1663 : Face aux Feux du Soleil

Changez l'Histoire de France, personnifiez votre héros...
 
AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Quelques rappels historiques concernant l'époque du jeu

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: Quelques rappels historiques concernant l'époque du jeu   Mer Juin 08 2005, 17:13

Le Quotidien de Sa Majesté

La chasse :

La chasse est indispensable au Roi. Il pratique sa passion en compagnie de courtisans triés sur le volet. Il consacre trois après-midi par semaine pour traquer cerfs et faisans dans le grand parc de Versailles. Pour chasser, le roi avait un grand parc divisé en deux : dans le premier, il chassait à courre, dans le deuxième, il pratiquait à pied la chasse au tir au vol. En automne, à Fontainebleau, il traque les derniers loups de la région. Ce loisir est strictement réservé aux nobles car les roturiers ont interdiction de chasser le gibier à poils ou à plumes.

La promenade :

A quatorze heures, le Roi part en promenade dans les jardins, à pieds ou en calèche. La masse courtisane se bouscule derrière lui.

Les repas :

Le roi déjeune à treize heures, seul à une table. Il dîne en public dans la grande antichambre. Ses officiers et sa famille y assistent debout. Seul les grandes dames peuvent prétendre à un tabouret. Les repas du roi sont consistants : ils sont composés de plusieurs sortes de soupes, de gibiers, de salades, de viandes, de légumes, de pâtisseries, de fruits et de confitures. Entre les repas, les collations permettent de patienter avec quelques sorbets, liqueurs ou tasses de chocolat. La cuisine française a abandonné peu à peu les lourdes épices pour des sauces et des bouillons de boeuf plus légers.

Les jeux :

Le jeu est la grande passion de la Cour. On y joue aux cartes, ou aux dés, dans des sortes d'appartements. Le roi qui préfère le billard, joue ou admire les autres. La reine adorait jouer à l'hombre, même si elle n’est guère douée. Ces jeux font circuler de grosses sommes d'argent. Certains se ruinent au hocha, une sorte de roulette. D'autres vivent grâce à leur chance ou à leur habiliter. Le jeu est devenu un moyen de se procurer des revenus supplémentaires.

http://www.chateauversailles.fr/flash/fetes/fetes.swf
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Baudouin
Invité



MessageSujet: La France de Louis XIV, pays de contraste   Mer Aoû 09 2006, 12:59

La France de Louis XIV est le pays de la diversité et des distances sociales infinies. Dans ses frontières actuelles, le pays compte plus de 21 millions d'habitants, dont 85% de ruraux. Moins de la moitié parle le français, le reste le patois ou les divers dialectes locaux. Composée d'ordres et de corps, la société se caractérise par le poids des hiérarchies, des inégalités et les «cascades de mépris» qui vont du supérieur à l'inférieur.

A l'échelon le plus élevé, voici les grands seigneurs, avec leurs châteaux, leurs hôtels particuliers à Paris, leur domesticité nombreuse. Absorbés par les règles du paraître et de la sociabilité curiale, ils passent leur temps en réceptions, jeux ou chasses. Telle est la manière de vivre noblement. Travailler à des métiers manuels les ferait déroger.

Outre le souci des alliances familiales, notamment par mariage, l'important pour eux est d'approcher le roi, de recevoir de lui honneurs, charges, pensions, de façon à tenir leur rang et à nourrir leurs clients. La haute noblesse «domestiquée» revient parfois sur ses terres, mais n'y réside plus. La noblesse de robe ou de finance vit à Paris et dans les villes où siègent des cours de justice. Au sein de l'élite, les différences sociales sont considérables, même si les enfants de nobles et de grands bourgeois fréquentent les mêmes académies, apprennent la danse, l'escrime ou l'équitation. Sous l'influence des collèges de jésuites et d'oratoriens, l'honnête homme du XVIIe siècle se pique en effet d'humanités, contrairement au rustre seigneur du temps d'Henri IV faisant parade de son inculture. A l'échelon intermédiaire, le riche bourgeois cherche à s'agréger plus ou moins insidieusement à la noblesse, en achetant un fief ou un office anoblissant, comme la charge de secrétaire du roi, surnommée la «savonnette à vilain», que le pouvoir multiplie pour des raisons fiscales.

La toilette est un reflet du rang que l'on occupe. Mieux vaut être vêtu de soie que de camelot ou de serge. Chez les seigneurs, le costume masculin - avec son justaucorps brodé, ses rhingraves enrubannées (ce court jupon placé au-dessus des hauts-de-chausses), ses bas de soie et ses hauts talons - paraît plus riche encore que le féminin et s'orne, en dépit des lois somptuaires, de fils d'or et d'argent, de dentelles et de garnitures brodées.

Les élégantes ne sont pas en reste pour la parure : robes noires ou de couleur, avec queues attachées à la taille et décolletés de dentelles, chapeaux à plumes, ornés d'agrafes de diamants, éventails richement peints et masques de velours. Elles se fardent, se mettent des mouches (petits ronds de taffetas noir destinés à faire ressortir la blancheur du teint). Les coiffures montent ou descendent, selon la mode. Dans les années 1660, on porte encore des bouclettes sur le front et des serpenteaux le long du cou - voyez les portraits de Mme de Sévigné -, puis on en vient à des cheveux frisés à l'hurluberlu.

L'art de vivre des riches se manifeste aussi dans la gastronomie, qui conquiert ses lettres de noblesse sous le Grand Roi. Le Cuisinier roïal et bourgeois nous livre 19 manières d'accommoder l'agneau et le mouton, 12 le veau, 7 le cerf, 17 le brochet, 9 les anguilles et les huîtres. C'est que les soupers royaux, princiers, voire bourgeois se composent d'une succession impressionnante de plats. On aime jusqu'à l'indigestion les ragoûts, les sauces, les potages, les entremets, les poulets, les poulardes, les dindons, les pigeons, les perdrix, les fricandeaux farcis, les poissons et les huîtres...

A Paris comme en province, la demeure habituelle de la noblesse est l'hôtel particulier. La haute aristocratie investit le boulevard Saint-Germain, tandis que ces messieurs de la robe ou de la finance font bâtir au faubourg Saint-Honoré ou au Marais. Le décor, raffiné à l'extrême, s'inspire des palais royaux, avec miroirs, lambris, lustres de cristal, trumeaux. A mesure que le siècle avance, la lourdeur du style louis-quatorzien s'épuise, le mobilier s'affine, l'art nouveau annonce la grâce du XVIIIe. Ces modifications du goût stimulent la création artistique, assurent la prospérité des corporations artisanales.

Avec ses 530 000 habitants, Paris est l'une des plus grandes villes du monde. Agglomération immense pour l'époque, capitale intellectuelle de l'Europe, incomparable foyer de rayonnement spirituel avec ses 50 paroisses, sa multitude d'abbayes, de monastères et de couvents, c'est aussi la ville des encombrements. Les charrois circulent mal dans le lacis des rues médiévales pas encore élargies. On livre à dos d'homme. La plupart des maisons sont de bois ou de torchis. Il n'y a ni égouts ni trottoirs, rarement des pavés. On manque d'eau, et les voies étroites sont loin d'être toutes éclairées.

Les citadins sont de bons bourgeois, des membres de la basoche ou de l'Université, des commerçants patentés, artisans hautement spécialisés, ouvriers des manufactures, gens des petits métiers, fruitiers, couteliers, rémouleurs, crocheteurs, regrattiers (ou revendeurs au détail), sans compter le flot difficilement contrôlable des déshérités et des chômeurs. Malgré les efforts du lieutenant général de police pour établir la sécurité et surveiller les bonnes moeurs, la nuit appartient aux tire-laine, ruffians et coureuses. Les Parisiens aiment faire la fête, boire dans les gargotes le vin d'Auteuil ou de Suresnes, raffolent du carnaval, des spectacles d'opéra ou des comédies, courent les marionnettes ou les tréteaux des bateleurs.

Tout autre est la vie des gens des campagnes. L'idéalisme rustique qui émane des oeuvres des frères Lenain ne reflète sans doute pas la réalité de la condition paysanne dans ses couches les plus modestes. Pas davantage n'est crédible, d'ailleurs, le sombre tableau de ces «animaux farouches, noirs, livides et tout brûlés de soleil», vivant «dans des tanières», dépeint par La Bruyère.

Journaliers et saisonniers, qui constituent la majorité de la population rurale, habitent le plus souvent une humble mais honnête chaumière de pierre ou de torchis, couverte de roseaux. A l'intérieur, une seule pièce, chauffée par une cheminée, communique avec l'étable. Le sol est de terre battue. Autour s'étendent la cour, avec ses volailles et son tas de fumier, la mare et un lopin de terre, avec des cultures de choux, de fèves et quelques arbres fruitiers.

L'espérance de vie ne dépasse pas 25 ans

Le mobilier est des plus simples : une table, deux bancs ; une couchette de bois avec un grossier matelas de paille, où l'on dort à plusieurs, des couvertures, pas toujours de draps ni de couettes. Pas d'armoire ni de buffet, mais deux ou trois coffres, où l'on serre un peu de nourriture et ses nippes, robes, sarraus, tabliers, vieux vêtements usés ou rapiécés, rarement lavés. Des baquets permettent de faire de temps à autre la vaisselle : marmites, pots de terre ou de fonte, assiettes, écuelles de bois ou de terre, couteaux (il n'y a pas de fourchettes). La femme travaille non seulement au foyer et au jardin familial, mais aide aussi son mari dans les champs.

A l'échelon social supérieur, la demeure plus cossue des fermiers, censiers et autres «coqs de village» peut abriter valets et servantes, accueillir autour de l'âtre une multitude de convives, dans les longues veillées paysannes. La nourriture est plus riche, les vêtements plus diversifiés et colorés.

La famille du Français moyen est une famille nombreuse, où les naissances illégitimes sont rares (1%). Huit ou neuf naissances en vingt ans de mariage sont fréquentes. Mais, avec la mortalité infantile et juvénile, la moitié seulement parvient à l'âge adulte. En moyenne statistique, l'espérance de vie ne dépasse pas 25 ans. Il est vrai que l'hygiène est inexistante et la médecine ignorante, limitée aux clystères, aux saignées et aux remèdes de bonne femme. Rarement changés, les nourrissons sont emmaillotés dans des bandelettes très serrées. Dès 8 ou 10 ans, les enfants travaillent dur.

Phénomène assez général chez les humbles, l'âge tardif du mariage est dû moins à des raisons de contrôle des naissances qu'à des causes économiques : 26-27 ans pour les hommes, 24-25 ans pour les femmes. A la campagne, les ménages sont plus solides qu'en ville et l'adultère est infiniment moins répandu que dans la haute société.

La consommation de base de la population est le pain, dont un adulte absorbe trois livres par jour. Il représente la moitié des dépenses des familles modestes. N'imaginons surtout pas nos grosses miches de pain blanc appétissantes, mais des tourtes grisâtres de seigle et de froment à croûte épaisse, que l'on cuit pour la semaine dans le four seigneurial ou le four individuel, quand on en a un.

