1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Castelgard

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Castelgard   Ven Juil 06 2007, 21:09

S'en était fini de Chastignac.

Le bel Adrien, celui qui souriait d'un air satisfait tout en enfilant ses gants de peau et de dentelles, celui qui tortillait entre son pouce et son index le petit poil qui lui servait de moustache, l'Adrien aux jambes nerveuses qui sentait poindre l'Aurore de la félicité sur son horizon, il était fini.

Tant d'aventures, tant de mésaventures, et pourquoi ?

Mr Wayne répondrait sans doute que si Bruce est tombé, c'était pour mieux apprendre à se relever.
Malheureusement pour lui, Chastignac a hérité du visage du bellâtre Vincent Perez et non pas du splendide Christian Bale, aussi, lorsqu'il tomba, que dis-je ?, lorsqu'il dévala les escaliers la tête la première, le pauvre ne trouva point de père pour lui tendre la main et lui dire ces jolies choses si rassurantes.

Au fil des épreuves, il s'engouffra dans une jungle hostile qui l'éloigna de la civilisation et de la raison, et cependant, Adrien est loin d'être d'une nature autodestructrice. Il est simplement inconscient, incapable de regarder en arrière le chemin parcouru, d'élever son regard et son esprit au delà de la liane qui s'est empêtrée dans ses pieds. Et puis un jour, lorsque la forêt lui parait trop sombre, il fait volte-face : mais il est trop tard. Il a pénétré trop avant, il est sorti du sentier, plus personne ne le suit, plus personne ne le guide : il est seul, perdu, et en danger.

Puisque c'est ça, continuons jusqu'au bout, jusqu'au bout de la folie.
Mr Wayne n'était pas venu à lui pour lui dire que ses échecs le fortifiaient, alors il irait à monsieur Wayne.


Tel un d'Artagnan sur son canasson jaune, un Chastignac sur son étalon noir, qui avait perdu toute sa fougue depuis quelques miles déjà, se laissait porter à travers les prés glacés et les champs recouverts d'un tapis de minuscules pousses vertes.

Il faisait froid.

Adrien dirigeait à peine son cheval presque mort, et emmitouflé dans son manteau rapiécé, on l'eut crû mort. Si ce n'était qu'il réveillait parfois son destrier d'un coup sec d'éperons, lui saignant alors des flancs couverts d'écume figée par le vent d'hivers.

Lorsque le clocher de Blois fut en vue, le cavalier abaissa les rebords de son feutre et souleva son col, de sorte que seul son nez tordu puisse être remarqué.

Ce soir, il dormirait dans une taverne mal fréquentée aux abords de la ville, sans y entrer.

Il avait presque atteint son but.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Castelgard   Sam Juil 07 2007, 22:20

Un cavalier solitaire, suivi des yeux par le soleil levant qui le dardait de ses rayons protecteurs, se détachait de la steppe française, d'un rose matinal, par son allure sombre et secrète.

Le petit côté romantique de ce cadre bucolique hivernal n'avait en effet point l'air d'émouvoir notre jeune homme au nez brisé, qui ne faisait aucun effort pour s'accorder au paysage.

Il n'avait pas osé.

Il n'était pas entré dans Blois, afin de chercher l'hôtel particulier du comte de Castelgard, chercher son ancien père, incendier sa maison, égorger ses serviteurs et lui percer les yeux: il s'était ravisé.

Il errait à présent dans la campagne, en laissant divaguer son cheval noir qui n'avait décidément pas l'intention de crever de sitôt.

"Hôlà ! Poussez vous, Tudieu!"

Ce cri lui était à peine parvenu parmi le vacarme du roulement et du galop confus d'une voiture lancée à pleine vitesse, et Chastignac eut tout juste le temps de se décaler : le carrosse passa si près de lui qu'il en fut décoiffé et qu'il dut mettre sa main sur sa tête pour que son feutre reste en place.

La berline disparue, dans l'air flottait encore une nuée de poussière figée comme si le temps n'était devenu qu'une notion relative.
Mais une autre statue gisait là :
Adrien de Chastignac en personne.

La main sur le chapeau, l'autre tenant les rènes, la bouche entre-ouverte et les yeux bien ouverts, il paraissait avoir vu une armée de fantômes mongols à l'assaut de Paris.
Il ne pouvait cependant se targuer d'avoir vu toute une armée, mais certes il avait entraperçu un fantôme. Son fantôme.

Le carrosse portait les armoiries de Vigny.

Il transportait une dame brune.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Castelgard   Lun Juil 09 2007, 17:38

La statue de pierre que la vue de la Gorgone Béatrice avait crée ne fut pas longue à retrouver le mouvement de son état premier d'être humain. Dès que l'horizon engloutit le carrosse, en effet, le charme se rompit.

Alors, au risque d'achever sa monture coriace, certes, mais pas vraiment fraiche, Chastignac la martela de ses éperons :

"Avance, foutredieu, avance!"

Lachait-il, les dents serrées, alors que l'animal galopait déjà ventre à terre.

Le cavalier fou se rendit vite compte, malgré le vent glacé qui lui fouettait la face, asséchait ses yeux et s'engouffrait dans ses vêtements, que la voiture se dirigeait vers le domaine où il avait passé son enfance...

Son coeur n'en battit que plus vite; il ne sut d'ailleurs pas pourquoi il s'était mis à poursuivre sa soeur. Quelle démence l'habitait ?

Au bout de quelques minutes, le château campagnard, construit à la renaissance par un ancêtre survivant de Marignan, s'éleva de terre. Adrien comprit bien vite qu'il ne pouvait décemment pas entrer comme un dératé à la suite de la berline, qu'il talonnait d'assez loin pour ne pas avoir été remarqué : cela lui ferait perdre tous les avantages de l'avancée discrète qu'il avait tenu à garder jusque là.

De plus, il ne savait toujours pas quoi faire, une fois revenu. Si son père était là bas? Saurait-il se contenir ? S'il avait eu tout d'abord l'intention de mettre le feu à l'hôtel de ce dernier, c'était justement pour ne pas imposer au reste de sa famille la vue de leur fils disparu commettant un parricide ignoble.
Non, ce n'était pas pour ça. Il n'avait juste pas eu le courage de penser assassiner son père dans la demeure où il avait vécu tellement heureux.
Adrien était un lâche. Que ferait-il des réminiscences lorsqu'il contemplerait d'un air fanatique son sang chaud s'épandre dans le jardin où ils avaient joué ensemble munis d'épées de bois ?

Il s'assit sur sa selle et joua des rènes; le cuir chanta.

Là haut, de son petit promontoire, il contemplait sa maison sans que le soupçon d'une des émotions dont il était submergé de jaillisse de ses yeux immobiles.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Castelgard   Mer Juil 11 2007, 21:32

Béatrice étouffa un hoquet de surprise lorsqu'elle aperçut dans le miroir de sa coiffeuse un canon de mousquet pointé sur elle.
Grâce à l'intermédiaire de ce même miroir, Chastignac eut tout le loisir de contempler sur le visage de sa soeur les effets de la peur que son entrée silencieuse provoquait.
D'un coup, elle était devenue si pâle que le fard qu'elle allait s'appliquer était inutile sinon à cacher ses rides; elle fut même forcée de reposer le pinceau de maquillage pour ne pas montrer à cet intrus qu'elle tremblait : en effet madame de Vigny, au contraire de son frère, se voulait être un exemple de courage. Elle repoussa d'un geste violent sa petite bonne qui la coiffait sans avoir rien remarqué encore et se releva en faisant face, la tête haute, à l'homme menaçant.

La bonne s'en fut quand elle comprit enfin la situation, se faisant la plus discrète possible. Chastignac ne fit rien pour l'en empêcher. Ses yeux furieux ne quittaient pas une seule seconde Béatrice dans sa tenue négligée : elle était encore en chemise de nuit et seule une fine robe de chambre en soie couvrait ses épaules.

"Qui êtes vous monsieur ? Que voulez-vous ?"

Dit-elle en désespoir de cause, devant le dangereux mutisme de l'agresseur. Mais il ne répondit rien, et ne fit que la fixer plus intensément, d'une façon encore plus noire.

"Si c'est mon corps que vous voulez, sachez que je ne me laisserais pas faire!"

Elle se retourna vivement pour prendre puis brandir devant elle une longue épingle à cheveux qui pourrait certes marquer le comte d'une fort belle estafilade.
Cependant elle n'en eut pas usage, car l'autre se mit à rire, rire, d'un rire caverneux qu'il ne pouvait contenir. On notera qu'il n'abaissa pas son arme pour autant.

"Allons comme vous y allez! Croyez-vous que les appâts d'une femme de presque quarante ans...
-Trente-trois!
-Qu'importe! Vous êtes vieille, moche, démodée, pauvre et oubliée de la Cour, pourquoi un homme comme moi viendrait jusqu'au fin fond du trou du cul du monde vous chercher pour vous baiser comme votre mari ne l'a jamais fait ?"

Qu'il adorait l'humilier, le sourire aux lèvres!
De blanche, Béatrice était devenue rouge, saignante, à point même, presque bien cuite. Fûmante en tout cas.

"Je ne sais pas ce qu'est un homme comme vous!"
Vociféra-t-elle, en lui jetant à la figure la première chose qu'elle trouva sur sa coiffeuse, c'est à dire son fard.

Le pot cogna de plein fouet l'arcade d'Adrien dont la tête fut projetée en arrière, le coup de feu partit alors dans un vacarme assourdissant, mais n'atteint que le mur.

Tout se passa très vite. Mme de Vigny, d'abord estomaquée par la balle et la mort qu'elle avait frôlé, reprit vite de ses moyens en voyant l'assassin étourdit, aveuglé et étouffé par le nuage volatile, et courut vers la sortie bien que l'homme fit barrage.

Chastignac avait bien failli tout perdre, toutefois il n'était pas si aveugle que cela: lorsque sa soeur passa à côté de lui, il l'attrapa d'un bras puissant et rapide autour de la taille et l'attira à lui, l'empêchant de s'enfuir tandis qu'il finissait sa crise de toux.

La proie s'agitait pourtant, mais la mante religieuse resserrait sans cesse son étau alors que la poussière retombait finalement.

Lorsqu'il fut de nouveau totalement maître de lui, Adrien se permit de s'amuser de la façon dont sa soeur se débattait, se tortillait dans tous les sens : il la colla contre lui, son dos contre son torse, et put à loisir l'effrayer encore et encore par quelques attouchements dissimulés par la volonté d'avoir une meilleure prise.

"A moi! On m'assassine!"
Elle hurlait à s'en rompre la trachée, à tel point que le comte ne reconnut pas sa voix.
Il lui glissa à l'oreille, se délectant de l'emprise qu'il avait sur elle:

"Personne ne viendra. Nous sommes seul. L'unique valet de la pauvre maison de Castelgard n'est d'ailleurs plus en état de vous porter secours..."

Il sentait que désormais la peur maîtrisait bien mieux Béatrice que lui même: elle se tortillait avec désespoir et violence, l'excitant passablement.

Il la jeta sur le lit.

"A moi, on me viole!
-Oh, mais tu n'as pas toujours dit ça!"

Il la rejoint vite avant qu'elle ne put s'enfuir et lui agrippa les poignets, allongé sur elle, fixant son visage dans l'espoir d'une quelconque réaction de sa part.
Elle ne se fit pas attendre.
Le joli minois de madame de Vigny se décomposa. Elle avait enfin compris pourquoi le regard de cet homme lui disait tant...

"Par saint Georges!"

Elle en oubliait de résister. De toute façon Chastignac en oubliait de faire sa besogne.
Il souriait, content de lui.

"NON!"

Adrien n'eut pas le temps de comprendre pourquoi sa soeur avait ainsi hurlé, car se fut le trou noir.
Il avait oublié la petite bonne.

Alertée par les cris de sa maîtresse, la toute jeune Louison avait laissé de côté sa propre peur et avait pris son courage à deux mains: elle s'était armée d'un chandelier qu'elle brandissait à présent, tout sanglant, au dessus du crâne du comte au cas où il viendrait à se ranimer.

Mais il ne se ranima pas, il gisait là, la tête sur les seins de Béatrice.

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Jean Winderfield
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MessageSujet: Re: Castelgard   Mer Juil 11 2007, 22:50

(heu... il est... mort? J'aurais besoin de lui si vous ne le tuez pas Razz)
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Castelgard   Sam Juil 14 2007, 23:40

(il est pas mort mais de toute façon je pourrais pas te suivre dans tes scénars, j'écris mon dernier RP là)

D'abord, des voix qui se déforment et résonnent dans le gouffre sombre et vide de son crâne, ensuite, la sensation d'avoir pris une cuite, et finalement, la lumière comme une agression de plus.

Chastignac ouvrait les yeux sous les "allô ?!" de Béatrice qui claquait des doigts devant son nez, penchée sur lui.
Il gémit tel un ours bourru et voulut se redresser, il s'écroula cependant de nouveau. Il s'aperçut alors qu'il avait les poignets et les chevilles attachées aux rambardes du lit, et jeta un regard désorienté à sa soeur, qui souriait fièrement.

"J'ai pris mes précautions."

Elle avait pris ses précautions en effet mais elle l'avait également soigné. A ce propos, elle renvoya Louison et la bassine pleine de linge coloré d'un brun douteux.
Adrien se demanda à cet instant à quelle sauce il allait être mangé. Seul dans la chambre d'une dame, seul avec elle, uniquement avec elle, pieds et poings liés...

Elle se leva du lit dans un concert de frous-frous et s'approcha de la table de chevet. Lorsqu'elle revint, elle jouait avec un couteau qu'elle tournait d'une manière désinvolte entre ses doigts.
Adrien déglutit avec difficulté en tentant de mieux l'observer au risque de se tordre le cou. Rien à faire, son bras collé contre sa joue l'empêchait de jouir de la totale mobilité de sa tête.

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MessageSujet: Re: Castelgard   Mar Juil 17 2007, 04:10

[HJ: Morbleu, Éli, tu nous quittes, mais tu pars décidément en beauté!

Bigre, ce rp est tout simplement à couper le souffle!

Je me retiens à grand peine de faire intervenir un de mes personnages :3]

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MessageSujet: Re: Castelgard   Sam Juil 21 2007, 23:18

(merci c'est très gentil ça me touche bcp. J'ai une panne d'inspi là mais ça va repartir Wink )

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MessageSujet: Re: Castelgard   Jeu Jan 10 2008, 16:05

"Que... que comptes-tu faire?"

Tenta Adrien en désespoir de cause. Béatrice s'approcha un peu plus de lui, le décolleté en valeur, roulant du bassin comme une chatte et roucoulant comme un pigeon, des yeux concupiscents se baladant sur tout son corps. Chastignac se sentait comme une vierge nue devant un fauve.

"Et que penses-tu que je vais te faire?"

Susurra-t-elle à son oreille, si bien que son souffle lui chatouilla la nuque... alors que son couteau caressait sa gorge.

Chastignac était tout bonnement pétrifié, à la fois effrayé et mal à l'aise.
Béatrice grimpa sur le lit et s'assit sur lui, les jambes de chaque côté de son corps, parfaitement maître du jeu, et semblait en éprouver un plaisir démoniaque.

