1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Promenade et dîner

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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Promenade et dîner   Lun Mai 22 2006, 18:20

(HRP: voici qui devrait aider quelque peu Son Altesse Sérénissime! big grin )

Les serviteurs avaient obéi avec empressement à la demande de Cassandre, et en peu de temps, les effets de la jeune fille étaient bien disposés et rangés dans les armoires. L'imposante harpe dorée était déposée dans la grande salle du somptueux pavillon. La jeune fille vit avec joie que l'on avait également pourvu aux besoins de son cocher et de ses chevaux. Elle remerçia les serviteurs en leur donnant à chacun un louis d'or.

Peu de temps après, la jeune fille sortit à l'extérieur et marcha avec délices dans les charmantes allées bien entretenues du domaine de Chantilly. Elle en admirait les beautés ainsi que la variété des plantes qui semblaient y pousser tout naturellement. Elle repéra avec bonheur une colline fleurie au sommet de laquelle poussait un chêne massif. Cela lui rappela ses terres, et particulièrement son endroit favori où elle aimait à regarder le crépuscule en jouant de sa harpe.

Un bruit d'ailes vint distraire ses pensées. Au bout d'un tournant d'allée, elle aperçu la fameuse volière dont le Prince lui avait parlé un peu plus tôt. Elle s'approcha doucement, prenant soin d'éviter d'effaroucher les volatiles, et admira leur plumage soigné et leur caractère enjoué. Tandis qu'elle observait les oiseaux, ses pensées dérivèrent vers son hôte, qui l'avait si aimablement accueillie chez lui. Elle se prit à espérer que tous les courtisans lui ressembleraient et l'accueilleraient avec la même gentillesse. Revoyant en pensée toutes les galantes attentions qu'il avait eu pour elle, ainsi que le sourire qu'il lui avait fait en lui faisant visiter le pavillon, les joues de la jeune fille rougirent légèrement.

Elle demeura ainsi un bon moment, puis un serviteur s'approcha d'elle et lui annonça courtoisement que le dîner serait bientôt servi. La jeune fille se rappela l'invitation du Prince de partager sa table, et elle remerçia le serviteur avec un sourire. Elle se dirigea à nouveau vers le pavillon. Arrivée à sa chambre, elle entreprit de changer de vêtements, troquant sa robe de voyage pour une toilette plus élégante. Une des servantes du Prince offrit de coiffer ses cheveux, qui tombaient en vagues naturelles plus bas que ses reins. La dextérité avec laquelle la femme exécuta la tâche étonna Cassandre. Une partie de ses cheveux étaient relevés et tressés en diadème autour de sa tête. Le reste était laissé libre sur son dos, et le tout était piqué de petites fleurs pâles qui contrastaient joliment avec la couleur sombre de ses cheveux. Pour tout ornement, elle passa à son cou une délicate rangée de perles, à peine plus pâles que sa peau.

Sa toilette terminée. la jeune fille se dirigea vers le château principal, au salon dans lequel le Prince l'avait reçue le matin même. Il s'y trouvait déjà, attendant visiblement son arrivée. En entrant dans la pièce. elle le vit venir au-devant d'elle. Elle sourit, esquissa une petite révérence, puis posa gracieusement sa main sur le bras qu'il lui tendait.
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Louis II, Prince de Condé
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MessageSujet: Re: Promenade et dîner   Sam Juin 03 2006, 01:09

Après avoir quitté la Duchesse, Louis avait passé la majeure partie de son après midi à rêvasser dans son petit salon… ainsi qu’à mener une guerre sans merci contre les délicates pâtisseries de Vatel.

Aucune vipère n’avait hargneusement jailli de sa bouche lorsqu’il avait mis au point le menu du soir avec son cuisinier (menu singulièrement copié sur celui qui lui avait été servi tantôt chez le Prince Farnese de Savoie-Carignan). Germain se prenait déjà à croire au miracle : un nouveau Condé semblait né.

Mais comme le précise bien le proverbe, il ne faut pas vendre la peau de l’ours (en l’occurrence du Prince...) avant de l’avoir tué…

Dix-neuf heures sonnèrent à l’horloge du Grand Salon. Poudrée, perruquée… et parfumée, Son Altesse était fin prête à recevoir la Duchesse.

