1663 : Face aux Feux du Soleil

Changez l'Histoire de France, personnifiez votre héros...
 
AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Jeu Juin 15 2006, 04:52

Aramis entra dans l'auberge de la corne d'abondance, notant au passage l'abondance de clients dans la salle principale. Aramis préféra ne pas s'y attarder, et héla l'aubergiste d'un signe.

- Que puis-je pour vous, Monseigneur?

- Je voudrais une de vos meilleures chambres, aubergiste.

- Monseigneur a-t-il l'intention de demeurer longtemps parmi nous?

- Cela dépendra du temps que prendront mes affaires à aboutir.

L'aubergiste hocha gravement la tête, puis prenant une clé derrière lui, il monta au premier degré, où il ouvrit la porte sur une suite de deux pièces raisonnablement meublées. Il tendit la clé au chevalier.

- Cette suite coûtera un louis par jour, Monseigneur. Y a-t-il encore quelque chose que je puis faire pour vous?

- Si vous pouviez me monter un bon repas, ainsi qu'une bouteille de vin d'Anjou, cela me suffirait pour l'instant. Ah oui! Et je voudrais qu'on m'apporte aussi une bouteille d'encre, une plume et quelques feuilles de bonne qualité.

L'aubergiste hocha la tête en quitta la pièce. Aramis s'assit dans un fauteuil et se mit à songer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Jeu Juin 15 2006, 22:07

Aramis entra de nouveau dans la suite, suivi du jeune La Bruyère. L'aubergiste, durant son absence, avait apporté les éléments souhaités à l'ambassadeur, c'est-à-dire du papier blanc, des plumes et de l'encre. Le duc fouilla quelques instants dans sa besace, et il en sortit une bougie à cacheter ainsi que deux sceaux, l'un frappé aux armes de l'Espagne, l'autre frappé aux siennes.

- C'est fort simple, mon ami. En fait, tout ce que je vous demanderais, c'est d'écrire ce que je vais vous dicter. Ces lettres seront vues par des nobles de haut rang, aussi vous demanderais-je d'être particulièrement soigneux à la tâche. En outre, je vais vous dicter des affaires confidentielles de la plus haute importance. Vous êtes donc forcément tenu au silence absolu. Comprenez-vous, Monsieur de la Bruyère?

Aramis posa son regard dans les yeux du jeune homme, un regard ferme pour bien appuyer l'importance de ses paroles.

- Je voudrais que vous me promettiez sur votre honneur de gentilhomme de ne jamais révéler ce que vous verrez et entendrez de moi. Car ce faisant, vous mettriez en danger non seulement votre vie et la mienne, mais encore celle d'une noble et innocente jeune fille déjà fort accablée par les événements. De plus, cela mettrait à feu et à sang l'Europe entière, et croyez-moi, je pèse mes mots.

Aramis se tut, attendant la réponse du jeune homme.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jean de
Invité



MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Jeu Juin 15 2006, 22:55

Jean eu un sourire en entendant citer 2 Timothée 3 : 16, 17.
Que de surprises aujourd'hui, une surprise bien agréable qui le conforta dans l'idée qu'il avait bien fait de faire confiance à ce Duc.
Jean suivit donc ce dernier dans sa suite.
La chambre était propre, fort bien aménagé quoi que modeste pour un duc. Ce chevalier lui inspirait un instinct positif.
Un homme capable de citer de mémoire un verset biblique ne pouvait être totalement mauvais, principalement ce verset là, peu apprécié des papistes.

C'est fort simple, mon ami. En fait, tout ce que je vous demanderais, c'est d'écrire ce que je vais vous dicter. Ces lettres seront vues par des nobles de haut rang, aussi vous demanderais-je d'être particulièrement soigneux à la tâche. En outre, je vais vous dicter des affaires confidentielles de la plus haute importance. Vous êtes donc forcément tenu au silence absolu. Comprenez-vous, Monsieur de la Bruyère

Jean eut un petit sourire. Et comment qu'il comprenait, la discrétion avait été une de ses armes principales dans sa jeune réputation. Il entendait, écoutait, savait, mais ne dévoilait jamais rien des secrets qui lui était confié, s'attirant ainsi la sympathie de bien des gens qui, on ne savait jamais, pourrait par la suite lui être d'une grande utilité.
La confience rapide que lui accordait le chevalier l'étonna un peu, après tout, il le connaissait à peine, mais bon, il avait peut être un bon instinct.
En tout cas il était tombé sur le bon cheval.
Avant qu'il ne puisse répondre, le duc poursuivit.

- Je voudrais que vous me promettiez sur votre honneur de gentilhomme de ne jamais révéler ce que vous verrez et entendrez de moi. Car ce faisant, vous mettriez en danger non seulement votre vie et la mienne, mais encore celle d'une noble et innocente jeune fille déjà fort accablée par les événements. De plus, cela mettrait à feu et à sang l'Europe entière, et croyez-moi, je pèse mes mots.

Se rendant compte que le chevalier avait perçu son sourire, il s'empressa de répondre:

-J'aurai oublié ce que j'ai écrit avant que l'encre ne soit séchée.
Pour le reste, je ne vois rien, n'entend rien et donc ne peut rien révéler.
Savoir écouter et garder les secrets m’a valu plus d'amis que ne pourront en avoir en toute une vie ceux qui ne savent garder leur langue.
Ma vie, je m'en charge, mais la vôtre, à partir du moment où vous m'avez serrer la main, m'est précieuse.
Et que je sois maudit si je devais un jour mettre en danger la vie d'une noble et innocente jeune fille.
Quant au reste, cela ne regarde que le roi, mais mettre l'Europe à feu et à sang ne serait un bénéfice pour personne et certainement pas pour le peuple de France.
Et pour ces raisons, Chevalier, je vous le promets sur mon honneur de gentilhomme.


Pendant tout cela, Jean n'avait pas quitté le Duc des yeux un instant, c'était ainsi qu'il pouvait, plus ou moins, prévoir si un pacte serait respecté ou non.
Le Duc n'avait aucunement le regard fuyant des traîtres ou manipulateurs, mais plein d'assurance, aussi Jean sut-il qu'il pouvait avoir une confiance totale en lui dès cet instant.
Il ne s'était assurément pas trompé, c'était un homme d'honneur et il comptait bien qu'ils deviendraient très vite amis.
Revenir en haut Aller en bas
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Ven Juin 16 2006, 01:32

(HRP: désolée si mes lettres paraissent un peu... étranges... je ne suis pas très férue de correspondance diplômatique, lolllllll)

L'ambassadeur écouta la réponse du jeune homme jusqu'au bout. Il hocha la tête en signe d'approbation. Cet homme était un être sensé, raisonnable dans ses propos et honorable dans ses convictions. Il avait une juste notion de la réalité actuelle, et en outre, le duc nota la droiture avec laquelle le jeune homme avait répondu. Presque sans ciller, sans détourner une seule fois le regard, une réponse honnête et digne de confiance.

