1663 : Face aux Feux du Soleil

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 De la difficulté de se prendre pour un Phénix...

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Louis XIV
Roy


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MessageSujet: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Ven Aoû 11 2006, 21:57

L’après dîner ne faisait que commencer. Le lumineux phare céleste dardait insolemment ses ardents poignards sur les pauvres mortels errant inconsciemment dans les jardins royaux. Le temps était superbe, dépourvu de tous ces parasites blanchâtres que l’homme a appelés nuages. Un temps Bourbon, en somme. On en aurait presque oublié que la saison chaude n’était qu’un très lointain souvenir… Cette journée semblait être un rayon estival perdu dans la traditionnelle grisaille saturnienne. Une anomalie, certes, mais une anomalie rayonnante, transcendante.

La Majesté Royale était l’incarnation même de cette image. Elle était une métaphore vivante : un être unique, exceptionnel et lumineux, autour duquel gravitait une morne foule, dont l’éclat comparé ne pouvait qu’être grisâtre et sans importance.

Cette exception vivante se promenait justement dans les sublimes jardins de Fontainebleau.

Droit, fier, majestueux, en un mot, royal, Louis avançait dans ces vertes allées, offrant à la masse courtisane agglutinée respectueusement trois pas derrière lui, le spectacle édifiant d’un Roi en ses jardins.

Or, l’informe agrégat ignorait que, derrière ce masque serin tant travaillé, le Roi Soleil broyait du noir.

Oui, vous avez bien lu. Louis, quatorzième du nom, Roi de France et de Navarre, troisième souverain de l’éminente Maison de Bourbon, descendant de la prestigieuse Dynastie Capétienne et Roi Soleil rayonnant, était en proie à une morosité des plus lugubres.

Quelques siècles plus tard, certains écrivains fort inspirés trouveront un nom à cet état de déprime avancé : le Spleen.

Certes, ce n’était pas le Spleen de Fontainebleau, et encore moins le Spleen de Paris, mais un Spleen venu d’ailleurs, des profondeurs les plus insondables et les plus mystérieuses de ce Dieu sur Terre fait homme.

Spleen ? Le vilain mot que voilà ! Mais ce terme n’existe point voyons !

Quoi ? Comment ? Et alors ? Les Rois ne font ils pas tout ce qu’ils veulent ? Ne sont-ils pas des démiurges en puissance, libre de torde les langues selon leur bon vouloir ? Allons ! Taisez-vous donc ! Vous ne savez rien du métier de Roi…

Un Roi est seul, constamment seul, un solitaire face à lui-même, perpétuellement cerné par une foule prosternée. Son regretté parrain le lui avait appris : il n’aurait pas d’ami, jamais : des sujets… et des ennemis, uniquement. Jusqu’ici, cette prophétie s’était avérée exact…

La raison de cette Déprime, de cet Ennui au sens métaphysique du terme ? Ma foi, la liste était fort longue…

Par quoi commencer ? Comment résumer l’incommensurable succession des royaux déboires ?

Il y avait d’abord le cas de son frère, « Son Altesse le Duc Philippe d’Orléans ». Un débauché, oui ! Une souillure immonde –mais, au demeurant, indélébile- dont il fallait supporter les caprices, les extravagances, les sautes d’humeur, les ragots… Oh parlons-en des ragots ! Quoi ? Comment ? Le Roi, impuissant ? Mais quelle folie ! Pourtant, la Cour jasait… Et quoi ! Que devait-il faire ! Se faire ausculter par ses incapables de médecins et prouver devant toute la Cour réunie que Sa Majesté était un Homme ?

Tout à ces quelques réflexions, Louis n’en restait pas moins royal dans son attitude. Lors des quelques arrêts improvisés, il balayait rapidement la cohue froufroutante du regard, tout en prenant un soin tout particulier à ne capter aucun regard. En effet, un regard accordé était capable de faire jaser pendant plusieurs semaines. Et lorsqu’il décidait de s’adresser à quelqu’un, l’on s’imaginait déjà favorite en titre ou Général d’armée !

En parlant de Général… Force était de constater que cette vieille rosse de Condé, arrivait encore à se distinguer, lui qu’il avait toujours considéré comme végétant dans son orbite la plus lointaine ! N’était-il pas apparu, il y a quelques temps de cela, rayonnant au bras d’une ravissante -et très jeune- Duchesse ? Laid, âgé, et portant de visibles séquelles de son ancienne disgrâce, son cousin jouait les Don Juan ! De son côté, Louis traversait un véritable désert affectif… Héloïse était déjà un lointain souvenir, bien que la réalité de ses sentiments à son égard soit encore bien trouble. Louise jouissait certes de la faveur, mais il commençait à s’en lasser. Ou peut être était-ce du à son éloignement forcé… Au final, que lui restait-il pour se satisfaire ? Les filles de chambre et les servantes ? Le Grand Roi que voilà ! Pourtant, tout autour de lui n’était que Beauté : la fine fleur des filles d’Eve gravitait en permanence autour de lui, cherchant à accrocher une once du royal intérêt. Il n'avait que l'embarras du choix, que Diable !

Ainsi allait la Cour, étrange microcosme soumis à son entier bon vouloir. Hier inconnu... Aujourd’hui tout… Demain oublié…

A cette pensée, Louis vit aussitôt la désagréable silhouette d’un homme se dessiner dans son esprit : Negrar, ce dément qui avait osé lui demander de venir le retrouver de nuit dans ses appartements, comme la dernière des hétaïres rejoint son client d’un soir ! Que ne l’avait-il pas envoyé croupir pour le restant de ses jours dans son accueillante forteresse parisienne ?

Il y avait aussi ce Prince… Comment s’appelait-il déjà… Gisèle Hildegarde Bernadette de Caries-Aux-Dents ? Ce crétin doré qui avait l’impudence de vouloir donner une fête à Vaux-le-Vicomte ! Et en son royal honneur, en plus ! Le douloureux exemple du Vicomte Lune n’avait-il donc pas marqué assez durablement les esprits pour que ce parvenu se targue de donner le Divertissement du Siècle ?

Et pour couronner le tout, Colbert, son fidèle ministre, donnait lui aussi dans l’impudence, en s’arrogeant le droit de lancer des invitations pour un hypothétique divertissement à Saint Germain, qui aux dernières nouvelles se trouvait être un palais royal !

Oui, ce constat était réellement déprimant : Sa Majesté nageait en plein cauchemar, et elle nageait seule, inexorablement entraînée vers de sombres abysses par l’épave disloquée de son amour-propre naufragé.

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Dim Aoû 13 2006, 17:39

Or, Le Roi n'était pas complètement seul.

Anne avançait dans les jardins, s'aidant de sa canne, morose, comme à son habitude. Mais son attitude changea quand elle apperçut son fils, Louis, qui semblait d'une humeur étrange, pour un Roi Soleil. Alors que leurs chemins allaient se croiser, Anne y alla d'un:

"Louis!"

Pour attirer l'attention de ce dernier. Il était grand temps qu'ils aient une bonne discussion. Avec cet éloignement dont ils avaient été victime, et la maladie qui s'abattait sur elle, Anne désirait renouer avec son fils aîné.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Lun Aoû 14 2006, 12:11

Athénaïs s'ennuyait ferme, ce château était vraiment sinistre ... Madame était quasi absente et, comme d'habitude, quand elle s'ennuyait elle "rameuta" sa dame de compagnie et une stupide servante et leur proposa ... d'aller confectionner des bouquets... Narcissia, la pauvre Dae d'atour d'Athénaïs ne put empêcher un charmant mouvement vers le haut de ses jolies et vives pupilles ... Cette Marquise est impossible pensait-elle... quel plaisir peut-elle trouver en ces jardins.
Lequel, quasi aucun, si ce n'est occuper une vide journée de courtisane, dit-on courtisane -pensa-t-elle ?... cela sonne tellement étrange pour une jeune femme, fidèle à son balourd de Louis, pas le Roy, l'autre, le Marquis... Fidèle, ça oui... pas par envie, par manque d'opportunité !
Où s'arrêtera donc mon désoeuvrement ?

Vétue d'une délicate robe de cours fleurie, fleurie de bleuets, sur fond d'ivoire, la soie découvrant juste ce qu'il faut ce buste qu'elle sait si avenant... que le lui a-t-on dit ... elle força les deux damoiselles à l'accompagner, une Dame ne se déplace pas seule...

Au jardin, elle donne des ordres peremptoires, parce qu'agacée ... agacée par cet ... quand le Rayon de Soleil fait son apparition, elle n'en croit pas ses yeux, ses yeux fauves, toujours luisants et en alertes... elle ne fait sembalnt de rien mais dirige les péronnelles vers l'Astre... comme une douce bergère dirigeant son troupeau ... elle va l'approcher, il ne peut que la remarquer,.
Qu'il a l'air sombre ... alors ce serait vrai que la boiteuse ne l'amuse plus... elle esquisse un sourire plein de vie, prometteur des plaisirs que peut offrir une belle femme rayonnante de sensualité et de gaite...

et patatra ... la Reine Mère ... que veut encore cette vieille femme qui sent la mort à 10 mètres, ce presque cadavre que ne peut se résoudre à finir ... Athénaïs entend le mot de la vieille ... ce Louis qu'elle sussurerait d'une autre façon si on le lui en donnait le droit ... "Louis" dit-elle dans sa tête trop bien faite, "Louis" appelle son corps de Diane chasseresse...

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Colbert
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Jeu Aoû 24 2006, 10:26

Colbert aimais bien Mme de Montespan, s'ennorgueillant de devoir faire attention à la promise royale, Colbert n'était point dupe.

La relative attraction entre Mme de Montespan et louis XIV semblait toujours plus d'actualité.
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Prince de Savoie-Carignan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Jeu Aoû 24 2006, 17:59

[HJ Pensez-vous réellement pouvoir qualifier ces trois lignes de RP ? Merci de bien vouloir développer un minimum.]

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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Ven Aoû 25 2006, 07:00

HJ : Seigneur ! Au départ j'ai cru que Monsieur se Savoie s'adressait à moi et en ai été fort vexée, moi qui attend depuis 15 jours une réponse du roi ou de la reine... Monsiuer Colbert, je supppose que vous pouvez faire mieux... et l'escompte, si vous m'aimez, abordez moi !

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Ven Aoû 25 2006, 20:13

[HJ MDR ! Quelle idée ! Ne touchez pas à votre RP ma chère : il est très bien ! Cependant, n'oubliez pas que Messire Colbert est l'un de vos pires ennemis, cela est notoire : votre principal soutient est Monsieur de Louvois : il exècre Colbert... qui le lui rend bien !]

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Louis XIV
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Dim Aoû 27 2006, 14:46

Louis sombrait lentement dans un abysse sans fin d’immuable morosité, lorsqu’une vision réconfortante vient redonner quelque lueur à son regard éteint : Anne d’Autriche, accompagnée de ses Dames d’Honneur, venait d’apparaître au détour d’une allée.

Maman… Un mot si simple, si doux, mais qui aurait pourtant paru du dernier ridicule dans la bouche d’un Roi. Un monarque ne devait point s’embarrasser d’un sentiment aussi puéril que l’amour. Il ne devait avoir d’attachement pour rien ni personne, afin de rester obnubilé par la hauteur de vues inhérente à son prestigieux statut.

Pourtant, Louis ne pouvait se résoudre à museler son cœur, comme l’on fait taire un dogue prisonnier d’un chenil. Il aimait. Trop, certainement. Il aimait les femmes, les bâtiments, la chasse, la danse, les arts, la guerre… Il n’est point bon pour un monarque de se laisser ainsi aller à ses pulsions. Trop aimer… c’est finalement sacrifier Dieu à l’amour de Soi. De nombreux sermons religieux venaient quotidien le rappeler à l’ordre. Le très brillant Monsieur de Condom ne lui avait-il pas fait l’avant-veille subtile remontrance de ses coupables amours ? Le coup avait été rude, mais Louis n’avait pas bronché : ses liaisons adultérines était le seul sujet de reproche qu’il pouvait tolérer de la part d’un homme de Dieu…

Lorsque la Reine Mère lui fit face, Louis étira ses lèvres en un large sourire, qui se voulait chaleureux. Mais ses yeux luisaient toujours d’une tristesse incommensurable : le regard brisé du mourrant sentant l’ultime vague de vie submerger une dernière fois son corps décharné.

Après avoir salué sa mère d’un doux baisemain –il ne pouvait se permettre plus d’effusions face à la masse courtisane avide de démonstrations affectives- Louis s’enquit de sa santé.

Je suis bien aise, ma mère, de vous voir enfin au grand air. Voilà bien longtemps que ces allées n’ont point épousé vos pas. Vous savez mon aversion pour les atmosphères confinées, fort propices à la multiplication de la vermine. Cette sortie me paraît de bon augure.

Malgré cet optimisme de façade, Louis n’était pas dupe : sa mère s’éteignait à petit feu, rongée par le mal incurable qui lui dévorait la poitrine. Les saignées quotidiennes n’y feraient rien : Anne d’Autriche semblait bel et bien condamnée…

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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Lun Aoû 28 2006, 07:49

manqué... pensa-t-elle !
elle regarda le Soleil, à 20 pas, et fut assez impresionnée par la tendresse que lui inspirait sa Mère... tendresse qu'il tentait vainement de cacher, vainement...
elle ne bougea pas, n'écoutait plus le babillage de se dames occupées à confectionner ces stupides bouquets ... elle regardait un fils qui regardait mourir sa mère et était plus touchée qu'il n'est raisonable de l'être pour une profesionnelle de la cour...un coeur battait encore dans sa poitrine trop parfaite, cela la pris par surprise...
étrange sensation... c'est ce bon Louis qui serait surpris, pas le Roi mais le Montespan.
elle se entait inutile, cela n'était pas si nouveau, et, qui plus est comme une voyeuse, ce qui la mettait partuculièrement mal à l'aise... mais ne pouvait se décider à bouger, son "coup de coeur" la paralysait en fait ... elle ne pouvait que regarder, regarder le corps décharné de la Reine faire face à celui plein de santé de son fils...

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Lun Aoû 28 2006, 13:20

Alors que son fils approchait, esquissant un sourire qui lui sembla faux, Anne remarqua Mme de Montespan qui aurait bien tenté une entrée fracassante si elle n'était pas arrivée pour parler à son fils. Anne eut un sourire en son for intérieur, un sourire qu'il valait mieux ne pas afficher. Cette femme, en chaleur sans aucun doute, en avait après son Louis, c'était clair. Mais de toute façon, pour Anne, toute femme qui n'était pas l'épouse de Louis et qui l'approchait, était une trainée...Elle n'appréçiait pas les aventures de son Roi de fils, bien qu'elles semblaient parfois lui donner bonne mine...Après un baise main poli, mais aussi tendre, Anne comtempla son fils.

Je suis bien aise, ma mère, de vous voir enfin au grand air. Voilà bien longtemps que ces allées n’ont point épousé vos pas. Vous savez mon aversion pour les atmosphères confinées, fort propices à la multiplication de la vermine. Cette sortie me paraît de bon augure.

La Reine devina de la tristesse dans son intonation, mais laissa couler puisqu'elle était si heureuse de le voir.

- Je m'étonne chaque fois devant l'homme que vous êtes devenu mon fils...et oui, je dois dire que je me sens bien depuis quelques jours! Rien n'aurait pu m'empêcher de venir profiter de cette belle journée! J'espère toutefois que vous viendrez me voir un peu plus souvent dans mes appartements car à un moment donné je ne pourrai plus me promener de la sorte...

Un silence s'installa quelques instants, en même temps qu'un léger malaise. Mais Anne sourit en posant sa main sur la joue de son fils. À ce moment, des vestiges de son ancienne beauté se déssinèrent sur son frêle visage. Son teint était toutefois très pâle, résultat des saignées un peu trop fréquentes selon Anne. Pendant le silence en question, La Reine Mère jeta un regard sur le côté, tombant sur la demoiselle de Montespan une fois de plus. Mais cette fois, la jeune femme semblait attendrie...Anne prit le bras de Louis et ils marchèrent ensemble dans les allées fleuries des jardins, échangeant quelques mots sur tout et rien. Puis Anne voulut aborder le sujet de l'éloignement dont ils avaient tous deux faits l'objet récemment.

- Louis, je vous sais très occupé et c'est normal, mais ne croyez-vous pas, mon fils, que nous nous sommes que trop éloignés l'un de l'autre ces derniers temps? Vous savez, je ne suis plus très jeune et, qui plus est, gravement malade...Il m'aurait fait le plus grand bien de vous voir à mon chevet par moment...

Alors qu'Anne attendait une réponse de son cher fils, elle entendit les demoiselles d'honneur jacasser et glousser derrière elle. Elle leur jeta un regard froid, les ramenant à l'ordre. Elle ne se rappelait pas avoir été aussi futile à leur âge. Bien que ce temps là ait été définitevement loin derrière elle...
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Lun Aoû 28 2006, 13:52

de là où elle était elle ne pouvait suivre la conversation, et puis ... quel intérêt !
elle surpris néanmoins deux regards d'Anne d'Autriche, deux regards qui lui étaient adressés... le premier peu encourageant, quasi méprisant, méprisant pourquoi ? parce qu'elle était encore jeune, belle, qu'elle le savait, que tout le monde pouvait le voir, parce qu'elle n'était pas heureuse dans son "ménage" avec le bon Louis, le pauvre Marquis... et qu'elle se mettait sur les rangs pour ... oui, cela devait être juste cela....

le second regard était moins méchant, plus surprenant, la Reine avait du percevoir son attendrissement, son côté maman avec son grand fils, ce sentiment qui ne peut toucher qu'une mère, que parfais Athénaïs oubliait qu'elle était... elle rendi à la Reine Mère son second regard ... elle tenta d'y faire passer "oui, moi aussi je suis mère", "oui moi aussi suis touchée"... je ne suis pas qu'une carapace de courtisane....
elle se fait alors promesse, promesse de parler avec la Reine, si celle-ci bien sûr le souhaite, parler avec elle ... oui je le ferai.

elle rassembla ensuite les deux dindes qui s'occupaient toujours à leurs stupides fleurs.... avec un poil de mechanceté, juste un peu, pour leur montrer sa déception ... et repris le chemin des appartements de Madame, avec qui elle aurait vraiment aimé parler ... aussi !

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Dernière édition par le Mar Aoû 29 2006, 07:32, édité 1 fois
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Louis XIV
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Lun Aoû 28 2006, 18:45

La réponse que lui fit sa mère serra profondément le cœur de Louis. Certes, ses paroles lui procurèrent un certain réconfort, celui que peut apporter en toutes circonstances une mère à son fils. Cependant, la fausse gaieté noyée d’amertume dont elle faisait preuve le bouleversait. Il ne se faisait pas d’illusion : sa mère n’allait pas mieux. Elle avait franchi l’ultime seuil de sa vie, et ne reviendrait jamais en arrière. Nul doute que le noir couperet des Parques se préparait déjà à rompre le fil ténu qui la maintenait toujours en vie…

Mais malgré l’âge et la maladie, malgré cette fin inéluctable, Anne d’Autriche jouerait, il le savait, son rôle de Reine jusqu’au bout.

En serait-il capable ? Pourrait-il conserver le masque des Rois à l’heure des ultimes sacrements ?

Il ne se sentait pas présentement capable d’y parvenir… Tout s’effondrait autour de lui : pourquoi conserverait-il les apparences d’un Roi dont il n’aurait bientôt plus l’étoffe ?

Tout à ses réflexions, Louis poursuivait sa promenade, sa mère à son bras. La masse suivait, dans un froufrou de volants qui se voulait silencieux.

Il ne put s’empêcher de s’empourprer légèrement au discret reproche de sa mère. Certes, il était on ne peut plus fondé : voilà bien des semaines que n’avait résonné le pas du Roi en les appartements de sa mère. Mais de là à le lui reprocher… N’en avait-il pas assez ? Serait-il dit que ce jour verrait le Roi de France accablé de tous les maux ?

Mère, je ne vous apprendrai pas les affres permanents dont sont coutumiers les Rois. Gouverner est la plus noble des choses et la plus ingrate des fonctions. Mais quel fils serais-je si je vous laissais seule aujourd’hui ? Après avoir eu tant besoin de vous, il est juste que je tente de vous rendre ce que vingt ans de votre vie on cherché à m’offrir. Je passerai vous voir en vos appartements. Vous avez ma parole.

Il aurait voulu la serrer dans ses bras, mais il était Roi. Il dut se contenter d’un baisemain auquel il mit plus de tendresse qu’à l’accoutumée.

Lorsqu’il se releva, une étoile bien plus brillante que les autres accrocha son regard. Mais ce n’était point dans le ciel qu’elle se trouvait, mais un peu à l’écart de la masse grouillante pendue à ses basques.

Vêtue de haillons, souillée et crasseuse, elle eut été toujours sublime. Que dire alors de l’émoi du Roi devant cette apparition d’or et de pierreries ?

Doter la déesse d’un nom ne fut point difficile. Il est des femmes qu’un regard immortalise : pour la deuxième fois, Athénaïs de Montespan venait de bouleverser les sens du Roi.

Le regard de Sa Majesté n’avait duré qu’une demie seconde. Déjà, il s’était relevé, affectant d’admirer une vasque nouvellement moulée.

La Marquise avait-elle remarqué son fugitif regard ? Certainement… N’avait-il pas surpris le sien ? N’avait-il pas vu dans ses yeux qu’elle savait ? Que tout l’échange tacite entre la mère et le fils avait été sondé par son œil délicieusement bleu ? Pire ! Qu’elle avait surpris la faiblesse de son âme…

Cela, il ne le tolérait pas. Il avait supporté toutes les insultes indirectes : Condé déshonoré, Colbert atteint de folie des grandeurs, le Prince Farnese et ses prétentions, Héloïse cocue, son frère ordurier… Mais être ainsi surpris dans un tel état de faiblesse, jamais !

C’est ainsi qu’Elle eut lieu.

Personne ne vit rien. Les témoins de l’instant racontèrent à leur retour au château que le Roi avait tout au plus fait une halte assez longue devant la nouvelle vasque. Rien d’anormal à cela. Il est vrai qu’ils furent bien plus obnubilés par ce qui allait survenir…

Louis détourna son regard de la vasque et balaya la foule du regard. La Montespan n’eut droit à aucun égard particulier. Mais déjà, elle s’éloignait. Si elle voulait tutoyer le Soleil, elle allait devoir s’armer de patience. L’on ne mérite jamais assez la Majesté faite homme.

Jadis, il avait couvert de son écriture enfantine de nombreuses pages d’un petit carnet d’une royale maxime : « Les Rois font tout ce qu’ils veulent ».

Il allait montrer à la Cour et au monde tout entier à quel point il allait désormais se conformer sans réserve à cet antique adage.

Commencer… par surprendre. Etre là où ne l’attendra pas.

Son regard, en se détournant de la vasque, finit par accrocher une jeune demoiselle fort bien faite de sa personne, et dont les appas auraient fait tourner la tête à plus d’un homme. Son visage ne lui était pas inconnu.

Marie-Elisabeth de Castelmoriac, Duchesse de Florensac.

A dix-huit ans à peine, cette jeune et frêle créature avait déjà par deux fois connu les joies - et les affres- de l’enfantement. Son mari, un séduisant –et volage- intriguant, faisait partie du cercle fort fermé des favoris de Monsieur, ce qui ne laissait aucune équivoque quant à ses attirances…

La foule s’attend à la faveur de la Montespan ? Qu’elle attende !

Et derechef, Louis se dirigea vers la jeune demoiselle.

Vous me semblez très en beauté aujourd’hui, Madame. Nos jardins comptent bien des roses, mais peu se targuent de vos appâts.

A n’en pas douter, la Cour allait se parer d’un émoi incomparable !

Si seulement il avait su à quel point…

L’Astre lumineux étincelait de tous ses feux à la nomination d’une nouvelle Reine des Roses. Le Phénix venait de renaître de ses cendres, plus grand et plus superbe que jamais.

Trop peut être…

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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mar Aoû 29 2006, 07:28

Au moment même où, telle une bergère, elle rassemblait ses brebis, stupides leurs bras encore encombrés de fleurs, le Soleil lui adressa un deuxième, comme elle se rappelait le premier...., regard !
Elle ne s'y attendait plus, le voyant si ému, fils dévoué à sa Mère faible et malade ... elle soutint le regard de ses yeux noirs, rieurs, là, elle n'eut pas du, et brillants... elle compris, tardivement que le rire n'était pas le désir du moment, pourquoi ?
Elle n'en savait rien, pourtant comme elle avait aimé découvrir un Soleil touchant, fils avant que d'être Roi. Son désir en avait été changé, elle avait envie de le réconforter ... Ah, oui, c'est cela qui n'était pas passé, ou qui était trop passé dans ce regard ... tant pis, elle assumait !
Sa fierté de Rouchechouart pris le dessus, elle brisa le lien et tourna le dos ... elle s'adressa à ses oies.


- Alors a-t-on assez de fleurs pour les appartements de Madame notre Maîtresse ? Rentrons maintenant, il ne me plait plus de me promener dans ces jardins trop fréquentés ...

Néanmoins, un regard de sa dame de compagnie, la poussa à se retourner, Louis le quatorzième venait de saluer une jeune femme, elle eut du mal à réprimer un sentiment de dépit... cela frôlait l'humiliation publique. Accorder en sa présence sa faveur à une autre était son droit, Divin comme il le souhaitait, mais, pour elle, c'était blessant... la Cour ne manquerait pas de commenter avidement ce soufflet... elle se repris, en bête de Cour qu'elle savait être... pris une rose dans les bras de la servante, la respira avidement, et la plaça dans ses cheveux comme l'aurait fait une paysanne, ou une noble de province qu'elle eut pu être si le sort et son envie ne l'avait pas placée ici ...
Elle repris son regard rieur, par défi, pour la bravade, pour les autres, pour l'honneur... et le lança à un courtisan, jeune, beau qui se trouvait trop près d'elle ... elle l'avait déjà aperçu, un petit baron, Jean de Liancourt, désargenté, charmant, cherchant protection, elle avait en ce moment donné l'âme protectrice... Si Louis ne savait en profiter ...
Elle lança au jeune baron un regard d'encouragement, qu'il attendait, fébrile face à celle qui aurait pu être ... et qui était une fille de Duc, riche, fort belle et que l'on disait si bien en cour... intentionnellement, elle laissa la rose échaper à ses boucles auburns... son regard disait, ramasse la, elle est à toi ! Il ne s'en priva pas... le contraire l'eut étonnée.

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mar Aoû 29 2006, 16:55

Après une promesse de visite et un autre baise main, Louis laissa sa mère qui décida de rentrer. Elle était en forme aujourd'hui, certes, mais pas assez pour se balader des heures durant. Au passage, elle remarqua le manège de son fils et la Montespan qui tentait par d'autre moyen d'attirer son attention. Tous les Rois, d'aussi loin qu'elle puisse se souvenir, avaient eu des aventures, mais elle acceptait mal celles de son propre fils. Bien sûr, ces petites escapades n'avaient rien de bien terrible comparé aux mésaventures de Phillipe. Ah, Phillipe....

Ils ne s'étaient pas vu depuis longtemps elle et lui. Décidémment, ses fils lui manquaient. Louis était très occupé et malgré sa promesse elle savait qu'il aurait du mal à se libérer pour une visite à sa pauvre mère. Qu'était-il devenu, le temps ou elle était jeune et fière, plutôt que courbée et malade? Le temps ou ses fils et elle partagaient des moments de joies...Anne prit une décision. Elle en était peut-être à la fin de sa vie, elle était peut-être sur le point de ne plus pouvoir se lever de son lit, mais pendant les jours et les semaines qui lui restait, elle tenterait par tous les moyens de se rapprocher des ses enfants.

En direction du palais, elle croisa le chemin de la damoiselle de Montespan et eu pour elle un signe de tête respectueux. Elle avait, l'espace d'un instant, attiré l'attention de Louis, mais bien vite il s'en était désinteressé. C'était une stratégie de Roi, que de jeter son dévolu sur l'une pour en cacher une autre. Après tout, sous les regards indiscrets de la cour, Louis avait surement besoin d'intimité lui aussi parfois. Mais Anne n'excusait pas le comportement de son fils. Seulement, il en était ce qu'il en était, c'était ça la cour...

Anne s'arrêta devant Montespan et la gratifia d'un sourire, devenus si rares pour La Reine depuis un bon moment.

-Chère Athénais, comment se porte vos parents? Et puisque vous êtes proche de ma belle-fille, comment va-t-elle? Je n'ai malheureusement guère la force de m'enquérir de tout le monde personnellement maintenant.

Anne toussa légèrement dans son mouchoir. Une demoiselle d'honneur vint pour l'aider, mais La Reine leva la main pour l'empêcher de faire un pas de plus. Attendant la réponse d'Athénais, Anne se reprit et s'appuya un peu plus sur sa canne.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mer Aoû 30 2006, 08:25

Anne d'Autriche a écrit:
Anne s'arrêta devant Montespan et la gratifia d'un sourire, devenus si rares pour La Reine depuis un bon moment.

-Chère Athénais, comment se porte vos parents? Et puisque vous êtes proche de ma belle-fille, comment va-t-elle? Je n'ai malheureusement guère la force de m'enquérir de tout le monde personnellement maintenant.

Anne toussa légèrement dans son mouchoir. Une demoiselle d'honneur vint pour l'aider, mais La Reine leva la main pour l'empêcher de faire un pas de plus. Attendant la réponse d'Athénais, Anne se reprit et s'appuya un peu plus sur sa canne.

Athénaïs reçu avec joie un sourire de la Reine, elle savait quels efforts cette dernière devait faire pour ne pas montrer la douleur qui la rongeait... elle lui adressa une de ses plus respectueuse réverence... sincère.
Elle respectait celle qui avait su diriger le Royaume dans une période si difficile que le fut sa Régence... de plus elle respectait cette femme qui se mourait, mais encore et encore savait montrer qu'elle existe....
D'un regard, d'un regard d'une extrème froideur elle congèdia le beau Liancourt, à peine sollicité aussitôt renvoyé... et se tourna vers la Reine Mère.


- Madame, mes plus profonds respects... mes chers parents se portent au mieux et seront fier se savoir que vous avez pris soins de me demander des renseignements sur leur santé... ils vivent désormais au calme dans leur château de Charente, région apaisée par feu le Cardinal et surtout feu votre époux... Quand à Madame, vous savez certainement qu'elle continue à souffrir... comment dire ... des provocations de Monsieur. Mais se santé est fort bonne et elle continue à entretenir sa cour privée dont j'ai l'honneur de faire partie... cour de Dames et assez futile, mais comme nous aimons parfois à l'être, parlant musique, poésie et quelquefois chiffons.

elle eut un mouvement de soutien, arrêté net par le geste de la Reine quand celle ci eut une petite faiblesse...et repris la converastion comme si rien ne s'était passé.. rien ne s'était passé puisque le Reine le souhaite.

- Madame serait sûrement enchantée de vous rendre visite, elle prend souvent des nouvelles de votre santé et aimerait certainement évoquer avec vous des problèmes ... que je qualifierais de familiaux et qui ne supporte pas d'oreilles indiscrètes...

elle dit cela en regardant autour d'elle les courtisans, étonnés de la présence Royale hors de sa chambre... étonnés aussi certainement de voir cette dernière s'adresser à celle quie certains voyaient sûrement trop vite dans le lit de son fils.

puis, changea de conversation, elle se tourna vers ses dames de compagnie, pour autant que l'on puisse adresser ce qualificatif à la petite bretonne et sa servante...


- Mesdames, nous avons cueillies tant et tant de fleurs qu'il ne serait raisonnable de rammener tout ceci chez Madame... je vous prie donc de bien vouloir en céder quelques unes aux suivantes de son Altesse Royale... rien de tel pour égayer une chambre que des fleurs de Fontainebleau.

elle se montrait à la Reine telle qu'elle était, une jolie femme, belle, pleine de vie, gaie, sachant que cette dernière ne pouvait s'en offusquer ... et sachant que c'est ce qu'avait été la Reine. Pendant toute le conversation, le regard d'Athénaïs n'avait pas quitté celui de la Reine. Elle n'avait pas eu un regard pour le jeu de Louis... Non pas par machiavélisme, ou pour "mettre la Reine dans son jeu", mais simplement parce que cette femme, qui avait eut tous les pouvoirs, avait courageusement traversé des crises terribles la facinait... et elle le lui montrait en une sorte d'hommage.[/u]

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Ven Sep 01 2006, 10:35

Louis se sentait aussi plein d’assurance que s’il venait d’arracher la Lune à son sombre tapis pour en faire son bougeoir personnel : il avait suffi d’un regard de la Montespan pour métamorphoser le navire naufragé en une nef triomphante.

Face à lui, cette délicieuse Duchesse semblait en proie à un trouble profond. Ses doux yeux avaient atteint une fixité de marbre, et ses mains diaphanes s’agitaient nerveusement. A n’en pas douter, c’était là une conséquence bien compréhensible du prodigieux émoi qu’il venait de faire naître en elle !

Comment ne pas se sentir fébrile, alors que toute la Cour vous regarde soudainement ? Hier, obscure épouse d’un époux volage, aujourd’hui, distinguée par Son Altesse Royale ! Voici là motif au plus divin des troubles !

Un regard vers la foule lui confirma l’intérêt qu’elle portait à cette ahurissante nouvelle. Médusée, unie en un seul regard, elle dardait la Florensac des mille poignards de la convoitise.

Tiens ? La Montespan se trouvait toujours dans les parages ? Fort bien. Se voir infliger un tel spectacle devait la faire mortellement souffrir.

Etrangement, Louis trouva cette idée séduisante.

D’ailleurs, à cet instant, aucune idée n’aurait pu lui paraître ridicule. Il se sentait de taille à croire réellement à son supposé pouvoir thaumaturgique, à mener une armée ralliée à son panache blanc de triomphant Conquérant, à voler dans les airs tel un faucon sauvage, à renverser les Cieux d’un plissement de sourcil, la Florensac vient de tomber dans les pommes, à toiser sans faillir le Soleil son modèle jusqu’à ce que l’Astre s’incline enfin devant sa toute puissance, à….

QUOI ?

Perdue entre Cieux et Soleil, une image désagréable s’était sournoisement insérée.

Brusquement, Louis sentit ses pouvoirs inopérants, alors que son cheval en se cabrant le projetait violemment à terre. Tel Icare, il vit ses ailes fondre face au Soleil qui, n’obéissant plus à sa toute puissance, le rôtissait tel un vulgaire poulet en broche.

La raison à tout cela ? Oh, rien de tragique ! La situation venait juste de virer au catastrophique ! Marie-Elisabeth de Castelmoriac, Duchesse de Florensac, venait tout simplement de se pâmer sous ses yeux ébahis !

L’insulte suprême ! L’on ne se pâme pas impunément en présence de Sa Majesté ! Eh quoi ! Elle venait d’avoir l’honneur absolu, et voilà qu’elle se permettait de s’accoupler avec Morphée, et cela sous son royal regard !

Un tel comportement était proprement intolérable. Le châtiment serait exemplaire, à la hauteur du crime de lèse-Majesté qu’elle venait de commettre ! Foi de Louis, cette petite dinde finirait ses misérables jours retirée chez des Ursulines auvergnates !

Ainsi devisait le plus grand Roi d’Europe.

Mai soudain, alors qu’il allait abandonner l’impudente à son inconscience, un subtil détail vint glacer la royale ire.

Les écrins de chair abritant les deux saphirs de la demoiselle demeuraient désespérément béants, laissant ses deux globes humides offerts à la vue de tous, figés dans une expression de terreur indicible.

Certes il était Roi, mais de là à se pâmer d’effroi face à lui…

Cependant il y avait pire…

La poitrine corsetée s’était figée dans une ultime aspiration. Nul organe ne venait plus l’agiter du permanent sursaut de vie. Rien ne la distinguait plus d’une statue de marbre, hormis la profusion vestimentaire inhérente à son rang.

Louis sentit de grosses gouttes de terreur naître dans le creux de son dos. La Duchesse de Florensac ne venait point de se pâmer sous l’effet de quelque émotion, ou sous l’action trop douloureuse d’un oppressant corset…

Non … elle venait de rendre son âme à Dieu.

Un regard vers la foule lui suffit à comprendre qu’elle venait d’aboutir aux mêmes conclusions. Déjà, quelques soupirs plaintifs venaient témoigner d’une soudaine épidémie de pâmoisons.

Figés à trois pas derrière Sa Majesté, deux membres de sa Garde Personnelle, fixaient avec stupeur le corps exsangue de la Duchesse.

Lorsqu’il se retourna vers eux, le Roi avait déjà repris le pas sur l’homme.

Et bien crétins, qu’attendez-vous ? Allez me chercher d’Artagnan ! Immédiatement !

Pris de panique devant une situation aussi inhabituelles, les deux hommes s’empressèrent de quitter ces jardins au-dessus desquels semblait désormais flotter le spectre de la Mort…

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Ven Sep 01 2006, 12:00

toute à sa conversation avec la Reine Mère, Athénaïs en fut sortie par une espèce de tumulte... elle voyait la peite duchesse, aimable victime de la Faveur Royale évanouie au pied du Soleil... encore une petite dinde émotive qui en fait trop pensa la Marquise. Un sourire cruel déforma ses lèvres sensuelles... ridicule, ils sont ridicules ... voilà bien le résultat du soleil dardant ses rayons sur une motte de beurre, elle failli pouffer et l'aurait fait si elle n'aviat craint de blesser la Reine.

"Le Louis" sembla dépité, un court instant, il faut le lui accorder, mais ce court instant elle le voit, là, maintenant, comme un instant de gloire... le dépit royal se transforma en colère divine, la pauvre petite oie blanche ne reviendrait pas de si tôt à la cour... elle derait surement plus à sa place chez les clarissses. Uhm, quelle déconfiture royale !

Quand la panique sembla succèder à la colère, Athénaïs douta... elle ne comprenait plus et cela la déconcerta... elle tourna son regard vers la Reine.

- Il semble Madame, qu'il y ait problème autour de son Altesse votre Fils... je vais voir ce qu'il s'y passe et serait honorée que vos m'y accompagniez...

Elle offre son bras, doux et velouté, à la Reine mère, arriver en sa compagnie légitime l'audace de s'approcher sans autorisation du Prince...
Il semble... mon die, le Roi fait appeler le capitaine de ses mousquetaires, les courtisans semblent sidérés... à la vue de la Reine, ils se doivent de s'écarter... la petite oie est blanche, soit, mais trop blanche... c'est ... la Marquise est peu émotive, mais c'est beaucoup même pour elle... sa main, délicatement gantée vient tout de même masquer sa bouche ouverte par la stupeur ! L'oie blanche a vraiment l'air ... morte.
Elle cherche de ses beaux yeux les yeux de la Reine... ses trop beaux yeux pour ce moment tragique vont, sidérés, choqués, de ce qu'il faut appeler désormais le corps de la petite à la vieille dame ...

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Ven Sep 01 2006, 16:14

[Hj : impressionnante Zaby en Roy soleil. sunny Attends je mets mes lunettes Cool pour pas être trop ébloui Wink]

Les chevaucheurs eurent de la chance.
En cheminant vers la caserne du château, ils apperçurent la monture habituelle de D'Artagnan (qui n'était pas jaune) arrêtée non loin de la route qui menait au pigeonnier royal.

Ils stoppèrent et mirent pied à terre. Ils croisèrent un homme à qui ils demandèrent s'il avait vu D'Artagnan. Il leur désigna du bras une batisse, avec un fin sourire aux lèvres.

Le capitaine des mousquetaires se trouvait effectivement dans le pigeonnier mais qu'y faisait-il ?
Roucoulait-il en compagnie d'une jolie servante ?
Certainement pas : jamais aux heures de services, ou rarement et jamais au milieu de la fiente.
Avait-il été saisi d'une brusque envie d'un volatile assaisonné aux petits pois ?
Surement pas ! D'Artagnan avait horreur des petits pois, ces petites boules vertes sont bonnes pour le Roi, pas pour son capitaine.

Non, rien de cela. En réalité ce brave d'Artagnan se livrait à une étrange activité pour un homme de son rang et surtout ayant sa charge : Le capitaine des mousquetaires du Roi était en train... de compter les pigeons...

Voilà une vraie distraction digne d'un vrai soldat désoeuvré. En fait s'il se trouvait là à une occupation aussi... étrange, c'est tout simplement que le serviteur commis à la garde des pigeons royaux de fontainebleau, qui s'avèrait être le quidam au fin sourire, était Gascon tout comme lui.
Et bien entendu lorsque deux Gascons se rencontrent, il se livrent entre eux au sport favori des Gascons : la gasconade.
Les vantardises et les noms, d'oiseaux bien sûr, avaient fusé de part et d'autre, jusqu'à arriver à un point où le commis aux pigeons royaux, qui s'appelait Léon, avait prétendu qu'il y avait dans cette volière plus de 1000 pigeons sous sa reponsabilité.
A ce moment là, après une crise d'hilarité un peu forcé, D'Artagnan n'y croyant bien évidemment pas, eut la réaction d'un Gascon qui a peu trop fréquenté la capitale : il voulut mettre la gasconade de Léon à l'épreuve des faits.

Il s'était donc lancé, avec le visage cramoisi d'un Cartésien laborieux qui veut en avoir le coeur net, au décompte des volatiles, faisant bien entendu fi des désagréments que celà comportait : vêtements souillés, odeur insoutenable, plumes volant en tout sens et se collant à la livrée.

Il en fallait plus pour arrêter un tel homme, et pourtant ce plus arriva : un ordre royal qui le mandait séance tenante dans les jardins sur le chemin de la promenade du Roy où un "incident" s'était produit.

Dans le langage de la cour, un "incident" cela voulait dire "grave mais pas trop quand même".


[Hj : autrement dit "la famille royale n'a rien mais faut y aller" Mr. Green ]

En gromelant D'Artagnan reprit son chapeau, il avait enlevé son chapeau [Hj : histoire que ça colle bien aux cheveux Razz ], et suivit les 2 serviteurs en se frottant un peu partout avec ses gants pour enlever le goudron malodorant et les plumes.
Cette tenue débraillée était indigne pour se présenter devant le Roi, mais bon... On peut gronder un chien fidèle d'avoir été fourrer son nez dans l'ordure, mais on ne le chassera pas pour s'être comporté selon sa nature.
L'avantage de coucher au pied d'un maître, c'est qu'il ne peut pas vous faire descendre plus bas que le sol, si ce n'est dans la tombe.

Et puis fort heureusement les biens nommés pigeons royaux avaient, eux, le sens de l'état et s'ils s'étaient déchainés en déversant leurs excréments amoniaqués sur son beau costume doré et sa belle chevelure, ils avaient épargné les insignes de la royauté de France : l'honneur du Roy était sauf...

Il fallut moins de cinq minute à D'Artagnan pour arriver sur les lieux car le pigeonnier n'était pas très loin du chemin où la cour s'était arrêtée.


[Hj : ça donne peu de temps pour tout nettoyer Mr. Green ]

#Tagadac Tagadac Tagadac#

#Hiiiiii# <---- [Hj : ça c'est le cheval qui hennit quand on tire sur les rênes]

Arrivant tel le tonnerre, il tira sur les rênes et d'un bond encore gracieux pour son âge, il mit pied à terre, laissant échapper quelques plumes au passage.

Il regarda de tous côtés, cherchant le Roi et vit sur tous les visages les plus beaux tel celui d'Athénaïs comme les plus ravagés par les épreuves
[HJ : dsl g pas trouvé mieux Mr. Green ] tel celui de la reine mère, des expressions angoissées qu'on ne voit qu'en présence de la mort.

Le Roi était là et le regardait, il allait mettre genou à terre [Hj : là faut m'aider question protocole je ne sais pas si ça se faisait encore la genuflexion], lorsqu'il aperçut le corps sans vie de la jeune Duchesse de Florenssac. Il s'arrêta dans son élan.
Il ouvrit bêtement la bouche pendant trois demi secondes
[Hj : faites le calcul Mr.Red ] mais retint son fameux "mordioux" qu'il ne prononçait jamais en présence Roi, mais qu'il pensa très fort.
Puis il continua le mouvement amorcé trois demi secondes plus tôt, comme un bon sujet qui sent le pigeon.
Il dit simplement, selon la formule habituelle d'un serviteur qui attend qu'on lui donne ses instructions :


D'Artagnan : "Sire, le capitaine des Mousquetaires est à vos ordres."

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Ven Sep 01 2006, 18:44

[raté ! Celui qui se cache derrière le soleil en son jardin n'est autre que le prince des enfers, alias l'"usurpateur" whistle enfin, je te laisse régler tes comptes avec lui demon ]

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Ven Sep 01 2006, 21:14

[Hj : en effet il m'a bien eu sur ce coup là, je dois reconnaître que son surnom n'est pas usurpé (lui Mr. Green ), c'est parfaitement diabolique

ange-demon

Alors comme ça le Roy est à la fois incarné par un homme et une femme...
Très interessant... Mais prenez garde quand même, n'oubliez pas ce proverbe (qui n'est pas tontonien celui là mais D'Artagnien Razz ) :

"Qui est partout n'est nulle part et qui est tout n'est rien." Twisted Evil

]

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Dim Sep 03 2006, 01:37

(HJ trève de bavardages jeunes hommes! Et c'est la Reine Mère qui parle! hihi!)

Anne accompagna donc Athénais jusqu'au centre de toute cette agitation soudaine. Non pas sans difficulté, le pas lent comme jamais, elles y parvinrent alors que les couinements de détresse de toutes ces jouvencelles offensées se faisaient plus forts. Athénais lacha un soupir d'effroi qu'elle réprima, plaquant sa main sur ses jolies lèvres roses. La jeune dame chercha le regard d'Anne, mais la Reine Mère avait le sien fixé sur le corps de la demoiselle, écroulée sous les yeux de son fils. Elle sortit enfin un mouchoir brodé de ses jupes pour le porter à sa bouche.

Louis fit mander le capitaine de sa garde, ce cher d'Artagnan qu'Anne connaissait par Mazarin depuis assez longtemps. Ce dernier ne se fit pas attendre bien longtemps, aussi, Anne chuchota à Athénais:

- Allons ma chère, retirons nous, ce spectacle n'en est pas un pour nous. Vous aurez tout le loisir de croiser mon fils, Le Roi, en d'autre occasions...

Athénais y alla d'un regard presque indignée mais Anne en avait vu d'autre...

-Allons, Croyez-vous que je sois duppe à ce point? Je suis peut-être vieille et en ruine, mais je sais encore reconnaitre ce genre de regard ma chère!

La vieille femme éclata d'un rire enjoué mais discret, ce qui eut pour effet de rendre jalouses les dames de compagnie de La Reine qui n'avait au grand jamais réussi à la faire rire et ce depuis des années maintenant.

-Faite moi plaisir, Athénais, accompagnez-moi dans mes appartements, nous pourrons discuter de tout ceci...

(HJ: D'Artagnan...reconnaitrais-je la plume d'un bon ami? rolling eyes Ou peut-être pas...)
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Lun Sep 04 2006, 08:07

Anne d'Autriche a écrit:
(HJ trève de bavardages jeunes hommes! Et c'est la Reine Mère qui parle! hihi!)

- Allons ma chère, retirons nous, ce spectacle n'en est pas un pour nous. Vous aurez tout le loisir de croiser mon fils, Le Roi, en d'autre occasions...

Athénais y alla d'un regard presque indignée mais Anne en avait vu d'autre...

-Allons, Croyez-vous que je sois duppe à ce point? Je suis peut-être vieille et en ruine, mais je sais encore reconnaitre ce genre de regard ma chère!

La vieille femme éclata d'un rire enjoué mais discret, ce qui eut pour effet de rendre jalouses les dames de compagnie de La Reine qui n'avait au grand jamais réussi à la faire rire et ce depuis des années maintenant.

-Faite moi plaisir, Athénais, accompagnez-moi dans mes appartements, nous pourrons discuter de tout ceci...


Athénaïs s'indigna, certes, de la proposition de la Reine, mais à y réfléchir, la trouva effectivement bien vue... elle était fière d'afficher une certaine complicité avec celle qu'elle admirait. Le rire de la Reine, qui lui était adressé, la posait en intime ... statut intéressant s'il en est. Les petites jalousies des dames de la Reine piccotaient son égo. Elle regarda la Reine ... lui chuchota :

-Je crois Madame que vous avez raison et n'aurais pas eu l'outrecuidance de croire que vous puissiez être dupe des regards que j'ose échanger avec votre royal fils... -elle lui souriait, et eut un très léger rire en réponse à celui de sa compagne- je pense que de dames de notre qualité n'ont effectivement plus rien à faire dans une affaire qui concerne maintenant monsieur d'Artagnan, mieux à sa place que nous ici...
Je vous remercie de m'honorer en me permettant de vous accompagner, j'avoue que votre compagnie à moi aussi me convient...

Elle donna à la Reine un petit coup léger de bras, lui ouvrant le chemin entre les courtisans qui ne pouvaient que s'écarter devant la Mère du Roy, accompagnée d'une dame sûre d'elle, sûre de son pouvoir et de sa beauté... Athénaïs ne voyait pas en cette foule servile qui aurait eut l'audace de couper la route à un tel couple, étrangement peu assortis en étaient les deux membres... mais ils partageaient au moins une incroyable assurance... accordant son pas à celui plus lent de la Reine, Athénaïs n'accordat à quiconque, outre son Altesse Royale la Reine, aucun regard ... et amenait cette dernière vers ses appartement, d'un pas que l'on aurait pu qualifier, s'il y en eut, de sénateur.
En route, elle avait, malgré la superbe affichée, un petit air perplexe...

- Madame, je suis malgré tout assez intriguée par ce qui semble être la mort subite de cette petite oie blanche de cour... vous avouerez que mourir ainsi n'est pas commun au Château... je veux bien que la faveur royale foudroye mais cela me semble un peu brusque tout de même ...

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mar Sep 05 2006, 15:15

Anne trouvait étrange aussi que la jeune femme soit tombée raide morte, sans aucun cri, ni aucune plainte de souffrance. La demoiselle était en parfaite santé peu de temps avant...Il allait falloir parler à D'Artagnan, qu'il mène une enquête serrée, surtout autour de Louis. Car si la petite dinde était tombée aussi près de Louis, c'etait peut-être qu'en fait, la mort aurait du le frapper lui. Un poison? hmmm...cela était possible. Anne décida qu'elle ferait demander D'Artagnan un peu plus tard, pour l'instant, elle se dirigeait vers ses appartements, avec Athénais à ses côtés.

- Ne vous posez pas toutes ses questions ma chère, de toute façon, je veillerai personnellement à ce que la vérité soit dévoilée. Il serait imprudent de spéculer sur les causes de ce décès soudain. Allons, entrons.

Anne continua de marcher, la tête haute comme à son habitude. Ses jambes la faisait souffrir, comme bien d'autre parties de son corps meurtri. Il lui tardait de se laisser tomber dans un fauteuil confortable et d'étendre ses jambes. Et puis les deux femmes auraient beaucoup de choses à se dire.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mar Sep 05 2006, 17:21

fièrement, Athénaïs escortait Anne d'Autriche, malgré une vive inquiètude qui la torturait... comment cette petite oie blanche avait pu défuncter aussi brutalement... l'émotion a bon dos... et si on l'avait assassinée !
qulle horreur, si on se mettait à tuer les presques maîtresses royales... à moins que ce soit à Louis lui même que le coup fut ... elle était pensive, doux euphémisme, si du dehors elle projetait une dignité de Dame de la Reine... en dedans son esprit n'était pas si en paix !

- Nous aurons surement en Monsieur le Capitaine des Mousquetaires un enquêteur zélé, il est tout dévoué au Roy... mais, vraiment, si on se met à tuer celles sur qui le Roy pose les yeux, vous avouerez Madame, que je puisse être un petit peu inquiète, non ?

elle lui lança un regard rieur, plein de vie, quasi complice ... elle était malgré la gravité du moment au bord du rire... Athénaïs était gaie et se sentait si vivante que cela la touchait, certes, mais ne l'ateignait pas si profondemment qu'il eut du.
(hj je m'enferre dans des conjugaisons pas possibles moi, va falloir me calmer ).

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mer Sep 06 2006, 01:25

Anne vit en Athénais une parfaite dame de la cour. Émotive, mais juste ce qu'il faut, arrogante, mais pas trop, pleine de faux semblants, mais aussi d'une joie de vivre contagieuse, et cela, la Reine Mère l'appréciait. Elle qui ne riait plus depuis des lustres se trouvait dans les jardins, au bras de la demoiselle, à rire aux éclats alors qu'une jeune femme était morte quelques minutes auparavant.

-Athénais, je dois vous proposer quelque chose. Puisque je ne trouve réconfort dans aucune des petites sottes qui me servent de dames de compagnie, j'aimerais que vous teniez le poste. En quelques minutes à peine, vous m'avez fait revivre mes jeunes années. Ceci incluerait plusieurs petite choses, dont me divertir et bien entendu, quand mon fils me rendra visite ou que je le visiterai moi-même, vous serez avec moi.

Anne savait que sa dernière remarque ne laisserait pas la jeune femme indifférente. Bien que Louis ne s'en soit jamais enquit, si Athénais avait la faveur de sa mère, le jeune homme ne pourrait négliger la possibilité de la prendre elle plutôt qu'une autre, surtout qu'Anne faisait bien des caprices à son fils concernant ses aventure. S'il en prenait une qui avait sa faveur, il n'aurait plus droit à ses remontrances. Et tout le monde serait content. Mais restait-il encore que Louis vienne plus souvent voir sa pauvre mère malade...Quoi qu'il en soit, Anne espèrait que son discours avait eu son poid dans la volonté de la dame. Il était vrai qu'elle était bien seule et que rire lui faisait du bien...

-Vous bénéficierai d'avantage, cela va de soit, je suis assez généreuse avec les gens que j'apprécie...En fait, vous seriez plutôt comme une amie en visite...
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Aujourd'hui à 01:51

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