Le plat de résistance, matin, midi et soir, c'est la soupe, longuement bouillie dans le pot de terre ou de fer accroché à la crémaillère, soupe d'herbes ou de racines, de fèves ou de pois, de choux ou de raves, sur laquelle parfois nage un petit morceau de lard rance. Ce triste bouillon est versé sur un gros morceau de pain rassis, dans des écuelles de terre ou de bois. Il s'accompagne d'un quignon de pain sec ou d'une tartine de beurre salé ou frotté à l'ail. Le repas s'arrête là : il n'y a ni fromage, hormis dans les pays de montagne, ni dessert. La viande est fort rare, sauf aux grandes fêtes, et la poule au pot dominicale reste un rêve inaccessible pour beaucoup. Il est vrai que le braconnage en rivière ou dans les bois permet d'améliorer l'ordinaire d'un lapin de garenne ou d'un goujon argenté.

Le petit paysan, qui exploite souvent moins d'un hectare de terres, se garde de consommer ce qu'il produit : oeufs, poulets, beurres et fromages. Il lui faut les vendre, ne serait-ce que pour payer les droits seigneuriaux et l'impôt royal (la dîme ecclésiastique étant perçue en nature).

Tel était le lot de la majorité des Français des campagnes. Les autres, paysans aisés, bourgeois des petites villes, artisans opulents, ont naturellement une nourriture plus diversifiée : potées au lard, jambons, saucisses sèches, chapons, tourtes, crêpes, beignets, clafoutis, fruits, pains d'épice... Alors que le modeste brouet du petit paysan s'accompagnait d'eau - d'une eau le plus souvent croupie, source de fièvres et de dysenteries -, le festin des plus riches est arrosé de vin, de bière ou de cidre.

Presque partout, les communautés rurales sont soudées par de forts liens de sociabilité. L'Etat central, avec sa fiscalité, est mal accepté, et l'on redoute fort le tirage au sort de la milice royale, cette première forme de conscription. Les jours de noces, de fêtes patronales ou locales, même les pauvres renoncent à leur pitance habituelle pour tuer la dinde ou le cochon, boire, danser et faire ripaille. Malgré la rudesse de sa condition, le menu peuple aime rire et chanter, s'adonner aux festivités, aux beuveries, aux charivaris et, au printemps, ne manque jamais de planter l'arbre de Mai, symbole de prospérité.

Même si les trois quarts des ruraux sont encore illettrés, l'instruction fait de gros progrès. Les «petites écoles» se répandent dans les campagnes. Le maître, auxiliaire du curé, apprend à lire et à écrire. Alphabétisation et instruction religieuse vont de pair.

La société tout entière, en effet, baigne dans le catholicisme de la Contre-Réforme. Jamais, depuis le début des temps modernes, le pays n'a été aussi imprégné de foi chrétienne. La religion marque de son emprise les actes de la vie quotidienne (mais moins sans doute en ville qu'à la campagne). Environ 95% des Français assistent à la messe dominicale et font leurs pâques, c'est-à-dire se confessent et communient au moins une fois par an, au temps de Pâques. Le renouveau spirituel se manifeste partout. Des prêtres dévoués et mieux formés dans les séminaires remplacent les curés laxistes et incultes du début du siècle. Des ordres religieux, des confréries dévotes, débordant de piété et de charité, essaiment. Des pèlerinages, des missions, des sanctuaires mariaux naissent ou renaissent. Le XVIIe siècle est le grand siècle des saints.

Deux catastrophes climatiques terribles

Fragilité de la vie ! En temps normal, la France de Louis XIV nourrit peu ou prou les siens. Mais cet équilibre se rompt vite avec les épidémies - peste, variole, fièvres mal identifiées - ou les ravages de la soldatesque, affamée et mal payée. Le passage des troupes, amies ou ennemies, avec son lot de pillages, de viols et de violences, est redouté dans les pays du nord et de l'est.

Que surviennent des grêles intempestives, de terribles orages, un ou deux étés humides pourrissant les grains, une année trop sèche, c'est aussitôt la mauvaise récolte, la disette et, pour les humbles, la tragédie du pain quotidien, dont le prix brusquement double, triple ou quadruple. Les manouvriers sont débauchés, les salaires baissent, le commerce ralentit, la crise gagne de proche en proche. Tenaillées par la faim, les petites gens se nourrissent de pain d'orge ou d'avoine, de racines de fougères, de graines moisies, de glands pilés, de feuilles ou d'écorces d'arbre. Poussés par la misère, ils prennent la route, vagabondent, mendient ; certains, organisés en bandes, se font voleurs de grands chemins, ces filous et larrons que les autorités pourchassent et enferment à l'Hôpital général.

Le roi, face à de tels fléaux, n'a aucun moyen sérieux d'agir, même s'il renonçait aux dépenses de la Cour, à la construction de Versailles ou à l'entretien de ses armées. L'intervention des pouvoirs publics dans le domaine économique n'est possible qu'à un stade de développement administratif ignoré de l'Ancien Régime. L'Etat absolutiste est dramatiquement faible, démuni de moyens. Ne pensons pas d'ailleurs que Louis XIV ait négligé les miséreux. A plusieurs reprises, il se préoccupe de leur sort. En 1662, il ordonne des distributions de pain ou la création d'ateliers de charité. Mais cela reste fort limité, comme le dévouement pourtant extraordinaire des dames pieuses et des communautés religieuses.
Revenir en haut Aller en bas
Baudouin
Invité



MessageSujet: Quelques événements Historiques   Mer Aoû 09 2006, 13:06

Quelques repères historiques pour nous aider à ressentir cette période du XVIIème siècle et pourquoi pas donner des idées de background aux personnages.

Si vous voyez d’autres événements intéressants envoyez-moi un MP et j’éditerai ces messages pour les insérer afin de garder une cohérence chronologique.

Au plaisir de vous croiser en RP thumbs up
Revenir en haut Aller en bas
Baudouin
Invité



MessageSujet: Années 1638 - 1639   Mer Aoû 09 2006, 13:07

5 septembre 1638
Naissance de Louis XIV
Né à Saint-Germain-en-Laye, Louis était désiré depuis longtemps. Le mariage en 1615 de Louis XIII avec Anne d'Autriche n'avait en effet toujours pas donné d'héritier au trône de France, 23 ans plus tard... Louis n'a pas 5 ans lorsque son père meurt, le 14 mai 1643. Anne d'Autriche, devenue régente, fait appel au cardinal Mazarin, parrain du jeune roi, pour l'éduquer.

16 juillet 1639
Révolte des va-nu-pieds
Exaspérée par l’empilement de nouvelles taxes destinées à soutenir l’effort de guerre, la population de Normandie s’agite. Lorsque la décision de rétablir la gabelle dans cette région est annoncée, les habitants d’Avranches décident de se rebeller et assassinent un agent du fisc. C’est le début de la révolte des va-nu-pieds qui va secouer la Normandie pendant plusieurs mois, notamment dans les villes d’Avranches, Rouen ou Bayeux. Face aux dépenses engendrées par la guerre de Trente ans, de nombreuses révoltes et jacqueries ont éclaté en France depuis 1635, mais l’action des va-nu-pieds prend de l’ampleur. Richelieu adopte alors la stratégie de la force et donne des pouvoirs exceptionnels à Gassion ou encore Séguier pour écraser les insurgés. Les violences prendront fin en janvier suivant.
Revenir en haut Aller en bas
Baudouin
Invité



MessageSujet: Années 1640 - 1649   Mer Aoû 09 2006, 13:11

1640
Corneille fait représenter "Horace"
Horace est l’une des plus grandes tragédies cornéliennes, avec "Cinna" et "Polyeucte". Corneille s’est inspiré de Tite-Live pour la produire et met en scène l’un de ses thèmes de prédilection : l’héroïsme face au pouvoir royal. Dans "Cinna", inspiré par Sénèque, Corneille reprendra ce thème du pardon. Au bout de vaines tentatives de complots contre Auguste, les personnages d’Émilie et de Cinna seront confrontés au jugement de ce dernier, qui leur accordera le pardon pour préserver son image.

1 décembre 1640
Le Portugal retrouve son indépendance
La petite noblesse du Portugal se soulève contre l'occupant espagnol. Elle rétablit l'indépendance du pays et porte sur le trône l'un des siens, Jean de Bragance, qui prend le nom de Jean IV. En 1578, le roi du Portugal, Sébastian, avait été tué au Maroc et le roi d'Espagne, Philippe II de Habsbourg, en avait profité pour pendre son titre.

1641
"Je pense donc je suis"
Descartes publie ses "Méditations métaphysiques" dans lesquelles il reprend des arguments esquissés dans le "Discours de la méthode". L’ouvrage présente les principales thèses de Descartes et la réponse aux objections. Il cherche à établir une vérité absolue qu’il dit trouver dans la phrase "je pense donc je suis", a priori irréfutable. Pour y parvenir, il a mis en place une méthode du doute qui aboutit au rejet de tout ce qui ne pas être absolument certain, comme le corps, l’existence du monde… Parvenu à cette vérité, le philosophe tente ensuite de prouver incontestablement l’existence de Dieu : c’est l’argument ontologique.

1642
Rembrandt réalise "la Ronde de nuit"
Après "la Leçon d'anatomie du Dr. Tulp" (1632), Rembrandt réalise un nouveau portrait de groupe, cette fois en dépeignant la garde nationale. La technique du clair-obscur y est une fois de plus utilisée, accentuant les personnages importants et donnant un effet de mouvement à la scène. La pénombre y est telle que l'action semble se dérouler de nuit alors qu'elle est initialement diurne. Parfaitement représentative du style baroque de l'époque, cette toile sera considérée comme l'une des oeuvres majeures du peintre.

17 mai 1642
Fondation de Montréal
Une cinquantaine de Français débarquent en Nouvelle-France (Québec) pour créer une communauté catholique. Ils fondent leur colonie sur une île située à 1 500 kilomètres à l'intérieur des terres, au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la Rivière des Prairies. En 1535, l'explorateur Jacques Cartier l'avait baptisé "Mons realis" ("mont royal" en latin). Elle deviendra la plaque tournante du commerce des fourrures.

3 juillet 1642
Mort de Marie de Médicis
La reine mère meurt esseulée à Cologne à l'âge de 69 ans. Bannie par son fils, le roi Louis XIII en 1630 parce qu'il la trouvait trop intrigante, elle est exilée de force au château de Compiègne. Elle réussira à s'en enfuir pour l'Angleterre puis l'Allemagne. Fille du Grand-Duc de Toscane, Marie Médicis avait épousé le roi Henri IV en 1600. Lorsque ce dernier est assassiné, elle assure la régence pour Louis XIII et s'implique dans les affaires politiques de la France.

9 septembre 1642
Louis XIII prend Perpignan aux Espagnols
Au coeur de la guerre de Trente ans, l'armée française envahit le Roussillon. Depuis sept ans, la France est en guerre contre l'Espagne. Après avoir pris Collioure, les Français emportent Perpignan au terme d'un siège difficile de cinq mois. Louis XIII, dont la santé ne lui permet plus de participer aux opérations militaires, suit les opérations depuis Paris. Il meurt neuf mois après, en mai 1643.

24 novembre 1642
Abel Tasman découvre la Tasmanie
Alors qu’il est chargé par la compagnie néerlandaise des Indes orientales de trouver un passage de l’Asie vers le Chili, le navigateur Abel Janszoon Tasman découvre une île au sud de l’Australie. Il la nomme alors terre de Van Diemen, nom de l’homme qui l’a chargé de cette mission. Cette terre sera par la suite renommée Tasmanie par les Anglais. Durant cette expédition, Tasman a contourné l’Australie, qu’il recherchait, sans la voir.

