1663 : Face aux Feux du Soleil

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 rendez-vous galant

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: rendez-vous galant   Mer Juin 28 2006, 19:40

La corne d’abondance…. Drôle de nom, pour un lieu de rendez vous galant, n’est ce pas ?
En effet, outre l’assurance _ si l’on en croyait l’enseigne _ de faire bonne chère, ce symbole mythologique a aussi une certaine connotation sexuelle.
Cependant ce n’était qu’une coïncidence si Adrien avait invité là la jeune duchesse, et ce n’était en aucun cas avec une pensée derrière la tête… La pensée, elle trottait dans sa tête depuis longtemps, et pas besoin d’une auberge pour la lui donner.

Donc, Chastignac avait implicitement donné ce rendez-vous là parce qu’il connaissait les lieux, et parce qu’il le savait bien entretenu.
Apparemment, le patron de l’auberge ne connaissait pas bien non plus la mythologie, car aucunement on ne pourrait associer le nom de cette auberge avec débauche. L’ambiance était bonne, les gens respectueux, et la nourriture délicieuse.

20h, il faisait nuit, il faisait froid. Une vraie soirée hivernale.
Chastignac arpentait la rue qui devait le mener à son rendez-vous et s'ébroua tel un canasson en remontant le col de sa cape. Un frisson lui lamina la colonne vertébrale tandis qu’il soufflait de gros nuages blancs par sa bouche desséchée.
Il semblait que le froid glaçait tout sur son fulgurent passage, les eaux, les chairs, les sons.

Enfin le comte poussa les deux battants de l’auberge en même temps qu’un soupire de soulagement. Il prit bien garde à les refermer derrière lui.
Ce fut un choc entre les ténèbres de la nuit et l’aveuglante lumière des dizaines de candélabres et du feu crépitant dans l’âtre. Il finit par s’y habituer.
Ici, on s’y sentait bien.

Adrien choisit une table bien cirée où se reflétait l’étincelant des bougies, s’y assit, et commanda un pichet du meilleur vin.
Il prit ensuite toutes ses aises en attendant la dame qui devait arriver d’ici un quart d’heure, s’affalant sur sa chaise, et retirant ses bottes afin de dégeler ses orteils. Il aurait le temps de les remettre en voyant de loin venir la duchesse.

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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Mer Juin 28 2006, 20:08

Vingt heures allait sonner à la Samaritaine en cette soirée hivernale. Peu de gens s'attardaient dans les rues, et encore se dépêchaient de rentrer au foyer pour aller se réchauffer au coin du feu.

Une jeune fille était parmi ces gens. Emmitouflée dans une cape bien chaude, et portant une robe aux amples jupes, Cassandre ne souffrait pas tant du froid. La vapeur s'élevait en petites volutes blanches au-dessus de sa tête, tandis qu'elle avançait de son petit pas vers le fameux établissement bourgeois. L'auberge de la corne d'abondance.

Elle n'avait eu aucun trouble à se glisser hors du château de Fontainebleau. La jeune femme en avait tout de même été quelque peu surprise.

La nouvelle du départ de la baronne pour ses terres avait désolé la duchesse, mais en même temps, cela l'avait soulagé. Elle n'avait alors pas eu à cacher son départ à qui que ce soit, et elle avait pu se glisser ni vue ni connue à la rencontre de ce gentilhomme qui occupait maintenant en permanence une partie de son esprit.

Arrivée à la ville, elle avait laissé le carrosse quelques rues plus bas, et le cocher dans une taverne, le Pin d'Or. Elle avait tout le loisir donc d'aller à ce rendez-vous donné si fugitivement.

Le dernier coup résonnait encore lorsque la duchesse poussa la porte de l'établissement, regardant timidement autour d'elle. L'air ambiant était agréable, les lieux respectables, mais la jeune fille se sentit tout de même légèrement intimidée. Elle s'avança en hésitant parmi les tables, ayant au préalable enlevé la cape volumineuse humide de neige.
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Canaan
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MessageSujet: L'auberge arrivé musclé   Ven Juin 30 2006, 02:16

Alcibiade entra suivit d'une bande de jeunes hommes qui constituaient son escorte. Des jeunes gens moqueurs et arrogants comme lui.

Il enleva d'un geste brusque son chapeau.


Ainsi nous voila arrivé au but de notre voyage compagnons! Nous allons commencer par saluer ces gens puis nous nous soulagerons du plus grand mal que dieu à imposer aux hommes ; la soif d'alcool!

Messieurs il est de coutume dit-on dans cette région de faire grand bruit de l'arrivée d'un éminant personnage. Je compte sur vous pour respecter les traditions.

Faites moi donc place messire Thémis. Je vous en serai gré.

Il s'adressait à l'un de ces hommes.

Hola écartez vous bandes de manants! Place au vicomte de Patay!

Lui et ces gaillards ne se genèrent pas pour bousculer la foule. Ceux qui refusaient de faire place, fut tout simplement balancé par la porte par les hommes d'Alcibiade. On se plaigna mais quant on appercut les épées des hommes et que la plupart étaient bien musclés, les occupants de la taverne durent accepter ce sort.

Dommage Messire Thémis que vous ne puissez chasser également l'odeur... Mais je crois que nous avons bien respecter les tradtions.

Alcibiade sourit machiavéliquement.

Allons demander la récompense des héros, l'elixir divin, du vin et de la bière.

Themis: N'oubliez vous pas les femmes monsieur?

Chaque chose en son temps monsieur Thémis il convient de respecter un certain savoir-vivre, un ordre précis des choses. La cour n'est pas loin, comportons nous dignement. La charmante compagnie viendra au moment opportunt je vous rassure.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Sam Juil 01 2006, 06:16

Dong, dong, dong… fois huit. Et bah oui, un écrivain n’est point superman et écrire huit fois dong ça fatigue.
Donc, telle Cendrillon qui redevient soubrette au douzième coup de minuit, Cassandre devint officiellement une dépucelée au huitième coup de vingt heure : elle venait de pousser la porte.

Chastignac la remarqua mais se cacha d’abord sous la table… hein ?! Un gentilhomme, sous la table ? Pendant qu’une dame le cherchait des yeux, perdue seule au milieu du peuple qui a faim et qui a froid ?

Bah… oui. Non seulement Chastignac n’était point un gentilhomme ordinaire, mais en plus il avait les pieds nus, alors il remettait ses bottes de cuir, de là la raison de sa courbette.
Il souffrait encore en tentant de tirer ces maudites chausses qui refusaient de passer lorsque du grabuge lui parvint jusqu’aux oreilles. Juste à ce moment son pied réussit à se glisser dans le cuir et l’élan lui fit lâcher la botte et se cogner la tête contre le bois.

