1663 : Face aux Feux du Soleil

Changez l'Histoire de France, personnifiez votre héros...
 
AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Le Pin d'Or

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Le Pin d'Or   Mar Juin 27 2006, 15:32

La journée avançait, mais le chevalier était satisfait de la manière qu'elle s'était déroulée. Il avait rencontré un proche ami, mais également avait pu voir la jeune duchesse d'Agenois convoitée par Sa Majesté le roi d'Espagne pour ses terres riches et si bien situées près de la frontière. Il avait également trouvé un secrétaire qui lui paraissait digne de confiance et compétent. Enfin, il avait réussi la tâche doublement ardue de faire parvenir une lettre à la jeune fille, à Fontainebleau même, sans que qui que ce soit aie eu le moindre soupçon.

Il arriva donc sans remords à l'enseigne du Pin d'Or, petite taverne où jadis lui et ses compagnons passaient parfois des soirées à boire et à jouer... Ah! Temps délectables!

La taverne avait changé de propriétaire, mais celui-ci avait conservé le même nom, peut-être par nostalgie. Aramis descendit de cheval et entra d'un bon pas dans l'établissement, et sourit avec joie constatant que rien ou presque n'avait changé. Il s'assit à la table du fond à droite, cette même table que lui et ses amis avaient partagé tant de fois qu'il avait souvent cru qu'elle leur serait dédiée.

L'aubergiste vint auprès de lui pour lui demander ce qu'il voulait commander. Aramis, avec cet instinct sûr qui lui disait qu'il ne serait pas longtemps seul, commanda deux bouteilles de vin d'Anjou, vin qu'il savait être le vin de prédilection d'Athos... Enfin, s'il n'avait pas changé...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Comte de la Fère
Dramaturge


Nombre de messages : 218
rang : London Ontario, "Blois, domaine de Bragelonne"
Date d'inscription : 17/04/2006

MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Sam Juil 01 2006, 17:10

La journée avait été assez chargée, malgré le fait qu'il avait été impossible de rencontrer d'Artagnan à l'Hôtel des Mousquetaires. On avait finalement informé Athos que le lieutenant avait également ses quartiers à Fontainebleau, à la Cour, ce qui n'étonna nullement le comte.

Il avait remerçié simplement le mousquetaire qui l'avait renseigné, était remonté sur son cheval, et lui, Raoul et Gwenaël s'étaient mis en quête d'un Hôtel où loger en attendant de trouver une résidence dans Paris.

Une fois l'Hôtel choisi, et payé, Athos y laissa Raoul et Gwenaël, la jeune fille pour lui permettre de dormir après sa nuit blanche, et Raoul pour veiller sur son sommeil.


Il se dirigea vers le Pin d'Or, où il savait qu'il trouverait son compagnon.

En entrant dans la taverne, il sourit, amusé et étonné à la fois du peu de changements qu'il voyait. Toujours les mêmes couleurs, les mêmes décorations, les mêmes tables et chaises... Il aperçut Aramis à cette table où les quatre amis avaient si souvent ripaillé.


Le chevalier lui fit signe de la main, souriant aussi. Athos s'approcha et lui donna l'accolade, puis il s'assit, reprenant sa place à la gauche d'Aramis comme c'était leur habitude. Il regarda les deux chaises vides, poussant un léger soupir. Ah! Temps délectables!

- Ah! Cher ami! C'est bon de vous revoir, après tant d'années!

_________________
En souvenir des jours passés...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Sam Juil 01 2006, 17:27

Aramis vit peu de temps après arriver Athos, à qui il fit signe de la main. Le comte le vit, et radieux, vint lui donner l'accolade qu'Aramis lui rendit avec joie.

- Je suis aussi heureux de vous revoir, mon cher Athos. Alors, que devenez-vous depuis toutes ces années?

À ce moment, l'aubergiste arriva avec les deux bouteilles d'Anjou, et deux verres, s'étant aperçu de l'arrivée du deuxième convive. Les deux amis le remercièrent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Dim Juil 02 2006, 02:48

Lorenzo ne tarda pas à trouver la trace de l'auberge du Pin d'Or, l'un des nombreux avantages du système du Chevalier, c’est qu’on trouvait toujours quelqu'un pour vous renseigner sur ce que vous cherchiez sans à avoir y mettre le prix. Il suffisait de connaître la bonne personne, Di Cola s'était fait honneur de toutes les connaître, une fois le menu fretin écarté, ceux-ci devaient se compter sur le doigt d’une main.

