1663 : Face aux Feux du Soleil

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 La dépendance de Chastignac

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Jeanne C
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Sam Avr 15 2006, 10:57

[HS Bon je me lance Wink ]

Elle revint dans ce couloir fleuri de son pas assuré. Elle devait oublier cet incident et reprendre à zéro. Elle espérait qu'elle ne lui en voudrait pas trop. Bien sur sa réaction avait été idiote, croire des choses pareilles. Ah c'est l'amour qui nous rend aveugle... Puis la jeune dame apparut du salon, mine inchangée comme si rien ne s'était passé. Jeanne se sentait un peu confuse. La laisser seul dans une si grande demeure ne se faisait pas. Pas par peur qu'elle vole quoique ce soit. Mais par peur qu'elle se sente incomodée.

- Je suis désolée madame de ma conduite et je tiens à me faire pardonner. Je suis Jeanne Cabellion, la soeur de...

Elle ne tenait pas à présenter son privilege, ca serait aussi incomodant de dire qu'elle était la soeur du maitre des lieux. Elle changea ainsi de sujet:

- .. enfin bref. Ma conduite était impardonnée. Espérant un jour que vous aurez de quoi me pardonner?

Elle se sentait toute génée et éspérait par cette occasion connaitre le nom de celle en qui elle devait etre redevable... Bien sur il avait entendu de la bouche du comte qu'elle s'appellait Gwenaelle, mais cela faisait meilleur effet lorsque la personne se présentait elle meme...
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Ven Avr 21 2006, 23:07

Chastignac se frotta les yeux avec son pouce et son index... Il n'y comprenait plus rien. Ah! Les femmes...

Bon, puisqu'elles semblaient faire connaissance tranquillement toutes les deux!
Il fit un sourire discret à Gwen, du genre "je vous laisse entre filles"...

Et en effet, il sortit à pas de loup de la demeure, respira un bon coup de l'air frais, bombant le torse.
La porte claque d'elle-même derrière lui, et Adrien ne se retourna pas. Au contraire, il avança de quelques pas, des petits pas qui devenaient de grandes enjambées grâce à la pente du terrain.

Il suivait le chemin de terre, que pouvait-il faire d'autre? Les rayons du soleil couchant l'aveuglaient, passant au travers des branchages des oliviers, et semblaient s'être concertés à se concentrer sur la figure du malheureux.

Malgré cette pseudo-cécité , une silhouette en contrebas n'échappa pas à l’œil du comte, qui mit sa main en visière. C'était une ombre d'homme qui déambulait parmi les herbes et les fleurs, seul, et... perdu?

Chastignac prit le parti d'aller voir cet homme, car c'en était un, pas de doute, et d'aviser ensuite.



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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 09:14

-Mademoiselle Cabellion! Gwénaëlle!

Héla le comte tout heureux en ouvrant la porte en grand. Il avait un peu courut pour devancer ses invités, et les regardait avec un oeil pétillant.

-Je vous amène du monde!

Chastignac criait à leur intention, et eut l'étrange impression de les avoir quittées il y a quelques secondes seulement. Elles n'avaient point bougé, comme enracinées à leur place.

-Faites leur honneur s'il vous plait, ce sont des grands hommes.

Et justement ces grands hommes, ces nobles seigneurs arrivaient, le cheval où se dodelinait Racine en main.

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 10:17

Ayant laissé les chevaux à quelques pas de l'entrée, Athos avait de nouveau pris Racine, toujours inconscient, dans ses bras, et avait suivi Chastignac et Raoul dans la demeure.

- Il faudrait allonger ce jeune homme dans un lit et éponger son visage avec de l'eau fraîche.

Il aperçu deux jeunes femmes qui semblaient surprises de le voir. Il les salua d'un sourire poli et d'un petit signe de tête.

- Bonsoir, demoiselles.

Il vit un salon attenant à l'entrée, et alla étendre le jeune homme sur l'un des fauteuils. Raoul se tenait dans l'embrasure de la porte d'entrée, soudain timide à la vue des deux jeunes femmes. Athos sourit en secouant un peu la tête, et fit un signe au jeune homme.

- Allons vicomte, venez saluer ces dames comme il convient à un gentilhomme de le faire.

Raoul rougit, mais s'avançant légèrement, il ôta son chapeau et s'inclina avec grâce et politesse.

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Jean Racine
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 10:27

Etait-ce les soubressauts du cheval et le fait que sa tête soit légèrement secouée par eux qui fit que Racine reprit ses esprits ? Nul ne le sait et surtout pas lui... Car quand nous parlons de reprendre ses esprits, c'est un bien grand mot ! Disons plutôt que l'Ecrivain émit un son, rauque, de quelqu'un qu'on dérange en plein sommeil.
Cependant, se croyant encore plongé dans un rêve, se rendant également à l'évidence que ses paupières seraient trop lourdes à soulever -peut-être était-ce une fuite devant l'évidence plus que "frappante" de sa perte de mémoire- il demeura de stature identique à ce qu'il était encore quelques minutes auparavant.