4 décembre 1642
Mort de Richelieu
Après avoir passé dix huit ans au service de l’Etat, le cardinal de Richelieu meurt à Paris. Aux cours de ces années aux côtés de Louis XIII, Richelieu a travaillé à l’unification de la France et à la toute puissance de la Monarchie. Il fut aussi le principal acteur de l’extension et de la puissance du pays au sein de l'Europe, puissance qui sera assurée en 1648. Préparant le terrain de l’absolutisme de Louis XIV, Richelieu fut aussi un despote qui se fit de nombreux ennemis parmi la noblesse. Certains affirment par ailleurs que le peuple alluma des feux de joie pour fêter l'annonce de ce décès.

19 mai 1643
Le Grand Condé vainqueur à Rocroi
Lors de la guerre de Trente ans (1618-1648), les Français remportent une victoire décisive sur les Espagnols à Rocroi (Ardennes). Le chef de l'armée française, le duc d'Enghien, 22 ans, bientôt surnommé le Grand Condé, révèle ici tout son génie militaire. Cette victoire marque le retour de la France sur la scène internationale après un siècle de défaites et de guerres civiles.

13 juin 1643
Les débuts de "L'Illustre-Théâtre" de Molière
Jean-Baptiste Poquelin, le futur Molière, fonde avec quelques amis, dont la comédienne Madeleine Béjart, une troupe de théâtre. Installé d'abord à Paris, "L'Illustre-Théâtre" fera faillite en 1645. La troupe ira se rôder en province et, de retour à Paris en 1659, elle triomphera avec "Les Précieuses ridicules". Protégé de Louis XIV, Molière donnera de nombreuses comédies pour la Cour et le public parisien.

3 avril 1644
Suicide du dernier empereur Ming en Chine
Incapable de contenir la révolte Mandchoue qui gronde en Chine depuis plus de 10 ans, le souverain Tchouang-lie-ti se pend dans la Cité Interdite à Pékin. Les eunuques de la ville impériale ouvrent immédiatement les portes de la Cité aux troupes rebelles Mandchoue qui prennent le pouvoir. La nouvelle dynastie, les Ts'ing, régnera dés lors.

11 juin 1644
Torricelli invente le baromètre
Le physicien italien Evangelista Torricelli, ami de Galilée, observe que la hauteur du mercure dans un tube varie en fonction de la pression atmosphérique. En 1648, Pascal approfondira cette découverte, d'où le nom des unités de mesure "pascal" et "hectopascal". Le baromètre permet de mesurer la pression atmosphérique et donc de faire des prévisions météorologiques.

26 août 1648
Début de la Fronde
La régente Anne d'Autriche et Mazarin pour réaffirmer l'autorité royale et réduire l'opposition parlementaire, font arrêter le conseiller Broussel. Mais, sitôt avertit, le peuple se révolte et dresse des barricades dans les rues de Paris. Mazarin fera alors libérer Broussel et la Cour ira se réfugier quelques mois à Saint-Germain-en-Laye. La Fronde, le mouvement d'opposition à l'autorité royale durera jusqu'en 1653.

24 octobre 1648
Publication des traités de Westphalie
Les Catholiques et les Protestants signent les traités de Westphalie. Les premiers à Münster le 8 septembre et les seconds à Osnabrück le 6 août. La guerre de trente ans prend ainsi fin, la France obtient une partie de l’Alsace, la Suède et l’Allemagne acquièrent également des territoires tandis que les Pays-Bas et la Suisse gagnent leurs indépendances.

septembre 1649
Olivier Cromwell réprime les Irlandais
Après avoir participé à la condamnation à mort du roi Charles Ier d'Angleterre, Olivier Cromwell prend la ville de Dublin. Accompagné de son armée, il se rend rapidement à Drogheda, bastion de la résistance royaliste, et massacre les habitants. Il soumet ainsi l’Irlande à sa domination et distribue les terres des Catholiques aux Anglais protestants et à son armée.
Revenir en haut Aller en bas
Baudouin
Invité



MessageSujet: Années 1650 - 1659   Mer Aoû 09 2006, 13:15

18 janvier 1650
Début de la Fronde des princes
Le prince de Condé qui désire remplacer Mazarin dans ses fonctions de Ministre Principal est arrêté par le reine et régente du royaume, Anne d'Autriche. Son frère, Conti, et son beau-frère, Longueville, accompagnent Condé dans son infortune et sont conduits au château de Vincennes. Dans les provinces, les partisans des princes se soulèvent, la seconde Fronde commence : on lui donnera le nom de "Fronde des princes". La Bourgogne, la Normandie, le Limousin, le Poitou et l'Aquitaine rallument la guerre civile. L'armée royale y mettra un terme au mois d'octobre.

3 septembre 1650
Défaite de Charles II à Worcester
Charles II, fils de Charles Ier, exécuté sous l’influence d’Olivier Cromwell, tente de récupérer le pouvoir britannique. Talentueux militaire, Cromwell lui inflige une cuisante défaite à Worcester. Charles II sera alors contraint de fuir en France.

1651
Hobbes publie le Leviathan
Thomas Hobbes publie son ouvrage majeur : "le Léviathan". Il définit la société comme résultant d’un accord entre les hommes pour dominer les passions de chacun. Les hommes, naturellement nuisibles les uns pour les autres, se seraient associés afin de limiter le pouvoir du libre-arbitre. A ce propos, l'expression de Hobbes : "l’homme est un loup pour l’homme" est restée célèbre.

1656
Rembrandt, en faillite
La Haute Cour de justice déclare le peintre Rembrandt en faillite. Ce dernier perçoit pourtant des revenus importants provenant de ses activités de peintre et de professeur mais il s'est endetté à l'achat de sa maison d'Amsterdam et par son mode de vie. Il doit alors assister, impuissant, à l'inventaire de ses biens et à leur mise aux enchères. Toute sa précieuse collection d'oeuvres d'art sera vendue. Par la suite, les commandes se feront de plus en plus rares, l'artiste et sa famille abandonneront la maison pour un appartement sur Rozengracht. Sa compagne, Hendrickje, et son fils, Titus, y installeront une petite boutique de peinture et placeront Rembrandt sous tutelle afin de subsister.

27 juillet 1656
Spinoza est excommunié
S’intéressant aux philosophies de Descartes et Hobbes et fréquentant des Chrétiens, le jeune Baruch de Spinoza s’attire les foudres des fanatiques juifs. Les rabbins d’Amsterdam décident de l’excommunier. Libre penseur ne se souciant guère des traditions, Spinoza poursuivra sa route et développera seul son système philosophique panthéiste, à côté de son travail alimentaire : le polissage du verre. Toutefois, il subit également une tentative de meurtre et ne pourra jamais diffuser librement son savoir.

14 juin 1658
Turenne remporte la bataille des Dunes
Le maréchal Turenne, à la tête de l'armée française, bat les Espagnols et l'armée du prince de Condé près de Dunkerque. Cette victoire met fin à 24 ans de guerre entre la dynastie française des Bourbons et la dynastie espagnole des Habsbourg. La paix sera signée dans les Pyrénées en 1759 et Turenne obtiendra le titre exceptionnel de maréchal général des camps et armées du roi en 1660.

7 novembre 1659
Signature du traité des Pyrénées
Le premier ministre Mazarin et Luis de Haro signent le traité franco-espagnol sur l'île des faisans, au milieu de la rivière Bidassoa au pays basque. Il met fin à 24 ans d'hostilités entre les deux puissances européennes et scelle cette nouvelle paix par le mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille aînée du roi d'Espagne Philippe IV. La France reçoit de l'Espagne le Roussillon, la Cerdagne, l'Artois et plusieurs places fortes en Flandres et en Lorraine. La France confirme son hégémonie, alors que la puissance des Habsbourgs s'essouffle.

18 novembre 1659
Première des "Précieuses ridicules"
La comédie de Molière est représentée pour la première fois sur la scène du théâtre du Petit-Bourbon à Paris.
Revenir en haut Aller en bas
Baudouin
Invité



MessageSujet: Années 1660 - 1663   Mer Aoû 09 2006, 13:18

9 juin 1660
Louis XIV épouse Marie-Thérèse
Le roi de France Louis XIV et l'infante d'Autriche Marie-Thérèse, tous deux âgés de 21 ans, se marient à Saint-Jean-de-Luz (Aquitaine). Cette union scelle la paix signée dans les Pyrénées, sept mois plus tôt, qui mit fin à l'interminable guerre qui opposait la dynastie française des Bourbons et la dynastie espagnole des Habsbourg.

29 août 1660
Charles II rentre à Londres
Charles II, proclamé roi d'Angleterre, fait son entrée à Londres. Fils de Charles Ier, qui avait provoqué une guerre civile dans le royaume à l'issu de laquelle il avait été décapité, s'était exilé en 1649. Entre 1649 et 1658, Olivier Cromwell exerça un pouvoir personnel. Son fils, Richard Cromwell, ayant démissionné, la dynastie des Stuart est restaurée.

28 septembre 1660
Mort de Saint Vincent de Paul
Le prêtre charismatique Vincent de Paul meurt à Paris à l'âge de 79 ans après avoir dédié toute sa vie à la religion catholique et aux pauvres. Né à Pouy, ou Paul, dans les Landes en 1581, il est issu d'une famille très pauvre. Ordonné prêtre en 1600, il entre à la cour du Roi en tant que précepteur de la reine Margot et devient le disciple du cardinal Pierre de Bérulle. Il prend conscience que la religion indiffère de plus en plus les Français et décide de la populariser à nouveau en devenant curé de campagne. Il fonde plusieurs confréries charitables, notamment les Filles de la Charité ou Soeurs de Saint Vincent-de-Paul au service des enfants trouvés, des malades et de tous les nécessiteux. Sa dépouille repose dans la chapelle des lazaristes, au cœur de Paris.

9 mars 1661
Mort de Mazarin
Le principal ministre de Louis XIV, le cardinal Mazarin s'éteint à Vincennes à l'âge de 58 ans. Le lendemain, le roi de France âgé de 22 ans convoque ses ministres et leur annonce sa volonté de reprendre seul les rênes du pouvoir : "[...] jusqu'à présent j'ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu M. le Cardinal; il est temps que je les gouverne moi-même."

17 août 1661
Somptueuse réception à Vaux-le-Vicomte
Pour fêter l'achèvement du château qu'il s'est fait construire à Vaux-le-Vicomte (au sud-est de Paris), le surintendant des Finances Nicolas Fouquet, organise une grande réception pour le roi et la Cour. Le buffet est organisé par Vatel, Molière et Lully présente une comédie ballet dans les jardins (dessinés par Le Nôtre) et un grand feu d'artifice est donné au-dessus de l'édifice (de l'architecte Le Vau). Cet étalage de luxe suscitera la jalousie de Louis XIV qui fera arrêter Fouquet le 5 septembre.