Une fois devant l'auberge, il laissa ses hommes se déployer à l'extérieur, pas besoin de brusquer le témoin avec un étalage pompeux de la maréchaussée. Il devait faire dans la sobriété, celui-ci qu'il allait interroger était parait-il aussi fine lame que rebelle à toute autorité. Lorenzo représentait l'autorité dans ce qu'elle avait de plus crasseuse et de plus méprisable, c'est ce qui en faisait toute sa force.


Soignant un instant sa mise, il rajusta feutre, et veston, avant une entrée des plus discrètes. Il savait qu'il troublait des retrouvailles, pour une bien ennuyeuse affaire, il avait obligation de faire preuve de retenue. Mais comment aurait-il pu passer inaperçu ? Ses épaisses boucles d'un noir de jais, ses yeux marron perçants, sa livrée et sa plume sombre, il avait tout du corbeau de mauvais augure. Huit ans au service du Doge, on ne perdait pas comme ça ses habitudes. Il était en outre l'un des principaux lieutenants du Chevalier, réputé pour son vice et sa facilité à faire taire n'importe qui de la façon la plus silencieuse possible. Le patron le reconnu aussitôt, et lui adressa les salutations dû à son rang, ce que lui rendit Lorenzo, qui attachait une immense importance à ces marques de respect.

Se dirigeant vers la table du Comte, il reconnu celui qui l'accompagnait, le Chevalier d'Herblay, ambassadeur d'Espagnol à deux sous, et bigot comme pas deux, très lié au Seigneur de Batz, " l'imbécile de Gascon " comme le tonnait si souvent Lassalle, il faudra un jour qu'il se décide à lui demander pourquoi.


Saluant le Chevalier d'Herblay, il fit avec ironie:

" Bien le bonjour Seigneur d'Herblay, toujours à conspirer avec les huguenots ? "

Observant la réaction des deux hommes à son affirmation oiseuse, volontairement provocante, et sûrement médisante. Il coupa court à toute réaction furieuse des deux hommes, en prenant un ton plus neutre:

" Mais trêve de calambraines, ce n'est pas ceci qui m'amène ici, mais les actes de votre compagnon de table... Il a été témoin dans une affaire qui m'intéresse... Permettez Signore ? "

Demanda t-il en tirant une chaise, où s'y cala sans y être invité, déchaussant ses gants, il mit à nu ses fines de mains de coupeur de gorge puis continua:

" Rien de grave bien sur Signore Comte, mais vous avez acteur de la défense du patrimoine du Signore Gerfaut, forgeron de son état, d'une attaque d'une bande encore méconnu, et comme yo souis de la police, c'est mon métier de recueillir ce que vous avez à me dire sur cette affaire..."

Faisant craquer ses doigts, il sortit plume, encrier et papier, et se prépara à noter scrupuleusement la déposition du Comte.
Revenir en haut Aller en bas
Comte de la Fère
Dramaturge


Nombre de messages : 218
rang : London Ontario, "Blois, domaine de Bragelonne"
Date d'inscription : 17/04/2006

MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Dim Juil 02 2006, 03:19

(HJ: j'vais poster pour Aramis et Athos dans le même post, ça va être plus facile... dites donc, vous tenez vraiment à ce que tout ceci se termine dans le sang, mordieu!!! whistle rolling eyes demon )

Athos et Aramis parlaient de choses et d'autres depuis un moment. Athos avait ainsi appris que son compagnon était naturalisé espagnol, qu'il était aussi devenu duc et grand d'Espagne, et qu'il représentait maintenant ce pays en tant qu'ambassadeur. Tout cela ne le surprit aucunement, car il connaissait l'ambition de son ami, qui tout jeune, était partagé entre la casaque de mousquetaire et la soutane...

Et lui-même avait apprit à son compagnon tout ce qui lui était arrivé depuis ces années, où, ensemble, ils avaient servis fidèlement Sa Majesté le roi Louis XIII. Du reste, les deux hommes continuaient leur conversation tranquille lorsqu'un homme, ou plutôt un corbeau, se présenta à leur table et les salua. Ils interrompirent immédiatement leur conversation.


- Bien le bonjour Seigneur d'Herblay, toujours à conspirer avec les huguenots?

Aramis posa son regard ardent et droit dans celui de l'algazil qui osait ainsi s'adresser à lui. Athos, quant à lui, écarquilla les yeux de surprise, se demandant si l'homme était fou.

- Plaît-il, Monsieur?

L'homme noir et étrange fit mieux encore.

- Mais trêve de calambraines, ce n'est pas ceci qui m'amène ici, mais les actes de votre compagnon de table... Il a été témoin dans une affaire qui m'intéresse... Permettez Signore?

De la façon la plus cavalière qui soit, l'homme s'assit à la table et entreprit de retirer ses gants. Les deux amis se regardèrent, puis reportèrent leur attention sur l'homme. Du reste, Athos hocha la tête légèrment, son air noble et calme ne le quittant jamais.

- Je vous écoute, Monsieur.

- Rien de grave bien sur Signore Comte, mais vous avez acteur de la défense du patrimoine du Signore Gerfaut, forgeron de son état, d'une attaque d'une bande encore méconnu, et comme yo souis de la police, c'est mon métier de recueillir ce que vous avez à me dire sur cette affaire...

Le visage du comte demeura inchangé.

Je suis à votre disposition, Monsieur, et je répondrai de mon mieux à vos interrogations.

(HJ: juste une petite demande, chevalier, j'aimerais que l'honneur et la droiture du comte de la Fère soient reconnus comme tels, et qu'on ne pense pas que le comte est un criminel... Neutral Parbleu! Il a été soldat au service du roi, pas meurtrier!!!!!!! Rolling Eyes )

_________________
En souvenir des jours passés...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Dim Juil 02 2006, 15:55

Lorenzo répondit par un sourire à l'indignation légitime des deux hommes, un de ces rictus dont il avait le secret, mélange de provocation et de ruse destiné à tester son interlocuteur.

Figé dans ce rictus, Di Cola débuta mezzo voce:


" Nous allons commencer par les formalités d'ousages: nom, titre et profession..."

Puis il enchaîna alto, et crescendo:


" Ensuite nous aborderons le fond de l'affaire, sur la natoure de votre intervention, que je vous demanderais de me conter dans les moindres détails, puis sur celle de vos adversaires. Les connaissiez vous ? Si oui ou non sauriez vous me les décrire ? Enfin, ultime question, qui reste la plus importante: Qu'est devenu la pomme de discorde de cette affaire ? Etant vénitien de naissance, je rafole des tragédies Misignores, mais z'aime savoir de quoi on parle: Avez vous la rapière avec vous ? "

Lorenzo fut satisfait de son interrogatoire, vif, incisif, malhonnête et retors, tous les ingrédients pour déstabiliser son adversaire, et obtenir de lui tout ce que l'on souhaite. Plume à la main, Lorenzo attendait avec impatience les réponses du Comte.
Revenir en haut Aller en bas
Comte de la Fère
Dramaturge


Nombre de messages : 218
rang : London Ontario, "Blois, domaine de Bragelonne"
Date d'inscription : 17/04/2006

MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Dim Juil 02 2006, 16:38

Athos écouta patiemment l'homme parler, insensible à son accent et parfaitement calme. Nullement déstabilisé par la grêle de questions que lui fit l'algazil, il prit une gorgée de vin et réfléchit un moment.

- Commençons en effet par les formalités, ce sera certes plus facile. Je suis Armand de Sillègues, comte de la Fère et de Bragelonne, ancien mousquetaire de Sa Majesté Louis XIII sous les ordres de Monsieur de Tréville.

Il n'y avait certes rien à répliquer à cela. Le comte continua.

- Vous voulez également savoir de quelle façon je suis intervenu pour secourir Messire Gerfaut de ces algazils qui saccageaient son atelier. Bast! De la même manière dont tout gentilhomme serait intervenu. À la rapière. Souhaitez-vous que je vous décrives chaque engagement et parade faite durant le duel?

Pour votre deuxième question, non, je n'ai pas eu l'heur de reconnaître un de ces hommes comme une de mes relations. Pour ce qui est de leur description, ce que je pourrais vous en dire est fort vague, attendu qu'ils étaient plusieurs à attaquer en même temps.

Pour ce qui est de la rapière, j'ai en effet cette rapière en ma possession, et je compte la remettre à son propriétaire dans le cas où je le trouverais. Si je n'y parviens pas, soyez sans crainte que vous serez tenu informé."

_________________
En souvenir des jours passés...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Dim Juil 02 2006, 23:32

Le poignet souple, l'écriture nerveuse, Lorenzo consigna soigneusement tout ce qu'il entendait, même les moindres détails, ceux-ci comptaient parfois beaucoup que tous le reste.

Les derniers mots du Comte faillilérent faire sauter le Vénitien, qui relevant la tête, répliquant avec toute la fermeté que lui permettait son accent italien:


" Permettez Signore ! L'affaire réleve de la police désormais, la rapière est une piéce à conviction, à defaut de vous la saisir, je dois au moins pouvoir l'examiner, ensuite j'en informerais mon chef sur la conduite à tenir... Cela trouble votre code d'honneur peut être mais c'est mon métier... Car vous ne semblez pas saisir la gravité de l'affaire, ce n'est pas une simple allgarade pour le plaisir du duel, il y a une volonté de sabotage, et une intrigue là dessous... J'ai travaillé durant huit ans dans les services les plus obscurs du Doge, je sais de quoi je parle, toute chose délictueuse à son but... même si celui-ci vous échappe..."