Lorsqu’Elle pénétra dans le Grand Salon, Elle était encore plus belle dans sa délicate toilette qu’Elle ne l’avait été lors de leur première rencontre. Galamment, le Prince lui offrit son bras et la conduisit jusqu’à la longue table de merisier, fastueusement dressée au milieu de la pièce.

Lorsque les entrées furent apportées, l’esprit de Son Altesse Sérénissime était déjà ailleurs, dansant un menuet endiablé en compagnie de la Duchesse. Il se voyait déjà, non pas en haut de l’affiche, mais au coeur de tous les regards de la Cour. Tout en poursuivant une conversation raffinée avec la Duchesse, Louis rêvait. Les rôts ne vinrent pas entacher ce bel enthousiasme : oui, la Cour toute entière serait en admiration devant la totale symbiose de leur duo. Non ! Le Prince de Condé n’était pas mort ! La Cour allait pouvoir assister au grand retour de…


… votre fils Votre Altesse.

A peine avait-il prononcé ces mots, que Germain s’effaça devant un svelte jeune homme d’une vingtaine d’années.

Père ! Que c’est bon de vous revoir !

Soudainement, l’un des musiciens de la Cour manqua une mesure, faisant bientôt régner sur la piste de danse une atroce cacophonie. Mais voilà qu’un étrange phénomène se produisit ! Un souffle d’une puissance terrifiante s’engouffra dans la pièce et transforma la Cour en un gigantesque jeu de quilles. De seconde en seconde plus terrible, cette maléfique bourrasque emporta toute la Cour dans les airs, Duchesse incluse. Il y eut une terrible explosion, le décor changea, et Louis se retrouva de nouveau dans son Grand Salon… son fils Henri Jules respectueusement incliné devant lui.

Ce fut la douche froide… nécessaire à la fermeture définitive de cette parenthèse précieuse. Louis venait de rouvrir les yeux et se maudissait de tant de niaiserie de sa part. Il prit conscience avec horreur d’avoir passé la majeure partie de sa journée stupidement alangui, perdu dans un rêve rose bonbon que Madame de Scudéry n’aurait pas renié ! Comment avait-il ne serait-ce qu'une seconde envisager cette idylle post-adolescente... ou bien pré-sénile... Un Prince, le Grand Condé de surcroît, premier de par le sang, cousin du Roi, époux et père, vivre une amourette avec une jouvencelle ? Quelle folie que tout cela… Quel scandale aussi ! Il imaginait déjà plus lucidement la réaction de la Cour… et les multiples quolibets dont il aurait fait l’objet… Et quelle belle image de père présenterait-il là à son fils!

Rasséréné, il prit enfin la parole :


Je suis bien aise de vous revoir mon fils. Permettez-moi de vous présenter Cassandre Lynne des Laures, Duchesse d’Agenois. Je l'introduirai auprès de Sa Majesté dès demain matin.

Déployant un raffinement sans faille, le jeune Duc d’Enghien salua avec élégance la Duchesse.

Madame, je suis bien aise de voir mon père en une aussi charmante compagnie.

Ne souhaitant pas laisser son volage de fils s’amouracher de la Duchesse, à quelques semaines de ses noces avec l’une des filles d’Edouard de Bavière, Prince Palatin du Rhin, Louis mit fin à leur échange en ordonnant à Germain d’apporter un nouveau couvert.

Le regard noir qu’il lui lança mit fin à tous les espoirs de miracle du pauvre Maître d’Hôtel.

Lorsque son fils se fut attablé, le Prince s’enquit du résultat de son voyage :


Alors mon fils, l’inspection de nos domaines provinciaux fut-elle heureuse ?

Nos possessions se portent bien, père, malgré les problèmes que vous savez.

Derrière cela il fallait comprendre que l’épouse du Prince, Claire Clémence, n’allait guère mieux, même si sa folie s’était stabilisée.

Tout en se saisissant d’une appétissante caille, le Duc porta son regard sur la jeune Duchesse.


Et bien Madame, demain mon père vous présentera le plus grand roi du monde. Avez-vous une requête quelconque à lui formuler, ou bien êtes vous simplement curieuse de découvrir cette Cour qui fait tant parler d’elle ?