Malgré toute cette précaution qu'avait son inconscient à étouffer le jugement du jeune homme, l'esprit de ce dernier se réveilla et se remit à fonctionner à vive allure. La migraine reprit également sa place ce qui occasionna un nouveau murmure, plus fort que le précédent, un son défensif.
Encore bien loin d'un état d'homme pleinement revenu dans le Monde des Vivants, Racine était happé par cette effroyable date qui revenait le hanter. Octobre 1663... Que s'était-il passé entre ses plus récents souvenirs et aujourd'hui ? Pourquoi le visage du Comte ne lui disait toujours rien ? Pourquoi cette maison restait une terre étrangère ?

Puis, comme l'humain est bien fait et qu'il se garde souvent de tomber dans la folie profonde, le Dramaturge se raccrocha à cette idée : C'était impossible ! Cet espoir fit qu'il se sentit tiré du gouffre où il s'était effondré. C'était comme si l'air revenait dans ses poumons, plus vif, plus intense. Il toussa, se débattit légèrement, fronça même des sourcils et, miracle, ouvrit les yeux. La lumière l'aveugla un moment mais c'est avec un sourire qu'il l'accueillit, certain de sortir de ce cauchemar, enfin !

La dure réalité s'imposa à lui aussi rapidement qu'il s'était réveillé. Il y avait encore tous ces gens inconnus autour de lui...
Il marmonna, dépité :


- Oh non...

Si seulement son évanouissement avait pu lui faire reperdre la mémoire ! Non content de cet état de fait, il referma les yeux.

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 10:43

Jean Racine a écrit:
- Oh non...

Athos s'approcha vivement du jeune homme, et posa délicatement sa main sur son front. Il fit une moue inquiète, puis s'adressant aux jeunes filles.

- Auriez-vous l'amabilité, mesdemoiselles, d'aller chercher des compresses d'eau fraîche, et un peu de vin rouge?

Reportant son attention sur le jeune malade, le comte cru que celui-ci délirait. Soudain très inquiet, il détacha les aiguillettes du pourpoint du dramaturge, pour faciliter sa respiration saccadée. Il regarda du côté du comte de Chastignac.

- Il faudra aller chercher un médecin, cet homme est en crise de fièvre cérébrale.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 11:16

Adrien se décala pour laisser le passage à Athos et à Racine qu'il portait habilement dans ses bras et le comte, observant la scène, tentait d'étouffer cet air admiratif qui avait sûrement parut ridicul à l'homme "de guerre".

Sans doute Saint-Aignan aurait vu cette lente marche d'Athos d'une autre manière... il aurait trouvé cela émouvant, peut-être, comparant cette attention avec celle d'un père qui vient border son fils endormi. Mais Adrien n'était pas poète.

Ainsi Chastignac souriait plutôt devant la déconvenue du petit Raoul, visiblement gêné en présence de femmes.

Le comte, secouant la tête d'un air amusé, vint fermer la porte et faire ses présentations.


-Mademoiselle Jeanne Cabellion, sœur du propriétaire du domaine, mademoiselle Arquambourg, sa demoiselle de compagnie... comte de La Fère, vicomte de Bragelonne et... Racine.

Le dernier nommé ouvrit alors les yeux, semblant répondre à la désignation de Chastignac. Celui-ci vint alors, désinvolte, au chevet du malade. Malheureusement, il n'y avait pas de quoi être détendu : il n'était pas sorti d'affaire et La Fère demanda un médecin.
Aussitôt Adrien repris un visage inquiet... il ne connaissait pas le moins du monde de médecin, et s'exposer ainsi pouvait s'avérer dangereux.
Il lança vers Jeanne un regard qui aurait pu dire "à l'aide"...

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 12:40

Gwenaël regardait toujours le Comte, mais voyant que celui-ci n'allait nullment prendre la parole, elle se tourna vers la dame, qui semblait en proie à une nervosité, une gêne. Elle comprit que cela dut avoir un rapport avec Monsieur le Comte...

Citation :
- Je suis désolée madame de ma conduite et je tiens à me faire pardonner. Je suis Jeanne Cabellion, la soeur de...

Gwenaël sourit lorsqu'elle ouit l'appellation "madame"...Mademoiselle serait plus juste. Mais elle ne répondit pas de suite, et se prit à réfléchir sur la toute dernière partie de sa phrase. Jeane Cabellion était forcément la soeur de Cabellion, Maitre des lieux, mais la jeune femme ne semblait pas vouloir la renseigner à ce sujet, et la jeune fille n'en dit rien..

"Vous obtenez déjà mon Pardon, Mademoiselle Cabellion. Je ne me suis pas présentée à vous, et bien que je crois avoir entendu Monsieur le Comte vous éclairer à ce sujet, je me nome Gwenaël Arquambourg."

Elle vit le sourire qui se voulait discret du Comte, et le lui rendit avant que celui-ci ne s'éclipse...

Il passa un long moment d'attente, ou aucune des deux femmes ne parla, se contentant de quelques regards.

Des appels se firent entendre au dehors, et Gwenaël se plaça de façon à voir qui arrivait. Le Comte. Il semblait heureux, et les observait avec un regard pétillant d'enthousiasme. Elle se demanda ce qui pouvait autant le faire se comporter comme un enfant qui venait d'avoir un magnifique cadeau! Quand le Comte eu expliqué la raison de son enthousiasme, la jeune fille se crispa, et fut comme prise dans le sol. Des hommes...encore...

