1663 : Face aux Feux du Soleil

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 Les appartements des Florensac

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Old_D'Artagnan
Fils de La Fontaine


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MessageSujet: Les appartements des Florensac   Sam Juin 02 2007, 00:53

[Hj : je pars sur l'idée que monsieur de Florensac est un favori de monsieur, je le place donc ici. ]

Depuis la promenade du Roi

Il y avait bien une bonne heure de route entre le lieu du "malheureux incident" et les appartements des Florensac. Assez de temps pour gamberger encore plus et échaffauder hypothèses et contre-hypothèse sur les causes, le mobile et le coupable (D'Artagnan incluant la main de Dieu parmi les suspects).
Tout ce qu'il faut donc pour en arriver à cette conclusion : il n'y comprenait rien.

L'appartement des Florensacs comprenaient trois pièces principales sans compter celle des serviteurs.
Une sorte de grand antichambre qui servait aussi de salon et deux chambres, une pour madame et une pour monsieur, les Florensac faisant chambre à part comme tous les gens dans les bonnes grâces de Monsieur. Quelques visites nocturnes d'un certain frère d'un certain roi pouvant se produire il fallait de plus que la chambre de messire fût le plus près de l'entrée possible...

D'Artagnan entra le premier, se faisant ouvrir la porte par un majordome au front dégarni et chenu catastrophé qui venait d'apprendre la triste nouvelle.


Majordome : "Ah Monseigneur Monseigneur. Quel grand malheur tombe sur notre maison !"

D'Artagnan fit un bref signe de tête dans lequel il mit autant de compassion qu'il le pouvait en cette minute, c'est à dire très peu.

Il donna ordre de placer le corps de la maîtresse de la maison dans sa chambre.

Il suivit des yeux les opérations tout en jettant de temps à autre un regard aux décors assez cossus des appartements.
Les Florensac étaient gens bien lottis, D'Artagnan se dit que ça valait peut-être le coup d'être Duc après tout. Il est vrai que son misérable réduit d'homme criblés de dettes n'aidait guère mais n'est pas capitaliste qui veut, mais qui peut.
Certains ont la bosse du commerce et l'économie dans le sang, D'Artagnan lui avait plutôt la bosse du Gascon et son sang lui même était gagé alors...
Il était donc condamné à demeurer un policier ou un intriguant rêveur devant des richesses qu'il ne possèderaient jamais.
Les appartements d'Evangéline avaient un peu produit le même type d'effet chez lui, à la différence que ce qu'il avait le plus désiré en ces lieux n'était point le mobilier ou la décoration, mais ceci est une autre histoire...

La dame de Florensac fut donc allongé sur son propre lit comme toute morte qui se respecte.
D'Artagnan entra dans la chambre en dernier et attrapa un valet qui sortait.


D'Artagnan : " Monsieur Antoine Vallot a-t-il été mandé ici ?"

Le valet répondit par l'affirmative, le médecin royal allait donc bien venir.

D'Artagnan : "Parfait."

Vallot était un vieil homme de presque 70 ans qui connaissait tous les trucs des médecins de l'époque. On pourrait se dire que c'était peu de chose mais c'était bien suffisant pour garder une charge aussi importante que celle de veiller à la santé d'un roi qui allait enterrer trois générations.

D'Artagnan regarda la femme qui gisait sur son lit. Quelque personne s'affairaient autour d'elle.
On ne peut pas dire que les gens de cette maison pleuraient beaucoup la perte de leur maîtresse. A part le majordome qui pleurnichait toujours à l'entrée de la chambre, c'est avec une indifférence aussi froide que la morte que l'on s'employait à faire les gestes nécessaire en la circonstance.
Cette absence de larmes qu'on ne se donnait même pas la peine de feindre parut presque choquante au Gascon. Il dit :


D'Artagnan : "Allons sortez tous ! Je ne veux point qu'on touche le corps avant l'arrivée du médecin."

Le prétexte était falacieux, D'Artagnan ignorait qu'ainsi il préservait une petite chance de garder des indices intacts, en fait il voulait juste se trouver seul avec elle pour l'observer encore une fois.
D'ailleurs il avait réagi trop tard car on avait déjà commencé à laver le visage avec un linge. Quand il le vit il se mit en colère après la soubrette responsable :


D'Artagnan : "Mais qu'est ce que vous faites Mordioux ?! J'avais dit de ne point la toucher ! "

Elle répondit avec un accent du Midi qui le surpris un peu :

Soubrette : "Il fallait bieng que je le laveu. Il est tout noireu le visageu."