Condé respirait, se demandant tout de même si le gingembre des mets du midi n’avait pas sérieusement modifié sa perception des choses…
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: Promenade et dîner   Dim Juin 04 2006, 17:50

Cassandre n'en pouvait croire ses yeux devant l'étalement des merveilles de la table princière. Germain avait semble-t-il travaillé avec ardeur, et le Grand Salon était tout simplement enchanteur. Son Altesse elle-même semblait rayonner, un peu rêveuse même. La jeune fille sourit à cette scène, et lorsque Germain vint auprès d'elle pour lui servir un peu de vin, elle posa sa petite main sur la manche de l'homme avec un sourire et le complimenta sincèrement sur ses aptitudes et son efficacité.

Ils avaient presque terminé le potage lorsque le maître d'Hôtel entra de nouveau, annonçant un nouveau venu, en l'occurence le Fils de Condé.

Citation :
- Père, que c'est bon de vous revoir!

Loin de se douter de la tempête qui avait fait rage dans l'esprit de son hôte, Cassandre accueillit le nouveau venu avec un sourire timide sur les lèvres. Le prince fit les présentations d'usage.

Citation :
- ... Permettez-moi de vous présenter Cassandre Lynne des Laures, Duchesse d'Agenois. Je l'introduirai auprès de Sa Majesté dès demain matin.

- Madame, je suis bien aise de voir mon père en une aussi charmante compagnie.

Cassandre inclina la tête avec délicatesse, les joues rosies sous le compliment, mais néanmoins souriante.

- Je vous remerçie, Monsieur le duc. Enchanté de faire votre connaissance.

Germain apporta un autre couvert, et le jeune duc s'installa. Cassandre écouta en silence tandis que le prince s'enquérait de l'état de ses terres et de ses domaines. Cette allusion ramena les pensées de la jeune fille sur ses propres terres, que la jeune fille avait laissé, elle en était certaine, en bon ordre et entre des mains compétentes. Depuis plusieurs années déjà et contrairement aux coutumes du temps, la duchesse voyait elle-même aux tâches administratives du duché, vaste territoire s'il en était. Elle revoyait en pensée les derniers rapports, les dernières tâches qu'elle avait accomplies avant de partir, soit la nomination d'un nouvel évêque dans la ville d'Agen, la vérification de l'état et des récoltes sur toutes les terres. Elle avait aussi dû faire tenir une chambre de justice contre des bandits de grand chemin, qui terrorisaient les habitants et que ses hommes avaient appréhandés sur les routes...

Citation :
- Eh bien, Madame, demain mon père vous présentera le plus grand roi du monde. Avez-vous une requête quelconque à lui formuler, ou bien êtes-vous simplement curieuse de voir cette Cour qui fait tant parler d'elle?

Laissant de côté ses pensées, la jeune fille écouta en souriant la question du duc. Pensive, elle prit le temps de boire une gorgée de vin rouge avant de répondre.

- À vrai dire, Monsieur le duc, la raison de ma présence à la Cour tient à la fois des deux raisons que vous évoquez. Depuis que feu mon père le duc d'Agenois est décédé, je vois moi-même à la gestion de l'héritage familial, et je n'ai point eu le loisir jusqu'ici de connaître la Cour de Sa Majesté. Je voudrais parfaire mon éducation en ce sens, mais aussi assurer la protection de mes terres, qui depuis quelques temps font l'objet de la convoitise du roi de l'Espagne.

En effet, le duché d'Agenois se trouvait dans le midi de la France, tout près de la frontière séparant les deux royaumes. Déjà beaucoup des habitants de ses terres parlaient gascon, une langue ou plutôt un idiôme à mi-chemin entre le français et l'espagnol. Si le roi Philippe parvenait à prendre son duché, la France perdrait un territoire non négligeable et se trouverait fort embarassée dans le cas d'un conflit avec les Espagnols.

- Vous êtes à même de comprendre l'importance de ma démarche auprès de Sa Majesté, Monseigneur. J'ai ouï dire que Son Excellence le duc d'Almada, ambassadeur du roi Philippe d'Espagne, se trouve déjà au royaume de France. Si je ne m'abuse, il vient au premier abord proposer le soutien de l'Espagne à la France dans une possible lutte contre la Hollande, en raison de ces injurieuses médailles qu'elle a fait frapper. Je crains fort que si la première audience avec Sa Majesté se gâte, Son Excellence n'exige mes terres lors de la visite des ambassadeurs hollandais. Sa Majesté risque de se retrouver entre deux feux. Advenant le cas où le roi refuserait cette demande, je crains fort que l'Espagne ne déclare la guerre à la France.
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Louis II, Prince de Condé
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MessageSujet: Re: Promenade et dîner   Mar Juin 13 2006, 19:19

Son Altesse soupirait d’aise, et n’en finissait plus de bénir mentalement son fils qui venait, sans le savoir, de lui faire brusquement retrouver la raison.