Lorenzo s'arrêta un instant, car l'aubergiste venant de lui servir une chope de biére, il n'avait rien demandé mais jugeait l'initiative judicieuse, un des effets de son statut sans doute. Désalterant un gosier qui en avait bien besoin, il ajouta:

" C'est pour ca que le moindre détail compte sur vos agresseurs, car je souis sûr que cette bande va tout faire pour remettre la main sur la rapière, le forgeron risque d'en subir les conséquences, vous ne serez pas toujours là pour assurer sa protection, comme ils feront choux-blanc vous serez leur prochaine proie... Je sais de réputation que vous êtes un homme habile à l'épée, mais ce genre de crapules ne se comportent pas toujours en gentilhomme, et n'attaquent pas toujours face au soleil... Aussi jusqu'à la fin de cette affaire, et l'arrestation de la bande, ze ne serais trop vous conseiller la plus grandre prudence..."
Revenir en haut Aller en bas
Comte de la Fère
Dramaturge


Nombre de messages : 218
rang : London Ontario, "Blois, domaine de Bragelonne"
Date d'inscription : 17/04/2006

MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Lun Juil 03 2006, 11:46

Athos écouta avec patience la réponse précipitée de l'interrogateur, qui avait été surpris sans doute de sa promptitude à répondre à ses questions. L'homme exprimait la volonté d'examiner l'épée, soit. Mais Athos avait laissé la dite arme à l'Hôtel. On n'exhibe pas pareille arme la nuit et dans une taverne, quand bien même on serait ex-mousquetaire et habile à manier la lame!

L'aubergiste surprit profondément le comte ainsi que le duc en venant servir... de la bière! à l'homme assis à leur table. Le comte haussa légèrement un sourcil, tandis qu'Aramis, qui était demeuré silencieux mais toujours sombre en raison de la remarque déplacée qu'on avait fait à son encontre, laissait plus clairement voir sa répulsion. Un léger rictus de dégoût apparut sur ses traits fins, et il détourna le regard tandis que l'algazil buvait cette mixture épouvantable!


Mais Athos passa outre ce détail somme toute trivial, pour répondre à l'homme d'une voix calme et maîtrisée.

- Ce serait avec joie que je vous montrerais la dite arme, Monsieur, si je l'avais en ma possession à l'heure actuelle. Mais il se trouve que je l'ai laissée en mon domicile provisoire, pour ne pas provoquer inutilement l'avidité de tous les coupes-jarrets qui fréquentent habituellement les rues à cette heure. Je puis vous dire que c'est une fort belle pièce d'orfèvrerie, une rapière au demeurant fort bien équilibrée et dont la garde est garnie de pierres précieuses.

" C'est pour ca que le moindre détail compte sur vos agresseurs, car je souis sûr que cette bande va tout faire pour remettre la main sur la rapière, le forgeron risque d'en subir les conséquences...

Le comte fit un léger mouvement à cette phrase. L'homme avait raison sur ce point, le forgeron risquait d'être la cible d'une vengeance...

... vous ne serez pas toujours là pour assurer sa protection, comme ils feront choux-blanc vous serez leur prochaine proie... Je sais de réputation que vous êtes un homme habile à l'épée, mais ce genre de crapules ne se comportent pas toujours en gentilhomme, et n'attaquent pas toujours face au soleil... Aussi jusqu'à la fin de cette affaire, et l'arrestation de la bande, ze ne serais trop vous conseiller la plus grandre prudence...

- Pour la première considération, vous avez raison, j'aviserai en conséquence, et j'irai m'assurer que rien n'est arrivé au commerçant et à sa famille. Pour le reste, nous ne pouvons prédire les événements, mais une telle menace ne pèse pas bien lourd sur mes épaules, j'ai eu affaire à plus forte repartie dans ma jeunesse, au service du roi. Si j'eusse été encore mousquetaire, je vous eusse répliqué que la prudence, quoique salutaire, peut se révéler inutile. Mais tel que je suis aujourd'hui, je vous remercie du conseil et ferai en sorte de l'appliquer. Si vous permettez, Monsieur, Monsieur le duc et moi-même allons à présent partir. Sachez cependant que je demeure à votre disposition si vous avez besoin d'autres éclaircissements concernant cette affaire épineuse. Je réside en ce moment à l'Hôtel Charlemagne, en attendant de nous trouver une résidence plus adéquate, à mon pupille et moi, ainsi qu'à la jeune fille qui nous accompagne.

