1663 : Face aux Feux du Soleil

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 De la difficulté de se prendre pour un Phénix...

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Athénaïs de Montespan
Dramaturge


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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mer Sep 06 2006, 07:35

Anne d'Autriche a écrit:
.

-Athénais, je dois vous proposer quelque chose. Puisque je ne trouve réconfort dans aucune des petites sottes qui me servent de dames de compagnie, j'aimerais que vous teniez le poste. En quelques minutes à peine, vous m'avez fait revivre mes jeunes années. Ceci incluerait plusieurs petite choses, dont me divertir et bien entendu, quand mon fils me rendra visite ou que je le visiterai moi-même, vous serez avec moi.

-Vous bénéficierai d'avantage, cela va de soit, je suis assez généreuse avec les gens que j'apprécie...En fait, vous seriez plutôt comme une amie en visite...

Athénaïs fut étonnée... charmée elle l'était déjà, elle avait toujours considérée la Reine comme une grande Dame, de pouvoir, de caractère mais un peu sinistre, cette proximité de la mort rebuttait la jeune femme épanouïe et pleine de vie qu'elle était au fond ... de plus, elle était première Dame de Madame, situation enviée, Madame était elle aussi bien en cour, admirée et souvent crainte de tous... mais, Madame lui montrait peu de faveur, elle avait sa cour, de donzelles jeunes, si jeunes et souvent insipides ... la faveur de la Reine mère était plus personnelle au Roy... comment dire, plus intime, elle avait vu la réaction de Louis face à sa mère, ce côté touchant, utérin, cette faiblesse réelle ... elle savait que la protection de la Reine, non dupe de son but à elle, la servirait, vraiment ...

- Madame, cette proposition m'honore, vous n'ignorez cependant pas que je suis Première Dame de Madame, poste important ... mais ne doute pas que personne ici n'ai quoi que ce soit à vous refuser... j'avoue que votre compagnie me ... touche ... et que ce serait pour moi un plaisir que de vous servir du mieux que je puis ... je sais que vous savez que le Roy ne m'est pas indifférent, vous savez aussi que je suis femme mariée, mal mariée à un gentil marquis, charmant, mais peu influent et un peu désargenté... et que mon caractère gai est encouragé, voir même dépend, de par les moyens que je possède et la position que j'occupe... tout cela peut sembler circonvolutions inutiles mais c'ets pour moi une sorte de contrat moral... je préfère que tout soit clair entre nous avant d'accepter de vous ... servir !
Être votre "amie en visite" serait un réel plaisir ... partagé à mon avis ... je pense que je suis maintenant votre Dame, votre Altesse, puissions nous y trouver toutes les deux plaisir !

Elle passait dans les allées avec un sourire .. de fierté non contenue... une Athénaïs ne se contenait pas ! Rayonnante de charme elle souriait à la Reine, qu'elle voyait maintenant comme une amie ... intelligente et n'ayant rien à perdre...

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Sam Sep 30 2006, 23:05

Anne sourit. Cette demoiselle savait ce qu'elle voulait et c'était bien tant mieux. Elle pensa qu'il allait falloir avertir Madame sa belle-fille que désormais Athénais avait la faveur de la Reine Mère et que cela lui faisait gravir un échelon. Plus question pour Athénais de servir de petite dame de cour à Madame, elle avait beaucoup plus de potentiel que ça.

-Si vous venez me visiter régulièrement et que vous tenez bien votre rôle, je vous verserez personnellement une allocation...Je sais qu'il peut être bien pénible de remplir les derniers jours d'une vieille femme. Ainsi, vous réussirez à combler de vous même le vide que votre époux semble laisser dans votre bourse. Maintenant, raccompagnez moi à ma chambre je vous prie, je fatigue.

Anne releva la tête et commença à marcher péniblement vers le palais.
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Helena D
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Dim Oct 22 2006, 13:17

Helena se balladait dans les superbes jardins de fontainebleau lorsqu'elle croisa le chemin de plusieurs personnes de trés haute importance, La reine mère, Mme de Montespan, entre autres.

Helena fît alors une gracieuse révérence puis se relevant planta son superbe regard dans celui de la reine mère qu'elle examina.
C'était encore une trés belle femme. ce devait certainnement être une femme de poigne qu'il ne vaut mieux pas avoir comme ennemie.

Puis le regard d'helena alla alors sur Mme de Montespan. Une femme superbe. Aussi ambitieuse qu'elle.

Si Helena voulais se faire une place parmis les grands elle devrait se battre avec plus de détemination encore!

Elle sourit aux deux femmes et brava l'étiquette en se présentant elle-même:


Bien le bonjour Madame La Reine-Mère et Madame de Montespan. Je suis Helena D'Autwirtz. Je suis prussienne et fraîchement débarquée a la cour. Belle journée pour se promenner n'est-ce pas?

dit-elle d'un ton badin.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Lun Oct 23 2006, 07:54

Toute à sa joie de raccompagner la Reine, et, il faut le dire, perturbée par la mort de l'éphémère -doux euphémisme- favorite, Athénaïs fut un peu surprise par une apparition, une jeune femme, étrangère, belle, soit, mais avec un je ne sais quoi de vénéneux...
Athénaïs tenait toujours le bras de la Reine Mère, faible ... les efforts de cette sortie avait du la fatiguer, il lui semblait bienseillant de laisser cette dernière soit saluer soit ignorer la Dame de Prusse. Elle se contenta donc d'un bref salut... poli, soit, mais un peu disatnt.
De plus, elle vait au fond un peu envie de rire, parler de promenade agréable alors qu'une petite oie blanche de noble origine venait de subitement défuncter devant le Roi et sa Mère semblait un peu ... désinvolte, non ?
Donc, elle posait sur la belle prussienne un regard mis distant, mis amusé... remarquant, femme elle restait, les riches parures de l'étrangère ... un peu beaucoup, pensa-t-elle... beaucoup trop...

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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Lun Oct 23 2006, 19:23

La Reine était fatiguée, épuisée même, par la promenade en plein air qu'elle venait d'effectuer. Oh certe, cela en valait la peine, elle avait pu voir son cher fils, même si cette rencontre fut brève. Mais il semblait que les jardins lui réservaient encore quelque surprise. Une grande dame, d'une beauté sauvage, s'approcha d'elle et Athénais. Sa façon de se présenter et de barrer sa route irrita grandement Anne qui ne rêvait que de son fauteuil.

-Je ne sais pas si cela est réellement une belle journée puisqu'une jeune femme vient de tomber raide morte juste là-bas, et puis vous m'empêcher de regagner ma chambre demoiselle. Si vous désirez vous entretenir avec moi, veuillez prendre rendez-vous et je verrai si je suis assez en forme...Maintenant laissez-nous passer.

Anne fit un petit signe de tête à Athénais qui comprit tout de suite qu'elle désirait poursuivre sa route. Si la Reine Mère désirait rejoindre ses appartements, elle le ferait, et personne n'allait l'en empêcher.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mar Oct 24 2006, 07:34

Athénaïs manqua de pouffer de rire ... la Reine exprimait ce qu'elle avait eut envie de dire à l'étrange jeune femme ... elle pris le bras de la Reine... mais avant se tourna vers la jeune femme :
- Madame, je suis honorée d'avoir fait votre connaissance, mais vous avouerez que le moment est peu propice à cela, permettez que je raccompagne Son Altesse Royale dont je viens d'accepter d'être la Dame de compagnie... N'hésitez pas à me solliciter si vous souhaitez nous rencontrer dans les appartements de sa majesté.

Elle fit sa révérence de cour, et accompagna, sans même se retourner son Altesse vers ses apprtements...

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Louis XIV
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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Mer Jan 03 2007, 20:18

Il y a des jours où rester coucher s’avère être la meilleure solution aux maux du quotidien.

Louis, stupidement figé devant le cadavre encore tiède de la Florensac, était en train d’en faire la cruelle expérience.

Mais qu’avait-il donc bien pu faire au Ciel pour se voir ainsi infligé cette version hyperbolique des Dix Plaies d’Egypte? Avait-il enfreint un ou plusieurs des Dix Commandements divins ? Non bien sûr ! Enfin… il ne croyait pas l’avoir fait…

Cela pouvait sembler grotesque et totalement inapproprié en de telles circonstances, mais, à cet instant, rien ne sembla plus important aux yeux du Roi que de se réciter le Décalogue -dont l’apprentissage forcené avait assombri tout un été enfantin- afin d’effectuer un contrôle de conformité de son existence au regard de la Loi Divine.

« Tu n’auras point d’autre dieu que Moi, ton Dieu. » Louis était un bon catholique, méprisant profondément les croyances orientales des Infidèles. Jusqu’ici, tout allait bien.

« Tu prononceras mon Nom avec respect. » Euh… Il s’était peut-être quelquefois laissé aller à jurer… mais cela restait très exceptionnel ! En tout cas, il n’avait jamais réellement blasphémé... contrairement à son débauché de frère qui s’empalait jour après jour un peu plus sur les fourches de l’Enfer ! Cette tendre pensée le réjouit un court instant… mais acheva de le miner lorsqu’il dut reconnaître que, malgré le stupre dans lequel se vautrait Philippe, rien ne laissait penser qu’il avait déclenché sur sa misérable personne le courroux divin… Ses seuls sujets d’inquiétude se résumaient à savoir si le rose de Parme seyait davantage aux tentures de son carrosse que le rose de Naples !

« Tu ne fabriqueras aucune image ou statue censée me représenter. » Fort bien. Louis était en totale conformité avec cette interdiction. Les dizaines de statues païennes ornant ses jardins ne rentraient pas dans cette catégorie ! Enfin, il imaginait que c’était le cas…

« Tu me consacreras chaque semaine un jour au cours duquel tu te reposeras de ton travail. » Là il fallait bien admettre que ce n’était pas le cas… Le métier de Roi ignore totalement le concept de « jour chômé » ou celui de « vacances »… Dieu pouvait bien comprendre cela !

« Tu aimeras et honoreras ton père et ta mère. » Eh bien… c’était le cas… non ? Si l’on excepte bien sûr le fait qu’il ne rendait visite à sa mère que dans de grandes occasions… ou lorsqu’on la déclarait mourante…

« Tu ne voleras point. » Entièrement d’accord. Ce n’était tout de même pas le vol lointain d’une tarte aux pommes fort appétissante qui pouvait lui être reproché ! Il n’avait que neuf ans !

« Tu ne feras pas de faux témoignages. » Un Roi ne témoigne jamais. La question se résolvait d’elle-même.

« Tu ne tueras point. » Euh… Louis n’avait jamais tué, voyons ! Quelle idée ! Enfin, en tout cas, pas de sa propre main…

« Tu ne convoiteras pas ce qui appartient à un autre. » Bon… sur cet article là il était tout à fait en règle… si l’on exceptait ses appétits territoriaux et féminins… Oui, il avait convoité Vaux-le-Vicomte… Mais son propriétaire n’était qu’un vulgaire pillard arriviste, qui n’avait eu que ce qu’il méritait ! Oui, la Florensac était mariée… Mais c’était à un époux volage et sodomite ! Louis faisait même acte de charité chrétienne en lui octroyant sa faveur ! Cette conviction avait cependant la stabilité dont jouit un homme aveugle et sourd perché sur un pied sur une colonne large comme une paume de main…

Voilà ! Rien de bien méchant en sommes ! Quoi ? Que dites-vous ? Cela ne fait que neuf Commandements ? Allons donc ! Et qu’aurait selon vous oublié sa Royale Majesté ? Pardon ? « Tu ne prendras pas de femmes en dehors du mariage »? Vous en êtes sûr ? Oui ? Ah…

Louis se sentit blêmir. Les favorites… Etait-ce à cause des ces furoncles poussant un peu partout sur son contrat de mariage que le Ciel lui tombait ainsi sur la tête ? Non ! Cela ne se pouvait ! Ce n’était tout de même pas quelques maîtresses… enfin, quelques dizaines de maîtresses, qui avaient pu faire choir ainsi la Divine Ire sur sa royale personne !

Mais Louis n’en aurait pas mis son royal chef au billot…

Un galop lointain le tira de ses sombres pensées. Un cavalier approchait, et Louis n’eut aucun mal à l’identifier.

Il était le plus fidèle d’entre les fidèles ! Le plus flamboyant soldat du Royaume de France ! Celui dont la seule évocation faisait trembler d’effroi les plus redoutables malfrats ! L’homme que toute l’Europe lui enviait ! L’Union sacrée du Panache, de l’Eclat et du Prestige ! Un véritable dithyrambe vivant ! En un mot, la Gloire de la France! Charles de Batz-Castelmore, Capitaine des mousquetaires de Sa Majesté: le légendaire d’Artagnan ! Pour Louis, il constituait l’ultime objet d’Orgueil, sa plus grande Fierté, son Bâton de Vieillesse, son…

QUOI ?

Louis sentit son cœur se décrocher brusquement dans sa poitrine, quitter son corps, et s’écraser misérablement sur le sol terreux des jardins. Alors que sa mâchoire prenait le même chemin, il tenta dans un effort surhumain de l’en empêcher et de conserver l’ombre de l’apparence de Majesté seyant aux Rois.

Mais qu’était donc exactement la chose qui venait de sauter au bas de sa monture et de s’agenouiller devant lui ? Un homme déguisé en pigeon ? Ou bien l’inverse ? Non… aucun doute possible… la monture, le vêtement, les insignes royaux, et cette… cette… cette ridicule moustache (car, à cet instant précis, Louis la trouvait souverainement grotesque)! C’était bien lui ! La Gloire de la France ? Un vieillard sénile et lubrique qui troussait des servantes sans défenses dans un pigeonnier, oui ! Un échappé de quelque asile qui dormait dans des déjections animales et pataugeait dans des auges en compagnie de porcs, ses plus proches parents! L’union sordide du Grotesque, de la Souillure et du Fumier, à laquelle s’adjoignait celle du Nauséabond, car le misérable osait incommoder fortement le royal organe d’une odeur pestilentielle!

Oh il allait lui payer cet abominable affront ! Dès le lendemain, cet avorton repoussant allait partir pour la toundra sibérienne en mission diplomatique auprès de la faune locale! Ah ce columbidé allait voir de quel bois se chauffe un roi!

Mais alors qu’il s’était résolu à envoyer sur le champ le pauvre mousquetaire en villégiature à Verkhoïansk, celui-ci prit la parole, de cette voix grave et profonde qui le caractérisait, et rappela à Sa Majesté l’objet de sa venue. Se souvenant brusquement de la gravité de la situation présente, et jugeant que le rapprochement franco-sibérien pouvait attendre, celle-ci finit par s’adresser à son « bâton de vieillesse », désormais orné de plumes :

D’Artagnan, il semblerait que Madame de Florensac ait été victime d’un méchant malaise. Veuillez, je vous prie, la reconduire en ses appartements, et faire
quérir mon médecin. Je vous prie de nous tenir informé de l’évolution de son état.


Il fallait bien sûr comprendre : La Florensac vient de trépasser et sa carcasse tiédissante indispose mes jardins. Faites-la évacuer avant que la vermine ne s’en empare. Je vous attends demain matin à huit heures dans mon cabinet avec les conclusions du médecin sur les causes probables de ce décès prématuré.

Puis, Louis se retourna vers la foule agglutinée autour d’eux, telle une nuée de mouches sur une tartine de confiture. Il chercha des yeux le Duc de Fleurigny et s’adressa à lui d’une voix ne trahissant nulle émotion particulière.

Il se fait tard. La fraîcheur du soir sera bientôt sur nous. Notre promenade n’a que trop duré. Rentrons. Nous disputerons une partie de billard avant le souper, voulez-vous ?

Ledit Duc, bien que cadavérique, ne s’en inclina pas moins devant le roi qui venait de lui octroyer cette faveur fort prisée… dont on jaserait bientôt dans toutes les antichambres. La malheureuse Florensac serait vite oubliée…

Sur ce, après avoir jeté un ultime regard plein de dégoût sur la mise de son Capitaine, Sa Majesté se drapa dans son manteau écarlate et reprit le chemin du château, plus majestueuse que jamais.

Pourtant, en son for intérieur, Louis agonisait. Les apparences semblaient maintenues, mais la chute ne tenait qu’à un fil… et il ignorait tout de la main qui le tenait…

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Old_D'Artagnan
Fils de La Fontaine


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MessageSujet: Re: De la difficulté de se prendre pour un Phénix...   Dim Jan 07 2007, 17:21

Ignorant tout des froids auxquels les pigeons royaux avaient failli le condamner, d'Artagnan, le genou planté dans le sol terreux, avait sagement attendu que la pensée royale parvînt au bout de son long cheminement pour finalement lâcher par la royale bouche ce sublime étron qu'est toujours un ordre royal.
Sublime par son enrobage doré de langage de cour, tantôt euphémisant, tantôt hyperbollique mais dont les relents poisseux n'échappent jamais à un nez un peu fin.

Le nez gascon a sa finesse mais il est bien connu qu'à force de vivre au milieu des mauvaises odeur et de l'ordure, l'on finit par s'y accoutumer tant qu'on n'y prête plus attention.
C'était presque le cas du grand d'Artagnan.

Il se releva de sa position qui commençait à être inconfortable pour ses articulations encore solides mais vieillissantes et s'inclina une dernière fois devant son souverain juste avant qu'il ne repartît, signe qu'il avait compris les ordres.

Puis alors que tout le petit troupeau de courtisans suivait leur berger solaire sur le chemin du retour, D'Artagnan se redressant tout à fait s'intéressa à remplir la mission qu'on venait de lui confier.

Il héla deux valets qui fermaient la marche :


D'Artagnan : "Hep vous deux, demeurez séant j'ai besoin de votre concours !"

Il tourna son regard vers le corps sans vie de la duchesse de Florensac et il fut effaré. Effaré car personne ne demeurait à son chevet, elle était seule. Elle gisait abandonnée, sans même un serviteur pour lui tenir la tête ou lui fermer les yeux.
Qu'était-ce donc qui les avaient tous fait fuir ?
N'avait-elle donc aucune amie ? Avaient-ils donc tous peur de perdre un morceau de lumière en délaissant le Roy ? Etait-ce la crainte de voir le mauvais oeil s'abattre sur eux ?

Peu importait au fond... D'Artagnan n'était pas là pour commenter mais pour agir, et c'est ce qu'il fit.

Il dit à un des valets :


D'Artagnan : "Vous, allez me quérir un des gens de la maison de Florensac, qu'ils viennent aider à ramener leur maîtresse à son logis.
Trouvez une littière ou une chaise à porteur, ce sera plus comode"


Se tournant vers l'autre valet.

D'Artagnan : "Quant à vous, trouvez moi son époux ! ça peut peut-être l'intéresser de savoir que sa femme s'est pâmée pour longtemps.

Allons messieurs ! Et ne flânez pas en chemin !"


Et les deux hommes partirent en courant, D'Artagnan demeurant seul avec la morte.

Il en profita pour "se défianter" un peu plus sérieusement et commença une première inspection visuelle du cadavre.

Même figée par la mort, la beauté de la femme n'est reste pas moins émouvante à l'oeil.
D'Artagnan ressentit une sorte de pincement au coeur en la regardant. Oh certes, pour un soldat comme lui qui l'avait beaucoup provoquée et beaucoup vu, la mort a quelque de chose de très familier.
Mais le corps d'une femme, même morte, reste un spectacle profondément touchant.
Chassant ces émotions profondes, d'Artagnan se concentra sur sa tâche.

Ce qui frappait au premier abord, c'était l'expression figée du visage.
Il était manifeste que la belle était morte d'un coup, ce qui ne voulait pas dire que la cause de la mort avait été subite. Il faudrait le vérifier par la suite par l'examen du corps qu'allait faire le médecin royal.

Le corps justement, était disposé comme un paquet, les jambes repliées.
D'Artagnan n'avait pas vu la scène, mais il supposait qu'on ne l'avait pas touché et se sentit confirmé dans cette hypothèse par ce qu'il en voyait.
En effet, la dame n'était pas étalée de tout son long comme lorsqu'on s'évanouie et qu'on tombe en arrière. Il semblait que le corps s'était effondré sur lui même comme un bâtiment qui s'écroule, avant de basculer vers l'arrière, d'où les jambes repliées.

Ce n'était donc pas un coup que personne n'aurait vu qui avait provoqué la mort car dans ce cas, le corps aurait basculé en avant ou en arrière sous la force de l'impact du choc.
D'Artagnan qui avait participé à de nombreuses batailles et complots, connaissait à peu près toutes les combinaisons de la chute d'un corps, et la position de la dame de Florensac ne démontrait rien d'autre qu'un tassement sur soi, signe de l'absence d'agression venant de l'extérieur.

Il s'approcha jusqu'à venir tout près et observa le visage en plissant les yeux.
L'expression, les yeux et la bouche grands ouverts avait quelque chose d'effrayant, on aurait dit que la dame était morte de terreur.
Alors qu'il tendait une main hésitante pour lui fermer les yeux, le regard de D'Artagnan fut attiré par quelque chose sur les tempes...
De sa main gantée, il empoigna doucement les joues de la belle et lui tourna lentement la tête d'un côté puis de l'autre.

Il fronça le sourcil et murmura (on sait ce que murmurer veut dire chez lui...)


D'Artagnan : "Vertuchoux ! Mais qu'est-ce ceci ?"

Il y avait sur les deux tempes du bel ovale livide [Hj : double alitération Cool ] des petites tâches noires encore peu visibles mais qui semblaient avoir volonté d'étendre leur empire encore naissant à toute la face.

D'Artagnan : "Etrange pigmentation pour un masque de beauté... Mordious serait-ce..."

Des récits de son enfance venait de lui revenir.
Au temps Jadis, près de trois cents années auparavant, les gens mourraient en masse d'un mal terrible qui laissait à leur cadavre la face noire.

Il relâcha le visage et recula, avec la lenteur suffisante pour ne point paraître couard à ses propres yeux.

Puis il réfléchit et se trouva sot.
Si la peste noire était de retour, pourquoi aurait-elle commencé par la belle duchesse de Florensac quand il y a tant de manants à croquer d'abord pour s'entraîner !
Enfin... pourquoi, pourquoi... pourquoi pas ?
Le fléau de Dieu choisit ses victimes après tout et s'il avait choisi de le prendre lui même D'Artagnan, il n'y pourrait rien.
Alors à dieu vat !

Il se rapprocha à nouveau de la morte. Il déplia les jambes sans trop de difficulté, ferma les yeux et eut l'idée de passer la main à l'arrière de la nuque.
Il avait souvenir, lui dont les yeux et les oreilles traînent toujours un peu partout, d'avoir entendu des ambassadeurs du Portugal parler d'habitants de lointaines colonies qui utilisaient des sortes de bâtons pour lancer des petites fléchettes enduites de poison paralysant.

Rien...

Pas de trâce de fléchette dans le joli cou.

Bon et bien soit !

Ayant épuisé sa dernière idée, D'Artagnan se résolut à laisser oeuvrer le médecin royal.

Les valets finirent par revenir avec une litière.

Le corps de la Florensac fut chargé dessus avec délicatesse et ramené à ses appartements.

Le capitaine monté sur son cheval, pensif, suivant le cortège.


Rendez vous donc pour la suite de l'autopsie :

Aux appartements des Florensac

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Charles de Batz Castelmor

de son petit nom :

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