1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Adrien de Chastignac

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Adrien de Chastignac   Sam Oct 21 2006, 19:14

parce que j'existe...

Lettre à Béatrice, vue par la pointe de la plume


Ma douce et tendre,

En ce 11ème jour d'octobre 1659, j'ai froid, si froid que j'ai voulu t'écrire une lettre enflammée en espérant me revigorer l'esprit.
Ton image me hante, mon bras fébrile m'empêche de te faire de jolis pleins et déliés comme tu le mériterais mon amour. Ah! Que oui, il tremble ce bras! Il tremble sans que je puisse rien y faire...
Et s'il ne tenait cette plume au service de ta louange, sache qu'il empoignerait un long couteau, tranchant, édenté, aiguisé à souhait! Je le tuerai! Oh oui! Dis lui à ton mari, souffle le lui à l'oreille pendant son sommeil! Sois le mauvais augure, mon ange, laisse le espérer n'avoir fait qu'un vilain cauchemar... Laisse le se sentir moite et poisseux sans bien comprendre d'où lui vient ce mauvais pressentiment... tu pourras sourire, mon amour, sourire de le voir si mal tandis que tu auras la perspective d'être bientôt si bien...
Toutes les nuits qui le sépareront de ce jour fatidique comme un stressant compte à rebours, il pourra rêver de cette ombre mystérieuse et glaçante, cette ombre plus noire que la nuit, dissimulée sous un capuchon qui la rend plus sombre encore... une faux à la main elle s'approche, quand soudain! Son visage lui apparait : il déglutit et lâche dans un mumure le nom d'Adrien de Chastignac!
Nom qu'il n'aura que le temps de prononcer avant que je ne lui tranche la gorge... et c'est lorsqu'il tentera vainement de retenir le flot de sang giclant de toutes parts qu'il s'apercevra ne plus rêver depuis longtemps.
Et tu seras libre mon coeur! Libre!
Je t'emmènerai par la main comme je le ferai d'une soubrette, nous nous glisserons dans la nuit tels les assassins que nous sommes déjà, et puis nous fuirons! Loin! Nous galoperons jusqu'a la mer et nous nous envolerons vers la Lune si c'est ce que tu veux. Là haut, jamais personne ne viendra s'interposer entre nous...

Je t'aime tant. Je ferais des folies pour toi. Que dis-je ? J'ai déjà fait tant de folies... j'en suis venu à tuer pour un sourire de toi. Je ne regretterai pas, j'en suis sûr.

Ton soupirant le plus dévoué;

Adrien.

Lettre à Béatrice de Vigny, vue des yeux embués


Mon amour, mon seul amour, ma vie, mon souffle d'air...

Lorsque j'ai reçu ta lettre ce soir en réponse à la mienne, je me suis attendu à un parchemin si long qu'il roulerait à mes pieds. Comment en pouvait-il être autrement, apres avoir fait attendre ta réponse trois jours ?

Et? Que vois-je ? Un petit billet de cinq lignes... Je m'en contenterais si... si, ô mon amour, je n'avais appris ces derniers jours à lire entre les lignes!
Tu arrives si bien, toi, à faire des lettres bien finies! Ta main est donc si calme ?

Tu me dis que tu ne veux pas la Lune mais le Soleil! Tu me demandes de ne pas m'enflammer si vite! Oh mon ange! Je ne te satisfais donc pas ? Ne pourrais tu vivre dans l'anonymat avec moi ?
Tu ne veux pas que je te prennes par la main comme une soubrette! Tu veux que moi je respecte ton rang! Moi ?! Ton frère! Ton amant! Mais mon Amour, si tu m'aimes, je pourrais faire les courbettes jusque dans le lit avant de te faire mienne! Mais est-ce que tu m'aimes ?
Tu m'ordonnes d'abandonner mes projets d'assassinat... au nom de quoi ?! De mon avenir ? Je l'ai déjà gâché depuis longtemps...
De la sagesse ? L'amour ne peut être sage! Je pensais que tu le savais...

Tudieu que mon coeur se fend d'un coup d'un seul. Tes mots m'ont tué.

Ton soupirant toujours plus dévoué,

Adrien


Lettre à Béatrice de Vigny vue d'un coeur qui bat


Mon unique Amour,

15 Octobre 1659. Je t'aime je t'aime je t'aime.
Oui mon Ange j'étais fou de penser à tuer ton époux. Oui j'étais fou de penser que tu m'avais joué. Tu m'aimes: ta réponse rapide et amoureuse m'a rassuré.
Oui je ferais tout ce que tu voudras. Je suis jeune, inexpérimenté, toi tu connais tout. Tu pourras tout m'apprendre. Je t'écouterai comme un bon élève, j'obéirai comme ton esclave.

Tu m'as remarqué en compagnie du premier homme du Roy ? Le comte de Saint-Aignan, tu veux dire ?
Oui, il me semble qu'un lien d'amitié naissant et encore fragile nous unit. C'est un homme plein de qualité et qui m'aide à faire ma place à la Cour. Sans lui, jamais nous n'aurions pu nous retrouver. Je lui dois beaucoup.

Celui qui t'aime,
Adrien


Lettre à Béatrice de Vigny, vue d'un sourire naif


Mon Ange,

Deuxieme lettre en un soir! Je ne puis plus douter de la réciprocité de mes sentiments. Ton écriture fine et précipitée me semble dire que ton coeur bat fort et vite. Est-ce à cause de moi?
Je n'en peux plus, tu me manques bien trop, j'ai besoin de ta présence. Te savoir si proche et inaccessible est plus qu'une torture...

Tu voudrais que je te fasses rencontrer ce Saint-Aignan ? Tu voudrais le remercier de ce qu'il a fait pour nous ? Je reconnais bien là ta gentillesse mon Ange. Tu le verras, je te préciserais la date une fois que je lui en aurais soufflé mot.

Je t'aime je te voudrais dans mes bras à cette heure.

Ton aimé,

Adrien

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Dernière édition par le Ven Jan 19 2007, 05:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Adrien de Chastignac   Mar Oct 31 2006, 17:26

Une petite pièce aux molles fumerolles s'est vue attribuer le doux nom de refuge feutré d'une dame que le désir avait consummé.

Cent mille lacérations ne sauraient faire d'elle une repentie, jamais pénitence ne serait assez douloureuse pour lui faire pardonner ses crimes. Alors elle les nie. Elle nie avoir une conscience. Et dans sa main une lettre, un billet enflammé que ses yeux survolent nonchalament.

Quoi? Elle aurait perverti son jeune frère pour le simple fait de s'amuser ? Quoi? Elle serait allé jusque dans son lit! Adultere! Inceste!
Oh ça va, on va pas en faire tout un plat. J'ai fait de lui un homme, apres tout. Regardez, le petit sait écrire maintenant!

Et elle jette ce papier avec morgue sur son bureau. Oh certes, il est loin d'être poète, mais c'est déjà ça.

Cette relation clandestine commence à la fatiguer. Ah, je ne dis pas que ce n'était pas excitant... au début... mais il devient trop pressant. Il voudrait faire de moi sa maîtresse officielle au mépris de toutes les règles. Quel petit idiot. Et dire que c'est mon frère. Mon propre sang. On se demande si on a été élevés par la même mère tous les deux.

Même dans cette ambiance tamisée on devine sous ce décolleté échancré une poitrine qui bat à l'idée du pouvoir... de la reconnaissance... non, juste du pouvoir. Béatrice reve de gravir les échelons sociaux. De Castelguard elle est devenue Vigny, mais ce n'est plus suffisant! Le Roy! Le Roy! Elle n'a que ça en tête.

Adrien n'est rien, n'est pas assez pour que leur liaison puisse durer. Il comprendra.

Quoique... Ne l'a-t-elle vu au bras d'un gentilhomme aussi ridé qu'une betterave fatiguée ? Oh, certes, ce n'est pas les rides qui l'interessent mais son costume... splendide. Son jeune coquet de frère s'était donc fait une relation haut placée à la Cour... pas si bête... presque malin, même.
Mais à malin, malin et demi.

Béatrice trempa sa plume vaporeuse dans son encrier et commença à faire crisser la pointe sur un parchemin. Il fallait qu'elle rencontre cet homme.


Seulement ses rêves de puissance furent brisés par la faute même de celui qu'elle rêvait rencontrer afin de s'approcher du monarque.

La voilà, deux semaines plus tard seulement, en train de surveiller Annette fermer ses malles.
Que n'avait-il besoin de dévoiler cette liaison dont elle avait honte ? Son mari ne l'avait pas même admonestée. Il lui avait juste ordonnée de le suivre en province, et la regardait d'un air suffisant qu'elle avait du mal à souffrir.
Si elle n'était si fiere, elle pleurerait.



Chastignac apprendra à être fier. Mais là, seul, dans sa misérable mansarde, déshérité, trompé, le coeur brisé, il laisse aller ses larmes et sa rage en serrant sa rapiere comme sa seule vraie amie.

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MessageSujet: Re: Adrien de Chastignac   Ven Jan 19 2007, 06:26

Il était temps de faire ses malles, il était temps de se remettre de ce choc, semblait lui dire Saint-Aignan, en lui proposant de l'accompagner à Fontainebleau.
Seulement, l'humiliation était trop récente, beaucoup trop vive encore, et il arrivait à Adrien de devenir rouge soudain, seul ou durant une banale conversation, sans que l'on y comprenne la raison. Sa pensée avait simplement dérivée vers Blois et la cause de ses malheurs...

Ah! S'il connaissait l'auteur des rumeurs sur son aventure avec Béatrice! Il l'éventrerait, arracherait ses tripes encore fumantes, le pendrait à un arbre avec, et contemplerait avec délectation son visage tirant au violet, l'écume sourdre au coin de sa bouche, le spectacle de son agonie spasmodique en somme.

C'était en vérité cet homme la véritable cause de ses malheurs. Mais puisqu'il ignorait son nom (et c'était heureux!) il transférait sa rage sur son père, seulement, étant également intouchable, il ne pouvait servir d'exutoire à sa brutalité.
Alors, dans chaque visage féminin il vit sa soeur, et elles paieraient toute le prix de son mépris.

Adrien arriva à la Cour de Fontainebleau comme un homme brisé et démembré par une vague déferlante; sans cesse fiévreux, souvent moqueur, parfois violent, mais très beau; à peine installé qu'il était déjà fiché : on le voyait comme le beau brun ténébreux plein de secrets et de paysages lointains à faire découvrir à celles à qui il ouvrait sa couche...

Saint-Aignan, ce noble Saint-Aignan, son ami, était le seul point d'ancrage qui empêchait la frêle embarcation appelée Raison de se laisser emporter par la rage de la tempête et de se faire anéantir par l'océan furieux.
En somme, il lui permettait de ne pas devenir fou, et de se contenir.
Grâce à lui, Adrien apprit à refouler sa nature fielleuse en public, et cela évita moult esclandres.... Seulement, déshérité, désargenté, si Adrien n'offrait plus le divertissement d'être voyant et violent, il n'avait plus aucun intérêt.

Et ceux de la Cour qui l'avaient remarqué l'oublièrent aussi vite; hormis les femmes qui s'ennuyaient et qui savaient trouver toujours chez lui, une place dans sa couche, et une vigueur au lit, assez plaisantes ma foi.
Toutefois, la couche avait le désagréable avantage d'être dans une des plus pauvres chambre du palais. Dommage...

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