Elle vit un homme entrer à la suite du Comte, et un second portant un troisième, inconscient. Le second homme leur fit un signe de tête, mais Gwenaël ne bougea pas, et se contenta de regarder ce spectacle pour le moins dur pour elle. L'autre semblait plus intimidé, et restait maintenant près de la porte d'entrée. Son compagnon le poussa presque à s'avancer vers Jeanne et Gwenaël, les saluant avec grâce, mais non sans un rougissement... La jeune fille regarda le jeune homme avant de se diriger doucement vers le salon-ne faisant cure du Comte qui faisait les présentations-où l'homme avait été déposé sur un fauteuil où le Comte et elle-même s'étaient trouvés il y a maintenant pour elle une éternité. Il sembla reprendre ses esprits un moment avant de replonger dans l'inconscience, ayant l'air de lutter contre la réalité. Malgré son éclipsement envers le jeune home rougissant, elle avait tout de même entendu les noms et titres des hommes...

Le Comte de la Fère-si elle avait bien compris-demanda à Jeanne ou elle-même des compresses d'eau fraîche et du vin rouge. Gwenaël n’aurait jamais osé prendre une décision devant tant de personnes en tant normal, mais voyant l’homme ainsi, elle traversa le salon à grand pas, et, se rappelant de la direction que le serviteur avait pris lors de leur discussion dans le salon, elle trouva finalement la cuisine. Une domestique se trouvait là, et Gwenaël s’approcha d’elle et lui demanda ce dont l’homme avait besoin. Elle était assez débrouillarde de nature, et, dans ce genre de situation, elle serait prête à faire tout le tour de la demeure si il le fallait, pour trouver ces compresses et du vin. Elle attendit un moment, mais ne prit pas la peine d’observer plus attentivement la cuisine, tournant sur elle-même pour passer le temps et éviter de penser qu’elle allait bientôt devoir retourner dans la pièce, où il y avait beaucoup...beaucoup d’homes à son goût ! La domestique revint enfin, ayant en main ce qu’elle avait demandée, et la jeune fille repartit alors en direction du salon, où il semblait ne s’être passé que quelques secondes. Elle s’approcha du Comte de la Fère, s’agenouilla près de lui et posa les compresses et le vin sur la table de salon...

-Voilà Monsieur le Comte !

Elle ne savait où elle avait été chercher le courage de lui parler, mais ne s’attarda pas dessus...Il y avait un malade qu’il fallait soigner d’abord....
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 14:15

Des pas, des voix, de l'angoisse, de la peur... Le froissement des robes, le contact de la main du Comte de la Fère sur son front... Des murmures, une légère brise venant de quelque part... La voix d'Adrien de Chastignac ! Tout ceci se mêlait habilement dans l'esprit de Racine mais cette seule voix vint briser le cocon dans lequel il était emprisonné !

Pourquoi l'Ecrivain ressentait-il une telle rancoeur envers ce jeune homme qui avait été si bon pour lui ? Certes, certes... Mais c'était aussi celui qui avait prononcé "Octobre 1663" ! Phrase aussi radicale qu'un bon coup de massue.

Ses pensées, c'était la seule chose dont pouvait user le Malade pour l'instant. Il était absolument incapable de bouger... Et surtout, il ne voulait ni ouvrir les yeux, ni parler. Les sens encore complètement embrumés, la seule cohérence qui s'imposait à lui était la suivante : Qu'on l'achève !
Il ne voulait pas revenir complètement à lui, il ne voulait pas parler à tous ces inconnus et surtout... Il ne voulait pas être en Octobre 1663 ! Quelle terrible vérité ! Quelle angoisse occasionnée. Racine avait un "trou" dans sa vie. Entre Juillet 1662 et Octobre 1663 ! S'il avait eu des forces, il se serait écrié : Bon Dieu ! 15 Mois !!! Pfioup ! Envolés ! Partis ! Néant, vide total ! Plutôt mourir que de vivre avec ça !

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 17:13

Gwenael Arquambourg a écrit:
Elle s’approcha du Comte de la Fère, s’agenouilla près de lui et posa les compresses et le vin sur la table de salon...

-Voilà Monsieur le Comte !

Elle ne savait où elle avait été chercher le courage de lui parler, mais ne s’attarda pas dessus...Il y avait un malade qu’il fallait soigner d’abord....

- Je vous remerçie, demoiselle, de votre promptitude.

Athos lui fit un sourire amical, paternel, s'apercevant de sa rougeur et de son trouble. Elle semblait mal à l'aise et inquiète. Il pesta contre lui-même en pensée pour avoir ainsi "hurlé" l'urgence de la situation du dramaturge. Il enleva son manteau et couvrit le torse découvert du jeune malade, dans un effort pour alléger le trouble qu'il voyait chez la jeune fille.

- Vous n'avez rien à craindre de la part d'un vieux soldat comme moi. Et mon pupille que voilà a reçu l'éducation d'un gentilhomme.

Le comte se tourna vers son jeune pupille, et lui fit signe de la main.

- Venez m'aider, vicomte, à ranimer ce pauvre jeune homme.