D'Artagnan : " Et qui vous a demandé de vous en souciez ? Hein ? Allons sortez maintenant !"

Dit-il d'un ton plus gentil, l'accent chantant du sud ayant produit son petit effet appaisant sur D'Artagnan le méridional mélancolique.

Une fois tout le monde sorti, il s'approcha du corps et constata que comme il s'en était douté que les taches sombres sur les tempes avaient gagné en largeur et s'étaient étendues jusqu'à mi joue.


*D'Artagnan : "Bigre mais qu'est ce donc que ce mal là..."*

Cette fois il n'osa pas la toucher, après tout tâter les cadavres ce n'était point son métier.
Lui les machabées, il avait pour charge de les produire plutôt que de les tripotter. Il ne les fréquentait donc qu'exclusivement durant les premières minutes après la mort, quand ils sont encore bien frais. Après c'était affaire de croque mort.

Il demeura un instant pensif jusqu'à ce qu'il fût tiré de ses réflexions par de nouvelles jérémiades en provenance du majordome.
Il alla le voir, après tout ce vivant là avait peut-être des choses intéressantes à raconter, plus intéressantes que la Florensac qui, déjà d'ordinaire ne causait pas beaucoup, mais avait depuis plus d'une heure maintenant perdu toute potentialité de briller en société par sa conversation.

Quand il approcha, le vieil homme lui dit :


Majordome : "Ah Monseigneur ! Monseigneur... Quel grand malheur..."

D'Artagnan : " Je sais je sais... C'est chose terrible que cette affaire."

Majordome : " C'est effroyable, effarant Monseigneur. Je suis sans mot devant une telle horreur. Si jeune, si fraiche... et déjà au tombeau.
Ah Monseigneur quel malheur."


D'Artagnan : " Elle n'y est pas encore, même si elle est en route. Mais me permettrez vous de vous posez quelques questions à ce sujet ? Je comprends la douleur du deuil qui vous frappe et croyez que je compatis sincèrement, mais j'aimerai comprendre. "

Majordome : " Comprendre quoi Monseigneur ? Elle est morte à peine encore entré dans sa fleur, il n'y a rien d'autre à comprendre. J'ai vu beaucoup des deuils de cette maison, mais celui ci est particulièrement douloureux Monseigneur. "

D'Artagnan : " Et pourquoi donc est-il plus douloureux ?"

Majordome : "Parce qu'elle est si jeune Monseigneur. Si pure, c'était encore une enfant..."

D'Artagnan : "Est ce là la seule raison ?"

Majordome : " Celà ne suffit-il pas ?"

D'Artagnan : " Si bien sûr... Mais enfin... C'est votre maitresse. Je n'ignore pas que ce que pensent la plupart des serviteurs de leurs maitres n'est point toujours aussi agréable que ces derniers le croient souvent, surtout au moment de percevoir les gages.
Que je m'étonnasse de votre ostensible, et sincère, tristesse n'avait donc rien... d'étonnant.
Vous traitait-elle bien ?"


D'Artagnan le savait d'autant mieux qu'il s'était fait un sport de corrompre les valets pour obtenir des informations. Un maître mauvais payeur était l'idéal pour qui voulait en savoir long sur lui : le goût de l'or délie encore mieux les langues qui n'en voient pas souvent la couleur.

Majordome : "Ah c'était un ange Monseigneur. Je vous l'ai dit : une perle de jeunesse de beauté et de gentillesse."

D'Artagnan : " Et Monsieur de Florensac ? "

D'Artagnan guetta la réaction, mais le vieux sous ses airs un peu demeuré avait du métier car rien ne transparut.

Majordome : " Le meilleur des hommes Monseigneur et... un époux attentionné."

D'Artagnan eut un sourire moqueur.

D'Artagnan : " J'en suis convaincu. Un homme qui touche... d'aussi près le frère de sa majesté ne peut qu'être un époux très attentionné.
Certaines "flatteries" ne s'apprennent qu'en très haute compagnie... Le genre de flatteries qu'on a hâte de faire partager avec une épouse chérie.
Et où est donc monsieur de Florensac en cette heure ? "


Majordome : "Je... je l'ignore Monseigneur. On le fait chercher à ce que j'ai compris."