Le comte salua la-dessus le lieutenant, termina la gorgée de vin dans sa coupe, posa un louis d'or sur la table, et, prenant le bras du chevalier d'Herblay sous le sien, il sortit de l'établissement.

_________________
En souvenir des jours passés...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Lun Juil 03 2006, 19:34

Une fois les deux hommes hors de vue, Lorenzo se laissa aller, cela commenca par une bouffée nerveuse d'un rire qu'il tentait d'étouffer, mais la vis comica eu raison de son habituel tempérance, il était italien après tout. Un rire franc et sonore se répandit dans toute la pièce, qui dura près d'une bonne minute.

" Les francais ! Des vrais coqs ! " Hurla t-il entre deux éclats de rire.

Levant sa maigre carcasse, il laissa un ducas sur la table pour le service, un exercice qui fut rendu plus que difficile par les rires qui continuaient à secouer son corps. Une bonne humeur qui prit fin immédiatement une fois dehors. Il y avait un temps pour tout.

Une fois dans la rue, il fut interpellé par un petit " agent de liaison " qui avait autant de crasse que de morgue.


" Message pour vous M'zieu..." fit-il en lui tendant un petit cylindre de cuivre, tout en se curant le nez.

S'en emparant Lorenzo en prit rapidement lecture, ce qu'il lisait le fit grogner

" Lassalle absent. A toi de jouer Lorenzo "

Chiffonant le message, il le jeta sur le sol de dépit, il adorait agir seul, mais il n'avait pas toujours le recul nécessaire pour ca, subitilité de son témperament mériodional surêment.

" Eh Mzieur, le service n'est pas compris ! "

Vociféra alors le petit " agent de liaison ", Lorenzo lui répondit par un sourire moqueur, son accent italien fit alors mouche:

" Gallilé non plus ! "

L'agent de liaison ne su que répondre, et se contenta d'ouvrir la bouche bêtement, telle une poule devant un réseau de poulie. Retrouvant un peu de sa superbe après quelques instants, il répliqua:

" Je ne comprends que rien de vos histouares de gallinacé, mais j'estime avoir mérité une récompense...

- Si, si Bambino mais avant rend moi service..."

Tout ce qu'il venait de noter dans l'auberge du Pin d'Or, il l'enroula, et le fit glisser dans un petit cylindre de cuivre, qu'il confia au jeune garçon avec un piéce.

" Porte moi ce message où tu sais, et pronto !"

L'agent de liaison prit le cylindre, le rangea dans une de ses poches, puis salua le vénitien, avant de disparaitre. Lorenzo l'observa partir avec un petit sourire, s'allumant un cigare, il le savoura tout en méditant sur la suite des opérations.
Revenir en haut Aller en bas
Chevalier d'Herblay
Poete


Nombre de messages : 106
rang : Gatineau, "Fontainebleau, Herblay, Espagne"
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Lun Sep 11 2006, 19:13

****************************************************

Même table, même endroit... Aramis eut un léger sourire par-dessus sa coupe de vin, qu'il sirotait tranquillement, assis seul à LEUR table favorite... jadis.

Athos n'avait pu se joindre à lui ce jourd'hui. La rixe de la veille l'avait laissé blessé, et de plus, il avait le jeune Raoul à présenter à Sa Majesté...

Il y avait plusieurs buveurs dans la petite taverne, mais aucune figure de connaissance. D'Herblay en eut été surpris. Après tout, de longues années étaient passées depuis son dernier passage à Paris, depuis cette fière époque où il croisait allègrement le fer aux côtés de ses compagnons dans cette fière compagnie qu'était alors les mousquetaires.

Et c'était fort étrange, d'ailleurs.

Depuis son arrivée, il n'avait entraperçu pas même l'ombre d'une casaque dans les rues de Paris, et l'Hôtel de Tréville, où jadis se tenaient régulièrement des dizaines de mousquetaires, lui avait semblé déserté. Silencieuse. Comme si la première compagnie de Sa Majesté était en deuil de quelque chose...

Aramis haussa légèrement les épaules, tout en continuant de siroter son verre. Les temps changent, toujours, et pas nécessairement pour le mieux...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Pin d'Or   Aujourd'hui à 09:40

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Pin d'Or
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
1663 : Face aux Feux du Soleil :: ARCHIVES :: 1663 V1-
Sauter vers: