1663 : Face aux Feux du Soleil

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 "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -

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Baudouin
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MessageSujet: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Sam Aoû 12 2006, 16:56

L'aurore rosissait peu à peu l'horizon lointain. Mais au coeur des tortueuses ruelles parisiennes, les noirceurs glaciales de l'hiver ne céderaient aucune place avant plus d'une heure. Dans la capitale endormie, une ombre se glissait de porche en porche, cahotant comme sous l'effet de quelques beuveries nocturnes. Avant de déboucher sur une voie plus large, elle se fondit dans l'angle du mur et observa patiemment. Subitement, un grand rat noir, les moustaches frémissantes, détalla précipitamment et disparut sous une porte cochère. L'ombre fit demi-tour pour revenir sur ses pas et s'engouffra dans une impasse. Le bruit d'une clé dans une serrure se fit entendre et un claquement sec marqua l'entrée du personnage dans ce qui semblait être l'arrière d'une échoppe. Un rai de lumière fit une brève apparition au sein des noirceurs citadines.

Baudouin rejeta son lourd manteau de laine et souffla sur ses doigts saisis par le froid nocturne. Tout en accrochant sa vêture à la patère de la porte de service, il parla d'une voix ferme et autoritaire :
- Tu n'as pas encore fini, Armand ? Une voix fluette lui répondit, dans son dos.
- Non Maître ! Je ne pensais pas qu'il était déjà si tard ! Une hésitation se fit sentir dans le dialogue. Dois-je me retirer pour vous laisser la place, Maître ?

Dans la partie gauche de l'arrière salle, un enfant d'une douzaine d'années était attablé devant un fatras de cornue, de mortiers et pilons, et une collection impressionnante de pots en céramique bleu. Un herbier couvert de dessins et d'annotations manuscrites était ouvert devant lui. Baudouin le regarda un instant, sans parler. Dans sa manche droite, le moignon de son haut de bras se balançait doucement au rythme de son écriture et de sa respiration. Il tourna sa tête et deux yeux noisettes se posèrent sur Baudouin :
- Je viens de finir la Belladone ! Je ne savais pas que cette plante était aussi dangereuse, Maître !
- J'attends !
- C'est une plante vivace en buisson, couverte de poils fins, remarquable surtout lors de sa fruc ... euh ... fructif ...
- Fructification !
- Oui ! Sa fructification, dégageant au froissement une odeur désagréable. La tige est dressée, robuste, très rameuse. Les feuilles sont assez grandes, brièvement pétiolées, ovales, molles.
- Où vit-elle ?
- Dans les bois frais et les haies !
Baudouin eut un sourire et l'enfant s'en rendit compte immédiatement. Ses yeux pétillèrent de fierté. Il enchaîna sous l'encouragement muet.
- La belladone est fortement toxique dans toutes ses parties, mais ce sont surtout les baies juteuses et plus ou moins sucrées, assez tentantes, qui sont responsables d’empoisonnements. Deux à trois baies rendent un enfant gravement malade, 10 à 15 peuvent entraîner la mort d’un adulte.

Il hésita un instant mais voyant le sourire perduré sur le visage de son mentor, il laissa libre cours à sa curiosité :
- En avez-vous déjà utilisé, Maître ? Le visage de l'herboriste se durcit soudainement.
- Jamais pour faire le Mal ! Ses yeux noirs devinrent deux puits insondables et l'enfant baissa le regard. Il est maintenant l'heure de te coucher, Armand ! L'enfant s'inclina et se dirigea vers la porte du couloir pour monter à l'étage.

La main sur le battant, il se retourna, la tête toujours baissée, ses longues boucles noires dansant devant son visage :
- Merci pour tout ce que vous m'enseigner, Maître. Je ferai tout pour vous rendre fier de moi ! Sur ce, il disparut par la porte.

En entendant les petits pas monter vers l'étage, Baudouin laissa ses pensées passer la barrière de ses lèvres :
- Je te dois bien plus que ça, mon enfant ! Cette maudite bosse m'a empêché de te sauver à temps de ce carrosse infernal qui t'a renversé et roulé dessus sans même s'arrêter. J'ai réussi à sauver ce qui reste de ton bras et à redonner le souffle de vie à ton coeur et à ton esprit, mais je te dois encore deux choses primordiales; te venger par la douleur de ce chien noble ou bourgeois peu importe et t'offrir un avenir autre que la misère grouillante des mendiants estropiés et autres tire-laines que je connais si bien.

Il referma l'herbier, reboucha l'encrier et souffla sur le chandelier avant de monter à son tour vers sa chambre au lit de plume. La nuit serait courte mais c'était l'éternel inconvénient de sa double-vie d'Archiatre de la Cour des Miracles et de Chirurgien Herboriste dans le quartier bourgeois.


Dernière édition par le Lun Aoû 14 2006, 15:16, édité 1 fois
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Baudouin
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Lun Aoû 14 2006, 15:13

˝ Les grandes ombres envahissaient déjà les rues, en cette fin de journée. Baudouin discutait avec son serviteur sur le pas de porte de son échoppe. Quelques enfant jouaient encore dans la rue au cerceau, faisant rouler le cercle de fer certainement volé à un tonnelier. Le vacarme des roues d’un carrosse fit soudainement irruption au coin de la rue. Le cocher arborait les couleurs papales et à moitié debout sur le plat bord fouettait ardemment des chevaux écumants et couverts de frissons nerveux. Les roues de bois crissèrent sous la vitesse et l’habitacle frôla la façade du Maître tailleur. Les enfants, tout à leur jeu, n’entendirent rien. L’espace d’un instant, sous le rideau carmin de la voiture, Baudouin aperçut une main au petit doigt coupé qui se crispait sur les boiseries, certainement pour garder l’équilibre. L’éclat d’une améthyste brilla dans le soir tombant. Alors que le regard de Baudouin se portait sur les enfants insouciants du danger, une voix gronda dans l’habitacle du carrosse :
- Ne t’arrête sous aucun prétexte où tes côtes en pâtiront !
Le drame était inévitable. Baudouin s’élança, oubliant un instant son infirmité. Mais sa claudication ne lui permit que de s’approcher assez pour entendre le choc des os qui craquent et le hurlement des enfants. Une fillette resta à terre, du sang refluant de sa bouche, expirant son dernier râle. Un jeune garçon au longues boucles noires, regardait hébété son bras déchiqueté par les sabots et les roues, pendre mollement à son épaule. Ses yeux noisettes se levèrent sur le Bossu ... ˝


- Maître ? La voix était lointaine et insistante. Maître, c’est urgent !
Baudouin se redressa brusquement, écarquillant ces yeux sombres avant de les poser sur son serviteur. Ah, ce maudit cauchemar ! Quand disparaîtrait-il ? Il lui fallait se hâter de trouver le coupable ou les remords le plongeraient irrémédiablement dans la folie ! Il rejeta brusquement le drap et la lourde couverture de laine. Le froid de la pièce le saisit. L’hiver était vraiment installé cette fois.
- Je suis désolé de vous éveiller Maître, mais Madame Huguette de Brégniol demande après vous !
Le serviteur avait ouvert les deux battants en trompe l’oeil du mur qui donnaient accès au cabinet de toilette. Il déposa sur la tablette deux brocs, l’un d’eau chaude et l’autre froide qu’il avait pris soin de monter en même temps.
- Vous m’aviez ordonné de vous prévenir, Archiatre ...
- Je t’ai déjà dis de ne jamais me donner ce nom, dans cette demeure ! Son visage devint un masque de dureté et de violence.
- Oui Maître Baudouin ! Le serviteur se courba et recula jusqu’à la porte, les mains tremblantes.
- Offre lui une tasse de ce fameux chocolat dont toute la cour raffole ! Je peux bien lui offrir ce dernier plaisir. Un rictus déforma son visage fatigué. Et surtout, Enio ... le silence s’établit jusqu’à ce que le serviteur relève le regard ... c’était la dernière fois que je te reprenais, avant que le Fol ne perde sa tête !
L'intéressé disparut derrière la porte, faisant grincer le plancher de l’étage. Dans la Cour des Miracle, les sentences de l’Archiatre n’étaient jamais prononcées à la légère. Enio savait à quoi s’en tenir.
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Baudouin
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Aoû 15 2006, 21:32

Baudouin avait revêtu son long pourpoint de velours noir parementé d’or. Ses longs cheveux blanchis par l’âge étaient ramenés en arrière et tenus par un noeud de velours associé au justaucorps. Ses souliers à boucle d’argent claquaient sur les marches cirée alors qu’il descendait de l’étage et atteignait le vestibule. Sur sa droite, la voix guillerette d’Armand lui parvenait, de derrière la porte de l’arrière salle close. L’enfant ânonnait une comptine inventée dans le but de retenir la liste des ingrédients nécessaires à la fabrication d’un baume contre la toux. Baudouin eut un sourire ému et dut prendre sur soi pour ne pas déranger son élève studieux.