- C'est bien. Votre réponse fait foi de votre honneur.

Là-dessus, il sortit le carnet de la poche de son pourpoint et le posa sur la table. Il fit signe au jeune homme de s'y installer et de se tenir prêt à écrire ce qu'il lui dicterait. La première lettre était sans doute la plus difficile à composer, car elle allait désormais à l'encontre de ce que le duc ferait à la Cour de France. Une lettre à Sa Majesté très Catholique, le roi Philippe IV.

- À Sa Majesté très Catholique Philippe IV de Bourbon, roi d’Espagne et des Royaumes-Unis, par la Grâce de Dieu,

Sire,

Par la présente et ainsi que vous me l’avez ordonné, je vous envoie un bref résumé de l’ambassade dont Votre Majesté m’a fait l’immense honneur de me charger.

Sa Majesté très Chrétienne a daigné me recevoir en audience privée avec une promptitude admirable, et j’ai eu l’honneur de l’entretenir, ainsi que vous le désiriez, de l’incident des médailles hollandaises. Le roy en ces questions s’est avéré fort indécis quant aux mesures à prendre concernant l’affaire mentionnée. Il s’est révélé fort préoccupé par des conflits internes du royaume, pour lesquels j’ai pris la liberté d’offrir de Votre Majesté le soutien si nécessaire. Au demeurant, la rencontre s’est bien déroulée, malgré la visible inexpérience du jeune roy. Lors de cette rencontre, il ne m’a pas été accordé de faire la connaissance des ministres du roy.

Lors de la visite de leurs Excellences les ambassadeurs hollandais, j’aurai l’honneur de faire part de Votre décision et de vos exigences au roy de France. J’ose espérer que pareille démarche ne saurait compromettre les liens sacrés qui relient la France à l’Espagne de Votre Majesté.

Je prie humblement Votre Majesté de daigner agréer l’expression de mes sentiments les plus dévoués et respectueux.


Et vous terminez la lettre avec la date officielle.

Le duc regarda le jeune homme terminer la lettre, puis la prenant, il la relu avec soin, approuvant de la tête le travail accompli. Puis, il plia la missive et la cacheta soigneusement. La seconde lettre serait plus facile à composer, car adressée à la jeune duchesse d’Agenois.

- La deuxième lettre sera en ces termes :

À Son Altesse Cassandre Lynne des Laures, Duchesse d’Agenois,

Madame,

Je vous écris cette lettre suite à cette conversation que nous avons eu à propos des exigences de Sa Majesté très Catholique. Je puis comprendre votre désarroi, et je m’applique à vous éviter cette issue qui, comme vous le savez, aurait des conséquences notables sur le royaume de France et sur votre vie. Je vous demande de vous confier à moi. Je tâcherai d’agir pour le mieux-être de la France, qui est ma terre natale, et pour la gloire de Sa Majesté Très Chrétienne, que Dieu aie en Sa Sainte Garde. Soyez patiente, et surtout, demeurez telle que vous êtes, c’est-à-dire une jeune fille humble et soumise à la volonté de son roy. Les bénédictions viendront assurément, et ne manqueront pas de faire renaître votre doux sourire.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Aramis
Chevalier d’Herblay


Lorsque le jeune homme eu terminé de transcrire ses paroles, le duc prit cette lettre comme la première et la parcoura du regard aussi. Puis il cacheta la lettre, non point avec le sceau officiel d’Almada, mais avec bague de diamant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jean de
Invité



MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Ven Juin 16 2006, 11:19

Jean rédigea la première missive, adressé à Philippe IV de Bourbon, roi d’Espagne.
Elle était banale et relatait juste une entrevue du Duc ambassadeur avec le roi.
Il sourit quand même à certaines phrases comme :
« Le roy en ces questions s’est avéré fort indécis »
Concernant l’incident des médailles hollandaises, Jean avait sa petite idée.
« La visible inexpérience du jeune roy »
Il termina la lettre avec la date officielle et la tendit au chevalier.
La seconde était adressée à la Duchesse d’Agenois.
Elle se voulait rassurante, sur des faits, que lui, Jean, soupçonnait et concernant la terre d’Agenois.

-Si vous en avez terminé Chevalier, je vais maintenant me retirer, si vous avez besoin, vous me trouverez à mon hôtel, 41, rue du Temple.

Sur ce, il salua le Chevalier d’Herblay et se retira.
Il médita en chemin.
Ces médailles avec des devises flatteuses outre mesure pour les Bataves, mais insolente pour la France, cela, pour Jean, n’était qu’un stratagème des Hollandais pour jouer les bonnes cartes, pour que nuls ne se mêlent de leurs affaires politiques. Éventuellement, s’en prendre à l’Espagne sans risquer les foudres de la France.
Alliés à l’Espagne, les Hollandais ne gagnent rien ; alliés avec la France, ils perdent beaucoup.
Alliés avec l’Espagne, ils se voient bordés et protégés par les possessions de leur allié français ; ils n’y peuvent mordre malgré leur envie. D’Anvers à Rotterdam, il n’y a qu’un pas par l’Escaut et la Meuse. S’ils veulent mordre au gâteau espagnol, Louis XIV, gendre du roi d’Espagne, peut, en deux jours, aller jusqu'à Bruxelles avec de la cavalerie. Il s’agit donc pour eux, de se brouiller assez avec le roi et de le faire assez suspecter l’Espagne pour qu’il ne se mêle pas de leurs affaires.
L’alliée naturelle du roi de France, étant aujourd’hui, l’Angleterre, qui a des vaisseaux quand la France n’en a pas ; c’est l’Angleterre, qui peut balancer la puissance des Hollandais dans l’Inde : c’est l’Angleterre, enfin, pays monarchique, où sa Majesté a des alliances de consanguinité.
Bah tout ça n’était que politique et complotage.
Sortant de l’auberge, Jean respira un grand bol d’air et se dirigea d’un pas assuré vers la rue du temple afin de rejoindre l’hôtel qu’il avait acquis récemment.
Revenir en haut Aller en bas
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Ven Juin 16 2006, 19:04

(HRP: Hé là!! Ils viennent d'où, vos soupçons??? Really? Aramis n'a rien dévoilé et la duchesse l'a appris par ses propres moyens, vivant à la frontière de l'Espagne... Personne n'est sensé être au courant de l'affaire avant la fête de Vaux, et même le roi de France en personne ne sait rien encore!!!)

-Si vous en avez terminé Chevalier, je vais maintenant me retirer, si vous avez besoin, vous me trouverez à mon hôtel, 41, rue du Temple.

- Fort bien, Monsieur de la Bruyère. J'aurai très certainement besoin de vos services très bientôt.

Le duc n'avait pas manqué d'observer la physionomie du jeune homme tandis qu'il lui dictait les deux lettres à rédiger. L'expression faciale du jeune homme lors de la deuxième lui revint en mémoire, et le duc fronça légèrement les sourcils. Et si... Mais non, ce ne pouvait pas être possible qu'il soit au courant, le roi d'Espagne venait à peine de lui envoyer la missive à propos de cette terre... Il n'avait fait mention d'aucun détail explicatif dans ses missives, et il était impensable de croire que la jeune Cassandre se soit montrée indiscrète... Mais alors... Comment???

Pour la première fois, le doute mordit au coeur de l'ambassadeur. Se serait-il trompé dans son premier jugement? Qu'était donc ce jeune homme qui semblait si au courant des affaires de France, qu'il précédâ même en cela Sa Majesté très Chrétienne? Il lui faudrait sans doute vérifier davantage les antécédents de son jeune secrétaire avant de lui confier la rédaction d'autres correspondances officielles... Et surtout savoir ses sources d'information!

En attendant, il restait au duc à faire envoyer les missives de façon sécuritaire... Problème épineux s'il en était. La duchesse devait certainement déjà se trouver à Fontainebleau à ce moment, et peut-être même en audience avec le roy. Comment lui faire parvenir la missive sans la compromettre? Une petite idée germa dans son esprit, qu’il mit aussitôt à exécution…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jean de
Invité



MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Ven Juin 16 2006, 21:51

(HRP: Sujet: L'ambassadeur à la fontaine Mar 13 Juin - 14:10

Ce sceau lui rappela cette charmante Espagnole rencontrée au château de Loyola et avec qui il avait eu une brève, mais tendre aventure.

Je n'ai pas dis qui était cette charmante espagnole ni son rang... lol)
Revenir en haut Aller en bas
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Mar Sep 12 2006, 21:03

***************************************************

Un éclair fulgurant déchira le ciel, suivi de près par un coup de tonnerre fracassant. La pluie battait avec violence sur les carreaux de la fenêtre. Dans l'auberge, le silence régnait, en ce petit matin sombre et maussade. Il jeta un coup d'oeil à sa montre-gousset... Il n'était que cinq heures du matin. Mais déjà Aramis ne pouvait plus trouver le sommeil.

Soupirant quelque peu, il se leva donc et s'habilla, avant de descendre dans la salle commune déserte. Et froide. Le feu était mort dans la cheminée et l'on avait négligé de remettre des bûches dans le foyer. En ce matin d'hiver, ce n'était certes pas sage.

L'aubergiste arrivant rapidement, ajustant en hâte sa chemise qu'il avait mise de travers. Il semblait absolument horrifié qu'on puisse se lever à pareille heure dans son établissement.


- Monseigneur désire-t-il manger quelque chose?

Aramis fit un simple signe de dénégation à l'homme avant d'enfiler sa lourde cape et de sortir sous la pluie battante.

L'aubergiste secoua lentement la tête, avant de retourner s'installer dans son lit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elrohir
Fils de La Fontaine


Nombre de messages : 1074
Date d'inscription : 14/06/2005

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Jeu Sep 14 2006, 03:08

Elrohir avait chevauché toute la nuit sous la pluie et les éclairs qui lui servaient d'ami. Les cernes sous ses yeux étaient des plus présents que jamais. Durant le voyage, il ne cessa de passer au danger qui guettait, qui rodait. Il n'y avait pas grand chose à faire, éliminer tout danger potentiel, trouver et abattre tous ces traitres qui osent s'en prendre à la couronne, mais surtout à Evangéline.

Avant d'entrer dans la ville de Paris, il descendit de son cheval pour faire un regard rapide dans la ville. En descendant, il sortit son épée de son fourreau et il se colla sur un batiment pour regarder vers l'intérieur. L'eau coulait sur son épée, ses mains, ses bras et elle tomba au sol une fois rendu à son coude. Mis à part la pluie, rien dans la ville ne semblait éveiller un quelconque signe de vie.

Il rangea son épée et fit les trois pas qu'il le séparait de son cheval. Il posa un pied sur son étrier et il se donna un élan pour grimper sur sa selle. Mais, à cause de l'eau et de ses bottes boueuses, Elrohir perdit pied et il se retrouva bien étendu au sol, faisant voler un peu d'eau en l'air autour de lui.

En général, il aurait été du genre à être fier de lui et de se relever le plus rapidement possible, mais cette fois, il se releva et il prit son chapeau pour le lancer au sol. Il y donna un violent coup de pied et son chapeau parti hors du chemin. Sa respiration avait augmenté d'un cran, visible par la fumée qui se dégageait de sa bouche quand il respirait. Elrohir toussa un bon coup, deux fois, et puis trois... il ne s'arrêtait plus. Au bout de quelques secondes, les toussements cessèrent et du coup, Elrohir sentit qu'il avait très très froid.

Il s'appuya sur son cheval, collant sa tête contre le coup de celui-ci. Il se mit à se concentrer du plus fort qu'il le pu. Il murmura:

- Evangéline, j'ai besoin de toi... si tu m'entends, sauve moi.

Il ajouta à lui-même:

- Seigneur, si tu ne peux sauver tout les deux, sauve elle, elle a l'âme trop noble pour périr dans cette enquête. Moi, avec mon passé, je sais que tu me ne pardonneras jamais.....

Il se mit à penser à ses dernieres phrases:

- L'heure n'est plus à la peur, mais à l'action... l'action, l'heure est à la peur... Plus de défiance tout de même.... plus d'action, l'heure est à la peur... action... peur.... tout de même, l'heure est à l'action.

Elrohir posa ses deux mains boueuses sur sa tête et il hurla un bon coup en regardant le ciel:

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!

