1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Le Monde ce matin là possédaient des yeux...

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Coralie
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MessageSujet: Le Monde ce matin là possédaient des yeux...   Sam Jan 06 2007, 01:06

6 janvier 1664...

Un glacial jour d'hiver se dessine à l'horizon, cingle le visage par son vent du Nord et traverse cruellement les vêtements, des quelques passants. Le soleil d'un pâle inouï ne se montre que bien peu. Une journée où rien ne semble respirer, où chacun ne songe qu'à se réchauffer. Une journée tout à fait banale en somme, où on oublie tellement le monde, que l'on pense que celui-ci vous a oublié! Mais le monde ce matin là possédaient des yeux...Ceux-ci se posaient rêveurs sur les rues de la Capitale, et reflétaient un esprit fécond d'idées plus étonnantes les unes que les autres. C'est bien connu, il ne faut jamais se fier aux apparences! Qui aurait pu croire, qu'en cette morne journée se jouait peut-être le destin de tout un pays...

Ces yeux d'emeraude appartenaient à la richissime Marquise de Boisenslis. Elle s'était levée, depuis un bon moment pour s'adonner à sa toilette de présentation. Les objets fort nombreux à cet usage prenaient la moitié de sa chambre, si bien qu'elle ne pouvait plus aller d'une extrémité à l'autre de la pièce sans se cogner à quelque meubles. En effet, elle ne pouvait demeurer inerte, son esprit divaguait sans cesse avec frénésie. Passé, et futur s'entremêlaient sans lassitude aucune!

Passé certes! Combien de souvenirs avait-elle dans une pièce aussi semblable que celle de Boisenlis? Tout ce qu'elle avait ancré au fond d'elle ressurgissait à présent tel un fantôme.
Durant deux ans, elle n'avait pas cessé de pleurer sur un autre lit à baldaquin de soie bleu. La ruine, les dettes, les cris silencieux de son père qui se voulait digne. Il s'était enfermé ne voulait ni manger ni boire, ni même vivre... Le coeur de Coralie se serra. Non! Elle ne voulait plus se remémorer ces tristes années. Non plus jamais! Elle avait refait leur fortune, à la sueur de son front et désormais enviée par tous, elle allait être présentée à la Cour.

Et voici que le futur s'offrait de nouveau à elle!...Elle, la pauvresse! Elle la misérable paysanne, allait être saluée par des Comtes et des Ducs! Un sourire illumina son visage, et son regard s'en éclaira de malice...C'était une maigre exultation, mais elle l'apprécierait déjà à sa juste valeur, en attendant mieux...En patientant que l'heure vienne où tous paieraient d'être nés nobles! Mais pour l'instant, jouer, paraître, distraire, pour mieux les endormir. Etre comme eux, hypocrite et sournoise, pour mieux les faire plier. Rien ne se serait laissé au hasard, elle songea à nouveau à sa plus grande arme en sa possession et fixa le tiroir de sa commode, toujours cet enigmatique sourire suspendu à ses lèvres.

Neuf heures! Dans une heure ce sera le grand moment! Louis XIV en personne lui parlerait, Coralie se mit alors à courir dans les escaliers de marbre blanc de son hôtel Parisien et s'empressa de monter dans son élégant carosse, mais demande à son cocher de conduire lentement. La Duchesse d'Agenois et elle devaient se rencontrer dans une vingtaine de minutes dans la grande salle de la Résidence royale. Fort bien la ponctualité est la politesse des Rois, mais point celle des marquises...Celle-ci attendrait bien cinq minutes de plus. Elle n'en mourrait pas, en tout cas pas de cela...
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: Le Monde ce matin là possédaient des yeux...   Dim Jan 07 2007, 06:33

Cassandre s'était levée extrêmement tôt ce matin-là, ayant peu dormi. La journée semblait vouloir être fort sombre et froide. La grande pièce principale de ses appartements était aussi glaciale, ce matin-là, on avait négligé de ranimer les flammes et d'y ajouter du bois dans l'imposant foyer. La jeune duchesse se leva, réprimant un frisson, et s'attela à le faire d'elle-même, pour se réchauffer. Bien vite, le feu vrombissait avec une douce chaleur bienveillante, et la jeune femme s'installa dans un grand fauteuil confortable, emmitouflée dans une chaude couverture, pour observer les flammes monter, et pour méditer.