D'Artagnan : " Oui... La nouvelle de la mort de sa chère épouse devrait fort logiquement l'intéresser.
A moins qu'il ne se trouve en un lieu où l'on ne doit être dérangé sous aucun prétexte, si ce n'est par ordre du Roi. La mort elle même doit céder parfois la préséance à d'autres activités.
Dans ce cas... Il gagnera quelques heures sur ses larmes."


Majordome : "J'ignore de quoi vous parlez Monseigneur."

D'Artagnan parla d'une voix presque rieuse :

D'Artagnan : " Hé hé moi aussi je l'ignore et je préfère l'ignorer ! Mais ça n'est point si important.

Ah oui mon ami, un détail : si vous pouviez perdre cette manie de m'appelez Monseigneur à tout bout de champ...
Je ne suis point évèque Mordioux et n'ai point l'intention d'échanger mon épée contre une crosse et mon chapeau contre une mitre !
Pour un peu je croirais que vous allez vous prosternez et me baiser la bague !"


Et il tendit sa main qui portait en effet une bague lorsqu'on sonna et on annonça :

"Monsieur Antoine Vallot Premier médecin du Roi !"

_________________
Charles de Batz Castelmor

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MessageSujet: Re: Les appartements des Florensac   Sam Juin 02 2007, 17:01

Selon l’expression consacrée, « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Une nouvelle fois, ce dicton populaire allait se vérifier.

Alors que D’Artagnan jouait les croquemorts auprès d’une beauté pourrissante, quelques corridors plus loin, dans l’antichambre de Monsieur, un jeune garçon s’adonnait à la fascinante activité de chaperon, tout de rouge vêtu, couleur du dimanche dans le calendrier orléaniste. Le petit chaperon rouge s’était vu confier la sympathique tâche de veiller sur les « amours » du loup, qui rugissait à qui mieux mieux derrière les lourds battants de chêne menant à la presque royale couche. La mère-grand du jour n’avait ni bonnet de nuit ni lunettes, mais une mine fardée de blanc surmontée d’une affolante perruque rousse.

Giovanni connaissait parfaitement cet habitué des lieux, sempiternellement accueilli par un strident « Filou, filou, filoute!!!! » en provenance de Son Altesse le Duc d’Orléans.

La Cour connaissait cependant davantage « Filou » sous le plus respectable nom de Philippe de Florensac, Duc de son état.

Bel esprit et homme de goût, le Duc de Florensac se métamorphosait de façon inexpliquée en une parodie de catin une fois le seuil des appartements du Dragon Rose franchi.

S’ensuivait une heure de hurlements aussi torrides que stridents, entrecoupés de chocs multiples, de grincements en tout genre, de plaintes de tissus déchirés, et de bruit de verre brisé.

Monsieur pouvait se vanter d’avoir la chambre la plus étincelante de tout Fontainebleau. Et pour cause! Tout les lundi matins, ravages dominicaux obligent, elle était intégralement remise à neuf.

En une année, le montant de ces frasques avoisinait quasiment le budget d’un ministère tout entier.

Giovanni en était convaincu: il fallait que cela cesse. Oui, pour le bien être de l’État, Florensac devait quitter la Cour au plus vite. Plus prosaïquement, Giovanni détestait la concurrence. Conserver les faveurs de Monsieur suffisamment longtemps lui permettrait d’amasser une fortune considérable et d’associer enfin son nom à une certaine forme de prestige.

Le jeune garçon eut un rictus mauvais. Oui, Florensac devait disparaître, et il avait déjà sa petite idée sur la façon de procéder…

Il fallait d’abord commencer par interrompre le massacre de la pièce d’à côté.

Seul un homme suffisamment cher au cœur de Monsieur en était capable. Et ce n’était certainement pas son Altesse Royale, qui aurait du patienter comme tout le monde dans l’antichambre avant de voir Philippe émerger des bras d’Eros.

Non, le seul homme faisant soupirer Monsieur était ailleurs. Malgré son âge avancé (sénile aux yeux de Giovanni), sa moustache passée de mode, et son accent ridicule, D’Artagnan, car c’était lui, retenait prisonnier le cœur palpitant de Monsieur depuis de nombreuses années.

Où était-il d’ailleurs celui-là?

Giovanni se dirigea vers la porte et glissa un œil dans le couloir, alors qu’un grand fracas sourdait de la chambre, vite suivi par un hurlement de douleur. Le baldaquin venait certainement de s’effondrer. Le temps des amours semblait toucher à sa fin. Il fallait faire vite.

Giovanni se précipita dans le couloir et arrêta au vol un valet qui lui fournit l’information voulue: d’Artagnan se trouvait au chevet du cadavre tiédissant de l’épouse cornue.

Arrivé devant les portes sculptées des appartements, Giovanni rajusta rapidement son uniforme, toisa le cerbère bedonnant mesurant au bas mot trois têtes de plus que lui, et exigea de voir le capitaine des mousquetaires.

Un gamin de douze ans demandant à voir le responsable en chef de la sécurité de Sa Majesté, et cela au tout début d’une affaire criminelle! Le garde des Florensac avait déjà tout entendu à la Cour, mais là…

Voyant qu’il n’était pas pris au sérieux, Giovanni changea de tactique. Il se retourna vers le garde et, de la voix nonchalante et terriblement suffisante que son séjour à la Cour de France lui avait appris à adopter, il lui adressa de nouveau la parole.


Faites annoncer le Vicomte Giovanni Francesco Ricardo de Versace, favori en titre de Son Altesse le Duc Philippe d’Orléans, en mission spéciale chez les Florensac. Et plus vite que ça crétin! Je suis pressé!

Cette fois-ci le garde fut pris d’un fou rire nerveux, incompressible… rapidement mis à profit par Giovanni qui actionna la poignée, et se rua dans les appartements des Florensac, Cerbère à ses trousses.

C’est cette étrange équipée qui déboula dans la chambre de la défunte dans laquelle D’Artagnan/Grissom avait déjà commencé ses investigations…

Sans se soucier de la scène en cours, le jeune garçon débita d’un trait l’information tant attendue:


Monseigneur, le Duc de Florensac se trouve en compagnie de Son Altesse le Duc d’Orléans. Ils vous attendent séance tenante dans ses appartements.

Puis il effectua une révérence de cour parfaite... avant de se rendre compte qu'il eut été plus séant de commencer par là...
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Old_D'Artagnan
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MessageSujet: Re: Les appartements des Florensac   Ven Juil 27 2007, 15:16

[Monsieur Antoine Vallot était un vieillard chenu à la mine distraite. Le teint devenu bistre pour avoir trop gouté les urines, les doigts perclus d'arthrite à force d'user de la lancette à saignée, il avait le type même de ces vieux médecins de l'époque qui faute de science faisaient usage d'un art douteux appuyé d'empirisme butté pour justifier leur pratique et surtout leurs salaires.
Vêtu de l'habit noir de sa corporation il portait une petite fleur en boutonnière, seule coquetterie d'un vieil homme de 70 hivers un peu naturaliste, personne y compris lui-même n'étant capable de dire de quelle fleur il s'agissait. Il avait aussi une sacoche dans la main droite où il rangeait ses instruments.

D'Artagnan alla au devant de lui malgré sa répugnance naturelle pour les médecins. Pour un soldat comme lui, la présence des médecins ou des chirurgiens était bien souvent synonyme de mort assurée, "Les éclaireurs de la Camarde" comme le capitaine les appelaient.

Cette fois ci la Camarde était déjà passée et il s'agissait plutôt ce jour de jouer les arrière garde.
Il lui dit à son entrée :


D'Artagnan : "Ah ! Vous voici Monsieur Vallot. Je ne vous ferai pas l'offense de vous demander comment vous vous portez car je connais la réponse ! Un médecin se porte toujours bien vu qu'il suit toujours ses propres recommandations."

A cette petite gasconinette, le vieillard eu un sourire.

Antoine Vallot : " Monsieur le capitaine vous seriez surpris de savoir combien les gens de ma profession suivent peu leurs propres avis. Un médecin n'est jamais son propre médecin.
Nemo propheta acceptus est in patria sua (*)"


D'Artagnan : " Soit, sans doute est ce pour cela que la plupart d'entre vous vivez si vieux..."

Antoine : "Ahh ! Messire le Mousquetaire je vous ois venir avec vos lourds sabots de marche.
En matière médicale vous savez pourtant comme moi que le médecin n'est qu'un pion de la volonté de Dieu. Medicus curat, natura sanat (**)
La nature est seule à décider."


D'Artagnan : "Sans doute, sans doute... Et L'on sait combien la volonté de Dieu peut se montrer généreuse avec ceux qui l'exécutent si bien..."

Antoine Vallot : " La récompense est à la hauteur de la charge.
La nature est au médecin ce que le Roi est au mousquetaire : impera et oboediem (***) "


D'Artagnan : " Amen ! "

Puis revenant au sujet.

D'Artagnan : "Monsieur Vallot si le Roi vous a demandé de venir en ce lieu c'est précisément pour savoir comment la volonté de la nature s'est manifestée dans un certain évènement récent."

Antoine Vallot : " J'ai été mis au fait de ce tragique incident. D'Habitude je ne m'occupe que de gens encore vivants mais si c'est pour le Roi... Vox Rex, Vox Dei"

D'Artagnan pensa:

*D'Artagnan : " Hypocrite, comme si dans ta jeunesse tu n'avais jamais découpé de cadavres !"*

D'Artagnan : "Par ici je vous prie."

Le mousquetaire indiqua la direction de la chambre où reposait feu la duchesse de Florensac et se dirigea vers la porte qu'il ouvrit tout grand, montrant l'intérieur de la pièce avec sa main tendue.

Le vieil homme qui avait suivi D'Artagnan d'un pas plutôt leste pour son grand âge arriva devant la porte à peine une seconde après lui. Il regarda sa patiente qui n'attendait plus rien et se tournant soudain vers le mousquetaire lui dit :


Antoine Vallot : " Monsieur le Capitaine j'aimerai que vous mettiez à ma disposition les serviteurs de cette demeure pour la durée de mon auscultation."

D'Artagnan : " Mais bien entendu ! Sans indiscrétion que compter vous faire exactement durant votre... auscultation."

Antoine Vallot : "Et bien les classiques : saignée, urines, humeurs...
Comme la patiente a passé et que le cœur ne bat plus, j'ai besoin de l'aide des serviteurs pour… l'extraction.
Il m'en faudra en quantité suffisante pour tirer un bon diagnostic et l'on sait que
Bene diagnoscitur, bene curatur(****). "


D'Artagnan : "Curatur ? Mais il n'y a rien à curatur: elle est morte..."

Antoine Vallot : " Laissez-moi œuvrer monsieur le Capitaine. Præsente medico nihil nocet.(*****) "

D'Artagnan n'ajouta rien, demeurant un peu dubitatif tout de même quant à la pertinence des futures conclusions de l’autopsie de ce curieux médecin. Il eu peut-être mieux valu demander à un croque-mort, un peu plus spécialisé dans le domaine enfin…

Il résolut de ne rien dire de ses propres découvertes à Antoine Vallot, le laissant libre d'interpréter les taches noirâtres des tempes sans aucun avis parasite.

Le médecin entra accompagné de deux serviteurs de la maison Florensac dans la chambre. D'Artagnan se trouvait donc à attendre dans la pièce principale lorsque surgit la tornade Giovani Franscesco Ricardo de Versace.

D'Artagnan mit quelques secondes à se remettre de la sidération qui l'avait saisi après que le jeune garçon ait débité sa phrase et fait sa tardive révérence.
Il dit :


D'Artagnan : " Ah ! Je l'avais justement fait quérir ! Mais si son altesse consent à me recevoir dans ses appartements, je puis parfaitement le rencontrer là bas. Allons y sans attendre, ouvrez-moi donc le chemin jeune homme ! "

Il se dit :

*D'Artagnan : "Ces bougres là il vaut toujours mieux les laissez marcher devant...
Quoi que celui ci avec son air juvénile et sa face imberbe doit plus souvent mordre l'oreiller que l'oreille, il n'est surement pas encore assez bien équipé... "*


Malgré un détachement apparent, D'Artagnan qui n'ignorait rien des orgies princières au coût ministériel, avait quelque appréhension à se présenter seul dans l'antre de la folie. [Hj : la cage aux folles ce serait anachronique whistle ]
Sur le chemin il rajusta son uniforme encore souillé de quelques traces de fientes de pigeons et s'assura surtout que les attaches de cuirs de ses vêtements étaient bien solidement fixées, on ne sait jamais si certain voulait s'amuser à le déshabiller...

Monsieur était un peu "particulier" mais encore jeune et, chose excusant tout, frère du Roy. Difficile de contrarier un être pareil sans s'attirer de sérieux ennuis.
Le mousquetaire s'en remit donc à sa bonne étoile et son sens aiguisé du louvoiement courtisan.


*D'Artagnan : " Serons les fesses et tout se passera bien..."*




(*) nul n'est prophète en son pays.
(**) le médecin soigne la nature guérit
(***) Ordonne j'obéirai
(****) bien diagnostiquer c bien soigner
(*****) Quand le médecin est là, pas de danger

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