Si Cassandre avait repéré l’endroit où il était installé, elle aurait vu la table faire un soubresaut et le pichet se renverser.
Mais peu importe, ce meuble ne réussirait pas à lui arracher un cri ! Ah ça non ! Tout au plus un rictus de douleur et une main qui frotte le haut de son crâne.

Discrètement, le plus discrètement possible, Adrien rampa pour se dégager des pieds de la table et se releva. Et qu’aperçut-il ?… Cassandre à trois centimètre de son nez.
Le comte, n’avait jamais été aussi ridicule de sa vie.

Le rouge lui picota les joues, le nez et le front, et tout ça n’avait rien de feint. C’était si bien vrai que Chastignac en oublia tout, jusqu’à jouer son propre rôle. Il se renferma sur lui-même.
Il était ainsi lorsqu’il était ridicule, ou alors il avait appris à l’être, car il avait toujours pensé que balbutier de grotesques excuses rendait la situation plus risible encor.

Et de toute façon sa mine renfrognée dût passer inaperçue, car elle ne dura qu’une seconde trois centièmes : le comte venait d’apercevoir derrière l’épaule de la duchesse la raison du tohu-bohu de tout à l’heure : une troupe de malotrus qui poussait toutes les personnes qui avaient eu le malheur de se trouver devant eux à l’instant précis où ça leur chantait de pousser toutes les personnes qui se trouvaient devant eux. Bref, plusieurs protestations et une bagarre générale en perspective. Voilà de quoi se rattraper de la maladresse qu’il venait de faire.

Chastignac plongea son regard dans celui de Cassandre, et puis lui fit un rapide baise-main, comme tout à fait pressé et préoccupé.


-Navré duchesse, je crois que passer une soirée tranquille ne soit pas dans notre programme.


Et il sembla prendre tout en main ; il prit en effet la main de la demoiselle…
Oh, rien d’inconvenant ! C’était simplement pour la faire asseoir.

Il toisa ensuite, le regard fier, le menton levé, les voyous qui venaient d’entrer.
Au fond de l’auberge où ils étaient, Cassandre et lui, sûrement ne l’avaient-ils pas encore remarqués.

L’aubergiste qui nettoyait son comptoir lors de l’arrivée mouvementée des mauvais gentilhommes avait là le bras figé et son torchon avait cessé son va-et-vient lubrifiant. Il regardait avec des yeux méfiants tout ce petit monde. On allait quand même pas casser son établissement ?!

« Dommage Messire Thémis que vous ne puissez chasser également l'odeur... Mais je crois que nous avons bien respecter les traditions. »

A ces mots Adrien sentit son cœur cogner dans sa poitrine et le sang lui monter _ encore ?! _ aux joues. Bien sûr que non, il n’était pas actionnaire de l’auberge ! Mais il avait invité une demoiselle en ce lieu, et oser proférer une insulte sur son choix revenait à l’insulter lui-même.

Chastignac aurait pu, s’il n’y avait eu ces mots, se comparer à ces jeunes gens. Lui-même, s’il avait trouvé des camarades à ses jeux dangereux, serait-il devenu un simple vaurien ainsi qu’eux ? Sauf qu’il y avait eu ces mots ; et que de toute façon le comte ne se serait jamais abaissé à souffrir une quelconque comparaison.
Il était unique. U-ni-que.

Sentant les autres approcher, soit il était un peu parano, soit impatient d’en découdre, soit ils approchaient réellement, Adrien tira au cinquième son épée de la garde. Il avait laissé sa cape sur sa chaise, aussi ne le gênait-elle plus, mais elle ne cachait plus son arme non plus.
Cependant ce fut tout autre chose qui le ravisa : une fulgurante douleur au flanc gauche lorsqu’il fit ce geste vif ; ainsi, il lâcha finalement la rapière qui glissa pour se rendormir dans son baudrier qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

Ah ! La Fère avait bien choisi son moment pour le charcuter ! Cela faisait deux jours, certes, mais apparemment le fait de croiser son bras en diagonale pour attraper avec le droit son épée au rein gauche suffisait amplement à raviver la douleur.
Pouvait-il l’avouer ? Certes non !

Il resta donc là, l’attitude fière, le regard dédaigneux, dissimulant Cassandre derrière son torse bombé, mais l’épée au fourreau.

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Dernière édition par le Sam Juil 01 2006, 08:16, édité 1 fois
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Sam Juil 01 2006, 06:49

Cassandre continuait de marcher entre les tables, avançant graduellement vers le fond. Elle entendit un bruit à côté d'elle et soudain le comte de Chastignac jaillit... de sous la table! La jeune fille sourit, amusée, se demandant bien ce qu'avait pu chercher le comte à cet endroit-là... Il avait les joues écarlates. Elle eut un rire doux.

Chastignac plongea son regard dans le sien, et posa fugitivement ses lèvres sur sa main blanche.


- Navré duchesse, je crois que passer une soirée tranquille ne soit pas dans notre programme.

La jeune fille écarquilla les yeux de surprise, mais s'aperçu que le comte regardait un point derrière elle, le regard sombre. Il lui prit la main, qu'elle lui abandonna sans y penser, regardant elle aussi le spectacle étrange qui se déroulait à l'avant de l'auberge.

Assise à la table derrière le comte, la jeune fille était quasi invisible, et elle faisait certes tous les efforts pour le demeurer. Mais dévorée par la curiosité, elle continuait de regarder. Ce qu'elle vit la fit pâlir d'effroi... Elle avait déjà vu cet homme auparavant... Ce vicomte de Patay... Elle posa sa main sur sa bouche, pouvant à peine croire ce qu'elle voyait et entendait... Elle en était choquée.

Le comte aussi, à en juger d'après sa posture. Il voulut tirer l'épée hors du fourreau, mais il sembla se raviser au dernier moment. Du reste, il était le seul rempart entre la jeune fille et ces hommes si bruyants et malintentionnés...
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Canaan
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Sam Juil 01 2006, 07:07

Le sieur Themis avait commander à grand cri à boire pour lui et ces hommes. L'aubergise était maintenant débordé à remplir des coupes et des gobelets à une bande de jeunes gaillairds qui buvait plus rapidement que le pauvre homme pouvait fournir. Le personnel de l'auberge s'activait rapidement.

L'on s'était fait de l'espace, et maintenant la troupe de garcons de l'Orléans, buvaient et riaient à grand cri dans une ambiance approprié.

Il était surprenant de voir un homme comme Alcibiade permis eux, qui prétendait être noble de naissance. Mais le jeune homme était proche des gens du peuple, et il n'aimais pas manquer une chance de s'amuser simplement. Les fêtes mondaines l'ennuyaient, sauf quand il pouvait y apporter le scandale par quelques gestes audacieux et remarquables.

Alcibiade était une sorte de caméléon social, il s'adaptait rapidement aux hommes et aux femmes que Dieu placait sur son chemin. C'était sans doute pour cela que le jeune homme était entouré d'une troupe de joyeux gaillards. Il possédait un grand charme et une autorité sufficante.

Les gaillards qui venaient d'Orléans comme lui n'étaient pas très dangereux, ils bougaient beaucoup mais une fois qu'ils avaient du vin dans leur gobelets et des femmes sur leur genoux, ils étaient d'humeur très symphatique. Seul le nommé Thémis parraissait beaucoup plus sombre et antiphatique, mais d'un meilleur niveau d'éducation.

Alcibiade prit un verre du meilleur vin possible. Ses yeux parcouraient l'assemblés à la recherche d'une distraction moins routinière que de s'enivrer, d'ailleurs il était dans la Cité, aussi avait-il décidé qu'il ne s'enivrerait que lorsque qu'il serait en compagnie de haut rang.

Ces yeux percant parcouraient l'assemblé constitués de gens banales que l'on pouvait rencontrer dans chaque auberge. Des voyageurs dans un coin, des marchands dans l'autres, quelques crapules dans l'ombre, quelques groupes de paysans buvant ensemble en dévisagant les étrangers, un éternel ivrogne sur le plancher, et de jolies filles qui servaient ces messieurs dans l'espoir de gagner quelques pièces et de passer une nuit moins froide.

Il fut attiré du regard par un homme. Le feu couvrait dans ces yeux avec un regard dédaigneux pour sa petite compagnie. Le front trop fière pour être un simple maraud. Un bon point pour lui.

Quelque chose ou plûtot quelqu'un semblait se cacher derrière lui... La curiosité allait vite s'emparer d'Alcibiade.

Il fit un pas en avant gardant sa précieuse coupe de vin avec lui en en saissisant un autre de son autre main.


Eh bien monsieur vous me semlez nerveux ou agité. Rassurez vous mes gens sont bruyants et ils ont besoins de s'amuser à leur facon. Notre arrivé fut ... musclés mais le froid est tombé sur le pays, et il faut bien le gîte et une pinte pour réchauffer les hommes.

Laisser moi donc vous offrir à boire il s'agit de ma tournée après tout.

Votre compagne n'a également rien à craindre, ma simple présence dans cet établissement garanti sa sécurité et ...la vôtre bien entendu.

Alcibiade glissait une petite pointe d'arrogance en souriant. Il ne désirait pas choquer particulièrement le jeune homme, mais il était ainsi.

Il leva les yeux à nouveau, que fut pas sa surprise quand il remarque qu'il s'agissait de la duchesse d'Agenois. Ses mains s'ouvrirent en réaction à une grande stupeur et les deux coupes de vin tombèrent à ses pieds, éclaboussant ces bottes et ceux de Chastignac.


Ma ma ma ma Mada Madame d'Agenois?

Pendant un moment il se demanda s'y il n'avait pas trop bu tout simplement. Mais non elle était bien là, avec le jeune seigneur! Il se demanda si il devait maudire le destin ou apprécier la fatalité de la rencontrer en ces circonstances.

Il fut incapable pendant un moment de prononcer un autre mot.
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Sam Juil 01 2006, 07:54

Camouflée derrière Adrien, la jeune fille suivait les mouvements des gens dans la salle des yeux, et particulièrement de la troupe de gens, troupe qu'elle avait rencontré deux jours plus tôt, alors qu'elle se rendait à Paris.

Elle avait bien reconnu le vicomte, mais elle était choquée par la conduite de ses compagnons de route.

Elle le vit parcourir la salle du regard, les gens, les tables, pour finalement se poser sur Chastignac. Il ne l'avait pas vue...


Mais il se leva et vint dans leur direction, deux coupes à la main. Le comte de Chastignac demeurait debout devant elle, et elle ne pouvait voir son visage. Mais il était crispé et semblait agaçé.

- Eh bien monsieur vous me semlez nerveux ou agité. Rassurez vous mes gens sont bruyants et ils ont besoins de s'amuser à leur facon. Notre arrivé fut ... musclés mais le froid est tombé sur le pays, et il faut bien le gîte et une pinte pour réchauffer les hommes... Laisser moi donc vous offrir à boire il s'agit de ma tournée après tout.

Votre compagne n'a également rien à craindre, ma simple présence dans cet établissement garanti sa sécurité et ...la vôtre bien entendu.

Cassandre fit une petite moue inquiète mais ne souffla mot. Mais soudain, le vicomte s'aperçu de sa présence. Sa réaction fut surprenante, et elle surprit fort la jeune fille. Il échappa les deux coupes qu'il tenait à la main, et qui éclaboussèrent de vin les bottes des deux hommes.

- Ma-ma-ma-ma Mada-Madame d'Agenois?

La jeune fille blêmit lorsqu'elle l'entendit l'appeler par son nom... Comment avait-il eut cette information, qu'elle n'avait aucunement révélée durant la si brève conversation qu'ils avaient eu après que ses hommes aient arrêté le carosse... Elle se recula légèrement sur la banquette, comme par instinct, mais davantage par crainte.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Dim Juil 02 2006, 17:49

Adrien ne fut nullement étonné de voir s’approcher le jeune coquet qui cocoricotait avec ses poules un peu trop à son goût, dans un lieu que Chastignac avait choisi avant tout pour son calme.

Il le toisa, hautain, tandis que l’autre s’avançait en paradant entre les tables, allongeant le pas de sa démarche fière de gallinacé en chaleur, un sourire arrogant au bec, une coupe tenue négligemment dans chaque mains. On aurait crut qu’il avait suffit à cette homme de gratter le sol de l’auberge avec sa patte pour en faire son chez-soi.

Déjà, Chastignac savait qu’il ne l’aimerait pas.

« Eh bien monsieur vous me semblez nerveux ou agité. Rassurez vous mes gens sont bruyants et ils ont besoins de s'amuser à leur façon. Notre arrivé fut ... musclés mais le froid est tombé sur le pays, et il faut bien le gîte et une pinte pour réchauffer les hommes.

Laisser moi donc vous offrir à boire il s'agit de ma tournée après tout.

Votre compagne n'a également rien à craindre, ma simple présence dans cet établissement garanti sa sécurité et ...la vôtre bien entendu. »

Peut-être ce ton doucereux était-il une façon de l’intimider, toujours est-il que le comte en fut plus agacé qu’apeuré.
Il partit pour répondre qu’il n’avait aucune envie de recevoir un quelconque verre de sa part, arrogant à son tour, mais il se trouva que le malotru posa son regard sur la duchesse assise , figée de curiosité et d’intimidation, et lâcha les coupes qu’il tenait à l’instant.

Chastignac fit un bond en arrière pour éviter les éclaboussures, mais trop tard, il avait les bottes toutes parsemées de ce liquide rouge comme ses joues. Il leva les yeux vers l’inconnu, s’attendant à un regard narquois de sa part. Mais tout au contraire, celui-ci restait glacé d’effroi, perdant crête et plumage à la seule vue d’Agenois.


-« Ma-ma-ma-ma Mada-Madame d'Agenois? »

Il avait apparemment perdu aussi la voix.
Chastignac fut quelque peu surpris de cette rencontre. La duchesse avait d’étranges relations. Certes, il était lui-même classé dans les mauvaises fréquentations ; mais lui le cachait, pas comme…. L’autre.
Serait-elle donc bien moins candide qu’Adrien l’avait cru tout d’abord ? Il la regarda d’un air un peu éberlué, jamais il n’aurait pu penser, même dans ses rêves les plus fous, qu’une gamine comme elle eut pu s’entourer de sous-fifres, d’hommes de mains, de gens si rustres qu’ils leur seraient impossible de faire autre chose que les basses œuvres.
Dans quelle louche affaire était donc trempée Cassandre ?

Cependant elle semblait bien trop effrayée par cet homme et sa réaction pour être son employeur ; Adrien s’était sans nul doute trompé, en témoigne ce geste de recul qu’eut la demoiselle.
Alors l’évidence lui apparut : ce n’était point la duchesse qui avait cherché la compagnie du coq, mais bien l’animal qui voulait s’y frotter les plumes.

Un rival ! Un rival ! Et puis quoi encore ? Le comte ferma les poings et serra les dents, il irait lui rabattre son caquet, à ce mouflet !
En effet, on ne balbutie pas devant les femmes ! La situation en devenait trop pathétique pour Chastignac, qui détestait tout simplement les effusions, les morveux, les impolis.
Monsieur regroupait par on-ne-sait quel miracle ces trois adjectifs, et avait été de plus affublé de quelques autres comme « hypocrite » « arrogant » et « rival » qui ne doraient en rien son blason déjà en pleine fangothérapie.


-Monsieur, je vous prierais à présent de vous retirer.
Je vous aurais tout d’abord simplement répliqué que je n’étais pas entré dans cet établissement afin de faire l’aumône, il se trouve qu’en plus d’avoir été très impoli envers la duchesse et moi-même vous avez malencontreusement fait choir sur mes bottes votre misérable obole.
Il n’y a donc plus sujet de discussion, et plus aucun besoin de nous importuner. Sur ce, au revoir.

Et de se replacer en face du gêneur le regard grave, lui cachant de nouveau la vue de l’objet de son trouble.
Les jambes écartées, les mains sur les hanches, Adrien bombait la poitrine pour paraître plus imposant. Il semblait adhérer au sol, et surtout pas prêt de se laisser déloger.

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Canaan
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Lun Juil 03 2006, 01:36

Il fut très surpris de rencontrer une dame de la qualité de la duchesse d'Agenois dans un pareil lieu. Une femme de si haute noblesse dans une auberge? Certes l'endroit n'était pas totalement déplaisant mais cela était étrange. Sa jeunesse pourrait expliquer cette folie, mais elle ne semblait pas une femme à prendre des décisions inconsidérer.

Tout cela devait cacher quelques choses d'autres. Il jeta un coup d'oeil sur l'homme devant elle. Il serra les poings, serra les dents.... Ah oui !! Quelques idées lui vinrent à l'esprit pour cette explication. L'hostilité de l'homme qui était très mal dissimulé vint renforcer son hypothèse.

La surprise l'avait déconcerté pendant 3 secondes, beaucoup trop... mais maintenant il venait de reprendre son aplomb, il faut dire que le vicomte n'aimait pas perdre le contrôle des évènements.

Le jeune protecteur de la duchesse semblait tendu, un signe de colère bien dissimulé. Il sourit. Il avait probablement du caractère. Ce n'était pas pour déplaire à Alcibiade. Mais il fallait beaucoup plus pour démonter Alcibiade.

Il lui répondit à la fois provocateur, amusé mais assez cordiale pour ne pas être insolent, en choissisant des propos intelligent:


Mais j'espère bien Monsieur que vous n'êtes pas venu en ces lieux pour faire l'aumône ! Voila déja derrière vous une personne qui vaut bien tout le trésor du royaume et tout les bijoux étincellant de ce monde.

Vous auriez été fort présomptueux de faire aumône, hors je vous sent une personne satisfaite déja de ce qu'elle à.

Me voir partir? Mais vous me désobligeriez monsieur! Et parait-il je vous ai insulté vous et la duchesse? Loin de là monsieur. Pourquoi chercher le mal partout et vous comporter comme ces messieurs parfumés et ridés qui voie en chaque éternument une entorse à l'étiquette, ou en une parole souriante une insulte à leur honneur?

Vous me semblez monsieur une personne au dela de ces simples mesquineries . Les apparences sont trop trompeuses pour se laisser jouer par elle, soyons originaux.

Si vous ne souhaitez pas me voir car vous voulez couver à votre aise madame la duchesse qui est une vrai perle, mais dites le à haute voix monsieur comme ceci : " Vous faites de l'ombre à mon soleil monsieur"!

Que Diogène me pardonne de lui voler sa réplique, mais en votre allure je vois un nouvel Alexandre, du moins par le regard messire, un jeune lionceau se retenant de griffer!

Quant à vos bottes messires, des bottes ne sont-elle pas faites pour ce genre d'incident? Oh certes du si bon vin sur des bottes est un gaspille, une tragédie, mais l'on remplace le vin aisément! Le sang plus difficilement.

Je m'en excuse de ma lamentable maladresse.

Il s'inclina.

Mais le coeur d'un homme peut-il rester inerte devant une dame de la qualité de madame d'Agenois.?Là serait la pire insulte! Je suis même sur que vous m'approuver sur cela monsieur malgré votre regard si désaprobateur.

Vous êtes venus pour vous amuser, alors ne tombez pas dans le piège de la rancune et des préjugés.

Il s'adressa à la duchesse même si il ne la voyais pas.

Madame la Duchesse, je vous souhaite une excellante soirée en compagnie de..... votre écuyer c'est bien cela?

Il apprécia son choix de mot, qui d'une côté sauvait la réputation de la duchesse , il vallait mieux que cette idylle reste secrète après tout, et en disant cela il signifiait qu'il garderait le silence et la confidence.

Mais dans le même temps il attaquait l'orgeuil du jeune homme en plein coeur. Sa réaction intriguerait Alcibiade, quel serait la priorité de l'homme, sauver son honneur et lui avouer son nom, ou sauver l'honneur de la duchesse ? Ce qui dans le même temps confirmerait à Alcibiade les sentiment de l'homme pour la duchesse.

Alcibiade apprécia son "piège", le jeune homme comprendrait également qu'il avait affaire à un rude adversaire. Quelques paroles pouvaient dire beaucoup plus qu'un long discour parfois. Il espérait simplement que le jeune soit assez subtil pour comprendre ce genre de joute verbales.
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Lun Juil 03 2006, 10:24

Cassandre était effrayée. Comment cet homme avait-il pu savoir son nom, alors qu'il ne l'avait vue qu'une seule fois? Et surtout qu'elle avait prit soin de ne rien révéler sur elle-même!

Elle écoutait les deux hommes, ou plutôt l'invitation de Chastignac à l'étranger à passer outre et à les laisser tranquilles, et la longue diatribe de celui-ci en réponse...


- Monsieur, je vous prierais à présent de vous retirer. Je vous aurais tout d’abord simplement répliqué que je n’étais pas entré dans cet établissement afin de faire l’aumône, il se trouve qu’en plus d’avoir été très impoli envers la duchesse et moi-même vous avez malencontreusement fait choir sur mes bottes votre misérable obole. Il n’y a donc plus sujet de discussion, et plus aucun besoin de nous importuner. Sur ce, au revoir.

- Mais j'espère bien Monsieur que vous n'êtes pas venu en ces lieux pour faire l'aumône ! Voila déja derrière vous une personne qui vaut bien tout le trésor du royaume et tout les bijoux étincellant de ce monde... Vous auriez été fort présomptueux de faire aumône, hors je vous sent une personne satisfaite déja de ce qu'elle a.

La jeune femme pâlit quelque peu à ces propos, qui frisaient l'insolence et la provocation... Chastignac était déjà en colère, et voilà que le vicomte aiguillonnait sur la question si sensible des avoirs, de la richesse...

- Me voir partir? Mais vous me désobligeriez monsieur! Et parait-il je vous ai insulté vous et la duchesse? Loin de là monsieur. Pourquoi chercher le mal partout et vous comporter comme ces messieurs parfumés et ridés qui voie en chaque éternument une entorse à l'étiquette, ou en une parole souriante une insulte à leur honneur? Vous me semblez monsieur une personne au dela de ces simples mesquineries . Les apparences sont trop trompeuses pour se laisser jouer par elle, soyons originaux.

Si vous ne souhaitez pas me voir car vous voulez couver à votre aise madame la duchesse qui est une vrai perle, mais dites le à haute voix monsieur comme ceci : " Vous faites de l'ombre à mon soleil monsieur"!

Cassandre rougit violemment à ces paroles.

Que Diogène me pardonne de lui voler sa réplique, mais en votre allure je vois un nouvel Alexandre, du moins par le regard messire, un jeune lionceau se retenant de griffer!

Quant à vos bottes messires, des bottes ne sont-elle pas faites pour ce genre d'incident? Oh certes du si bon vin sur des bottes est un gaspille, une tragédie, mais l'on remplace le vin aisément! Le sang plus difficilement...

Je m'en excuse de ma lamentable maladresse.

Mais le coeur d'un homme peut-il rester inerte devant une dame de la qualité de madame d'Agenois.? Là serait la pire insulte! Je suis même sur que vous m'approuver sur cela monsieur malgré votre regard si désaprobateur. Vous êtes venus pour vous amuser, alors ne tombez pas dans le piège de la rancune et des préjugés.

Madame la Duchesse, je vous souhaite une excellante soirée en compagnie de..... votre écuyer c'est bien cela?

Pâle d'effroi, la jeune fille ne répondit pas un mot... Ah! La jolie conséquence que voilà de répondre à un étranger, même pour lui indiquer son chemin... Trois minutes, et elle sentait qu'elle le regretterait toute sa vie.

Chastignac n'avait pas encore répondu, mais Cassandre n'était pas sotte au point d'ignorer que si les choses demeuraient en l'état, le fer brillerait... et le sang coulerait.

Prise d'une soudaine énergie, et d'une résolution, elle se releva, digne malgré sa pâleur et, chose qui la surprit autant qu'elle dû surprendre les deux hommes, prit le bras du comte.


- Que voilà une fortuite rencontre, Monsieur le vicomte, et surtout, croyez-le, fort surprenante pour moi. Mais il se fait fort tard, et nous devons partir. Nous nous sommes attardés en ce lieu pour nous réchauffer, mais nous devons continuer. Je vous souhaite une bonne soirée en compagnie de vos amis.

Là-dessus, elle prit sa cape, l'enfila rapidement en rabattant pudiquement le capuchon sur sa tête, puis elle reprit le bras du comte et ils sortirent. Après avoir marché quelques pas en silence dans la nuit, la jeune fille sentit qu'elle devait des explications au comte.

- Je suis navrée de ce qui s'est passé, Monsieur le comte. J'ai commis l'erreur d'indiquer la route à cet homme, il y a deux jours. Je ne l'ai plus revu, mais lui semble s'être renseigné!

Elle tenait toujours le bras du comte enserré sous le sien. À ce moment, elle s'en aperçu, et rougissant quelque peu, libéra son emprise.

- Je suis navrée également de n'avoir pas démenti ce hardi monsieur, mais ses dernières paroles nous ont offert le moyen de nous éclipser de cet endroit devenu fort bruyant.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Mar Juil 04 2006, 07:15

La désinvolture d’Alcibiade résonnait, pour Adrien, pareillement au concert des trompettes sommant à la cavalerie de charger.
Il fit un mouvement imperceptible du bras _ pour le gifler, qui sait ? _ qui fut immédiatement arrêté par la douleur lancinante de sa blessure. Ne pouvant esquisser le moindre geste, envisager simplement de se battre sonnait comme de la démence.

L’insolent, tout fier de sa partition, la braillait le jabot en avant, debout sur son tas de fumier. Adrien était certain, en voyant ce spectacle pour le moins irritant, que l'autre battait l’air de ses ailes dans l’espoir de donner des coups de bec.
Seulement l'adversaire du chapon n’était point si trivial que celui-ci pourrait le penser, et peut-être aussi par esprit de contradiction, se refusait-il à faire, songer, rêver de l’imiter dans ses intentions.

Il débitait, débitait, débitait, caquetait. Et plus il caquetait moins Chastignac prêtait d’attention à son discours. Il avait cependant retenu quelques points qui lui restaient en travers de la gorge, qu’un jour, il lui ferait payer.

« Pourquoi chercher le mal partout et vous comporter comme ces messieurs parfumés et ridés qui voie en chaque éternuement une entorse à l'étiquette, ou en une parole souriante une insulte à leur honneur? »

Par exemple ceci, qui pourtant pouvait paraître la partie la plus anodine du colloque solitaire, blessa profondément Adrien. Parce que la seule personne parfumée et ridée qui dégageait sa silhouette de son esprit brumeux possédait des traits bien semblables à un certain Saint-Aignan… Il était tout bonnement impensable que la volaille ait pu connaître son ancien protecteur et chercher par ces mots une incisive insulte, cependant le comte le prit pour lui, comme un affront.

Toutefois il ne pipait mot, mais ses muscles frétillaient, prêts à se bander pour jeter le … lionceau… sur sa proie. Il n’en ferait qu’une bouchée, pensait-il.

A un moment donné, le futur plat de résistance se décida à se taire, épargnant de justesse les tympans d’Adrien d’une implosion certaine. Et alors qu’il allait enfin donner de la voix à son tour d’un rugissement sans pareil, la personne que sa présence dis-crête avait fini par faire oublier se fit soudain l’acteur principal de la pièce.

Elle prit le bras d’Adrien qui tourna la tête vers elle, tout surpris de ce contact inattendu, il avait failli, en sentant cette main toute légère, toute féminine, sur son bras, se dégager d’un geste réflexe. Il s’était retenu à temps et à présent observait le souffle coupé le courage de la jeune demoiselle.

« Que voilà une fortuite rencontre, Monsieur le vicomte, et surtout, croyez-le, fort surprenante pour moi. Mais il se fait fort tard, et nous devons partir. Nous nous sommes attardés en ce lieu pour nous réchauffer, mais nous devons continuer. Je vous souhaite une bonne soirée en compagnie de vos amis. »

Chastignac redonna son attention à
Monsieur le Vicomte afin d’observer sa réaction. Cassandre le lâcha alors pour s’habiller. Pendant ce temps, Adrien ne bougeait, trop ahuri, quoique le visage fermé. Ce n’est que lorsqu’il vit sa galante abaisser le capuchon sur sa tête qu’il se mua enfin, déracinant ses pieds du sol où ils étaient encré.
Il prit à son tour sa cape, ainsi que son chapeau, qu’il posa sur son bras gauche replié, et en profita pour souffler quelques mots, resté sur sa faim comme il l’était :


-Il y a suffisamment d’un Soleil dans le ciel et un sur Terre monsieur, et je ne me prétends pas fils du Roy des animaux. Cependant si vous avez été impoli par le simple regard qui fut posé sur la duchesse, à présent vous êtes outrageant, et vous n’arrangez en rien votre cas. Soyez certain que cette soirée me restera en mémoire.

A peine eut-il terminé sa phrase que la duchesse posa de nouveau sa main sur son coude, et s’enfuit de son petit pas alerte en entraînant Chastignac à sa suite.
Celui-ci, avant de franchir la porte, se retourna une dernière fois afin de saluer le plus cordialement du monde de sa main sur son front, mais avec un sourire mauvais, l’homme qui juste après Epernon était classé ennemi numéro un.

L’huis se referma sur cette image d’un visage malveillant, et Chastignac continua sa route, Cassandre accrochée à lui, dans le froid et la nuit.
Il finit par enfiler sa cape et mettre son couvre-chef en essayant de ne point trop bousculer la duchesse, tandis que l’on marchait toujours plus vite, comme pour tenter de trouver l’Océan qui pourrait les séparer d’Alcibiade.
Adrien n’était pas spécialement inquiet, il était surtout fébrile, prit d’une envie soudaine de mordre. Il se rapprocha un peu plus de la duchesse, peut-être pour la réchauffer. Ce qui était certain, c’était que l’existence soudaine d’un rival rendait bien plus sérieux son jeu de séduction. Non, il n’abandonnerait pas Cassandre tant que le vicomte la poursuivait… Parce qu’il détestait perdre.

Leurs pas résonnèrent sous un perron et puis les jeunes gens atteignirent la fontaine qui ne coulait plus. Là, ils stoppèrent leur marche, fixant tous deux la sculpture gelée, symbole de la vie qui cessa de couler à flot en un doux clapotis comme si l’hiver stoppait le temps…

« Je suis navrée de ce qui s'est passé, Monsieur le comte. J'ai commis l'erreur d'indiquer la route à cet homme, il y a deux jours. Je ne l'ai plus revu, mais lui semble s'être renseigné! »

Adrien tourna la tête et vit l’air affligé de Cassandre. Leur regarde se croisèrent et celle-ci finit par se détacher, plus que gênée.
Bien sûr qu’elle ne mentait pas, impossible qu’un homme doté d’un peu de bon sens puisse penser qu’une créature si naïve puisse simplement avoir l’idée de mentir…

Ils étaient à présent face à face sous la protection de la mer d’encre noire qu’on appelle le ciel…
Quelques timides flocons entamèrent alors leur voyage à l’improviste, surprenant les jeunes gens dans leur débat silencieux. Ils virevoltaient dans la nuit, donnant à l’atmosphère une pointe de féerie.
Chastignac pensa, sans doute à juste raison, que le bon moment était arrivé : il s’approcha un peu plus de la duchesse, lui prit les mains, les amena contre son cœur en les serrant comme une précieuse hirondelle que l’on ne désire ni étouffer, ni laisser s’échapper.


-Vous avez été très courageuse tout à l’heure.

C’était bien la première fois qu’il disait à une femme un compliment à cent pour cent sincère. Adrien avait été en effet impressionné par cette intervention, mais pouvait-on affirmer que Cassandre avait pour cela monté en son estime ? C’était parler un peu vite… la duchesse restait une femme, et donc un être inférieur, fourbe et uniquement utile.

Il s’approcha encore d’un pas et cette fois leur mains jointes seules les séparaient, collés contre elles comme ils étaient.


-Vous avez sans doute sauvé deux vies ce soir…

Chastignac était prêt de l’embrasser, mais ne désirait point s’aventurer trop loin, car un faux pas pourrait faire perdre sa confiance totale à la jeune fille, et alors l’autre présomptueux aurait gagné.
Il ne fit qu’effleurer ses lèvres en un chaste baiser de jouvenceau, espérant que ce furtif contact aviverait en elle une flamme de désir… Alors il aurait écrasé le vicomte, completement.

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Dernière édition par le Sam Juil 29 2006, 12:25, édité 1 fois
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Mar Juil 04 2006, 08:36

Il faisait à présent nuit noire sur la ville, et le vent qui balayait les rues à peine une heure auparavant s'était calmé. L'air était froid, mais doux. Et comble de beauté et de douceur, il s'était mis à neiger légèrement. Là tout près d'une fontaine au coeur de Paris, Chastignac prit les deux mains de la jeune fille dans les siennes, et les posa contre son coeur. Cassandre, les joues rosissantes, avait une expression de douce joie dans les yeux. Elle sourit au compliment d'Adrien, un compliment d'autant plus troublant qu'il était d'une sincérité profonde. La jeune fille sentait le coeur du comte battre avec vigueur sous ses paumes. Un coeur noble, courageux et aimant...

- Vous avez sans doute sauvé deux vies ce soir.

Alors la chose sublime se produisit: Adrien effleura doucement ses lèvres des siennes, contact plus doux et plus léger que celui d'un papillon, plus troublant qu'un poème, plus magnifique qu'un rayon de lune... Le coeur de Cassandre se mit à battre la chamade, tandis qu'elle fermait les yeux, submergée par un sentiment d'infinie tendresse et d'amour.

À son tour, hésitant quelque peu, maladroite, elle offrit à Adrien ses lèvres. Son tout premier baiser. Et avec celui-ci, elle fit don de son coeur...
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Canaan
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Mar Juil 04 2006, 11:42

Alcibiade éclata de rire après la sortie des jeunes gens. La jeune Duchesse avait sauvé son lionceau, très charmant, elle lui était donc plutôt attachée. Le jeune homme avait pu éviter ainsi d'avoir pu lui jeter son nom en pleine figure.

Mais peu importe Alcibiade apprendrait bien par une autre facon le nom de ce jeune homme. Ce n'était pas vraiment embêtant. Cet intermède avait été divertissant à défault d'être vraiment amusant. Car il avait laisser filer le jeune couple.

Le jeune "écuyer" de la duchesse passarait bien sa rage en passion.

Un des ces hommes s'approcha:


Une bonne soirée monsieur le Vicomte?


Plutot ennuyante Zoroastre, les jeunes nobles n'ont plus le verbe d'autrefois, ils se laissent avaler la langue par leur jeunes maîtresses beaucoup plus affamée qu'eux.

Demain nous allons commencer les choses plus sérieuse.....

Son ton ce fit froid et présage de quelques maléfiques.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Dim Juil 09 2006, 19:41

Adrien se délectait de ce moment comme jamais : il foulait aux pieds ce prétentieux de poulet, il le renvoyait dans sa paille.
Cassandre, jeune, fraîche, neuve, pure, chaste, vertueuse, pudique, innocente, venait d’être pervertie par un soir d’hiver. Quoique le mérite en revenait sans doute plus à un petit comte déshérité qu’à une nuit floconnée.

Non seulement elle se laissait embrasser, mais elle en redemandait encore ! Oh, la coquine ! Oh, la gourmande !
Il est à noter que Chastignac ne fit pas la fine bouche, et ne refusa pas de faire du rab.

Alors que leur lèvres fusionnaient en un langoureux baiser, des pensées fusèrent dans l’esprit d’Adrien.
Etait-elle prête, oui ou non, à aller plus loin ?
Pouvait-il, concrètement, prendre une duchesse dans la rue sous la neige ?
C’était tout simplement impensable. Cassandre lui offrait ses lèvres mais le comte n’osait même pas poser ses mains sur les hanches tant convoitées.
Et puis, pour que le jeu soit intéressant, il fallait déguster, en fin gourmet… prendre son temps…

Cependant cet avant-goût de ce qui pouvait se dévoiler plus tard donnait de nouveaux élans à Chastignac. Non, il voulait tout, tout de suite ! Cette envie soudaine dut se ressentir dans l’ardeur de son baiser, l’impatience faisait frétiller ses muscles.
Attention, jeune homme ! Tu es trop pressé, et elle trop farouche encore !
Il sut cependant se maîtriser avant de faire le pas fatal, celui qui lui ferait franchir la limite et le classerait dans la liste noire de la duchesse, là où elle inscrivait en gros « goujats », et où l’attendait un certain Alcibiade…

Il décida finalement de rompre cette idylle naissante, et dessouda de son plein gré leur lèvres qui semblaient adhérer à jamais contre vents, neiges et marées.
Il ne détacha pas cependant la seule liaison qui leur restait, c’est à dire celle du regard, et posa même sa main contre la joue froide de Cassandre, dont la blancheur lui donnait un air de gros flocon.

-Vous êtes si jeune…

Un temps de pause, où il sembla admirer la profondeur des prunelles de la duchesse. Perdait-il vraiment ses mots où était-ce finement joué ?
Il secoua la tête, montrant superbement comment un homme amoureux sort de ses rêveries sentimentales, et reprit, un peu plus distant :


-Il vaut mieux que nous nous séparions là.

Intérieurement, Champy roula des yeux. Qu’est ce qu’une envie de chair fraîche ne lui ferait pas faire ! Son discours était, tout simplement, pathétique. Et dire que c’était le lot de tous les amants !
Mais cette rupture prématurée lui serait d’un double avantage. De un, il ne savourerait que plus l’ultime instant de leur liaison, lui laissant le temps de bien s’aiguiser les crocs.
De deux, il passerait aisément pour un homme probe, inquiet de l’honneur de la demoiselle, et remonterait sans doute dans son estime.
Elle n’en ferait que plus confiance à sa misérable personne, et sûrement aurait-elle plus envie encore de s’offrir à lui.

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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Lun Juil 10 2006, 03:00

La réponse d’Adrien à sa tentative hésitante éblouit la jeune fille de mille sentiments nouveaux, d’émotions complexe, la faisant presque défaillir. Elle recevait pour la première fois un véritable baiser, profond, doux, incommensurable. Elle ressentait de plus en plus d’émoi à mesure que le baiser gagnait en passion. Son cœur battait à tout rompre, elle avait peur, ses paumes devenaient moites… Et elle se sentait fondre de ce sentiment dont elle ignorait le nom et qui était le désir…

Lentement, le comte mit fin à l’étreinte. La jeune fille ouvrit les yeux, le souffle rapide, et regarda longuement Adrien dans les yeux. Il posa sa main sur sa joue, et elle se sentit se perdre dans son regard…

- Vous êtes si jeune…

Puis il secoua la tête, comme au sortir d’un rêve.

-Il vaut mieux que nous nous séparions là.

Cassandre sourit avec chaleur, ne baissant jamais le regard. Elle posa sa main délicate par-dessus celle d’Adrien qui n’avait pas laissé sa joue. L’émotion l’empêchait de répondre… Tout était si nouveau, si doux, si bouleversant…

Elle prit doucement les mains du comte entre les siennes, si menues, un long moment, puis elle s’enfuit plus gracieuse qu’un oiseau. Dans le creux de la main d’Adrien, un médaillon en or scintillait doucement à la lueur de la lune…
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Mlle Sop
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Mer Juil 12 2006, 07:24

Sophie de pontbriand avançait rapidement dans la ruelle chichement éclairée. Elle avait hate de rentrer chez sa tante. Le froid mordait ses joues comme une bête affamée. Dejà une semaine qu'elle était à Paris et tout ce qu'elle avait fait, c'était servir de garde malade à une vieille femme. Elle commençait à deseperer de jamais rencontrer la fine fleur de la noblesse et maudissait son frére de l'avoir si mal conseillé. Elle serra, un peu plus fort, la medication que sa tante l'avait envoyé quérir chez un aphoticaire à l'autre bout de la ville. Cela ne pouvait, soi disant, souffrir aucun retard. Il lui fallait son reméde sur le champ, sinon elle en mourrait.La jeune fille commençait à être habitués aux caprices de cette vieille exentrique et savait pertinement que le flacon qu'elle tenait dans ses doigts gourds, n'était qu'un pretexte pour que sa tante puisse tranquillement recevoir un ami qui soi-disant s'inquiétait de son étét. Elle avait éloigné Sophie pour ne pas avoir de concurence face à cet homme qu'elle espérait épouser. C'était comique de la voir se preparer à ce rendez-vous, se poudrant le visage au blanc de céruse comme par le temps passé alors que plus aucune femme n'utilisait ce poison qui rongeait la peau, et revetir des atours qui était passés de mode depuis longtemps. La vieille craignait qu'en apecevant Sophie son amant ne décide soudain de lui faire faux bond. Elle avait du être belle autrefois mais des ses appats d'autrefois, il ne restait qu'une peau flétrie. Toute à ses pensées, elle ne vit pas arrivée sur elle une jeune femme qui la bouscula en partant en courant. Elle la suivit des yeux et aperçut dans l'ombre, la silouhette d'un homme. C'était donc lui qu'elle fuyait ! mais pour qu'elle raison? Il avait l'air, autant qu'elle puisse en juger, de belle prestance et plutot beau garçon. Elle lui jeta un dernier regard avant d'ouvrir la porte de l'hotel particulier de sa tante et juste avant de refermer, elle vit l'homme la regardait
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Mer Juil 12 2006, 13:01

(HJ: Parbleu, mademoiselle de Pontbriand! Regardez ailleurs, je vous prie, celui-là est pris!!! demon (Eliiiii... cesse de rire... mdrrrrrr!) Wink )

Cassandre, voyant qu'elle avait légèrement bousculé une jeune femme, porta la main à sa bouche et voulut retourner sur ses pas pour s'excuser. Mais la jeune femme à ce moment entra à l'intérieur d'un hôtel. Elle se remit donc à marcher, serrant contre elle les pans de sa lourde cape, frissonnant malgré tout, non seulement du froid, mais encore de l'émotion qui agitait son coeur. Un doux sourire naquit sur ses lèvres à la pensée de ce qu'elle venait de vivre, de celui qui l'avait tenu dans ses bras, et se sentit à nouveau presque chanceler. Un peu plus et elle serait retournée sur ses pas, pas seulement pour faire preuve de politesse, cette fois...

Mais à ce moment, elle arriva en vue de la taverne du Pin d'Or, où elle avait demandé à son cocher de l'attendre. Dix heures sonnaient à la Samaritaine lorsque la jeune fille monta à l'intérieur du carrosse, appuyée sur le bras du serviteur pour ne pas glisser sur le marchepied. Celui-ci offrit une couverture à la jeune fille transie et elle l'en remercia d'un sourire.


- Mademoiselle souhaite-t-elle rentrer à Fontainebleau?

Cassandre hocha la tête, et le cocher sourit à son tour. Cette escapade tardive ne lui agréait point, et il s'inquiétait pour la jeune duchesse, dont il avait servi le père avant elle. Il avait vu grandir cette enfant jusqu'à devenir ce qu'elle était aujourd'hui, c'est-à-dire une jeune demoiselle douce, mais qui ne craignait pas d'endosser ses responsabilités. Il l'avait vue à ses nombreuses tâches administratives au duché... Elle méritait bien de se reposer quelque peu et de découvrir les merveilles du monde à l'extérieur des murs du château ducal...

Alors que le carrosse filait prestement vers Fontainebleau, Cassandre continuait de rêver... De rêver d'un baiser d'amour à la lueur de la lune...
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: rendez-vous galant   Jeu Juil 13 2006, 21:19

La main de la duchesse sur la sienne glissa doucement pour ne lui laisser que le froid et dur contact d’un médaillon.
Adrien laissa s’enfuir Cassandre avec son pas de jeune biche sauvage, tandis qu’il regardait au creux de sa main, avec un rictus mi-moqueur, mi-pensif, le petit cadeau qu’elle lui avait laissé.

Il perçut dans les trottinements de sa nouvelle maîtresse une irrégularité. Il leva les yeux, et ô miracle, il n’y avait plus une jeune fille, mais deux.
La seconde l’observa un instant, Adrien lui sourit. Puis comme un mirage, elle disparut dans son hôtel. Chastignac haussa les épaules.

Il vit juste s’éloigner la robe de Cassandre et puis à son tour tourna les talons, tout en glissant le médaillon dans sa bourse, la chaîne lui caressa la paume furtivement, et puis le contact prit fin. Le rêve aussi. Le comte continua sa route un peu perdue, il se demanda s’il allait dormir sous les ponts ce soir… ou chez La Fère. Cet homme là avait déjà été si généreux envers lui-même, et en plus il squattait sans scrupule. Allez tant pis, c’était toujours une nuit de gagnée…


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