1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Jeux d'esprit et jeux d'adresse

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Henriett
Invité



MessageSujet: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mer Aoû 03 2005, 09:42

Madame venait tout juste de sortir de ses appartements, portant une nouvelle toilette, plus en accord avec l'esprit ensoleillé de ce magnifique après-midi. Elle avait profité du temps quelques heures plus tôt, se laissant aller à l'un de ces passe-temps favori : la chasse. Celle-ci n'avait pas été mauvaise, loin s'en fallait si l'on comptait les perdrix, le lièvre et le daim qu'elle et ses gens avaient débusqués dans le bois rempli à foison de Fontainebleau. Est-il bien utile de préciser qu'il était naturellement besoin de changer de tenue en rentrant, sous peine de ne plus correspondre à l'image de finesse et de grâce qu'elle se devait de tenir ?

Mais son esprit était décidément aux plaisirs aujourd'hui, et l'envie de jouer succèda à l'envie de chasser. Pourtant on aurait bien eu tort de la croire frivole, son esprit étant plein de toutes les intrigues qui se jouaient à la Cour, y mettant parfois plus que son nez pour les orienter dans un sens qui lui agréait plus. C'était précisément pourquoi elle se trouvait dans cette salle, à la recherche d'un partenaire de jeu. Elle n'avait d'ailleurs pas de préférance dans l'immédiat, ne désirant que s'adonner au plaisir de relever un défi, quel qu'il soit, des cartes au billard, peu importait.

Dans son élégante robe d'un bleu tellement pâle qu'il paraissait presque blanc et réhaussée de perles et de fils argentés et dorés, la Duchesse d'Orléans semblait à l'apogée de sa jeunesse. Son joli visage esquissa une moue déçue lorsqu'elle pénétra dans la salle : personne. Elle qui était heureuse de se trouver sans suivantes pour une foi, alors qu'elle n'était pratiquement jamais seule à part dans ses appartements, et qui s'en agaçait souvent....

Mais un mouvement attira son regard vers la porte opposée de la salle. Son expression se fit curieuse, tandis que son attitude se faisait à la foi plus fière et aguichante en même temps.

( Invite à qui veut bien la prendre ^^)
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Aoû 04 2005, 12:12

Saint-Aignan, apres l'audience que le Roy lui avait accordé, se dirigeait vers les grands appartements où d'ordinaire des joueurs de billard, de cartes, des grands chanceux ou des sans-le-sous se tenaient prêts a faire partie avec n'importe qui tant qu'ils pouvaient enfin s'amuser sans guetter le moindre regard du Roy qu'il fallait constamment suivre.

François, lui, n'avait plus besoin de chercher sans cesse a attirer l'attention de son monarque, sa carrière était déjà faite, elle était arrivée au plus haut point et il n'en était plus a quelques sourires pres. De plus son Roy, il l'aimait comme le fils dont il n'avait jamais pu s'occuper, il donnerait sa vie s'il le fallait pour le sauver, du moment qu'il ne mourrait pas en ridicule. Alors le suivre chaque jour, poser ses pas dans ses traces, attendant patiemment un ordre de son souverain n'était pas une corvée.... sauf en ses mauvais jours.

Le comte n'appréciait donc pas les jeux de cartes pour la même raison que les autres courtisans. Il ne cherchait pas à se faire une fortune déjà conséquente ni à savourer un moment de liberté sans le Roy.... ce que François aimait, c'était la compagnie des dames et damoiseaux qui déliaient enfin leur langue, tenue auparavant par le respect du monarque. Ainsi les rumeurs passaient souvent par les jeux, et Saint-Aignan, en intéressé de ces choses-là, se faisait bien remarquer. Et ce n'était pas pour lui déplaire.

Mais là, le vieil homme savait qu'il ne trouverait pas grand monde. Il n'était pas encore 18h, et le Roy n'avait donc pas commencé une partie de carte où il laisserait ensuite son jeu a un chanceux gentilhomme pour partir travailler.... Ou parfois visiter son fils furtivement, mais ça, c'était un secret bien gardé de François.
Donc celui-ci, ce soir, venait surtout pour être tranquille et se détendre un peu. Il avait quitté son service quelques minutes avant la fin, Louis ne le remarquerait même pas.

En vérité, il se sentait mal... durant l'audience, il avait été question de Mlle de Louvais. Ca avait été rapide, mais Chastignac avait été mis en cause. Et lui, son protecteur, n'avait rien dit, rien fait pour le défendre. Il était resté de marbre... Et cela le travaillait, beaucoup même. La vengeance n'avait jamais été son dada, Saint-Aignan n'était pas d'ordinaire un homme rancunier. Cependant il avait des raisons de l'être cette fois, et il fallait absolument faire un effort pour respecter ses engagements.

Il entra donc dans cet état d'esprit, et accueillit le vide de la salle avec un sourire.
Ses yeux balayèrent le lieu avec soulagement visible, quand ils s'arrêtèrent sur une femme qui semblait aussi heureuse de sa venue qu'il était déçu de sa présence, à elle.
Mais lorsque François la reconnut, il comprit qu'il ne pourrait pas se désister, ce serait vraiment la pire idée qu'il n'aurait jamais eu.

Il s'approcha donc, s'efforçant de sourire et s'inclina en un baise main.


-Madame, vous rayonnez ce soir...

Il avait dit ces mots d'une voix plutôt suave, le pensant vraiment. La duchesse régalait, comblait vraiment le regard d'un homme. Sa beauté n'était pourtant pas angélique, loin de là... c'était une splendeur meurtrière qui, telle une araignée, ne vous laisse pas ressortir vivant une fois que vous êtes pris dans sa toile. En effet, en plus d'être belle, tous savait la coquetterie, l'exigence allant parfois jusqu'a l'intolérance d'Henriette. Un homme qui lui déplaisait n'était plus un homme.

François s'était relevé et hésitait à formuler l'invitation aux jeux avant elle, ne sachant pas si elle prendrait cela comme un affront a son rang, ou s'il ne le faisait pas, le trouverait-elle grossier quant a son statut de femme ?

Saint-Aignan prit partit de la deuxième solution, et montrant une table d'un geste gracieux de la main, il prit la parole d'une voix douce et engageante :


-Vous plait-il de jouer en ma compagnie, Madame ?
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Henriett
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Aoû 04 2005, 13:15

Le regard de la Duchesse ne changea pas lorsque Saint-Aignan fit son entrée dans la salle. Mais ceci n'était du qu'à son habitude des usages de la Cour, car à ses yeux, le nouveau venu avait une signification toute particulière. Ce n'était pas simplement le fait qu'il soit si proche du Roy, et certainement pas celui qui en faisait le pivot des rumeurs, les accumulant et les redistribuant sans que rien, ou peu sans fallait, n'échappe à son oreille attentive. Et la plupart de ces scandales étaient dés lors très rapidement connus. La plupart...Non, ce qui aurait pu refroidir la jeune cousine du Roy, c'était bien plutôt qu'elle le savait à l'origine des difficultés qu'elle avait pour se renseigner concernant la relation de Louis XIV avec ses favorites et particulièrement Mlle de La Vallière.

Mais rien ne parut dans son attitude, et elle tendit la main vers l'homme en toute bonne grâce apparement. Son sourire paraissait lui aussi tout à fait franc. Cependant, cela lui était moins difficile qu'à l'ordinaire car elle se trouvait d'humeur joyeuse et enjouée, prète à partager son temps entre le jeu et des discussions à demi mots, toujours attentive àun éventuel lapsus de son interlocuteur. En compagnie, ils se valaient bien tous les deux pour faire parler ceux qui les entouraient pour en apprendre beaucoup.

Elle inclina légèrement la tête au compliment.

" A dire vrai Monsieur, il me plairait fort de me mesurer à un esprit et à une habileté comme les votres."

Ce qui naturellement pouvait dire bien plus qu'il n'y parraissait. Trompe l'oeil et faux semblants étaient de maîtres mots à la Cour du Roy de France.

Elle prit place avec élégance à la table qu'il avait désigné, saisissant les cartes soigneusement posées en son centre. Alors qu'elle les battait de main experte, elle reprit :

" Hé bien Monsieur, vous êtes connu en ces lieux pour votre connaissance de la Cour, si bien que j'ai entendu l'une de mes suivantes remarquer que vous connaissiez parfois les évènements avant qu'ils ne se produisent. Mais parlez moi plutôt de votre journée, vous semblez las quelque peu. A-t-elle été si éprouvante ?"