Elle avait été d'être si gentille avec lui alors qu'il venait à peine de la traiter de menteuse. Elrohir sait qu'il regrettera toujours cette phrase, puisqu'elle était tout ce qui lui restait, tout ce qui pouvait le supporter, tout ce qui pouvait le sauver.

Il donna un coup de pied à une roche qui alla frapper un tronc d'arbre. Il grimpa sur son cheval et il entra dans la ville. Il était vraiment trempé plus qu'à l'os, il était en train de s'affaissir sous la pluie. Il décida donc d'entrer dans un endroit pour être au sec. La seule chose qu'il vit d'ouvert était l'auberge. Il abrita son cheval au sec et il y entra.

À sa grande surprise, il y vit un homme avec l'aubergiste. Elrohir prit une table près du bar. À peine installer, sans son chapeau, Elrohir commença à tousser. Il avait mauvaise mine, ses vêtements sales de boue, il était en train de devenir malade et voila qu'il avait perdu son chapeau. Il fallait l'avouer, il l'avait bien sali le seau du roi de France

Il attendit que l'aubergiste revienne avant de se commander quelques choses de chaud.

_________________
There is nothing for you here, only death

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Ven Sep 15 2006, 17:05

Aramis ne demeura pas longtemps à sa promenade matinale, contrairement à son habitude. Il rentra bien vite, vaincu par le mauvais temps qui semblait redoubler d'amplitude. Le chevalier accrocha sa cape ruisselante auprès de la cheminée qui maintenant vrombissait de chaleur sous les flammes d'un bon feu.

Il n'y avait encore que bien peu de clients dans la salle, la plupart étant des clients matinaux encore occupés à bailler dans leur bol de lait chaud. Le duc s'avança tranquillement vers le comptoir, et s'y accouda pensivement, regardant distraitement la salle. Son regard se posa alors sur un homme assis seul à une table, au moins tout aussi ruisselant que lui, et paraissant bien mal en point. Il toussait à s'en fendre la poitrine et sa tenue était maculée de taches de boue. Mais ce n'était pas ces détails qui avaient d'abord attiré l'attention du chevalier, mais un symbole particulier... Une croix de mousquetaire!

L'aubergiste venait de passer en arrière sans se préoccuper de ce client en triste état. Aramis tendit le bras et saisit un verre derrière le comptoir, apportant le sien ainsi que la bouteille de vin que l'aubergiste avait sortie pour lui. Il s'approcha du jeune mousquetaire et posa le tout sur la table avec un léger sourire, versant un peu du liquide rubis dans chaque verre.


- Buvez ceci, Monsieur, vous semblez en avoir bien besoin, dit-il en s'assoyant à son tour à la table.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elrohir
Fils de La Fontaine


Nombre de messages : 1074
Date d'inscription : 14/06/2005

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Lun Sep 18 2006, 19:04

Elrohir était perdu dans ses pensées. Que faire, mais bon Dieu que faire... Qui était du bon coté et qui ne l'était pas, comment les remarquer, comment les différencier.

L'eau dégoutait de son uniforme. Une eau froide et boueuse à cause du fait qu'il soit tombé au sol. Soudain, il entendit un bruit derrière lui et un homme vint s'assoir à ses coté en lui tentant un verre de vin. Au début, il était réticent... mais plus il regardait le visage et les yeux de l'homme, plus il reprit confiance. Elrohir saisit le verre et il le cala aussitôt d'un trait.

Elrohir failli s'étouffer, et il toussa de plus belle. Il dit:

- Merci...

Il releva la tête et il posa son regard dans les yeux de l'homme. Il lui dit:

- Un mousquetaire reste toujours un mousquetaire, pas vrai.... Aramis?

Il fit une légère surprise dans les yeux de l'homme. Mais Elrohir connaissait très bien cet homme qui était devant lui. C'était la légende, Aramis. Il s'en souvint car, dès son jeune age, il l'a vu combattre marée et tempête pour protéger le roi. En plus, quand il entra dans l'armée, il avait déjà travaillé avec les trois compagnons... Aramis, Portos et Athos. L'un aussi fidèle envers eux les uns des autres... tout comme son bon ami, D'Artagnan qu'Elrohir était maintenant son ami. Voila des hommes fiers et nobles.

Elrohir se releva de son siège et il lui fit un salua de l'armée française de l'époque. Il lui dit:

- Bretagne, 1650, j'y étais avec vous, Elrohir, soldat.... maintenant rendu sous-lieutenant de l'ordre des mousquetaires, au service du Roi et de D'artagnan...

Il se rassit sur son banc et il mit sa bouche dans son verre en disant:

- L'ordre des mousquetaires, pour le peu de bons mousquetaires qu'il y reste.

Il regarda Aramis qui ne semblait rien comprendre. Elrohir retira son verre et il lui dit:

- L'ordre n'est pas plus comme dans votre époque mon ami. Elle est souillée, ternie et boueuse, comme moi pour le moment. Sauf que moi ce n'est seulement que mes vêtements, alors que plusieurs mousquetaires, il s'agit de leur coeur, vertu et noblesse qui est aussi sali.

Il reprit son verre et le cala aussi vite que le dernier. Il reposa le verre et il regarda l'homme dans les yeux. Les yeux d'Elrohir était injecté de sang, car il n'avait pas dormi depuis maintenant... oh il ne saurait dire...

_________________
There is nothing for you here, only death

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Lun Sep 18 2006, 23:31

- Un mousquetaire reste toujours un mousquetaire, pas vrai.... Aramis?

Si le jeune homme avait failli s'étouffer, c'était à présent au tour du chevalier. Reposant son verre, il releva la tête, les yeux écarquillés de surprise, pour considérer le jeune homme affalé plus qu'assis devant lui, le nez dans son verre à vin.


Il le considéra longument, appuyant pensivement son menton sur son poing refermé. Diantre, c'est qu'il fallait remonter loin dans ses souvenirs! Le chevalier avait quitté l'armée française près d'une dizaine d'années auparavant, c'est à dire en 1654. Plus il y réfléchissait, et plus le visage du jeune homme lui semblait familier...

Mais ce dernier mit fin aux doutes d'Aramis en se levant et en saluant, ce qui fit sourire le chevalier. Il hocha la tête, se rappelant cette figure si enthousiaste à l'époque, ce cadet plein de ressources qui, malgré quelques maladresses occasionnelles, promettait d'être une recrue pleine de potentiel.

- Bretagne, 1650, j'y étais avec vous, Elrohir, soldat.... maintenant rendu sous-lieutenant de l'ordre des mousquetaires, au service du Roi et de D'artagnan...