La dessus, après que la jeune fille se fut éloignée, il redécouvrit le jeune dramaturge, qui semblait de plus en plus agité. L'installant plus confortablement sur le fauteuil, il commença d'éponger son visage et son cou pour apaiser la fièvre, puis il lui souleva doucement la tête pour lui faire boire quelques gorgées de vin. Après quelques instants, il y parvint, et le jeune homme sembla se détendre quelque peu. Il passa les linges à Raoul et lui fit comprendre d'un signe de tête de prendre sa place. De lui-même, il alla ouvrir grand les fenêtres de la pièce pour faire entrer le plus d'air frais possible. Il regarda Chastignac avec un sourire amical.

- Comte, cet homme réagit plus favorablement lorsqu'il vous entend. Nous sommes étrangers et cela le trouble peut-être davantage encore. Pouvez-vous me dire ce qui a déclenché cette soudaine attaque? Je sais d'expérience que la fièvre cérébrale peut être occasionnée par un choc violent.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 17:35

[ LOLL ! ]

Adrien vit passer devant ses yeux des gens, des ombres, des silhouettes, des objets, des paroles, sans pouvoir bouger aucunement. Tout était trop rapide.

Athos prenait les choses en main aussi fermement et sereinement que le chef de bataille qu’il avait dû être. Chastignac, lui, se sentait grotesque, à être ainsi dépassé par les évênements alors qu’il était chez lui.

Gwenaëlle fut la première à réagir positivement aux ordres du comte, mais son malaise se sentait à une lieue. C’était vrai qu’à leur rencontre elle n’avait pas non plus été très tranquille, seulement Adrien l’avait oublié depuis, étant donné qu’elle agissait avec lui complètement libérée.

Il la prit à part alors qu’Athos recouvrait le torse nu du dramaturge, croyant trouver la signification du malaise de la jeune fille. Il l’attira dans le couloir où se trouvait encore Jeanne, pas du tout gêner de tenir le bras d’une autre femme que celle qui devait être sa presque « promise ».


-Ca va aller ?

Lui glissa-t-il à l’oreille, avant de retourner auprès du malade avec une œillade préoccupée de son coté. Un malaise était suffisant, deux sur les bras commençait à faire trop.

Racine eu un spasme en grognant, et le comte lui affirma que c’était sa voix qui le faisait réagir.


-Ah ? Euh… soit.

Adrien ignorait si c’était pour le faire parler qu’il lui posait cette question, afin que Racine entende la voix qui lui était connue, mais il y répondit, comme tout bon gentilhomme se devait de le faire.

-Et bien… Racine était de mes relations, et cependant je l’ai trouvé au bord du chemin sans qu’il veuille me reconnaître. Il m’a ensuite affirmé avec conviction que nous nous trouvions en 1662… Il a perdu connaissance lorsque je lui ai donné la date de ce jourd’hui.

Adrien était assez embarrassé, bien qu’il ai tourné le synopsis de la meilleure façon qui soit à son avantage. Malgré tout, il était coupable de quelque chose, il ignorait de quoi, mais il n’était pas tout blanc.

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 17:47

Adrien de Chastignac a écrit:


-Et bien… Racine était de mes relations, et cependant je l’ai trouvé au bord du chemin sans qu’il veuille me reconnaître. Il m’a ensuite affirmé avec conviction que nous nous trouvions en 1662… Il a perdu connaissance lorsque je lui ai donné la date de ce jourd’hui.

Adrien était assez embarrassé, bien qu’il ai tourné le synopsis de la meilleure façon qui soit à son avantage. Malgré tout, il était coupable de quelque chose, il ignorait de quoi, mais il n’était pas tout blanc.

- Ah! Je comprends. Il souffre d'amnésie, et cette nouvelle a dû avoir un impact foudroyant sur lui. Il faut user de beaucoup de délicatesse dans ce genre de situation.

Il regarda l'écrivain, dont les spasmes semblaient se calmer et sa respiration se normaliser.

- Réside-t-il près d'ici? Il faudrait penser à alerter les siens. Cet homme aura besoin de quelques semaines de soins attentifs et d'être suivi par un médecin compétent.

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Cabellion
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 18:52

[HS Dsl de vous briser dans votre élan messeigneurs mais vous comprendrez bien comme le dis si bien chasty on a une vie en dehors. Or j'arrive pas à caser un temps. J'ai déjà deux enroits où il fo que je réponde, mais promi je répondrais tout demain matin. J'hallucine j'ai jamais vu autant de poste en une journée dans le meme sujet. w00t
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Comte de la Fère
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mar Avr 25 2006, 20:02

HRP

Cabellion a écrit:
J'hallucine j'ai jamais vu autant de poste en une journée dans le meme sujet. w00t

Que voulez-vous, Monsieur Cabellion, le comte de la Fère est une personne assez loquace, et la situation était assez pressante... rolling eyes

C'est peut-être l'attrait de la nouveauté aussi... big grin ]

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Jeanne C
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mer Avr 26 2006, 08:26

Ainsi elle s'appelait Gwenaelle. Malgré sa volonté à la connaitre elle n'a put empecher le silence de s'installer. Elle aurait bien aimé en connaitre plus sur cette personne. Mais le comte revint assez promptement. Mais il revint avec un étonnant cortege. Deux hommes portaient avec lui un autre homme dont le visage restait dans l'ombre. Elle fit un pas vers la porte et le comte s'y dessina tout joyeux. Les deux hommes apparurent également. Ils portaient tous deux des épées à leur ceinture. Serait ce des soldats? Le Roy aurait il envoyé ses émissaires pour controler son ministre? Mais elle ne put voir qui était l'autre homme. Le comte fit les présentations meme si cela ne convenait pas à Jeanne.

