1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Saint-Aignan

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Saint-Aignan
Dramaturge


Nombre de messages : 337
Date d'inscription : 15/06/2005

MessageSujet: Saint-Aignan   Sam Jan 06 2007, 15:05

Mes chers enfants,

C'est à vous que je dédie aujourd'hui ce journal.
A toi surtout, François, mon ainé, toi qui prendras ma suite bientôt, toi qui déjà es un homme, toi qui sembles rejeter l'image de ton père plus que quiconque.

J'espère que lorsque le jour de ma mort sera venu et que tu découvriras ce carnet parmi ton héritage, ce récit de ma vie te permettra de me comprendre et de me pardonner, même si ce doit être à titre posthume.

Sachez d'abord, mes enfants, que si je ne suis pas présent à vos côtés ou que trop peu, ce n'est pas parce que je ne vous aime point. Etre un bon père, je n'ai jamais su l'être, mais l'amour paternel m'a cependant toujours habité.
J'aurais voulu, oui, quoique vous raconte votre mère, je serais à jamais rongé par le remord de ne pas avoir assisté à vos premiers pas, à vos premiers mots, à toutes vos premières fois.
Je regrette également profondément de n'avoir pu adoucir votre éducation que je devine, au vue de la mégère qui vous sert de mère, plus que rigide.

Ne m'en voulez point non plus de l'aigreur que j'ai pour l'image de votre mère... peut-être avez vous appris à l'aimer, c'est plus que probable. En cela, je vous admire mes fils, mes filles, car moi, je n'ai pas eu la patience de le faire.

Je ne vous dirais qu'une chose : S'il fallait gratter le fruit pourri pour trouver de la bonne chaire, mon nez par trop délicat m'a empêché de même l'envisager.

Pourquoi cette union alors ? Pourquoi unir le délicat et l'esprit, au grossier et à la bêtise ? Vous l'apprendrez par vous-même, peut-être François et Pierre le savez-vous déjà (votre mère vous aurait-elle présenté des prétendantes ?), que l'on ne choisit pas toujours son compagnon de route.
Ce mariage fut arrangé par mes géniteurs et ceux de votre mère, et je le regrette, oh, oui, amèrement! Cet union, celle d'un cygne et d'une poule d'eau, est la plus grosse déception de ma vie.
Je ne l'ai pas toujours considérée ainsi, pourtant, mais tandis que la vieillesse m'inclinait à la douceur, au contraire, l'âge rendit votre mère de plus en plus aigrie. Elle avait toujours été plus ou moins sotte, elle en était devenue invivable.
Je n'ai malheureusement pas su profiter de la consolation que vous incarnez, chers anges, et même si je suis inexcusable, au moins puis-je vous donner un semblant d'explication...

La Cour, mes chers enfants, si vous aviez connaissance du travail que j'accomplis chaque jour! Je n'en suis pas peu fier, je l'avoue, et je me mets à la tâche avec grand plaisir désormais. C'est un travail de tous les instants que d'être un proche de Sa Majesté, et c'est par cette vigilance constante, cette vigilance qui me retint loin de vous, que viendra un jour où Paul de Beauvilliers deviendra Paul de Saint-Aignan, duc et pair.
Car en ce jour de 1663, chers anges, le fruit de tant de dévotion auprès de sa Majesté vient de murir :
A partir des terres du Comté de Saint-Aignan, de la Baronnie de Chémery, des Terres et Seigneuries de Contres, Saint-Romain, Soings, Billy, Châtillon-sur-Cher, Thisée, Noyers, Châteauvieux, Faverolles, Mareuil, Sez, Coussy, Cloué, Poullay et Saint-Julien-de-Chedon, vient d'être érigée la duché-pairie de Saint-Aignan!

D'autres choses me rebutent à venir vous rendre visite souvent, notamment la présence de votre mère, qui me dégoute, me tyrannise et m'effraie. Oui, je suis un faible, mes fils, de me laisser ainsi dominer par ma femme, mais je suis surtout un homme du monde et du raffinement, et je ne pourrais jamais être fort et brutal; seules solutions pour réussir à la mâter.

Enfin, votre jeunesse, chers anges, votre jeunesse me vieillit, et votre père, plein de hantises, est envahi, détruit, rongé par ce mal qu'est la peur de déchoir.

Voici, mes enfants, la fin de ce préambule.
Je commence le récit de ma vie à partir d'ici.
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