- Ah! Si, je m'en souviens maintenant. Eh bien, Monsieur de Verchères, permettez-moi de vous féliciter, même un peu tard, sur votre grade de sous-lieutenant. Déjà à cette époque, je vous savais prometteur, je suis heureux de ne pas m'être trompé dans mes prévisions!

Il tendit la main et serra chaleureusement celle du jeune homme en souriant. Celui-ci toutefois s'affala à nouveau sur sa chaise, semblant découragé.

- L'ordre des mousquetaires, pour le peu de bons mousquetaires qu'il y reste...


- Diable, que voulez-vous dire? L'Ordre serait-il dissolu? Ou alors...

Elrohir fit un signe négatif de la tête, toujours aussi sombre. Reposant son verre sur la table d'un geste las, il continua d'un ton lugubre:

- L'ordre n'est pas plus comme dans votre époque mon ami. Elle est souillée, ternie et boueuse, comme moi pour le moment. Sauf que moi ce n'est seulement que mes vêtements, alors que plusieurs mousquetaires, il s'agit de leur coeur, vertu et noblesse qui est aussi sali...

À l'entendre parler de la sorte, le coeur du chevalier se serra dans sa poitrine. Il considéra sa tenue souillée, la croix pratiquement imperceptible sur la casaque déchirée, mais surtout la dévastation du visage pourtant si juvénile. Voilà un homme qui avait passé au travers d'épreuves amères, douloureuses, et cela apparemment au sein même de la compagnie des mousquetaires de Sa Majesté!

Les yeux du chevalier brillèrent d'une singulière façon, tandis qu'il serrait presque d'instinct de la main gauche le fourreau de son épée avec fermeté.


- Aubergiste!

L'homme en question apparu à la porte de l'arrière, considérant le duc avec attention.

- Faites-nous porter un pâté en croûte, des côtelettes, un jambon et deux pains!

Avant que le jeune sous-lieutenant ne puisse refuser, Aramis l'arrêta d'un regard, tandis que l'aubergiste tournait les talons pour exécuter l'ordre du chevalier avec célérité.

- Si, j'insiste, Monsieur de Verchères, vous avez grand besoin de vous restaurer et surtout de reprendre des forces.

Il attendit que l'homme apporte le tout et serve chacun d'eux, avant d'appuyer à nouveau son menton sur son poing, fixant son regard dans celui, fatigué, d'Elrohir.

- Racontez-moi tout, je vous écoute attentivement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elrohir
Fils de La Fontaine


Nombre de messages : 1074
Date d'inscription : 14/06/2005

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Mar Sep 19 2006, 03:43

Au début, Elrohir repoussa l'invitation du mousquetaire à la retraitre. Mais il ne savait pourquoi, Aramis lui inspirait confiance. Il avait vécu l'époque glorieuse des mouquetaires, l'époque où le mal frappait le mur solide de l'ordre des mousquetaires et l'époque où plusieurs légendes sont apparus pour aller s'éteindre discrètement. Effectivement, le coeur des mousquetaires de cette époque demeurait intect, tout comme leur loyauté pour le roi. Donc, il accepta volontier et il mangea avec grande vigueur.

Pendant le repas, Elrohir discuta du problème avec Aramis. Il commença:

- Le roi m'a fait mandater de trouver les mousquetaires traitres et de les envoyer en prison, ou devant le jugement de Dieu, dépend comment vous le voyez. Mais plus le temps avançait, plus je trouvais des insectes profondément cachés sous les pierres de la traitrises.

Il se servit une bonne bouchée de pain. Tout en mastiquant, il continua:

- Tout se passait tout de même bien, jusqu'au jour où ma partenaire d'enquête, appellons-la mademoiselle, fut capturée et torturée par un groupe de mousquetaires. J'ai, pardon

Il but un troisième verre de vin plein qu'il cala cul sec. Il n'avait guère mangé depuis plusieurs jour, tout comme son sommeil qui revenait à la charge deux fois plus dur chaque fois, il continua:

- Nous, moi et mon frère, avons réussi à sortir mademoiselle indeme de cette situation. Moi je n'ai eu qu'une balle dans l'abdomen et une lame dans le bras. Les deux pour éviter que mademoiselle se fasse blesser ou bien tuer.

Elrohir lui pointa rapidement les deux endroits où les blessures étaient situées. Tout de même relativement fraiches, la douleur demeurait intense. Il continua:

- Mais, le pire reste à venir. Je reconduisit mademoiselle à sa chambre le soir et je veilla sur elle, car c'Est à sa chambre qu'elle avait été kidnappée la première fois. Donc, je veilla à sa sécurité la durée de la nuit. Mais, vous connaissez que trop bien la vie au chateau, les rumeurs circulèrent à nos propos. Les rumeurs circulaient auxquels que j'avais une liaison avec cette mademoiselle. ALors, le roi appris rapidement la nouvelle et il me fit retirer l'enquête. MA fiancée également appris la nouvelle, et elle est demeurée enfermée dans sa chambre, ne voulant plus de moi.

Elrohir prit une pause. Il cligna rapidement des yeux, faisait tomber quelques gouttes d'eau qui était accrochées à ses cils. Il enchaina:

- Mais, j'Ai eu vent qu'un sous-lieutenant, Maranda, était un traitre. Je l'ai traqué et suivit pendant plusieurs jours et nuits pour finalement finir à l'abattre dans un combat, il y a de cela deux jours, ici même à Paris. Mais, avant que je l'achève, il me dit que la traitrise était entrée beaucoup plus profondément que cela et que des hautes têtes complataient contre le roi. Il m'a aussi dit de surveiller mademoiselle, car je ne pourrai pas la surveiller chaque minute du jour et de la nuit.

Elrohir prit une plus longue pause, se remémorant Evangéline à la cabane des traitres, recevaient un traitement qui ne lui était point dû. Il donna ensuite un violent coup de point sur la table, faisant trembler la bouteille de vin dangereusement:

- Il l'a soupçonne d'être ma femme, mais ce n'Est pas vrai. Car ma fiancée m'a laissé tombé, et maintenant je suis seul. Vous, Aramis, vous devez savoir que nous ne pouvons avoir de femme qui ne connait pas nos secrets. Car un jour, la lourdeur des secrets deviennent si intenses que tout cela finit par exploser et tue ce qu'il y a d'amour entre deux gens. Evangéine était la seule envers qui que je peux tout lui dire, car elle est tout comme moi, vigoureusement active dans ce genre de monde mais...

