, mais pour lui assurer une présence consolatrice.

Ils étaient demeurés dans le bois une quarantaine de minutes lorsque finalement ils en ressortirent.


- Nous pouvons repartir, dit-il simplement aux autres sans plus s'étendre sur le sujet.

Athos tint l'étrier du jeune comte pour qu'il puisse plus facilement remonter. Il rattacha sa besace à sa selle, et tandis que Raoul tenait l'étrier pour Gwenaël, il remonta sur son cheval, pensif.

Quelque dix minutes plus tard, la petite troupe entrait dans Paris.


(HRP: Suite dans "Souvenirs" dans les rues de Paris... Lorsque tu auras répondu, Eli! big grin )

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Jeu Juin 08 2006, 08:55

-HOLÀ, devant! Raoul et Gwénaël, arrêtez-vous, nous faisons halte!

Si Chastignac aurait été cardiaque, nul doute qu’il aurait trépassé. Il regarda furtivement Athos en agrippant convulsivement ses rênes : il était devenu tout blême et de la sueur perlait de son front. Allons bon, que lui préparait La Fère ? Ne prendrait-il pas toutes ces confidences derrière l’éventail un peu trop au sérieux ?

Puis, sans qu’il ai son mot à dire, le comte l’entraîna à l’écart, le soutenant comme s’il était malade et que ses jambes allaient flancher sur l’heure. Il avait cependant bien réussi à monter à cheval, mordious !
Peut-être que si Chastignac n’avait point peur de cette réaction pour le moins… vive, il aurait rit, amusé et touché à la fois d’une telle inquiétude à son égard.

-Ici, comte, personne n'entendra ce que vous voudrez me dire, hormis le Créateur Tout-Puissant. Vous pouvez parler en toute confiance. Et laissez-moi examiner cette blessure

Ayant dit ces mots, Athos posa ses mains d’homme mûr sur les frêles épaules d’Adrien, et de force le fit asseoir. Le pauvre Chastignac restait les yeux rivés sur son interlocuteur, incapable de comprendre tout ce qui lui tombait dessus d’un coup, et encore moins de résister à une telle pression sur ses épaules.

Ses mains dégrafèrent sa chemise comme un automate, tandis qu’il n’osait plus baisser les yeux du visage de l’ancien mousquetaire…

- La plaie n'a pas été épurée en profondeur, et pire encore, morbleu! Elle a été cautérisée avec un fer de lame, non?

Adrien se sentit défaillir, et posa la main sur la souche qui le soutenait bien gentiment. Le comte finirait par tout connaître de lui sans qu’il ai besoin de lui dire quoi que se soit.
C’était bien comique, tiens ! Oh, oui, bien comique !
Adrien se ressaisit :


-Non… on a pas eu le temps de la cautériser tout à fait…

Chastignac se prit à sourire en repensant au bon coup de poing qu’il avait offert à Jeanne en souvenir de lui…

-Ecoutez, comte

Commença-t-il en redevenant maître de lui-même : il se releva , oubliant sa situation ridicule d’homme à moitié nu.

-… je crois qu’il est temps de repartir… c’est ma jalouse de maîtresse qui m’a fait ça, mais étant promise à un duc, elle fut sauvée et pas moi.

Athos ne sembla pas comprendre que Chastignac cherchait à se sauver, quelque part, et continuait à s’affairer sur des dizaines d’instruments de torture.

-Buvez-en un bonne gorgée, comte. Il faut nettoyer votre blessure, et je ne pourrai le faire autrement qu'en la réouvrant, malheureusement. Et ce sera sans doute très douloureux.

Quoi ? Athos aurait dit « assis !! » que Chastignac n’aurait pas réagis différemment : il s’assit, donc, regardant la fiole d’un œil incrédule. Mais bon dieu, qu’est ce qui lui tombait dessus ? N’avait-il pas été soigné par un medecin ? Apparemment, ça n’avait servis à rien…

Décidément, se dit Chastignac en buvant, il le mériterait bien, ce surnom de « mister pas de bol » ou encore « Jean-foutre la cicatrice » . Mais à peine eut-il le temps de dire ouf, que La Fère scalpelisait déjà son pauvre corps meurtri déjà à multiple endroit.
Adrien, un peu groggy, (fichtre, qu’est ce que c’était que cette boisson ?) ne souffla mot, mais tendit les muscles, et surtout les abdos. Il avait une terrible envie de frapper…

- Vous avez beaucoup de courage, comte. Peu de jeunes gens de votre âge peuvent se vanter de votre vaillance... Dire qu'hier seulement, vous vous acharniez à soulever un homme dans cet état!!!

C’était déjà fini ? Les yeux dans le vague, encore sous l’effet de la drogue, Chastignac ne répondit pas mais fit un joli sourire ironique à son soigneur.
Oui, hier encore, il se croyait guéri… hier encore, il ne sentait quasi rien à l’endroit de sa blessure, et hier encore… merde !
Tu parles de vaillance, toi !

Adrien se releva en empoignant d’une main le bras tendu d’Athos, de l’autre appuyant sur son ventre.
Tous deux firent quelque pas, encore une fois comme un docteur aide son malade… Sauf que cette fois, Chastignac avait vraiment mal…
Peu à peu il s’assurait la recrudescence de tous ses sens, des fourmis lui chatouillaient les jambes, Dieu faisait du tambour sur son crâne et les fourmis qui avaient réussi à atteindre son torse mordaient allègrement sa chair à l’endroit de sa blessure… heinhein

- Nous pouvons repartir

Hum ? Déjà ? Chastignac fit l’effort de remonter sur son cheval avec l’aide de La Fère et d’une bonne grimace : il ne broncha pas.
Les fourmis avaient disparu de ses jambes et le Tout Puissant commençait peu à peu à se lasser de faire de la batterie, par contre sa chair qui partaient en lambeaux sous des coups de mandibules féroces, ça, non, ça restait.

Mais déjà le cheval de Chastignac le faisait passer sous les portes de la ville, les sabot claquant et résonnant sur les pavés : on entrait dans la grosse tortue.

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Jeu Juin 08 2006, 17:04

(HRP: tears je ne suis pas un tortionnaire, morbleu! çà, mais tu vas me faire sentir coupable, Chastignac!)

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Jeu Juin 08 2006, 19:50

[MDR!!! Tu sais que j'ai dû relire deux fois ta phrase avant de comprendre que tu ne voulais pas dire "je ne suis pas fonctionnaire" mdrrrrrrrr
Bref je me suis beaucoup amusée à faire ce message, et oui, tu peux pleurer, à cause de toi j'ai pas passé mon temps à réviser ! whistle Oui, oui, tout à fait, c'est rien que de ta faute! LoL! Bon, je suppose qu'il faut que j'aille répondre en ville? C'est parti!! ]

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Ven Juin 09 2006, 05:51

Nan... vais pas pleurer... tears ... vais t'étrangler à la place! scrunch

RAAAAAH ingrat! n'ai-je pas déchiré une de mes propres chemises hors de prix pour te faire de la charpie????? mdrrrrr en passant, t'as pas fini avec La Fère, parce que là y va s'occuper de renouveler ton pansement en plus, niark niark! demon demon demon

bon, je floodes un tantinet trop, m'en vais avant de me faire assommer... Razz Mr. Green

*se sauve en courant

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