Il était encore très tôt, et le soleil ne s'était pas levé. On pouvait bien sentir par contre qu'il ne serait pas bien présent en cette journée maussade. Cassandre réprima un soupir, en s'accoudant au fauteuil, et en appuyant son menton sur sa main.

Tant d'événements, tant de choses s'étaient produites... Ce voyage, cette rencontre avec le Prince de Condé, la redécouverte de Paris, sa rencontre avec le comte de Chastignac... Les joues de la jeune femme prirent une teinte rosée à cette pensée, à ce souvenir... À celui de leur premier rendez-vous, et même de ce premier baiser, son premier baiser, en fait...

Puis elle pensa à sa terre, au feu duc son père, au roi espagnol, ainsi qu'à l'ambassadeur. La jeune femme n'ignorait pas le passé glorieux de mousquetaire de ce dernier, mais qui était totalement à l'abri des difficultés, des situations imprévues... des malheurs? Personne, en vérité. Et cela devait bien faire près d'un mois qu'elle n'avait eu aucune nouvelle, malgré ses recherches, ses démarches. Et puis... Elle n'osait nullement en parler avec le roi. Déjà il était si fort occupé, avec les arrivées d'ambassadeurs étrangers, et puis cette question si préoccupante des médailles hollandaises, et la pression insidieuse de l'Espagnol à ce propos...

Les pensées de la jeune fille furent interrompues à ce moment par l'arrivée précipitée d'Ophéliane. Elle l'accueillit d'un doux sourire, un peu mélancolique. Juste à cet instant, la grande horloge près de la cheminée sonna les sept heures et demie. Cassandre se leva donc et procéda à sa toilette matinale. La marquise de Boisenlis arriverait au château pour dix heures, et l'attendrait dans la grande Salle. Cassandre y médita tandis qu'Ophéliane lui remontait avec soin ses cheveux, laissant à dessein quelques mèches soyeuses et sombres retomber par dessous le savant entrelac, qui formait une couronne autour de sa tête.

Elle choisit pour la circonstance une robe dans les teintes pastel, qui soulignait avec grâce l'éclat de ses yeux verts et la blancheur naturelle de son teint, sans toutefois donner une impression intimidante. Pour seuls bijoux, la jeune femme prit un simple anneau d'or qu'elle passa à son annulaire droite et un pendentif orné d'une perle ronde et magnifique.

Ce serait la première fois qu'elle introduirait une autre personne à la Cour. Cette tâche l'intimidait légèrement, et elle espérait de toutes ses forces qu'elle serait à la hauteur. Cela, de toutes manières, lui permettrait peut-être de penser un moment à autre chose qu'à la succession ducale et à l'avidité de Sa Majesté Très Catholique...

Comme elle terminait de se préparer, les neuf heures et demie sonnaient à l'horloge. Cassandre sourit à cette constatation. Elle avait bien hâte de connaître la marquise, elle espérait que cette dernière serait amicale. Elle posa quelques gouttes de fleur de vanille et de rose derrière ses oreilles et sur ses poignets délicats, puis, pour passer le temps, elle s'installa à sa harpe et joua quelques airs crystallins et magnifiques.

Lorsqu'il fut moins cinq minutes, elle se leva dignement et, sortant de ses appartements, accompagnée de sa suivante, elle se dirigea vers la Grande Salle, heureuse d'avance de rencontrer un nouveau visage. En attendant la demoiselle, elle s'installa silencieusement sur un fauteuil, et se mit à composer quelques vers dans un petit carnet à la tranche dorée.
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Coralie
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MessageSujet: Re: Le Monde ce matin là possédaient des yeux...   Jeu Jan 11 2007, 19:19

-Dépêchez-vous voyons! Nous allons être en retard !

-Oui Madame, je vais lancer les chevaux à toute vitesse!

Le carosse finalement avait pris beaucoup de retard dans les ruelles de Paris, et la marquise arriva assez tard, lorsque celui parvint dans l'allée centrale de l'imposant édifice. L'horloge du château pointait sur dix heures moins cinq. L'essentiel était qu'elle ne soit pas en retard. Elle respira donc, un peu plus rassurée. Elle pénétra à l'intérieur de la résidence royale, et s'arrêta un instant, devant l'architecture fantastique qui y régnait.

Puis elle entra dans la Grande Salle, deux dames se trouvaient là, une mieux vêtue que l'autre, ce devait être la Duchesse d'Agenois. Coralie s'étonnait de trouver si peu de monde, en cette pièce s'approcha et s'inclina légèrement, son sourit était plus que forcé. Elle qui avait plus qu'envie d'etrangler les nobles, était obligée de leur faire des courbettes, mais parfaitement crédibles malgré cela. Son coeur ne se voyait pas dans ses gestes.


-Bonjour, je suis la Marquise de Boisenlis, ai-je l'honneur de me trouver en face de la Duchesse d'Agenois?

Coralie ne comprendrait jamais pourquoi, la jeune fille avait accepté sans même la connaître de la répresenter, à cette présentation officielle. De la gentillesse? Non les nobles ne connaissaient pas ce mot là. Non sans doute la réputation de la marquise! La réputation de sa fortune qui devait être enviée de tous! Qu'importe les faveurs données! Qu'importe tout était faux! Elle n'éprouvait donc aucun remords d'être autant hypocrite.

-Souffrez que je vous remercie tout d'abord de bien vouloir être ma marraine durant cette formalité.


Dernière édition par le Mer Jan 31 2007, 15:31, édité 1 fois
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: Le Monde ce matin là possédaient des yeux...   Mer Jan 31 2007, 14:17

Cassandre releva la tête à l'approche d'une jeune femme très élégamment vêtue et savamment maquillé, et l'apercevant, elle rangea immédiatement le carnet relié dans lequel elle avait noté jusque là, avant de se lever pour accueillir la marquise, avec un sourire chaleureux de bienvenue.

- Bonjour, marquise. En effet, je suis bel et bien la duchesse d'Agenois, et je suis sincèrement enchantée de faire votre connaissance, lui répondit-elle en lui prenant la main et en la lui serrant avec douceur. Croyez, mademoiselle, que de marrainer votre introduction à la Cour m'est un honneur, et j'ai réellement hâte de vous connaître davantage!

Elle s’empressa de la relever de sa révérence, son sourire à ce point lumineux et franc qu’il en faisait briller son regard d’une candeur presque enfantine. De la compagnie d’autres jeunes femmes, voilà ce qui avait manqué à la jeune duchesse, aussi surprenant que cela puisse paraître à une cour aussi vaste et aussi variée que l’était celle du roi soleil. Mais elle se souvenait avec terreur de ce qui s’était passé le fameux soir du jeu de Sa Majesté… Et depuis, la jeune fille préférait immensément demeurer en ses appartements, seule avec Ophéliane, sa servante, et parfois la baronne de Frenolec, également, qui elle allait et venait avec beaucoup de liberté.

Mais l’heure n’était pas à la mélancolie, mais bel et bien à la joie, puisqu’à présent, elle allait présenter une autre jeune femme à la Cour, tout comme on avait fait pour elle, à son arrivée. Elle espérait bien voir en cette jeune femme une amie, avec laquelle elle pourrait échanger, comme avec une soeur qu’elle n’avait jamais eue…
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