5 septembre 1661
La chute de Fouquet
Le surintendant des finance de Louis XIV est arrêté à Nantes par d'Artagnan, capitaine des mousquetaires du roi avant d'être transféré au château de Vincennes puis à Angers et à Amboise. Nommé par Anne d'Autriche et Mazarin en 1653 à l'âge de 38 ans, l'artisan du redressement des finances publiques après les troubles de la fronde s'était aussi enrichi prodigieusement, mais avec bien peu de discrétion. Fouquet menait une vie fastueuse dans le château de Vaux qu'il avait fait reconstruire après trois ans de surintendance. En 1658, il avait acheté Belle-lsle, qu'il fortifia pour s'en faire une place de sûreté. A la mort de Mazarin en mars 1661, Louis XIV suivi les conseils de Colbert et décida de surveiller de plus près les finances publiques. L'attitude pressante de Fouquet auprès de Mlle de La Vallière, maîtresse du roi, et la jalousie née de la splendeur d'une fête donnée le 17 août 1661 à Vaux ont accéléré la chute du ministre corrompu. Son procès est toujours en cours et il est détenu à la Bastille

18 mars 1662
Premier transport en commun
Sur une proposition du philosophe Blaise Pascal, un système de transport en commun est élaboré à Paris. Sept carrosses publics sont mis en service entre la Porte Saint-Antoine et le Luxembourg. La course coûte 5 sols.

5 juin 1662
Le Carrousel de Louis XIV
Le roi Louis XIV, 24 ans, donne une grande fête dans le jardin des Tuileries, à Paris. Plusieurs milliers de spectateurs contemplent les savantes évolutions de cinq quadrilles, cinq troupes de cavaliers exécutant des parades. C'est à cette occasion que Louis XIV prend comme emblème le Soleil. Le spectacle est si grandiose que la place prendra le nom de Caroussel.

19 août 1662
Mort de Pascal
Blaise Pascal s’éteint à l’âge de trente neuf ans et laisse inachevée son œuvre philosophique la plus importante : les "Pensées". Grand mathématicien et physicien, Pascal s’était détourné de la science après une expérience mystique. Outre l’invention d’une machine à calculer (la pascaline), Pascal a fait des travaux importants sur les probabilités. Sa pensée, imprégnée de Jansénisme, met l’accent sur la supériorité de la Foi.

27 octobre 1662
Louis XIV achète Mardyck et Dunkerque aux Anglais
Pendant les guerres des XVIe et XVIIe siècles, les corsaires de Dunkerque firent de grands ravages dans les marines ennemies. Perdue de nouveau pour la France, le 25 juin 1658, Turenne prend la ville aux Espagnols. Le soir même, Louis XIV remet la ville à Charles II d'Angleterre. Dunkerque est définitivement rattachée au royaume de France en 1662 après que Louis XIV l'ait rachetée à l'Angleterre. Vauban entreprend alors de fortifier la ville et développe son port.

26 décembre 1662
Molière crée "L'Ecole des Femmes"
Jean-Baptiste Poquelin achève la création de sa dernière comédie en 5 actes au Palais-Royal à Paris. "L'Ecole des femmes" remportera un immense succès et sera vite considérée comme la première comédie de la maturité pour Molière. Cependant, la morale et le comique de la pièce agaceront ses rivaux tels que Corneille et les consciences traditionnelles. Molière devra faire face à une vague de critiques qui alimenteront la polémique jusqu'en 1663.

Examen du projet de Pierre-Paul Riquet
18 janvier 1663
Examen du projet de Pierre-Paul Riquet
Louis XIV ordonne par arrêt du Conseil d'État l'examen du projet de Pierre-Paul Riquet pour la création du canal du Midi. Le Canal Royal du Languedoc (de son nom d'origine) est le plus ancien canal d'Europe encore en fonctionnement. Louis XIV est intéressé par cette construction comme tant d'autres avant lui (Néron, Auguste, Charlemagne, François Ier, Charles IX et Henri IV). Lorsque le roi reçut la proposition de Riquet, en 1662, il y vit l'opportunité de priver l'Espagne d'une partie de ses ressources, et l'occasion de marquer son règne d'une œuvre impérissable.

24 février 1663
Québec devient une colonie de la couronne de France
En 1663, le ministre des finances Colbert met en place un gouvernement royal en Nouvelle-France. Le territoire doit être administré comme une province française sous l'égide d'un gouverneur.
Revenir en haut Aller en bas
Baudouin
Invité



MessageSujet: Monnaie de Compte et Monnaie de Marché   Jeu Aoû 10 2006, 16:49

Au XVIIème siècle, il faut différencier la Monnaie de Compte (Livre, Sol, Denier) de la Monnaie de Marché (Louis, Ecu, Liard):


La Monnaie de Compte

C'est une monnaie de référence utilisée pour pouvoir convertir des sommes dans une même unité, à une époque où une multitude de valeurs très différentes est en circulation. Elle sert à homogénéiser les opérations évoquées par le compte, elle est bien distincte de la monnaie avec laquelle ces opérations sont matériellement effectuées, la Monnaie de Marché.

• L’unité de compte de base était le denier et prenait ses racines dans le régime monétaire romain depuis le IIIème siècle avant J.-C.: le mot denier est dérivé du latin denarius, égale une pièce de 10 as.

• L’Unité de Compte intermédiaire était le Sou ou Sol, francisation du Solidus, monnaie d’or introduite par Constantin Ier, au IVème siècle de notre ère, afin de mettre un terme à la dégradation du régime monétaire romain, et qui perdurait encore après la dislocation de l’Empire, dans les anciennes provinces romaines. Le Sou/Sol était défini par une valeur de 12 deniers.

• Une nouvelle unité de compte supérieure, la Livre, était définie par une valeur de 240 deniers ou 20 Sols/Sous. Elle était dérivée d'une des Unités de poids de l'Ancien régime : la livre de poids de marc, équivalente à 489,5 grammes environ. C'est à ce niveau que fut d'ailleurs fixée l'équivalence "Argent – Poids" de la Livre.

La livre se subdivise en sols, et deniers.
• 1 livre = 20 sols
• 1 sol = 12 deniers
Avec donc : 1 livre = 240 deniers.

Le cours légal de la livre en or et en argent, était fixé par ordonnance royale en référence à :
• une taille (un poids) fixé en marc de poids de marc (1 marc = 244,7 grammes environ)
• un aloi (un titre) fixé en carats (1 carat = 1/24ème)

Ainsi, l'édit royal du 31 mars 1640 fixe le cours du louis d'or à 1/36,25 marc d'or avec un aloi de 22/24 carats, pour une valeur de 10 livres . Soit un cours légal de la livre à (1/36.25 * 22/24) * (244,7 / 10) = 0,619 grammes d'or pur.

Il est difficile de donner une valeur actuelle à une monnaie de plus de trois siècles mais, pour pouvoir se faire une idée des prix de l'époque, les historiens donnent à la Livre une valeur moyenne de 8 €uros.

Ainsi, en lisant : "le cardinal Mazarin a laissé à l'État français l'ensemble de ses biens, pour un total de 35 millions de livres, dont 8 millions en liquide", on comprendra 280 millions d'euros dont 64 millions en espèces...


La Monnaie de Marché

C'est la monnaie matériel avec laquelle nos ancêtres du XVIIème siècle réglaient l'ensemble de leurs dépenses dans les échoppes, théâtres, auberges, ...

Le louis est la dénomination courante de la monnaie d'or française depuis 1640.

La monnaie du Grand Siècle et des Lumières repose sur le système louis-écu-liard. Diverses monnaies françaises et étrangères circulent en France lorsque Louis XIII décide de réformer le système monétaire en 1640. Grâce à l'afflux de l'or espagnol (le pistol) et au décri des espèces anciennes, le roi peut frapper une belle pièce d'or à laquelle il donne son prénom : le louis d'or. Le louis d'argent qui en découle est appelé "écu". À partir de 1656, ce système homogène est complété par la monnaie de cuivre appelée "liard" (3 deniers).

• le louis d'or qui remplaça le franc ou écu d'or, en circulation depuis l'époque de Jean II le bon,
le double louis d'or (20 livres)
le louis d'or de 10 livres
le demi-louis d'or (5 livres)
• le louis d'argent ou écu blanc de 60 sols
le demi-écu (30 sols)
le quart d'écu (15 sols)
le sixième d'écu (10 sols)
le douzième d'écu (5 sols)
• le liard, monnaie de cuivre (3 Deniers), à partir de 1656.

Evidemment certaines couches de la sociétè ne voyaient jamais passer d'or puisque :
1 Louis = 3.33 Ecus = 800 Liards

Louis d'Or


Ecu d'Argent


Liard de Cuivre
Revenir en haut Aller en bas
Baudouin
Invité



MessageSujet: La place du Parfum   Ven Aoû 11 2006, 11:51

La Renaissance et l’apogée de la Sérénissime

A la Renaissance, Gênes et Venise en contrôlent le trafic en Méditerranée. Leurs navires marchands, s’appuyant sur de nombreux comptoirs et de puissantes marines de guerre, ont un quasi monopole du transport des produits venus du Proche ou de l’Extrême Orient. La Sérénissime République de Venise tient un rôle de tout premier plan dans le commerce des denrées précieuses.

Dans les entrepôts du Grand Canal s’accumulent soieries et étoffes rares mais surtout épices et aromates d’une valeur considérable qui font de Venise, la ville la plus riche d’Europe. Sa domination dans le commerce des substances odorantes s’accompagne d’un essor remarquable des industries de luxe qui déborde les limites de la République. Il n’est pas étonnant que l’Italie devienne la terre d’élection de la parfumerie.

A la fin du XVIe siècle, la Sérénissime est toujours fastueuse mais les premiers signes d’un essouflement sont perceptibles. Concurrencée par les navires hollandais, anglais et français, elle perd peu à peu son rôle dominant dans le transport des produits de luxe. Et, en matière de parfumerie, c’est la France qui va prendre la première place

Les Parfumeurs-Gantiers au temps du Roi-Soleil

Au XVIIe siècle, les parfumeurs français, majoritairement des Parfumeurs-Gantiers, qui étaient réunis en corporation depuis Philippe-Auguste, obtiennent des statuts solides. Devenir maître gantier-parfumeur suppose quatre années d’apprentissage suivies de trois autres de compagnonnage. Colbert qui considère la parfumerie française comme une grande industrie nationale en puissance encourage son développement.

Cet essor est favorisé par les grandes plantations d’orangers réalisées dans la région de Grasse où se multiplient aussi les cultures de plantes à parfum : rose, oeillet, tubéreuse, violette et jasmin. Dans le même temps, les compagnies françaises des Indes orientales et occidentales donnent aux parfumeurs un accès direct à de nombreux produits exotiques.

A Fontainebleau d'abord, où règne l’étiquette la plus rigoureuse, le parfum qui se décline à travers de multiples accessoires odoriférants (sachets, éventails, mouchoirs, vêtements, perruques, chapelets et gants parfumés) a évidemment pour fonction de manifester le rang social.

Il forme autour de la personne un véritable halo qui la prolonge et la magnifie. Louis XIV, surnommé le "doux fleurant ", aime voir son parfumeur Martial lui préparer ses parfums. Le Prince de Condé assiste aussi au « parfumage » de son tabac. Cette plante, originaire d’Amérique, est fréquemment aromatisée à la fleur d’oranger, à la rose, au jasmin, au musc, à la civette, à l’ambre.

Suivant l’exemple de la maréchale d’Aumont qui a mis au point une formule de poudre dite "à la Maréchale", à base d’iris, de coriandre, de girofle, de calamus et de souchet, les courtisans confectionnent, pour se divertir, toute sorte de produits parfumés.

