1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Bouts-Rimes

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Juliette de Malavoy
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MessageSujet: Bouts-Rimes   Sam Déc 08 2007, 21:20

[Je vous prie d'excuser l'absence notoire d'accents. Ce n'est absolument pas dans mes habitudes, mais je n'arrive pas a les trouver dans le clavier anglais que je suis en train d'utiliser...]


Tout en re-ajustant son decollete plongeant et sans accorder meme le plus petit regard aux domestiques qui lui ouvraient la porte, Juliette inspira profondement, et se glissa dans le vaste salon.
A cette belle heure de l'apres-midi, il etait, comme on pouvait facilement s'y attendre, rempli de beau monde. Autour des petites tables, ou nonchalemment installes dans les boudoirs, le gratin de la societe francaise s'etait reparties selon les affinites, ou les interets, ca dependait un peu. Au centre, un groupe etait pleinment occupe a preparer une partie de bouts-rimes, et les equipes se formaient deja.

Curieuse, la jeune danseuse s'approcha, assez pour voir mais pas assez pour etre remarquee, d'un jeune homme en fort belle tenue, qui avait ete choisi pour roi de la partie, et notait avec application les couples de mots sur de petits bouts de papier soigneusement decoupes, puis, apres les avoir relus, les jetait avec un temps d'hesitation dans une corbeille decoree.
Tout autour, les beaux hommes de lettres essayaient, a grands renforts de beaux vers qu'ils pretendaient de leur invention, de rallier a leur cause les dames possedant, pour les uns le plus de verve, pour les autres, le plus de naissance, et pour les derniers, tout simplement, le plus de poitrine.

La taiseuse Juliette ne semblait entrer dans aucun de ses criteres, et, de toute facon, n'avait pas encore eu l'occasion de se faire remarquer dans toute cette effervescence. Avec un leger sourire enigmatique accroche a ses levres legerement colorees d'un delicat rouge coquelicot, en parfait accord avec sa toilette beige, elle observa l'assemblee.
Le roi de la partie terminait de ranger sa corbeille, et la posa avec ceremonie au centre d'une table basse, arrachant quelques exclamations satisfaites aux joueurs.
La jeune comtesse de Malavoy ferma quelques secondes les yeux. Elle aurait bien voulu se voir invitee par un participant de derniere minutes, ou voir apparaitre enfin son frere qui tardait tant et pour qui elle etait venue aujourd'hui...

[Un partenaire potentiel?]
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Evangéline
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MessageSujet: Re: Bouts-Rimes   Mar Déc 11 2007, 14:36

[Finalement, j'ai fait du decorum !Razz]

La neige tombait à grands flocons au dehors… Que faire ? Que faire sinon trouver un peu de plaisir et de chaleur dans la fièvre du jeu, au milieu de toutes ces belles langues si promptes à se délier, que ce soit pour se perdre dans la fourberie ou pour laisser éclater un peu d’esprit brillant. Les deux cohabitaient souvent d’ailleurs et rendaient ces langues là bien plus dangereuses encore…
Un thé fameux sur le bord de ses lèvres qui aimaient s’adonner à cette verve qui pique ou qui éblouit, Evangéline de Montberry trouvait divertissement avec ses amies proches ou simples connaissances sur les fauteuils de velours rouge chauffés par la douceur de la petite cheminée tout proche. Molière était là également, dévorant de ses yeux de chasseur de jupon aguerri tout ce que le salon pouvait compter en ce milieu d’après-midi de dentelles et d’éventails…


Derrière le petit groupe, une rumeur commença à courir. Evangéline jetta un œil curieux. Un coquet fariné et perruqué s’approcha :

- Mesdames, Monsieur Poquelin, ces gentilshommes et moi-même préparons une partie de bouts-rimés. L’envie vous viendrez-t-elle de vous joindre à nous et de nous accorder ainsi le bonheur de votre compagnie…

La comtesse de Sens poussa un petit cri exclamatif, un peu trop aïgu à la vérité pour sembler honnête et ne pas être risible :

-Oh, mais quelle charmante idée ! Voyons, marquis, comment se forment les équipes ? Dames avec messieurs, cela ne manquera pas de piquant !

Lançant une œillade amusée à ses amies qui l’entouraient et puisse retournant vers le duc, elle battit un peu plus fort de l’éventail pour charmer son interlocuteur. La comtesse avait le cheveux blond, la bouche et la gorge charnue. Certes, elle était d’un âge déjà mûr, plus rien d’une petite biche à poursuivre, et surtout bel et bien mariée, mais malgré tout, elle savait assez user de ses charmes pour obtenir quelques faveurs, tout en évitant l’écueil de la galanterie… Le duc ne put que répondre :

-Dames et messieurs, donc… Je ne vois pas qui trouverait à y redire ! Il faut bien un peu d’esprit féminin pour qu’une équipe ait quelque chance !

Le mot fit rire ses compagnons et les précieuses et l’on commença à se lever pour former les équipes et prendre place autour de la table de jeu. Les messieurs invitant les dames, Evangéline vit, assez naturellement, venir à elle Molière, sans qu’elle eût d’ailleurs à accepter ou non, faire équipe à la scène comme à la ville semblait s’imposer à tous les deux.

- Ah je me vois contraint de protester ! Mes amis, si ces deux-là s’asseyent face à face, nous sommes faits ! Par pitié, laissez nous donc quelques illusions de victoire !

Le duc qui tirait la chaise à la comtesse de Sens avec qui il faisait équipe avait lancé le trait de façon courtoise et même humoristique ce qui fit sourire l’assemblée et les deux concernés.
Le vieux Ambroise d’Estres qui assistait à la scène sans pour autant être engagé dans le jeu s’avança vers Evangéline :


- Je n’avais point de prétention jusque là sur mes talents de versificateur, mais si vous daignez être ma compagne le temps de ce jeu, je veux bien gager sur ma verve !

L’homme qui avait la soixantaine bien sonnée n’était plus tout à fait fringuant, mais il avait cet œil vif qui fait plaisir à voir. Evangéline et lui formait un couple atypique et inattendu, mais la jeune femme aimait cela et pourtant sans doute que si un autre vieil homme, même moins âgé que celui-ci, lui avait demandé d’être sa coéquipière elle aurait accepté à contrecœur. La galanterie un peu désuète d’Ambroise et ses petits mots toujours bien choisis faisaient la différence…
Elle lui prit donc bien volontiers le bras que celui-ci lui offrait et se laissa conduire jusqu’à sa place.


Molière, lui, regarda d’un air un peu chagrin sa comédienne et amie ne souffrir guère d’être séparé de lui, surtout pour un jeu comme celui-ci où ils auraient pu faire des étincelles. Mais il se ressaisit vite en accrochant du regard une tête blonde aussi agréable que tendre. A passer ses journées dernières avec Lully, il n’avait pu ignorer le cortège de jeunes et jolies Bacchantes qui gravitaient autour du virtuose des notes… Poquelin n’aurait pu dire son nom, mais il savait qu’il lui avait déjà été donné de se retourner sur ce visage ingénu comme sur tous ceux qu’il pouvait bien croiser au cours de la sainte journée… Son épouse Armande, bien qu’il la chérissait, était enceinte jusqu’aux yeux et ses sautes d’humeurs incessantes lui étaient pénibles… Si son état n’enlevait en rien l’amour qu’il lui portait, il le forçait à chercher ailleurs la légèreté et la simplicité qu’il n’y avait plus pour le moment entre eux car il semblait que quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, il n'était fait que pour attirer au dessus de sa tête les foudres de sa charmante, quoique sanguine, épouse...
Il s’avança de son pas à la fois ferme et faussement nonchalant, un petit sourire aguicheur au coin de la lèvre :


- Mademoiselle, d’un pauvre poète sans flamme, souhaitez-vous bien être la muse ? Pour ce jeu et ce jeu seulement, je vous rendrai ensuite à Apollon…

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Juliette de Malavoy
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MessageSujet: Re: Bouts-Rimes   Mer Déc 12 2007, 15:19

[Carrément, tu m'envoies le maître... Bon, tâchons d'être à la hauteur, alors.]

Ca riait, ça se taquinait et ça faisait de belles phrases...
Et Juliette, perdue dans cette joyeuse marée humaine, restait plantée là, le regard fixé avec impatience sur la porte. Mais quand arriverait donc Grégoire?

Citation :
- Ah je me vois contraint de protester ! Mes amis, si ces deux-là s’asseyent face à face, nous sommes faits ! Par pitié, laissez nous donc quelques illusions de victoire !


La voix forte et le ton amusé firent sortir la jeune danseuse de sa torpeur. Reculant de quelques menus pas pour laisser passer un couple, elle chercha du regard le duo à qui le trait était adressé.
Et le trouva sans grande peine... Qui à Fontainebleau ne reconnaissait pas le célèbre Molière, maître du Théâtre de Monsieur? Sûrement pas la demoiselle de Malavoy, qui avait déjà souvent eu l'occasion de le voir, afin d'arranger et d'accorder comme il se devait mises en scène et chorégraphies des comédies-ballets. D'ailleurs, à son bon souvenir, l'acteur n'aimait pas beaucoup son maître à danser... Voilà un point sur lequel ils étaient donc d'accord.