Il se recomposa un visage de bon médecin, soucieux de la santé de ses patients et ouvrit la porte de communication avec l’échoppe, d’un mouvement empressé. Immédiatement, il fut assailli par des effluves agressives de violette. Il n’en fit aucun cas, et se précipita vers Madame Huguette de Brégniol, épouse estimée de Maître Igniacio, joaillier de son état. Il déposa un baiser sur sa main gantée, ornée d’un topaze de la plus jolie eau, avec la dignité due à une Dame de la Cour :
- Oh que je suis confus, Madame ! A mon âge, le sommeil me fuit la nuit pour venir traîtreusement m’emporter avec l’aube. Et voilà mon valet qui me trouve encore en mon lit alors que vous me faîtes grand honneur de venir me voir en cette modeste échoppe. Vraiment, je suis confus ! Ce chocolat chaud était-il au moins digne de votre délicatesse, chère amie ?
Baudouin garda le regard baissé, courbé encore au-delà de ce que sa bosse lui permettait, comme s’il attendait le pardon d’une noble dame :
- Mon ami, relevez-vous ! Pas de cela entre nous, je ne le permettrais pas. Un homme de votre savoir et de votre gentillesse quand tous nous ont tourné le dos, ne devrait pas prendre tracasserie pour si peu.

La vieille dame minaudait littéralement devant de telles marques de courtoisie. De son visage légèrement fardé par coquetterie imitatrice de la noblesse, émanait ce parfum de violette qui amena Baudouin a se reculer d’un demi pas. Elle qui avait certainement plus de soixante ans se prenait encore pour une jeune courtisane, enflammant les coeurs et les têtes sur un simple regard :
- Je suis encore bien loin de votre âge, mon brave ami, mais je comprends les difficultés du sommeil. Mon pauvre époux en est un exemple bien douloureux pour une digne et fidèle compagne. Baudouin sourit, contrit comme il le devait.
- Votre noblesse d’âme n’est plus à prouver, ma chére ! Mais j’en oublie de prendre des nouvelles de votre époux ! Comme se porte t-il ? Mon dernier remède l’aide t-il à respirer ? L’herboriste ne laissa rien passé de ses pensées les plus secrètes.
- Vous êtes un sage et un savant ! Cela fait maintenant plus de dix jours qu’il n’a pas eu une crise de toux. Vous lui avez rendu l’espoir et la foi, Maître Baudouin. C’est un vrai miracle ! La vieille femme avait croisée ses mains sur sa lourde poitrine en un geste de béatitude.
- J’en suis fort aise, mais que Notre Seigneur ne se fourvoie pas dans vos paroles. Je ne fais qu’utiliser au mieux de mes capacités, les richesses qu’il a déposé en toutes choses nées de sa main. La dévote fut au comble du bonheur. Mais que puis-je pour vous en ce cas, Madame ? Vous me faîtes le bonheur d’apprendre que Maître Ignacio se porte au mieux, mais venez me voir. Aurais-je la peine d’apprendre qu’un désagrément vous afflige ? Baudouin mit toute la tristesse qu’il put trouver au fond de lui dans le regard qu’il posa sur les yeux bouffis d’orgueil de la bourgeoise.
- Que nenni, mon cher ! Je me porte comme un charme, ne trouvez-vous pas ? Dit-elle en levant le menton mais sans lui laisser le temps de répondre. Mon digne époux tenait à ce que je vous le dise de vive voix. Vous êtes à ce jour l’ami le plus sincère et le plus honnête que nous ayons. Baudouin amoindrit les paroles d’un signe de tête en vain. Tous ces incapables et ses mesquins petits qui le fuyaient il y a quelques mois de peur de quelque infection stupide et sans fondement, reviennent maintenant en jouant les courtois et les mignons auprés de moi, espérant me soutirer nos pauvres économies ? Et bien nous l’avons décidé, Maître Baudouin, mon ami, vous en serez seul bénéficiaire. Tout a été fait et vous recevrez certainement un courrier dans les jours à venir qui vous en informera officiellement.
- Mais je ne peux ... commença Baudouin avec un air gêné.
- Nous ne voulons rien entendre ! Telle est notre décision et nous savons que vous en ferez un bien meilleur usage que tous ces quémandeurs et vils courtisans des basses rues. Je vous laisse mon ami, je dois porter quelques lingeries usagées aux Soeurs de la Charité.

Et sans un mot de plus, la vieille femme se leva, telle la Reine-Mère et ouvrit la porte de l’échoppe, par laquelle le vent glacial s’engouffra en toute joie. Sa chaise à porteur s’approcha des marches de l’échoppe :
- Mais plus prés incapables ! Vous ne voudriez pas que je marche dans cette fange. Allons plus vite ! Rappelez-moi de vous donner le bâton en arrivant !

Ce fut le froid qui ressortit Baudouin de l’état de surprise dans lequel il se trouvait. Toutes ses semaines de préparatifs pour arriver au même but, sans la moindre effusion de sang. S’en était à vous dégoûter d’être courtois. Il appela Enio et vérifia qu’il entendait toujours Armand travailler dans l’arrière salle avant de donner ses ordres :
- Préviens Le Furet que l’affaire des Brégniol est annulée. L’issue sera la même mais il ne sert plus à rien de garder nos gens en surveillance. Je lui expliquerai le reste. Passe par derrière évidemment. L’homme s’inclina et quitta la boutique sans même un mot.

Suivre Baudouin "A la Cour des Miracles" - 2 jours plus tard
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Baudouin
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Lun Aoû 28 2006, 21:49

Revenir "Dans les Rues", 3 jours plus tôt

Dans la chambre du maître de maison, Armand veillait sur le repos du blessé depuis prés de trois jours, assis sur une chaise dos à la fenêtre, feuilletant avec anxiété, les pages de son herbier et des quelques livres autorisés.

Baudouin s’était opéré tout seul afin d’extraire la bille de plomb. Mais la surestimation de ses forces ne l’avait conduit qu’à la plus grande faiblesse qu’il soit. L’intensité de ces derniers jours avaient entamé jusqu’à la moindre parcelle de sa résistance physique. Épuisé, il s’était effondré à même le plancher de son échoppe, son esprit plongeant irrémédiablement dans les méandres insondables de l’inconscience. L’enfant dut réveiller Enio, le valet de son maître, qui dormait paisiblement dans sa chambre sous les toits. C’est sans aucune émotion qu’il monta le bossu dans son lit et laissa Armand s’occuper de tout, ponctuant sa pitoyable intervention par à une phrase désagréable aux oreilles de l’enfant :
- T’inquiète, p’tit ! La carne, c’a la peau dur. Et sur ce mot dénué de tout sentiment, il sortit de l’échoppe et ne reparut pas, laissant l’enfant seul.

Son angoisse de perdre celui qu’il considérait comme un père, augmentait d’heures en heures. Cent fois, Armand remit en question les préparations à peine digne d’un apprenti-apothicaire, née de ses mains tremblantes et de ses yeux mouillés. Il se répétait inlassablement les leçons de son mentor, cherchant où il aurait pu se tromper ou mal agir.
˝ Contre les ecchymoses sans blessure ouverte, rien de mieux que des compresses de primevères. Mais s’il y a la moindre plaie, il faut déjà poser des compresses d’orties pour arrêter les saignements et ensuite nettoyer la plaie avec une teinture de souci, car if faut laver la peau et les plaies avant toute chose ! Enfermer des impuretés sous les bandages revient à tuer son malade ! ˝
Armand sauta sur ces pieds, une terrible pensée traversant encore son esprit ; et s’il avait mal nettoyé la plaie de l’épaule ?

S’étant approché du lit, il descendit doucement le drap et la couverture puis renifla le bandage aux effluves agressives. Mais rien ne lui paraissait normal, alors il souleva le plus délicatement possible les bandelettes de tissus, et tenta de voir si la chair ne prenait pas une teinte inquiétante :
- Plus tu ouvres le pansement et plus tu prends le risque d’infecter la plaie ...
- Maître, vous êtes ... L’enfant se laissa tomber sur le torse de Baudouin qui grimaça en silence.
- Veux-tu donc m’achever, mon enfant ? La voix amusée laissait entrevoir une émotion vive. L’enfant se recula violemment comme sous l’effet d’une vive chaleur.
- Pardon, je ne vous ai pas fait mal ? Il renifla et ses yeux s’humidifièrent.
- Ne t’inquiète pas, je vais très bien et tout cela grâce à toi. Tu feras un bon apothicaire et peut-être mieux. Suis-je dans ce lit depuis longtemps ?
- Trois jours, Maître! Et j’ai eu si peur que ...
- Trois jours ? Hmmm ! M’as-tu fait boire une décoction au pavot pour je dorme ainsi ? L’enfant hocha la tête négativement. Eh bien, c’est que j’en avais besoin ! Raconte-moi donc ce qui c’est passé au cours de ces trois jours ! Demanda le bossu en lui indiquant de s'asseoir.
- Enio vous a porté dans votre lit et puis il est parti. Je ne l’ai pas revu ! Baudouin leva le sourcil droit, signe d’un soupçon.
Armand n’aimait pas cet homme d’une froideur à vous glacer les sangs et qui de toute façon ne se comportait jamais comme un valet. L’enfant ne comprenait pas pourquoi Baudouin ne le corrigeait pas ou pourquoi il n’en changeait pas . Mais son éducation récente, lui interdisait d’en parler avec l’intéressé.
- Je vous ai soigné et j’ai veillé sur votre sommeil ! Le lendemain matin, un serviteur de Madame Huguette de Brégniol est venu demander de vos nouvelles. Il semblerait que sa Maîtresse ne soit pas au mieux de sa forme. Mais ayant appris votre agression, elle s'inquiétait pour votre santé. Je lui ai promis que vous l’avertiriez dés votre rétablissement ! Ai-je mal fait ? Hésita l’enfant, aussitôt rassuré par un sourire. C’est tout Maître ! Oh, se reprit-il, évidemment j’ai fermé l’échoppe, je ne pouvait pas être à vos côtés et ...
- Bien sûr, tu as eu raison. Les hommes de la Prévôté ne se sont même pas déplacés ?
- Je n’ai rien vu ni entendu.
- La mort d’une fille de joie ne doit pas être une priorité. Enfin, je crois que je mangerais bien quelque chose avant de me reposer encore cette nuit. Demain sera un autre jour.
Sans un mot l’enfant disparut dans l’escalier, pour chercher le bonheur de son maître dans le cellier. Baudouin était encore convalescent mais il était en vie, et il ne pouvait exister de meilleure nouvelle dans le monde entier.


Dernière édition par le Mar Aoû 29 2006, 21:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Aoû 29 2006, 00:43

L'incident avait été trés vite signalé à Guntred par une " cousine ", mais il ne l'avait pas jugé de grande importance dans un premier temps, une fille de joie en moins, et un vieil apothicaire blessé, cela valait à peine le papier sur lequel l'incident allait être consigné...

Mais il constata trois jours plus tard qu'il ne savait plus si l'Apothicaire avait reglé sa cottisation, son âge avait eu raison de sa précision légendaire, comme il avait quelques lieutenants sous la main, en l'absence de Lassallle, il décida d'en déleguer trois pour se renseigner...

La tâche était bien insignifiante pour trois lieutenants, mais en mettant les formes, on arrivait souvent à des résultats probant rapidement...

C'est ainsi que par une matinée froide, et pluvieuse, les deux fréres Di Cola, et Maxime Von Gortz se trouvaient dans la maison d'un certain Baudouin, apothicaire et bossu de son état, un proche de Clopin...

Lorenzo portait son habituel redingote couleur de nuit, son bicorne à plume de jeais, ses hauts de chausse de cuir noir verni, sa longue rapiére à nu, et ses deux pistolets; Vincenzo était vêtu à sa derniére mode: petites bottes fourrés en peau de Daim, pantalon de flanelle gris, chemise de soie blanche à manches bouffantes, veston de laine brodé de feuilles d'or, et un chapeau à long bords à plume d'oie, ses meches blondes avaient été brossé, frissoté et reuni en de magnifiques bouclettes tels celle d'un ange; accompagnant les deux si fantaisistes italiens, la mine sombre et rebarbative de Maxime Von Gortz offrait un saissisant contraste, son visage était balafré d'une cicatrice sur la joue gauche, ses yeux d'un bleu froid et terne, ses cheveux blonds, filasses et mal peignés, il portait un lourd plastron qui couvrait le tronc de sa puissante carcasse, qui du haut de ses deux métres en impressionnaient plus d'un, une longue rapiére descendait le long de sa jambe, mais le puissant mercenaire allemand avait suffisament de puissance dans les deux battoirs qui lui servaient de main pour s'en passer...

C'est Lorenzo qui ouvrit le bal, en frappant de sa canne en bois d'ébene contre la devanture de la boutique du sieur Baudouin, vu l'heure très matinale celle-ci était fermé, mais le Vénitien savait qu'on avait toujours de meilleur résultat quand on s'occupait d'un client de bon matin:


" Signore Baudouin, ouvrez ! C'est la police qui vient aux nouvelles... "

L'injonction avait été prononcé d'une voix haute et forte, dans son français le plus pure, il n'utilisait jamais son accent italien avant de connaître son adversaire...
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Baudouin
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MessageSujet: La Prévôté en visite   Mar Aoû 29 2006, 10:33

Cette nuit supplémentaire avait redonné force et énergie à Baudouin. Il s’éveillait à peine lorsque les coups portés aux volets de bois de sa devanture montèrent jusqu’à sa chambre. "Ces messieurs du Châtelet, ce n’est pas trop tôt," pensa-t-il. Au bas de l’escalier, la porte de l’arrière-boutique s’ouvrit brusquement et les pas précipités d’Armand résonnèrent sur le parquet ciré. Le bossu se leva et se prépara calmement à recevoir ses visiteurs.

Au rez-de-chaussé, l’enfant déverrouillait la porte d’entrée de l’échoppe, les doigts engourdis par le froid qui avait envahit la maison dés que le bois des cheminées se fut consumé. Il retira la lourde barre bloquant la paroi de bois qui servait de volet à la porte d’entrée. D’une petite voix, il demanda un peu d’aide :
- Pourriez-vous la retirer Messire de la Prévôté ? Mon maître n’est pas encore levé et je n’ai pas assez de force.

Après un instant de flottement qui marquait certainement la surprise des visiteurs face à cette requête, la lumière apparut soudainement sur le trio impressionnant. L’enfant recula de deux pas et dans un petit mouvement respectueux du buste, les convia à entrer. Son petit pourpoint à peine boutonné et ses souliers vernis, tout comme sa courte révérence, tout chez cet enfant donnait l’impression d’un petit gentilhomme et non d’un valet. L’observation ne passa pas inaperçu au trois hommes étonnés par cet élément qui ne se trouvait pas dans leurs informations de départ :
- Permettez-moi de vous faire patienter un instant ! Je monte prévenir mon Maître de votre présence ! Dit-il avant de courir vers l’escalier sans même attendre la réponse.
Il n’avait pas monté trois marches que la voix de Baudouin lui parvint d’en haut :
- J’arrive mon enfant, j’ai entendu ! Prépare- nous une collation, veux-tu ?
- Bien Maître ! Lança l’enfant à travers la porte. J’ai installé ces trois Messieurs dans l’échoppe.
La précision du nombre paraissait inquiéter la voix de son élève. Baudouin en sourit, se disant qu’à trois, soit ils venaient l’arrêter, soit la discussion aurait pour but des éléments bien plus importants que la mort d’une pauvre fille de joie !

Le bossu finit de s’apprêter et posa délicatement son tricorne en évitant d’effleurer la bosse teintée d’un joli mauve verdâtre qui ornait sa tempe gauche. Il utilisa sa canne de la main droite afin d’éviter toute pression sur l’épaule meurtrie par le coup de pistole. Et c’est d’une démarche encore plus saccadée qu’à l’habitude qu’il pénétra dans l’échoppe à l’instant même ou Armand déposait sur le guéridon entre les fauteuils un lourd plateau chargé de fruits sec, de gobelets en argent et d’un grand pot de vin chaud dont les effluves de cannelle se répandaient dans la pièce. Baudouin, sans aucune mise en scène, posa sa main sur l’épaule de l’enfant :
- Merci pour tout, Armand ! Va étudier maintenant, rappelle-toi ...
- ... que le Savoir éloigne la Misère comme la Sagesse éloigne la Bêtise. Finit l’enfant en s’inclinant avant de refermer la porte de communication derrière lui.

Lorsque ce fut chose faite, Baudouin se tourna vers ses visiteurs et les détailla d’un seul regard :
- Mais je vous en prie, servez-vous de ce vin chaud avant qu’il ne refroidisse. Mon valet s’est volatilisé depuis trois jours et je me lève pour la première fois depuis l'altercation. Veuillez donc me pardonner cette familiarité ! Le bossu se servit et se réchauffa les mains contre le gobelet qui fumait. Vous désiriez m’entretenir d’un sujet particulier, lança t-il à la volée ?
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Aoû 29 2006, 13:14

Le trio ne répondit pas tout de suite à l'invitation du bossu, Lorenzo en préliminaire observa soigneusement son interlocuteur de ses petits yeux sournois, Vincenzo pour sa part semblait captivé par la marchandise du bossu, en spécialiste ès philtre et de poison, il ne pouvait qu'en apprécier la valeur, Maxim lui, en bonne force de frappe, se contentait d'un regard bovin, comme si tout ceci ne le concernait guére, il est vrai qu'on ne lui demandait rarement de réflechir, sa vie se résumait à ordre/action, et cela lui suffisait amplement...

La phase d'observation prit rapidement fin, Lorenzo fut le premier à la briser en adressant un ordre en italien à son demi-frére, auquel celui répondit par une bordée de jurons, avant d'obéir. Vincenzo s'empara d'une des coupes de vin, récupera une fiole dans l'une de ses poches, versa trois gouttes, et observa la réaction avec intêret. Celle-ci étant satisfaisante, il annonca à son demi-frére:


" Tutto va bene ladron..."

Celui rétorqua par un chappelet de gros mots dont la morale réprouve l'usage, avant de prendre une coupe de vin, et d'en avaler une gorgée. Posant sa coupe, il fouilla dans l'une de ses nombreuses poches, il en récupera une petite fiche de papier, dont il entonna la lecture à voix haute:

" Selon ma fiche, vous êtes le Signore Baudouin, alias " le bossu ", alias " l'Archiatre ", vous avez 41 ans, et vous êtes herboriste de votre état, et un proche de Clopin, c'est bien cela ? Tout de même les fiches de Guntred sont de plus en plus avares de renseignement....
- Paris est grand Lorenzo, lui rétorqua Vincenzo, il ne peut pas tout savoir...
- Vu le prix que nous coûte ses services, il devrait ! "

A la fin de cette échange, Lorenzo se laissa aller à une mauvais sourire, puis il poursuivit la lecture de la fiche:

" Il y a trois zours vous foutes victime d'oune accident, ce qui a alerté nos services, notamment sur le fait que Guntred n'arrivait plus à savoir si vous êtiez à jour au niveau de votre cottisation ?! Es ce le cas Signore ?"

Demanda Lorenzo en affichant un trés mauvais sourire, foudroyant d'un regard moqueur le bossu...
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Baudouin
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MessageSujet: L'Interrogatoire commence ...   Mar Aoû 29 2006, 14:50

Baudouin reçut l’affront sans même ciller. A son âge, et après tant d’années passées au sein des ombres de Paris, l’attitude provocante et les regards méprisants n’avaient plus assez d’emprise sur lui pour le faire réagir inconsidérément. Il attendit calmement la fin de l’énoncé, rendant son regard à celui qui visiblement menait cette petite troupe disparate :
- Messire Lorenzo, puisque tel semble être votre nom, je ne prendrai pas ombrage de votre offense concernant cette collation. Sachez que je ne confonds jamais mes plantes médicinales avec les herbes aromatiques de mon cellier. Par contre, si vous le désirez, je puis vous indiquer au moins trois ingrédients qui passerait votre petite vérification désuète avec succès. Mais ayant déjà un élève en étude, je ne puis accepter aucune charge supplémentaire.
La même froideur que son interlocuteur naquit au fond du regard noir de Baudouin, tout en buvant une gorgée de vin.
- Mais malgré notre désaccord de principe sur ce point de détail, je rejoins totalement votre point de vue sur votre informateur. Quels que ce soient ces tarifs, aux vues de ces maigres renseignements, ils sont exorbitants !
Il se renfonça dans son fauteuil, les deux mains croisées sur le pommeau de sa canne.
- Vous avez bien devant vous un bossu, j’aurais du mal à vous convaincre du contraire, âgé de 41 ans et se nommant Maître Baudouin. L’insistance du ton sur le mot Maître s’agrémenta d’un sourire entendu.
- L’Herboristerie est surtout un passe-temps auquel le nom de cette modeste échoppe fait allusion. Personnellement, j’y préfère le terme d’Apothicaire qui couvre un sujet beaucoup plus vaste et d’autant plus attrayant. Mais mon métier premier est la Chirurgie messire, comme peuvent l’accréditer tous mes voisins et patients de ce charmant quartier commerçant, ainsi que la patente de la Grande Académie. Vous m’offrez un titre que je ne puis accepter, même si nous avons une semblable doctrine ; sauvez les vies que Dieu nous a confié. Je ne pourrais prétendre au rang d'Archiatre que le jour où j'exercerai en Fontainebleau, à la cour de notre bon roi Louis le quatorzième. Quant à ce Clopin que vous mentionnez, j’en connais en effet plusieurs. De bien pauvres hères qui furent les victimes d’accidents ou de guerre et qui ne peuvent se déplacer qu’en clopinant.

Baudouin s’avança en grimaçant sous un élancement soudain de son épaule. Il se saisit d’une pincée de raisins séchés avant de reprendre.
- Quant à la taxe sur les commerces, je la verse à l’année ce qui m'évite justement une telle forfaiture. Et si ma mémoire est bonne, je dois m’acquitter de la prochaine au début de l’année 1664. Mon livre de compte est à disposition si vous le désirez, dit-il en désignant son bureau dans l’angle du mur, encadré par les lourdes étagères emplies de céramique bleue portant des mots latins inconnus aux trois hommes.
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Aoû 29 2006, 18:07

Lorenzo tiqua sur la laborieuse explication qui lui adressa le bossu sur la nature de sa profession, le Vénitien n'eut qu'un geste irrité de la main, et une remarque comme réaction:

" Herboriste, Apothicaire, Chirugien, pour moi tout ceci rélève de la même chose: la charlatanerie ! En bon chrétien que je suis, je ne crois qu'en la priére pour soigner les maux..."

La réponse était sur un ton ironique qui ne pouvait que blesser son interlocuteur, ce qui était voulu, la blessure précédait toujours le baume, mais il rajouta avec beaucoup plus de douceur:

" Mais je reconnais Signore que certains ne manquent ni d'honnêté ni de talent dans l'exercice de cet art... Quant à votre proposition, j'ai mon cher demi-frére pour cela, fit-il en montrant du doigt Vincenzo, les ducats du Dogue lui ont assuré la meilleur formation qui soit auprès de maitres Romains, Milanais, Montpellierains et Florentins... Je le soupçonne aussi de disposer d'ouvrages de sages paiens comme Gratien et arabe sur la medecine et les plantes... Mais ca ce sont des histoires de famille..."

Se frottant un instant le menton de sa main gantée, il médita sur la conduite adopté, manifestement cet homme ne savait pas pour la cottisation, quel négligence:

" Baste, je vois qu'il ignore tous de la Cottisation Lassalienne ! Qui était chargé de ce secteur foutre dieu ?!
- C'est Phillipeaux je crois... Retorqua avec un lourd accent badois Maxime, dont se fut le premier signe d'une vie intelligence depuis qu'il s'était introduit dans l'échoppe.
- Encore trop occupé à courrir la Gueuse ? Tout baron qu'il est, cela ne devrait pas lui faire oublier son devoir, passe qu'il soit débauché et libertin comme un régiment de moine, mais pas qu'il ne s'acquitte pas de son devoir, il aurait de mes nouvelles ce drôle !
- Il est jeune, et nous sommes aussi libertin et débauché que lui, ironisa Vincenzo.
- Peut être, mais si à son âge nous avions commis autant d'imprudence, nous aurions fini dans les oubliettes du Doge !
- C'est ce qui a failli nous arriver malgré tout..."

Lorenzo ne répondit pas à la derniére pique de son frère, son attention se posait à nouveau sur le bossu, il troqua alors son expression méfiante et chafouine, pour adopter un sourire plus délicat, et un ton plus chantant:

" Il y a confuzion signore, nous ne parlons pas de ces taxes-là, mais voyez-vous.... Paris est oune grande ville, trés peuplé, les rues ne sont pas toujours sûr, le maintien de l'ordre côute cher, trés cher... or vous êtes d'accord avec moi que celui-ci est nécessaire à la bonne marche du commerce ? Malheureusement les caisses de la police sont comme celle de l'Etat, jamais suffisament pleine pour accomplir avec le plus d'efficacité possible cette lourde tâche ! Désireux tout de même d'assurer la conservation des éléments le plous besogneux, et les plus brillants de la ville, nous avons mis en place une sorte de.... police d'assurance qui assure à son souscripteur une protection particuliére et constante de la part de nos services, en échange d'une légére cottisation calculé sur la base de vos revenus de l'année... Vous comprenez ce que je veux dire ? Nous sommes en gens avertis de ce genre de pratique, je le sais, j'ai mes renseignements pour ca..."

Conclua-t-il son boniment, en affichant son plus beau sourire, telle le colporteur ayant fini de vanter les mérites de sa pacotille...
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Baudouin
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MessageSujet: Remise au point !   Mar Aoû 29 2006, 21:40

Baudouin ne put s’empêcher un commentaire à la fin de l’histoire familiale de ses visiteurs :
- Notre Foi n’est pas à remettre en cause. Et nos prières sont bien plus nombreuses que vous ne le pensez. Les Académies de Médecine et de Chirurgie ne sont ouvertes que depuis peu aux laïques. Preuve s’il en était besoin que les hommes d’églises et le savoir se cotoîent depuis de nombreux siècles. Mais je vous en prie, poursuivez !

Plus l’explication se faisait précise et moins Baudouin en croyait ses oreilles. Les trois marauds qui lui faisaient face, sous les traits d’honnêtes membres de la prévôté, ne valait pas mieux que la pire engeance des bas quartiers qu’il connaissait si bien. Ils essayaient de lui expliquer, à lui, l’Archiatre de la Cour des Miracles, ce qu’était une extorsion de fond sous couvert d’une soi-disant protection dont personne n’avait jamais entendu parlé ? Leur réputation d’hommes corrompus n’était plus à faire mais tout de même.

Malgré les agissements de la Fronde en 1648, au cours desquels, Mazarin fut obligé de rendre une partie du pouvoir décisionnel aux parlements, Louis XIV s’était fait un malin plaisir dés sa majorité de les leurs retirer. Depuis, évidemment, chaque Ministre pouvait à loisir prélever ce qu’il voulait sous quelques excuses fallacieuses. Ce fait était connu, reconnu et hélas incontournable. Mais là, l’explication scabreuse de la sécurité de tout un chacun faillit le faire éclater de rire. Prenant sur lui, il attendit patiemment la fin du discours maladroit qui sentait l’escroquerie à plein nez. Le nom du Chevalier de Lassalle ne lui était pas inconnu, mais à sa connaissance seul un ministre avait autorisation légale d’impôts extraordinaires.

Le discours terminé, il prit le temps de casser trois noix, et de les grignoter avant de répondre gravement, le regard froid :
- Messire Lorenzo, je n’ai jamais refusé de payer un impôt légal émanant d’une décision royale ou d’une mesure extraordinaire ordonnée par un Ministre du royaume ou un parlement. J’avoue, et vous m’en voyez quelque peu gêné, ne jamais avoir entendu parler d’un impôt extraordinaire au profit de la Prévôté, et je vous remercie humblement de m’en avoir fait part. Je me rendrai dés demain au Châtelet pour honorer mon dû et percevoir un reçu attestant de mon engagement envers vous et de mon respect de la loi.
Il foudroya Lorenzo du regard mais ne lui laissa pas l’opportunité de répondre.
- Désirez-vous maintenant que je vous expose les faits de l’altercation qui m’a opposé à un inconnu dans cette même rue, devant tous les dignes marchands de ce quartier et qui m’a valu le déplaisir de ces blessures le jour même et le plaisir de votre visite trois jours plus tard, pour avant tout une euh ... taxe impayée ?
Le ton était acide, le regard froid, les lèvres crispées. Baudouin ne cachait rien de son état d’esprit et du pseudo chantage déguisé qui venait de lui être fait.

Leurs visages étaient maintenant profondément ancrés dans sa mémoire. Leurs vies ne vaudraient pas chères dans les bas quartiers s’il sortait vivant de cette entrevue. Personne ne provoque l'Archiatre impunément.
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Aoû 29 2006, 22:54

Lorenzo ignora la colère du vieil homme, si la colère était mortelle, on l'aurait déjà assassiné plus d'un millier de fois, et Lassalle serait le premier de ses bourreaux...

Souriant toujours, il rajusta son bicorne, avant d'ajouter:

" Ne vous donnez pas tant de mal, nous nous occupons de la perception nous même, contentez-vous de nous donner un de vos livres de compte, notre trésorier s'occupera du reste..."

Fouillant à nouveau dans une redingote, il récupéra une feuille de papier, une plume et un encrier, qu'il déposa sur une table, il trempa sa plume dedans, et fit:

" Passons à votre affaire, maintenant que les difficultés entre nous sont aplanies...
- Attends une seconde Lorenzo....
- Vincenzo, selon notre pacte, il t’est interdit de m'interrompre quand les choses deviennent sérieuses...
- Ce qui n’arrives jamais avec toi... J'ai juste un mot à dire à l'Archiatre..."

Lorenzo observa un instant son frère avec une profonde curiosité, il était rare que celui ose l'interrompre sans une raison valable, mais il se demandait bien ce qu'il pouvait vouloir à ce petit homme, il n'était ni riche, ni de sexe féminin, ni couturier, or c'étaient bien les seuls à capter son attention, mais désireux de voir son demi-frère à l'oeuvre, il préféra s'incliner:

" Demande accepté petit frère..." Fit-il dans un soupir, avant de lancer trois jurons bien senti à son encontre, et de lui laisser le champ libre en s'écartant un instant.

Le corbeau de la Commedia dell arte s'effaçait de la scène, pour la diva de la mode dont les mèches blondes offraient un contraste saisissant avec son sombre demi-frère. Son regard était franc, et dépourvu de l'ironie méprisante de son demi-frère, sa voix était plus suave, et plus délicate:

" Zé remarqué que votre boutique recèle beaucoup de petites choses qu pourraient m'intéresser, pour mes poisons ou mes préparations, je suis en manque constant de certains substances que je n'ai pas toujours le temps de confectionner même... Je pourrais me charger de vous obtenir une dispense de cotisation, si en échange vous m'assurez la fourniture de mes besoins... Bien sûr, je vous rétribuerais à votre juste valeur pour votre travail, j'exige par contre un travail d'une qualité irréprochable, et une discrétion absolue ! Es-ce que mon marché vous intéresse ou vous préférez vous contenter d'espèces sonnantes et trébuchantes ?!
- Minoute Vincenzo ! Glapit Lorenzo (qui avait lu la proposition de son demi-frère sur ses lèvres), ce n'est pas à toi de décider de telles choses, c'est à Guntred de le faire...
- Il sera très content de savoir qu'un budget de dépense sera amoindri, tu sais comme il est à cheval sur les économies de toutes sortes...
- Je te laisse t'arranger avec lui alors, car tu sais comme il est dur en affaire...
- Mé oui, mé oui...
- En passant comme il est désormais sous ta protection, tu te charges de son affaire ?! Moi, je m'en lave les mains..."

Conclu Lorenzo avant de lui tendre feuille, plume et encrier, ce que Vincenzo accepta à contre-coeur, il n'avait pas le goût de la paperasserie de son frère, mais il se devait d'assumer ses choix... Lorenzo lui laissa d'ailleurs guère le choix, puisqu'il décida de se retirer, saluant Von Gortz, et le Bossu, il se dirigea vers la porte, non sans lâcher une dernière réplique plus que théâtrale:

" Au fait Signore l'Archiatre, vous direz à votre ami Clopin, qu'il me doit toujours 100 ducats pour notre dernière partie de Pharaon..."

Avant de s'évaporer, non sans une dernière révérence, chapeau bas, et grand sourire aux lèvres...

Maxime qui n'appréciait guère l'exubérance de Lorenzo ne pu s'empêcher de soupirer, quant à Vincenzo, habitué mais jamais rassasié, il répondit par une grimace, avant de rapporter son attention sur le Bossu qui devait être bien las de ces ubuesques discussions entre les deux frères.

Vincenzo réitéra alors sa demande:


" Marché conclu ? Que nous passions aux choses sérieuses..."
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Baudouin
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MessageSujet: Un Accord Envisageable ?   Mer Aoû 30 2006, 20:57

Plus les minutes passaient, plus la colère de Baudouin se muait en dégoût amusé. Les deux frères étaient incroyables. Tels des marionnettes d’un mauvais spectacle, ils se donnaient une réplique d’un pitoyable à faire mourir d’ennui un scriptorium. Et le plus risible était en fait de penser que ce roi fantoche, étouffé d’orgueil et de plats trop fin, espérait contrôler Paris avec de tels pantin de comédie. Au moins, la brute épaisse qui les accompagnait, ne mentait pas sur ses capacités. Enfin, il fallait faire avec.

La sortie de Lorenzo fut vraiment l’apothéose. Sa remarque finale ne pouvait rester sans réponse :
- Si l’un des boiteux de ma connaissance vous doit crédit, je ne manquerai pas de le rappeler à votre bon souvenir. Vous pouvez compter sur moi, Messire Lorenzo !

La porte refermée, le bossu s’intéressa à cette espèce de devanture de la dernière mode en vogue à la cour de Fontainebleau. Il avait du mal à l’imaginer dans une arrière salle à piler des ingrédients, bouillir, macérer, réduire toutes sortes de préparations. Si ce qui avait été dit quelques minutes plus tôt sur ses lieux d’études était exact, ce charmant personnage ne pouvait ignorer le latin. La plupart des livres utiliser par la profession utilisaient en grande proportion cette langue du savoir. Par contre, Baudouin était persuadé que la brute de guerre n’y entendrait rien. Si des accords pouvaient être passés, autant limiter le nombre des personnes dans la confidence.

Il n’oubliait évidemment pas que son interlocuteur était un éminent membre de la Police de Paris, mais rien que sa remarque sur l’utilisation de poisons, le mettait au ban de la société. Son métier ne lui donnait pas autorisation d’utiliser ce genre de produit aussi fallait-il voir jusqu’où l’accord pouvait être mené. Il répondit donc dans cette langue chantante des poètes antiques, à la mode à la cour, le latin :
- Faisant commerce d’herboristerie et d’apothicariat, messire Vincenzo, ce serait en effet un honneur d’avoir parmi mes clients, un éminent membre des force de sécurité de notre bonne ville de Paris. Étant bien évidemment conscient, hélas, de la faiblesse, ou la petitesse devrais-je dire, des caisses du Châtelet ou de la Bastille, mes tarifs seront divisés de moitié pour toutes vos commandes. Quant à la qualité de mes fabrications, je ne peux vous offrir en garantie que ma réputation, et mes clients.
Il fixa intensément l’homme dans les yeux, cherchant à percevoir le moindre trésaillement, aux deux phrases qui allaient suivre, toujours en latin :
- Toutefois, en homme désireux de ne pas tomber dans l'illégalité la plus totale, vous comprendrez qu’il m’est impossible, ... à moi, de vous fournir des poisons, ... en main propre. Je ne voudrais pas que nous courrions à une incompréhension sur ce sujet, qui ne pourrait être que préjudice pour notre accord et nos professions, nous nous sommes bien compris ?
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mer Aoû 30 2006, 21:40

Vincenzo fut à peine surpris du changement de dialecte du bossu, le latin était la langue par excellence des médecins, apothicaires et herboristes, il la connaissait d'autant plus qu'il était Vénitien de naissance, il l'avait apprise au contact des meilleurs professeurs qu'il soit, il lui répondit avec une pureté et une qualité rare:

" Rassurez vous Monsieur, le Chevalier nous rétribue grassement pour nos services, nous avons tous un budget pour chacun de nos domaines respectifs, et le mien est aussi important que mon frére, seul Guntred en dipose d'un supérieur.... pour la livraison, ne vous inquiétez pas, vous receverez mes commandes chaque début de mois, une fois celle-ci achevé, demandez à n'importe gamin des rues de venir me prévenir, des hommes à moi s'occuperont de venir réceptionner la marchandise... mon organisation est trés bien huilé pour tout ca... 10 ans aux services du Doge cela ne s'oublie pas..."

Pour conclure son accord, Vincenzo afficha un sourire franc, et frais, mais par expérience, il ne lui tendit pas la main, même s'il portait des gants, il restait toujours sur ses gardes.

S'emparant de la plume, il la trempa à nouveau dans l'encrier, et fit de sa voix douce, joyeuse et posé:


" Bien signore, si nous passions à votre affaire, je l'oublie toujours, mais je suis de la police désormais, on vous a tiré dessus, celà mérite tout de même une enquête, Lassalle n'aime pas qu'on tire à tort et à travers dans ses rues, ca lui cause des aigreurs, et quand il est aigre, il est insupportable... Ma question va vous paraître banal: Avez vous des enemis monsieur ?"
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Baudouin
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MessageSujet: Enfin, l'enquête commence !   Jeu Aoû 31 2006, 21:35

- Des ennemis ? Pas plus que tout bon commerçant, messire ! Quelques animosités inévitables dues à la concurrence, mais rien qui puisse générer de tels actes de violence.

Baudouin se resservit du vin avant qu’il ne perde toute sa chaleur. Il se renfonça dans son fauteuil et regarda le policier avec sérieux :
- Il faut vous dire, messire que ce triste personnage qui n’a pas hésité à me tirer dessus et à tuer la pauvre Roussette pour l’empêcher de témoigner, est en réalité une très vieille connaissance. Je serais bien dans l’incapacité de vous donner son nom ou même de vous en faire une description précise mais cet homme a déjà sévit dans ce quartier, il y a quelques mois. Son carrosse a renversé deux enfants qui jouaient innocemment dans la rue. La fillette est morte sans que je ne puisse rien faire. Le garçon a eu quant à lui le bras déchiqueté. Vous l’avez vu tout à l’heure en entrant, c’est mon élève. Vous n’avez peut-être pas fait attention, mais il lui manque le bras gauche. Malgré tout, je suis parvenu à lui sauver la vie.

Les mains du vieil homme, après avoir reposé le gobelet, se crispèrent sur le pommeau de sa canne, aux souvenirs de ces tragiques événements.
- Il y a trois jours donc, j'aperçois ce même homme sortir de chez la Roussette. Et il faut dire que son commerce semblait lui avoir totalement convenu. Je l’invective et lui demande donc réparation sur le champ. Je sais, ce n’était ni très intelligent, ni très légal, mais quoiqu’il en soit, je vois enfin son visage. Hélas, un loup noir à dentelle rouge le recouvrait. Je ne vous apprendrai pas votre métier mais il est clair que seuls les Grands se cachent ainsi au sortir d’une maison des plaisirs pour éviter les rumeurs. Immédiatement le cocher a fait feu sur moi, avant d’abattre la Roussette sur ordre de ce chien masqué.

Baudouin s’interrompit un instant, juste le temps de vérifier l’impact de son discours.
- En bref, que puis-je vous dire pour le cas où vous pourriez permettre à la justice de suivre son cours ? Cet homme porte une améthyste à sa main droite qui par ailleurs est amputée du petit doigt. Il parle d’une voix sans aucun accent étranger. Son carrosse comme son cocher portent les couleurs papales. Et lorsque son cocher s’est adressé à lui, il lui a donné du ˝ Votre Éminence ˝. Malgré son loup, je peux vous affirmer que son visage était fardé, que ses cheveux sont noir corbeau et que ses yeux sont gris-vert.
Le bossu ne se faisait aucun doute, la justice n’aimait pas s’intéresser de trop prés aux personne influentes de la cour ou de son entourage. Cet homme était ouvertement un ecclésiastique de haut rang certainement et ne risquait donc rien.

Mais il était intrigué par cet étrange trio, leurs manières peu orthodoxes et par ce Lassale dont beaucoup parlait comme d’un empêcheur de tourner en rond. Il ne lui coûtait rien de lancer cette petite pierre dans la mare pour voir si elle ferait au moins l’ombre d’un remous.
- Je ne peux rien vous dire de plus, Messire Vincenzo.
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Jeu Aoû 31 2006, 23:04

Vincenzo nota le tout avec soin, de sa petite et fine écriture, les notes étaient prises selon le code Templier, pour éviter que tout le monde ne jete un oeil dessus, il avait décidé de coder tout ca quand il eut compris que l'affaire concernait un haut personnage...

Un Ecclesiastique, débauché et assassin, tout ce que détestait Lassalle, si on mettait la main sur ce sombre personnage, il était sûr qu'il allait mal finir, car s'il se jugeait surêment au dessus des lois, il n'était jamais à l'abris d'un accident !


" Bien, bien, nous allons nous charger, avec description aussi précise, il nous faudra pas longtemps pour le retrouver... Ensuite, je le plains, mon maître déteste trois choses par dessus tout: les moines, les libertins, et ceux qui se crois au-dessus de la Loi, il me semble être un concentré des trois... Je vous laisse pour l'instant, je dois aller recouper votre témoignage avec nos archives... Mais nous nous reverons sous peu..."

Déclara-t-il avec un petit sourire cruel, une lueur malsaine passa alors dans ses yeux, imperceptible mais significatif pour l'homme avisé, le visage de l'ange blond cachait un fond plus que noir.

Vincenzo rangea plume et encrier, remit son couvre chef, salua le Bossu d'une révérence, avant de quitter la boutique, suivi comme son ombre de la masse menaçante de Von Gortz.
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Lun Sep 04 2006, 13:42

Laurine encore secouée par la vision de ce qui s'était passé en pleine rue quelques jours auparavant, se décida de prendre des nouvelle du blessé...
Elle eut beaucoup de mal à connaître l'endroit où vivait cette personne car il fallait sans douter, personne ne le connaissait, ni n'avait eu vent de ce qu'il s'était passé !
Malheureusement la jeune femme touchait lors de l'affrontement n'avait put s'en remettre . Laurine avait réussi à faire venir un ami prêtre pour lui faire tout de même l'extrême onction, mais ceci ne suffit pas pour la ramener à la vie elle décéda donc et on laissa les filles qui l'accompagnaient s'occupper de prévenir sa famille si elle en avait une, ou tout du moins, ses amis.

On lui avait parlé d'un bossu, d'autres d'un chirurgien, quoiqu'il e soit Laurine ne savait pas trop où elle mettait les pieds, la seule chose qu'elle connaissait pour sûr de lui, c'est qu'il se prénommait Monsieur Baudouin. à partir de là elle avancait vers l'inconnu. Mais inconnu ou pas elle était bien décidé à prendre de ses nouvelles et lui apprendre la mauvaise concernant la jeune femme ( s'il se pouvait qu'il la connaisse);
Laurine arriva devant une bâtisse, hésita un moment avant de frapper mais se décida rapidement. Après trois coups donnés elle attendit dans les rues froides et calmes une réponse...
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Baudouin
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MessageSujet: Une Visite Inattendue !   Lun Sep 04 2006, 20:21

De son écriture soignée et appliquée, Baudouin inscrivant les dernières rentrées de marchandises, sur son volumineux tome traitant de la gestion de son commerce. Assis à son bureau, dans son échoppe, il recopiait le dernier mot, d’une courte liste lorsque de son inconscient remonta la conversation étonnante qu’il avait eu avec ses étranges portefaix de la Police de la Bastille. Quels personnages perturbés et complexes à cerner ! Mais quel plaisir de traiter avec des gens qui ne sont ni vulgaires ni raffinés mais tout simplement humains, avec cette petite folie qui parfois crée le génie et plus souvent, le débordement et l’extrémisme, mais toujours une certaine forme d’art.

Bien évidemment, ces derniers jours, il avait fait en sorte que le fameux Guntred soit identifié et mis à son tour sous surveillance. Ses contacts étaient dorénavant notés et de nombreux hommes à sa solde, traîtres à la Cour des Miracles, furent également repérés. Les ordres étaient formels, rien ne devait être fait contre ce réseau de renseignement de la Police de la Bastille. Il était beaucoup plus utiles d’identifier les capacités de l’ennemi que de démanteler une partie seulement du système qui de toute façon repousserait telle que la queue de la salamandre.

Les trois coups donnés sur la porte de l’échoppe le firent presque sursauter tant son esprit était absorbé par d’autres réflexions bien loin de sa boutique. Il chiffonna la liste qu’il venait de finir de recopier et la jeta dans la cheminée, comme il se dirigeait pour ouvrir. La jeune femme qui se tenait dehors ne résisterait certainement pas longtemps au froid agressif qui assaillit le bossu. Il libéra le passage et d’une révérence facilitée par sa bosse et son dos voûté, il lui signe d’entrer :

- Il est rare de frapper à une échoppe, jeune dame. Venez vous réchauffer prés du feu et contez-moi ce que peut faire un chirurgien-apothicaire, pour combler de joie d’aussi jolis yeux !
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Lun Sep 04 2006, 20:41

Laurine attendit un moment dans le froid avant d'obtenir une réponse. Elle tentait tant bien que mal de se réchauffer en soufflant dans ses mains et en resserrant son châle autour de ses épaules.
Le bruit d'une porte qui s'ouvre lui fit reprendre ses esprits, elle releva son visage dont les extrémités encore gelées étaient rougis comme à leurs habitudes !
Elle vit un homme au pas de la porte, se devait être sûrement ce blessé qu'elle cherchait depuis déjà plusieurs jours .
Il lui fit une petite révérence auquel elle ne tarda à répondre tout en lui souriant.


- Il est rare de frapper à une échoppe, jeune dame. Venez vous réchauffer prés du feu et contez-moi ce que peut faire un chirurgien-apothicaire, pour combler de joie d’aussi jolis yeux !

Ha ! Je vous remercie monsieur car si je serais restée plus longtemps je crois que j'aurais été aussi gelée qu'un bonhomme de neige !

Elle avait dit cela tout en entrant dans son échoppe, puis se tourna sur l'homme qui l'avait accueillit si chaleureusement . Elle n'en fut que plus étonnée car ce que les gens lui avait dit de lui ne correspondait pas du tout avec l'homme qui se tenait en face d'elle, et elle ne savait non plus qu'il était chirurgien et apothicaire ( ce qui la rassura dans sa tâche) Enfin, les préjugés habiteront toujours les hommes de notre époque pensa t-elle. Puis sortant de ses pensées elle s'aperçut qu'elle ne s'était toujours pas présentée à son hôte.

Excusez moi de vous déranger, je me prénomme Laurine...

Elle hocha rapidement du visage comme pour appuyer sa présentation.
Elle hésita et chercha ses mots car elle ne savait par ou commencer et ne savait non plus si ce qu'elle avait à lui dire...

...j'étais euh... présente quand s'est passé ... vous savez, dans les rues ...

puis ne sachant vraiment pas comment lui présenter les choses, elle oublia les bonnes manières et repris son naturel, elle s'avanca vers l'homme et fixa du regard son épaule où auparavant s'était logée une balle .

Pour être honnête je ne viens pas pour vos services !
Je voulais juste savoir comment vous alliez..
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Baudouin
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Sep 05 2006, 11:16

La jeune femme paraissait gênée, ce qui amusa Baudouin même s’il n’en montra rien. Dés les premiers instants, avec cette vieille habitude suspicieuse qui lui valait d’être encore en vie, une question évidente vint à son esprit. Cette jeune personne, d’un niveau social relativement moyen s’il en croyait sa vêture, travaillait-elle pour une organisation ? Se pourrait-il que ses visiteurs italiens aient déjà décidé de le tester ou simplement de mettre en place une charmante personne dans les relations établies du vieil homme ? C’est avec toutes ces questions en tête qu’il écouta la jeune femme, lui offrant de s’assoire dans le fauteuil le plus proche de la haute cheminée.

Ou alors elle était une excellente comédienne, ou alors son innocence était bien réelle. Baudouin reporta à plus tard cette tentative de classification et répondit avec un sourire des plus naturel :
- C’est fort aimable à vous de vous soucier de mon humble personne Dame Laurine. Mais c’est déjà de l’histoire ancienne. La balle de plomb n’a fait que de maigres dégâts. Et les connaissances en chirurgie que j’ai transmis à mon apprenti, liées à son sérieux et ses dons, m’ont permis de remettre rapidement. Voyez vous même, je me porte à merveille.

Le bossu exécuta une révérence digne d’une reine, en la ponctuant par un baise main gracieux :
- Par contre, vous me voyez fort contrit que vous ayez assisté à cette scène quelque peu déplacée et d’une rare violence. Veuillez m’en excuser et me permettre une question indiscrète ! Je ne vous ai jamais vu dans le quartier, voyagez-vous ?
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Sep 05 2006, 14:26

l'homme lui proposa de s'assoir sur un fauteuil proche de la cheminée, ce à quoi elle ne refusa pas ! Tandis qu'elle regardait les braises encore chaudes et rougeoyantes dans la cheminée, l'homme semblait la dévisager, ou essayait-il peut être de savoir s'il l'avait déjà vu, néanmoins elle ne put retenir son regard, elle baissa fébrilement son visage rougit, elle avait l'impression de revenir quelques temps en arrières, quand on la regardait elle la paysanne sale et aux cheveux non coiffés vendre les fruits de son dur travail ... En entrant au service de monsieur de la Bruyère elle s'était promis elle même que plus jamais elle n'aurait honte de ce qu'elle était réellement car seul son maître et ami était au courant de son passé, et seul il était, à avoir toute sa confiance. Et elle se refaisait un avenir et une vie grâce à lui.

Puis l'homme lui sourit, ce qui apaisa sa crainte et lui répondis tout en lui faisant une révérence exagérée qu'on accorderait à une personne haut placée, ce qui l'amusa beaucoup et ne put retenir de rire en le voyant effectuer cette petite galipette ironique qui avait pour final un baise main digne des plus grands chevaliers..

et bien mes inquiétudes ont été vaines alors ; Je vois que vous vous portez comme un charme !

elle lui fit un petit clin d'oeil amusé et se remit à rire de plus belle.
Elle se rendit compte qu'elle ne connaissait pas du tout ce monsieur, et pourtant comme le disait son enseigne, c'était un chirurgien, cela est toujours bon de le savoir. Mais Laurine n'était guère au courant de tout ce qui se trammé dans ces rues et de tout les nouveaux arrivants qui s'établissaient ici, elle ne sortait que très peu et toujours en compagnie du majordome de l'hôtel de son maître, qui était une de ses initiatives car il voulait qu'elle soit en sécurité car ces temps ci il traitait affaires avec plusieurs personnes . ce qui limitait ses déplacements.

je n'ai pas vraiment assistée à la scène, beaucoup d'autres s'en sont chargés à ma place ! je n'étais là que quand tout s'était calmé ...

elle baissa son visage en pensant à la jeune femme morte dans ses bras, elle aurait tout essayé pour la ramener vivante mais elle n'avait rien put faire .... l'homme ne semblait la connaitre plus que ça car il n'en avait fait aucune allusion, donc elle décida de ne pas en parler.

ho, vous ne me connaissez pas sûrement parce que je ne sors pas beaucoup, si ce n'est que pour aller au marché ou dans quelques boutiques. Je ne suis de ces gens connus par tous, je ne suis qu'une simple gouvernante qui fait son travail.

elle avait dit cela sur un ton plus mélancolique qu'elle ne l'aurait voulu, sa vie d'aujourd'hui la satisfesait complètement même si elle devait pour cela voir beaucoup moins de personnes qu'auparavant, elle s'en était habituée à la longue. Pour préserver sa famille, elle avait prit la meilleure décision.
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Baudouin
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Sep 05 2006, 19:50

- Je ne suis qu'une simple gouvernante qui fait son travail !

Cette phrase avait été dite sur un tel ton que quelque soit sa pensée profonde, la jeune femme parut bien triste et désabusée. S’asseyant en face d’elle, il agita lentement le pommeau ouvragé de sa canne, juste sous son regard :
- Ceci est une simple canne, c’est à dire un stupide bout de bois travaillé qui pourrait tout aussi bien finir dans la cheminée et me procurer un peu de chaleur, ce qui serait déjà largement suffisant, à lui donner une utilité bien importante dans ce monde de fadaises et de faux semblants. Et pourtant, ce simple objet m’est à aujourd’hui indispensable pour me déplacer, me tenir debout un long moment sans bouger, ou tout bêtement pour me défendre.

Il monta lentement sa canne pour que le regard de la jeune femme croise le sien :
- Si vous honorer votre travail de toutes les valeurs qui vous sont importantes, si vous respectez celui ou celle qui vous a offert sa confiance en vous donnant ce poste de gouvernante, si vous y mettez votre coeur et votre courage à rude épreuve pour atteindre la perfection, alors vous la plus importante de toutes les gouvernantes de cette ville. Ce n’est pas votre titre qui fera de vous un Grands, quoiqu’ils en pensent tous ! Mais votre force à vous imposer, et votre abnégation à ne pas regarder les obstacles qui ne méritent que votre mépris.

Il resta un instant plongé dans ce regard tendre et charmant, se disant qu’il aurait aimé le croiser vingt ou vingt cinq ans plus tôt. Il sourit à cette pensée fugace et leva son index entre eux deux :
- Lors de l’incident dans la rue, vous avez peut-être aperçu une merveilleuse enfant qui faisait commerce de son corps. Elle se nommait la Roussette. Voyez-vous cette enfant avait un métier qui empeste la méchanceté des uns, les abus des autres, et les jugements de circonstance des derniers. Et bien, la Roussette n’en avait cure. Il ne se passait pas une journée que son rire n’embrase de gaieté la petite rue du chat bleu. Elle était ainsi, respectueuse et fière d’elle-même, et surtout, consciente que les donneurs de leçon ne sont pas tous aussi savants qu’ils le pensent, car comme dit le proverbe, ˝ apprenez le latin à un âne et il fera un archevêque honnête ! ˝

Il se renfonça dans son siège, en murmurant comme pour lui-même; son rire me manque !
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mar Sep 05 2006, 20:28

L'homme s'assit face à elle comme pour lui murmurer quelque chose. il secoua brièvement sa canne comme pour y attirer son attention , elle baissa son visage comme pour mieux la voir, comme si elle était devenue tout d'un coup une oeuvre d'art qu'il fallait contempler pendant des heures pour y découvrir tout ces secrets cachés inavouables .
Puis comme pour soutenir son regard il leva la canne au niveau de ses yeux, ainsi laurine fut comme hypnotisée par son regard tout en buvant ses paroles chargées de réconfort et de tendresse. Ils restèrent un moment comme cela, plongés dans le regard de l'autre puis leva son index entre leur deux visages. Quand il eut finit, il se cala dans son fauteuil et murmura une chose qu'elle ne put comprendre.

Laurine reprenant ses esprits se mit à comprendre tout ce qu'il lui avait dit, et sensible comme elle est elle ne put retenir la vague d'émotion qui faisait rage en elle, mais elle ne voulait pas paraître faible et tenta de toutes ses forces de retenir ses larmes et essaya tant bien que mal à faire bonne figure face à cet homme qui s'était comporté comme un protecteur . Elle baissa son visage pour qu'il ne s'aperçoive des larmes qui commencaient à lui picoter les yeux puis cherchant ses mots elle releva la tête.

Merci monsieur, je ne trouve rien à dire d'autres que merci ! vous êtes si gentil et attentionné avec moi alors que l'on se connait à peine ... Si tout le monde était comme vous, je crois qu'on ne pourrait réver meilleur paradis !
J'étais venu prendre de vos nouvelles et voilà que je suis prête à pleurer devant un homme qui a reçut une balle il y a quelques jours ! Je suis désolée de mon comportement , mais heureuse que vous m'ayez partagé votre sagesse et votre affection !


Je n'ai l'occasion de rencontrer tout les jours des personnes telles que vous, mais quand l'occasion si présente je suis la femme la plus heureuse alors .
Je suis honteuse en pensant à cette jeune femme que vous connaissiez, alors que moi je suis là à m'apitoyer sur mon sort ...



Elle se sentit encore plus triste en pensant à cette vie volée qui profitait de chaque moment qui lui était offert ...
L'homme semblait lui aussi triste de sa disparition, Laurine n'osait dire quelque chose de plus, elle laissa un silence lourd de nostalgie s'installer dans la pièce. Il semblait perdu dans ses pensées, Laurine en profita pour le détailler un peu plus, c'était certes un homme à l'apparence désavantageuse mais c'était là l'homme le plus beau intérieurement qui lui était donné de rencontrer. Il avait un coeur et une âme qui le rendait plus beau et plus charmant que n'importe quel homme. Nul ne pouvait l'égaler à ses yeux . Peut être le bon Dieu ne lui avait pas donné la beauté physique mais il lui avait offert la beauté de l'esprit, qui elle est éternelle ... elle avait eu l'occasion de rencontrer deux personnes seulement dotées de cette plus belle qualité, le premier était son grand ami jean de la Bruyère et le deuxième se tenait assit face à elle
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Baudouin
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mer Sep 06 2006, 14:37

Baudouin laissa l’atmosphère s’appesantir un instant encore, pesant le pour ou le contre. Cette jeune femme affichait les traits d’une enfant sentimentale et perdue dans une cité froide et lugubre. Rien ne permettait de soupçonner cette créature sensible de jouer les espionnes. Son regard était trop vrai, trop ému, trop nature !
- Allons, allons ! Ne laissons pas de douloureux souvenirs assombrir cette journée d’hiver ensoleillée par votre venue.

Le bossu se leva d’un mouvement vif, et se dirigea vers la porte intermédiaire derrière laquelle donnait le petit palier desservant l’escalier et l’arrière échoppe, entre autres.
- Armand, prépare-nous un chocolat chaud pour trois et viens nous revoir, veux-tu ?
- Oui, Maître !
Le murmure parvint de la réserve où l’enfant se restaurait. Baudouin se retourna vers Laurine
- Toutes les cours d’Europe se font une mode de boire ce chocolat. Pourquoi devrions-nous nous priver ? Parce que nous ne possédons pas de particule ou de titre ? Que nenni ! Imaginons-nous dans le grande salle de bal de Fontainebleau et divisons depuis ce liquide onctueux.

Il mima une posture empruntée et de grands gestes maniérés. Même lui ne put se retenir de rire de l’incongruité de la situation, tout en rapprochant le petit guéridon qu’il posa entre eux deux, devant servir de desserte :
- Si vous n’avez jamais eu l’occasion de goûter ce prodige de la nature, laissez moi vous offrir cette découverte que nous dégusterons pendant que vous me parlerez de vos Maîtres qui sont certainement des biens bonnes personnes pour vous permettre ainsi une telle liberté de vie, pour une gouvernante, dit-il avec un sourire taquin.
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mer Sep 06 2006, 15:23

Laurine se sentit rougir, comme à chaque fois qu'on lui offrait un compliment.
L'homme se releva vivement et se dirigea vers l'arrière de l'échoppe pour y donner un ordre à une personne qu'elle n'avait soupçonnée la présence.

la salle de bal de Fontainebleau ?!.. oui ! et vous serez mon cavalier !

Laurine ouvrit de grands yeux émerveillés, elle se voyait vraiment dans cette salle de bal, tout lui paraissait différent, elle rit quand il faisait de grands gestes comme s'il jouait une pièce de théâtre. Elle l'accompagna se redressa pour se tenir exagéremment droite et fit des manières digne des plus grandes dames très guindées.
Il déplaca le petit guéridon et le mit entre eux.

non se sera une grande première pour moi !

Elle se sentit un air de gourmandise évoluer en elle en pensant à ce chocolat chaud !.. Elle n'en connaissait que les arômes mais n'y avait jamais goûté ( il était destiné aux personnes plus aisés ) mais se prit d'impatience de connaître la sensation de ce nectar fumant et aguicheur.

Et bien je n'ai qu'un maître et le considère comme ami il se prénomme Jean de la Bruyère, il est assez connu dans toute la région pour avoir sauvé la vie d'une personne haut placée, mais je ne sais plus qui désolée, et je dois dire qu'il vous ressemble beaucoup, peut être le connaissez vous ... mais pourquoi cet intéressement soudain pour mon maître ?!

La question de l'homme l'avait un peu étonné, mais elle n'y prêta guère attention, il lui avait sans doute posé sans grande préoccupation.
MAis Laurine ne pensait plus désormais, elle guettait chaque bruits et mouvement s'échappant de l'arrière de l'échoppe
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Baudouin
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Mer Sep 06 2006, 19:36

Il parut réfléchir un instant avant de poser sa main sur son coeur :
- Messire Jean de la Bruyère ! Son nom ne m’est en effet pas inconnu, mais je n’ai jamais eu la chance et l’honneur de lui être présenté. Notez que nos métiers et passions sont bien éloignés l’une de l’autre et que grand hélas, seul un hasard fortuit pourrait conduire nos pas sur le même chemin.

Il fronça les sourcils l’espace d’un instant repensant à la remarque de Laurine sur sa curiosité. Il répondit, le regard vers le sol, en une posture d’expiation :
- N’y voyez aucune arrière pensées jeune dame ! Mais aborder la conversation sur votre ami, donnait à notre entretien un ton moins cavalier que de vous questionner sur vous-même ! Surtout pour un homme tel que celui qui vous fait face, avec sa bosse et le double de votre âge. Il eut été discourtois de faire autrement.

La porte de communication s’ouvrit sur la réponse de Laurine, inondant l’échoppe d’une odeur forte et enivrante de chocolat chaud. Un enfant d’une dizaine d’années, revêtu d’un pourpoint, portait le plateau en un prodige d’équilibre sur une seul main, puisque l’autre n’existait pas, dans cette manche vide qui se balançait au rythme de sa démarche. Sa vêture n’en faisait en rien un domestique. Il déposa le plateau sur le guéridon avec dextérité et s’inclina respectueusement avant de faire demi-tour :
- Reste avec nous, Armand, tu as suffisamment travaillé pour aujourd’hui. Offre toi un instant de repos et viens donc expliquer le secret de ce merveilleux chocolat à Dame Laurine qui nous fait le plaisir de nous visiter, inquiète pour notre santé.
- Mes hommages, Dame ! Dans l’échoppe d’un apothicaire, il est impossible de dévoiler des secrets, n’est-ce pas Maître,
demanda l’enfant avec une espièglerie bien prononcée dans le regard.
- Alors ce sera pour une autre de vos visite, Dame, car il est le seul à savoir le préparer, je vous assure !

Et les deux garçons l’un bossu, l’autre manchot partirent d’un même fou rire, bientôt suivis de leur invité.
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MessageSujet: Re: "Au Mortier d'Or" - Maître Baudouin, Chirurgien -   Aujourd'hui à 05:50

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