Elle allait répliquer qu'elle voulait pas contraindre Gwenaelle a etre sa dame de compagnie. Elle meme l'avait été dans le temps et la vie n'avait pas été drole du tout. Elle en fut au bord de la déroute et de la mort. Elle qui n'avait rien et qui n'était rien. C'est vrai qu'il srait temps dés fois qu'on y pense à ca. Qu'on pense à ceux qui ne sont rien. Ne pas penser à leur soufrance de la misere, mais de la solitude. Elle avait eu un mari, mais cela s'arretait là. Maintenant qu'elle est devenu richissime par son frere, elle se la coule douce. Enfin elle n'y pouvait rien et c'est surtout pas son frere qui y changerait. Avec sa place de ministre, il ferait tout pour ne pas la perdre. Ah qu'il serait beau le jour où on prendrait enfin en compte l'existence de certains...

Elle remarqua soudainement qu'elle était resté immobile, on pouvait le dire elle était dans la lune. L'homme qu'ils avaient trainé était maintenant à terre. Tout n'était qu'agitation, tout le monde criait, courrait. Gwenaelle revint prestement avec un objet dans les mains qu'il donna à l'un des soldats. Elle se mit à rougir, de par son immobilité dans cette situation. Puis son regard s'attarda sur le visage du mourant. Et ses yeux s'agrandirent, choqué. Jean Racine! Mais qu'est ce qu'il avait qu'est ce qui se passe? Elle se rua donc vers sa silhouette et luui dit comme s'il était apte à répondre.


- Jean qu'est ce que vous avez? Que vous arrive t'il? Que lui arrive t'il?demanda t'elle enfin aux trois hommes

Lorsque l'un d'eux lui expliqua la situation et le voyant ainsi malade et qu'il lui fallait lui apporter des soins. Elle savait qui serait apte à le guérir. Un grand apothicaire d'une renommée incomparable logeait dans une des dépendances. Mais à cette heure là il devait manger au manoir. Mais elle ne courrait pas assez vite, surtout avec la robe qu'elle portait. C'est pourquoi elle s'adressa aux deux soldats de peur d'avoir une dispute avec le comte. Ce qui n'arrangerait en rien également.

- Messieurs, voyez vous l'emplacement du manoir? Que l'un de vous y court et demande Etienne Pasteur, s'il vous plait. Je ne vois que lui pour le guérir. Ici on est un peu loin de tout et le plus proche médecin se trouve à Paris meme. Pasteur est un apothicaire très réputé.

Il fallait faire vite. Jeanne ne voulait pas perdre Jean Racine. Pas parce qu'elle le considérait en tant qu'amant, simplement qu'elle ne voulait pas perdre un ami comme celui ci, et elle imaginait déjà la peine de son frere à cette nouvelle.

Les souvenirs lui revinrent en tete.Lorsqu'il venait à leur table, les rires, et les discutions qu'ils avaient eu. Elle était parti et elle le retrouvait ainsi mais qu'est ce qui s'était passé?
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Jean Racine
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mer Avr 26 2006, 10:00

On lui épongeait le front, on le faisait boire, on lui parlait... Ah ça, pour sûr, on s'affairait autour de Jean Racine ! Lui vivait ça de loin, comme s'il avait été encore à moitié inconscient. Son corps, en effet, ne lui répondait pas vraiment, bien qu'il n'en ressente aucune angoisse. Peut-être qu'il allait mourir, là, et que ce 1663 allait s'effacer à tout jamais...
La pensée de cette effroyable date fut étayée de la voix de Chastignac. Le Dramaturge émit encore un son étouffé accompagné d'un froncement de sourcils. Mais faites-le taire !

Il papillonna un moment des yeux, dévoilant un regard fiévreux mais les referma aussitôt. Il se trouvait toujours dans cette maison de fous ! Pourquoi ne pouvait-il pas se lever, courir et enfin s'échapper ? Retrouver sa famille, Paris et l'écriture de son Ode...
Sacrebleu ! L'Ode ! Il avait failli l'oublier ! Racine eut un sursaut nerveux et se redressa un petit peu en ouvrant les yeux plus facilement cette fois-ci. Seulement, il tourna la tête un peu trop rapidement ce qui lui donna l'impression d'avoir été propulsé dans un manège géant. Il essaya de lutter un instant puis se pâma une nouvelle fois... Ses esprits se perdirent en même temps qu'il retombait en arrière.


La Suite : La Dépendance de Racine

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Dernière édition par le Jeu Avr 27 2006, 22:28, édité 1 fois
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mer Avr 26 2006, 12:35

Adrien se passa la main dans les cheveux en se raclant la gorge, fixant le bout de son pied… En plein désarroi, il ne savait pas bien quoi faire… alors autant écouter Athos.

« Ah! Je comprends. Il souffre d'amnésie, et cette nouvelle a dû avoir un impact foudroyant sur lui. Il faut user de beaucoup de délicatesse dans ce genre de situation. »

Chastignac se mordit la lèvre. Alésia ? Azincourt ? Trafalgar ? Délicatesse ? Waterloo ? Connaît pô !

« Réside-t-il près d'ici? Il faudrait penser à alerter les siens. Cet homme aura besoin de quelques semaines de soins attentifs et d'être suivi par un médecin compétent. »

-Euh…

Adrien voulu répondre quand il se fit bousculer par Jeanne, qui venait juste de reconnaître Jean. Elle s’agenouilla, terriblement anxieuse, au chevet de Racine, toujours allongé sur son canapé. En voyant les yeux oscillants de la Cabellion, on avait l’impression que le dramaturge allait passer l’arme à gauche dans la seconde.

Au contraire, celui-ci ouvrit les paupières, avant de retomber dans son irréel sommeil. Chastignac se sentait ici comme un éléphant dans un magasin de porcelaine… Etait-il donc le seul à ne pas s’inquiéter pour Jean ? Il savait bien, lui_ ou il espérait bien, lui_ que le malade, de nature douillette, se retrouverait sur pied d’ici deux heures.

Jeanne demanda un apothicaire à l’un des invités, évitant du regard l’endroit où se tenait, silencieux, le pauvre comte qui attendait simplement que quelque chose se passe.

Les pauvres! Trouver un apothicaire dans un endroit inconnu?


-Ecoutez, je ne connais pas sa famille…

Commença-t-il, en désespoir de cause, mais il hésita ensuite, incertain devant tous ces regard soudain braqués sur lui comme des mousquets.

-Mais euh… Je connais bien son protecteur. Enfin, je connaissais. Je suppose que s’il a besoin de calme, Fontainebleau lui est déconseillé ? Il n’aura qu’a rester ici le temps de sa guérison…

Et voilà qu’il demandait l’autorisation de garder son ami chez lui à un étranger !

-Euh.. Mademoiselle Jeanne...

Commença-t-il avec le plus grand respect, en présence de tels hôtes.

-Je crois que vous êtes celle qui connait le mieux le manoir...

Il n'osait pas demander directement qu'elle aille chercher elle-même le medecin, mais il ne faisait qu'énnoncer une bien gênante vérité...

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Comte de la Fère
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Mer Avr 26 2006, 20:05

Adrien de Chastignac a écrit:
-Euh…

Citation :
Jeanne demanda un apothicaire à l’un des invités, évitant du regard l’endroit où se tenait, silencieux, le pauvre comte qui attendait simplement que quelque chose se passe.

Athos vit avec un brin de soulagement la demoiselle Cabellion prendre en main le jeune dramaturge. Il voyait Raoul de plus en plus fatigué, et lui même n'en menait pas large. Malgré son apparente énergie, il ressentait les effets de plusieurs jours de chevauchée et des émotions récentes. Il sourit tendrement à son jeune pupille lorsque celui-ci ne put se retenir de baîller.

Le comte de Chastignac semblait en plein désarroi, devant cette situation difficile. Il s'approcha gentiment du jeune homme et posa une main sur son épaule.

- Je suis désolé d'avoir ainsi pris en main la situation, comte. Vous me sembliez épuisé. D'ailleurs, je suis un peu inquiet pour vous aussi. Vous devriez vous reposer.

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Cabellion
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Jeu Avr 27 2006, 20:41

Jeanne ne se sentit point géner. Elle le pressentait aussi que ce serait à elle aussi d'y courir. Elle se leva et essaya de courir le plus vite qu'elle pouvait dans cette nuit glacée. Elle connaissai bien le domaine et pouvait s'y déplacer les yeux fermés. Elle n'eut donc aucun mal à trouver le manoir. Elle arriva et alla à la salle à manger, les joues en feu, la respiration saccadée. Elle regarda l'étonnant spectacle, son frère était là attablé ignorant tout du spectacle. ELle s'approcha de lui à grand pas et lui souffla quelques mots pour le faire bondir tout d'un coup. Il appella l'apothicaire de lui préter secours, et ils repartirent tous les trois dans l'ombre menacante.

Ils arriverent ainsi dans la maison où le jeune écrivain était étalé par terre sa tete reposant dans les bras du comte. Cabellion s'agenouilla, il en fit pas tout un fromage comme sa soeur, mais demanda au comte ce qui s'était passé. Ensuite, l'apothicaire leur demanda de transporter le patient dans une piece plus adapté. Ils n'avaient qu'à l'ammener à la dépendance de racine, elle était vraiment toute pret, et là il aurait le calme et le repos que recommandait le comte. De plus ici l'apothicaire serait au calme pour résoudre le problème. Cabellion en fit part aux autres et regardait avec un sourire sa soeur paniquée. Il lui souffla quelques mots de réconforts, à son oreille. Cabellion resterait auprès de son ami aussi longtemps qu'il le pourrait...


[Je suis dsl pour la taille, mais c'est la seule facon pour moi meme si c baclée d'expliquer mes deux semaines de non post ensuite.]
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Jeu Avr 27 2006, 21:15

(Merci, c'est super!!!)

Athos vit avec soulagement qu'on apportait Racine chez lui, et approuva d'un signe de tête l'apparente compétence de l'apothicaire, qui avait pris en charge son patient d'une main experte.

Toute cette agitation allait finalement prendre fin, et il sentait que le comte de Chastignac serait plus que soulagé du revirement de situation. Il ne le connaissait que depuis quelques heures, et il ressentait déjà une profonde amitié pour le jeune homme. Son visage avenant, ses manières pétillantes, son caractère décidé lui agréaient fort. Il lui semblait se voir au même âge, alors qu'il était mousquetaire sous les ordres de Tréville. La physionomie noble du jeune comte lui paraissait altérée par quelque souffrance cachée, et son regard, perçant et fier, semblait s'assombrir parfois.

Pour la première fois depuis qu'il était entré, il regarda autour de lui, appréciant l'aspect simple mais néanmoins luxueux de la dépendance. Dans ses deux domaines, les dépendances attenant aux châteaux étaient moins grandes, et surtout moins belles.

Raoul, de plus en plus fatigué, finit par s'asseoir sur un fauteuil tout près de son tuteur. Il réprima avec difficulté un autre baîllement, et attendit la suite des événements avec patience.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Ven Avr 28 2006, 14:06

Adrien réprima un sursaut lorsqu'il sentit une main solide du poids de l'expérience se poser sur son épaule, d'un mouvement qui se voulait empli d'égards.

"Je suis désolé d'avoir ainsi pris en main la situation, comte. Vous me sembliez épuisé. D'ailleurs, je suis un peu inquiet pour vous aussi. Vous devriez vous reposer."

Adrien baissa les yeux sur cette main et tapota la sienne dessus, rassurant.

-Point d'inquiétude, comte, je vous suis reconnaissant au contraire. Quant à me reposer, je...

Il voulait dire qu'il était encore plus utile à veiller mais Jeanne, qu'il n'avait pas vu partir, revint accompagnée de son frère et de l'apothicaire demandé.

Chastignac se décala un peu d'Athos et fit un courtois salut à son hôte, avant d'assister, sans pouvoir agir, au départ de Racine dans sa propre dépendance. Ce déplacement purement médical ressemblait étrangement à un enlèvement, et Adrien se demanda si Jeanne ne se méfiait pas un peu de lui. Tout à l'heure, elle avait fait bien en sorte d'éviter son regard en demandant d'aller chercher l'apothicaire...
N'était-il pas bien, ici, DANS SON CANAPE?

Le comte fronça les sourcils mais ne dit rien.

Lorsque la porte se fut refermée derrière Jeanne, Cabellion et Racine, soudain la maison parut bien vide, et un silence fatigué s'installa dans la demeure.

Chastignac jeta un coup d’œil à Gwenaëlle qui semblait toujours aussi perdue, puis au vicomte qui se retint juste à cette instant de bailler. Adrien sourit, car, alors qu'Athos se voyait en lui quelques années plus jeune, c'était dans Raoul que Chastignac se voyait, lui.


-Nous avons tous besoin de repos, je crois. Je n'ai pas énormément de chambres, mais s'il le faut j'offrirai la mienne au vicomte.

Il tourna la tête vers Athos et sembla lui demander l'autorisation du regard.

-Mais j'en doute. Nous trouverons bien assez de place.

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Ven Avr 28 2006, 18:16

(mdr! une main sillonnée de rides d'expériences... voudrais-tu faire passer Athos pour un octogénaire? whistle franchement!)

Le sentiment d'Athos se justifiait. Il sentit le léger soubresaut que fit le jeune comte lorsqu'il posa sa main sur son épaule. Il mesurait à quel point il avait dû être anxieux, et comprenait ce sentiment.

Adrien de Chastignac a écrit:

Adrien baissa les yeux sur cette main et tapota la sienne dessus, rassurant.

-Point d'inquiétude, comte, je vous suis reconnaissant au contraire. Quant à me reposer, je...

Chastignac se décala un peu d'Athos et fit un courtois salut à son hôte, avant d'assister, sans pouvoir agir, au départ de Racine dans sa propre dépendance.

Athos répondit au salut du jeune comte par un hochement de tête, puis reporta son attention sur le jeune Raoul. Celui-ci, malgré toute sa bonne volonté, n'avait pu résister au sommeil, et dormait, la tête appuyée sur sa main. Le comte sentit la tendresse envahir son coeur. Son fils... Et il n'avait jamais eu le courage de le lui révéler... Peut-être était-il désormais assez âgé pour apprendre ses origines... Lui en voudrait-il d'avoir caché cela si longtemps? Le comte, qui ne reculait devant aucun adversaire, ne pouvait se résoudre à dévoiler ainsi la vérité à son fils. Il en ressentait de la honte.

Citation :
-Nous avons tous besoin de repos, je crois. Je n'ai pas énormément de chambres, mais s'il le faut j'offrirai la mienne au vicomte.

La voix de Chastignac vint le sortir de ses pensées. Il releva la tête et sourit à la générosité du jeune comte.

- Non, non, cher ami, nous n'abuserons pas de la sorte de votre hospitalité. Voici Raoul qui dort déjà, pauvre enfant, laissons-le reposer sur ce canapé, si toutefois cela vous agrée. Quant à moi, je dors fort peu, et je m'accommoderai fort bien de ce fauteuil.

Il installa plus confortablement son fils sur le canapé et le couvrit de son long manteau. Puis il sourit au jeune comte et lui serra la main.

- Je crois qu'ainsi nous serons très bien, merci.

Il alla à la fenêtre pour tenter d'apercevoir les chevaux à l'extérieurs. La nuit était tombée, et, avec toute cette agitation, il n'avait pas songé à desceller les deux animaux. Il vit avec un certain soulagement que les deux bucéphales ne s'étaient pas éloignés.

- Je dois voir à mes chevaux et à leur fourrage. Pourriez-vous m'indiquer où le faire?

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Sam Avr 29 2006, 12:32

Finalement, tous les regards s'étaient posés sur le tout jeune vicomte, l'enveloppant d'une tendre chaleur et le silence envahissant de la pièce semblait presque laisser place petit à petit à un lent crépitement de feu de cheminée.
Cependant, la pièce n’était pas ornée de cheminée, aussi Chastignac se frotta-t-il les yeux, reconnaissant la perfidie du sommeil qui l’emmitouflait.


« Non, non, cher ami, nous n'abuserons pas de la sorte de votre hospitalité. Voici Raoul qui dort déjà, pauvre enfant, laissons-le reposer sur ce canapé, si toutefois cela vous agrée. Quant à moi, je dors fort peu, et je m'accommoderai fort bien de ce fauteuil. »

Chastignac sourit en entendant le « cher ami » et fut plus ouvert quant au reste de la phrase. Bon Dieu ! Il était heureux que les paroles d’Athos ne furent pas si intéressées que celle d’un vil flatteur, car Chastignac, tel le cordeau, aurait laissé tomber le fromage sans plus de défiance.

Adrien serait tout de même fort mauvais hoste s’il ne se rebellait point un peu, par pure civilités. Il hocha donc la tête, prest à refuser cette proposition d’un non catégorique, mais le comte ne lui en laissa pas le temps : il vint lui serrer la main en remerciement, et puis s’inquiéta de ses chevaux.

S’il n’avait pu le forcer à dormir dans un lit, au moins s’occuperait-il de ses montures !


-Ne vous inquiétez pas, je vais prévenir un valet, demain matin vos chevaux seront frais.

Il adressa au papy (mdr !) un signe de tête déférent et s’en fut héler le dit laquais, avant de monter lui-même se coucher, jetant un dernier coup d’œil par l’embrasure de la porte au paisible tableau entreposé dans son salon. Il monta lourdement les marches et se jeta sur son lit, s’endormant à la seconde.
Demain serait un autre jour.

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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Sam Avr 29 2006, 17:26

[Ouuuuuuups on va finir par m'oublier, je me manifeste!! Hop!!^"

Gwenaël avait été attirée par le Comte il y a peu, celui-ci semblant se souvenir de son certain malaise envers les hommes et lui avait dmandé si ele alait bien. Elle répondit par un hochement de tête. Il jeta un regard inquiet en sa direction, mais la jeune fille avait fermé les yeux et faisait le point sur la situation. Elle se rendit compte que ce n'était pas si terrible, mais àl 'instant où elle pensa ces mots, son corps se manifesta par des tremblements. heureusement tou le monde était occupé par l'homme sur le canapé, Racine, qui venait à l'instant même de partir...

Elle finit par ouvrir les yeux. Jeanne était parti! Il n'y avait plus que le Comte, le Comte de la Fère et son ami. Elle ne bougea plus, respirant fortement. Sa respiration était saccadée, et ses yeux devinrent ronds.

*Calme-toi, calme-toi!!*

Elle finit par se calmer, relativisant les choses. Le plus jeune était tombé de fatigue et Chastignac s'apprêtait à monter. Elle ne bougeait toujours pas et regarda Le Comte de la Fère. Il émanait de lui une chaleur qui lui faisait énormèment de bien. Il avait avec le jeune homme un comportement paternel, et cela lui rappella son père...
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MessageSujet: Re: La dépendance de Chastignac   Sam Avr 29 2006, 17:44

Mdr, oui, j'avais oublié, sacrebleu!!! J'édite mon message, les pensées d'Athos vont devoir attendre whistle )

Citation :
Elle finit par se calmer, relativisant les choses. Le plus jeune était tombé de fatigue et Chastignac s'apprêtait à monter. Elle ne bougeait toujours pas et regarda Le Comte de la Fère. Il émanait de lui une chaleur qui lui faisait énormèment de bien. Il avait avec le jeune homme un comportement paternel, et cela lui rappella son père...

Chastignac quitta la pièce en monta se coucher. Un léger mouvement attira soudain le regard du comte sur sa droite, et Athos aperçu la jeune fille. Il eu un léger mouvement de recul, voyant le malaise de la demoiselle. Elle eu toutefois l'air de se calmer.

Athos ne savait trop que faire, la situation étant assez... difficile. Le comte parti, il se retrouvait pour ainsi dire seul avec Gwenaelle. Il inclina la tête avec un sourire, puis, pour ne pas effaroucher la jeune fille, s'assied auprès du vicomte sur le canapé. Il posa sans y penser la main sur la tête de Raoul, qui dormait à poings fermés.


- Je vous remercie de votre diligence de tout à l'heure, mademoiselle. Vous avez réagi avec efficacité et rapidité, et cela a sans doute contribué au soulagement de Monsieur Racine.

Il se tut, ne sachant trop que dire. Il ne voulait pas effrayer la jeune fille, et il sentait la fatigue croître. Malgré tout, il fit bonne contenance.

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La dépendance de Chastignac
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