Il saisit Aramis par le collet et il parla un peu plus fort pour bien se faire comprendre, avec de la tristesse dans les yeux:

- Mais je l'ai laissé tomber le jour où elle a été capturée par les traitres, ce jour, elle ne pouvait plus s'appuyer sur moi pour sa sécurité, j'ai failli à mon roi, mais maintenant j'ai failli à mon coeur. La seule façon que j'ai pour la sortir de ce merdier c'est de tuer tout ces putains de traitres malgré le fait que je n'ai plus cette enquête. Sinon, le danger demeurera et elle sera toujours lié à moi et les ennemis en profiteront... Mais, j'ai échoué Aramis... j'ai échoué

Il lacha le collet de son vieux collègue et il se coucha la tête sur la table, bien caché dans ses bras

_________________
There is nothing for you here, only death

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Mar Sep 19 2006, 05:34

Aramis écouta silencieusement tout l'exposé entrecoupé du jeune sous-lieutenant en le regardant avec calme. Il mangeait ou plutôt dévorait le contenu de son assiette avec une scélérité qui ne laissait aucun doute possible sur la régularité de son alimentation, ou plutôt de son inanition au cours des derniers jours.

- Le roi m'a fait mandater de trouver les mousquetaires traitres et de les envoyer en prison, ou devant le jugement de Dieu, dépend comment vous le voyez. Mais plus le temps avançait, plus je trouvais des insectes profondément cachés sous les pierres de la traitrises.

Aramis hocha lentement la tête, attentif, en buvant de sa coupe. Il le laissa continuer tout à son aise. Seul un léger froncement de sourcil témoignait de sa consternation à entendre que la trahison était entrée au sein de la compagnie. Avec D'Artagnan à la tête, cela avait presque tout d'une hérésie!...

- Tout se passait tout de même bien, jusqu'au jour où ma partenaire d'enquête, appellons-la mademoiselle, fut capturée et torturée par un groupe de mousquetaires. J'ai, pardon...

Aramis fit une légère moue réprobatrice à entendre Elrohir évoquer que l'on avait confié pareille mission à une jeune femme... Les temps avaient fort changé, mais à ce point, cela dépassait un peu les bornes!

Le laissant prendre le temps de boire avant de continuer son récit, Aramis songea à ce que lui avait déjà appris le sous-lieutenant. Mais déjà celui-ci reprenait son réçit précipité d'une voix saccadée.

- Nous, moi et mon frère, avons réussi à sortir mademoiselle indeme de cette situation. Moi je n'ai eu qu'une balle dans l'abdomen et une lame dans le bras. Les deux pour éviter que mademoiselle se fasse blesser ou bien tuer.

Aramis pâlit à ces paroles, tandis que son interlocuteur pointait vers ses blessures, dont les bandages transparaissaient derrières les déchirures sur la casaque brunie et ensanglantée.


- Mordieu, parvint-il à murmurer, hautement étonné de la force démontrée par le jeune homme face à cette épreuve que fort peu de gens auraient traversé ainsi que lui.

- Mais, le pire reste à venir. Je reconduisit mademoiselle à sa chambre le soir et je veilla sur elle, car c'est à sa chambre qu'elle avait été kidnappée la première fois. Donc, je veilla à sa sécurité la durée de la nuit. Mais, vous connaissez que trop bien la vie au château, les rumeurs circulèrent à nos propos...

Aramis eut une légère moue dubitative en écoutant ces derniers propos. Sur cet aspect, sans conteste, Elrohir avait fait preuve d'imprudence, mais l'état dans lequel il se trouvait pouvait largement excuser ce fait...

- Les rumeurs circulaient auxquels que j'avais une liaison avec cette mademoiselle. Alors, le roi appris rapidement la nouvelle et il me fit retirer l'enquête. Ma fiancée également appris la nouvelle, et elle est demeurée enfermée dans sa chambre, ne voulant plus de moi...

Le jeune homme baissa les yeux, disant ces derniers mots. Il était aisé de constater que ce dernier fait était excessivement pénible pour lui. Aramis posa une main amicale sur le bras du jeune mousquetaire, qui demeura silencieux un moment. Mais rapidement, il enchaîna avec la suite.


- Mais, j'ai eu vent qu'un sous-lieutenant, Maranda, était un traitre. Je l'ai traqué et suivit pendant plusieurs jours et nuits pour finalement finir à l'abattre dans un combat, il y a de cela deux jours, ici même à Paris. Mais, avant que je l'achève, il me dit que la traitrise était entrée beaucoup plus profondément que cela et que des hautes têtes complotaient contre le roi. Il m'a aussi dit de surveiller mademoiselle, car je ne pourrai pas la surveiller chaque minute du jour et de la nuit.

Aramis secoua lentement la tête, la physionomie sombre, devant la direction que prenait ce réçit. En pareilles circonstances, d'une mission ordonnée par le roy à une affaire de vengeance personnelle, il n'y avait qu'un léger pas à faire, et Elrohir semblait ociller dangereusement sur cette fragile limite, qu'il ne devait surtout pas franchir...

Le bruit que fit Elrohir en abattant son poing sur la table fit tourner quelques têtes autour d'eux, mais Aramis se contenta d'écouter le jeune homme compléter son réçit avec patience.

- Il l'a soupçonne d'être ma femme, mais ce n'est pas vrai. Car ma fiancée m'a laissé tombé, et maintenant je suis seul. Vous, Aramis, vous devez savoir que nous ne pouvons avoir de femme qui ne connait pas nos secrets. Car un jour, la lourdeur des secrets deviennent si intenses que tout cela finit par exploser et tue ce qu'il y a d'amour entre deux gens. Evangéline était la seule envers qui que je peux tout lui dire, car elle est tout comme moi, vigoureusement active dans ce genre de monde mais...


Aramis hocha la tête en signe qu'il comprenait parfaitement bien ce que voulait dire le jeune mousquetaire. Oui, des secrets, il y en avait eu au courant de sa carrière de mousquetaires, des secrets qui avaient même souvent menacé jusqu'à son amitié avec les inséparables... Quant aux relations avec les femmes, il ne fallait pas en parler... Ah, jeunesse!

Ses pensées furent interrompues par le jeune homme qui s'accrocha presque désespérément à l'encolure de son pourpoint, son regard lourd de tristesse et d'angoisse refoulées.

- Mais je l'ai laissé tomber le jour où elle a été capturée par les traitres, ce jour, elle ne pouvait plus s'appuyer sur moi pour sa sécurité, j'ai failli à mon roi, mais maintenant j'ai failli à mon coeur. La seule façon que j'ai pour la sortir de ce merdier c'est de tuer tout ces putains de traitres malgré le fait que je n'ai plus cette enquête. Sinon, le danger demeurera et elle sera toujours lié à moi et les ennemis en profiteront... Mais, j'ai échoué Aramis... j'ai échoué...

Le jeune homme relâcha son col brusquement et retomba la tête sur ses bras sur la table, apparemment écrasé par les événements. Aramis ne dit rien pendant un bon moment, se contentant de poser sa main sur l'épaule du jeune homme, dont la respiration saccadée et douloureuse se calmait tout de même peu à peu.


- Écoutez-moi, de Verchères. Vous avez été fortement éprouvé au cours des derniers jours et votre jugement s'en trouve immanquablement altéré. Je peux vous assurer que traquer un à un chaque mousquetaire susceptible d'être un traître, non seulement vous épuisera totalement, mais risque fort d'attirer sur vous la colère du roi et, bien evidemment, celle des traîtres, qui, à en croire votre réçit, n'hésiteront pas à mettre à exécution les menaces proférées par ce Maranda. Le plus sage, selon moi, serait d'en aviser l'autorité la plus fiable et accessible en cette affaire, en l'occurence D'Artagnan. Avec de l'organisation et l'aide d'hommes de confiance, ce sera beaucoup plus aisé de démasquer et maîtriser ces hommes parjures à leur serment d'allégeance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elrohir
Fils de La Fontaine


Nombre de messages : 1074
Date d'inscription : 14/06/2005

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Mar Sep 19 2006, 12:27

Elrohir se releva rapidement de la table avec un air désespéré. Il dit:

- Mais, je dois tous les arreter, il en va de la sécurité d'Evangéline, une femme qui n'aurait jamais dû se retrouver dans un tel pétrin.

Il se servit un quatrième verre en disant que c'était le dernier. Il le cala d'un coup. Il fit signe à l'aubergiste de venir ici et il lui dit:

- Apportez-nous de l'eau. Vous savez, le truc que l'on donne aux chevaux habituellement et qui sort d'un puit

Elrohir donna une petite tape sur l'épaule de l'aubergiste. Quand il sortit, Elrohir saisit la bouteille et il la précipita sur le mur. Elle se fracassa et le vin s'éparpilla sur le sol, salisant davantage le sol qui était déja bien beurré. Elrohir se retourna vers Aramis et il lui dit:

- Monsieur, sauf votre respect, à qui diable puis-je faire confiance? Nous pensons que la moitié de l'ordre est attaqué, et le roi m'a dit de ne pas faire confiance à D'Artagnan. Vous vous rendez compte, mon grand ami, celui avec qui j'ai été fréquemment sur les champs de bataille, nous sauvant la vie mutuellement.

Il vit l'aubergiste entrer et déposer un pichet d'eau en face d'Elrohir. Il rechercha rapidement la bouteille de vin mais il ne la trouva pas. Il haussa les épaules et il retourna derrière pour vaguer à ses occupations.

Elrohir, qui n'avait pas osciller du regard face à Aramis lui dit:

- À qui diable puis-je faire confiance pour cette misssion. Je ne sais à qui parler sans me faire attaquer par une dizaine de mousquetaire qui voudrait que je me la ferme. Le quartier des mousquetaires est un véritable piège désormais, y dormir est s'y suicider.

Soudain, un éclair vint frapper Elrohir. Il se releva de son banc, sec. Il posa ses deux mains sur les épaules d'Aramis et il lui dit:

- Monsieur Aramis, c'est Dieu qui vous envoie, c'est sûr

Elrohir regarda à gauche et à droite, comme trop heureux pour tenir en place. Le soleil commença à se lever davantage et une lueur grandiose vint d'illuminer la salle. Victorieux devant son éclair de génie, il lui dit:

- Vous, vous n'êtes pas corrompu vous n'êtes pas souillé. Et j'ai ouie dire que Athos était dans les parages. Seulement vous pouvez savoir si D'Artagnan l'est également, vous avez passé toute votre carrière les trois ensembles. Je n'ai jamais vu des mousquetaires crier «un pour tous et tous pour un» avec autant de vigueur et de détermination dans votre voix. Aramis, je vous assure, c'est Dieu qui vous a mis sur mon chemin. Il faut saisir cette chance et nous débarasser de ceux qui salisse la croix que je porte sur moi.... mon uniforme se lave, mais le coeur de ceux qui trahissent le roi ne peut se laver.

Elrohir était comme un enfant qui venait de recevoir un cadeau de Noël. Enfin une première lueur d'espoir dans ce monde où tout est sombre.

_________________
There is nothing for you here, only death

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Mer Sep 20 2006, 03:05

- Mais, je dois tous les arrêter, il en va de la sécurité d'Evangéline, une femme qui n'aurait jamais dû se retrouver dans un tel pétrin.

Aramis reposa pensivement son verre sur la table, regardant Elrohir remplir pour la quatrième fois le sien et en avaler le contenu d'un trait. Il avait encore énormément de mal à croire que des représentants de l'ordre, des mousquetaires, c'est-à-dire des hommes qui avaient le pas sur les maréchaux de France, qui étaient directement sous les ordres du roi en personne, puissent s'abaisser à la trahison.

Pendant qu'il était plongé ainsi dans ses méditations, Elrohir hélait l'aubergiste d'un signe de la main et lui demandait de lui apporter de l'eau. Puis, d'un mouvement qui surpris le chevalier, il prit la bouteille de vin presque vide et la fracassa d'un mouvement sur le mur. Aramis secoua brièvement la tête. Il faudrait que le sous-lieutenant fasse preuve de davantage de maîtrise de soi s'il voulait mener à bien la tâche d'épurer les rangs des mousquetaires...

- Monsieur, sauf votre respect, à qui diable puis-je faire confiance? Nous pensons que la moitié de l'ordre est attaqué, et le roi m'a dit de ne pas faire confiance à D'Artagnan. Vous vous rendez compte, mon grand ami, celui avec qui j'ai été fréquemment sur les champs de bataille, nous sauvant la vie mutuellement...


- Qu'avez-vous dit? coupa soudainement Aramis. Le roi en personne vous a dit de ne pas faire confiance à d'Artagnan? Sauf le respect que je dois à Sa Majesté, ceci est absolument absurde!

Aramis se leva à son tour, et fit quelques pas au-devant d'Elrohir, qu'il fixa droit dans les yeux.

- Je connais d'Artagnan depuis plus d'une vingtaine d'années, et je vous jure que je lui confierais sans hésiter ma vie, mon sang, mon honneur, tout ce que j'ai de plus précieux sur cette terre, et ce sans le moindre doute, la moindre hésitation. D'Artagnan est plus qu'un ami, c'est un frère. Il est plus qu'un homme probe, c'est la fidélité faite homme!

Il se tut, considérant pendant un moment les gouttes d'eau qui étincelaient au soleil levant sur la vitre de la fenêtre.

- À qui diable puis-je faire confiance pour cette misssion. Je ne sais à qui parler sans me faire attaquer par une dizaine de mousquetaire qui voudrait que je me la ferme. Le quartier des mousquetaires est un véritable piège désormais, y dormir est s'y suicider.

Aramis demeura silencieux un léger moment, puis il se tourna à nouveau vers Elrohir, qu'il considéra de son regard calme.


- Si l'on ne peut faire confiance à d'Artagnan, on ne peut avoir confiance en personne...

Il n'avait pas fini de prononcer ces paroles qu'Elrohir bondit à nouveau, et le saisit aux épaules avec une expression d'indiscible joie dans les yeux.

- Monsieur Aramis, c'est Dieu qui vous envoie, c'est sûr!

Saisit, le chevalier ne put que le regarder dans un silence étonné.

- Vous, vous n'êtes pas corrompu vous n'êtes pas souillé. Et j'ai ouie dire que Athos était dans les parages. Seulement vous pouvez savoir si D'Artagnan l'est également, vous avez passé toute votre carrière les trois ensembles. Je n'ai jamais vu des mousquetaires crier «un pour tous et tous pour un» avec autant de vigueur et de détermination dans votre voix. Aramis, je vous assure, c'est Dieu qui vous a mis sur mon chemin. Il faut saisir cette chance et nous débarasser de ceux qui salisse la croix que je porte sur moi.... mon uniforme se lave, mais le coeur de ceux qui trahissent le roi ne peut se laver.

Un léger sourire apparu aux lèvres du chevalier, et il serra amicalement le bras d'Elrohir.


- Nous avons peut-être travailler de nombreuses années ensemble, de Verchères, mais rappelez-vous que personne n'est absolument infaillible, pas même nous, les Inséparables... Tout de même, je jurerais de la probité d'Artagnan sur ma propre vie, et deux fois plutôt qu'une. Quant à Athos... Eh bien, ma foi! Il a tout du mousquetaire qu'il était autrefois, bien que l'âge commence à prendre son tribut sur lui. Il a été blessé au cours d'une rixe il y a de cela près d'une semaine, et il ne faut pas oublier qu'il a la tutelle d'un jeune adolescent. Quoique je répondrais aussi assurément de lui que je réponds de moi-même, je crois qu'il vaut mieux que nous attendions un moment plus propice pour lui en parler. Ce serait plus sage. Mais pour le reste, de Verchères, allons retrouver d'Artagnan, je serai bien aise de revoir ce vieil ami, que je n'ai pas vu depuis plusieurs années.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elrohir
Fils de La Fontaine


Nombre de messages : 1074
Date d'inscription : 14/06/2005

MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Mer Sep 20 2006, 03:43

Elrohir saisit l'affirmative de cette phrase. Les étincelles reprinrent vie dans ses yeux... ceux d'Elrohir et ceux d'Aramis qui devait trouver le temps foutrement long depuis sa retraitre. Elrohir lui tapa fermement l'épaule du bras à lequel Aramis lui tenait l'épaule et il lui dit:

- Parfait, à la bonheur. Le mal n'a qu'à bien se tenir....

Elrohir sentit son bras droit s'engourdir. Il serra et déserra le poing à quelques reprises pour alimenter son bras en sang. Chose faite, il se leva de son banc, tout excité. Il demanda à Aramis:

- Croyez-vous pouvoir convaincre Athos? Pour ce qui est de son jeune fils... nous verrons si l'impliquer est une bonne idée. N'oubliez pas que nous allons jouer dans la cours des grands et que je me sentirais mal s'il devait lui arriver quelques choses.

Elrohir ferma les yeux quelques secondes, se disant qu'il avait enfin trouvé un moyen pour sortir Evangéline de là. Sa douce Evangéline, il aurait déplacé ciel et terre pour seulement lui permettre de revivre normalement sa vie. Il fallait le dire, toutes ses pensées allaient vers elle... il n'était pas faché de ce qui s'était passé et puis d'Ailleurs, elle était sa partenaire pour le vie.

Bien qu'Aramis aille accepté, il y avait toujours cette présence dans sa tête... comme s'il n'avait pas le controle de lui. Il y avait toujours des flashs qui apparaissaient, des rires d'Evangéline, des menaces de mousquetaires et de brigands, même des boulets et des coups de feu se firent entendre. Il mit ses deux mains sur la tempe, essayant de les faire partir.

Voyant qu'Aramis arreta son regard sur lui, Elrohir releva la tête et il lui dit:

- Les migraines... vous savez ce que s'est. Elles vous prend lorsque vous avez beaucoup de travail à faire.

Mais Elrohir n'allait vraiment pas mieux. Il ne cessait d'entendre tous ses sons, toutes ses complaintes de gens qui voulaient vivre, et par dessus tout, la voix d'Evangéline, son sourire qu'elle avait avant qu'il ne parte... Bon Dieu, il l'avait trahi.. tant de fois, il ne voulait que la sauver.

Il se mit à tousser de plus belles, fort et avec insistance. Aramis se pencha pour lui demander si ça allait bien, mais entre deux respirations, Elrohir se releva et il dit:

- Oui, oui, tout va bien. Allonrs chercher des alliés pour mettre un terme à cette histoire

C'est avec la tête remplie de sons et d'images qu'Elrohir suivit Aramis vers l'Extérieur de l'auberge... il ne pleuvait plus et le soleil commençait enfin à sortir

_________________
There is nothing for you here, only death

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay   Aujourd'hui à 09:42

Revenir en haut Aller en bas
 
Chambre provisoire du Chevalier d'Herblay
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un honorable chevalier
» Un pot de Chambre, signé Jean Erich René
» Chambre des députés / Fin de Mandat / « Qu’ils partent », soutiennent la société
» Démission de la vice présidente de la Chambre de commerce
» La dérive antidémocratique du Conseil Electoral Provisoire Haitien

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
1663 : Face aux Feux du Soleil :: ARCHIVES :: 1663 V1-
Sauter vers: