1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Dédé et duduche

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Louis XIV
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MessageSujet: Dédé et duduche   Ven Juin 16 2006, 13:48

Un joli feu crépitait dans l'âtre et fredonnait au Roy une chaleureuse berceuse... Louis se laissait aller. Assis, ou plutot affalé dans son fauteuil de damas, il oubliait à présent de lutter contre la force gravitationelle qui entraînait ses paupières à se fermer.

C'était que le concert des éléments furieux qui frappaient la vitre de vent et de pluie ne l'incitait pas à rester éveillé, et surtout pas à être de bonne humeur.

Aussi, lorsqu'un garde ouvrit la porte pour annoncer Condé, Louis grommela et le jeta dehors par ces mots :


-Eh bien, faites entrer triple sot!

Alors que le bonhomme s'éclipsait sans demander son reste, Louis put se détacher de Morphée à loisir. Il tira sur les accoudoirs pour se redresser, remis ses cheveux en place et puis se frotta les yeux qui décidément, auraient bien aimer une ou deux heures de sommeil.

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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Ven Juin 16 2006, 17:42

(HRP: ..... Dédé et Duduche... Laughing mdrrrrrrr... fatiguée, Éli?)

Le Garde ressortit du cabinet royal presque aussi vite qu'il y était entré, arborant une expression nerveuse. On ouvrit toutes grandes les doubles portes (lol) et Cassandre, toujours au bras du Prince de Condé, entra dans la pièce. Ils s'avancèrent jusqu'à lui. La jeune duchesse s'inclina dans une profonde et gracieuse révérance, baissant les yeux sous le royal regard. Elle avait eu le tempe de noter avant de poser ce geste la visible fatigue de Sa Majesté, qui se voyait dans la pâleur de ses joues et dans un négligé quasi invisible de ses cheveux...

Elle se fut volontiers retirée, mais l'importance de ce qu'elle avait à dire à son roy la retenait sur place.
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Louis II, Prince de Condé
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Lun Juin 26 2006, 15:46

Pendant les quelques ridicules secondes d’attente infligées, bien malgré elle, par Sa Majesté, Louis s’était perdu dans la contemplation des myriades de perles liquides qui de secondes en secondes esquissaient de bien éphémères chef d’œuvres sur les vitres de l’antichambre. Quelle séduisante métaphore de la Cour se dessinait là ! Le courtisan n’était-il pas semblable à ces gouttes, misérable passager prostré aux pieds du Roi, bien vite chassé par d’autres, plus beaux, plus spirituels, plus ambitieux …

Enfin, les portes se rouvrirent, libérant l’accès à la royale tanière, arrachant Condé à sa métaphysique des gouttes. Proposant obligeamment son bras à la Duchesse, le Prince de Condé, dressé tel un paon en parade, franchit le seuil le plus convoité du royaume.

Il ne se passa rien. Ni éblouissement, ni émerveillement. Rien. L’espace d’une seconde, Louis avait surpris l’homme derrière le roi, et cet individu n’avait absolument rien de solaire : juste un jeune homme las des vicissitudes d’une vie dénuée d’obscures alcôves, un jeune homme qui, en cet après midi maussade, semblait s’ennuyer ferme.

Mais, moins d’une seconde plus tard, l’extraordinaire machinerie royale s’était remise en marche : Sa Majesté Louis le quatorzième rayonnait de nouveau sur le petit territoire de son bureau. Jamais une éclipse de soleil n’avait été aussi fulgurante ! A n’en pas douter, voilà qui allait impressionner la Duchesse…

Plus par protocole que par véritable affection familiale, Son Altesse Sérénissime se composa un large sourire, parfaitement glacé au demeurant, et s’avança vers Apollon. Pour compléter le tableau, il se saisit de son couvre-chef dans un superbe geste, éminemment princier, ample et précis, beau et gracieux… véritable martyre pour ses malheureuses articulations arthritiques. Faire illusion, toujours faire illusion…

Lorsqu’il eut accompli cette révérence ô combien périlleuse, Louis s’immobilisa, statue de marbre figée et souriante.

Il ne restait plus qu’à attendre le bon vouloir de son royal cousin. Même un Prince de sang est tenu de se conformer à cette règle, au demeurant stupide, qui stipule qu’aucun mortel ne peut interpeller cette Royale Majesté…
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Louis XIV
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Mar Juin 27 2006, 09:48

En parlant de goutte... Elle ne faisait plus rage, sur l'organisme de ce cher prince de Condé ? Bah, tant mieux, qu'il les fasse, ses courbettes...

Louis sourit et attendit quelques secondes avec un certain plaisir sadique _ dû sans doute à sa mauvaise humeur _ que Louis II de Bourbon, prince de Condé, se statufie dans cette position ô combien inconfortable...

Il observa pendant ce temps la jolie accompagnatrice du prince à la dérobée... Et ben, Condé ne vieillirait donc jamais ?
Il faudrait prendre garde à éviter le scandale, car même marié à une folle, Condé était marié.

Il redonna son attention à Louis, et se décida finalement à abréger le martyre :


-Relevez vous, mon cousin. Et dites moi donc ce qui vous amène présentement. Y-a-t-il un rapport avec la ravissante personne qui vous accompagne ?

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Louis II, Prince de Condé
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Mar Juin 27 2006, 19:01

Si la scène s’était déroulée quelques siècles plus tard, l’on aurait volontiers qualifié le royal comportement de sadique. Mais le divin marquis n’emplissant pas encore le monde de sa poésie et de ses délicieux écrits, le comportement du roi était tout simplement innommable. Condé enrageait intérieurement : comment ce roitelet à peine pubère, pour qui la guerre n’était encore qu’un concept fort abstrait, osait faire ainsi patienter le plus illustre militaire du siècle ? Une seule réponse s’imposait : il était Roi, il avait donc tous les droits.

Alors qu’il quittait enfin sa douloureuse position en angle droit, Louis capta un regard du monarque qui lui déplut profondément. La troublante beauté de sa jeune accompagnatrice ne semblait pas lui avoir échappée. L’esprit alambiqué du Prince s’imagina instantanément que son coureur de jupons de cousin jaugeait là la propension de la demoiselle à la bagatelle et en conçut un violent accès de rage qui ne demandait qu’à s’exprimer. Mais défigurer Son Altesse d’un magistral coup de coude infligé au nasal ornement n’eut point été du meilleur effet dans leurs relations (néanmoins, peut être qu’un tel acte eut rendu à cette bourbonne protubérance un aspect plus classique…). Cet héroïque projet s’éteignit donc instantanément, et Condé s’appliqua à se recomposer une mine adéquate : il rectifia un sourcil bien trop circonflexe, humecta ses lèvres desséchées, et feignit une nonchalance majuscule. Faire illusion, toujours faire illusion…


Votre Altesse, si je me permets ainsi de venir troubler votre labeur que je sais acharné…

Pourquoi Condé entendait-il donc de larmoyants violons faire vibrer sa boîte crânienne ?

… c’est pour vous présenter une jeune personne désireuse de faire ses premiers pas à la Cour de France.

Emphase, quand tu nous tiens…

Puis, désignant de sa main gantée de pourpre ladite créature, il poursuivit :


Votre Majesté, permettez-moi de vous présenter la Demoiselle Cassandre Lynne des Laures, Duchesse d’Agenois. Cette femme, au demeurant bien jeune, a le grand mérite d’administrer seule le vaste domaine qui est le sien. Je l’ai trouvée tout à fait digne de rencontrer Sa Royale Majesté.

Une bouffée d’orgueil lui monta soudainement au visage. Lui, Condé, militaire vieillissant (et même, pour certaines mauvaises langues, quasi-sénile), Prince sur le retour aux conquêtes féminines comparables à celles de Monsieur, se permettait de se présenter au roi en la compagnie d’une charmante –et très jeune- demoiselle ! De son côté, son royal cousin s’embourbait lamentablement dans un répugnant marasme affectif et semblait chuter de jour en jour dans une mélancolie des plus noires ! O le dur métier que celui de roi !
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Mer Juin 28 2006, 16:50

Cassandre était demeurée humblement inclinée devant le roi. Lorsque le prince mentionna son nom, elle releva la tête, se leva doucement et posa son doux et modeste regard sur le visage du roi. Elle attendait que Sa Majesté daigne l'interpeler avant de lui adresser la parole.
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Louis XIV
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Mer Juil 12 2006, 22:20

« Votre Altesse, si je me permets ainsi de venir troubler votre labeur que je sais acharné… »

Louis laissa retomber ses paupières, s’affala sur son fauteuil et croisa les mains. Ce début de discours n’augurait rien de bon sur sa longueur et pour peu, il se serait ostensiblement tourné les pouces. Seulement, Condé restait Condé, et se faire d’un prince de sang un ennemi pour une histoire de pouce aurait été ridicule.

« … c’est pour vous présenter une jeune personne désireuse de faire ses premiers pas à la Cour de France. »

Louis tourna la tête vers Cassandre, c’était tout naturel. Vraiment, où Condé avait déniché cet oiseau rare ?

« Votre Majesté, permettez-moi de vous présenter la Demoiselle Cassandre Lynne des Laures, Duchesse d’Agenois. Cette femme, au demeurant bien jeune, a le grand mérite d’administrer seule le vaste domaine qui est le sien. Je l’ai trouvée tout à fait digne de rencontrer Sa Royale Majesté. »

Ah ! Une duchesse ! Le prince y allait fort ! Jeune, belle, et duchesse… Il n’écouta que distraitement les qualificatifs emphatiques que Louis II de Bourbon maniait avec toute la dextérité d’un « vieux de la vieille » de la Cour… il préférait amplement le spectacle de la « jeune personne désireuse de faire ses premiers pas à la Cour de France ».

Cependant les informations étaient rentrées tout de même, et il était tout à fait capable de citer son cousin comme s’il l’avait écouté de ses deux oreilles.

Il s’adressa directement à Cassandre :


-Ainsi, vous désirez profiter des joies de la Cour ?

Oisiveté, protocole, ronds de jambes, trahisons, messes basses, oui, oui : Joies !

-Je connais l’Agenois. Une terre bien au Sud à la frontière Espagnole.

Oui, il connaissait ce point stratégique, rempart entre l’Espagne et la France, et se faisait une fierté d’étaler son savoir…

-Les rayonnements de Paris doivent avoir du mal à l’atteindre : C’est si loin !

Louis badinait en ne lâchant pas des yeux le minois de la duchesse : à l'aide de la grâce naturelle qu'elle affichait, on lui ferait facilement une place dans le flot des courtisans... et Louis ne ferait rien pour l’en empêcher. Il avait pour habitude de favoriser l’entrée des belles choses en sa Cour.
Elle aurait droit également à des coups bas, c’était certain. Là non plus, Louis ne ferait rien pour l’empêcher. Il avait pour habitude de suivre le précepte « diviser pour mieux régner ».
N'étant pas spécialement absorbé par le visage d'Agenois, il se tourna d'un coup vers Condé.


-Vous avez eu fort raison mon cousin de me présenter cette jeune personne. Qu’elle vienne au bal que donnera ce prince qui fait tant parler de lui… le Farnese…Je suis on ne peut plus sûr qu’elle y sera présentée comme la merveille de la soirée.

Peut-être la seconde merveille après lui-même… Ou la troisième après Louise… Ou la quatrième après François-Xavier…(ah ! Celui-là, il aimerait bien qu’on l’oublie ne serait-ce le temps que d’une soirée !). Enfin, bref, Louis non plus n’avait pas peur de l’emphase lorsqu’il s’agissait de louer la beauté… la beauté d’une femme.

Ainsi donc à peine venue au bras du tordu de Condé qu’elle ressortait avec une invitation au bal que se targuait de donner le prince qui montait peut-être un peu trop haut ces temps ci… Le Roy prenait ses aises et offrait des invitations à eux qui, selon lui, le méritait. Cela faisait des jaloux, et il en jouissait avec le plaisir sadique qui l’habitait parfois, lorsqu’un certain mal de crâne occupait sa tête…

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Dernière édition par le Jeu Juil 13 2006, 11:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Mer Juil 12 2006, 23:04

-Ainsi, vous désirez profiter des joies de la Cour ?

Sans savoir ce qu'impliquait ce léger mouvement, Cassandre inclina doucement la tête à cette question faite par le roi. Elle soutenait le royal regard de ses yeux émeraude sublimes de douceur et d'humilité.

-Je connais l’Agenois. Une terre bien au Sud à la frontière Espagnole. Les rayonnements de Paris doivent avoir du mal à l’atteindre: C’est si loin!

À ceci, un léger sourire naquit sur les lèvres de Cassandre.

- Sire... C'est un immense honneur que Votre Majesté accorde à mon humble domaine...

Le roi parut pensif un bref moment. Ses traits aristocratiques arboraient une expression indéfinissable pour la jeune duchesse, qui se contenta d'observer sans fixer la physionomie du roi. Celui-ci se tourna alors vers le prince de Condé.

-Vous avez eu fort raison mon cousin de me présenter cette jeune personne. Qu’elle vienne au bal que donnera ce prince qui fait tant parler de lui… le Farnese…Je suis on ne peut plus sûr qu’elle y sera présentée comme la merveille de la soirée.

À ces propos, la jeune fille s'empourpra et baissa les yeux. Cette phrase du roi la troublait profondément, mais, tout de même, elle ressentit une légère pointe de joie sous l'embarras. Le roi agréait sans doute sa présence pour l'inviter ainsi en personne, à des réjouissances, alors que la jeune fille venait de faire son arrivée à la Cour.

Aussi, au bout d'un léger moment de silence, la demoiselle s'enhardit jusqu'à relever les yeux sur le royal visage.

- Je suis de Votre Majesté la plus humble servante et je la remercie pour l'incommensurable privilège qu'elle daigne m'accorder.

C'était le moment sans doute d'aborder le sujet le plus important qui emmenait la jeune fille à la Cour.

- Si Votre Majesté me permet de parler librement, je voudrais l'entretenir au sujet de cette même terre, dont j'ai la responsabilité et dont je m'efforce de porter le titre en tout honneur.
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Sam Juil 15 2006, 17:33

Blandine venait de pénétrer dans l’arène. Le Lion Soleil l’avait jaugée, palpée mentalement, et, pour finir, s’en était détourné ! Les rumeurs d’impuissance à son sujet seraient-elles finalement fondées ? Louis se détournait-il des femmes? Condé connaissait son royal cousin depuis suffisamment longtemps pour constater son évidente apathie face à la Duchesse, apathie mal dissimulée derrière une épaisse couche d’emphase rhétorique.

Mais il y avait pire : Condé trouvait Son Altesse royalement ridicule.

Quel besoin avait-il d’étaler ses pitoyables connaissances géographiques devant cette jeune Duchesse ? Son Altesse Royale connaissait l’Agenois, et Son Altesse Royale se targuait d’y aller de son petit commentaire ! Pourquoi ne pas ponctuer sa brillante intervention par une citation latine pendant qu’il y était ? La réponse était simple : Son Altesse Royale n’avait jamais dépassé le stade de l’apprentissage de la première déclinaison…

Mais l’apothéose restait encore à venir…

Après avoir démontré l’étendue de sa culture encyclopédique, Son Altesse Royale parut se souvenir de la présence du Prince dans le cabinet.

Les mots qui suivirent firent à Condé l’effet d’une boutade tout à fait savoureuse, si bien qu’il du opérer de grands efforts pour conserver son sang froid.

Son Altesse Royale venait tout bonnement d’inviter la jeune Duchesse à la très attendue fête de Vaux-le-Vicomte, organisée par un être que le cœur du roi ne portait guère : le Prince Farnese de Savoie-Carignan ! A croire que Sa Majesté avait été investie par ledit Prince de tenir la billetterie ! Louis XIV pourvoyeur du Prince de Vaux… Mais où allait-on ! Pourquoi ne pas l’installer en Place de Grève avec un joli tambour, histoire de lancer la vaste campagne promotionnelle du Prince ! A ce rythme là, Sa Royale Majesté sera certainement très bientôt chargée du choix des volailles !

Tout à ses réflexions, Condé n’en demeurait pas moins facticement soumis. Il s’inclina même en une énième révérence.

Irrespectueux ? Le Prince de Condé ? Quelle idée !
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Dim Juil 16 2006, 09:55

-Si Votre Majesté me permet de parler librement, je voudrais l'entretenir au sujet de cette même terre, dont j'ai la responsabilité et dont je m'efforce de porter le titre en tout honneur.


Et bah Sa Majesté vous permet de parler librement, allez, allez, ennuyez moi un peu plus… Ca me fait tellement plaisir de vous écouter parler toujours de quête, de requête, de doléance, de condoléances… Enfin bref, de parler quoi .