Poudres à la violette, à l’iris, à la rose musquée, à la jacinthe, nettoient la chevelure.
Eaux cosmétiques à la cannelle, camphre, citron, camomille, embellissent la peau.
Eaux de senteurs au musc, lys, ambre, fleur d’oranger, laissent un séduisant sillage.
Bains de bouche au gingembre, mastic, clou de girofle, romarin sont garants d’une bonne haleine.
Huiles et pommades à la rose, orange, citron, complètent la panoplie aromatique de l’époque.
Le benjoin de Sumatra et du Siam, une résine dont les belles larmes translucides, exhalent une odeur vanillée, entre dans de nombreuses préparations, comme l’"Eau d’Ange" qui, à en croire Rabelais, était très appréciée des dames de l’abbaye de Thélème.

Le XVIIe siècle connaît une utilisation excessive du parfum, destiné à pallier le manque d'hygiène grandissant. A la Cour, être propre, c'est se poudrer au jasmin ou à la mousse de chêne, se tamponner le visage avec de l'eau à la bergamote, croquer de l'ambre ou des clous de girofle. Rien n'échappe au parfum : dentelles, velours, gants, perruques, coussins, tentures et même les cendres de Carême.

On le trouve sous des formes très diverses. Poudres, lotions, sirops, boîtes de senteurs, "oiselets de chypre" (pâte parfumée moulée en forme d’oiseau), sont censés faire barrage à la pénétration de l’air putride. L’accessoire le plus sophistiqué de cette aromathérapie est sans doute la pomme d’ambre. D’origine orientale, c’est une boule en or ou en argent, souvent incrustée de perles et de pierres précieuses. Elle contient, comme son nom l’indique, de l’ambre (gris), substance parfumée provenant des concrétions intestinales du cachalot et de la baleine. Mais la pomme d’ambre, en raison de son prix, est réservée aux rois, aux princes et aux plus fortunés. Les personnes de condition plus modeste se contentent de pommes de senteurs garnies d’ingrédients moins rares (aloès, camphre, basilic, menthe sèche), ou même d’une simple éponge imbibée de vinaigre.

Plus que jamais, le parfum est censé protéger du mauvais air. L’environnement odorant d’un palais qui ignore les latrines est, en effet, épouvantable. On fait donc brûler dans les pièces du château quantité de cassolettes. Et, en temps de peste, ce sont des "parfumeurs" rétribués par les villes qui désinfectent, à l’aide de fumigations aromatiques, parfois renforcées par des effluves violents (ceux du soufre, de l’arsenic, de la poudre à canon), les maisons contaminées et les habitants.
Revenir en haut Aller en bas
Baudouin
Invité



MessageSujet: La Police sous Louis XIV   Mar Aoû 29 2006, 21:17

Un agent nouveau comme solution au désordre parisien

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, la gestion de Paris est assurée concurremment par de multiples institutions, qui se sont additionnées au fil du temps sans se remplacer et offrent de piètres résultats en matière de police (A). Alors que l’insécurité et le désordre gagnent la capitale (B), au grand scandale de ses habitants.

A. Les défaillances d’administrations rivales

Avant 1667, la capitale n’est pas dépourvue d’autorités investies de missions de police, bien au contraire. Le prévôt et vicomte de Paris, agent royal, est chargé de la gestion de la capitale. L’essentiel de ses fonctions sont passées entre les mains de ses lieutenants dès le début du XVIe siècle : le lieutenant civil et le lieutenant criminel se partagent ainsi la justice et la police de la ville et se livrent à une concurrence farouche. L’arrêt du Parlement du 12 mars 1630, s’il tranche le conflit au profit du lieutenant civil, ne permet toutefois pas de régler nettement les attributions respectives des deux agents en matière de police. Cette situation est d’autant plus confondante que d’autres personnages interviennent au titre de la police à Paris. Ainsi, le prévôt des marchands, qui appartient au Bureau de Ville, dispose de compétences étendues en matière financière et fiscale, d’approvisionnement de la capitale, de gestion du fleuve, de sécurité... Enfin, des agents tels que le lieutenant criminel de robe courte, le prévôt de l’Ile ou encore le chevalier du guet, interviennent subsidiairement dans la police de Paris. Il résulte de la multitude d’administrations rivales une grande confusion et une incapacité à résoudre les plus graves difficultés que pose la gestion d’une grande cité. Il convient en outre de remarquer que la police est généralement considérée comme une fonction peu rémunératrice voire gratuite . Les officiers, qui ont acheté leur charge, préfèrent dès lors se consacrer à des activités plus intéressantes financièrement. Aussi les commissaires au Châtelet négligeaient-ils sans vergogne la police au profit de fonctions payantes, telles que l’apposition ou la levée de scellés, la liquidation de comptes litigieux ou encore la préparation de rapports pour les intimés devant le lieutenant civil. Ces défaillances d’une administration fréquemment soupçonnée de corruption par les habitants constituent véritablement une cause structurelle, profonde, de la nécessité de réformer la police dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Cette confusion institutionnelle s’est conjuguée aux excès criminels des années 1660, facteur déclenchant de la « réformation » de mars 1667.

B. Une capitale en proie à l’insécurité

Alors que Paris est la ville la plus importante d’Europe en nombre d’habitants, la situation est dramatique en terme de sécurité publique. On cite souvent Gui Patin, Doyen de la Faculté de médecine et homme de lettres, qui dénonce le 26 septembre 1644 : « Jour et nuit on vole et on tue ici à l’entour de Paris. On dit que ce sont des soldats du régiment des gardes et des mousquetaires. Nous sommes arrivés à la lie de tous les siècles ». A l’époque du grand règne de Louis XIV la divagation de soldats n’est pas le moindre facteur de troubles. Ils logent en effet chez l’habitant, à défaut de casernes. En outre, les malfaiteurs sont légions : dans la seconde moitié du XVIIe siècle, de véritables compagnies criminelles (qui possèdent leurs officiers, leur discipline, leur langage secret et leur code spécial de l’honneur) étendent leur domination sur des quartiers entiers de la capitale pour y exercer leurs activités détestables dans une relative impunité. L’insécurité prend parfois une ampleur inquiétante : pour la seule journée du 6 juin 1644, on dénombre quatorze assassinats. A dire vrai, la capitale du royaume est tristement réputée dans toute l’Europe pour la dangerosité de ses rues. L’inquiétude qui en résulte, ressentie de manière permanente, va gonfler à tel point qu’elle va constituer une des causes immédiates de la réforme de la police, à la suite d’un épisode marquant. L’émotion populaire atteint en effet son comble lorsque, le 24 août 1665, deux voleurs s’introduisent en plein jour dans l’hôtel particulier du lieutenant criminel Jacques Tardieu et l’assassinent, après avoir tué sa femme d’un coup de pistolet. L’indignation générale suscitée par le crime amène le roi et son contrôleur général à remédier au plus vite à la situation, non sans avoir préalablement mené une véritable réflexion sur la police de la capitale.


Informations extraites de Wikipédia et confirmées par plusieurs autres sources
Revenir en haut Aller en bas
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: Grands Offices de La Couronne de France   Sam Jan 06 2007, 16:20

Les grands offices de la couronne de France sont des offices de gouvernement attribués par le roi de France.

Dès le début de l'époque moderne et définitivement avec le règne de Louis XIV, les grands offices de la couronne furent privés de tout pouvoir réel. Seul le chancelier exerça ses fonctions jusqu'à la fin de la monarchie.

Tous ces offices étaient à la disposition du roi, n'étant pas transmissibles aux descendants ou vendables. Toutefois les dignitaires étaient nommés à vie, excepté le garde des sceaux.

Dans l'ordre hiérarchique, on trouve :

-Le Chancelier de France

-Le Grand Maître de France

-Le Grand Chambellan de France

-Les Maréchaux de France

-Le Grand Ecuyer de France

-Le Grand Maître de l'Artillerie

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: Maison du Roi   Sam Jan 06 2007, 16:49

La Maison du roi est une administration domestique existant en France sous l'Ancien Régime puis sous la Restauration.

Elle a été réglementée par Henri III en 1578 puis 1585, puis par Colbert. Elle est dirigée par le grand maître de France, l'un des premiers personnages du royaume. Au XVIe et XVIIe siècle, elle compte entre 1 000 et 2 000 personnes. Il est difficile de retracer son évolution exacte. Comme le dit Jean-François Solnon dans le Dictionnaire du grand siècle :

« La structure [de la Maison du roi] n'a pas l'ordonnance d'un jardin à la française. C'est un ensemble hétérogène, constitué progressivement par ajout successifs de services nouveaux sans suppression brutale des plus anachroniques. (...) La négligence dans la tenue des rôles, l'imprécision des attributions interdisent tout classement rigoureux, tout dénombrement précis ».

Elle comporte trois grandes divisions : la Maison civile, la Maison militaire et la Maison ecclésiastique.

_________________


Dernière édition par le Sam Jan 20 2007, 10:50, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: Re: Quelques rappels historiques concernant l'époque du jeu   Sam Jan 06 2007, 16:52

MAISON CIVILE


Elle est divisée en départements, de nombre variable au cours de l'époque moderne. Sous Louis XIV, elle en comptera vingt-deux. Ceux-ci étaient dirigés par les grands officiers de la Maison du roi, titre distinct (malgré quelques recoupements) de celui de grand officier de la couronne, membres de la haute noblesse ou du haut clergé. Voici les départements les plus importants :

La Bouche du roi


C'est le plus important, en termes de personnel, des départements de la Maison du roi. Elle est dirigée par le premier maître d'hôtel et se compose de sept offices, tous touchant au ravitaillement et à la cuisine pour la table du roi :

* gobelet
* cuisine-bouche
* paneterie
* échansonnerie
* cuisine-commun
* fruiterie
* fourrière

Servent à la Bouche le maître d'hôtel ordinaire, les 12 maîtres d'hôtel servant par quartier, le grand panetier, le premier écuyer tranchant et le grand échanson (trois offices devenus purement honorifiques depuis le début de l'époque moderne), les 36 gentilshommes servants, etc.

La Chambre du roi

Elle est dirigée par le grand chambellan et a la charge des appartements du roi et de l'escorte de la personne du roi. C'est, avec la Bouche, l'un des services avec le plus de personnel : elle compte dans ses rangs les 4 premiers gentilshommes de la chambre(voir dans 'organisation des fêtes'), les gentilshommes de la Chambre, les valets de chambre ( autre source d'informations ), les pages, les huissiers et les enfants d'honneur. La proximité des officiers de la Chambre avec le roi rend les charges très estimées.

Les Menus-Plaisirs

Son nom complet est « argenterie, menus plaisirs et affaires de la chambre du roi ». C'est le service chargé des décors de théâtre, costumes et accessoires des pièces, ballets et spectacles organisés à la cour. Il est dirigé par un intendant.

Les Cérémonies

Service chargé du cérémonial public : baptêmes, mariages et enterrements royaux, sacre et couronnement, entrées royales, festins royaux, réceptions d'ambassadeurs, États généraux, etc. Il est dirigé par le grand maître des cérémonies, assisté par le maître et l'aide des cérémonies.

L'Écurie

Elle est divisée depuis 1582 en deux services :

* la grande Écurie, dirigée par le grand écuyer, dit « M. le Grand », qui s'occupe des haras du roi et du service des cérémonies (hérauts et roi d'armes, poursuivants d'armes, porte-épées de parement et corps des musiciens).
* la petite Écurie, dirigée par le premier écuyer, dit « M. le Premier », comprend les écuyers, les pages, les petits valets de pied et tout ce qui est cocher, postillon, sellier ou palefrenier.