Adrien déglutit, et se mit à crier :


"Arrête là! Je n'aime pas ça!
-Quoi? Tu n'aimes pas qu'une femme te domine? Tu n'aimes pas te laisser faire? Tu n'aimes pas être à ma merci?"

La façon enjôleuse dont elle disait ça lui donnait presque envie de répondre "oh..si..." mais non, réellement, non, Chastignac se dégoutait d'éprouver du plaisir dans une telle situation. Il transpirait et avait froid dans le dos, et décida de se débattre comme un beau diable, au risque de rompre la circulation au niveau de ses poignets, pour ne plus que son attention ne soit accaparée par sa soeur.

Les yeux de cette dernière pétillaient d'une joie malsaine, et quand elle s'allongea sur son frère, le couteau toujours dans la main, il se demanda si elle allait le tuer après avoir profité de sa faiblesse d'homme.

Elle était collée contre lui, comme si les secousses de sa lutte contre sa captivité n'étaient rien.
Finalement, résigné, et épuisé, il cessa de tirer sur ses attaches.

Béatrice lui souffla au visage et l'embrassa sur la joue. A ce moment là, elle trancha les liens de son poignet gauche. Puis elle se releva, et le libéra complètement.


Adrien était abasourdi, mais réagit tout de même avec vivacité. Il prit la taille de sa soeur tout en se redressant pour l'empêcher de s'enfuir. Elle n'avait plus l'air de s'amuser, en fait, elle baissait les yeux, comme lasse, et triste.


"Tu nous a manqué, tu sais. A maman, surtout."

Un tel changement d'attitude laissa le comte fort perplexe.
Béatrice sortit du lit sans qu'il y opposa la moindre résistance, et elle commença à s'affairer à des bricoles sans importance, l'ignorant.


"J'étais venu pour le tuer! Et j'allais te tuer, aussi!"

Il hurlait. Sa soeur ne lui accorda qu'un vague regard et reprit le rangement qu'elle avait entreprit.


"Que tu es plein de haine... tu n'as pas changé. Tu as le nez cassé, cependant. C'est dommage. Je me souviens comme tu étais beau."

Adrien se laissa tomber sur le lit en poussant un gros soupir, puis il se retourna sur le ventre, agrippa l'oreiller, le colla contre son visage et fondit en sanglots.


Il pleura comme un bébé, balloté par le trop plein de sentiments qui s'emparaient soudain de lui au rappel de tant de souvenirs. Il était épuisé, vidé de toute énergie.

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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Castelgard   Jeu Jan 24 2008, 19:22

Béatrice carressa maternellement le front fievreux de son frère qui s'était endormi, une fois toute l'eau de son corps évacuée dans ses larmes. Même le nez brisé, il restait beau, ainsi vulnérable. Il restait son frère pour qui, elle ne pouvait le nier, elle éprouvait un tendre attachement.
Elle avait mis du temps avant de s'apaiser et d'admettre ce fait. Ce jeune garçon avec qui elle jouait dans la Cour de Castelgard, ce jouvençeau de qui elle s'était jouée à la Cour de Fontainebleau, ce bébé assoupi avec qui elle jouait la maman, c'était le même homme. Elle jouait toujours. A la balançoire, a saute-mouton, à la maman, elle jouait, mais différemment.
Ce soir, elle ne s'était jamais sentie plus adulte. Malgré son jeu.
Elle aussi, avait changée. Elle n'était peut-être plus vraiment la femme pour qui son frère avait éprouvé une passion brûlante, non plus que celle qu'il avait voulu supprimer. Ou peut-être encore un peu. Mais du moins, voulait-elle changer, après toutes ces années.


Elle s'agenouilla à son chevet et posa sa tête entre ses bras croisés, appuyée sur le matelas. Le souffle régulier de Chastignac lui réchauffait la peau et faisait virevolter quelques mèches rebelles. Elle s'endormit, à son tour.

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