Le cœur désormais léger, et l’esprit de nouveau sur terre, Louis put enfin apprécier pleinement les mets raffinés concoctés par son cher Vatel.

Mais alors qu’il tentait désespérément de venir à bout d’une cuisse de poulet récalcitrante (tout en conservant, cela va de soi, la mine digne et irréprochable que l’étiquette impose à un Prince de sang d’adopter en de telles circonstances), son attention fut soudainement retenue par la mention faite par la Duchesse d’une épineuse question politique.

Dans un premier temps, Son Altesse dressa un sourcil. Quoi ? Une femme, se piquer de politique ? Mais où allait-on alors ! Puis, passé ce réflexe de rejet, éminemment misogyne, Louis en vint à considérer plus raisonnablement cette information inopinée.

Ainsi donc, l’Espagne et la France se trouvaient peut-être à l’aube d’un nouveau conflit… Il ne put s’empêcher de remonter le temps de quelques années seulement. Comment oublier que près de cinq ans auparavant, il était Généralissimo, commandant en chef des armées espagnoles ! Certes il était un traître vis-à-vis du roi, mais le panache faisait encore parti de son vocabulaire… Et aujourd’hui… il avait sombré bien bas… un coq en pâte en voie de se déplumer sérieusement dans un poulailler doré…


Tout cela est fort fâcheux Mademoiselle, j’en conviens. Vous vous trouvez en effet dans une situation tout à fait épineuse, qui justifie pleinement votre démarche auprès du roi. Je suis cependant certain que Sa Majesté saura agir en conséquence, et vous sortir de ce mauvais pas.

Ses paroles se voulaient réconfortantes. Mais son esprit s’était enflammé et, déjà, prenait les armes. Bien évidemment, Son Altesse Sérénissime ne souhaitait en aucun cas la remise de l’Agenois à la couronne d’Espagne ! Mais ses motivations divergeaient quelque peu de celles de la Demoiselle. Inutile de dire que le chef de guerre sommeillant en lui se moquait éperdument des états d’âme de la Duchesse. Il n’aurait pas prêté l’ombre d’un intérêt à ce problème si les enjeux n’avaient été aussi importants. Mais du succès ou de l’échec des négociations allait peut-être dépendre une guerre… Voilà qui serait tout à fait intéressant pour le militaire que jadis il fut… Une occasion inespérée pour le Phoenix de renaître de ses cendres…
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: Promenade et dîner   Mer Juin 14 2006, 05:52

- Tout cela est fort fâcheux Mademoiselle, j’en conviens. Vous vous trouvez en effet dans une situation tout à fait épineuse, qui justifie pleinement votre démarche auprès du roi. Je suis cependant certain que Sa Majesté saura agir en conséquence, et vous sortir de ce mauvais pas.

Cassandre ferma les yeux en soupirant, se sentant soudain submergée. Elle ne pouvait que prier pour que la première entrevue de Son Excellence aille bien avec Sa Majesté... C'était là la seule chose qui épargnerait au roi la perte d'un important territoire, et à elle le cauchemar d'être mariée de force à un seigneur espagnol animé par l'appât du gain...

La jeune fille sentit un étourdissement la prendre. Elle n'y tint plus, elle devait prendre un peu l'air pour se rassénérer. Elle posa gracieusement sa serviette, puis se levant, elle fit une révérance au prince et un gracieux signe de tête au duc.

- Je prie Votre Altesse de m'excuser. Je me sens un peu lasse et désire me retirer.

Sur l'aimable permission accordée par le Prince, la jeune duchesse quitta le Grand Salon. À la porte, elle rencontra le maître d'Hôtel qui lui proposa silencieusement son bras afin de l'escorter jusqu'au pavillon, un grand sourire aux lèvres. Cassandre fut étonnée de cette offre singulière, mais néanmoins accepta, posant sa main sur la manche de l'homme. Elle sentait d'ailleurs qu'elle avait bien besoin d'un appui, l'étourdissement ne l'aillant point quitté.

L'air déjà frais à l'extérieur raviva la jeune fille, qui inspira à plein poumons la brise agréable. Le printemps et l'automne étaient ses saisons préférées, et cet automne-ci était inoubliable...

Le maître d'Hôtel gardait le silence, escortant la jeune fille au travers des jardins entretenus du Prince. Mais il ne la guidait pas vers le pavillon. La jeune fille mit quelques secondes à le réaliser, et soudain cessa de marcher.


- Où me menez-vous donc, Monsieur?

- N'ayez crainte, Mademoiselle... Il s'agit d'une surprise.

Sans rien dire de plus, ils se remirent à marcher. La jeune fille était quelque peu méfiante, mais elle suivait, docile. Il la mena à la petite colline au chêne massif qu'elle avait vu un peu plus tôt. La duchesse ne put retenir une exclamation de joie.

Sa chère harpe trônait sous l'arbre, n'attendant plus qu'elle pour saluer le soleil couchant. Elle délaissa le bras du serviteur et courut presque à son instrument. Elle sourit, passant ses doigts sur les cordes. Et puis elle se retourna, voyant la petite armée de serviteurs, parmi lesquels les siens. Elle éclata de son rire cristallin, puis s'installa à son instrument. Et sa voix s'éleva pure comme celle d'un ange, se mêlant aux notes de musiques harmonieuses de sa harpe.

Au fond des bois,
J'entends la voix,
Des cors qui retentit,
Des cors qui retentit,

À leur concert,
L'arbre est plus vert,
Plus fraîche, l'eau s'enfuit,
Plus fraîche, l'eau s'enfuit...

Chagrins, douleurs
Sortent du coeur
Au bruit de leurs accords,
Au bruit de leurs accords,

Avec le son,
De nos chansons,
Accompagnant les cors,
Accompagnant les cors...

Le son du cor,
Exprime encor,
La plainte et les regrets,
La plainte et les regrets...

Quant un soupir,
Fait retentir,
L'écho de nos forêts,
L'écho de nos forêts......
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Louis II, Prince de Condé
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MessageSujet: Re: Promenade et dîner   Jeu Juin 15 2006, 11:01

L’esprit du Prince s’enflammait à une vitesse fulgurante. Une guerre… C’était là une occasion rêvée de redorer un blason de plus en plus terni par l'opprobre…

Lorsque la Duchesse quitta la table, il la salua rapidement, et se replongea aussitôt dans le projet qui lentement asservissait son esprit.

Il était près de minuit lorsque Germain, inquiet de ne pas voir le Prince dans ses appartements privés, risqua un œil dans le Grand Salon. Son Altesse s’y trouvait toujours, la tête et les bras reposant sur la table, mais le regard perdu dans un vague abyssal dont lui seul détenait le secret. Un râle particulièrement désagréable émanait par intermittence de sa personne…

Le déranger en pareille situation équivalait au moins à tenter de réveiller un Dragon noir endormi. Pourtant, le malheureux Maître d’Hôtel n’avait pas d'autres choix. Il ne pourrait gagner le lit douillet l’attendant patiemment dans ses appartements que lorsque le Prince aura daigné rejoindre les bras de Morphée…

Risquant le tout pour le tout, serrant convulsivement la petite croix reposant dans la poche de son gilet, il s’approcha lentement de ce grand corps décharné assoupi :


Euh… Votre Altesse… Votre Altesse ?

Autant ranimer un mort…

Désespéré, Germain reporta par désespoir son regard sur la Grande Horloge qui affichait déjà 23h30…

Une idée germa dans son esprit...

Quelques secondes plus tard, elle affichait 23h59…

Les douze coups de Minuit retentirent. Cendrillon redevint souillon, le carrosse citrouille… et Condé Prince!

Le regard éberlué, Son Altesse essayait tant bien que mal de comprendre par quel miracle elle se trouvait toujours à une telle heure au beau milieu de son Grand Salon.

Heureusement, le Bon Germain se trouvait dans les parages, et put transporter sans encombre majeur le Prince jusqu’à sa chambre. Quelques instants plus tard, l’agaçant ronron avait repris.

Germain gagna enfin sa petite chambre en se disant que Son Altesse lui pardonnerait bien d’avoir exceptionnellement négligé la Cérémonie du Coucher…
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