Louis la gratifia d’un sourire _ presque _ sincère, et l’autorisa d’un signe gracieux de la main à continuer sur sa lancée.


-Allez-y, mademoiselle, dites.

Et sans se départir de son sourire qui semblait figé sur cette royale figure à tout jamais, Louis se tourna vers son cousin… Il doutait fort en effet qu’une si jeune femme, même se targuant de quelques responsabilité, eut pu avoir quelque chose de capitale à l’entretenir.
Aussi s’attendait-il à quelques badinages ou demande en tout genre, et jeta un œil à Condé comme pour lui dire qu’il aurait aimé être ailleurs à l’instant. Cet œil, qui aurait pu faire de son cousin son complice d’un instant, revint cependant vite à son point initial : fixer l’Agenois. Et la fixer avec toute l’attention qu’on était capable de montrer.

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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Dim Juil 16 2006, 16:16

(HJ:Attention la brique XD... ah oui... duduche montre qu'elle sait administrer un duché comme un duc Wink )

Inclinant doucement la tête en signe de remerciement, Cassandre, le port droit et digne, expliqua la situation au roy.

- Feu Monsieur le duc mon père était un loyal sujet de Votre Majesté, et j'ai eu l'honneur toute enfant d'être élevée dans les justes principes de la loyauté envers son roy et son honneur. J'étais enfant unique, et je suis la dernière à porter le nom de ma famille. Aussi me suis-je vue devoir endosser le titre de duchesse, ainsi que la lourde tâche de gérer les domaines et terres de feu mon père. Tâche à laquelle je me suis appliquée de mon mieux, m'efforçant d'user de sagesse pratique et suivant avec humilité les sages avis des conseillers qui étaient jadis au service de mon père. J'aurai l'honneur, si Votre Majesté le désire, de lui rapporter la situation exacte du duché, ses produits et revenus, le recensement des terres et des villes, ainsi que les procès-verbaux des dernières affaires judiciaires.

Elle se tut un moment, puis reprit, après s'être recueillie.

- Hors, l'affaire qui me fait venir à Votre Majesté est d'une nature fort grave, et je m'avance à dire qu'elle concerne l'intégrité territoriale ainsi que la paix du royaume de mon roy. Sire, vous connaissez la terre d'Agenois, vous savez sa superficie et connaissez sans nul doute les fortifications de ses villes et domaines...

Cassandre hésita un moment, incertaine de la manière d'aborder le sujet, puis se lança.

- On m'a fait savoir par un moyen que je tairai par prudence que Sa Majesté très catholique, le roy Philippe IV, a envoyé à Votre Majesté Son Excellence le duc d'Almada, ambassadeur d'Espagne. J'ai cru comprendre que Son Excellence devait vous entretenir d'une alliance possible entre l'Espagne et la France contre la Hollande, dans un possible conflit engendré par ces médailles frappées.

La jeune fille fit encore une pause, observant de son regard doux et humble la physionomie du roy.

- Derrière cette offre de la part du souverain d'Espagne, je crains fort, Majesté, qu'il ne tente d'exiger que la France lui cède ma terre ducale contre sa protection, ou du moins sa neutralité dans cette affaire préoccupante. Si par malheur le roi espagnol parvenait à investir l'Agenois, il disposerait d'un bastion fort avancé sur le royaume de Votre Majesté, et quasi imprenable. Je craindrais alors, Sire, pour Votre couronne...

La jeune fille baissa humblement la tête et porta la main à son coeur.

- Je suis de Votre Majesté la plus humble servante, et tout ce que vous jugerez bon de m'ordonner pour le bien et l'intégrité du royaume, sera promptement obéi avec dévouement.
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Jeu Juil 20 2006, 15:14

Il semblait que le Roy se liquéfiait au fur et à mesure que Cassandre parlait. Il jeta un nouveau coup d’œil à Condé, cette fois non plus d’incrédulité, mais du surprise totale. « Et vous, étiez vous au courant ? » semblait dire ces éclairs qui sortaient de ses yeux.

Lorsqu’il redonna son attention à la jeune fille, il était toujours pâle, mais l’agitation de ses pupilles s’étaient tue.


-Mais ?! enfin… ?!

Finit-il par dire, la gorge serrée. Plutôt que de continuer, mieux valait se taire… et Louis se renferma sur lui-même. L’affaire de Verchères qui ne se terminait point, Negrar qui hurlait qu’il était en danger de mort, et l’Espagne qui retournait sa veste. Et lui, lui, le Roy de France, était tout démunit face aux décisions et actes des autres. On pouvait faire son chahut comme on voulait au Royaume le plus puissant d’Europe !
Il regarda un instant Cassandre. Et pourquoi se permettait-il de lui demander son duché, à elle ? Quel arguments allait-il lui offrir ce petit roitelet de Philippe IV ?
L’avantage c’est qu’il avait un temps d’avance, et tout cela grâce à la loyauté de la petite duchesse. Mais en cet instant précis ses problèmes lui parurent plus évident que la loyauté de sa sujette.


-Mais comment peut-il concrètement…

Demanda-t-il plus pour lui-même que pour la duchesse. Un regard vers elle et il s’arrêta. Un mariage, n’est-ce pas ? Jeune, et fille, elle n’avait en réalité aucune réelle légitimité sur sa terre. Il suffisait que Philippe IV la marie à un de ses espagnols et basta…

Il fallait qu’il le contre… et il le ferait de la même manière. Un sourire mauvais (comme il lui en arrivait souvent ces temps ci) s’étira sur ses lèvres. La petite duchesse devrait apprendre à faire bonne figure.


-Soyez remerciée mademoiselle d’Agenois pour cette information.

Dit-il, le calme retrouvé.

-Vous devez comprendre que tout cela ne sera pas sans conséquence…

Hum, comment aborder le sujet ? Bah, après tout, il n’y avait pas grand scrupule à avoir ! Il était Roy…

-Et qu’afin d’éviter de faire de l’Agenois une terre espagnole, vous devrez sans doute donner de votre personne… une alliance entre vous et un noble influent français, par exemple.

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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Dim Juil 23 2006, 01:41

La jeune fille observa la réaction royale avec attention. Le roy sembla au départ légèrement se démonter par la nouvelle ahurissante que lui apportait la jeune fille, mais il se reprit bientôt en main. Le regard qu'il lui adressa alors était sans équivoque, et la jeune fille sut que ses soupçons s'avéraient. Sa réaction fut toute naturelle.

- Tout ce que Votre Majesté jugera bon de m'ordonner, je ferai.

Son ton de voix était doux et humble, mais son regard avait cet air de fermeté que seul pouvait avoir un regard fidèle et dévoué. La jeune fille était prête à tous les sacrifices, à affronter toutes les embûches. Elle était dévouée à son roy.
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Dim Juil 23 2006, 08:09

Oui tout ça c'était bien joli. Mais bon... A qui ? A qui la marier ? Il faudrait quelqu'un de suffisamment influent et puissant pour que l'Espagnol n'en ait rien à redire...

Bon, et bien pour le coup, il n'avait aucune idée.
Cependant, il se doutait que les Espagnoles tenteraient leur ultimatum à cette fête tant attendue, et donc il lui restait un peu de temps pour y penser.

Il observa la duchesse qui acquiesçait sans broncher. Au moins, il n'y aurait pas de difficultés de son côté à elle. C'était déjà ça de gagner.


-Y a t-il autre chose ?

Il espérait que non. C'était déjà bien assez.
Il se tourna vers Condé qui ne semblait pas non plus avoir d'autres malheurs à lui écraser sur la tête. Aussi, Louis sourit, et voulut leur donner congé.


-Bien. Je vais donc réfléchir à cette grave affaire. Duchesse, mon Cousin...

[Mais crotte, comment on demande de disposer à un prince à la fin ???? Mdr!]

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Louis II, Prince de Condé
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Jeu Juil 27 2006, 16:31

Son Altesse Royale venait enfin de clore l’entretient. Il était temps ! Ce pauvre Prince avait bien cru demeurer enfermé dans la gangue d’une potiche purement décorative pour le restant de ses jours ! C’était à peine si cet illustre cousin avait daigné lui adresser quelques regards durant l’entretient ! A n’en pas douter, cette arrogance mal dissimulée finirait par monter –une nouvelle fois…- toute la Noblesse contre sa Royale personne. Croyait-il vraiment pouvoir la domestiquer ainsi ? Dément serait celui qui en aurait la prétention. Mais il n’y avait pas que cela : déprimé, impuissant, humilié… A ce rythme là, ce cher Louis ne tarderait pas à rejoindre Saint-Denis !

D’ailleurs, Condé en était certain : le règne de « Totorze » serait bref. Dans dix ans tout au plus, il en serait débarrassé.

Tout à ses sympathiques pensées, pétries d’une émouvante mansuétude familiale, Son Altesse Sérénissime n’en demeurait pas moins attentive aux faits et geste de son cousin, qui venait de disposer d’eux.

Il ne restait qu’une seule chose à faire, minime, infime, ridiculement simple en somme : l’ultime révérence.

Cependant, le douloureux souvenir de la dernière en date meurtrissait toujours le dos martyrisé du doux Prince. Durant une folle seconde, il résolut de se dérober à ce calvaire par un brillant substitut : Sa Majesté allait devoir se contenter d’un simple signe de la main.

Mais la perspective d’un tel geste, fatalement synonyme de « Salut cousin, à un de ces quatre », finit par s’effondrer d’elle-même.

Il n’avait pas le choix, il allait devoir combattre ses démons.

Ce sont dans des instants comme celui-là que les Destins Tragiques des Grands Hommes de ce Monde vous reviennent à l’esprit. Condé songea, non sans une certaine émotion, au chemin de croix du Christ.

A cet instant précis, il était le Fils de Dieu. Le Cabinet était son Golgotha, et cette maudite révérence sa croix...

Il entreprit lentement, très lentement, sa longue chute vers le sol. Ciel ! Que le parquet se rapprochait vite ! Enfin, il s’immobilisa entre plafond et tapis.

Le Prince de Condé, tel jadis le divin Orphée, venait de descendre aux Enfers. Cependant, l’enjeu en était bien moins romanesque : plaire au Roi… Quelle déchéance que celle de l’Homme…

Et puis soudain, alors que, semblable au Phénix prenant son envol, Condé allait amorcer sa libératrice ascension, le drame survint.

Un lumbago fulgurant vint clouer sur place le fils spirituel du Christ.

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô lumbago ennemi !
Dédé n'a-t-il donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et n’est-il blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en une seconde flétrir tant de lauriers ?
Son dos qu'avec respect toute la France admire,
Son dos, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône des Louis,
Trahit donc sa querelle, et ne fait rien pour lui ?


Une vague de panique submergea ce divin Prince. Le constat était simple : il était perdu…

Pour ne pas perdre la face devant son Roi, il devait se résoudre à quitter la pièce à reculons, ainsi prostré. Une vision d’horreur, le figurant en train de remonter ainsi la Galerie François Ier sous les quolibets de la foule manqua de le faire s’effondrer, ce qui aurait été du plus mauvais effet : le Grand Condé prosterné devant Sa Majesté, l’arrière-train tutoyant le plafond… Non ! Jamais ! Il allait, il devait trouver une solution. D’autant plus que, bien que la scène ne durât pour l’instant que quelques secondes, le royal sourcil commençait à se circonflexer dangereusement…

L’Illumination eut enfin lieu. L’idée était risquée, mais il n’avait guère le choix...

Lentement, il commença à reculer vers la porte, un sourire de profond respect aux lèvres. Augmentant légèrement sa vitesse, il finit par atteindre l'objet de ses désirs, qu’il percuta assez violemment. L’onde de choc ébranla les battants.

Une poignée de secondes plus tard, la porte s’ouvrit à toute volée, dévoilant deux gardes l'épée au poing.

Bien entendu, la violence du choc avait exercé une telle pression sur le Sérénissime arrière-train que le lumbago avait rendu les armes.

Le Prince des Marais, qui venait tout juste d’échapper au nouveau sobriquet d’ « Altesse 90° », se composa alors une expression outrée des plus réalistes :


Quoi ? Comment ? Messieurs ! C’est un scandale, un véritable scandale ! Oser s’en prendre ainsi à un Prince de Sang dans le Cabinet même de Sa Majesté ! Tout cela n’en restera pas là, croyez moi !

Sur ce, Son Altesse tourna les talons, après avoir adressé un ultime sourire débordant de respect à Sa Majesté.
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MessageSujet: Re: Dédé et duduche   Aujourd'hui à 14:14

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Dédé et duduche
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