La Vénerie

Elle s'occupe des chasses du roi. Elle est dirigée par le grand veneur et comprend, outre la vénerie (chasse à cheval), la louveterie (dirigée par le grand louvetier), la fauconnerie (dirigée par le grand fauconnier) et le vautrait (équipage pour la chasse au sanglier, dirigé par le capitaine des toiles).

_________________


Dernière édition par le Sam Jan 20 2007, 10:45, édité 7 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: Re: Quelques rappels historiques concernant l'époque du jeu   Sam Jan 06 2007, 16:54

MAISON MILITAIRE



La Maison militaire comprend l'ensemble des troupes d'élite de l'armée royale. Elle existe depuis au moins le XVIe siècle, mais n'est organisée que par Louis XIV. Elle est dirigée par le secrétaire d'État à la Maison du roi et le secrétaire d'État à la guerre.

Elle comprend divers corps au fil des années, dont :

* les gardes du corps
* les Cent-Suisses
* les gentilshommes à bec de corbin
* les Gardes-Françaises (régiment créé en 1563)
* les chevau-légers (1593)
* les gardes suisses (1616)
* les mousquetaires (deux compagnies, 1622 et 1660)
* la gendarmerie d'ordonnance (1660, supprimé en 1788)
* les grenadiers à cheval (1676)

Loin de n'être que des troupes de cérémonie, les régiments de la Maison du roi, à l'instar de la Garde impériale de Napoléon Ier, ont participé à toutes les campagnes, d'abord en tant que garde personnelle du roi. Ainsi, en 1567, lors de la surprise de Meaux, la famille royale ne doit qu'aux Cent-Suisses d'échapper à la capture par les troupes protestantes du prince de Condé. Le 10 août 1792, les gardes suisses se font massacrer pour protéger Louis XVI et sa famille. Sur le champ de bataille, rassemblée autour du porte-cornette blanche, elle sert de garde rapprochée au roi.

En l'absence du roi, elle combat quand même : c'est la seule armée permanente du royaume, avec la cavalerie d'ordonnance, les six « Vieux » et les six « Petits-Vieux ».

_________________


Dernière édition par le Sam Jan 20 2007, 10:48, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: Re: Quelques rappels historiques concernant l'époque du jeu   Sam Jan 06 2007, 16:55

MAISON ECCLÉSIASTIQUE


Son chef est le grand aumônier de France (charge créée sous François Ier), le plus souvent un cardinal. La Chapelle a la charge des messes et cérémonies religieuses (mariages, baptêmes, etc.) et des aumônes du roi. Les autres officiers de la maison ecclésiastique sont le premier aumônier, l'aumônier ordinaire, le maître de l'oratoire, le confesseur du roi, etc.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: L'Hygiene   Sam Jan 06 2007, 17:04

Les courtisans ne bénéficiaient d'aucune commodité. On se soulageait sous un escalier ou dans un endroit plus ou moins discret. Certains valets étaient chargés de rechercher les objets abandonnés et de s'en débarrasser. Aussi, de nombreuses mauvaises odeurs envahissaient le château :

* les chevaux qui avaient galopé ainsi que la transpiration de leurs cavaliers.
* les chèvres ou vaches que l'on amenait jusqu'aux appartements des princesses pour le lait.
* les courtisans entassés qui se méfiaient de l'eau chaude que la Faculté considérait comme agent propagateur de maladies.

Pour masquer ces odeurs fortes, on parfumait la crasse de patchouli, de musc, de civette, de tubéreuse etc. La diffusion des parfums se faisait par :

* des soufflets
* des pastilles à brûler.
* des cassolettes contenant de l'eau de mille fleurs.
* les gants parfumés que l'on se procurait chez le gantier parfumeur.

Les demoiselles masquaient leur mauvaise haleine avec des plantes aromatiques telles que cannelle, clou de girofle, fenouil, menthe, marjolaine, thym, pouliot, fleur de lavande ou mélilot. Madame de Sévigné décrivit la toilette de la duchesse de Bourbon qui se frisait et se poudrait elle-même tout en mangeant : « ...les mêmes doigts tiennent alternativement la houppe et le pain au pot, elle mange sa poudre et graisse ses cheveux ; le tout ensemble fait un fort bon déjeuner et une charmante coiffure... ». Les poudres se dissimulaient dans les coffres à vêtement ou sur soi dans des sachets.

Louis XIV ne se lavait qu'une partie du corps avec de l'eau de Cologne bien qu'il eût fait installer en 1665 un appartement de bain. À la fin de sa vie, le roi se parfumait à la fleur d'oranger et il fallait prendre garde en s'approchant de lui, à ne pas lui chagriner les narines avec un parfum qu'il ne supportait plus.


Selon les guides et conférenciers de Versailles, le roi se lavait tous les jours, l'après-midi en rentrant de chasse. Les salles de bains avaient deux baignoires, on ne sait pas vraiment pourquoi. L'une pour se laver, l'autre pour se rincer, ou simplement pour avoir un voisin de toilette avec qui discuter? Ce qui est sûr, c'est que le roi recevait pendant ses bains. Les cuves sont en cuivre, tapissées de linge pour ne pas irriter la peau. Deux robinets pour l'eau chaude et froide sont reliés à un énorme réservoir alimenté par des valets tous les jours. Au temps de Louis XIV, l'eau avait mauvaise réputation, mais le château compte de multiples salles de bain ; Louis XV en fit démolir plus de la moitié pour agrandir la chambre de sa fille. L'eau est extrêmement chaude, on se repose des « fatigues du bain » dans une autre pièce. Les cheveux ne doivent pas être mouillés ; ils sont frisés au fer, coiffés pour être dégraissés. Il arrive que le temps manque pour la coiffure, alors on met la perruque. Les hommes se baignent nus, les femmes ont une chemise spéciale.

Les femmes aussi reçoivent pendant leur bain. Elles le prennent le matin, la toilette peut durer quatre heures. C'est l'occasion de prendre des leçons de langue, de faire venir un professeur. Le bain n'est pas un moment de détente complète. Le petit déjeuner n'existe pas alors, les gens ont coutume de prendre une tasse de liquide chaud durant le bain. Marie-Antoinette prenait un thé au citron.
Les femmes ne se mouillent jamais les cheveux elles non plus, elles les font peigner parfois pendant des heures pour les dégraisser. Pendant le bain, elles les attachent avec une toile plus ou moins volumineuse appelée charlotte. Les salles de bains sont des petites pièces étroites, des cabinets dont la porte est discrète dans les murs de la chambre.

Les vertus de l'eau étaient beaucoup moins reconnues au XVIe et au XVIIe siècle qu'au temps de Louis XVI. L'eau était porteuse de maladie, la crasse elle, protège la peau, certains courtisans ne devait pas avoir accès tous les jours à une salle de bains. Ainsi les gens pratiquent la toilette sèche ; on change de vêtement six à huit fois par jour.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: Etiquette et savoir-vivre   Ven Jan 19 2007, 22:33

sources :
Ni précieux ni ridicules (Anne Marie Deraspe)
Histoire de la littérature française
Ars Magna Lucis et Umbrae
La mode à Versailles
La Table et les Repas sous Louis XIV
attention certains mots ou titres peuvent cacher un lien


LES CODES DE CIVILITÉ

Courtoisie et étiquette

Comme son nom l'indique, c'est la Cour qui fut le maître accoucheur de la Courtoisie, et non point par plaisir ou sadisme, mais bien par nécessité.
Dans toutes les Cours d'Europe, on se drapait de violence et de brutalité; on se souvient du duc d'Epernon qui osa frapper une femme dans la chambre de Marie de Médicis, et des nobles qui se battirent à coups de pieds et de poings pour obtenir les meilleures places aux funérailles d'Henri IV.
Les maîtres mécontents rossaient leurs domestiques, les valets eux mêmes avaient pour habitude de régler leurs conflits à coups de bastonnades.
On ne ratait pas une occasion de dégainer, et les tentatives d'interdiction des duels étaient restées sans grand effet. Un regard de travers, et hop! Un gant dans la figure!

L'étiquette fut donc un bon moyen pour Louis XIV de contenir un peu tout ce beau monde. Il instaura, surtout après son installation à Versailles en 1682, un protocole sévère et cérémonieux qui ne permettait aucun répit à sa ruche de courtisans, qui, soucieux d'obtenir à tout prix les faveurs royales, deviendront obséquieux et ridiculement jaloux de leur moindre prérogative.

Politesse

Signifiant tout d'abord propreté, politesse ne prit son sens contemporain qu'au XVIIe siècle.
La politesse française était alors célébrée dans toutes les cours d'Europe.
La politesse est, selon les auteurs, l'intelligence du coeur : elle ne peut nous contraindre à aimer tout le monde, uniquement au respect d'autrui et nous autorise de ce fait à exiger la même chose en retour.


LES GESTES, LA PAROLE ET LES ÉCRITS

Les gestes

Tous les auteurs s'accordent à dire que les gestes superflus distraient facilement du propos tenu et ne persuadent pas d'avantage qu'un discours clair avec un choix de mots précis.
Nombreux sont les traités qui, à partir du XVIe siècle, dénoncent les gestes trop enthousiastes. Della Casas, par exemple, prétend qu'il faut être conscient de son geste pour apprendre à le contrôler.
(NDLR : c'est également un des principes de la religion bouddhiste: il faudrait être conscient qu'on est assis, debout, couché, que l'on mâche, que l'on bouge le bras, des moindres gestes, afin d'être plus serein et ne ne plus rien faire de manière hâtive, précipitée ou chaotique)

Le maintien

La bienséance proscrivait plusieurs attitudes, comme par exemple :

-Se tenir la main sur la hanche, signe d'arrogance, d'une certaine nonchalance, et d'affirmation de sa puissance : cette tenue était ainsi vivement critiquée dans les ouvrages de civilité de l'époque.
-Se balancer les bras en marchant, comme des paysans qui sèment, et lever les pieds si haut qu'on ait l'air de sortir de sa baignoire.
-Croiser les jambes, assis. Ce serait, d'après Erasme, l'attitude d'un homme inquiet.

Conflits mondains internationaux

Ne ratant pas une occasion de se critiquer, les peuples se dénigraient les uns les autres également à propos de la gestuelle.
Les Anglais, à qui l'on doit la connotation péjorative de 'gesticuler', considéraient les européens du Sud excessifs, et y incluaient les Français.
Les Hollandais estimaient que les Italiens parlaient avec leur tête, leurs bras et leurs pieds et symbolisaient ainsi l'antithèse de la civilité. Ces derniers quant à eux jugeaient les Espagnols trop graves et interprétaient facilement cette contenance comme du dédain, du mépris ou de l'arrogance.
"Quand le François a quelques fantaisies et se promeine, il met la main sur le pommeau de l'espée, et ne porte son manteau que sur l'une de ses épaules; L'Espagnol va, jetant les jambes ça et là comme un cocq, se recroquevillant et tirant les moustaches. Quand les François vont en troupe par les rues, ils rient, sautent, causent et font un bruit si grand, que l'on les entend d'une lieue loing; les Espagnols au contraire, vont droits, gravement et froidement, sans parler n'y faire aucune action qui ne soit modeste et retenue" (Carlos Garcia, traité publié en 1617, réédité treize fois en Italie jusqu'en 1702)

Les poignées de main et les embrassades

La poignée de main n'apparait en France qu'en 1858 comme geste de salutation, tandis que les Anglais la pratiquèrent sans doute bien avant: James Cleland, raconte dès 1607 comme il admire la coutume irlandaise de se découvrir en serrant la main droit de son interlocuteur en guise de salutation.
Hors des îles, ce sont courbettes et révérences qui sont de rigueur.

A la Cour du Roi Soleil, une dame de haut rang avait le tabouret si elle avait droit à un siège; elle était alors dispensée de faire la révérence et de baiser la jupe de la Reine. Elle la saluait en tendant la joue droite, et la reine "lui appliquait légèrement la sienne".

La conversation et le langage

Les précieuses, libres des contraintes de la Cour, ont mis à la mode l'art de la conversation intelligente et pleine d'esprit qui, avec le modèle italien, deviendra la référence obligée, partout en Europe. L'abbé Michel de Pure écrivait dans La prétieuse ou les mystères de la ruelle: " Si une personne de condition n'a pas d'esprit, laissons-la dans son escurie et dans sa ferme, et choisissons un roturier qui parle et qui raisonne."
La conversation, à la Cour, relevait de stratégie. Elle visait surtout à sauvegarder ses privilèges ou à déceler les faiblesses de ses rivaux par la flatterie. A la ville, la conversation devint plaisir, convivialité et jeux d'esprits. Le raffinement était alors synonyme de discrétion, et la vantardise, condamnée.

La correspondance

L'art de la correspondance allait de pair avec l'art du savoir-vivre, et était tout aussi codifiée. Beaucoup de ces codes sont toujours de rigueur aujourd'hui. Les lettres se développeront surtout quand, avec la vogue des salons, la vie mondaine aura pris tout son lustre, au XVIIe siècle autour de Mme de Rambouillet ou de Mlle de Scudéry.
Il existait plusieurs sortes de lettres, dont la lettre de château (pour remercier un hôte), le billet d'amour, les placets... etc
L'on utilisait, pour des correspondances clandestines, des liquides invisibles appelés encre sympathique. Il pouvait s'agir de lait frais ou de citron. Pour faire apparaitre les caractères, il suffisait de recouvrir le papier de poudre de charbon ou d'approcher une flamme.
L'on écrivait à la plume d'oie, et l'on se corrigeait à laide d'un grattoir; le sandaraque, une résine blanche pulvérisée, servait à relisser le papier gratté.


LES DIVERTISSEMENTS

La promenade

La coutume qui interdisait aux femmes et aux jeunes filles de bonne famille de sortir seules se justifiait, en partie, pour des raisons pratiques.
A Paris, la rue de la Grande-Truanderie, la rue des Quatre-voleurs, la rue Vide-Gousset et l'impasse des Mauvais-Garçons étaient susceptibles d'inquiéter les parents des fiancés. Dans cette ville, les premiers trottoirs ont été construits en 1805 et les premiers éclairages des voies publiques en 1829.

Les cafés et les restaurants

Les cafés et les restaurants n'attiraient pas que les aristocrates déchus, les bourgeois cossus et leurs maîtresses. Ils desservaient d'autres clientèles plus ou moins recommandable selon les principes en vigueur dans la bonne société. Les femmes respectables refusaient d'entrer dans des établissements fréquentés par des courtisanes, on leur servait donc leur rafraichissement à l'extérieur ou dans leur carrosse.
Si, accompagnées, elles fréquentaient tout de même ce genre d'endroit, l'homme entrait le premier pour vérifier la respectabilité du lieu, et sortait également le premier pour, cette fois, protéger sa compagne des dangers de la rue. L'étiquette interdisait aux dames de s'adresser au maître d'hôtel ou aux serveurs.

Le théâtre et les spectacles

Les représentations théâtrales sont assez fréquentes au XVIIe siècle. Vers 1660, par exemple, on jouait trois fois par semaine : le vendredi (jour réservé aux premières), le dimanche et le mardi. Pourtant, le spectacle a lieu l'après-midi – habituellement après quatorze heures –, jamais en soirée.

La salle ressemblait à celle d’aujourd’hui, même si elle était longue et étroite – elle avait, en fait, la forme d'un entonnoir. Sa disposition n'a pas beaucoup changé, c'est-à-dire que des loges et des galeries formaient un ovale autour de la scène. Toutefois, le parterre était réservé aux hommes moins fortunés, qui s’y tenaient debout (ces places étaient bon marché, et le public, assez bruyant et difficile à satisfaire), alors que les galeries et loges accueillaient le public élégant (des femmes, principalement).
Le parterre manifestait son mécontentement par des jets de pommes, de noix et de pains d'épices, des sifflets, des gesticulations et des cris de toute sorte. Les gens du parterre riaient des acteurs qui leur remettaient spontanément la politesse.

La scène, quant à elle, était petite et éclairée d'abord par des chandelles de cire, puis par deux lustres qu'on soulevait au début de la représentation. Sous l'influence anglaise, on a commencé à disposer, de chaque côté de la scène, des sièges réservés aux spectateurs de marque.

Si, au Moyen Âge, le jeu s'effectue devant un décor unique, plus avance le XVIIe siècle, plus l'influence italienne se fait sentir – non seulement dans le jeu des acteurs, qui devient de plus en plus naturel, grâce à Molière, mais surtout dans le goût pour une décoration somptueuse : on arrive tranquillement à un théâtre de la machine (un peu comme, aujourd'hui, le cinéma en est un d'effets spéciaux). Ainsi, on fait glisser sur des rails la lune, des astres ou des nuages, on imite la mer déchaînée par un système de cylindres qui ondulent derrière une toile, etc.

Les costumes, eux, sont fastueux... mais anachroniques. Ce qui importait, ce n'était pas de faire vrai, mais de faire « chic », de sorte que personne ne s'étonnait de voir Auguste porter un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges ou que Polyeucte portât une perruque, un feutre et des gants.

La danse

Louis XIV qui dorait danser avait crée l'Académie royale de danse. A la Cour, la danse commençait l'après-midi. Un on danseur impressionnait presqu'autant dans un salon qu'un valeureux soldat à l'armée. Les professeurs n'apprenaient pas qu'à danser, ils enseignaient également la manière de se tenir, de marcher et les règles de courtoisie observer pour pratiquer ce divertissement. Les femmes pouvaient, elles aussi, inviter les hommes à danser.

L'incognito : l'on allait au bal pour danser bien sûr, mais il arrivait que l'on ait la permission d'y assister incognito, c'est à dire par curiosité pour simplement regarder les autres danser. Dans ce cas, les hommes devaient endosser un manteau et les femmes, une écharpe de façon à s'identifier auprès des danseurs. L'on se présentait sans masque et la règle interdisait d'inviter à danser un visiteur incognito.

Ballet : Au XVIIe, et selon ce qu'en dit le Furetière, le ballet se joue masqué. Représentation harmonique, et danse figurée et concertée qui se fait par plusieurs personnes masquées qui représentent par leurs pas et postures quelque chose naturelle, ou quelque action, ou qui contrefont quelques personnes. Les Ballets du Roy sont fort magnifiques. un Ballet est composé de plusieurs entrées. on fait des vers de Ballet pour expliquer le caractère ou l'action des personnes qui dansent.

Le bal masqué

Le bal maqué transgressait les règles de préséance et de civilité classique, surtout en période de carnaval, où, après minuit, l'entrée était ouverte à tous les masques. Il était interdit de lever un masque sans permission et chaque masque était libre d'inviter à danser la personne de son choix, sans égard au statut social de l'un ou de l'autre.

Mascarade : La mascarade, quant à elle, est une danse masquée mais qui semble plus informelle, et que l'on fait à l'époque du Carnaval.
Troupe de personnes masquées qui vont danser et se divertir, surtout en la saison du Carnaval. "Cette compagnie a fait une jolie mascarade"= a dansé une espèce de ballet. Ce mot vient de l'Italien mascarata derivé de l'Arabe Mascara, qui signifie raillerie, bouffonnerie, Menage. Mascarade est aussi un titre que quelques Poètes ont donné à des vers qu'ils ont fait pour des personnages de ces petites danses ou ballet.

Ballet & Mascarade : La Distinction entre ballet et mascarade commença à s'instaurer dans la deuxième moitié du XVIe siècle quand, à l'occasion de divertissements de Cour, on commença à donner des ballets hors des périodes de Carnaval. De ces origines carnavalesque, le ballet garda pendant quelques temps une inspiration burlesque, et l'habitude pour les danseurs de se présenter masqués.


Dernière édition par le Sam Jan 20 2007, 15:32, édité 12 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adrien de Chastignac
Administratrice
avatar

Nombre de messages : 1895
Date d'inscription : 04/06/2005

MessageSujet: Re: Quelques rappels historiques concernant l'époque du jeu   Sam Jan 20 2007, 10:17

LA MODE

Paraître

Le vêtement devait marquer le rang, la classe sociale et l'âge de celui ou celle qui le portait. Si les roturiers s'étaient habillés comme les courtisans et les courtisans comme les nobles, qui, du petit peuple, eut différencié les uns des autres ? Plus d'un gentilhomme se ruina pour paraître.
Au début du règne de Louis XIV, la rhingrave et le justaucorps était les vêtements favoris des hommes de la cour. La rhingrave se composait d'une petite jupe en forme de petit tonneau rigide sous lequel était fixé un haut de chausse bouffant. En général, elle montait jusqu'à la ceinture et se poursuivait par un pourpoint très court à manches fendues sur les cotés qui s'arrêtaient aux deux tiers des bras. Le tout agrémenté de rubans multicolores de dentelles tissées d’or et ornés de papillons et d’oiseaux d’or qui étaient alors un signe de richesse. Les chaussures quand à elles disparaissaient bien souvent sous le flot de rubans ce qui obligeait les courtisans à marcher les jambes écartées. Par la suite, le soulier qui, autrefois, était carré très long et surmonté d’un énorme ruban fut remplacé par la botte. Elle était fine et pointue et ornée d’une boucle de pierreries .

La mode féminine quant à elle, était bien souvent dictée par les maîtresses royales. Les dames dépensaient alors sans compter pour leurs toilettes et affichaient leurs richesses sur la garniture de leurs jupes faites de brocards d’or, damas, satin, velours, le tout surchargé de dentelles, passementeries, de prétintailles (découpes d'étoffes qui servaient d'ornement sur les vêtements féminins). Les pièces principales de la toilette féminine se composaient de robes ou jupes accompagnées de corsets. La jupe de dessus était large et laissait entrevoir d'autres jupes plus étroites que l'on portaient en dessous. La première portait le nom de "modeste", la seconde était la "friponne" et la dernière se nommait la "secrète". Les deux jupes de dessous étaient faites de tabis (sorte de moire de soie) ou de taffetas, celle du dessus par contre, était faite de velours, satins, soieries et autres moires. Cette dernière était relevé légèrement sur le coté pour ainsi découvrir la seconde et se prolongeait par une traîne que l’on appelait " manteau ". cette traîne déterminait le rang d’une femme selon sa longueur.. Ainsi, une duchesse avait une queue à cinq aunes (aune= 1.188m), une princesse de sang à cinq, une petite fille de roi à sept, une fille de France à neuf et le grand maximum était pour la reine qui voyait sa robe se pourvoir d'une traîne de onze aunes!
Le corset était une espèce de gaine, emboitant la poitrine depuis le dessous des seins jusqu’à la dernière côtes s’arrêtant en pointe sur le ventre et fort serré à la taille. Il se voulait tantôt souple, tantôt rigide. Le décolleté quand à lui se voulait généreux, laissant entrevoir la naissance des seins, les manches étaient courtes et échancrées. Le soir, les robes se paraient de satins et autre brocard. Le corps décolleté était serré à l'extrême pour rendre la taille très fine. D'où les malaises et évanouissements répétés des femmes de la Cour.
Les écharpes de taffetas garnie de dentelles protégeaient de la pluie, Les manchons eux se portaient par temps froid. On en trouvait en satin, en peluche ou, plus souvent en fourrures . Rue Dauphine à Paris, ce trouvait la boutique " du grand monarque " c’est là que les grandes dames de la cour se fournissaient en petit manchon en fourrure de chat, de chiens gris , castor, de loutre voir même de léopard le summum de la mode était de tenir caché un petit chien qui devait passé son museau sur le coté du manchon... Les éventails protégeaient de la chaleur. Différentes modes furent lancées, on vit des éventails à " la siamoise " représentant des figures de magots ( figures grotesques de porcelaine) et peints sur fond or. Pour terminer une femme de qualité ne sortait jamais sans son masque de velours.

Le chapeau

Jusqu'au XVIIe, pour se protéger du froid et de l'humidité des appartements mal chauffés et traversés de courants d'air, on se promenait tête couverte. Mais la mode des perruques du grand siècle rendit cette précaution inutile et les règles d'étiquettes exigèrent alors de manger la tête nue et d'enlever son chapeau n présence d'un supérieur.

Vers 1660 la perruque reçut un perfectionnement important : les cheveux furent passés à travers une toile fine ou tressés sur des fils de soie et non plus cousus sur une calotte. Le port de la perruque se généralisa et le commerce d'exportation prit un essor considérable. Mais Louis XIV, pourvu d'une abondante toison, ne consentit à se plier à cette mode qu'en 1673.

Le maquillage

Le rouge et le fard blanc, mis à la mode par Catherine de Medicis, seront appliqués jusqu'au ridicule durant tout le XVIIe et le XVIIIe.
La Bruyère affirmait que la majeure partie des hommes considéraient que "le blanc et le rouge les rend affreuses et dégoutantes, que le rouge seul les vieillit et les déguise"
Les mouches, taillées dans du taffetas en forme de lune, de croissant, d'étoile ou de comète, servaient à cacher les lentilles (taches de rousseur) et les boutons. Les coquettes leur prêtaient un langage pour le moins distrayant: assassine, près de l'oeil; enjouée, sur le pli qui forme le rire; friponne, sur les lèvre; effrontée, sur le nez etc
Chez les hommes, on appelait aussi mouche la petite touffe de poil au dessous de la lèvre inférieure.


A TABLE

La tenue

Afficher une tenue digne à table, c'était, d'une part, faire montre de respecte pour don hôte et du plaisir que l'on éprouvait d'être invité. Une posture nonchalante eut laissé soupçonner que la compagnie nous ennuyait.
Les codes de bonne conduite à table ressemblaient étrangement aux nôtres. Ne pas empiéter sur l'espace réservé au voisin pour ne pas le gêner; poser ses coudes sur la table n'était, disait Erasme, excusable que pour un malade ou un vieillard; manger et boire lentement, sans faire de bruit, était la moindre des politesses.
A l'époque où l'on mangeait avec ses mains il était de rigueur de ne manger qu'avec les trois premiers doigts pour éviter de tremper la main dans la sauce. Les Précieuses ont maintenu la pratique du petit doigt en l'air.

La table

A la Cour de Louis XIV, seuls les princes et les princesses de sang partageaient la table du roi. Les autres, selon leur rang ou pis encore selon la faveur qui leur était accordée, assistaient au souper assis sur un tabouret ou debout. Personne n'aurait osé exprimer une quelconque insatisfaction et encore moins un désaccord sous peine d'être banni à tout jamais de l'entourage du souverain. Bien au contraire, l'on se disputait les places, même les plus mauvaises.

Sous Louis XIV, on parle de dîners ou de soupers de cinq ou six services. Les mets, jadis apportés en une seule fois, en vrac, sont désormais servis et desservis ensemble, afin de laisser la place aux plats suivants. Le fameux service à la française s'impose. Avec lui apparaît la notion de désir associée au repas : celui qui autorise la conversation et rend la nourriture conviviale. « Chaque hôte se sert dans les plats et propose à son voisin de faire de même, décrypte Jacqueline Queneau. Une étiquette s'impose. On commence par les fruits, puis les bouillis, les viandes pour finir par le dessert. »

La nappe et les serviettes

Au XVIIe siècle, le pliage des serviettes obéissait à des règles bien précises et constituait à lui seul un art maîtrisé par des professionnels. L'on pliait les serviettes en forme de grenouilles, de poissons, de bateaux, de pyramides, de poules avec des œufs, de faisans, de cygnes et autres animaux. Il eut été fort impoli de défaire ces montages pour utiliser les serviettes, d'autres étant fournies pour le service de table. Elles se portaient au cou pour protéger les jabots de dentelle.

Les couverts

Il est placé une fourchette et un couteau à côté des assiettes, mais il est de bon ton de ne pas se servir de sa fourchette à la table de Louis XIV, car toute sa vie il en refusera l'usage.
En effet, les dents de la petite fourche font peur, elle est associée à la poisse voire à l'obscénité; on redoute de se blesser la bouche.
Le Roi se contentait entre deux plats de poser ses doigts sur une serviette mouillée.

Les verres et les assiettes

Le verre à boire individuel, objet du XVIIe siècle, ne se plaçait pas sur la table; l'échanson, un préposé à ce service, apportait à boire sur demande. Le convive buvait alors d'un trait et l'échanson rapportait immédiatement le verre. Les verres étaient rangés avec les balais.
Les assiettes individuelles apparurent sur la table au XVIe siècle en remplacement du tranchoir (tranche de pain à mie compact que l'on donnait aux pauvres après le repas).


LA VIE EN SOCIETE

Le calendrier des ruelles

Les visites ont fait partie des rituels de communications sociales au même titre que la correspondance jusqu'à la dernière guerre mondiale. La maîtresse de maison recevait certains jours du mois ou de la semaine. Fixés à l'avance au calendrier, ces jours étaient inscrits sur les cartes de visites. Les ruelles des Précieuses sont à l'origine du "calendrier des ruelles".
Les règles d'étiquette prévoyaient des visites pour tous les évènements : visites de digestion, visites de noces, visites de condoléances, visites à l'accouchée, visites d'arrivée ou de départ et visites de convenances. Les visites de convenances mises à part, qui avaient lieu tous les deux ou trois mois, les autres visites devaient être remises dans les huit jours qui suivaient l'évènement.
L'on rendait une visite de digestion pour remercier d'une invitation à un dîner ou à un bal, peu importe qu'on l'on ait ou non assisté à la réception. Dans le cas des visites de noces, ce sont les jeunes mariés qui allaient saluer tous ceux qui avaient assisté à la réception.
En cas d'absence de l'hôtesse, on laissait une carte corne pour signifier que l'on s'était soi-même rendu chez elle. Dans ce cas l'on cornait un coin de la carte pour indiquer le motif de la visite. Ainsi, l'on pliait le coin supérieur droit pour adresser ses félicitations, le coi inférieur droit pour offrir ses condoléances, le coin supérieur gauche pour annoncer sa future visite, le coin inférieur gauche pour informer de son prochain départ.
La carte sans corne informait l'hôtesse qu'elle avait été déposée par un domestique.
Ce geste tenait lieu de visite et devait donc être rendu. Les visites s'effectuaient généralement l'après-midi, jamais en soirée. Avant la mode des cartes imprimées et décorées les visiteurs utilisaient des cartes à jouer à l'endos desquelles ils inscrivaient leur nom.
Différente de la carte professionnelle, la carte de visite ne donnait ni les titres ni les fonctions de son auteur.
Rigoureusement codifiées de l'arrivée au départ par un cérémonial précis, les visites ne duraient que dix à quinze minutes, le même temps que durait autrefois le cérémonial de présentation à la reine.
L'hôtesse n'offrait ni alcool ni rafraîchissement sous peine de passer pour une provinciale ou une paysanne.

Les relations sociales

La médisance et la flatterie servaient toutes deux à vendre sa personne pour conquérir les places de choix sur le marché de la bonne Fortune.
Le vocabulaire de la flatterie prouve bien qu'elle ne dupait pas tout le monde. Les "chiens de palais" désignaient les gens de Cour qui se mordaient entre eux, se dénigrant les uns les autres et les "losengiers", les faiseurs de fausses louanges.
Le Roman de Fauvel, publié au XIVe, ridiculisait les flatteurs. Fauvel, un cheval, tirait son nom d'un acronyme pour Flatterie, Avarice, Vilenie, Variété, Envie, Lâcheté. Les expressions "torcher/ étriller Fauvel" signifiaient donc flatter. Placebo, en latin "je plairai", était devenu synonyme de flatteur et d'homme intrigant.


LA GALANTERIE

Les mots et les gestes

Galanterie, mot cousin de galéjade, a d'abord signifié s'amuser avant d'affirmer son élégance et sa distinction dans le salon de la marquise de Rambouillet. Le terme a perdu son sens d'intrigue amoureuse et faire la cour ne se dit plus "galantiser".

La préciosité, les salons

Au XVIIe, à l'initiative de la marquise de Rambouillet désabusée de la Cour, des femmes avant-gardistes ont inventé la préciosité qui, avant d'être ridiculisée, a tenté d'instruire les hommes de la galanterie. Ces femmes voulaient ainsi se protéger de leur grossièreté, et souvent, de leur violence. Elles utilisaient d'ailleurs le mot débrutaliser.
Leurs réceptions avaient lieu dans les ruelles, cet espace ouvert à la circulation entre le lit et le mur d'une chambre à coucher.
Les salonnières invitaient surtout des hommes, les plus prestigieux et les plus cultivés d'entre eux. L'on s'écrivait des lettres et des poèmes. Parmi les genres à la mode, l'énigme exigeait de reconnaître un objet décrit par ses seules qualités. La préciosité, à l'origine des salons, privilégiait les discussions sur les relations amoureuses. Elle prônait le célibat pour assurer l'indépendance des féminine et le mariage librement consenti qui assurerait l'égalité de partenaires. Les sujets de discussion proposés nous instruisent des préoccupations de ces femmes savantes :

-Savoir si la présence de celui qu'on aime cause plus de joie que les marques de son indifférence.
-De l'embarras où se trouve une personne quand son coeur tient un parti et la raison un autre.
-Si l'on doit haïr quelqu'un qui nous plaît trop, quand nous ne pouvons lui plaire.
-S'il est plus doux d'aimer une personne dont le coeur est préoccupé qu'une autre dont le coeur est insensible.
-Si le mérite d'être aimé doit récompenser le chagrin de ne l'être pas.

Les femmes galantisent aussi depuis longtemps. Au XVIIe siècle, l'on disait déjà qu'elles faisaient la moitié du chemin.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Quelques rappels historiques concernant l'époque du jeu   

Revenir en haut Aller en bas
 
Quelques rappels historiques concernant l'époque du jeu
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les 4 prototypes d'époque
» Les légumes consommés à l'époque médiévale
» photo d'époque
» Le 20 juillet...des grands faits historiques...
» Quelques souvenirs de fête ...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
1663 : Face aux Feux du Soleil :: INTENDANCE :: Les bases du jeu :: Contexte historique et intrigues-
Sauter vers: