1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Jeux d'esprit et jeux d'adresse

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Louis XIV
Roy


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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Sam Juil 01 2006, 10:11

Décidément Henriette était de bien belle humeur, ou alors elle cachait une bien laide idée sous son éventail de cils noirs.

Le Roy remarqua ce regard qui paraissait si indifférent, et qui cependant en laissait deviner toute l’intelligence, tous les rouages qui tournaient à pleine vitesse, qui fumaient sous ce masque impassible, et ne se révélaient qu’aux seules personnes initiées à sa personnalité.

Oui, Louis savait qu’Henriette n’était point femme désœuvrée et, qu’au contraire, elle trempait le bout de ses doigts dans l’intrigue comme une jeune chatte tremperait le bout de ses pattes dans la confiture, tout en tentant de ne point se salir.

Et elle y arrivait fort bien, parce que la jeune chatte avait appris à domestiquer et à se servir de ses souris pour aller lui chercher la gelée sucrée à sa place.

Tout ça arrivait aux royales oreilles par l’intermédiaire du comte de Saint-Aignan, que Louis oubliait souvent de remercier. Le vieil homme en effet le suivait partout comme un chien invisible ; un fantôme de chien, lui soufflant les petites affaires si bien et si discrètement que Sa Majesté finissait par se les attribuer. Et le pire, c’était que le toutou jamais ne protestait de ce rôle ingrat, qui lui rapportait certes le menu avantage de vivre au chaud près du constant Soleil…

Ce soir, le Soleil en avait assez des chiens, des chats et des souris ; des poules aussi, et désirait simplement jouer, se distraire, profiter de la vue sur le plongeant corsage de la sulfureuse madame de Montespan…

- Comment, il peut arriver des mésaventures à Votre Altessse, vous m'en voyez étonnée... et, si vous le permettez, fort curieuse. En ce qui me concerne, la vie de Première Dame de Madame me préserve de toute mésaventure... A tel point qu'il m'arrive, si Madame le permet, de le regretter !

Louis dut bien lever les yeux de la gorge aux lèvres de Françoise durant sa tirade, mais ce regard qu’elle arracha par de douces paroles ne fut point déçu : elle avait les lèvres aussi pulpeuses et le sourire aussi charmant que ses mots.
Henriette rit un peu ; un peu, car une dame bien comme il faut ne rit jamais beaucoup; et le souverain l’imita, l’œil pétillant.
Ce soir, il avait oublié femme _ ce n’était point difficile _, enfants, ainsi que son amour de boitillement. Nul doute que s’il s’en serait rappelé, la beauté d’Athénaïs serait passée bien inaperçue. Mais Louis n’était point mélancolique en cet instant.

- Mais je m'en voudrais de par mes bavardages de ne pas laisser Votre Altesse nous compter ces "mésaventures"...

Louis sourit en observant d’un drôle de regard amusé la gentille marquise ; mais à ce moment Henriette prit la parole à nouveau :

" Ah Sire… Vous avez certainement déjà entendu parler de Mme de Montespan, bien que je n’aie encore jamais eu l’occasion de vous la présenter. Vous me voyez ravie de la voir à notre table, Athénaïs me porte chance. "

Il semblait que la beauté velouté de l’échange de mots muets entre Louis et Athénaïs se brisait d’un coup, d’un seul, par l’unique intervention d’Henriette. Ce n’était pas plus mal ; Louis ne devrait pas se laisser aller ainsi : trop de spectateurs, trop de jaloux, trop d’ambitieux, et trop de problèmes aussi.
Oui, le fait de lorgner cette douce demoiselle alluma le petit signal rouge dans son cerveau : « mayde mayde mayde », et d’un coup les maudits flashs apparurent . Il y vit la tourmente des relations avec sa belle-sœur, le ridicule où l’avait plongé Héloïse, la larmoyante poésie lyrique où il était embourbé –et de plein gré- avec LaVallière.
Il n’y avait eu bien entendu aucune image de sa femme, elle n’était plus un problème depuis longtemps.

Pas d’autres maîtresses pour l’instant. Pas d’autres conquêtes dont il ne pourrait se dépêtrer. Pas tout de suite.
Et cependant elle était belle ; et il s’ennuyait ferme en ce moment ; mais Louis n’était point de ces hommes sans volonté qui se traînent à genoux devant une gorge blanche. Des jolies femmes, il y en avait des centaines pour lui ce soir, s’il voulait. Mais la demoiselle qui se piquait un fard n’était pas qu’une simple demoiselle. C’était madame de Montespan, une Mortemart, une femme mariée. Louis se doutait bien qu’elle ne se donnerait pas, ou qu’elle voudrait tout. Tout, oui, bien plus qu’une nuit, bien plus qu’un petit amusement, mais était-il prêt à s’engager si tôt et si précipitamment ?

Ainsi, il en avait assez de voir pour ce soir : il ne toucherait pas.

" Mais vous avez parlé d’un dramaturge disgracié… Qu’a-t-il bien pu faire pour vous déplaire, Sire, que vous ne puissiez pardonner en hommage à son art ? "

Hum ? Louis fut tirés de ses rêveries et reprit vite pieds et contenances devant sa duchesse de Cousine. Il avait acquiescé silencieusement, le regard dans le vague, à chacune de ses paroles sur la nouvelle venue, mais là une question ouverte lui était adressée sur…


-Un certain Jean Racine, nouvellement à la mode à la Cour. Il s’est époumoné devant la porte de mon cabinet pour je ne sais quelles raisons ; cet ingrat ne devait pas être satisfait des honneurs que je lui faisait en donnant mon aval pour monter ses pièces.

Louis avait repris la conversation d’un ton léger et désintéressé, le sort de Racine ne le souciant plus le moins du monde.

-J’ai soufflé sa destiné, qui semblait brillante, d’un revers de main.

Et c’était bel et bien définitif, Louis ne voulait point céder à la pitié. Depuis quand un Roy a-t-il de la compassion ?
Il eut d’ailleurs un sourire en coin qui semblait quelque peu malsain, lorsqu’il sentit ce froid qui envahit les courtisans à ses mots. Terrible, Sa Majesté prouvait qu’elle pouvait être terrible à ceux qui osait la déplaire.

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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Sam Juil 01 2006, 16:50

La jeune duchesse hésita longuement avant de se décider, mais elle finit par le faire. Elle réfléchit longuement et opta pour une magnifique robe ivoire, piquée ici et là de petites perles discrètes.

Elle souhaitait bien paraître, mais pas attirer inutilement l'attention sur elle-même.

Elle fit une dernière vérification dans le miroir, avant de prendre le chemin de la salle du quotidien, nommée ainsi apparemment parce que Sa Majesté aimait à y recevoir son jeu.

Lorsqu'elle entra dans la salle, une voix retentit derrière elle.


- Mademoiselle des Laures, duchesse d'Agenois.

Elle rougit. Si elle souhaitait passer inaperçue, c'était raté.

Sa Majesté était assis à une table, en compagnie d'une femme que Cassandre prit à juste titre pour Henriette d'Angleterre... Elle regarda légèrement autour d'elle tandis qu'elle s'avançait, et repéra la baronne de Frenolec un peu plus loin dans la salle, à qui elle adressa un léger sourire.

Elle arriva finalement près de la table du roy, et s'inclina dans une profonde et gracieuse révérence.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Lun Juil 03 2006, 08:19

Athénaïs avait laissé Madame parler, elle ne pouvait éclipser la présence de la belle soeur du Roy, connue comme maitresse des intrigues...

Elle se contentait d'être, affichant sa beauté, sa gaité, son envie de vivre ... espérant reenir l'attention royale, ce qui pour elle, était tant... Un moment, elle était certaine que les yeux du Soleil l'effleuraient, elle ressenti un certain désir, un intérêt pour son corps que l'on disait si beau.. un instant magique où elle eut l'impression d'un tête à tête quasi sensuel... sa respiration restait calme, elle n'arrivait plus à entendre Madame qui lui semblait étrangère à ce moment ... mais le charme, court, si court mais intense, fut rompu... Athénaïs eut l'impression qu'une flèche avait atteint un oiseau qui prenait son envol.

" Mais vous avez parlé d’un dramaturge disgracié… Qu’a-t-il bien pu faire pour vous déplaire, Sire, que vous ne puissiez pardonner en hommage à son art ? "

-Un certain Jean Racine, nouvellement à la mode à la Cour. Il s’est époumoné devant la porte de mon cabinet pour je ne sais quelles raisons ; cet ingrat ne devait pas être satisfait des honneurs que je lui faisait en donnant mon aval pour monter ses pièces.


-J’ai soufflé sa destiné, qui semblait brillante, d’un revers de main.


Le Roy qu'elle avait devant elle tenait à rappeler son droit de rayer de la Cour tout courtisan qui déplaisait ... un avertissement ? Il semblait que la table venait de geler... elle perdit son avenant sourire, reprennant son attitude de Mortemart , cessant d'être la légère Athénaïs, elle ne pu dissimuler un frisson, toute ceux qui avait pu entendre devaient ressentir ce froid glacial, elle n'en doutait pas un instant .

Elle salua à peine la gracieuse jeune femme qui approchait la table glacée... elle ne pouvait qu'afficher sa dignité de Première Dame de Madame, respectueuse fille de Duc, mariée à un courtisant de second rang...

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Henriett
Invité



MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Lun Juil 03 2006, 12:59

Comme l’affaire se présentait bien… Les coups d’œil qu’échangeaient le Roi et sa Première Dame auguraient bien de la suite. Il aurait été stupide de croire que tout se jouerait le jour même, néanmoins les bases étaient bel et bien jetées. Non seulement ceci servirait ses intérêts, mais en plus l’histoire pourrait être véritablement intéressante. Quoiqu’il se passe, de toute manière, il était certain que la Cour en ferait rapidement ses gorges chaudes.

Pourtant tout cela lui était sorti de l’esprit en cet instant précis. Comment ? Le Roi venait de disgracier Racine ? Henriette avait assisté à la représentation de cette première Tragédie. Mais elle était ô combien prometteuse et jamais la jeune Duchesse n’aurait pensé qu’il puisse tomber dans le déshonneur si vite. Quelle pitié c’était que le Roi se défasse d’artistes qui présentaient de véritables dons pour une si sotte histoire !

Henriette oubliait alors qu’elle ne laissait pas elle-même passer ce genre d’outrage sans sortir les griffes. Beaucoup aurait pu le lui rappeler sur un ton amer pour en avoir fait les frais. Et pourtant, concernant un artiste, bien plus qu’un courtisan même dont le rang serait élevé, ce genre d’action méritait réflexion. Elle préférait une autre sorte de punition qui marque clairement la position du mécène et du respect qui lui est naturellement du. Mais se détacher de quelqu’un capable d’écrire des vers si magnifiques…
Non, Roi ou pas, cela relevait de la pure et simple sottise et Madame se promettait déjà intérieurement de se renseigner discrètement sur ce qu’il adviendrait de ce Monsieur Racine. Allons bon, Molière ne se conduisait-il pas de manière peu conventionnelle parfois ? Et avait-il été enjoint de quitter définitivement la Cour alors ? Bien sûr que non. Le Roi avait du se laisser aller à sa mauvaise humeur, quoi d’autre ? Mais ça n’empêchait pas le mal.

Durant ces rapides réflexions, la Duchesse avait pris une petite moue attristée mais en rien réprobatrice, elle qui savait bien maîtriser chacune de ses expressions. Mais lorsque le Roi lança sa dernière pique et que chacun sembla ressentir quelque brusque frisson, elle fut seule à conserver une attitude pas le moins du monde concernée et à se permettre même un très, très léger sourire. Le Roi oserait-il jamais « souffler » sa cousine et belle sœur ? Il ne l’osait déjà pas avec son scandaleux frère. Alors comment le pourrait-il avec Henriette, sans craindre des tensions dangereuses avec l’Angleterre en plus de la honte d’avoir quelque chose à reprocher à sa proche famille ?
Elle ne fit cependant aucune des réflexions malicieuses qui auraient pu lui venir à l’esprit, connaissant assez la susceptibilité du Roi pour ne pas vouloir qu’il perde tout le peu d’affection qu’il pouvait encore lui vouer.

Nouveau changement d’humeur qui ne se sentit que dans le regard puisque rien ne changea dans cette façade souriante qui jouait gracieusement aux cartes. D’abord elle avait pensé à son époux. Et naturellement ce n’était pas son sujet favori. Mieux valait songer à autre chose et vite plutôt que de ressasser encore tout ce qu’elle lui reprochait. Ensuite elle avait eu à l’esprit son propre frère. Si loin. Mais un Roi ne quittait pas son pays à moins de faire la guerre et à moins qu’on lui confie un jour une mission dans sa patrie outre-manche… Et puis la dégradation de ses relations avec son Roi de cousin.
Pourquoi avait-il fallu que ce soit la Boiteuse ? Qu’il choisisse celle qu’elle avait désignée comme une godiche ? L’humiliant par là-même. A quoi s’était-il attendu ? A ce qu’elle laisse faire la petite pimbêche ? Ah, connaissait-il si peu les femmes ? Et pourquoi lui en vouloir autant alors que parallèlement elle n’était pas pour rien dans l’enchaînement doré et velouté de tous ses courtisans. N’était-elle pas à l’origine de toutes ces fêtes et cérémonies qui les lui attachaient toujours plus ? De toutes ces intrigues qui les paralysaient sans qu’ils s’en rendent compte ?
Fallait-il qu’il soit ingrat !

Mais elle était trop fière, beaucoup trop fière pour lui mettre un jour sous le nez ce qu’elle avait fait dans son intérêt. Bien sûr elle y avait trouvé son compte, mais on ne pouvait nier qu’elle l’avait fait aussi pour arranger les royales affaires, sachant les limites à ne pas dépasser. Mais à cause de la Boiteuse, cette petite peste aux faux-airs angéliques… Elle ne perdait rien pour attendre. Oh non…
Souriez donc Madame de Montespan, faites bonne impression, montrez beau visage. Votre avenir, votre amour et ma vengeance se lient ici.

Poursuivant le jeu comme si de rien n’était, acquiesçant légèrement au salut de la nouvelle venue, elle décida de briser un peu de cette glace qui semblait s’être abattu sur ceux qui les entouraient en donnant la parole à sa Première Dame :


« Eh bien, c’est un souffle que l’on doit sentir jusqu’aux plus reculés couloirs du château. Qu’en pensez-vous Madame ? »
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Lun Juil 03 2006, 13:34

« Eh bien, c’est un souffle que l’on doit sentir jusqu’aux plus reculés couloirs du château. Qu’en pensez-vous Madame ? »

Athénaïs se recomposait... l'échange de regard avec le Roy n'était-il pas promesse, elle avait retenu un rayon du Soleil quelques instants et toute la Cour, enfin les innitiés, ne tarderaient pas à en faire état... Elle avait le temps d'attendre, sa situation à la Cours était tout sauf précaire, Madame la considérait comme un bon atout dans son jeu et ne s'en défauisserait pas si tôt.

Mias il lui faudrait parler au pauvre Louis, pas le Roy, non, le Marquis seul méritait le surnom de "pauvre Louis". Ce dernier savait être pénible, marié au dessus de sa condition, avec une femme plus riche et ... plus avenante, sa jalousie était connue, voir outrageante, est-on jaloux dans notre monde ?

Elle rangeait ses cartes, guettant d'un oeil Madame, qui semblait pensive, seule une petite moue, ravissante par ailleurs, trahissait une certaine perplexité... La citation du jeune dramaturge en disgrace semblait l'ennuyer. Il me faudra peut-être en savoir plus sur ce jeune Monsieur Racine qui , si ma mémoire ne me fait pas défaut, n'a qu'une tragédie à son actif... on le dit talentueux, j'aime les jeunes gens talentueux. Qu'a pu-t-il faire pour Autant déplaire ?


uhm, mauvais jeu, on ne peut avoir la tête à tout...


La balle lancée par Madame la pris un peu au dépourvu. En habile courtisane, elle eut un sourire, charmant et léger ... rien de mieux pour dissumuler un trouble, de quelque ordre qu'il soit :

"Oh Madame, mon avis est que ce genre de souffle peut glacer bien au delà de nos couloirs et plus loin que Fontainebleau... Le Soleil se voile à Paris et l'Europe prend froid."

Après avoir lancé sa réplique, elle arrangea son décidemment trop maigre jeu ... lança un regard rieur au Roi, tentant, au moins de le faire sourire...

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Louis XIV
Roy


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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Juil 06 2006, 07:37

Jolies cartes, joli jeu. Un courtisan souffla d’admiration, sans doute dans l’intention de se faire remarquer du Roy. Louis ne lui jeta pas même un regard, toujours plongé dans ses cartes.
Il avait, par ses derniers mots, posé un bâillon d’effroi sur toutes les personnes présentes, hormis Henriette, il semblait.
Toujours aussi détendue, elle jouait bien, sachant pertinemment qu’elle n’était point concernée par l’affaire des destinées soufflées. Louis se sentit durant une petite seconde un point commun avec elle, et lui jeta un coup d’œil complice. Tous deux avaient les mêmes ambitions à propos des courtisans.
Cependant cet échange amical, qui aurait annoncé une trêve entre eux deux et sûrement bien plus encore, ne dura que deux secondes trois quart, rien de plus. Louis avait été tout euphorique durant ce court laps de temps de son pouvoir psychologique sur l’assistance, et il en avait oublié qu’Henriette, même maîtresse des intrigues, fermière des poulets, n’était point en total accord avec beaucoup de choses le concernant, et qu’en cela, elle n’était pas une amie à qui ce genre de regard doit être adressé.

Il y a longtemps, deux ans en vérité, il aurait donné n’importe quoi pour un simple clignement de cils de sa part. Le Royaume entier, s’il l’eut fallu ! Louis était un Bourbon, et en digne petit-fils d’Henri IV, il aimait les femmes comme il aimait la vie, parfois au risque de quelques folies. Cependant il avait ça de plus que son grand-père, c’est qu’il n’était point amoureux à toutes heures de la journée. Ainsi, lorsque le travail de Roy réclamait son attention, les dames devaient prendre leur mal en patience. Ces instants de répit _ le travail en était un, oui _ lui permettaient bien souvent de garder la tête froide afin d’éviter toute sorte de décisions inconsidérées.

Avec la duchesse, cela avait été une aventure sans lendemain, ils n’étaient jamais allé plus loin que d’innocents baisers. Son frère gâchait tout à l’époque, et Louis aujourd’hui l’en remerciait tout bas : une fois dans sa vie, le rose de Naples aurait été utile!
Oui, à lui éviter Madame, et à lui donner LaVallière.
Il avait donc servi à deux nobles, justes, et surtout délicieuses causes. L’on ne s’épanche pas sur celle de Louise, tous savaient comme le Roy lui était attaché.
Seulement l’on peut s’interroger du soulagement rétrospectif d’avoir éviter la présence d’Henriette dans le lit royal ! Louis le voyait, à présent, d’ailleurs la machiavélique idée du chaperon _ qui avait tourné en eau de boudin, on se le rappelle assez _ le prouvait suffisamment, Madame était une femme à vouloir plus que de simplement s’afficher à son bras.
Elle voulait le pouvoir, elle avait l’ambition, la grâce, et un rang, suffisants pour l’obtenir. Et si, en plus, elle avait été sa maîtresse ? Louis aurait-il été encore Roy ? Il est très imprudent de ne pas prendre au sérieux cette interrogation sous prétexte que Madame n’était qu’une femme, car elle avait l’extraordinaire avantage d’être un oxymore à elle seule, un paradoxe vivant, une femme intelligente, en somme.
Louis s’en était aperçu un peu tard, mais toujours assez tôt pour s’en féliciter. Et c’est ce qu’il faisait chaque jours, chaque matins, chaque fois qu’il la croisait.


« - Mademoiselle des Laures, duchesse d'Agenois. »

Louis tourna lentement la tête et posa son regard splendide de morgue toute royale sur l’Agenois. Ses yeux firent alors le rapide mouvement Cassandre-Henriette-Cassandre, et Louis fut assuré par ce mouvement de tête indifférent de Madame que l’arrivée soudaine de la duchesse n’était point un rebondissement prévu dont elle était le chef d’orchestre.
Aussitôt le visage de Louis s’éclaira et il accueillit la nouvelle venue avec un sourire.


-Mademoiselle d’Agenois ! Vous avez donc quitté le bras de mon cher cousin le prince de Condé ?

Louis tentait quelque part de détendre l’atmosphère. Il était évident que la phrase comportait de l’ironie, et qu’il se moquait tout aussi bien de Condé, que d’Agenois, que de leur insolite couple. Mais le radieux sourire avec lequel il ironisait atténuait les effets de la gausserie, et c’était voulu. Cassandre avait droit à de la…. Taquinerie.

Déjà l’on riait sous les éventails. Quoi ? Ce prince au seuil de la sénilité se pavanerait au bras d’une créature à peine sortie du ventre de sa mère ? Voilà de quoi faire les choux gras durant une bonne semaine, au moins.
Décidément le jeu avait été riche en nouvelles. D’abord la disgrâce du dramaturge, puis la l’amour secret du moribond et du nouveau né (il était clair que la duchesse entretenait une liaison avec le prince, le Roy ne venait-il pas de le sous-entendre à l’instant ?). Les cancans se frottaient les mains.

Henriette rageait-elle de perdre l’attention du Roy ? Toujours est-il qu’elle prit de nouveau la parole et que Louis dut arracher son regard de Cassandre pour suivre les mots subtils, intelligents, pleins de sous-entendus, de madame la duchesse d’Orléans, qui, on aurait dit, faisait tout pour rendre sa conversation ardue.


« Eh bien, c’est un souffle que l’on doit sentir jusqu’aux plus reculés couloirs du château. Qu’en pensez-vous Madame ? »

Tiens, ça ne lui était pas adressé ! Louis suivit l’œil de Madame, qui en pensait bien ce qu’elle voulait d’ailleurs, pour aller se poser jusqu’aux boucles blondes de La Montespan, de nouveau reine de la soirée.

« Oh Madame, mon avis est que ce genre de souffle peut glacer bien au delà de nos couloirs et plus loin que Fontainebleau... Le Soleil se voile à Paris et l'Europe prend froid. »

Etait-ce la compagnie de la duchesse qui rendait les femmes poètes ? Louis devint rêveur, il trouvait le mot joli. Le sens cependant pouvait être flou. Etait-ce ces foudres ou bien la disgrâce du dramaturge qui glaçait l’Europe ? De toute façon Racine, même prometteur, ne remettrait pas les pieds de sitôt à la Cour. Demander des comptes au Souverain ! Hurler qu’il était lâche !

Louis remis son nez dans ses cartes et découronna par de là Françoise-Athénaïs.

L’Europe… cela l’avait laissé tout songeur. L’Europe pouvait signifier la Hollande et l’Espagne. Lui qui était venu pour se divertir se faisait jeter en pleine face ses ennuis politiques.

-Peut-être l’Europe n’a pas encore attrapé assez froid pour ne pas se plaindre de se faire éblouir …

Cela n’augurait décidément rien de bon pour l’affaire des pièces… Louis voulait-il frapper un bon coup ? Leur montrer comme cela peut faire mal, un rhume ?

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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Juil 06 2006, 08:24

Ce jeu, les cartes bien sûr, était très mauvais, Athénaïs cessait de regarder ces stupides cartes... elle laissait son beau regard vagabonder du Roy à Madame. Un échange, doux, nostalgique passait entre ces deux puissants... échange dont elle acceptait d'être exclue.

Le Roy regardait étrangement Madame sa belle-soeur, malgré son attention, elle ne comprenait pas vraiment ... Elle savait, bien sûr, qu'il fut un temps où Louis ... Oui, cela devait être cela. Cela ne pouvait êter que cela n'est-ce pas ?

Le regard de Louis passa sur la nouvelle venue ...

-Mademoiselle d’Agenois ! Vous avez donc quitté le bras de mon cher cousin le prince de Condé ?

Louis tentait quelque part de détendre l’atmosphère. Il était évident que la phrase comportait de l’ironie, et qu’il se moquait tout aussi bien de Condé, que d’Agenois, que de leur insolite couple. Mais le radieux sourire avec lequel il ironisait atténuait les effets de la gausserie, et c’était voulu. Cassandre avait droit à de la…. Taquinerie.


Uhm ... Ainsi cette fraiche créature serait la ... sourire, cela s'imposait ... quel couple mal assorti que celui que l'on appelait encorte quelquefois le Grand Condé et cette charmante Demoiselle, cela n'était pas le seul couple mal assorti de la Cour -Athénaïs ne posa pas de regard sur Madame- ....

« Eh bien, c’est un souffle que l’on doit sentir jusqu’aux plus reculés couloirs du château. Qu’en pensez-vous Madame ? »

Tiens, ça ne lui était pas adressé ! Louis suivit l’œil de Madame, qui en pensait bien ce qu’elle voulait d’ailleurs, pour aller se poser jusqu’aux boucles blondes de La Montespan, de nouveau reine de la soirée.

« Oh Madame, mon avis est que ce genre de souffle peut glacer bien au delà de nos couloirs et plus loin que Fontainebleau... Le Soleil se voile à Paris et l'Europe prend froid. »

Etait-ce la compagnie de la duchesse qui rendait les femmes poètes ? Louis devint rêveur, il trouvait le mot joli. Le sens cependant pouvait être flou. Etait-ce ces foudres ou bien la disgrâce du dramaturge qui glaçait l’Europe ? De toute façon Racine, même prometteur, ne remettrait pas les pieds de sitôt à la Cour. Demander des comptes au Souverain ! Hurler qu’il était lâche !

Louis remis son nez dans ses cartes et découronna par de là Françoise-Athénaïs.
L’Europe… cela l’avait laissé tout songeur. L’Europe pouvait signifier la Hollande et l’Espagne. Lui qui était venu pour se divertir se faisait jeter en pleine face ses ennuis politiques.

-Peut-être l’Europe n’a pas encore attrapé assez froid pour ne pas se plaindre de se faire éblouir …


Incompréhension ... Dieu, le Roy a-t-il pu prendre comme critique ce qui n'était que vile flatterie ... Mais elle avait senti les regards de la Cour se reporter vers elle, puisque le Centre de ce petit monde lui accordait attention... Puis il l'avait laissée, seule à nouveau, dédaignée en quelque sorte, comme il jouait avec le chaud et le froid, montrant que seul lui faisait et défaisait ... Elle eut une envie folle et stupide et lança vers lui, penché sur son jeu, un regard de tendresse, plus amical que séducteur, presque celui que lancerait une femme mure, qu'elle n'était pas encore, vers un tout jeune homme. Pourquoi ? Parce qu'elle le sentait plein de détresse et de soucis et que cette détresse du puissant touchait profondement son coeur de femme, voir son coeur de mère ... puisque Dieu avait voulu qu'elle le fut.
Elle n'eut pas honte de ce regard qui, c'était rare, venait vraiment d'elle, et assumait cette sincérité face à la Cour ... Que l'on l'en blame, elle s'en moquait. Pour une fois la petite machine de Cour qu'elle savait être acceptait un léger déréglement et ceci en face, bravement.

Elle chercha ensuite le regard de Madame... ne répliquant rien au Roy, se contentant de ce "geste" de tendresse.

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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Juil 07 2006, 02:32

(HJ: J'vais y aller au pif, Eli, parce que l'entrevue n'est pas terminée... Mais je crois que le roy vient d'assassiner Cassandre... tears le ridicule tue...)

-Mademoiselle d’Agenois ! Vous avez donc quitté le bras de mon cher cousin le prince de Condé ?

La jeune fille se releva de sa révérance, et osa lever son regard jusqu'à celui du roi. Un regard doux, humble. Elle perçu des rires, les sous-entendus. De pâle, la jeune fille rougit, d'embarras, puis blêmit, chancela même. Elle fit un suprême effort de contrôle de soi, de courage, pour tenter de répondre, de seulement ouvrir la bouche...

Lorsque finalement elle parla, son ton de voix était doux, mais aucun tremblement ne s'y faisait entendre.

- Sire, je voudrais d'abord remercier Votre Majesté pour la grâce qu'elle m'a faite de me recevoir en Sa cour. Un tel privilège est pour moi un grand honneur.

Elle ne savait que répondre à l'allusion faite à propos de Son Altesse Sérénissime. La mention même du nom du prince déclenchait généralement des chuchotements amusés, des regards moqueurs, et Cassandre ignorait totalement la raison de cette hilarité, de cet amusement, de cette moquerie enfin, faite aux dépens d'un homme qui n'avait eu que des bontés pour elle.

Cassandre avait baissé le regard, mais sa posture, droite et gracieuse, demeurait telle, quoique l'âme de la jeune fille se sentit ployer sous la honte et la tristesse.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Juil 07 2006, 07:14

Duchesse d'Agenois a écrit:
Lorsque finalement elle parla, son ton de voix était doux, mais aucun tremblement ne s'y faisait entendre.

- Sire, je voudrais d'abord remercier Votre Majesté pour la grâce qu'elle m'a faite de me recevoir en Sa cour. Un tel privilège est pour moi un grand honneur.

Elle ne savait que répondre à l'allusion faite à propos de Son Altesse Sérénissime. La mention même du nom du prince déclenchait généralement des chuchotements amusés, des regards moqueurs, et Cassandre ignorait totalement la raison de cette hilarité, de cet amusement, de cette moquerie enfin, faite aux dépens d'un homme qui n'avait eu que des bontés pour elle.

Cassandre avait baissé le regard, mais sa posture, droite et gracieuse, demeurait telle, quoique l'âme de la jeune fille se sentit ployer sous la honte et la tristesse.

Athénaïs eut un regard vers le jeune Duchesse, la pauvre jeune femme semblait décomposée.... comme première impression de la Cour, se faire rabrouer, humilier, c'était atroce... elle eut envie de la soutenir mais que pouvait une "simple Dame de Compagnie", fut-elle fille de Duc. Elle pensa tout de même que la présence de Mademoiselle d'Agenois lui avait peut-être évité de subir son sort... et, intérieurement, très intérieurement, l'en remerciait... un joli sourire, un peu cruel, remonta ses douces lèvres à cette pensée si "de Cour" !
Elle regarda encore la jeune fille, que pouvait faire cette apparente innocente avec ce barbon et mal en Cour de Condé... le monde est vraiment mal fait ... pauvre petite duchesse.

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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Dim Juil 09 2006, 18:44

Louise de frenolec fut folle de rage en observant cette scène et ses joues blanches aux petites pommettes roses devinrent rouges comme le piment d'espelette.Elle priait la vierge q'elle donne à la duchesse assez de courage pour ne pas faire éclater sa rage.La pauvre!Le roy était un vil personnage!
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Jean Winderfield
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Juil 13 2006, 20:54

Jean Winderfield venait de terminer le troisième chapitre. Décidement, cet auteur était un vrai génie. Par contre, il ne perdait pas une seconde la conversation qui se passait.

Voila maintenant la duchesse d'Angenois. Si sa mémoire était bonne, et elle l'était toujours, c'est cette Duchesse qui avait le coeur épris par Andrien de Chastignac. Jean eut une idée. Bien quoi, après tout, n'était-il pas ici pour s'amuser en cette merveilleuse soirée? Winderfield saisit un bout de parchemin sur la table et il saisit la plume au coté. Il écrit sur le parchemin:

Condé? Pourquoi le prince de Condé? Je croyais que Adrien de Chastignac occupait une place plus importante dans votre lit? N'est-il pas vrai douce Duchesse D'Angenois?

C'est avec un petit sourire en coin que Winderfield plia le bout de parchemin et demanda au serveur de venir ici. Il lui dit qu'il a reçut un message urgent et qu'il se doit de le transmettre à la Duchesse d'Angenois. Il spécifia au serveur que le messager ne voulait pas se faire nommer. Le serveur prit le parchemin et il s'inclina.

Il partit en direction de la troupe. Pendant ce temps, le général, qui était dans le coin de la pièce, caché de tous, reprit son livre et continua à lire. Sa première vraie distraction de la soirée il fallait dire.
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Duchesse d'Agenois
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Jeu Juil 13 2006, 22:12

(HJ: Humpf... Philippe IV en veut à sa terre ducale, le roi en personne en a après son honneur, et maintenant quelqu'un a pénétré les pensées secrètes de la jeune fille... Elle ne s'en remettra pas si ça continue... tears l'aurez voulu...)

Cassandre attendait toujours la réponse de Sa Majesté à sa salutation et ses remerciements. Il allait de soi qu'elle ne pouvait se détourner de Sa Royale personne tant qu'il ne lui avait pas répondu... La jeune fille sentait pesant sur elles les regards des courtisans et courtisanes...

Était-ce donc cela, la Cour? L'humiliation constante, des regards moqueurs, des chuchotements, des pensées déplacées? La jeune duchesse ne savait plus ou se mettre. La tempête faisait rage dans son esprit, tempête de douleur et d'humiliation. Mais à l'extérieur, la jeune fille conservait son air calme et gracieux, attendant le bon vouloir du roy.

À ce moment-là, un serviteur s'approcha doucement d'elle et lui remit un morceau de parchemin sans rien dire. Surprise par cet étrange procédé, la jeune fille suivit un instant du regard l'homme qui s'éloigna en direction du grand couloir. Alors, avec des mains qui dissimulaient mal un léger tremblement, elle déplia le morceau de papier et lut.

Condé? Pourquoi le prince de Condé? Je croyais que Adrien de Chastignac occupait une place plus importante dans votre lit? N'est-il pas vrai douce Duchesse D'Agenois?


La respiration de la jeune fille se bloqua dans sa gorge. Son visage devint écarlate devant ces termes crûs et blasphémateurs. Malgré ses précautions, on avait su sa petite escapade pour rencontrer le comte... Ah Seigneur, mais qui pouvait être au courant de cela? La jeune fille n'avait échangé qu'un baiser avec le comte... Et voilà qu'on lui donnait une réputation de dévergondée!

Ce fut plus que la pauvre enfant ne put supporter. Elle blêmit effroyablement, porta une main à son front et s'effondra évanouie sur le sol. Devant le roy.
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Juil 14 2006, 06:56

[je pense que Madame et Montespan étant en vacances toutes les deux, on devrait mettre ce RP en veille. Le Roy répondra, mais bon après soyons soft sur ce coup ^^ ]

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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Juil 14 2006, 10:39

Louise oubliant l'étiquette et toutes les manières se précipita vers la duchesse qui venait de s'évanouir.Elle avait vu l'homme de la bibliothèque donner un message à un valet qui l'avait porté jusqu'à la duchesse.Ha ,pensa t elle, les hommes tous pareils!!!!!Ils font tout pour humilier la pauvre duchesse.Elle lança alors un regard furieux à l'homme et demanda de l'aide pour transporter la duchesse jusqu'à ses appartements.
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Louis XIV
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Juil 14 2006, 21:39

Louis répondit au regard de la Montespan par un furtif sourire, puis reprit son jeu avec toute l'attention dont il était capable.
Il avait presque oublié la jeune fille qu'il venait de railler, et qui devait se décomposer à l'instant.
Après lui avoir offert sa gloire par une invitation au bal (apparemment elle n'avait su en profiter : savoir se vanter de ses acquis, leçon n°1 du courtisan) il était le pied qui la faisait trébucher, et cela sans le moindre remord.
Un capricieux, que notre Roy. Cependant dans cette gausserie Louis ne voyait rien de bien méchant... Ce n'était pas elle, qu'on disait impuissant ! (décidément, ça lui restera en travers de la gorge).

- Sire, je voudrais d'abord remercier Votre Majesté pour la grâce qu'elle m'a faite de me recevoir en Sa cour. Un tel privilège est pour moi un grand honneur.

Louis ouvrit la bouche et fit un petit sourire... l'on put admirer le bout de ses royales dents. "ah" semblait-il dire, "elle se décide à parler!".

Mais c'est sur un tout autre ton qu'il répondit cependant.


-Mais c'est avec grand plaisir que j'accueille la jeunesse et la beauté en ma Cour...

Cela change des vieux rabougris comme St Aignan ou Monsieur. Oui, parfaitement, Monsieur était un vieux rabougris sénile inverti et.... impuissant.

Le Roy se replongea dans ses cartes.
Un choc mat à ses côtés, suivis d'un murmure apeuré, le fit de nouveau lever les yeux, un peu agacé d'être de nouveau dérangé. C'est là qu'il vit la nouvelle venue, étendue, inconsciente, alors qu'une demoiselle hurlait à en perdre la voix :


"De l'aide!!!!!!Des sels!!!!!!!!!!!!!!!"

Louis posa son jeu, exaspéré. Il ne doutait pas qu'on la soignerait décemment, mais sa soirée était gachée. Il se leva et sortit.
Le papier que Cassandre tenait toujours dans sa main échappa à son regard.

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MessageSujet: Message d'importance capitale   Ven Juil 14 2006, 23:03

Le comte vit que le Roy était dans la salle, il fit signe à son 1er valet de venir. Le valet qui l'avait déjà rencontré une fois vint le voir et lui dit alors

-Monsieur, je suis le comte Alessandro di Negrar, commandant de la garde polyvalente de Sa Majesté, je m'en reviens de mon pays et souhaiterais informer Son Altesse de nouvelles d'importance capitale!
Demandez à Sa Majesté de me rejoindre dans ma chambre seul, je vous le rappelle il en va de la sécurité du Royaume

Le valet salua le Comte qui fit volte-face et sortit de la pièce.
Il s'approcha alors de Sa Majesté et lui chuchota le message du Comte puis, il fit un pas en retrait
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Adrien de Chastignac
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Sam Juil 15 2006, 20:57


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David de Verchères
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Lun Juil 17 2006, 16:59

(HS je crois que quelqu'un va pogner une crampe si on ne bouge pas Razz)
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mer Juil 26 2006, 09:51

Uhm, fière, elle était fière du petit regard complice qu ele Roy venait de lui adresser... elle eut un sourire, discret, charmant pour remercier Louis de bien vouloir lui accorder un peu d'attention malgré cette foule de courtisans, malgré cette petite soupçonnée maîtresse du Grand Condé.

Elle essaya de se concentrer sur son jeu... mais ne pouvait oublier cette petite Duchesse aux abois, debout, là, à côté de sa chaise... elle remarqua qu'un mot lui était remis... et fut témoin de la chutte de la malheureuse... tomber en pamoison pendant le jeu royal, quel manque de goût, voir quel manque de respect. Nos dames sont bien émotives ...

Le petit parchemin tombé se posa sur sa chaussure ... elle le couvrit de son pied délicat... elle ne fit pas un geste pour la d'Agenois, une jeune fille s'étant précipitée pour la "ramasser"... le Roy se leva, elle fit de mêm le saluant comme il sied ... et profita du tumulte pour ramasser le parchemin qui semblait cause de ces perturbations à l'étiquette... elle le glissa dans sa manche discrétement ... et tourna vers Madame un regard interrogatif semblant lui dire "et maintenant Madame" ?

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Evangéline
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Avr 27 2007, 09:39

[Bon, puisque j'en ais marre de jouer les statues, je prend le taureau par les cornes! Razz Si comme moi vous êtes esseulé(e)(s), n'hésitez pas, plus on est de fous plus on rie! ^^]


*******


Un autre soir...

La salle de jeu de Fontaineblau résonnait d'un brouhaha confus mêlant conversations de courtisans, bruissements de jupons, cliquetis de jetons de mise, même quelques protestations de joueurs un peu trop gourmands qui venaient de perdre en une soirée la moitié de leur pension...
Parce que sans cela le tableau ne serait pas complet, il nous faut évoquer l'odeur qui flottait au dessus de toute cette foule, l'on ouvrait pas les fenêtres tant il faisait froid au dehors, la chaleur humaine et la sueur que certains dégageaient faisaient le reste.

En bref, lorsqu'Evangéline pénétra dans la salle, elle eut beau s'éventer de toutes ses forces, rien n'y faisait, elle se trouvait prise à la gorge par l'âcreté de l'atmosphère et d'une seule envie, celle de faire demi-tour.
On ne lui en laissa pas le temps puisque Bonne d'Heudicourt, sa dernière "connaissance" de Cour lui fit signe de la rejoindre de son éventail.
Allons bon, elle goûtait bien les mots piquants et la fougue de la coquette qui faisait lentement mais très sûrement sa place parmi les incontournables de la Cour.
Les bruits couraient _et à Fontaineblau on sait qu'on peut les prendre pour argent comptant_ qu'elle avait brillement réussi son chemin à travers les draps du Roi l'année de son avènement, mais que bien sûr l'affaire n'avait pas duré. N'empêche que lorsque l'on a goûté à une telle ivresse, à une caresse du Soleil, on ne peut que vouloir s'y brûler de nouveau. Elle s'était mis martel en tête et ne démordait pas d'avoir toujours sa place dans le coeur du Roi, malgré son mariage entre temps. Pauvre sotte...

Evangéline connaissait le danger qu'il y avait parfois à se montrer un peu trop en compagnie d'une intrigante de cette sorte, les cabales étaient vite menées et à vouloir atteindre le sommet, on en était que plus vite plongé dans les abysses. Pour avoir déjà passé l'épreuve du feu, Bonne ne semblait pas être personne à se laisser évincer si facilement de la course au Soleil, mari ou pas mari, enfant ou pas enfant.

La jeune femme rousse observait avec passion et intérêt un partie de billard qui se déroulait entre les ducs de Montbazon et de Brissac. L'avantage allait au second et, naturellement, Bonne se faisait son soutien le plus charmant certes, mais néanmoins le plus vif aussi. Evangéline rejoignit le petit groupe qui s'était formé et après une embrassade de circonstance avec son amie _plutôt "amie"_ s'enquit de l'avancée du jeu.


-Monsieur de Montbazon a les esprits perturbés, c'est tout juste s'il ne joue pas avec le talon de sa queue plutôt qu'avec la flèche...

La marquise ironisa tout en adressant un regard de défi au duc en question alors que l'assemblée se mit à rire, y comprit l'adversaire Brissac. Piqué, Montbazon l'était, mais joueur plus encore, il fit la pirouette des mots lancés et les retourna à l'envoyeuse en un compliment.

-C'est que si par malheur je croise vos yeux, j'en suis si troublé et interdit que je ne trouve plus guère d'intérêt dans mon jeu pour y jouer correctement.

Le duc fit succès, la marquise apprécia, sans mot dire mais avec un léger sourire qui en disait long. Elle se tut donc enfin jusqu'à la prochaine fois...
Evangéline affirma avec badinerie:


-C'est un bien mauvais procès que l'on vous intente, monsieur le duc. Mais allons, si je m'engage à vous soutenir, il vous faudra gagner!

La comtesse jeta un petit regard à son amie à côté d'elle empli d'amusement. Elle serait donc pour un moment sa rivale par joueur interposé. Elle n'avait pas grand espoir de gagner à ce jeu là car celui du duc de Montbazon était véritablement pitoyable, il lui fallait bien le reconnaitre. Bonne se prit au jeu et lui sourit à son tour. Pour assurer une ambiance détendue et bon enfant sur cette table de jeu, Evangéline plaisanta:

-S'il vous faut vous concentrer, je vous permet de ne regarder que moi!

L'on rit, ledit duc rit, l'affaire était faite!

Faire son spectacle en permanence, voilà bien une activité de Cour qui prévalait sur toute autre et ce à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit...

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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Avr 27 2007, 10:01

Faire son entrée dans la salle de jeu mis quasiment le rouge aux joues de Anne Marie Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier. Le retour en grâce de la Grande Mademoiselle était connu et coquettes et vains courtisans s'en gaussaient par avance, elle en était certaine. Avoir été exilée, mise à part lui avait été détestable... et même si elle revivait en franchissant la porte du salon, elle était persuadé que personne ne l'épargnerait. Ses anciens alliés étaient eux restés pour la plupart sur la touche, seul Condé avait droit de paraitre et le faisait peu...

D'un regard qu'elle voulait arrogant, elle fit tour de la salle, vérifiant qu'il n'y avait pas plus imporatant qu'elle qu'elle eut du saluer avec respect.
Non, rien que de l'ordainire, quelques courtisans, tiens Brissac, bon un Duc de Brissac ne vaut cousine de Soleil.

Elle s'approcha néanmoins de la table de billard, le Duc avait été de ses familiés, il y a ... uhm, est-il nécessaire de compter ce genre de choses.
Quelques jeunes femmes inconnues de la Duchesse semblait piquer le jeu en soutenant chacune un parti, Marie Louise aimait cela ...

- Si le Duc a besoin d'un soutien, je propose que nous parions sur le vainqueur... moitié des gains pour le parieur, moitié pour le joueur.

Son regard franc se posa sur le Duc ....

- Cher Duc, vous ne sauriez refuser le soutien d'une ancienne amie, et me permettrez de me méler à la foule de vos admiratrices.

Elle soupesa les deux jeunes femmes, elles étaient jolies, l'une était une des ces horribles coquettes de celles qui en faisaient trop ... Elle la detesta du premier regard, l'autre était charmante, un petit regard un peu blasé... elle jouait le jeu, sans ostentation. Elle les salua d'un signe d'éventail surbrodé des perles les plus précieuses... sans se présenter.
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Evangéline
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Sam Avr 28 2007, 13:42

Un murmure de l'autre côté de la table de jeu interpella l'attention d'Evangéline. Les courtisans se pressaient pour laisser passer quelqu'un. Quelqu'un qui n'était personne d'autre que notre Grande Mademoiselle qui fêtait son retour en grâce, d'accord, mais plus encore son retour en société.
Evangéline n'avait jamais eu l'occasion de cotoyer la duchesse, ni à la Cour, ni ailleurs, étant données les circonstances, mais il ne lui fallaut pas longtemps pour associer un nom prestigieux autant que sulfureux à un physique disgrâcieux. D'autant qu'on ne parlait plus que de cela depuis quelques jours à la Cour. Il ne fallut pas non plus longtemps à la comtesse pour savoir comment il convenait de saluer une duchesse de sang, et ainsi s'éxécutèrent à l'unisson l'ensemble des courtisans de rang inférieur à celui de la nouvelle arrivée. Les deux ducs joueurs la saluèrent d'un baise main fugace, Brissac notamment sembla à tous troublé de la rencontre.

D'une façon générale, la Grande Mademoiselle aura pu se vanter de n'avoir laissé personne indifférent autour de cette table. Une étrange atmosphère planait désormais, bien éloignée de la légèreté qui régnait encore quelques minutes auparavant. Les courtisans ne savaient jamais vraiment sur quel pied danser avec les Frondeurs récemment autorisés par le bon Roi Louis à rapparaitre à la Cour.
Fallait-il leur témoigner de l'amitié? Quel grand mot! Et s'ils étaient impliqués par la suite dans quelques côteries bien orchestrée? Il ne vaudrait mieux pas faire partie de leurs relations! Du mépris alors? Folie! Si le Roi avait accordé son pardon, qui pourrait afficher du dégoût? Du respect alors... Au moins pour leur rang et pour leur titre...

Fille de petit officier qui avait notamment assisté et servi au siège de La Rochelle, Evangéline avait été baignée dans une profonde haine des "traîtres". Charles de Montberry n'était d'ailleurs pas réputé pour employer toujours un langage très châtié et cédait facilement à l'emphase que lui inspirait ses passions. Bref, on pouvait tout de même compter sur l'esprit critique de la jeune femme pour se faire sa propre opinion, mais elle n'était de toute façon guère encline à l'empathie. Elle saluait donc là la petite-fille d'Henri IV le Grand, certainement pas la fille de Gaston d'Orléans.

Bonne d'Heudicourt, elle, fit son salut comme il convenait mais dès lors que Anne Marie se mit à parler et à prendre part au jeu, le visage de la marquise se ferma et son éventail battit plus vite et plus séchemment l'air. En une seconde, elle venait de se faire souffler son effet par une vieille fille emplumée et les plumes ne passaient pas...
La duchesse entendait bien pimenter le jeu d'une façon toute radicale. Les courtisans fallirent s'étrangler lorsqu'ils comprirent qu'ils leur faudrait de toute façon y participer mais surtout en ouvrant leurs bourses!
Les sueurs froides commencèrent déjà à perler sur les fronts et à faire couler un peu de fard...

Voyons, Brissac avait le dessus et la Grande Mademoiselle laissait entendre qu'elle le soutenait... Eh bien si l'on voulait s'assurer de perdre le moins d'or possible, on avait déjà choisi son camp... Une grande part des spectateurs se rallièrent à Brissac, la duchesse et à la marquise d'Heudicourt.

Evangéline se liquifia. Elle allait s'y casser les dents, de cela elle était bien certaine! Aucune échappatoire, elle avait déjà promis son soutien au breton. Si elle jouait peu d'habitude, c'est bien parce qu'elle ne pouvait se permettre de laisser glisser sa pension et ses gages dans les poches des autres! Toutefois, ce n'était pas une attitude viable à la Cour, il fallait montrer qu'on pouvait perdre de l'argent sans en être affecté. Mademoiselle de Montberry serait donc de celles là ce soir...
Les courtisans qui se rallièrent à Montbazon étaient donc nettement moins nombreux et l'on pouvait compter parmi eux des amis fidèles du duc et d'autres qui, à première vue, n'avait pas guère de raisons de prendre parti pour lui, mais qui, à bien y creuser, étaient des plus grands détracteurs de la Fronde.
Brissac accepta le soutien de la duchesse d'une simple phrase qui se voulait détendue mais pourtant pleine d'excitation:


-Nous vous laissons l'honneur de fixer le montant des paris, madame.

Il adressa un sourire fier à son adversaire. Les courtisans déglutirent. Pour sûr, ce soir, le jeu était pimenté!

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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Mer Mai 02 2007, 07:37

Elle avait senti le vent qui accompagnait sa robe trop riche, ses bijoux de trop de valeur, ses plumes frôlant la démesure.
Fière, oui, seule de la famille royale, seul de son sang, seule réellement riche, dans cette salle pleine d'oisifs courtisans, elle pouvait afficher sa superbe. Son physique disgracieux, son retour en grâce récent, elle s'en moquait, elle était incontournable ce soir, incoutournable et incontournée.
Elle ignorait les présents, pour la plupart, se concentrant sur Brissac, Duc, qui avait été un quais proche. Elle regardait néanmoins les femmes, jugeant beauté et fortune, elle avait déjà décidé que cette chère Bonne était trop belle, trop sûre d'elle et avait décidé qu'elle et ses amies, une fort jolie fille l'accompagnait, semblant de petite noblesse et la regardant sans amitié... elle passa rapidement sur elle.

Elle savait que tous, ici présents, pour s'afficher à la Cour payaient le prix fort, non seulement il devait oublier toute considération et respect de soit, mais, de plus dépensaient souvent beaucoup plus que leurs moyens. Souvent cette noblesse de province vendait terres, châteaux, soldait des dots peu importantes juste pour tenir son rang. Elle même n'avait pas ce genre de problème, elle n'eut pas assez d'une vie, si dispendieuse soit-elle, pour dépenser tout ce que sa mère, le Duchesse de Montpensier avait pu sauver du dépensier Gaston d'Orléans, son père. Ses terres lui rapportaient une rente insensée. Elel était riche, la plupart des présents ici était en voie de paupérisation.

Ceci étant dit, miser, une misère eut sembler autant insulte qu'une fortune, il fallait qu'elle soit à la hauteur cette richesse que chacun connaissait, que beaucoup jalousaient.

- Monsieur de Brissac, cher Duc, vous me faites ainsi beaucoup d'honneur en me laissant fixer un montant... Vous avouerez qu'il ne peut être médiocre, un tel combat mérite encouragement à sa hauteur.

Elle se moquait un peu, ce petit affrontement sur tapis vert "un combat". Elle laissait de plus planer un peu de doute, laissait ces courtisans transpirés en ne fixant pas tout de suite de montant... L'odeur de sueur devint vite encore plus forte. Beuacoup doutaient de pouvoir tenir contre Mademoiselle. Elle sembla réfléchir, laissant ses traits disgracieux devenir songeurs.

- Il va de soit que moins de 500 livres serait insultant, vous en conviendrez, Brissac.

500 livres ! Une fortune, nombreux étaient ceux qui n'avaient pas cela pour vivre des mois...Elle savoura le petit ouragan de panique qu'elle avait lancé, d'un air totalement innocent, d'un air qui voulait dire "si tu veux tenir ton rang il faut savoir souffrir".

- En conséquence, faisons plus que le moins -rire- et mettons 600, qui aime le jeu me suive !

Elle regarda la trop jolie Bonne, trop belle marquise la défiant, statue de grotesque contre celle se voulant Vénus... Elle aimait chatier celles et ceux qui jouaient au dessus de leur rang et avait jugée la Marquise comme se voulant trop près des dieux, dont elle, de Montpensier d'Orléans faisait partie.
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Evangéline
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Dim Mai 06 2007, 13:10

"Vous en conviendrez Brissac..." En entendant le montant fixé par la Grande Mademoiselle, même Brissac n'avait pu réprimer un écarquillement d'yeux tout à fait significatif. Et pourtant, il menait la partie depuis le départ et ne semblait pas prêt de perdre le moindre louis, bien au contraire, ce soir il allait se faire de belles étrennes pour 1664!

Montbazon, lui, commençait à bouillir sous son fard et sa perruque. De qui se moquait-elle cette dinde? Il n'avait pas à miser le moindre sou sur sa personne, mais ça en demeurait tout de même insultant et sa figure de beau joueur en prenait un coup, aussi fort que celui porté à son orgueil.

Bonne d'Heudicourt, elle, dissimula encore moins bien sa rage de voir la disgrâciée disgrâcieuse prendre l'ascendant sur la petit assemblée et de façon si vulgaire... Que croyait-elle? Que de 600 livres elle allait balayer toute la souillure qu'elle traînait avec elle? Se prenait-elle pour la Reine en personne? Et encore... on devait lui reconnaitre qu'elle était bien loin d'être aussi niaise que Marie-Thérèse! Ca non, elle était la perfidie même!
La marquise d'un geste sec se tourna vers la table de joueurs de cartes tout à côté et pris d'un geste rageur une feuille de papier et une plume encrée des mains d'un malheureux perdant prêt à régler sa dette. Elle gratta le papier si fort qu'on crût la plume passer au travers. De sa belle écriture, elle écrivit le montant parié, le joueur soutenu et signa enfin tout en volutes et en ruches. Posant le papier devant elle, elle soutint un instant le regard de la duchesse.

Evangéline fit de même se saisissant d'une feuille et d'une plume, mais d'une main plus tremblante cette fois et prenant bien son temps pour former toutes les lettres, des fois que, sait-on jamais, la Divine Providence viendrait la sauver d'une dépense aussi énorme!
Rien hélas, et en quelques instants, les feuilles de reconnaissances de dettes s'accumulèrent de part et d'autres de la table de billard, avec un très net avantage du côté de Brissac...
Montbazon finit par trancher:

-Après ce marché aux esclaves, pouvons-nous reprendre? A vous, mon cher Brissac...

Les deux hommes passaient pour être en bon termes... Avant... Evangéline gageait bien que le souvenir de ce soir ne s'effacerait pas de sitôt entre les deux ducs. Brissac se mit en place et frappa la boule la plus proche de lui qui passa sous un arceau, le "port" qui alla droit se ficher dans un trou. [je précise que j'ai fait quelques recherches pour connaitre les règles du jeu de l'époque mais c'est pas simple... Razz] On l'applaudit, de plus ou moins bon coeur selon que l'on gagnait de l'argent ou que l'on en perdait...
Lorsque ce fut au tour de Montbazon, le tir fut stratégique, mais bien trop fort. La bille alla cogner contre la parois de la table et fila à l'autre bout de l'endroit voulu... Certains commençaient à rire sous cape, Evangéline, elle, jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y reprendrait plus...

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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Ven Mai 18 2007, 15:02

hj / Je tappe d un clavier turc sans accents et pas en azerty sinceres excuses pour les erreurs de frappe...



Madempoiselle s amusait du desepoir de le petite marquise et de celui des ses amis qui se sentaient obliges de suivre sa scadaleuse mise.
Elle soutenait le regard de ces dames. Ellle prenait meme un air placide ne laissant pas passer la moindre motion.

Ah Brissac. Elle trouvait plaisant le petit duc et avouait a certains proche un petit coup de couer d ou son soutien si voyant.

Elle eut tout de meme un sourire a son bon coup... umn sourire laid mais sincere.
Un autre sourire, laid lui aussi, mais quasi triomphant deforma som visage lors de l erreur de jeu de Montbazon... elle regarda la petite marquise et es amies blanchir... 600 livres pour de la pietaille c etait la forte somme, tres forte somme. Mademoiselle pouvait perdre sans grever ses revenus frolant l indecence mais ses adversaires eux pouvaiient-elles en dire autant -



je n en peux plus de ce clavier ... bises d Istambul ...
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MessageSujet: Re: Jeux d'esprit et jeux d'adresse   Aujourd'hui à 01:51

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Jeux d'esprit et jeux d'adresse
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