Par contre, la splendide dame en grande toilette assise à ses côtés, et qui s'apprétait déjà à suivre un autre gentleman pour l'occasion, elle ne lui connaissait aucun nom. Certes, son visage ne lui parraissait pas inconnu, mais où avait-elle bien pu la rencontrer?

Petit à petit, les gloussements des précieuses et les voix de baryton se turent, et les équipes, fébriles, attendaient que le roi du jeu vienne proposer sa corbeille au premier duo.
Un vieux comte s'épongeait le front, une jeune demoiselle arrangeait, de connivence avec son compagnon -un petit parvenu sans grand titre-, quelques petits bouts de papier suspects derrière son éventail. Tous ces petits détails, qui auraient sans nul doute intéressé personne, n'échappaient pas à l'attention de Juliette. Avec un léger sourire narquois, elle observait un beau militaire qui essayait vainement de faire de l'oeil à une quelconque damoiselle.
Et comme à son habitude, la fantasque, tout à ces petites futilités, ratait le principal de la scène...

Citation :
- Mademoiselle, d’un pauvre poète sans flamme, souhaitez-vous bien être la muse ? Pour ce jeu et ce jeu seulement, je vous rendrai ensuite à Apollon…


Elle en sursauta presque, puis, se reprit, et fit élégamment une petit révérence. Tout-à-fait conscient d'être le point de mire de plusieurs regards, elle s'appliqua à se dessiner un sourire timide.

"Ce sera un honneur pour le dieu, Monsieur, de pouvoir vous rendre service à travers son humble servante."

Acceptant le bras qu'il lui tendait, Juliette y posa légèrement sa main et suivi le poète jusqu'à deux sièges libres. Et, avec un air mi-mutin, mi-amusée, elle ajouta sur le ton de la confidence, jetant un regard en coin à Evangéline.

"Mais pour ce jeu, et ce jeu seulement, je vous rendrai ensuite à votre charmante Erato..."
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Evangéline
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MessageSujet: Re: Bouts-Rimes   Lun Déc 17 2007, 10:13

Le Poquelin qui, comme à son habitude, bavait presque devant les boucles blondes de son interlocutrice qui effleuraient gentiment son frêle cou et ses épaules laiteuses. Molière avait-il omis de dire qu’il avait toujours rêvé d’être une mèche de cheveux ? Allons bon, voilà qu’elle acceptait ! Son ego de vieux séducteur devant l’Eternel mis à part, l’auteur se voyait mal essuyer un refus devant toute la petite assemblée. Surtout qu’il offrait à cette demoiselle une chance, non négligeable, d’entendre son nom murmuré dans les couloirs et les salons de Fontaineblau dès ce soir, car disons-le franchement : il lui offrait la victoire… Au jeu des mots et de la rime, même Corneille, ou encore La Fontaine ne lui arrivaient pas à la cheville. On n’osait parler de Racine, dont le nom semblait porter la disgrâce avec lui…
En entendant la belle ouvrir la bouche, Molière fut quelque peu soulagé en réalité, il ne s’adonnait jamais à ce jeu sans connaître son ou sa partenaire et sans savoir ce que valait son verbe. Elle ne semblait pas sotte. En l’amenant galamment à son siège, Poquelin jeta un regard à Evangéline qu’un bon mot d’Estres faisait rire avec éclat. Le goût du défi faisait toujours battre son cœur avec ferveur et il se jurait bien d’asséner les couplets à ce couple là sans retenue.


-Erato, comme le nom est bien choisi !

Erato, Muse de la Poésie Elégiaque. Muse des vers coquins ou franchement libertins également… Alors là oui, il tenait de quoi piquer sa comédienne d’une petite vengeance dénuée de malice, mais pas de mordant, grâce à cette petite danseuse.
Il lui glissa à l’oreille tandis qu’elle s’asseyait :


- Oublions Erato, dont j’admire moins les talents que ceux de Terpsichore.

Puis il s’en fut en face de la demoiselle et s’assit, attendant avec fébrilité la suite, ou plutôt le début, du jeu.


- Mesdames, gentilshommes, tout le monde a-t-il gagné sa place ? Procédons… Qui sera le premier couple à versifier ? Choisissons celui ou celle dont le prénom est le premier parmi nous tous… _un coup d’œil rapide au tour de table et puis enfin le duc s’arrêta_ Monsieur d’Estres, Mademoiselle de Montberry, c’est à vous...

Evangéline retint sa mine contrite. Arg, que ne connaissait-elle mieux son alphabet ! Anne de Lattre était là, et la jeune femme se croyait à l’abri d’essuyer les plâtres du premier jet. Faux, Ambroise passait en premier…
Le duc tendit à Evangéline le petit panier garni de papiers pliés et elle se saisit du premier venu sans trembler et tandis que le panier allait à son compagnon de jeu, elle l’ouvrit et pu lire :


« chanson » et « moissons »

Alors que mille idées toutes aussi mauvaises les unes que les autres se pressait dans son esprit pour essayer de faire rimer avec cohérence et élégance ces deux termes, et qu’elle se savait épiée derrière les éventails, elle arbora un large sourire confiant et rendit son papier au duc qui le lut à l’assemblée, ainsi que les deux mots d’Estres qui étaient : « héron » et « Néron ».


*Voyez le joli quatrain qui se profile !*

Déjà, on commençait à murmurer dans les rangs des joueurs. Comment allaient-ils se débrouiller de ces quatre sujets qui n’avaient, a priori, aucun lien entre eux, de quoi faire un brin de poème… Dans leur épreuve, le couple avait cette chance d’avoir des rimes similaires, chose plutôt rare pour être digne d'être signalée...
Ambroise d’Estres dut commencer, selon le tour de jeu imposé, et Evangéline put lire de l’amusement dans ces yeux plutôt que de la panique ou de la fébrilité. A son âge, le vieil homme n’avait plus guère d’esprit à démontrer à qui que ce soit, sinon à sa partenaire dont il savait le goût des bons mots et qu’il n’aurait su décevoir.
Il entama en accrochant le regard et l’attention de son auditoire comme un conteur :


- Laissez moi vous conter ma fable d’un héron
Qui, croyez-le ou non, se prenait pour Néron


Le couplet était simple mais entamait plutôt bien les hostilités et trouva à arracher quelques petits gloussements dans les joueurs, bien ravis de n’être tombés sur cette série de mots !
Les regards se portèrent cette fois sur Evangéline qui s’octroya ces quelques secondes de rires contenus pour composer à toute vitesse un couplet digne de ce nom. Elle lâcha finalement en reprenant le style d’Estres :


- Et c’est ainsi que poussant une de ses chansons
Dès la première note, embrasa toutes les moissons.


On attendit une petite seconde pour remettre tout le quatrain dans son ensemble et puis finalement, on applaudit, on félicita et les deux protagonistes purent se croirent sauvés pour un instant.

C’était timide, c’était léger, mais pas si mal pour une tentative… Le jeu promettait d’être dur aujourd’hui et le combat, féroce…



[Je dois dire que je fais de mon mieux, mais mes talents de poète sont très très limités! Razz]

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MessageSujet: Re: Bouts-Rimes   Lun Déc 17 2007, 18:01

[ EEEEvyyyyyyy! J'a-do-re! quel jeu de mot sublime w00t ]

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Juliette de Malavoy
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MessageSujet: Re: Bouts-Rimes   Mar Jan 01 2008, 17:53

[Que dois-je dire des miens, alors, hein?]

Après le petit peu d'appréhension qu'avait eu Juliette à l'idée de devoir se montrer à la hauteur de Molière, elle finit par reprendre son calme et son sourire en coin sous ses compliments. Comme quoi, le poète n'en était pas moins un homme, et de cour, de surcroit...

Le quatrain de la belle amie du Poquelin lui arracha un léger sourire. C'était un peu gentillet, certes, mais pas dénué de charme. Sentant le regard de son poète de cavalier se poser dans son cou, elle se permit de lui adresser un léger sourire enjôleur.

"Vous croyez-vous à la hauteur du défi?"

"Toujours."

Cette brève réponse signa le terme du petit échange: un nouveau duo venait de tirer ses papiers. Le comte et la comtesse, après un instant de rire dû aux mots pour le moins originaux qu'ils avaient tirés, se concentrèrent dérechef.

[Je continuerai plus tard, mon inspiration poétique est en grève... Je me munirai d'un dictionnaire des rimes et d'un recueil de poèmes, la prochaine fois...]
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Evangéline
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MessageSujet: Re: Bouts-Rimes   Dim Jan 13 2008, 16:38

[On fait ce qu'on peut! C'est que c'est pas simple en plus ce jeu là! Razz]

Voyant qu leur quatrain avait fait mouche, du moins avait lancé le jeu sans dégringolade, et que le relais passait à un autre couple de joueur, Evangéline s'adossa dans son siège et prit enfin le temps de considérer avec plus d'attention le petit groupe qui s'était formé autour de la table de jeu. Machinalement, elle se mit à chercher Molière du regard, elle ne l'avait plus vu depuis qu'ils avaient eut à former de nouveaux binômes.
Elle l'apperçut au bout de la table, lissant sa moustache alors qu'il parlait. A une dame ou demoiselle forcément pour qu'il s'adonne à ce geste qui dans son langage était employé pour la séduction... Dieu que Poquelin était d'un prévisible...
La jeune femme suivit alors la direction que prenaient les yeux et toute l'attention de Molière et s'arrêta sur une douce et frêle créature aux cheveux dorés. Evangéline se sourit pour elle-même. Prévisible bien sûr... Des partenaires de jeu (de mots cela s'entend! Razz) potentielles, il n'y avait que de ça autour d'eux et il avait jeté son dévolu sur cette ravissante enfant... Pas sur la duchesse quinquagénaire d'à côté qui arrivait avec peine à faire passer son trop grand embonpoint à travers les portes...
Evangéline songea alors que si Armande avait été là, en lieu et place, pour assister au spectacle maintes fois répété de son époux jouant les jolis-coeurs, de boucles blondes, ni de moustaches, il n'y aurait plus!



Absorbé qu'il était à minauder devant sa nouvelle Muse de jeu, Molière n'entendit pas les applaudissements qui concluaient le quatrain du couple précédent et ne vit pas leur tour venir.
La petite corbeille à papiers s'agita sous son nez et sans plus s'en formaliser en choisit un avec une nonchalance toute étudiée tandis que sa compagne ouvrait déjà le sien.

Poquelin devait composer avec: "mouche" "bouche" (je te laisse choisir tes propres rimes! Wink)

Sans même s'accorder une pause de réflexion, l'auteur déclama à brûle-pourpoint:


"Espiègle petit grain qui danse avec ta bouche
Laisse moi l'attrapper de mes lèvres, cette mouche..."


Les coquettes cachèrent derrière leur éventail l'émois qu'avait vu naître sur leurs pommettes blanches un couplet si frivole... Les messieurs réprimèrent un petit rire qui montrait leur réceptivité à cette petit touche libertine. Molière était Molière...
A la demoiselle d'enchaîner avec ses rimes...



[Je me suis permis de choisir les mots de Molière, mais si tu veux le prochain coup tu choisiras les mots pour le couple avec Evangéline et vice-versa, l'exercice pourra être intéressant! Wink]

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MessageSujet: Re: Bouts-Rimes   Mer Jan 16 2008, 15:38

[ hj : permettez, Mesdames, à une Demoiselle esseulée de s'immicer dans cette brillante soirée]

Au sein des admirateurs de la poésie en action, la Duchesse de Montpensier, Princesse de sang, se fit une place... Quinconque eut rêvé lui boucher la vue eut encouru son courroux, et, au sein de la Cour, peu avaient l'envergure à s'opposer à son Altesse, cousine de Louis le Quatorzième, Marraine du Roi...

Elle amena sa grande carcasse de déjà vieille fille au coeur de l'action, elle voulait voir le grand Molière concourir. Sa robe, trop richement chamarée même pour une soirée de cour, faisait une tache écaralate dans l'assemblée, tache complètée par une parrure fort couteuse de rubis des indes, parrure ancienne venant certainement de Catherine de Médicis, ou de Margot de France... en tout cas d'une des aïeules de la fille de Gaston d'Orléans.

Elle ne disait mot, la Grande Demoiselle, mais néanmoins salua celle qu'elle reconnu comme la jolie amie de Bonne d'Heudicourt d'un coin d'éventail...

Elle eut un grand rire, accompagné d'un rougissement de ses joues un peu creuses au coquin vers du grand Poquelin... décidement l'Auteur était encore vert ou du moins aimait-il ç le faire croire. La Duchesse avait noté déjà le choix de la jolie courtisane comme partenaire de jeu. Molière avait réputation à défendre, et il adorait la rendre encore plus sulfureuse.

Elle se demanda s'il lui faudrait un jour le défendre, elle savait qu'un jour le colérique Louis se lasserait des provocations de l'auteur... Serait-elle celle qui, de par ses moyens financiers considérables, le soutiendrait ? Uhm, pensa la non belle, pourquoi pas ? Le diable était amusant, charmeur, et pouvait devenir allié de poids en cas de conflit, pouvant parodier, baffouer, par pièce interposée, qui que ce soit.

Elle devint donc, à ce moment, "fan" du Poquelin et le montra dès ce moment à cette table ...
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