Elle haussa joliment un sourcil, puis posa les cartes près de lui, le laissant couper. La manière dont il distribuerait annoncerait de quelque jeu il s'agissait, et le fait qu'elle lui donne les cartes, signifiait qu'elle lui en laissait le choix.
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nicolas
Invité



MessageSujet: inspection de la salle de jeux   Ven Aoû 05 2005, 19:17

L'abbé de Gondi, après avoir profité d'une nuit de sommeil réparateur, décida de visiter le domaine. Il se souvint que ses ennemis intimes, les nobles, passaient leurs journées à se prélasser dans le jardin ou en salle de jeux. Pénétrant dans cette dernière, il vit à une table deux personnes jouant sérieusement à ce qui ressemblait à une partie de cartes.

- Il faut que je fonde dans leur environnement, sinon tout sera irréalisable... pensa t-il.

Il étudia attentivement les mimiques, les gestes, les rituels, les dialogues...


{ EDIT BY ADMIN : J'ai fusionné les deux messages....}
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Saint-Aignan
Dramaturge


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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Aoû 05 2005, 23:44

Saint-Aignan comprit immédiatement à l'air de la duchesse que non seulement il devrait jouer aux cartes, mais user de son esprit sans jamais relâcher son attention. Madame ne lui ferait pas de cadeau, a n'en point douter. Cette soirée serait loin de la tranquillité qu'il avait imaginé.

Citation :
" A dire vrai Monsieur, il me plairait fort de me mesurer à un esprit et à une habileté comme les votres."

François sourit tristement. Ces paroles ne faisaient qu'appuyer sa première impression....

-J'ai malheureusement laissé mes esprits en me changeant il y a une heure... il faudra vous contenter de ma chance aux jeux je le crains.

Il avait commencé par une petite boutade qu'il espérait plaisante aux yeux d'Henriette. Toutefois, il ne s'avançait pas trop à ces jeux d'esprits parfois plus dangereux que l'on y pense. Cette fois, il ne courrait pas en terrain conquit, mieux vaut tâtonner lorsqu'on est dans le noir.

Saint-Aignan s'assit courtoisement seulement une fois que Madame se fut installée. Elle battit les cartes avec des mains expertes, et François ne cessait de regarder celles ci, tout en tentant de deviner le prochain tour qu'elle pourrait lui jouer.


Citation :
" Hé bien Monsieur, vous êtes connu en ces lieux pour votre connaissance de la Cour, si bien que j'ai entendu l'une de mes suivantes remarquer que vous connaissiez parfois les évènements avant qu'ils ne se produisent. Mais parlez moi plutôt de votre journée, vous semblez las quelque peu. A-t-elle été si éprouvante ?"

Le coeur de François se pinça a l'entente de la raillerie habilement dissimulée sous des formules de politesses... elle l'accusait ouvertement d'intriguer ou était-ce innocent ?
Le sourire sur ses levres n'avait pas bougé, même s'il s'en était sentit blessé au plus profond de lui même. Madame ne lui pardonnerais donc jamais l'aide qu'il avait apporté au Roy pour visiter la Valliere ?

Il distribua les cartes avec un naturel familier des courtisans, nullement surpris que Madame lui fasse l'honneur de choisir le jeu. Il finit par répondre, pendant que Madame prenait connaissance du jeu choisi : le bel atout, un jeu alsacien a la mode dont les règles étaient facilement compréhensibles et applicables.


-En effet Madame. J'ai des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et vous vous avez un coeur pour garder vos secret et une bouche pour les reveler. Nous nous complétons, pourrait-on dire.

Il avait finis de distribuer les cartes, et les mains défraichis du comte laissèrent le loisir a la duchesse d'ouvrir le jeu. Il continua, comme absorbé par ses cartes, décidé a tout faire pour protéger son bastion, sans jamais tenter de croquer celui de son adversaire.

-Quant a ma journée... ce n'est pas elle qui me désespère. Je suis juste affligé de m'être changé il y a peu. Sans cela, j'aurais été capable de faire démonstration de ma répartie, seul atout qu'il me reste pour courtiser a présent, mais... oh perdu.

Il avait en effet tiré une mauvaise carte.

-Voyez, l'on m'a même dépouillé de ma chance au jeu. Je ne suis plus si bon informateur que cela finalement, moi qui vous avais au moins promis l'habileté de mes mains.

Il faillit ajouter
"Alors comment ne pas se sentir las devant sa Majestée radieuse, vive d'esprit et surtout si chanceuse ?" Il se contint cependant, se rappelant sa promesse de ne pas attaquer, seulement de se défendre... et cette boutade aurait pu être mal intrepretée. Il se contenta donc d'observer Henriette les yeux plein de malice, attendant de pied ferme la prochaine offensive.

Le duel fut pourtant interrompu quelques secondes par le crissement de la porte. Quelqu'un entrait... un abbé assez pauvrement vêtu. Il semblait a Saint-Aignan connaitre cet homme de Dieu, peut-être l'avait-il croisé dans un couloir...
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nicolas
Invité



MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Sam Aoû 06 2005, 08:11

Ces quelques secondes de jeu ont été pour lui une véritable source d'informations, et il en tira divers enseignements. Néanmoins, il vît qu'il dérangea ce "ballet" :

- Ne vous dérangez pas pour moi, messires, je ne suis qu'un simple sujet du Tout Puissant dans cette grande demeure. Mais je vous prie de m'excuser pour la gêne occasionnée.

Il ne quitta pas tout de suite la pièce, mais commença à marcher à reculons : on ne savait jamais...bien qu'il soit un homme d'église.
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Henriett
Invité



MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Sam Aoû 06 2005, 10:39

Ainsi ils joueraient au Bel Atout. Ces jeux privilégiant la réflexion étaient à la mode depuis peu. Mais l'on trouvait toujours nombre de personnes préférant les jeux de hasard, misant parfois des sommes extravagantes. Henriette quant à elle, avait un faible pour la maîtrise de son jeu, bien qu'elle cède parfois au plaisir des jeux aléatoires, au goût du risque à défaut de l'appat du gain, elle qui était déjà une des femmes les plus riches de France.

Saint-Aignan semblait d'humeur mélancolique ce soir-là. Cela se sentait dans toute son attitude, ses paroles, ses intonations. La Duchesse s'en demanda naturellement la raison, ne se satisfaisant pas de ses explications. Mais peut être était-ce l'âge ? Celui qui avait l'oreille du Roy avait passé son temps en tant que jeune courtisan vif et à la répartie facile. Bien qu'il n'ait pas perdu toutes ses armes, loin de là.

Citation :
En effet Madame. J'ai des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et vous vous avez un coeur pour garder vos secret et une bouche pour les reveler. Nous nous completons, pourrait-on dire.

Henriette ne se donna pas la peine de répondre, qu'à son humble avis, ils étaient plus tels les fgures imprimmées sur les cartes entre leurs mains, à la foi reflet inverse et complémentaire. Etait-il bien utile de lui faire remarquer qu'il était lui-même très doué dans l'art de garder ou de révéler des secrets à l'envie ? Mais simplement de part leurs humeurs respectives, elle avait déjà l'avantage et ne se sentait pas le besoin de le pousser un peu plus. Ses yeux observaient son jeu d'un air pensif, mais elle les releva lorsque Saint-Aignan reprit la parole.


Citation :
Quant a ma journée... ce n'est pas elle qui me désespere. Je suis juste affligé de m'être changé il y a peu. Sans cela, j'aurais été capable de faire démonstration de ma répartie, seul atout qu'il me reste pour courtiser a présent, mais... oh perdu. Voyez, l'on m'a même dépouillé de ma chance au jeu. Je ne suis plus si bon informateur que cela finallement, moi qui vous avais au moins promis l'habileté de mes mains.


" Allons Monsieur. Ne soyez donc pas si morose. Une mauvaise carte est comme une mauvaise journée : il ne tient qu'à vous d'y remédier et de faire de nouveau pencher la Fortune en votre faveur. Je ne doute pas de votre habileté."

Elle ne doutait pas non plus qu'il finirait par la laisser gagner. Elle appréciait peu le fait que la majorité de gens avec qui elle jouait s'en sentait obligée. La pensait-il si naïve ? Probablement pas mais savait-on jamais ? Elle ne pouvait donc qu'à de très rares occasions mesurer la qualité de son jeu. Mais cela importait peu ce jour là. Elle se sentait d'humeur joyeuse. Quiconque était observateur, aurait pu dire que c'était la journée pour lui demander des faveurs, ou toute autre chose de délicat.

C'était d'ailleurs l'autre sens de ses paroles bien sûr. Naturellement elle ne ferait jamais rien qui aille à l'encontre de ses desseins et intérêts mais Madame se sentait d'humeur aux changements. Pour une foi, sa bonne grâce n'était pas feinte, même si elle ne l'était jamais totalement. Elle était maîtresse dans l'art d'avoir l'air enjouée et pleine d'engouement même quand elle s'ennuyait si cela lui était bénéfique. Mais ce n'était pas le cas aujourd'hui, se traduisant par une certaine franchise dans son regard qui ne s'y trouvait pas souvent, occultée par des océans bleutés d'intrigue et de réflexions.

Le claquement d'une porte attira son regard sur un homme d'Eglise. Elle ne put s'empêcher, malgré toute sa bonne volonté du jour, de ne pas apprécier le fait que cet observateur fut entré dans une salle où se trouvait seulement deux personnes sans se présenter. Certes, quiconque ne l'avait pas vu ne pouvait deviner l'importance de son rang, mais la moindre des choses, en toutes circonstances, n'étaient-elle pas de se présenter ? Elle leva une main, faisant gracieusement onduler le tissu de sa manche. Prenant le sourire qu'elle réservait aux hommes d'Eglise qu'elle ne connaissait pas. Légèrement charmeur, mais pas plus qu'il n'en fallait pour ne pas choquer. Et une pointe de candeur.

" Un instant Monsieur. Comment vous nomme-t-on ? Il serait bien impoli de nous quitter si vite sans nous donner votre nom."

Et bien que son ton fut tout à fait bénin, la Duchesse savait qu'elle n'oublierait pas ce nom, parce qu'elle n'aimait pas la manière silencieuse dont il les avait observé et parce que son instinct de femme la poussait à s 'en méfier.
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Sam Aoû 06 2005, 18:10

Les cartes de Saint-Aignan n'étaient pas si mauvaises, sa stratégie n'en était pas moins exécrable : il s'ingéniait a perdre doucement mais surement, faisant parfois effet de reprendre du terrain, puis en abandonnant a nouveau le double...
Henriette le savait, et son adversaire d'un soir savait qu'elle savait. Mais c'était ainsi depuis toujours : les bons gentilshommes perdent devant les grandes dames. Saint-Aignan était particulierement bon gentilhomme. Parfois au contraire, laisser gagner était une mauvaise idée selon l'humeur de la concurrente, et le comte était un des rares courtisans, peut-être aussi parce qu'il était l'un des plus vieux, a le lire dans les si jolies rides d'expressions de celles-ci. A ce moment là, le meilleur jeu était celui qui faisait perdre apres un farouche et sanglant combat, de façon a cacher cette fois ci sa galanterie.
Lors des grandes parties organisées par le Roy, François tapotait parfois sur l'épaule d'un galant qui pensait faire plaisir a sa dame, alors dans cet état d'esprit, pour lui signifier qu'il faisait fausse route. Il lui évitait ainsi de ne recevoir que des claquements de langues agacés pour seuls remerciements de ses égards.

Apparemment, la duchesse n'était pas dans un tel jour, son sourire semblant impérissable jusque devant les mauvaise cartes du comte. Celui-ci en profita donc pour jouer tranquillement, sans espérer cacher son but a Henriette.

En outre, elle semblait rayonner de joie ce soir, et la lassitude de François n'apparaissait alors que comme une tache dans cette scène de félicité. Il ne fit cependant pas d'effort pour chasser cette ombre de son esprit, qui le rendait plus lucide, jusqu'a en devenir pessimiste. L'espoir des poetes s'envolait durant une heure ou deux, pour ne réapparaitre ensuite que plus fou et plus délicieux.
Seul, peut-être, la Montespan aurait pu changer les choses... ou peut-être pas : il y a des histoires d'hommes que seuls les hommes peuvent comprendre, et même l'apparition de la femme aimée, un sourire engageant aux lèvres n'aurait pu changer les choses.
Saint-Aignan le concédait cette fois, quoiqu'il soit le contraire d'un homme misogyne. C'était une affaire entre lui, Chastignac et sa conscience.


Citation :
" Allons Monsieur. Ne soyez donc pas si morose. Une mauvaise carte est comme une mauvaise journée : il ne tient qu'à vous d'y remédier et de faire de nouveau pencher la Fortune en votre faveur. Je ne doute pas de votre habileté."

Saint-Aignan prêta une attention particuliere à la compréhension de cette phrase, bien que rien n'y parut. Henriette tentait-elle de lui remonter le moral ? Elle n'était donc pas seulement dans un jour joyeux, mais un jour généreux !
François s'était trompé, elle n'avait donc pas tant de rancunes contre lui et n'essayait pas de le descendre, ce qui lui valut un sentiment de reconnaissance. Soudain un doute passa furtivement dans l'esprit du premier gentilhomme : avait-elle eut pitié de lui ?
Il garda aussitot enfouie sa bouffée de sympathie pour la premiere personne qui donnait de l'importance a son humeur, la sachant tres changeante et capable de tenter l'impossible pour l'exiler sur un coup de tête, le lendemain de lui avoir accorder un bal entier.
Son envie de se confier fut donc tout d'abord passée au second plan et il n'accorda qu'un sourire sincere a la duchesse. Il replongea le nez dans son jeu quoiqu'il n'y pretait pas plus d'attention qu'au curé à ses cotés... finalement, n'y tenant plus, il se livra sous couvert d'une habile métaphore :


-Madame, croyez vous qu'une puce qui pique le chien qui l'héberge et le transporte doit être épargnée d'un coup de griffe ?

Le ton de la question indiquait pourtant qu'elle n'en était pas vraiment une, et que le comte avait déjà formulé la réponse dans son esprit.
Mais Madame n'eut pas le temps de répondre que le prêtre pris la parole, balbutiant quelques excuses comme géné que l'on puisse le regarder... En effet, alors que Saint-Aignan l'avait presque totalement ignoré, Henriette avait parut incommodée par sa présence muette mais son observation indiscrète et le toisait de haut.
Elle l'apostropha pourtant, l'empêchant ainsi de se défiler en lui demandant l'arme pour le fusiller ensuite. Son nom, oui, son nom donnait tout pouvoir a la belle soeur et cousine du Roy.
François observa la scene, curieux d'en connaitre le dénouement.
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nicolas
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Dim Aoû 07 2005, 11:27

Bien qu'il était sur le point de quitter la pièce, il se vît apostrophé par la partenaire de jeu de Saint-Aignan. Extrêmement confus, il dût choisir ses mots afin de repartir de la salle indemne, car après tout cette dame semblait être de haut rang. Il décida de prendre un air impassible et dit à la donzelle

- Qu'importe mon nom, madame, car l'humble créature de Dieu que je suis, et que nous sommes tous par ailleurs, déambule simplement dans le domaine du Tout Puissant. Si je vous ai dérangé madame, j'en suis alors désolé mais poster un garde eût été alors plus efficace.

Son propre discours sembla excéder la donzelle et il renchérit :

- Et vous même madame, comment vous appellez-vous? Car après tout je me suis présenté à ma manière.

Il crût que ses répliques fussent allées trop loin, mais bon, il n'avait rien à perdre et certaines sortes de convenances manquaient à ces gens, comme le respect de l'individu au détriment du pouvoir personnel.
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Henriett
Invité



MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Dim Aoû 07 2005, 12:01

De toute évidence, l'homme d'Eglise n'était pas au fait de l'étiquette, qui bien que parfois pénible, était salvatrice dans de nombreux autres cas. Et la situation qui venait de s'installer dans la salle de jeu en était le parfait exemple. Aurait-il donné son nom, l'abbé n'aurait probablement rien eu de plus à craindre d'Henriette que quelques piques pourvu qu'il l'évita ou se fasse d'une discrétion exemplaire en sa présence. Mais à présent, l'outrage qui venait de lui être fait était trop important pour qu'elle passe outre. Désormais, il était inscrit sur sa liste noire, car elle avait d'autres moyens de mettre un nom sur un visage que simplement le demander à la personne concernée.

L'homme de Dieu venait de signer son arrêt de mort. La Duchesse, pourtant toujours souriante, réfléchissait déjà à la situation de celui qui lui faisait face, se demandant de quelle manière elle pourrait lui rendre la vie infernale avant de lui porter le coup de grâce. Ses yeux avaient brillé d'un éclat outragé un bref instant, mais elle regardait à présent l'homme comme un chat regarde une souris imprudente, avec bonhomie et feinte nonchalance. Il osait lui demander son nom par-dessus le marché, après lui avoir refusé le sien. Le pauvre...

" Holà Monsieur, qu'avons nous donc fait pour mériter tant de méfiance que vous nous refusiez les simples syllhabes de votre nom, car assurément ce n'est pas par désobligeance que vous l'avez fait, n'est-ce pas ? Ou bien désirez vous que l'on ne s'intéresse pas à vous ? Mais c'est que vous aiguisez notre curiosité ainsi. Ah, Monsieur ! Permettez moi d'aiguiser la votre à mon tour, moi qui ne suit comme vous l'avez si bien dit, qu'une pauvre créature, dans le domaine de Dieu, et de m'en tenir à cette présentation, et qu'importe mon propre nom, qui il est vrai ne mérite pas plus d'attention que le votre aux yeux du Seigneur."

Elle dit tout cela en un sourire candide, un peu malicieux, rien dans sa physionomie ne laissant soupçonner quoi que ce soit (HJ: s'il te plait ne joue pas mes propres réactions :
Citation :
Son propre discours sembla excéder la donzelle
^^), ou seulement peut être, aux yeux exercés de Saint-Aignan. De plus, l'abbé apprendrait bien assez tôt son identité. On ne l'ignorait jamais longtemps à la Cour.

" Peut être aurons nous, et je l'espère, l'occasion de nous revoir. Il est si rare de nos jours de trouver un véritable chrétien qui sait ce que l'humilité du Christ veut dire. Il se pourrait alors, et cela me ferait grand plaisir, que nous nous fassions suffisement confiance pour nous appeler par nos noms. Mais en attendant Monsieur, je ne vous retiendrai pas plus longtemps, ayant j'en suis certaine, tant de choses autrement plus importantes à faire que de vous préoccuper de deux personnes en train de commettre un pêcher d'oisiveté."

Une manière gracieuse de lui signifier son congé. Elle se tourna alors vers son partenaire de jeu, toujours souriante.

" Vous m'avez posé une question je crois Monsieur. Voici donc ma réponse. Tout dépend de la puce et de sa piqure. Si la piqure est bénigne et la puce mignone, le chien devrait se contenter de lui faire peur en la secouant un peu. Mais si elle est laide ou si l'irritation est trop grande, alors il ne doit pas y avoir d'hésitation. A quoi sert d'être l'hôte de ce qui ne nous rapporte que des désagréments ? "

Le jeu reprit, en sa faveur comme elle l'avait soupçonné. Mais à son tour, son esprit n'y était plus. Pourtant la bonne humeur ne s'était pas envolée, malgré cette altercation.
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Lun Aoû 08 2005, 11:39

Presque certain que l'abbé donnerait son nom apres s'être confondu en excuses, Saint-Aignan n'observait la scène qu'avec une curiosité amorphe, le menton appuyé négligemment sur sa main. Mais des lors qu'il comprit son erreur, il se sentit sursauter d'effarement. Gondi était-il fou ? Durant quelques secondes, il faut l'avouer, le comte le regarda comme tel, quoique tres vite le flegme naturel du gentilhomme reprit ses droits et il parut de nouveau impassible devant ce spectacle bien plus particulier qu'il n'y paraissait. Il n'osait intervenir en signifiant au clerc, même d'un signe, vers quel danger il courrait. Comment pourrait-il ensuite regagner la confiance de la seconde dame de France ?
Il s'efforçait donc de rester sur sa position premiere, une lueur d'interêt nouveau brillant dans ses yeux.

Il n'avait pas pitié de l'abbé, et en d'autres circonstances, il aurait bien ri de son insolence en pensant à ce qui l'attendait.

Madame mit un temps certain a répondre, et François ne s'étonna nullement de la constance qu'elle affichait, afin de cacher son envie de dévorer cet homme dans l'immédiat. Il sourit sous sa main en sentant la tension qui régnait sous ces airs délicats et polis, et ne doutait pas qu'elle ruminait en ce moment même sa vengeance.

L'abbé serait l'exemple type pour tous les autres hommes qui penseraient faire un affront a Henriette, elle prouverait ainsi à tous qu'elle n'a pas perdu la main, ou plutot n'a pas perdu ses griffes. Finalement, elle prit la parole : ses mots furent cinglants sous une apparence de douceur et donnaient congé a l'homme de Dieu tout en lui donnant rendez vous... a la potence peut-être.

La duchesse avait fini, l'homme pouvait se retirer et s'inquiéter. Certes, il ne connaissait pas encore le nom d'Henriette d'Angleterre, mais nul doute qu'il l'apprendrait et ce jour là il aurait de quoi transpirer.
Saint-Aignan reprit donc les cartes, son adversaire aussi. Elle réchauffa le sujet lancé auparavant, comme pour montrer à l'abbé qu'elle l'avait déjà oublié....


Citation :
" Vous m'avez posé une question je crois Monsieur. Voici donc ma réponse. Tout dépend de la puce et de sa piqure. Si la piqure est bénigne et la puce mignonne, le chien devrait se contenter de lui faire peur en la secouant un peu. Mais si elle est laide ou si l'irritation est trop grande, alors il ne doit pas y avoir d'hésitation. A quoi sert d'être l'hôte de ce qui ne nous rapporte que des désagréments ? "

François répondit d'un sourire et d'un signe de tête, Henriette avait parfaitement raison et cela lui donnait à réfléchir. Chastignac faisait-il parti de la seconde ou de la premiere catégorie ? Toutefois, qu'il soit la puce mignonne ou laide, au moins méritait-il d'être secoué, François n'avait donc pas a avoir de remords pour l'instant....

Et puis Madame, contre toute attente, avait réussi a sortir un peu Chastignac de son esprit... la démêlée d'il y a un instant en occupait a présent une grande partie. En effet, le nom de l'abbé lui était revenu, et il se demandait en son âme et conscience s'il devait le révéler ou non.


-Votre jeu est superbe Madame, et vos concurrents n'ont vraiment pas de chance... au moins sont-ils heureux de perdre de votre main.

Il badinait, mais ce n'était pas vraiment innocent. D'une part, cela lui laissait le temps de penser a ce qu'il devait ou non dire, d'autre part, il voulait savoir ce qu'avait prévu Henriette pour l'abbé avant de s'engager dans l'un ou l'autre camps.

-Vous m'intriguez.... quelle est donc votre tactique pour renverser votre adversaire présent ?


Dernière édition par le Mar Aoû 09 2005, 08:23, édité 2 fois
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Henriett
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Lun Aoû 08 2005, 18:14

Citation :
Votre jeu est superbe Madame, et vos concurrents n'ont vraiment pas de chance... au moins sont-ils heureux de perdre de votre main.

Elle sourit, les yeux toujours posés sur son propre jeu. Saint-Aignan avait toujours été parfait dans son rôle de gentilhomme. Ce qui n'était visiblement pas le cas du pauvre abbé. Henriette n'était pas de celle qui oubliait les injures. Elle pouvait les pardonner, si la personne lui plaisait en dépit de son insolence, mais pas oublier, toujours prête à faire payer au prix fort les erreurs de ceux qui l'avaient sous-estimée.

Citation :
-Vous m'intriguez.... quelle est donc votre tactique pour renverser votre adversaire présent ?

Son regard quitta ses cartes, se posant avec une douceur dont le velour devait tout à ses longs cils noirs, sur son partenaire de jeu. Elle n'ignorait pas que la question ne concernait pas l'adversaire qui lui faisait face, mais celui qu'elle venait de congédier. Son sourire changea quelque peu, se faisant plus malicieux, creusant ses joues en de jolies faussettes. Cette discussion à demi-mots, seule Saint-Aignan pouvait lui en fournir une d'aussi bonne qualité. Dans sa bonne humeur du jour, elle savait apprécier à sa juste valeur la finesse d'esprit de son interlocuteur, ravie de voir que ses allusions à elle n'était jamais perdues.

" Voyons, vous voudriez que je vous révèle ma tactique. C'est que je n'aimerai pas perdre. Mais allons ! Puisque je me trouve dans de bonnes dispositions, je vais vous avouer que cet homme de Dieu m'a inspirée. Sa pieté m'a fait penser à celle de Job. Je suis certaine que lui aussi ne perdrait pas la foi dans les mêmes circonstances. Qu'en pensez vous ?"

Le jeu tirait à sa fin, à présent que tous les deux s'en désintéressaient, il ne durerait plus longtemps. C'est que l'esprit de la Duchesse était très pris à présent, n'ayant plus de place à accorder aux cartes. Elle ne pensait pas seulement à ce clerc, mais aussi à l'évolution subtile de ses relations avec le protégé du Roy. Ce jour semblait êter décidément celui des commencements. En vérité, comme on achève un deuil, elle se rendait compte qu'elle avait cessé d'en vouloir à cet homme. Le Roy avait, de notorieté publique, plusieurs favorites, et cela la ravissait quand elle songeait à l'innocente à La Vallière, sur laquelle elle ne s'acharnait plus que par jeu.

Enfin, elle songeait également à ce qu'avait dit Saint-Aignan un peu plus tôt, se demandant qui pouvait bien être cette puce. Car s'il lui posait une telle question, c'est qu'elle ne devait pas manquer d'intérêt, ou bien il l'aurait déjà chassé. Par pure curiosité, Henriette se dit qu'elle chercherait à savoir de qui il s'agissait.
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mar Aoû 09 2005, 09:31

La concentration faisait perdre a Saint-Aignan, en accentuant ses rides du front et des yeux, son visage efféminé de parfait courtisan, massé de crèmes parfumées de toute sorte.... Il fronçait ses sourcils, le nez derriere les cartes, mais ses yeux d'un brun grenat, brillants comme ceux d'un enfant, fixaient discrètement chaque mouvement du visage de Madame.

Elle sourit tout d'abord, et Saint-Aignan ne put s'empêcher de faire de même, se déridant devant le spectacle délicieux qu'elle lui offrait : malicieuse comme un bambin qui prépare quelque bêtise, secrète comme une femme qui veut se faire désirer.... On était loin de la contrariété que redoutait François devant sa curiosité indiscrète !

Finalement, se sentant peut-être assez écoutée, elle se décida a lui dévoiler sa vengeance dans les grandes formes, toujours en soignant ses mots, parlant avec des phrases a double-sens grace a un passage de la Bible. Saint-Aignan admirait avec quelle facilité Henriette avait appris ces codes que certains courtisans n'auront jamais su utiliser de leur vie. Il était vrai que Madame avait une volonté de fer, et dans les plus hautes sphere de la cour, ces codes sont indispensables....

Elle utilisa donc la Bible. Se sachant écoutée d'un parfait chrétien, c'était bien le meilleur moyen de se faire comprendre, nouveau point qui ravit le gentilhomme a en sourire...
Job, cet homme qui, pour éprouvé sa foi, fut dépouillé de tous ses biens, vit mourir ses fils et filles, tous ses serviteurs et fut dévoré par la lèpre...

La lèpre ne devait pas rentrer dans le compte de Madame, ni les fils, c'était donc pour lui oter tout bien matériel qu'elle ruminait son plan. Bien sûr, elle n'avait pas révéler le moyen d'y arriver a Saint-Aignan, qui le comprit parfaitement : ou bien elle n'avait pas totalement confiance, ou bien elle l'ignorait encore.

Toutefois, François fut rassuré qu'elle ne désire pas attenter directement a la vie de l'abbé, et se décida a révéler son nom. Car si elle apprenait par quelqu'un d'autre que De Gondi avait eut des contacts avec lui, s'en était finis de leur relations qui pourtant semblaient s'améliorer, a sa grande joie.


-Je pense en effet que ce De Gondi ne pourrait qu'être heureux de pouvoir se vanter qu'en toute circonstance, il n'aura pas blasphémé le nom du Seigneur. Quoiqu'il aurait surement moins de mérite que Job qui était non seulement riche de terres et de biens, mais aussi d'enfants et de serviteurs : regardez la robe du clerc, son voeux de chasteté a du aller de pair avec celui de pauvreté... peut-être fait-il parti de l'ordre des franciscain, qui sait ?
Alors qu'est ce que le Seigneur pourrait infliger comme malheur a un homme déjà dépouillé de toute richesse ?

Bien sûr qu'il y avait d'autres moyens, comme le faire exiler de la cour, le faire chasser de son ordre ou encore d'autres ignominies... mais Saint-Aignan ne pouvait être le vengeur de Madame, ni l'avocat de l'abbé : il se devait d'être en accord avec Henriette, tout en tentant de réfréner ses ardeurs vengeresses. Il avait ainsi donner le nom du clerc, mais se gardait d'approuver totalement le plan de la duchesse... comment aurait-il pu se regarder dans une glace s'il en avait été autrement ?

Certes, Madame pouvait mettre son plan a exécution que Saint-Aignan ne ferait rien contre elle : elle était bien trop puissante et l'abbé avait été l'offenseur dans l'histoire. Mieux valait se faire une amie d'Henriette, il commençait d'ailleurs a l'apprécier vraiment...

Son jeu, comme celui de l'adversaire, commençait a être vraiment mauvais, non plus par courtoisie, mais par manque d'interet. Chacun réfléchissait de son coté... a la même chose pourtant.
François attendait presque avec appréhension la réaction de la duchesse a son manque d'entrain; tout en esperant qu'elle le comprendrait.... chaque seconde se voyait agrémentée d'un coup d'oeil vers la dame, guettant la moindre plissure de ses levres, oubliant les cartes.
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Henriett
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mar Aoû 09 2005, 16:06

Citation :
Je pense en effet que ce De Gondi ne pourrait qu'être heureux de pouvoir se vanter qu'en toute circonstance, il n'aura pas blasphemer le nom du Seigneur. Quoiqu'il aurait surement moins de mérite que Job qui était non seulement riche de terres et de biens, mais aussi d'enfants et de serviteurs : regardez la robe du clerc, son voeux de chasteté a du aller de pair avec celui de pauvreté... peut-être fait-il parti de l'ordre des fransiscain, qui sait ?
Alors qu'est ce que le Seigneur pourrait infliger comme malheur a un homme déjà dépouillé de toute richesse ?

Henriette fut surprise de l'aide que lui apportait Saint-Aignan, lui permettant d'éviter de gâcher de l'énergie à trouver le nom de l'offensant personnage. Mais celle-ci fut vite oubliée par la fin du petit discours de celui qu'elle considèrait encore ce matin d'un mauvais oeil, et qui lui apparaissait comme digne de pardon, si pardon il pouvait y avoir à donner, ce dont elle ne se préoccupait pas.

Elle ne put retenir un rire cristallin. Franciscain, vraiment ? Si c'était le cas, ça n'en serait que beaucoup plus intéressant. Et réfléchissant en homme, Saint-Aignan semblait ne penser qu'au mal physique et matériel. C'était là la première différence qui faisait jour, car Henriette, en femme n'ayant jamais eu le droit de porter une arme plus dangereuse qu'une dague, savait fort bien que le mal psychologique pouvait faire des dégats bien plus importants. Détruire les idéaux de quelqu'un pouvait le mener au suicide sans qu'il fut besoin de se donner la peine de le tuer.

" Oh, ne sous-estimez pas le Seigneur. Je suis convaincue qu'il aurait trouvé autre chose. D'ailleurs, même de simples mortels comme nous le pourraient aisément."

Une manière de marquer élégement qu'elle ne se prenait pas pour plus qu'elle n'était. En dépit des apparences, Henriette avait été élevée au couvent et n'aurait jamais eu la prétention de se comparer à Dieu. C'était une chose de commettre les pêchés communs à la Cour, et une autre de blasphèmer de cette façon. Mais le ton badin dont elle usait retirait tout reproche de ses phrases.

Elle observa son jeu et prit une mine faussement déçue, que les fassettes toujours apparentes démentissaient fortement. Elle posa les cartes retournées sur la table.

" Vraiment Monsieur, si cela ne vous ennuie pas, arrêtons là ce jeu. Je crains de jouer trop mal aujourd'hui et n'aimerai pas vous en faire la preuve trop ouvertement. "

Mais la Duchesse se levait déjà, se doutant aux maints coups d'oeil qu'elle avait vu dans sa direction, qu'il serait peut être même soulagé d'être libéré de cette "obligation". Sa robe se rapprocha de ses jambes comme elle reculait sa chaise, le tissu artistement arrangé ne prenant pas un pli qui ne soit voulu.

" Dites-moi Monsieur, avez vous des des intentions particulières concernant la soirée. Il me plairait de m'entretenir encore avec vous, si vous en avez l'opportunité. Je sais combien les fêtes sont plus demandeuses d'énergie qu'il n'y parait aux yeux inexercés."

C'était une façon de lui signifier la fin des hostilités. Comme il devait en être décidément ce jour là autour de Madame, les changements se faisaient rapide et prêtant à conséquences. Elle avait désormais un ennemi en plus, et un ennemi en moins. Car dans les dédales de Fontainebleau, elle se refusait toujours à accorder la confiance totale que l'on fait aux amis.
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mer Aoû 10 2005, 09:41

[Tu peux mettre ton plan a execution lol : l'abbé a quitté le jeu, donc le faire mourir n'est pas un probleme ]

Citation :
" Oh, ne sous-estimez pas le Seigneur. Je suis convaincue qu'il aurait trouvé autre chose. D'ailleurs, même de simples mortels comme nous le pourraient aisément."

Saint-Aignan hocha la tête sans rien ajouter, n'en pensant pas moins. Vraiment, il avait de la chance d'être protégé directement pas le Roy... il n'osait même pas imaginé ce qu'avait préparé Henriette pour lui.

Citation :
" Vraiment Monsieur, si cela ne vous ennuie pas, arrêtons là ce jeu. Je crains de jouer trop mal aujourd'hui et n'aimerai pas vous en faire la preuve trop ouvertement. "

Le comte ne fut nullement surpris de cette réaction : le jeu n'avait été qu'un prétexte pour les deux, se servant des cartes pour se passer des messages. A présent qu'il n'y avait plus rien a dire, et que leur esprit était trop occupé pour apprécié le jeu en lui-même, chacun devait reprendre sa route.

Madame posa gracieusement les cartes sur le tapis, et se leva tres vite, ne laissant pas le temps a Saint-Aignan de venir l'aider. Toutefois il resta pres d'elle, et remis la chaise a sa place, aussi courtoisement que possible.


En lui présentant sa main pour qu'il la baisa, Henriette lui parla une derniere fois :

Citation :
" Dites-moi Monsieur, avez vous des des intentions particulières concernant la soirée. Il me plairait de m'entretenir encore avec vous, si vous en avez l'opportunité. Je sais combien les fêtes sont plus demandeuses d'énergie qu'il n'y parait aux yeux inexercés."

C'était le drapeau blanc : le gentilhomme l'avait compris, et il en fut si soulagé qu'il ne put s'empecher d'afficher un sourire. Certes, il avait ressentit ce changement de relation durant tout le jeu, mais rien n'avait été encore "officiel" et tout pouvait basculer d'un faux pas.

-Ce sera avec le plus grand plaisir que je consacrerais cette soirée au divertissement de Madame, si, bien sûr, mes dires la divertissent.

Il s'inclina de nouveau, flatté comme a chaque fois qu'on l'enscencais : il plairait a Madame de lui parler a nouveau...
Oh bien sûr, ce n'était pas la premiere fois qu'on le complimentait, et parfois bien plus que cela... mais c'était le grand défaut de Saint-Aignan, rechercher toujours l'éloge des plus grands qui réjouirait sa vanité.

Apres un court labs de temps, François termina sa courbette, mais resta muet, par galanterie, laissant le soin a la duchesse de lui donner le rendez vous de son propre chef : pas question de proposer des lieux ou des heures, car même si Henriette devait être moins accablée de travail, c'était elle qui avait demandé a le revoir et en tant que belle soeur du Roy, elle pourrait voir cela comme un affront.
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Henriett
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mer Aoû 10 2005, 20:28

Un véritable gentilhomme, connaissant l'étiquette comme si elle lui était devenue naturelle.Pourtant la Duchesse eut un sourire amusé lorsqu'elle vit l'expression de Saint-Aignan, mais ne put s'empêcher de se sentir flatter par la manière dont il prenait ses faveurs. Elle réfléchit un instant à ce qu'elle allait finalement lui dire, avant qu'ils ne se quittent, pour vaquer à leurs affaires respectives : elle à Job, lui à la puce.

" En ce cas Monsieur, je ne vous donnerai pas d'obligation. Je sais que vous êtes très solicité. Cependant, si au milieu de la jolie foule de nos courtisans vous me voyez, je vous en prie venez donc. Il se trouve parfois que je suis retenu par quelques messieurs dont les conversations sont d'un fade à mourrir d'ennui, sans que l'on puisse, par égard pour les festivités du Roy, les repousser trop ouvertement. Et ils ne comprennent jamais. Aussi je vous saurai gré de me sauver de pareille compagnie s'il m'advenait de tomber dans une telle situation."

Elle inclina légèrement la tête, marquant la fin de l'entretien, se dirigeant d'un pas aérien que l'on apprend tôt aux filles de Roy. Mais arrivée à l'ouverture, elle se retourna un moment, sourire en coin rehaussant une faussette.

" A bientôt donc Monsieur, peut être m'en apprendrez vous plus sur cette puce, de telle sorte que je pourrai vous rendre la pareille et vous être d'une aide quelconque."

Et elle disparut dans les couloirs de Fontainebleau.

[appartements de Madama]
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Saint-Aignan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Aoû 12 2005, 09:52

Saint-Aignan était aux anges, non seulement la duchesse semblait ne plus le considerer comme antagoniste, mais elle paraissait même commencer a l'apprécier... C'était une vrai faveur, François en était conscient.

Le petit discours qu'elle débita ensuite l'amusa grandement : Madame avait une façon de parler propre, et c'était toujours un ravissement que d'entendre la mélodie de ses mots... quelque soit le sentiment qu'ils nous inspiraient.
Aujourd'hui, elle composaient des boutades, François lui répondrait de même, non seulement par les mots, mais par les mimiques. Ainsi, il fit la révérences une nouvelle fois, accentuant sa réponse :


-Je serais votre chevalier servant, Madame : je chasserais ces coquins avant qu'ils ne commettent le crime effroyable dont vous m'assurez...

Il se releva, les yeux pétillants d'une joie indéniable : jamais Saint-Aignan n'avait pu réellement cacher ses sentiments; il avait dû apprendre a en dissimuler la cause...

Madame se retira ensuite aussi gracieusement qu'elle était apparue, sans que le comte ne la quittasse une seule seconde des yeux, et il en fut récompensé : elle se retourna, le sourire plein de malice, de cette espieglerie qui faisait l'effet, a elle seule, de lui donner une dimension encore plus belle car plus profonde d'intelligence.

Citation :
" A bientôt donc Monsieur, peut être m'en apprendrez vous plus sur cette puce, de telle sorte que je pourrai vous rendre la pareille et vous être d'une aide quelconque."

La dame était donc bien curieuse, mais les secrets de Saint-Aignan étaient bien gardés. Il inclina la tête, souriant a son tour comme un enfant taquin... Madame sortit ensuite, lui restant encore immobile un moment, tout retourné de ce changement de situation. La duchesse était bien habituée a tout chambouler, tandis que lui aimait son confort du quotidien... et même si la situation avait évoluer dans le bon sens, le gentilhomme ressentait un malaise intérieur qu'il aurait tot fait de dissiper.

Il n'avait pas vraiment acquiescé a la demande d'Henriette, sans pourtant réfuter sa proposition : car si l'on ne pouvait contredire les grands, la ruse et les demis mots pouvaient parfois troubler leur esprit, sans que l'on mente.
Mais, en y réfléchissant, la révélation de ce dit secret pourrait avoir bien plus d'avantages que d'inconvénients : Chastignac n'en serait que plus secoué, la duchesse lui révélerait peut-être son plan en profondeur... et surtout elle augmenterait son estime.

Quelle importance ? Apres tout, s'il voulait le garder pour lui, s'était juste parce qu'il s'était senti coupable... mais la belle soeur du Roy, cette femme manipulatrice et capable de rejeter tout scrupule l'avait convertis a son credo, pour cette fois...


( Arrivé de la duchesse )
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Louis XIV
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mar Juin 27 2006, 13:47

'*¤.¤*' La Cour se pique aux jeux .¤*'*¤.


Il se trouvait qu'il était six heures du soir et que Louis avait un grand besoin de se distraire.

Il avançait donc, suivit d'une floppée de courtisans, la badine à la main, jusqu'à la salle de jeux.
Il savait qu'en ces temps d'hivers les nobliaux s'ennuyaient facilement, et provoquer des rencontres et des jeux d'argent _ par conséquent naturellement excitants _ permettrait de les garder toujours auprès de lui, et donc de les contrôler.

Il s'installa à une table et prit des cartes dans les mains. C'était à qui voulait perdre son argent...

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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mer Juin 28 2006, 10:56

Dans l'assistance se trouvait Louise de frenolec.La jeune baronne était un peu étourdie apr sa journée fort fatiguante et venait de rentrer de la Capitale en compagnie de la Duchesse d'Agenois.Elle regarda le royal jeune homme .C'était la première fois qu'elle voyait cet altier personnage ,elle n'avait jamais rien eu à demander à son altesse royale et donc n'avait jamais eu à le rencontrer .Elle le trouva fort fringuant et le visage joli ,les gestes délicats ,un petit regard méprisant parfois.Elle ne s'était jamais adonnée aux jeux et était convaincue de ne jamais essayer,alors elle regarda le roy jouer ,simplement pour se distraire un peu,Fontainebleau se faisait si triste en ces soirs d'hiver.

{svp pas de rouge ni de orange : ça fait mal aux yeux et c'est réservé à l'administration }
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Henriett
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mer Juin 28 2006, 12:09

[ Le Cabinet de Madame ]

La tête toute pleine encore des dispositions qu’elle venait de prendre, Madame était entrée d’un pas aèrien dans la salle, entourée de ses dames, alors que les courtisans s’effaçaient en courbettes face à son air ravi. Nul n’aurait pu douter qu’elle était d’excellente humeur. Jouer n’entrait guère dans ses priorités mais elle s’y adonnerait avec plaisir et légèreté.
Arrivée à hauteur du roi, elle s’inclina en une élégante révérence.


« Sire… Permettez que je prenne part au jeu. Voilà trop longtemps que je n’ai apprécié votre habileté. »

Et de s’asseoir en un évasement froufroutant de tissus tandis que l’un des gentilshommes lui avançait un siège sans qu’elle daigne le remercier d’un regard, préférant observer ceux qui se joindraient à eux, probablement dans l’espoir de se faire remarquer, au grand dam de leur bourse.
Bourse dont elle-même ne se souciait guère, et de part sa propre position et de part son mariage, mais cela elle ne l’aurait pas admis sans mauvaise grâce.

Elle balaya la salle des yeux, toujours le sourire aux lèvres, presque un sourire de petite fille. La Duchesse n’ignorait pas les effets que pouvaient avoir de tels sourires. Pourtant en l’instant ils n’étaient véritablement que le reflet de son état d’esprit. Ses dames semblaient avoir été à leur tour gagnées par le plaisir de leur maîtresse et rayonnaient à leur tour, offrant un charmant tableau de beautés féminines.

Tableau changeant d’ailleurs. Il y a peu de temps encore, on aurait pu y trouver une certaine Mlle La Vallière. Pauvre petite, songea-t-elle avec amusement. Comme elle l’avait détestée cette gourde boiteuse, cette jeune sotte qui avait séduit le roi par ses yeux de vache larmoyante, qui ne cachait rien derrière son joli visage qu’une bêtise sans nom. Oui Henriette allait la réduire à rien, la fouler aux pieds et ceci dans les règles de l’art et sans que quiconque s’en plaigne, et certainement pas le roi, si tout allait de la manière qu’elle désirait.

C’était le moment ou jamais. Rarement femmes avaient été aussi peu nombreuses à chercher à plaire au roi. En dépit de l’amertume que cela provoquait, Madame avait fait son deuil du fait qu’elle ne pourrait plus prétendre à jouer les favorites. Jamais le fiel ne disparaîtrait tout à fait mais au moins pouvait-elle décider dans l’ombre de celles qui approcheraient l’astre qui les fascinait. Contrôler était une contrepartie non négligeable et qui avait de nombreux avantages.

Mais tout cet esprit calculateur ne transparaissait en rien sur la figure de Madame, qui se tourna en un lever de sourcil curieux vers son « cousin ».


« Eh bien sire… J’ose espérer que vous avez eu une bonne journée. »

Le ton badin et le caractère anodin des quelques mots qu’elle avait prononcés étaient trompeurs comme toujours. Ils ne servaient que de sonde pour évaluer l’humeur royale et pour l’amener à être exactement comme elle le désirait afin qu’il soit dans les meilleures dispositions pour…

Mais attendons…
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Jean Winderfield
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mer Juin 28 2006, 18:44

Jean avait entendu parler qu'il y avait un évènement dans la salle du quotidien. Il voulait aller voir ce qui se passait, question de bien connaitre les habitudes du roi et de la cours.

Le général entra discrètement dans la salle. Il voyait que bien des gens regardaient une partie qui se déroulait. Bien que Winderfield ne connaissait en rien les principe de la cours, il se doutait que si le roi jouait, il n'y aura pas moyen de se frayer un chemin jusqu'à lui, il y avait bien trop de leche-botte et de pied-tendre autour de lui.

Il remarqua la femme de la bibliothèque qui avait été bruyante. Jean regarda la salle d'un regard vide en se disant qu'il était tombé sur une soirée que seul les plus excessifs avait le droit d'entrer. Aller donc au front une journée ou deux voir si vous conserverez votre air de noble et de je-suis-Dieu.

Par contre, il y avait un fauteuil installé près de la fenetre coté Ouest avec un livre sur le fauteuil. Il regarda à gauche et à droite, mais ne vit pas de propriétaire de ce fauteuil et de ce livre. Alors Winderfield avança lentement vers le fauteuil et il s'y installa pour commencer sa lecture.

La lumière qui sortait du foyer à coté du fauteuil était bien plus que suffisante pour lui permettre de lire. Il regarda le titre:

- La conquête du Graal - de Christian de Troyes

Bien, voila un livre qui vallait la peine de lire. Avec des scènes de combat et d'action. Il s'exécuta alors. Mais avant, il jeta un dernier coup d'oeil à la cours et au reste de la salle et il constata que son entrée avait été inaperçut et que personne semblait se soucier de lui. Il décida donc de se replonger à la lecture et espèrait être dérangé pour une bonne raison, bien que le roi ne faisait partie des bonnes raisons.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Juin 29 2006, 08:07

Athénaïs fit son entrée dans le salon, ses joues étaient très légérement emprourprées ... seul signe d'émotion chez Mme de Montespan, le seul, uhm, non, en fait ses grands yeux, noirs profonds, brillaient, véritable appel à la sensualité ...

Ces fameux yeux firent rapidement le tour du salon ... Ah, voici Madame, à la table du Soleil... Madame ... Le Roy ... Elle pris une profonde inspiration, ce qui mis en valeur ce buste que l'on disait si beau et d'un pas léger, digne de son éducation de fille de Duc, se dirigea d'un pas qui semblait juste effleurer le sol vers la table...
Elle ne pu que remarquer ces "filles" qui tentaient d'attirer l'attention de son Altesse, au, "faute de mieux" celle de sa charmante belle soeur.

Une révérence, parfaite, comme un pas de ballet, en direction de Madame Henriette, une autre, presque féline en direction de Louis...

-Votre Altesse, Madame, je suis votre servante ...
Servante ... un sourire léger ... Servante, oui, je le suis ...

Elle regarda Madame, attendant ce qui depuis si longtemps elle attendait... que Celle dont elle était la Première Dame la presenta à celui qui faisait battre son coeur, palpiter son corps de jeune femme ... si fort, si fort ... En apparence, elle semblait sereine, au dessus de la mélée de ces filles, elle savait qu'elle était au dessus, elle était une Dame, jeune, fort belle, issus de la vieille et haute noblesse de France, vétue comme telle, séduisante comme telle !

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Louis XIV
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Juin 29 2006, 09:38

De silencieux valets se fondirent derrière la foule afin de faire de cette pièce aux lueurs tamisée l’antre du soleil. Soleil qui, en cette soirée de Novembre, était déjà bien cachée sous l’Horizon…
Ils embrasèrent la salle sans que personne ne remarque ces ombres d’hommes ; les candélabres qu’ils allumaient valaient le double de leur vie…

A peine ses doigts saisirent le fin carton des cartes, que Madame s’approcha de lui, radieuse. Louis sentit son cœur palpiter dans sa poitrine, mais il ne s’y trompait pas, les atours et les charmes d’Henriette, qu’elle avait certes superbes, n’en étaient point la cause.
Louis associait juste son nom à sa douce Louise, et à leur dernière entrevue. Oh, oui ! La belle entrevue ! Où sous leur radieux sourires tous deux s’étaient craché monceau de fiel et de venin, et que Louis avait quitté plus que contrarié de n’avoir pu apercevoir sa maîtresse.

« Sire… Permettez que je prenne part au jeu. Voilà trop longtemps que je n’ai apprécié votre habileté. »

Louis lui fit un poli sourire et désigna d’un gracieux geste de la main la chaise, que lui tira non moins gracieusement un gentilhomme. Elle s’assit parfaitement accompagnée de son concerto de musique et de danses des tissus que l’on froisse, tandis qu’au fond de la salle l’ambiance sonore se résumait à quelques discrets murmures.


-Il se trouve que je n’ai moi-même pas eu l’occasion de vérifier la dextérité de vos mains…

Sourire en coin, caché sous sa main.
Il semblait cependant qu’Henriette était de trop bonne humeur pour ramasser le gant que lui jetait son Roy au visage. Et Louis décida de laisser alors là le duel, en homme loyal et courtois qu’il était.


« Eh bien sire… J’ose espérer que vous avez eu une bonne journée. »

-Fameuse, oui.

Fameuse d’ennui. Louis ne doutait point qu’Henriette le comprendrait, au vu du regard qu’il ne lui jeta pas.

-Il se trouve que j’ai renvoyé un dramaturge dont j’appréciais fort l’écriture, et que j’en suis navré.

Un frisson de voix parcourut l’assistance. De qui parlait-Il ? Qui avait donc subit les foudres d’Apollon ?

-Les terres ont gelées de cinq centimètres cette nuit, et m’ont empêché d’aller chasser le dernier gibier de la saison.

Louis parlait d’une voix monocorde, aucune émotion ne transparaissant dans ses yeux ni sur ses lèvres, on voyait qu’il était plus las que peiné.

-Enfin, une fameuse journée.

Alors que Louis allait se résigner à ne jouer qu’avec Henriette et de subir de bonne grâce les autres courtisans comme spectateur, La Montespan fit son entrée.
Les yeux du Roy furent attirés irrésistiblement vers ce visage frémissant d’émotion, et il lui sourit.

« Votre Altesse, Madame, je suis votre servante ... »


-Une bien charmante soubrette que voilà, qu’en pensez-vous, Madame ?

Etait-ce une impression ou le Roy avait-il fait compliment ? A nouveau, moult chuchotis firent passer, et déformèrent sans doute, le mot de Sa Majesté jusqu’aux courtisans les plus éloignés. Certains osèrent même ajouter des commentaires, comme celui que Louis paraissait transcendé à l’arrivée de Françoise-Athénaïs, et que son ennui s’était mué en une muette admiration.

-Venez donc vous joindre au jeu, madame de Montespan, que je ne sois pas le seul à narrer mes mésaventures…

Louis tourna la tête vers sa Cousine et lui sourit, mais l’on ne pourrait savoir si c’était ou non ironique.

-Car des mésaventures, à vous, chère duchesse, il est impossible que l’affront soit fait qu’il vous en arrive…

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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Juin 29 2006, 10:04

"Soubrette", à ce mot, Athénaïs failli perdre contenance, comme tous les présents, elle hésitait entre compliment"et affront ... mais elle jetta son regard qu'elle savait éblouissant dans les yeux du Roy, dans les yeux de Louis pensa-t-elle... Elle cru y lire un hommage, au pire un peu de l'intérêt, ce qui était déjà tellement.
Répondant à l'invitation royale, gracieusement, elle pris une chaise à la table ...

- Comment, il peut arriver des mésaventures à Votre Altessse, vous m'en voyez étonnée... et, si vous le permettez, fort curieuse. En ce qui me concerne, la vie de Première Dame de Madame me préserve de toute mésaventure... A tel point qu'il m'arrive, si Madame le permet, de le regretter !

elle lança un joli petit rire cristallin, dévoilant ses dents blanches, belles, de petit fauve de Cour. Elle tenait à se montrer rieuse, gracieuse, gaie... un peu de légéreté ne pouvait sûrement pas déplaire au Roy.

- Mais je m'en voudrais de par mes bavardages de ne pas laisser Votre Altesse nous compter ces "mésaventures"...

Elle pris une attitude d'écoute, les yeux brillants de curiosité, les yeux fixés sur le Soleil, pétillants, rieurs...

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Henriett
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Juin 30 2006, 09:17

On n’aurait pu rêver le Roi en meilleures dispositions. La morosité royale était fort bienvenue, quoi de mieux qu’une mauvaise journée pour mettre en valeur l’arrivée de la Dame de Montespan. Elle n’en paraîtrait que plus radieuse et c’était bien ainsi. Sa Majesté aurait-elle été de plus méchante humeur, que sa cousine aurait cherché à en atténuer les effets pour parvenir aux mêmes résultats.

Résultats qui auraient pu s’avérer catastrophiques en de moins bonnes circonstances, car à peine la conversation avait-elle commencé que sa Première Dame apparaissait déjà. Si Louis avait été moins réceptif, la partie aurait été alors perdue par cette maladresse. Il faudrait apprendre la patience, à choisir le bon moment à la jeune femme si elle voulait réellement faire son chemin. Etre la favorite royale ne protégeait pas de tout, comme le prouvait encore la Boiteuse.

Loin de trahir ce léger agacement, qui était somme toute sans conséquence si l’on savait analyser le regard du Roi vers la nouvelle venue, si prometteur, les traits d’Henriette semblèrent s’éclairer devant l’arrivée de sa Première Dame, bientôt invitée (parfait…) à prendre part au jeu.
La Duchesse prit son temps avant de répondre, laissant le loisir aux deux jeunes gens de se regarder et d’échanger les premiers mots, oubliant par-là qu’elle était fort jeune elle-même. Elle se permit même un petit rire à la pique veloutée de la Marquise, l’appréciant pour ce qu’elle était : une légèreté plaisante aux yeux du Roi et sans importance pour Madame.


" Ah Sire… Vous avez certainement déjà entendu parler de Mme de Montespan, bien que je n’aie encore jamais eu l’occasion de vous la présenter. Vous me voyez ravie de la voir à notre table, Athénaïs me porte chance. "

Elle appuya la fin de sa phrase par un sourire malicieux, presque complice avec sa Première Dame.

" Qui serais-je alors de ne pas la préserver des mésaventures ? Je serais chagrinée qu’il lui arrive du mal. Le sort m’en préserve moi-même, comme vous l’avez si bien fait remarquer. Mais à Dieu ne plaise qu’il lui prenne l’envie de me préserver des aventures. "

Son sourire n’avait pas quitté ses lèvres, mais sur celles de ceux qui les entouraient et particulièrement de ses propres dames, de nouveaux apparurent à sa dernière phrase.

" Et ainsi vois-je votre propre avenir ma chère. La vie serait tellement ennuyeuse si l’on ne pouvait raconter ses malheurs passés. "

Et puis se souvenant soudainement des paroles du souverain, Madame changea de sujet comme, parfois, elle changeait d’humeur. D’un autre côté cela donnait une certaine impression d’innocence atténuant ses premières paroles. A présent c’était à la jeune Montespan de jouer ou bien la volonté de sa maîtresse serait beaucoup trop apparente. Alors qu’en cet instant tout pouvait encore apparaître comme fortuit, une discussion sans conséquence autour d’un jeu de cartes commencé.

" Mais vous avez parlé d’un dramaturge disgracié… Qu’a-t-il bien pu faire pour vous déplaire, Sire, que vous ne puissiez pardonner en hommage à son art ? "

La jeune femme était véritablement intéressée par l’affaire. En fervente amoureuse des arts, de la peinture à la musique, en passant par les jardins et le théâtre, tout départ d’une personne véritablement douée dans l’un de ces domaines lui apparaissait comme un véritable gâchis. Elle-même était la protectrice généreuse de nombreux artistes et, il n’y avait pas si longtemps encore, elle ne cachait pas son amitié pour Nicolas Fouquet avec qui elle partageait ces si passionnants centres d’intérêts. Les seuls qui lui fassent réellement oublier les intrigues.

Aussi espérait-elle sincèrement qu’il ne s’agissait pas d’une faute trop grave, car peut-être alors pourrait-elle faire en sorte de remettre à flot le pauvre dramaturge en question. D’ailleurs de qui s’agissait-il ?
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